"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

01 février 2015

Pardon des péchés par le clergé: est-ce "biblique"? (p. John)

Q: Où trouve-t'on dans la Bible la justification pour que le clergé puisse pardonner les péchés du peuple?

R: Bien qu'il soit exact que nul ne saurait pardonner les péchés sinon Dieu seul, notre Seigneur a accordé à cette possibilité - en Son Nom - aux Apôtres, et par eux, à ceux que les Apôtres ont ordonnés, à qui ils ont imposé les mains.

Dans l'Évangile de saint Jean, lorsque les Apôtres se sont réunis après la Résurrection, Jésus apparu soudainement parmi eux et leur dit : "Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis; ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus." (Jn 20,23)

Par la vertu de son ordination, chaque prêtre Chrétien Orthodoxe devient membre de la succession apostolique, par l'imposition des mains reçues. C'est-à-dire, Jésus a ordonné les Apôtres, les Apôtres ont ordonné d'autres, et ces autres en ont ordonnés d'autres à leur tour, et ainsi de suite tout au long des générations de l'histoire humaine jusqu'à notre époque. Dès lors, chaque prêtre Chrétien Orthodoxe peut "tracer" son ordination à travers une chaîne ininterrompue, laquelle remonte directement jusqu'aux Apôtres, et dès lors - jusqu'au Christ Lui-même. Telle est la justification pour le clergé lui permettant de pardonner les péchés dans le cadre du Sacrement de Confession.

P. John






Q: Where in the Bible does one find justification for the clergy to forgive the sins of people?

A: Although it is true that no one can forgive sins but God alone, our Lord bestowed this ability – through His Name – upon the Apostles, and in turn, those to whom the Apostles ordained and laid hands on.

In St. John's gospel, when the Apostles were gathered together after the Resurrection, Jesus suddenly appeared to them and said: "Peace be unto you. Receive the Holy Spirit. If you forgive the sins of any, they are forgiven; if you retain the sins of any, they are retained." (John 20:23)

Each Orthodox priest, by virtue of his ordination, becomes a member of the apostolic succession through the laying on of hands. That is to say, Jesus ordained the apostles, the apostles ordained others, and those others ordained still others and so on down through the generations of human history to modern times. Therefore each Orthodox priest traces his ordination back through an unbroken chain which leads directly to the apostles, and thus – to Christ Himself. This is the justification for the clergy to forgive sins within the Sacrament of Confession.

Fr. John

31 janvier 2015

Saint Eusèbe de Saint-Gall, reclus et martyr (+ 884)

Eusèbe, Irlandais d'origine, naquit au commencement du 9ième siècle, passa en Gaule comme beaucoup de pèlerins, ses compatriotes. Il se présenta au monastère de Saint-Gall, et y vécut comme moine pendant plusieurs années. Désireux de mener la vie de reclus, il obtint la permission d'aller s'enfermer dans une cellule située sur le mont Saint-Victor. Il y mena une vie d'ascète extraordinaire et reçu le don de prophétie. Le nécrologue de l'abbaye de Saint-Gall rapporte qu'il fut tué d'un coup de faucille par un des habitants du voisinage auquel il avait fait des remontrances sur sa mauvaise conduite. Aussi est-il considéré comme martyr. Sa mort survint le 31 janvier, jour où l'on célèbre sa fête à Saint-Gall.

 

30 janvier 2015

Sainte Martine, martyre à Rome (+ 226)


