"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

06 septembre 2020

miracle de l'Archange saint Michel à Colosses / Chonae (6 septembre)

Tropaire de l’Archange Saint Michel, Ton 4
Grand Archistratège des célestes milices* Nous te supplions indignes que nous sommes* De nous protéger par tes prières* Et de nous garder à l’ombre des ailes de ta gloire immatérielle* Nous qui t’implorons instamment à genoux* O Prince des puissances d’en Haut* Délivre-nous de tout danger.


En Phrygie, non loin de la ville de Hiérapolis, dans un endroit appelé Cheretopos, se trouvent les ruines d'une église en l'honneur du saint Archange Michel, construite sur une source miraculeuse.
Cette ancienne région de Micronésie Grecque est actuellement en Turquie, Colosses est à 3,5km au nord de Chonae qui a été rebaptisée Honaz, dans leur province de Denizli, région de la Mer Égée.
Cette église a été construite par un habitant de la ville de Laodicée en reconnaissance à Dieu pour la guérison de sa fille muette. Le saint commandant en chef des armées célestes Michel est apparu en songe à cet homme et lui a révélé que sa fille muette recouvrerait la parole après avoir bu de l'eau de la source, eau dont le jaillissement avait été annoncé en son temps par le saint Apôtre Jean le Théologien. Et il en fut ainsi. La jeune fille fut guérie et commença à parler. Après ce miracle, le père et sa fille et toute sa famille furent baptisés. En signe de gratitude fervente, le père construisit cette église en l'honneur du saint Archange Michael. Non seulement des Chrétiens commencèrent à venir à la source pour leur guérison, mais aussi des païens. Il advint que beaucoup de païens se détournèrent de leurs idoles et se convertirent à la Foi en Jésus Christ.

En cette église du saint Archistratège Michel servit durant 60 ans un homme pieux du nom de Archippe, au titre de dépositaire de l'église. Par sa prédication et par l'exemple de sa vie de saint ascète, il amena nombre de païens à la Foi en Christ. Avec la malveillance générale de l'époque envers les Chrétiens - déjà! - , et en particulier contre Archippe, les païens firent le projet de détruire l'église afin d'empêcher les gens de venir dans ce lieu saint de guérison, et en même temps de tuer Archippe.

À cette fin, ils détournèrent le lit des rivières Lykokaperos et Kufos par un barrage, le brisèrent et dirigèrent leurs flux combinés vers l'église. St Archippe pria alors avec ferveur le saint Archistratège Michel pour conjurer le danger. Suite à sa prière l'Archange Michel apparut près de l'église, et d'un coup de sa lance ouvrit une fosse dans un rocher de sorte que les torrents d'eau y furent détournés. L'église resta ainsi indemne. En voyant un si impressionnant miracle, les païens fuirent, terrifiés. Archippe et les Chrétiens se rassemblèrent alors à l'église pour glorifier Dieu et rendirent grâce au saint Archange Michael pour son aide. L'endroit où les rivières se sont engouffrées a reçu le nom de "Chonae", qui signifie "plongeante", et l'eau y coule encore de nos jours.

 


 

Prières des parachutistes à l'archange saint Michel
http://stmaterne.blogspot.com/2016/11/priere-larchange-saint-michel-patron.html

Miracle at Chonae by Archangel Michael (Synaxaire en anglais)
http://www.stgeorgegreenville.org/our-faith/angels/miracle-at-chonae-by-archangel-michael

Saint Michel Archange - sa place dans l'Histoire du Salut, prières, icônes, précisions historiques sur le miracle de Colosses, etc
https://orthodoxologie.blogspot.com/2009/02/saint-michel-archange.html

Les interventions miraculeuses du saint Archange Michel sont nombreuses et variées depuis la Création. Comme celle de l'icône de Lesvos, Αρχάγγελος Μιχαήλ Μανταμάδος, du monastère Taxiarchis Michael, dans le district de Mantamados, dans le nord-est de Lesvos, à 36km de Mytilini.
https://www.taxiarhismantamadou.gr/
https://orthodoxwiki.org/Archangel_Michael_of_Mantamados

Hymne Acathiste à l'Archange saint Michel
https://acathistes-et-offices-orthodoxes.blogspot.com/2009/02/acathiste-au-saint-archange-michel.html



Ô saint Archange Michel, chef des puissances célestes, nous te prions sans cesse, indignes que nous sommes :
par tes prières couvre-nous de l'ombre des ailes de ta gloire immatérielle afin de nous sauvegarder,
nous qui nous prosternons devant toi avec ferveur et te clamons :
délivre-nous de tout danger, toi qui es le chef des puissances d'en haut
.



29 août 2020

Martyre du Saint Précurseur, Prophète et Baptiste Jean (Jour de jeûne rigoureux)

29 août * Décollation du Saint Précurseur, Prophète et Baptiste Jean * Lectures du jour * Vêpres et Divine Liturgie

Vêpres

Isaïe (40,1-5,9; 41,17-18; 45,8; 48,20-21; 54,1)

Ainsi parle le Seigneur: Consolez, consolez mon peuple, dit votre Dieu. Prêtres, parlez au cœur de Jérusalem, pour la consoler, car son humiliation est achevée, sa faute est expiée, elle a reçu de la main du Seigneur double peine pour tous ses péchés. Voix de celui qui crie dans le désert: Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez les sentiers de notre Dieu. Tout ravin sera comblé, toute montagne et colline seront abaissées; ce qui est tortueux sera redressé, les chemins raboteux seront nivelés; et toute chair verra le salut de Dieu. Monte sur une haute montagne, toi qui annonces la bonne nouvelle à Sion; élève fortement la voix, toi qui annonces la bonne nouvelle à Jérusalem; élevez la voix, ne craignez pas. Moi, le Seigneur Dieu, j'exaucerai les pauvres d'Israël, je ne les abandonnerai pas. Je ferai couler des rivières sur les hauteurs, et des fontaines au milieu des vallées; je changerai le désert en étang, et la terre assoiffée en courants d'eau. Que le ciel, d'en haut, répande la joie, que les nuées fassent pleuvoir la justice! Que la terre s'entr'ouvre et fasse croître le salut, qu'il en sorte la justice également! Proclamez la nouvelle avec des cris de joie, publiez-la jusqu'aux extrémités de la terre. Dites que le Seigneur a racheté Jacob son serviteur. Et lorsqu'ils eurent soif au désert, pour eux il fit jaillir les ondes du rocher. Réjouis-toi, stérile qui n'as pas enfanté, éclate en cris d'allégresse, toi qui n'as pas eu les douleurs, car plus nombreux seront les fils de la délaissée que les fils de l'épouse, dit le Seigneur.

