"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

22 août 2014

Le Christianisme n'est pas une religion (ancien Thaddée de Vitovnitsa)

Nul ne peut dire que le Christianisme est une religion. Le Christianisme, c'est une révélation de l'éternité et de la vie. Les Anges se réjouissent grandement parce que Dieu S'est révélé mystiquement à Sa créature, l'homme. Notre nature humaine est devenue partie du mystère de la Sainte Trinité, et c'est un immense don que nous n'apprécions même pas. Au contraire, nous nous sommes penchés vers les choses de ce monde. Pourtant, nous avons reçu l'opportunité de nous préparer pour l'éternité, de vaincre le mal, et de toujours être avec notre Père Céleste.
Ancien Thaddée de Vitovnitsa





One cannot say that Christianity is a religion. Christianity is a revelation of eternity & life. The angels rejoice greatly because God has revealed Himself mystically to His creature, man. Our human nature has become part of the mystery of the Holy Trinity, and that is a great gift which we do not even appreciate; instead, we have cleaved to the things of this world. We have been given the opportunity to prepare ourselves for eternity, to vanquish evil, and to always be with our Heavenly Father.
Elder Thaddeus of Vitovnica

21 août 2014

Une photo de la Theotokos au Mont Athos


Le 21 août 1903, alors que de pauvres moines étaient occupés à mendier l'aumône à la porte du monastère Saint Panteleimon, le moine Gabriel prit une photo. Lorsque la photo fut développée, l'image de la Mère de Dieu apparut miraculeusement à gauche de la photo, recevant humblement un morceau de pain béni. Peu avant, plusieurs frères avaient clairement vu la Sainte Vierge au milieu des moines à la porte et voulaient en parler aux portiers, mais le jour où la photo a été prise, personne ne l'y avait vue. (tiré de la Chronique du monastère)

Le premier laboratoire de photographie du Mont Athos a été installé au monastère Saint Panteleimon au début des années 1870. Avec la bénédiction des anciens, tous les événemtns de la vie des moines furent ainsi préservés par le film. L'historique photographique du monastère russophone a continué jusqu'aux années 1930, puis s'est progressivement arrêté par manque d'argent. La fierté du monastère, c'est le négatif de cette photo ci-dessus, qui montre la distribution du pain béni à la foule, parmi laquelle ils considèrent que c'est la Sainte Vierge habillée en abbesse de la Sainte Montagne qui apparaît.

En 1903, il y avait plus de 1400 moines au monastère Saint Panteleimon, contre moins de 40 aujourd'hui.

Source
A Photo of the Virgin Mary on Mount Athos

20 août 2014

L'Église et "l'autorité" de l'Écriture Sainte (P. Michael / Saint Jérôme)

"[..] Et qu'ils n'aillent pas se vanter si ils pensent qu'ils ont l'autorité de l'Écriture pour asseoir leurs affirmations, car le diable lui-même citait l'Écriture, et l'essence des saintes Écritures n'est pas dans la lettre mais dans l'esprit de la lettre. Autrement, si nous suivons le texte à la lettre, nous aussi nous pourrions concocter un nouveau dogme et affirmer que ceux qui portent des souliers et ont deux manteaux ne doivent pas être reçus dans l'Église!"
Saint Jérôme (347-420), Dialogue contre les Lucifériens, 28

L'Église ne repose pas sur la Bible pour sa doctrine. Disons-le clairement. Nous ne nous reposons pas sur la Bible, parce que l'Église est NÉE AVANT LE NOUVEAU TESTAMENT. Le Nouveau Testament a été compilé des siècles après le début de l'Église, c'est la Bible qui appartient à l'Église - et non pas l'Église à la Bible - de sorte que l'Église n'a pas besoin de chercher de justification dans la Bible à ce qu'elle croit. La Bible est la forme écrite de la tradition Apostolique, laquelle, avant d'être mise par écrit, était une tradition orale. Ce que nous connaissons du Christ, nous le connaissons par la tradition orale, par diverses lettres qui circulaient et d'autres documents. La Bible - le Canon de textes qui a été décidé par l'Église - n'est pas tombée du Ciel toute faite.

Les Pères dévoilaient la signification de l'Écriture Sainte avant que l'Église n'aient établi le Canon de l'Écriture. Les saints Pères enseignaient par la tradition orale, par les diverses lettres, par la la tradition de l'enseignement Apostolique.

Le point de vue Protestant que tout surgit de la céleste Bible et que nous devons suivre la lettre de l'Écriture est tout simplement erronée. Pendant des siècles, l'Église n'a eu que la Septante (1) comme Écriture sainte. Et la Septante, et non pas le texte Masorétique juif, c'est ce que Jésus et les Apôtres citaient tout au long du Nouveau Testament. La Septante - comme démontré par les Rouleaux de la Mer Morte et d'autres documents, est la plus ancienne tradition reçue du Judaïsme, bien plus ancienne que le texte des Masorètes (2).

