"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

25 octobre 2014

Le monachisme moderne s'essouflera sans produire grand chose (st Ignace Brianchaninov / Apophtegmes)


Un certain moine égyptien tomba un jour en extase et eut une vision spirituelle. Il vit trois moines au bord de la mer. Venant de l'autre rivage, une voix leur cria: "Prenez des ailes et venez vers Moi." Après avoir entendu cette voix, deux des moines reçurent des ailes de feu et volèrent rapidement jusqu'à l'autre rivage. Le troisième resta seul là où il était. Il se mit à crier et à pleurer. Finalement, il reçut des ailes lui aussi, mais elles n'étaient pas de feu; elles étaient si faibles qu'il ne traversa la mer qu'à grand-peine et en rencontrant de très nombreux obstacles. Souvent les forces l'abandonnaient et alors il s'enfonçait dans la mer; voyant qu'il se noyait, il se mettait à crier d'une voix lamentable, se soulevait au-dessus des flots, volait de nouveau péniblement au ras de l'eau, s'épuisait de nouveau et tombait dans le gouffre marin, criait une fois de plus, s'élevait un peu... Enfin, exténué, il finit par atteindre l'autre rivage. Les deux premiers moines représentent le monachisme des premiers temps, tandis que le troisième représente celui des derniers temps, pauvre en nombre et en réalisations.

    Un jour, les saints Pères de Scété parlaient prophétiquement à-propos de la dernière génération. "Qu'avons-nous fait ? ", disaient-ils. L'un d'eux, le grand abba Ischarion répondit: "Nous avons accompli les commandements de Dieu." Ils lui demandèrent ce que feraient ceux qui viendraient après eux. L'abba répondit: "Ils accompliront la moitié de ce que nous avons fait." Ils lui demandèrent encore: "Et que feront ceux qui viendront encore après eux ?" Abba Ischirion répondit: "Ils n'accompliront aucun labeur monastique, mais ils seront éprouvés par des tribulations, et ceux d'entre eux qui persévèreront jusqu'à la fin seront plus grands que nous et que nos pères."

    [...]Ainsi donc, les afflictions sont par excellence notre partage, [...]celui que Dieu lui-même nous a assigné. Puissions-nous par là être encouragés et fortifiés face à toutes les afflictions et aux tentations que nous avons à affronter ! Humiliez-vous donc sous la main puissante de Dieu, déchargez-vous sur Lui de tous vos soucis, car il prend soin de vous (1 Pierre 5, 6-7). De tout notre coeur, laissons-nous former par les afflictions, tout en accomplissant avec soin les commandements de l'Evangile: telle est la volonté de Dieu à notre égard.

In: "Les miettes du festin - Introduction à la tradition ascétique de l'église d'Orient", saint Ignace Briantchaninov, éditions Présence

Voyez notre épiscopat soi-disant monastique et ce qu'il produit en réalité. A part la division entre ethnies, vous voyez autre chose?....

24 octobre 2014

Sans sainteté, il n'est pas d'enseignement vrai (st Justin Popovic)


En dehors des saints, il n'est ni maîtres véritables, ni pédagogues; sans sainteté, il n'est pas d'enseignement vrai. Seul le saint peut être le vrai pédagogue et le maître; seule la sainteté peut être la véritable lumière. Le véritable enseignement, la véritable illumination, ne sont rien d'autre que le rayonnement de la sainteté. Seuls les saints sont les vrais illuminés.[...]

    Enseigner sans la sainteté, dispenser les lumières sans la sanctification dans l'Esprit Saint, c'est cela qu'a inventé l'Europe dans son idôlatrie humaniste. Et cela n'a pas de sens, car c'est par le culte du pape, par le culte des livres, par le culte de la machine ou par le culte de la mode, que se manifeste cette idôlatrie. Le véritable enseignement, -l'enseignement orthodoxe et évangélique- illumine l'homme par la lumière divine, et le conduit ("l'illumine") vers tout ce qui est immortel et éternel, divin et saint. C'est lui qui chasse tout péché et qui vainc toute mort, et c'est ainsi qu'il purifie l'homme, qu'il le rend saint et immortel, illimité et incorruptible."[...]