Malachie (3,1-3,5-7,12,18,17,22-24)

Ainsi parle le Seigneur tout-puissant: Voici que je vais envoyer mon Ange devant ta face, pour préparer ton chemin devant toi. Alors il entrera dans son temple, le Seigneur que vous cherchez. Qui pourra soutenir le jour de sa venue? qui restera debout quand il apparaîtra? Car il sera comme le feu du fondeur, comme la potasse des foulons. Il siégera pour affiner et purifier, comme on épure l'or et l'argent. Il s'approchera de nous pour le jugement et s'empressera de témoigner contre les méchants, les adultères, contre ceux qui jurent faussement par son nom, contre ceux qui ne le craignent pas, dit le Seigneur tout-puissant. Car je suis le Seigneur votre Dieu et je ne change pas; mais vous, fils de Jacob, vous vous écartez de mes lois et ne les gardez pas. Revenez donc à moi, et je reviendrai à vous, dit le Seigneur tout-puissant. Alors, toutes les nations vous diront bienheureux, et vous saurez que je suis le Seigneur, celui qui voit la différence entre le juste et le méchant, au jour que je prépare pour sauver ceux qui m'aiment. Sachez-le donc et souvenez-vous de la Loi de Moïse mon serviteur, auquel j'ai prescrit sur l'Horeb pour tout Israël des préceptes et des lois. Voici, je vais vous envoyer Elie le Thesbite, avant que n'arrive le grand et sublime jour du Seigneur, qui ramènera le cœur du père vers son fils et le cœur de l'homme vers son prochain, de peur que je ne vienne frapper la terre sans merci, dit le Seigneur tout-puissant, le Dieu saint d'Israël.

Sagesse de Salomon (4,7,16-17,19-20; 5,1-7)

Le juste, même s'il meurt avant l'âge, trouvera le repos. Le juste, en mourant, condamne ceux qui vivent en impies; car ils voient la fin du juste, mais sans comprendre les desseins que Dieu a sur lui. Car le Seigneur brisera les impies, il les fera tomber, sans voix, la tête la première, il les arrachera de leurs bases; jusqu'au dernier ils seront dévastés, en proie à la douleur, et leur mémoire périra. Au bilan de leurs fautes ils viendront terrifiés, leurs péchés devant eux se dresseront pour les accuser. Alors le juste se tiendra, plein d'assurance, en face de ceux qui l'ont opprimé et qui pour ses souffrances n'avaient que mépris. A sa vue, ils seront saisis d'un grand effroi, stupéfaits par le caractère inopiné de son salut. Entre eux ils se diront, touchés de repentir et gémissant dans leur âme angoissée: Le voilà, celui que jadis nous avons tourné en dérision, outragé de nos sarcasmes, insensés ! Sa vie, nous l'avons considérée comme folie, sa mort comme privée d'honneur. Comment donc est-il au nombre des fils de Dieu, comment partage-t-il le sort des Saints? Ainsi donc, nous nous sommes fourvoyés loin de la vérité; la lumière de la justice n'a pas brillé pour nous, le soleil ne s'est pas levé sur nous! Pleinement nous fréquentions le chemin du mal et de la perdition, nous avons suivi d'impraticables sentiers, et la voie du Seigneur, nous l'avons méconnue!

Divine Liturgie

Epitre : Actes 13 :25-32

Lorsque Jean achevait sa course, il disait: « Je ne suis pas celui que vous pensez; mais voici, après moi vient Celui des pieds duquel je ne suis pas digne de délier les souliers. » Hommes frères, fils de la race d'Abraham, et vous qui craignez Dieu, c'est à vous que cette parole de salut a été envoyée. Car les habitants de Jérusalem et leurs chefs ont méconnu Jésus, et, en Le condamnant, ils ont accompli les paroles des prophètes qui se lisent chaque sabbat. Quoiqu'ils ne trouvassent en Lui rien qui fût digne de mort, ils ont demandé à Pilate de Le faire mourir. Et, après qu'ils eurent accompli tout ce qui est écrit de Lui, ils le descendirent de la croix et Le déposèrent dans un sépulcre. Mais Dieu L'a ressuscité des morts. Il est apparu pendant plusieurs jours à ceux qui étaient montés avec Lui de la Galilée à Jérusalem, et qui sont maintenant Ses témoins auprès du peuple. Et nous, nous vous annonçons cette bonne nouvelle que la promesse faite à nos pères.