Le Nouveau Testament est la Tradition Apostolique, la tradition que l'Église a vécue pendant des siècles avant que le Canon des écritus du Nouveau Testament soit proclamé par l'Église.
Hiéromoine Michael Wood, ROO, EORHF



"....... And let them not flatter themselves if they think they have Scripture authority for Their assertions, since the devil himself quoted Scripture, and the essence of the Scriptures is not the letter, but the meaning. Otherwise, if we follow the letter, we too can concoct a new dogma and assert that such persons as wear shoes and have two coats must not be received into the Church."
Saint Jerome (AD 347-420)

The Church does not rely on the Bible for its doctrine. Let's get that straight. We don’t rely on the Bible, because the Church CAME BEFORE THE NEW TESTAMENT. The New Testament came centuries after the beginning of the Church, the Bible belongs to the Church - not the Church to the Bible - so the Church does not need to find justification for its beliefs within the Bible. The Bible is the written form of Apostolic tradition, which, before it was written down, was an oral tradition. What we know about Christ we know from the oral tradition, from various letters circulating and other pieces of paper. The Bible - the canon of texts was decided by The Church - it did not drop down from heaven.

The Fathers were opening the meaning of Scripture before The Church had decided the canon of Scripture. The Fathers taught from the oral tradition, from the various letters, from the tradition of Apostolic teaching.

The protestant view that all sprang from the heavenly Bible and that we must follow the letter of Scripture is just wrong. The Church existed for centuries with only the Septuagint as Scripture. And the Septuagint, not the Jewish Masoretic text, is what Jesus and the Apostles quoted from throughout the New Testament. The Septuagint - as evidenced from the Dead Sea Scrolls and other documents is the oldest Jewish tradition, far older than the Masoretic text.

The New Testament is the Apostolic Tradition, the tradition that The Church lived by for centuries before the canon of New Testament writings was proclaimed by The Church.

Hieromonk Michael Wood, WRO, Rocor


19 août 2014

Prière pour avec le nécessaire pour vivre (Bible)

"[..] ne me donne ni pauvreté ni richesse, laisse-moi goûter ma part de pain, de crainte que, comblé, je ne me détourne et ne dise: "Qui est le Seigneur?" Ou encore, qu’indigent, je ne vole et ne profane le Nom de mon Dieu."
Proverbes 30,8-9



"Give me neither riches nor poverty, And appoint what is necessary and sufficient for me; Lest being full, I deny Thee, and say 'Who is the Lord?' Or being poor, I steal, and profane the name of my God."
Proverbs 30:8-9

18 août 2014

Suivre le Christ ou consommer avec le monde? (Saint Nectaire / P. Michael)

Άγιος Νεκτάριος Αιγίνης

"Combien se trompent les hommes lorsqu'ils font fi de leur propre personne pour aller prendre ailleurs du bonheur : en se rendant dans des terres lointaines, en parcourant le monde par de nombreux voyages, en rêvant de richesse et de gloire, en courant après la fortune et les vains plaisirs ou encore en voulant s'approprier les choses de ce monde, qui ne procurent que des lendemains amers !
L'édification de la tour du vrai bonheur en dehors de son propre cœur équivaut à vouloir construire un édifice qui reposerait sur des fondations instables et secouées par des tremblements fréquents.
Rien n'est plus grand qu'un cœur pur, parce qu'un tel cœur devient le trône de Dieu. Et qu'y a-t-il de plus glorieux que le trône de Dieu ? Bien entendu, rien du tout ! Dieu dit à propos de ceux qui possèdent un cœur pur : J'habiterai et je circulerai au milieu d'eux ; je serai leur Dieu et ils seront mon peuple (2 Co 6,16). Qui oserait encore affirmer être plus heureux que ces gens-là ? Car de quels biens prétendraient-ils être privés ? Ne trouve-t-on pas tous les dons et tous les bienfaits de l'Esprit Saint dans leurs âmes bienheureuses ? Que leur manque-t-il par conséquent ?"

Saint Nectaire d'Égine, "la voie du bonheur"
http://stmaterne.blogspot.com/2008/11/la-voie-du-bonheur-saint-nectaire-dgine.html

De nos jours et peut-être plus que jamais dans les temps passés, nous sommes entourés et oppressés par les possibilités de plaisirs divers, nous sommes écrasés partout par les publicités pour nous offrir télévision, vidéo, vacances, voiture, mets délicats, programmes de cuisine élaborée, bijoux, drogues, alcools fins. Tout est là pour nous, et notre société se jete dessus en effet, et massivement. Toute notre économie est basée sur la consommation de plaisir, de biens et de services qui sont bien au delà de nos besoins. Mais voilà, c'est ainsi. Nous n'avons pas de Dieu pour nous satisfaire, nous n'avons en nous aucune attente dans les promesses de Dieu, tout ce que nous avons c'est l'ici et maintenant, la satisfaction immédiate de nos désirs.
Cette satisfaction immédiate est devenue la plus importante chose dans la vie de notre société.
Si nous sommes des Chrétiens de l'authentique Église de Dieu, alors nous en venons à réaliser qu'en réalité nous n'avons pas besoin de tout ce "bazar" - et que nous pouvons en effet nous tenir en retrait de cette société que les humains ont construite, et suivre le Seigneur tout au long de notre vie.
Hiéromoine Michael, ROO, EORHF