"Sainte Martine est née à Rome de nobles parents et Chrétiens. Son père avait été 3 fois consul et s'était distingué par une grande Foi et charité. Après la mort de ses parents, Martine vendit ses biens et distribua l'argent aux pauvres. L'empereur Alexandre régnait et persécutait les Chrétiens. Des soldats occupés à rechercher les serviteurs de Jésus-Christ trouvèrent sainte Martine en prière dans une église et l'arrêtèrent. Comme elle se laissait arrêter sans aucune difficulté et se mit à les suivre, ils crurent l'avoir gagnée. Mais, amenée devant l'empereur, elle refusa de sacrifier aux idoles. Celui-ci la fit malgré tout conduire au temple d'Apollon. En y entrant, Martine, s'armant du Signe de la Croix, pria Jésus-Christ. Aussitôt il se fit un effroyable tremblement de terre qui renversa une partie du temple et brisa l'idole. L'empereur se mit en colère, et ordonna qu'on frappât la vierge à coups de poings et qu'on l'écorchât avec des griffes de fer. Martine souffrit avec une telle patience que les bourreaux, fatigués, furent remplacés par d'autres; une lumière divine bouleversa et convertit ces derniers.
Ramenée devant l'empereur, Martine refusa pour la 2ème fois de sacrifier aux divinités païennes. Alexandre la fit attacher à 4 pieux et fouetter si cruellement et si longtemps que les bourreaux s'arrêtèrent, épuisés. Martine fut reconduite en prison, et on versa sur ses plaies de l'huile bouillante. Mais des Anges vinrent la fortifier et la consoler. Le lendemain, la vierge fut conduite au temple de Diane. Le démon en partit aussitôt avec des hurlements horribles, en même temps la foudre renversait et brûlait une partie du temple avec ses prêtres païens. L'empereur, effrayé, laissa Martine aux mains du président du tribunal Justin. Ce dernier la fit si cruellement déchirer avec des griffes de fer qu'il la crut morte. Mais s'apercevant qu'elle vivait encore, il dit : "Martine, ne veux-tu pas sacrifier aux dieux et te préserver des supplices qui te sont préparés?"
- J'ai mon Seigneur Jésus-Christ qui me fortifie, et je ne sacrifierai pas à vos démons."
Le président, furieux, ordonna de la reconduire en prison.
L'empereur, informé de ce qui s'était produit, ordonna d'amener Martine dans l'amphithéâtre afin d'y être livrée aux fauves. Mais un lion qu'on lâcha pour la dévorer, vint se coucher à ses pieds et lécha ses plaies. Comme on le ramenait à son antre, il se jeta sur un conseiller d'Alexandre et le dévora. Ramenée en sa prison, Martine fut encore une fois conduite au temple de Diane, et comme elle refusait toujours de sacrifier, on déchira de nouveau son pauvre corps dont on voyait tous les os. Un de ses bourreaux lui dit : "Martine, reconnais Diane pour déesse, et tu seras délivrée."
- "Je suis Chrétienne et je confesse Jésus-Christ."
Sur ces paroles, on la jeta dans un grand feu préparé à l´avance, mais le vent et la pluie survinrent à l'instant, dispersèrent le bûcher et brûlèrent les spectateurs. On retint la Sainte durant 3 jours dans le temple, après lui avoir toutefois fait couper les cheveux. L'empereur la croyait magicienne et s'imaginait que sa force résidait dans sa chevelure. Elle fut tout ce temps sans rien manger ni boire, chantant continuellement les louanges de Dieu. Ne sachant plus que faire, Alexandre la fit décapiter. Le corps de Martine demeura plusieurs jours exposé sur la place publique, défendu par 2 aigles qui restèrent jusqu'au moment où un nommé Ritorius put lui donner une honorable sépulture Chrétienne."
Acta & Vita de sainte Martine tirée des manuscrits de Saint-Maxime de Trèves







Corbie, ancienne abbaye royale fondée par sainte Bathilde au 7ème siècle, possède le reliquaire de sainte Martine.
au premier plan sur l'ovale rouge, des restes d'une palme fossilisée, symbole du martyre.
Par les saintes prières de Ta servante Martine, Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, accorde-nous abondante Miséricorde!





Carte routière depuis la paroisse des saints Anargyres à Péronnes-lez-Binche (B) jusqu'à la collégiale Saint-Etienne à Corbie (F)





 Hymne à sainte Martine, martyre à Rome, dont les précieuses reliques sont conservées à Corbie

Chante Martine, Ô mon âme, célèbre cette fille de la Rome Chrétienne, applaudis sa gloire, chante l'illustre Vierge, célèbre la Martyre du Christ.

Née de noble lignée, élevée dans les conforts d'une vie mondaine, son enfant se passa dans les ors d'un riche palais.

Dédaignant les fugaces et terrestres plaisirs, elle se consacra entièrement au Seigneur Dieu. Et de son coeur généreux, elle déversa les richesses héritées de sa famille sur les pauvres du Christ, n'aspirant qu'à la récompense divine.

Griffes de fer, fouets, ou fauves, qui tous déchirent terriblement les corps, jamais ne réussirent à faire vaciller son courage. Les envoyés célestes vinrent la fortifier du pain des Anges.

Oubliant sa naturelle cruauté, le lion se prosterna à tes pieds, ô Martine. Seul l'épée parvint à te faire franchir les portes du Ciel.

Des Autels des saintes églises du Christ, l'encens fait monter vers toi nos pieuses prières. Le souvenir de ton nom rend évanescent le nom de toutes les fausses divinités.

Veille sur tous ceux qui font te commémorent avec ferveur. Toi qui a lutté contre l'impiété païenne et en connais les grands méfaits, fais s'étendre la Foi Chrétienne à toute la terre.

Notre soutien fervent auprès du Christ, sainte Martine, exauce nos humbles prières, que nous t'adressons avec amour et fidélité.

Par les prières de Ta sainte martyre, Ô Seigneur notre Dieu, soutiens les martyrs et confesseurs de notre époque. Dieu Un et Trine, illumine Tes serviteurs pour leu bonheur de nos âmes. Amen



A (re)lire aussi :
Saintes Aldegonde, Bathilde, Martine & les 3 saints Docteurs
http://stmaterne.blogspot.com/2007/01/saintes-aldegonde-bathilde-martine-les.html


Tropaire de sainte Martine, Martyre, ton 2

Fille d'une illustre famille de Chrétiens,*
A la mort de tes parents, tu vendis tes biens*
Afin de soulager la misère des pauvres.*
Et lorsqu'arriva le temps des persécutions,*
Tu fus martyrisée sans renier ta Foi.*
Sainte Martine, prie Dieu pour notre Salut!