Evangile : Marc 6:14-30

En ce temps-là, le roi Hérode entendit parler de Jésus, dont le nom était devenu célèbre, et il dit: « Jean Baptiste est ressuscité des morts, et c'est pour cela qu'il se fait par lui des miracles. » D'autres disaient: « C'est Élie. » Et d'autres disaient: « C'est un prophète comme l'un des prophètes. »
Mais Hérode, en apprenant cela, disait: « Ce Jean que j'ai fait décapiter, c'est lui qui est ressuscité. » Car Hérode lui-même avait fait arrêter Jean, et l'avait fait lier en prison, à cause d'Hérodias, femme de Philippe, son frère, parce qu'il l'avait épousée, et que Jean lui disait: « Il ne t'est pas permis d'avoir la femme de ton frère. » Hérodias était irritée contre Jean, et voulait le faire mourir. Mais elle ne le pouvait; car Hérode craignait Jean, le connaissant pour un homme juste et saint; il le protégeait, et, après l'avoir entendu, il était souvent perplexe, et l'écoutait avec plaisir. Cependant, un jour propice arriva, lorsque Hérode, à l'anniversaire de sa naissance, donna un festin à ses grands, aux chefs militaires et aux principaux de la Galilée. La fille d'Hérodias entra dans la salle; elle dansa, et plut à Hérode et à ses convives. Le roi dit à la jeune fille: « Demande-moi ce que tu voudras, et je te le donnerai. » Il ajouta avec serment: « Ce que tu me demanderas, je te le donnerai, fût-ce la moitié de mon royaume. » Étant sortie, elle dit à sa mère: « Que demanderais-je? » Et sa mère répondit: « La tête de Jean Baptiste. » Elle s'empressa de rentrer aussitôt vers le roi, et lui fit cette demande: « Je veux que tu me donnes à l'instant, sur un plat, la tête de Jean Baptiste. » Le roi fut attristé; mais, à cause de ses serments et des convives, il ne voulut pas lui faire un refus. Il envoya sur-le-champ un garde, avec ordre d'apporter la tête de Jean Baptiste. Le garde alla décapiter Jean dans la prison, et apporta la tête sur un plat. Il la donna à la jeune fille, et la jeune fille la donna à sa mère. Les disciples de Jean, ayant appris cela, vinrent prendre son corps, et le mirent dans un sépulcre. Les apôtres, s'étant rassemblés auprès de Jésus, Lui racontèrent tout ce qu'ils avaient fait et tout ce qu'ils avaient enseigné.


29 août : Décollation du Saint et glorieux Prophète et Précurseur Jean-Baptiste (Jour de jeûne rigoureux)

Une main criminelle par le fer enlève
la tête de celui dont la main a touché
au Jourdain la tête du Seigneur. Par le glaive
le chef du Précurseur le vingt-neuf est tranché.
Par les prières de ton Précurseur, Christ notre Dieu, aie pitié de nous et sauve-nous. Amen.

Tropaire, t. 2

La mémoire du Juste s'accompagne d'éloges, * mais à toi, Précurseur, suffit le témoignage du Seigneur; * vraiment tu t'es montré en effet * le plus grand de tous les Prophètes; * aussi tu fus digne de baptiser dans les eaux * celui qu'ils avaient annoncé; * ayant lutté sur terre pour le vrai, * tu annonças jusqu'aux Enfers, plein de joie, * le Dieu manifesté dans la chair, * qui enlève le péché du monde * et nous accorde la grâce du salut.

Kondakion, t. 5

L'illustre décollation du Précurseur * fut un acte dans l'œuvre de salut, * puisqu'aux Enfers il annonça la venue du Sauveur. * Qu'Hérodiade gémisse à présent * qui réclama ce meurtre impie, * car ce n'est pas la loi de Dieu * ni la vie éternelle qu'elle aima, * mais les illusions qui ne durent qu'un moment.

Ikos

L'anniversaire d'Hérode se distingua par l'impiété: * au milieu des convives en effet * la tête du jeûneur fut présentée sur un plat. * A l'allégrese fut mêlé le chagrin, * aux rires l'amère lamentation, * car la fille, selon sa parole, parut devant tous * portant la tête du Baptiste sur un plat; * et pour un caprice la tristesse fondit * sur tous les convives du roi; * ils n'en conçurent aucune joie, * pas plus qu'Hérode, à ce qu'on dit: * il fut contristé, mais son chagrin * fut-il sincère ou apparent, * un chagrin qui ne dure qu'un moment?

Exapostilaire (t. 2)

Celui que nous savons le plus grand des Prophètes, * celui qui précède les Apôtres dans le témoignage divin, * le Précurseur de la grâce de Dieu, * offrons-lui comme couronne d'éloges nos chants: * sa tête fut tranchée pour la loi du Seigneur.
t. 3
Hérode, ce débauché, * t'ayant perfidement décapité, * toi le Baptiste du Sauveur * qui cultivais la pureté, * ne put trancher entièrement * tous les reproches que ta langue proférait.

Vierge pure qui as effacé * la malédiction du monde par ton divin enfantement, * par tes prières délivre de tout danger * le troupeau fidèle qui implore ta faveur.