17 août 2014

Saint Carloman, prince des Carolingiens puis moine au Mont-Cassien (756)

Pour celles et ceux qui dans l'Église portent un prénom dérivé de l'étymologie germanique - "karl", fort - Charles, Carole, Charlène, Caroline, etc - voici un saint patron intéressant à proposer. Reçu par un des derniers papes Orthodoxes de Rome - le Grec saint Zacharie!! - il me semble que c'est une garantie suffisante pour faire taire les éventuels grincheux qui n'aiment pas toute référence occidentale et veulent rebaptiser et surtout renommer à tout crin :

SAINT CARLOMAN, PRINCE FRANC PUIS MOINE AU MONT-CASSIN (+ 756)
Carloman fut le fils ainé de Charles Martel et de son épouse Chrotrude ou Rotrude, et frère du puissant Pépin, roi des Francs. Son père, qui mourut en 741, lui légua par testament le gouvernement des provinces d'Austrasie, de Souabe et de Thuringe.
Parvenu au faite de la gloire de ce monde et dégoûté tout à coup par ce monde, Carloman remit en 747 entre les mains de son frère Pépin le gouvernement de ses Etats, lui recommanda l'éducation de son fils aîné Drogon, et partit en pèlerinage pour Rome, où il sera reçu par l'évêque et pape Zacharie.
Après avoir satisfait à sa dévotion, il se rendit sur le mont Socrate, situé à quelques milles de Rome. Il y fit bâtir un monastère en l'honneur de saint Sylvestre, où il se tint quelque temps caché. Mais lorsque le lieu de son séjour devint plus connu, tous les nobles Francs de distinction qui allaient en pèlerinage à Rome vinrent le voir, et le troublèrent souvent dans sa contemplation et dans son commerce intime avec Dieu. Cela le détermina à quitter ce lieu, et il se rendit avec un seul de ses compagnons à l'abbaye des Bénédictins du Mont-Cassin, gouvernée à cette époque par Pétronax.
Bientôt on sut dans presque toute l'Europe que Carloman avait embrassé la vie monastique au Mont-Cassin, et qu'il était un modèle des vertus Chrétiennes. Tous les gens de bien louèrent Dieu et admirèrent la puissance de la grâce divine, qui opère des transformations aussi étonnantes chez ceux qui s'y ouvrent, et les fait préférer les conditions les plus humbles aux honneurs du monde.
Après avoir, pendant quelques années, édifié toute la communauté, il fut obligé, par un ordre de son abbé, de faire un voyage auprès de son frère Pépin, pour lui demander de faire cesser les ravages que les Lombards recommençaient à exercer en Italie. Nons n'avons pas de renseignements certains sur le succès de cette mission. On sait seulement qu'après s'en être acquité, il se mit en route pour revenir, et qu'il mourut dans un couvent de Vienne, en Dauphiné, ayant, par son humilité volontaire, imité son Sauveur. On ne peut préciser le jour de sa mort, mais elle arriva au mois d'août ou de décembre. Pépin envoya ses restes mortels dans une châsse d'or au Mont-Cassin, où ils furent enterrés avec honneur sous le grand Autel. Le nom de Carloman se trouve dans le martyrologe des Bénédictins."

Pour la petite histoire, un "collègue hagiographe caustique & orthodoxe" américain expose la manière dont cela s'est probablement passé, qui varie un peu du "martyrologe bénédictin" pourtant généralement fort fiable :
http://theoniondome.com/2013/08/17/august-17-saints-of-the-day-myron-mamas-and-carloman/

Il est vrai que souvent pour se débarrasser d'un concurrent sans le trucider parce que membre de la famille, on lui "proposait" de devenir moine. Dans la mentalité franque, perdre sa chevelure était la honte absolue, donc une fois tonsuré de force, terminé tout prestige et aucune obéissance à attendre de quelque soldat que ce soit.

Il n'empêche que quoi qu'il en soit du fond de l'histoire, il a bien terminé sa vie comme moine, dans la pénitence. Et l'acceptation par le patriarche d'Occident de sa "vocation" monastique vers une abbaye réputée pour son Orthodoxie "même au delà des chambardements théologiques nés de l'apparition du catholicisme-romain en Germanie puis partout en Occident", est, je pense, une caution largement suffisante pour l'accepter.

Tropaire à saint Carloman, Prince de France, (Natalice en 756 A.D.)
Fils du défenseur de la Foi Charles Martel,*
Tu résignas ta charge en faveur de ton frère.*
Et tu t'en allas vivre en moine en Italie.*
Tu vécus au Mont Cassin près de saint Benoît.*
En mission dans les Gaules, tu mourus à Vienne.*
Saint Carloman prie pour le Salut de nos âmes!


Source : notre ami le sous-diacre Claude Lopez-Ginisty
http://acathistes-et-offices-orthodoxes.blogspot.be/2013/08/racines-orthodoxes-mois-daout1730-aout.html

Il serait bon qu'un(e) iconographe orthodoxe en réalise une belle icône, sur base de celle de saint Dagobert II , en plaçant la couronne par terre, symbole de l'abandon du pouvoir de ce monde.