    Dans l'Occident européen, le christianisme s'est transformé graduellement en humanisme. Longtemps et avec persévérance , les occidentaux ont amoindri le Dieu-Homme, puis ils l'ont rabaissé au niveau de l'homme infaillible de Rome, et du non moins infaillible homme de Berlin. C'est ainsi qu'est apparu d'un côté le maximalisme christiano-humaniste occidental (papisme), qui retranche tout du Christ, et de l'autre côté, le minimalisme christiano-humaniste occidental (protestantisme), qui attend le moins possible du Christ - et souvent rien. Et les deux ont placé l'homme comme critère ultime à la place du Dieu-Homme. Ainsi s'accomplit l'effroyable tâche qui consiste à corriger le Dieu-Homme, son oeuvre et son enseignement !"

Saint Justin Popovic (1894-1979), in : "L'homme et le Dieu-Homme", trad. Jean-Louis Palierne, éd. L'Âge d'Homme, 1989

23 octobre 2014

Qui est saint Jacques de Jérusalem? (p. John)

Lectures du jour : Phi 3,1-8 & Lc 9,49-56

Dans le Nouveau Testament, on trouve 3 apôtres qui portent s'appellent Jacques. Il y a Jacques le fils de Zébédée (souvent appelé Jacques le Majeur), Jacque fils d'Alphée (appelé aussi le Mineur), et enfin Jacques Adelphotheos (qui signifie "frère du Seigneur / de Dieu" en grec), parce qu'il était cousin ou beau-frère par le mariage de Joseph avant que ce dernier ne soit marié à Marie. C'est ce dernier Jacques que l'Église Orthodoxe commémore ce jour.

Tant Eusèbe de Césarée que saint Clément d'Alexandrie rapportent que ce dernier était aussi habituellement appelé "le Juste" du fait de sa droiture et de sa remarquable vertu. C'est ce Jacques qui devint le premier évêque de Jérusalem.

La plus ancienne Liturgie Chrétienne existante, la Liturgie de saint Jacques, lui est attribuée, de même que l'épitre pastorale dans le Nouveau Testament.

P. John


ndt : lire le quasi panégyrique qu'en fait Flavius Josèphe, quand il parle de l'appréciation unanime "par le peuple" de saint Jacques à Jérusalem




Today's Scripture Readings:
Philippians 3:1-8 & St. Luke 9:49-56

In the New Testament there are three apostles who bear the same name. There is James, the son of Zebedee (often referred to as James the Greater), James, son of Alphaeus (known as the Lesser), and then James Adelphotheos (meaning "Brother of the Lord" in Greek), because he was either a cousin of Jesus' or a half-brother from Joseph's prior marriage before becoming betrothed to Mary. It is this James which the Orthodox Church commemorates today.

Both Eusebius and Clement of Alexandria write that this later James was also commonly called "the Just" because of his righteousness and outstanding virtue. It was this James who was elected the first bishop (Patriarch) of Jerusalem.

The oldest surviving Christian liturgy, the Liturgy of St. James, is
ascribed to him as well as the pastoral epistle that appears in the New
Testament.

Fr. John


 

Invocation à l'Esprit Saint par celui qui déjà le voit (saint Syméon le nouveau Théologien)