Saint Jean, le Précurseur et Baptiste du Seigneur, a reçu du Christ lui-même le témoignage qu'il était le plus grand de tous les hommes nés de la femme et le premier parmi les Prophètes. Alors qu'il était encore dans le sein de sa mère, il tressaillit de joie à l'approche du Messie que portait en elle la Toute-Sainte Mère de Dieu. Dès qu'il eut atteint l'âge adulte, lui "dont le monde n'était pas digne" (cf. Héb. 11:38), se retira au désert, couvert d'un vêtement de poil de chameau et ceint d'une ceinture de cuir, signifiant la maîtrise de tous les élans de la chair. Ayant retrouvé, tel un nouvel Adam, l'état harmonieux de notre nature créée pour être tournée vers Dieu seul, il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage, et vaquait à la contemplation l'esprit non troublé par les soucis de ce monde. L'an quinze du principat de Tibère César (an 29), Jean, ayant entendu la Parole de Dieu dans le désert, se rendit dans la région du Jourdain, pour prêcher le repentir aux foules qui venaient à lui, attirées par sa vie angélique. Il les baptisait dans les eaux du Jourdain en signe de purification de leurs péchés, et pour les préparer à recevoir le Sauveur il les engageait à produire de dignes fruits de repentir, plutôt qu'à se vanter d'être fils d'Abraham. Et il disait, en reprenant les paroles du Prophète Isaïe: « Voix de celui qui crie dans le désert. Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits Ses sentiers; tout ravin sera comblé et toute montagne ou colline sera abaissée ( ... ) et toute chair verra le salut de Dieu » (Is. 40:3-5). Comme le peuple se demandait s'il n'était pas le Sauveur attendu depuis des générations, Jean leur dit: « Pour moi je vous baptise avec de l'eau, mais vient plus grand que moi, Lui vous baptisera dans le feu et dans l'Esprit Saint. » Sa pureté et son amour de la virginité étaient tels qu'il fut jugé digne, non seulement de voir le Sauveur, dont il avait été institué le Précurseur, mais encore de Le baptiser dans le Jourdain et d'être le témoin de la révélation de la Sainte Trinité.
Saint Jean méditait sans cesse la Parole de Dieu et considérait toute chose de ce monde comme secondaire au regard de l'observation de la Loi divine, dont sa vie était la parfaite réalisation. C'est pourquoi il ne craignait pas d'adresser de violents reproches à Hérode Antipas2, le tétrarque de Galilée, homme impudique et débauché qui, contrairement à la Loi, avait épousé Hérodiade, la femme de son frère Philippe alors que ce dernier était encore en vie3 et avait eu d'elle une fille, Salomé4. Se faisant l'interprète de la conscience endurcie du pécheur, le Prophète lui disait au nom de Dieu: « Il ne t'est pas permis d'avoir pour épouse la femme de ton frère. » C'est pourquoi Hérodiade nourrissait une rancune tenace contre Jean et voulait le tuer; elle en était cependant empêchée par Hérode qui le protégeait, comme homme juste et saint, mais surtout par crainte du peuple qui l'honorait comme un envoyé de Dieu. Finalement la perfide Hérodiade parvint à ses fins et obtint de faire emprisonner le Prophète dans la forteresse de Machéronte. Quand vint l'anniversaire de la naissance du roi, à l'approche de la Pâque5, celui-ci convia les notables de son royaume à un grand festin, pendant lequel tous se livrèrent à la goinfrerie et à l'ivresse. Salomé dansa voluptueusement devant les convives de ce banquet de la vaine gloire, et elle plut au regard lubrique de son père qui s'engagea par serment à lui donner en récompense tout ce qu'elle demanderait, fût-ce la moitié de son royaume. Sur le conseil de sa mère, la jeune fille demanda qu'on lui apporte séance tenante la tête de Jean Baptiste sur un plateau. Le roi se trouva embarrassé, mais à cause de son serment, et pour ne pas perdre la face devant ses convives, il se résolut à faire périr le Juste. La sentence fut aussitôt exécutée, un soldat alla décapiter Saint Jean dans sa prison et rapporta bientôt dans la salle, sur un plat, son précieux chef encore sanglant, qui adressait un reproche silencieux à la faiblesse criminelle du roi. Salomé présenta ce trophée à sa mère, semblant lui dire: « Mange, ô ma mère, la chair de celui qui a vécu comme un incorporel, et bois son sang. Cette langue qui ne cessait de nous adresser des reproches se taira désormais à jamais » 6

Les disciples du Saint vinrent prendre son corps et allèrent l'enterrer à Sébaste, puis ils allèrent en informer Jésus. Ce n'est que bien plus tard que les Reliques du Saint Précurseur furent retrouvées par miracle, afin de répandre la grâce sur les fidèles qui les vénèrent7.
Cet acte sanglant semble avoir été permis par Dieu, afin qu'après avoir été le Précurseur du Christ sur la terre, Saint Jean Baptiste le fût aussi dans le royaume des morts et aille annoncer aux justes morts dans l'espérance de la Rédemption, l'arrivée prochaine du Messie qui devait briser par la Croix les portes et les verrous des enfers.
Par sa vie comme par sa mort, le Précurseur reste aussi pour tous les Chrétiens un Prophète et maître de vie spirituelle. Par sa conduite irrépréhensible, il leur apprend à lutter jusqu'à la mort contre le péché, non seulement pour le respect de la justice et l'observance de la Loi de Dieu, mais aussi pour progresser dans la vertu et la pureté du coeur. Toute conscience affinée par la méditation de la Loi de Dieu est donc semblable au Précurseur, et elle fraie en l'âme repentante les "voies du Seigneur", afin de lui donner la connaissance du Salut (cf. Luc 1:76)8.

1. Bien que la commémoraison de la mort des Saints soit une occasion de joie, on a coutume aujourd'hui d'observer le jeûne, et l'office de la fête souligne l'iniquité de l'acte d'Hérode. Cf. Mat. 14:1-12; Marc 6:17-29; Luc 3:19-20.

2. Fils d'Hérode le Grand, il fut tétrarque de Galilée et de Pérée de l'an 4 av. J.-C. à 39 ap. J.-C.

3. Ce Philippe n'était pas le tétrarque d'Iturée et de Trachonitide mentionné par l'Evangile (Luc 3:1), mais un autre fils d'Hérode le Grand, demi-frère d'Hérode Antipas.

4. Son nom n'est pas mentionné dans l'Évangile, mais a été transmis par l'historien Flavius Josèphe: Antiquités judaïques, 18, 5, 2-4.

5. La fête de la Décollation du Précurseur a été fixée aujourd'hui en mémoire de la dédicace d'une église érigée pour abriter ses Reliques à Sébaste (Samarie), au temps de Sts Constantin et Hélène.

6. St Jérôme raconte qu'Hérodiade s'acharna sur la tête de sa victime en lui perçant la langue avec son stylet.

7. On commémore trois inventions du chef du Précurseur: la première et la seconde le 24 fév., et la troisième le 25 mai. Quant au reste de ses Reliques, elles furent brûlées sous Julien l'Apostat, mais quelques fragments purent être soustraits au feu et furent remis à St Athanase d'Alexandrie, et de là se répandirent dans le monde chrétien. La partie faciale du chef du Précurseur, dérobée lors du pillage de Constantinople par les Croisés en 1204 dans le Monastère Saint-Georges des Manganes, qui est aujourd'hui conservée dans le trésor de la cathédrale d'Amiens, semble bien être authentique, mais tel n'est pas le cas de nombreuses autres reliques présumées qu'on trouve répandues en Occident. En Grèce, on trouve un certain nombre de ses reliques, notamment sa main droite qui est vénérée au Monastère de Dionysiou au Mont Athos (tandis qu'une autre main est conservée à Topkapi, l'ancien palais des sultans à Constantinople).