source tropaire:
http://acathistes-et-offices-orthodoxes.blogspot.be/2013/02/racines-orthodoxes-30-janvier12-fevrier.html

29 janvier 2015

Le vrai et le faux silence (abba Pimen)

Il y a celui qui semble garder le silence, alors que son coeur est occupé à juger son prochain : une telle personne n'arrête en réalité pas de parler. Et il y a cet autre qui parle lui de l'aube au crépuscule, et pourtant garde le silence : je veux dire par là que tout ce qu'il dit est bénéfique.
Abba Poemen, Apophtegmes des Pères du Désert




There is a person who seems to keep silent, while his heart is passing judgment on other: such a person is speaking all the time. There is another person who is speaking from dawn to dusk yet maintains silence: I mean, he says nothing that is not beneficial.
Abba Poemen, The Sayings of the Desert Fathers

28 janvier 2015

A quoi correspondent les "8 tons" dans le chant liturgique? (p. John)

Q: le calendrier liturgique de l'Église répertorie une série de "tons" pour chaque semaine de l'année. De quoi s'agit-il?

R: L'Église Orthodoxe utilise 8 harmonies musicales ou "tons" qui sont utilisés à tour de rôle sur 8 semaines, puis répétés sur base régulière. Ces 8 tons, aussi appelés Octoèque en grec, ont existé depuis l'époque de l'Église antique, et provenaient même fort probablement de Jérusalem ou d'Antioche. Leurs racines pourraient prédater le Christianisme, existant à quelque degré comme un témoignage des anciens styles de chant juif.

Au 8ème siècle, saint Jean Damascène a organisé systématiquement ces harmonies en un Livre des Huit Tons (Octoechos). Chaque ton a sa propre série de mélodies, qui offre aux hymnographes une dimension à la fois de structure et de diversité afin de composer et / ou écrire des hymnes.

P. John

ndt : lorsque l'Occident était Orthodoxe, lui aussi disposait d'un système à 8 tons + le ton "peregrinus" pour certaines occasions.





Q: The church's liturgical calendar lists a series of "tones" for each week of the year. What are these?

A: The Orthodox Church uses eight musical scores or "tones" which are sung in graduating order over the course of eight weeks and then
repeated on a regular basis after that. These eight tones, known as the Octoechos in Greek, have existed since the time of the Early Church and most probably originated in Jerusalem or Antioch. Their roots may even predate Christianity, existing to some degree as a testament to ancient Jewish chanting styles.

In the 8th century, Saint John of Damascus systematically organized
these scores into a Book of Eight Tones (Octoechos). Each tone has its own unique set of melodic formulas, which provide hymnographers a dimension of both structure and diversity as they compose and/or write hymns.

Fr. John

27 janvier 2015

Sainte Dévote (ou Julie) de Monaco

Tropaire, t. 4
La brebis à Dieu vouée s'écrie dévotement: * "Heureux ceux qui ont faim et soif de justice, * car Toi-même Tu les rassasies * chaque jour de Tes biens, * Jésus Qui es au Ciel. * Vers Toi je soupire et Tu exauces ma prière: * reçois comme colombe mon esprit, * car pour Ton Nom je suis immolée." * Par son intercession et par Ta miséricorde, Seigneur, sauve nos âmes.


Kondakion, t. 8
Que retentissent * la louange de nos chants * en ton honneur, sainte protectrice, * toi qui n'as pas voulu * sacrifier aux dieux païens, * mais gardas pure ta Foi en Christ: * pour le Verbe tu souffris * que ta bouche fût meurtrie; * pour le Crucifié, * sur le bois du chevalet * tu acceptas d'être torturée * et sous forme de colombe rendis ton âme au Seigneur, * pour voler vers ton Époux * et du Ciel veiller, * sainte Dévote, sur tes amis.

Ikos
Portant une dépouille vouée aux tisons, * une barque en péril, sur la mer en furie * mène à bon port la gloire de la Ligurie, * Dévote, la sainte à laquelle nous disons:

Réjouis-toi, qui sous le fer Christ ne renies point, * réjouis-toi, qui vas tout droit au calme port, * réjouis-toi, qui organises ce transport, * réjouis-toi, par qui les ondes sont bénies.

Réjouis-toi, vierge au martyre incandescent, * réjouis-toi, blanche colombe au rouge sang, * réjouis-toi, car du fier blason tu es devenue l'armoirie, * réjouis-toi, car neige et pourpre tu maries.

Réjouis-toi, dont la chaloupe ne louvoie, * réjouis-toi, qui du Rocher montras la voie, * réjouis-toi, qui du Dieu Verbe fus l'écho, * réjouis-toi, ferme soutien de Monaco.

Synaxaire
Le 27 janvier, Passion de la sainte martyre Dévote et Translation de son corps de Corse à Monaco.
Elle a trouvé le ciel, Dévote, en endurant * les supplices sans fin d'un barbare tyran. Le vingt-sept, achevant une humble vie sans faute, * meurt sur le chevalet l'innocente Dévote.
Par ses saintes prières, ô notre Dieu...