Viens, lumière véritable. Viens, vie éternelle. Viens, mystère caché. Viens, trésor sans nom. Viens, réalité ineffable. Viens, personne inconcevable. Viens, félicité sans fin. Viens, lumière sans couchant. Viens, attente infaillible de tous ceux qui doivent être sauvés. Viens, réveil de ceux qui sont couchés. Viens, résurrection des morts. Viens ô Puissant, qui toujours tout fais et refais et transformes par ton seul vouloir. Viens ô invisible et totalement intangible et impalpable. Viens toi qui demeures toujours immobile et à chaque instant tout entier te meus et viens à nous, couchés dans les enfers, ô toi au-dessus de tous les cieux. Viens ô Nom bien-aimé et partout répété mais dont exprimer l'être ou connaître la nature nous est absolument interdit. Viens, joie éternelle. Viens, couronne inflétrissable. Viens pourpre de notre grand Dieu et Roi. Viens, ceinture cristalline et constellée de joyaux. Viens sandale inaccessible. Viens pourpre royale. Viens droite véritablement souveraine. Viens toi qu'a désiré et désire mon âme misérable. Viens, toi le Seul, au seul, puisque tu le vois je suis seul. Viens toi qui m'as séparé de tout et fais solitaire en ce monde. Viens toi devenu toi-même en moi désir, qui m'as fait te désirer, toi l'absolument inaccessible. Viens mon souffle et ma vie. Viens consolation de ma pauvre âme. Viens ma joie, ma gloire, mes délices sans fin.


    Je te rends grâce d'être devenu un seul esprit avec moi, sans confusion, sans mutation, sans trasnformation, toi le Dieu au-dessus de tout, et d'être pour moi devenu tout en tous, nourriture inexprimable et parfaitement gratuite, qui sans fin débordes inépuisablement aux lèvres de mon âme et rejaillis à la source de mon coeur, vêtement éblouissant qui consume les démons, purification qui me baignes de ces impérissables et saintes larmes que ta présence apporte à ceux que tu visites. Je te rends grâces d'être pour moi devenu lumière sans couchant, soleil sans déclin ; car tu n'as pas où te cacher toi qui de ta gloire emplis l'univers ! non, jamais à personne tu ne t'es caché mais c'est nous qui toujours nous cachons de toi, en refusant d'aller à toi : mais où donc te cacherais-tu, toi qui nulle part ne trouves le lieu de ton repos ? pourquoi te cacherais-tu, toi qui ne te détournes pas d'un seul d'entre les êtres, qui n'en repousses pas un seul ?

    Viens donc, ô Maître, aujourd'hui dresse en moi ta tente ; fais ta maison et demeure continuellement, inséparablement, jusqu'au bout, en moi, to esclave, ô très bon, et que moi aussi, à ma sortie de ce mond et après ma sortie, je me trouve en toi, ô très bon, et règne avec toi, Dieu qui es au-dessus de tout. Demeure, ô Maître, et ne me laisse pas seul, afin que mes ennemis survenant, eux qui toujours cherchent à dévorer mon âme, te trouvent demeurant en moi et qu'ils prennent la fuite, en déroute, impuissants contre moi, en te voyant, toi plus puissant que tout, installé à l'intérieur, dans la maison de ma pauvre âme. Oui, Maître, de même que tu t'es souvenu de moi quand j'étais dans le monde et qu'au milieu de mon ignorance, c'est toi qui m'as élu et séparé de ce monde et établi devant la face de ta gloire, de même, maintenant, garde-moi à l'intérieur, debout pour toujours, inébranlable, dans ta demeure en moi : qu'en te voyant perpétuellement, moi, le mort, je vive; qu'en te possédant, moi, la pauvre, je sois toujours riche, et riche par-dessus tous les rois ; qu'en te mangeant et te buvant, en me vêtant à chaque instant de toi, j'aille de délices en délices en d'inexprimables biens : car c'est toi qui es tout bien et toute gloire et tout délice et c'est à toi qu'appartient la gloire, sainte, consubstantielle et vivfiante Trinité, Toi que vénèrent, que confessent, qu'adorent et que servent dans le Père, le Fils et le Saint-Esprit tous les fidèles, maintenant et toujours et aux siècles des siècles. Amen.


saint Syméon le nouveau Théologien

22 octobre 2014

Tradition et Bible (St Sophrony de Maldon)


En tant que présence éternelle et immuable du Saint Esprit dans l'Eglise, la Tradition est le fondement le plus profond de son existence. Aussi la Tradition embrasse-t-elle toute la vie de l'Eglise à tel point que la sainte Ecriture elle-même ne se présente que comme l'une de ses expressions.