8. Cf. S. Grégoire Palamas, Homélie sur la Décollation de S. Jean Baptiste (PG 151, 496 Sv.).

(Le Synaxaire, vie des Saints de l'Eglise Orthodoxe par le hiéromoine Macaire de Simonos Pétra)


Homélie de Saint Jean Chrysostome sur la décollation de Saint Jean Baptiste

Je vous prie de considérer avec plus d’attention quelle est la demande de cette fille. «Donnez-moi, » dit-elle, « dans ce plat la tête de « Jean-Baptiste. » Voyez-vous l’effronterie? Entendez-vous l’organe du diable? Elle sait bien quel est celui dont elle demande la tête, puisqu’elle l’appelle « Jean-Baptiste, » et elle la demande néanmoins. Elle veut qu’on lui apporte dans un plat cette tête sacrée et bienheureuse, et elle en parle comme s’il ne s’agissait que d’un mets qu’on servirait sur une table. Elle ne donne aucune raison de cette demande barbare, parce qu’elle n’en a point. Elle met seulement sa gloire à se faire donner une satisfaction si cruelle et si malheureuse.
Elle ne demande point qu’on fasse venir saint Jean et qu’on le tue devant tout le monde. Elle appréhendait trop sa force et sa liberté. La moindre de ses paroles l’aurait fait trembler, et la vue du glaive qui allait lui trancher la tête n’eût point empêché ce courageux prophète de parler. C’est pourquoi elle dit: « Donnez-moi ici dans ce plat la tête de Jean-Baptiste. » Elle veut voir sa tête, mais lorsque sa bouche sera muette. Elle la veut voir toute sanglante, non seulement pour s’assurer qu’elle ne lui fera plus de reproches, mais encore pour satisfaire sa vengeance en l’insultant.
Dieu voit cela, mes frères, et Il l’accepte. Il ne lance point ses foudres sur cette malheureuse. Il ne réduit point en cendres ce front insolent et cette langue homicide. Il ne commande point à la terre de s’ouvrir pour abîmer ce prince et tous ses conviés avec lui. Il retient Sa justice en cette rencontre pour préparer à son serviteur une couronne plus illustre, et pour laisser à tous ceux qui le suivraient une plus grande consolation dans leurs maux.
Écoutons ceci, nous que la pratique de la vertu expose aux mauvais traitements des méchants. Un homme si admirable, un saint qui avait passé sa vie dans un désert, sous un habit si austère, sous un cilice; un prophète et le plus grand des prophètes, à qui le Fils de Dieu avait rendu ce témoignage qu’entre tous ceux qui étaient nés des femmes, il n’y en avait point de plus grand que lui : ce saint, dis-je, est sacrifié à la rage d’une femme impudique; sa tête est le prix de la danse d’une fille effrontée, et il est abandonné à ces furieuses, parce qu’il a soutenu avec vigueur la loi de Dieu.
Pensons à ce grand exemple, et souffrons généreusement tout ce qui nous pourra arriver. Cette malheureuse femme était altérée du sang de l’innocent, et elle a le plaisir de le répandre. Elle voulait se venger de l’injure qu’elle croyait que saint Jean lui avait faite, et Dieu permet qu’elle se satisfasse comme elle l’avait désiré, et qu’elle se rassasie de sa vengeance.
Qu’avait-elle à reprocher à ce saint homme? Il ne lui avait jamais fait la moindre réprimande, et il s’était toujours adressé à Hérode. Mais sa conscience criminelle lui fait sentir l’aiguillon du remords. C’est le bourreau qui la tourmente et qui la déchire. Ce qu’elle endure au dedans la rend comme furieuse au dehors. Elle remplit sa maison de confusion et d’infamie. Elle déshonore tout ensemble en elle-même sa fille et son mari mort, et découvre son adultère vivant; elle veut surpasser ses premiers excès par d’autres encore plus horribles. Il semble qu’elle dise à saint Jean: si vous ne pouvez souffrir de voir Hérode adultère, je le rendrai même homicide; et pour faire cesser vos reproches, je le forcerai à vous ôter la vie.
Je vous appelle ici, vous tous qui donnez aux femmes un si grand pouvoir sur votre esprit. Vous qui faites des serments indiscrets sur des choses douteuses et incertaines, et qui creusez ainsi la fosse où vous devez être précipités, en rendant les autres les maîtres de votre perte. Car n’est-ce pas ainsi que périt Hérode? Il crut que dans une fête et dans un jour de joie, cette fille lui demanderait quelque chose qui fût proportionné à elle, au lieu où elle était, et au temps de cette réjouissance publique; bien loin de s’imaginer qu’elle dût demander une tête. Et cependant il fut trompé malheureusement, et sa surprise ne l’excuse point.
Car si cette fille instruite par sa mère osa lui faire une demande plus digne d’une tigresse que d’une femme, c’était à lui à s’opposer à cette furieuse, et non pas à se rendre le ministre d’une cruauté si odieuse et si inouïe.
Qui n’aurait été frappé d’horreur de voir au milieu d’un festin paraître dans un plat cette tête sacrée toute dégoutante de son sang? Hérode néanmoins n’en est point touché, et encore moins cette femme barbare. C’est là l’esprit de ces malheureuses prostituées. Elles perdent la compassion avec l’honneur, et elles sont aussi hardies et aussi inhumaines qu’impudiques. Car si le seul récit d’un événement si barbare nous fait frémir d’horreur, combien en devait faire l’action même? Quel devait être le sentiment de ces convives voyant au milieu du festin une tête qui venait d’être coupée, et qui nageait dans son propre sang? Cependant cette femme, plus cruelle que les furies, ne trouve que du plaisir dans ce spectacle. Elle triomphe de joie d’être enfin venue à bout de tous ses désirs; au moins aurait-elle dû se contenter de voir une fois cette tête coupée; mais non, il faut qu’elle se repaisse de cette vue, qu’elle s’enivre en quelque sorte de ce sang d’un prophète, dont elle avait été si altérée.
Voilà ce que produit cette infâme passion. Après avoir fait des impudiques, elle fait encore des meurtriers. C’est pourquoi je ne doute point qu’une femme qui a l’adultère dans le cœur, ne soit prête à ôter la vie à son mari aussi bien que l’honneur, et qu’elle ne soit assez hardie pour commettre, je ne dis pas seulement un ou deux, mais mille homicides. Et on ne voit que trop d’exemples de ce que je dis. C’est par cet esprit de sang et de meurtre que se conduisit alors cette femme, croyant qu’après qu’elle aurait fait mourir saint Jean, son crime serait enseveli avec lui. Mais il arriva tout le contraire, parce qu’après sa mort même, le prophète parla plus haut que jamais. Les méchants se conduisent dans leurs desseins comme les malades, qui mourant de soif ne pensent qu’à boire pour se rafraîchir, sans considérer qu’ils se trouveront ensuite beaucoup plus mal. Si cette femme n’eût point fait mourir saint Jean, pour l’empêcher de lui reprocher son impudicité, on aurait beaucoup moins parlé contre elle. Car lorsque saint Jean fut mis en prison, ses disciples d’abord demeurèrent dans le silence. Mais lorsqu’ils le virent tué si cruellement, ils furent contraints enfin de dire qu’elle avait été la cause de sa mort. Ils voulaient d’abord épargner la réputation de cette femme adultère, en ne publiant point ce qui aurait pu la déshonorer. Mais ils furent forcés enfin de découvrir toute cette intrigue, de peur qu’on ne crût que leur maître eût été un séditieux comme Theudas et Judas, et qu’il eût été exécuté comme eux, pour avoir fait quelque entreprise contre l’État.
On voit par là, que plus on s’efforce de cacher son péché plus on le publie; et que le moyen de couvrir un crime n’est pas d’y en ajouter un autre, mais de l’expier par une sincère pénitence.

"La décapitation de saint Jean-Baptiste a eu lieu juste avant la Pâque, mais sa célébration a été fixée au 29 août du fait qu'une église qui avait été construite sur sa tombe à Sébaste par les Ss. Constantin et Hélène a été consacrée le 29 août."
Saint Nicolas Velimirovic, évêque d'Ochrid et Zica

24 août 2020

Un esprit saint dans un corps sain...

Trop peu d'argent est mauvais pour le corps, et trop d'argent est mauvais pour l'âme. Les gens vivent un véritable dilemme. Dans quoi sont-ils censés garder leur âme, s'ils abîment leur corps ? Et que sont-ils censés garder dans un corps sain, s'ils se retrouvent sans âme ?
Dusko Radovic

Dušan Duško Radović (en serbe cyrillique : Душан Душко Радовић ; né le 29 novembre 1922 à Niš - mort le 16 août 1984 à Belgrade) était un poète, un écrivain et un journaliste serbe. Auteur de nombreux aphorismes.



 

Too little money is bad for the body, and too much is bad for the soul. People have a real dilemma. What are they supposed to keep their soul in, if they spoil their body? And what are they supposed to keep in a healthy body, if they are left without a soul?
Dusko Radovic

01 août 2020

Saints Friard et Secondel, ermites en Bretagne


Chapelle Saint Second, Besné (reconstruction vers 1640)




SAINTS FRIARD ET SECONDEL, ERMITES (6ième SIÈCLE)
Né au pays nantais de parents très modestes, le Gallo-Romain Friard cultiva la terre dans ses jeunes années, au rapport de Grégoire de Tours. Mais sa grande piété le distinguait de ses compagnons de travail. Un jour qu'ils avaient été piqués par un essaim de guêpes et forcés de quitter les lieux, le saint se mit à genoux, fit le signe de la croix et les guêpes s'enfoncèrent dans leur trou.
Résolu de tout quitter pour se consacrer à Dieu, il se retira dans une île de la Loire, Vindunitta, avec l'abbé Sabaudus et le diacre Secondel. Sabaudus ne tarda pas à rentrer dans son monastère; Secondel alla prêcher aux alentours. Mais, d'après Grégoire de Tours, c'était une tentation du démon que Friard démasqua. Quelques années plus tard Secondel mourut dans les bras de Friard, mais la réputation du saint attira d'autres compagnons pour le remplacer. Saint Félix l'avait en très haute estime; aussi, quand Friard se sentit près de sa fin, lui fit-il demander de venir le bénir et lui donner le baiser de paix. Félix, retenu par des attaires importantes, lui fit dire de ne pas mourir qu'il ne l'eût vu, et le saint, très obéissant, attendit.
Il mourut aux alentours de 570. La paroisse de Besné réclame l'honneur de lui avoir donné le jour et de posséder ses reliques. D'après A. Oheix, Vindunitta serait Besné.
Bibl. - Grégoire de Tours, Vitae Patrum, 10, éd. B. Krusch, dans Mon. Germ. hist. - Biblioth. hag. lat., n. 3148. - Act. sanct., août, t. 1, p. 57-59. -



Huile sur toile, 19ème s - celle de saint Friard est encore moins réussie.. On attend un évêque pour se décider à faire réaliser l'iconographie de tous nos saints selon les canons et l'art religieux local de l'époque du saint.