    Il s'ensuit que si l'Eglise était privée de sa Tradition, elle cesserait d'être ce qu'elle est, car le ministère du Nouveau Testament est un ministère de l'Esprit, il s'accomplit "non pas avec de l'encre, mais avec l'Esprit du Dieu vivant, non pas sur des tables de pierre, mais sur les tables de chair du coeur" (2 Co. 3,3-6)

    A supposer que, pour une raison ou pour une autre, l'Eglise se trouvât privée de tous ses livres: l'Ancien et le nouveau Testament, des oeuvres des saints Pères, des livres liturgiques, alors la Tradition reconstituerait l'Ecriture, non point textuellement, sans doute, et dans un autre langage. Mais par son contenu essentiel, cette nouvelle Ecriture continuerait d'être l'expression de la même "Foi qui a été confiée aux saints une fois pour toutes" (Jude 1,3), et la manifestation de ce même et unique Esprit qui agit immuablement dans l'Eglise.

    La sainte Ecriture n'est ni plus profonde ni plus importante que la sainte Tradition, mais comme il a déjà été dit, elle en est l'une des formes. Cette forme est des plus précieuses, car il est facile de la garder et de s'en servir ; mais retirée du courant de la sainte Tradition, l'Ecriture ne saurait être comprise correctement par aucune investigation scientifique.

    S'il est vrai que l'apôtre Paul avait "l'Esprit du Christ" (1 Co. 2,16), à plus forte raison l'Eglise possède-t-elle cet Esprit, elle qui contient Paul en son sein. Et si les écrits de saint Paul et des autres apôtres constituent la sainte Ecriture, alors, dans le cas où les anciens livres n'existeraient plus, la nouvelle écriture de l'Eglise serait sainte elle aussi. Car selon la promesse du Seigneur, Dieu, la sainte Trinité, demeure dans l'Eglise à tout jamais.

    Ceux qui rejettent la Tradition de l'Eglise et qui, croyant aller aux sources de l'Eglise, vont directement à la sainte Ecriture, font fausse route. Ce n'est pas la sainte Ecriture, mais la sainte Tradition qui est la source de l'Eglise. Au cours des premières décades de son histoire, l'Eglise ne possédait pas encore les livres du Nouveau Testament, et ne vivait alors que par la Tradition, - cette Tradition que l'apôtre Paul exhorte à garder (2 Thess. 2,15).

    C'est un fait bien connu que tous les hérésiarques se sont toujours fondés sur la sainte Ecriture, mais à cette différence près qu'ils l'interprètaient "à leur propre manière". Saint Pierre déjà mettait en garde contre le danger de déformer le sens de l'Ecriture par des interprétations personnelles (2 Pierre 3,16).

    Pris isolement, les membres de l'Eglise, y compris les meilleurs de ses fils et de ses maîtres, ne parviennent pas à réunir en eux la totalité des dons du Saint-Esprit. C'est pourquoi leurs doctrines et leurs écrits peuvent présenter certaines imperfections et parfois même des erreurs. Mais dans son ensemble, l'enseignement de l'Eglise, qui est la détentrice de la plénitude des dons spirituels et de la connaissance, demeure vrai dans tous les siècles."

In: "Staretz Silouane, moine du Mont-Athos", archimandrite Sophrony, éditions Présence.

21 octobre 2014

Convertir au Christ en vivant du Christ, pas en parlant du Christ (p. John)

Lectures du jour : Phi 2,17-23 & Lc 9,23-27

Ce n'est pas la responsabilité de s'efforcer et de convertir les autres. Au contraire, il est plutôt attendu de nous que nous parlions, vivions et démontrions l'Évangile du Christ par la manière dont nous vivons notre vie. De la sorte, les autres désirerons acquérir ce que nous possédons.

P. John






Today's Scripture Readings:
Philippians 2:17-23 & St. Luke 9:23-27

It is not a Christian's responsibility to try and convert others.
Rather, we are expected to speak, live, and demonstrate the gospel of Christ by how we live our life. In this way, others will desire to
acquire what we possess.

Fr. John