26 juillet 2020

Le Remède pour le corps et l'âme (p. Tryphon)

La puissance vivifiante du Corps et du Sang du Sauveur

L'Éternité est un banquet sans fin (la Divine Liturgie) qui se déroule dans le Royaume céleste. A chaque fois que nous participons à la Divine Liturgie, nous sommes transportés en un lieu où il n'y a ni temps ni espace, et nous participons à ce banquet-là. En recevant les Saints Mystères (à savoir, vraiment le Corps et le Sang du Christ), nous recevons le remède guérissant tout ce qui nous rend malade. Notre décrépitude, corps et âme, se voit administrer le médicament dont nous avons tant besoin.

Dieu est partout présent et rempli tout. Il n'y a nul endroit où Il ne serait pas. Le feu des enfers n'est rien d'autre que le Feu de Dieu, brûlant ceux qui manquent d'amour et qui refusent de répondre à Son invitation de rentrer en communion avec Lui. Dieu n'envoie personne en enfer, car nous nous y condamnons nous-mêmes. L'éternité avec Dieu requiert une transformation de nos âmes, nous devons être purifiés afin de pouvoir être baignés dans la Lumière incréée de Dieu. Sans cette transformation, le feu de Dieu nous brûle, non pas qu'Il souhaite que nous brulions, mais parce que notre nature déchue ne saurait soutenir la présence de Dieu sans avoir été purifiée.

L'Eucharistie est le remède même que Dieu a voulu pour cette transformation. Notre réponse devrait être une humble soumission à cette invitation à communier avec ce Dieu même Qui nous a créés. La Sainte Communion est là pour être le moyen de notre transformation, qui nous restaure en plénitude. Les Saints Mystères nous donnent la vie. La Confession et la Communion régulières sont les moyens dont nous disposons pour changer.

L'Eucharistie est à la fois mystique et symbolique, et est comprise comme étant authentiquement Corps et Sang du Christ, précisément parce que le pain et le vin sont des mystères et des symboles de la véritable et authentique présence de Dieu, et Sa manifestation pour nous en Christ.

La Sainte Eucharistie défie toute analyse et explication purement rationnelle, de même qu'une terminologie logique, précisément parce que c'est un mystère. L'Eucharistie, étant le Christ Lui-même, est un mystère du Royaume des Cieux qui, comme Jésus nous l'a dit, n'est "pas de ce monde-ci." Du fait qu'elle relève du Royaume de Dieu, l'Eucharistie est totalement inaccessible à la "logique" terrestre de l'humanité déchue.

Saint Jean Damascène en disait : "Si vous voulez savoir commence cela se passe, il vous suffit d'apprendre que c'est par le Saint Esprit... nous n'en savons rien de plus, sinon que la Parole de Dieu est véridique, active et toute puissante, mais insondable en son mode opératoire."

A l'occasion de cette pandémie [Coronavirus Covid-19], un petit nombre de fidèles a eu peur de recevoir les Saints Mystères avec la même cuillère que celle qui avait administré la Communion à leur prédécesseur dans la file. Ces gens se privent donc d'eux-mêmes du vivifiant Corps et Sang du Christ, par peur d'être atteints par un virus. Je leur dirais qu'il est important de se rappeler que l'Eucharistie apporte la guérison SIMULTANÉMENT au corps et à l'âme.

Comme prêtre, après avoir administré le Corps et le Sang aux fidèles, je place la sainte cuillère dans ma propre bouche, de peur que la moindre parcelle des précieux Dons puisse en tomber. Et comme tous les prêtres, j'ai accompli cela depuis le jour où mon archevêque m'a ordonné à la sainte prêtrise. Je n'ai JAMAIS été frappé par le moindre virus que ce soit pour avoir agit de la sorte, et ça n'aura jamais lieu. C'est tout simplement impossible, vu ce que je reçois dans ma bouche.

Cette peur est générée par les puissances des ténèbres, car le démon voudrait que nous ayons peur de recevoir la grâce vivifiante qui vient de la réception des Saints Mystères. Le démon sait tout à propos de la puissance vivifiante du Corps et du Sang du Sauveur, et c'est le démon qui va chercher à provoquer la peur chez les fidèles, de sorte que nous évitions de recevoir le Remède nécessaire pour nos âmes.
Les fidèles, tous ensemble, nous devons tenir ferme dans notre Foi, et dire au démon de retourner en enfer, là d'où il vient

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Dans l'amour du Christ,
Higoumène Tryphon







Medicine for Both Body and Soul
The life-giving power of the Body and Blood of the Saviour

Eternity is an everlasting banquet (the Divine Liturgy) that takes place in the heavenly realm. Every time we participate in the Divine Liturgy we are transported into a place where there is neither time nor space, and participate in that very banquet. As we receive the Holy Mysteries (Christ's very Body and Blood), we receive the healing medicine for that which ails us. Our brokenness in both body and soul are given the healing medicine that we so very much need.
God is everywhere present and fills all things. There is nowhere He is not. Hell fire is none other than the Fire of God, burning those who are unloving and unresponsive to His invitation to commune with Him. God does not send anyone to hell, for we sentence ourselves. Eternity with God necessitates a transformation of our souls, that we be purified in order to be engulfed by God's uncreated light. Without transformation the fire of God burns us, not because He desires we be burned, but because our fallen nature can not withstand the presence of God without having been purified.
The Eucharist is the very medicine that God designed for this transformation. Our response should be one of humble submission to this invitation to commune with the very God Who created us. Holy Communion is meant to be the very agent that changes us, making us whole. The Holy Mysteries give us life. Frequent confession and communion are the means we have for change.
The Eucharist is both mystical and symbolic and is understood to be the genuine Body and Blood of Christ, precisely because bread and wine are the mysteries and symbols of God's true and genuine presence and His manifestation to us in Christ.
The Holy Eucharist defies analysis and explanation in purely rational and logical terms precisely because it is a mystery. The Eucharist, as is Christ himself, is a mystery of the Kingdom of Heaven which, as Jesus has told us, is "not of this world." The Eucharist, because it belongs to God's Kingdom, is truly free from the earth-born "logic" of fallen humanity.
Saint John of Damascus says, "If you enquire how this happens, it is enough for you to learn that it is through the Holy Spirit ... we know nothing more than this, that the word of God is true, active, and omnipotent, but in its manner of operation unsearchable".
During this pandemic there are a small number of people who fear receiving the Holy Mysteries from the same spoon as those who have gone before them in the communion line. These people are thus depriving themselves of the Live-Giving Body and Blood of Christ, for fear of getting the virus. To them I would say, it is important to remember that the Eucharist brings about healing of BOTH body and soul.
As a priest, following the reception of the Body and Blood by the faithful, I place the holy spoon into my own mouth, lest any particles of the precious Gifts fall off the spoon. I, like all priests, have done this since the day my archbishop ordained me into the sacred priesthood. I have NEVER come down with a virus of any sort for doing so, and I never will. It would be impossible, given that which I am taking into my mouth.
It is from the Powers of Darkness that such fear is generated, as the Evil One would have us fear receiving the very life-giving grace that comes from the reception of the Holy Mysteries. The Evil One knows of the life-giving power of the Body and Blood of the Saviour, and it is the devil who would strike fear in believers, so we avoid receiving the Medicine needed for our souls. Let us, collectively as believers, stand firm in our faith, and tell the devil to go back to hell, from which he came.
Love in Christ,
Abbot Tryphon

24 juillet 2020

Une religion mondiale unique (p. Tryphon)



Le Mouvement du Nouvel Age et sa Charte en 10 points pour détruire le Christianisme.

Alice Bailey, connue comme étant une des "prophétesses" du Mouvement du Nouvel Age, était un écrivain qui a vécu entre 1880 et 1949, et on lui attribue la création du terme "Nouvel Age". Ses enseignements et ses écrits sont considérés comme fondateurs et d'autorité dans le Mouvement du Nouvel Age. Elle décrivait elle-même la majorité de son travail comme lui ayant été dicté télépathiquement par un Maître de Sagesse, ou une entité spirituelle identifiée comme Djwal Khul. Pour nous autres Chrétiens, il est évident que cette entité est un démon.

Alice Bailey a fondé le "Lucis Trust", connu en 1922 sous le nom de Lucifer Publishing Company, et son organisation a eu une grande influence dans nombre de pays européens, et même aux Nations Unies.


Un des principaux agendas du Mouvement du Nouvel Age, c'était de devenir la religion ou le style de vie dominant dans le monde entier. Afin d'y parvenir, toutes les autres religions, en particulier le Christianisme, devaient soit être anéanties, soit perdre leur influence spirituelle dans la société et dans les vies individuelles des gens. Pour ce faire, Alice Bailey a établi cette Charte en 10 points pour détruire le Christianisme, de sorte que les pensées du Nouvel Age puissent devenir la religion mondiale unique.

Voici la Charte en 10 points d'Alice Bailey :
1. Enlevez la présence de Dieu et la prière des systèmes éducatifs.
2. Réduisez l'autorité parentale sur les enfants.
3. Détruisez la structure familiale judéo-chrétienne ou la structure familiale traditionnelle chrétienne.
4. Si le sexe est de pratique libre, alors légalisez l'avortement et rendez-le facile d'accès.
5. Rendez le divorce facile et légal, libérez les gens du concept de mariage pour la vie.
6. Faites de l'homosexualité un style de vie alternatif.
7. Niveler l'art par le bas, le rendre fou.
8. Utiliser les médias pour promouvoir et changer les mentalités.
9. Créer un mouvement inter-religieux.
10. Utiliser les gouvernements pour qu'ils fassent passer tout cela sous forme de lois, et faites en sorte que les églises approuvent ces changements.


J'ose dire qu'il ne faut pas être un savant ou un historien pour voir que nous sommes entrés dans une ère où les objectifs d'Alice Bailey ont pris racine, et que cette Religion Mondiale unique qui a été prophétisée par les Écritures, elle est plus proche que nous ne le pensons.

Dans l'amour du Christ,
Hiéromoine Tryphon




l'occultisme….


The One World Religion
The New Age Movement and their Ten Point Charter to destroy Christianity
Alice Bailey, known as one of the "prophetesses" of the New Age Movement, was a writer who lived between 1880 and 1949 and is credited with having created the term “New Age”. Her teachings and writings are viewed as foundational and authoritative within the New Age Movement. She herself described the majority of her work as having been telepathically dictated to her by a Master of Wisdom, or spirit entity identified as Djwal Khul. This entity is, for us Christians, clearly a demon.

Alice Bailey founded The Lucis Trust which was formerly known as Lucifer Publishing Company in 1922, and her organization has had wide influence within many European countries, and even the United Nations.

One of the main agendas of the New Age Movement has been to become the dominant religion or lifestyle within the entire world. In order for this to happen, all other religions, especially Christianity, must either be destroyed or become less of a spiritual influence within society and in the individual lives of people. Thus, Alice Bailey came up with a Ten Point Charter to destroy Christianity so that New Age philosophies could become the one world religion.

The 10 Point Charter by Alice Bailey is as follows:
1) Take God and prayer out of the education system.
2) Reduce parental authority over the children.
3) Destroy the Judeo-Christian family structure or the traditional Christian family structure.
4) If sex is free, then make abortion legal and make it easy.
5) Make divorce easy and legal, free people from the concept of marriage for life.
6) Make homosexuality an alternative lifestyle.
7) Debase art, make it run mad.
8) Use media to promote and change mindsets.
9) Create an interfaith movement.
10) Get governments to set all these into law, and get the churches to endorse these changes.

I dare say, it doesn't take a scholar or historian to see that we have entered an age where the goals of Alice Bailey have taken hold, and that the One World Religion that was prophesied in the scriptures is closer than we thought.
With love in Christ,
Abbot Tryphon



la "chapelle" au siège de l'ONU à New York….