"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

12 février 2016

Saint Mélèce d'Antioche, évêque et Confesseur (+ 381)

Saint Mélèce, originaire de Mélitène en Petite Arménie, appartenait à une noble famille du pays. Il devint un prêtre recommandable par sa science et sa vertu et sut garder un attachement inviolable à la vraie Foi en un temps où l'hérésie arienne jetait le trouble en Occident comme en Orient. Il fut d'abord élu évêque de Sébaste pour succéder au semi-arien Eustathe en 358. Comme les ariens qui avaient déposé Eustathe furent les promoteurs de cette élection, l'orthodoxie de Mélèce fut tenue en suspicion. Le nouvel évêque, trouvant à Sébaste un peuple agité par les divisions, ne put demeurer longtemps au milieu de ce trouble et se retira à Bérée, en Syrie.

Après la déposition de l'arien Eudoxe, le clergé et le peuple d'Antioche se trouvèrent profondément divisés. Mélèce cependant réunit tous les suffrages parce que les ariens le croyaient favorable à leur erreur et que les Orthodoxes avaient confiance dans l'intégrité de sa Foi et la pureté de sa vertu. L'empereur Constance confirma cette élection. Mélèce, avec une grande habileté, fortifia les Orthodoxes dans la vraie foi et combattit l'erreur des hérétiques. L'archidiacre de son église, qui était arien, essaya bien de lui fermer la bouche, mais il ne parvint pas à l'empêcher de déclarer formellement qu'on devait s'en tenir à la définition du concile de Nicée sur la divinité du Fils dans le mystère de la sainte Trinité. Cette courageuse profession de Foi réjouit les Chrétiens, mais elle valut à Mélèce une première sentence d'exil; il fut relégué en Arménie. Déjà le peuple l'affectionait tellement que, pour éviter du trouble, il fallut faire sortir Mélèce pendant la nuit. Les ariens réussirent à choisir un nouveau patriarche d'Antioche dans la personne d'Euzoïus. Constance, qui les soutenait, ne tarda pas à mourir (nov. 361). Julien l'Apostat, son successeur permit l'exercice de toutes les religions, et les évêques exilés purent rentrer dans leurs diocèses. Ainsi Mélèce revint à Antioche, mais il se trouva aux prises avec une partie des Orthodoxes qui refusaient de reconnaître son élection parce que les ariens y avaient participé. Ces dissidents avaient leurs assemblées à part depuis la mort d'Eustathe; un des principaux parmi eux était le prêtre Paulin; ils n'admettaient aucun compromis dans l'acceptation du symbole de Nicée: ce schisme entre les Chrétiens d'Antioche devait durer 85 ans.

Vainement, Athanase tenta de rétablir l'union dans un concile d'Alexandrie en 362 : une lettre synodale rédigée probablement par Athanase à la suite de ce concile fut apportée à Antioche par Eusèbe de Verceil et Astérius de Petra. Mais Lucifer de Cagliari avait devancé ceux-ci à Antioche, prêchant aux 2 partis Chrétiens l'union tout en se montrant sympathique aux eustathiens, ceux du parti de Mélèce lui faisant opposition, il sacra Paulin patriarche d'Antioche. C'était prolonger le schisme. Une seconde sentence d'exil fut prononcée contre Mélèce par Julien, qui ne tarda pas à mourir. Mais Jovien, le nouvel empereur, qui avait Mélèce en haute estime annula la sentence. Les ariens, dont Acace était le chef, cachèrent leur jeu, acceptèrent en apparence la doctrine de Nicée jusqu'à la mort de Jovien, survenue en 364. Sous Valens, la sentence d'exil fut renouvelée, et il lui fallut quitter Antioche. Il y laissait néanmoins de fidèles disciples, dont le plus célèbre fut saint Jean Chrysostome. Une troisième sentence d'exil contre Mélèce montra à quel point le peuple lui était affectionné; son ineffable douceur lui gagna de nouvelles sympathies. Pendant les 14 ans que Mélèce fut éloigné de son troupeau, les anachorètes, par de fréquentes visites à Antioche, entretinrent les Chrétiens persécutés dans la fidélité à leur patriarche.

En 378, Gratien parvenu à l'empire, proclama un édit de tolérance pour tous les partis. Mélèce put rentrer à Antioche; il y reprit l'instruction de son peuple, et s'appliqua à pourvoir les églises de dignes pasteurs et à assurer le triomphe de l'orthodoxie. En 379, il réunit un concile de 150 évêques et publia une profession de Foi qui devait être approuvée par le Concile de Constantinople (381).
Théodose, associé à l'empire par Gratien, désirait voir traiter en Concile général un certain nombre d'affaires ecclésiastiques, notamment la translation de saint Grégoire de Nazianze sur le siège de Constantinople. Ce fut l'objet du 2ième Concile Oecuménique tenu en cette ville; il fut présidé d'abord par Mélèce, pour qui Théodose avait une affection particulière. Le patriarche d'Antioche montra aisément que la translation de Grégoire n'était pas contraire aux saints Canons, car elle était faite pour le plus grand bien de l'Église; son sentiment fut partagé par tous les membres du Concile. Ce fut le dernier acte de Mélèce; peu de temps après, avant même la fin du concile (381), il mourut presque subitement.

Théodose lui fit faire des funérailles solennelles et voulut que le corps fût transféré à Antioche, puis déposé près de celui du martyr saint Babilas. Quelques années plus tard, en 386, Jean Chrysostome, prononça le panégyrique de Mélèce : il donnait au patriarche d'Antioche le titre de martyr, comme ayant beaucoup souffert pour la Foi. Plus communément le nom de Mélèce est inscrit au 12 février, par exemple au Synaxaire de Constantinople, dans les menées grecques, au martyrologe romain (seulement à partir du 16ième siècle). On ne saurait dire si cette date marque le dies natalis ou une translation.

Bibl. L'éloge de Mélèce a été fait par saint Grégoire de Nysse, P.G., t.46 col 852; par saint Jean Chrysostome, ibid., t. 50, col. 515 - Les bollandistes (Acta sanct., au 12 févr.) donnent de plus un commentaire historique. - Tillemont, Mémoires pour servir..., t.6, p. 498, 517, etc. - Dict. of christ. biogr., t. 3, p. 891. -- The cath. encycl., t. 10, p. 161. Dict. de théol.. cath., t. 10, col. 520.

11 février 2016

La Bible, un sabre-laser?

Si la Bible est une Lumière sur mon chemin,
et la Bible est l'épée de l'Esprit,



Alors, est-ce que la Bible est un sabre laser?

Sainte Gobnait de Ballyvourney, Vierge, patronne des apiculteurs (6ième siècle)

Une des saintes les plus populaires du Munster, Gobnait (Gobnet, Gobnata) naquit dans le Conté de Clare, mais dû fuir des ennemis et se réfugia sur l'ile d'Aran, où se trouve une église à Inisheer, Kilgobnet, c'est-à-dire l'église de Gobnait.
Après un certain temps, un Ange lui apparu et lui expliqua que ce n'était pas là "l'endroit de sa résurrection" mais qu'elle devait voyager jusqu'à ce qu'elle rencontre 9 cerfs blancs, et que tel serait le signe du lieu où elle devrait s'arrêter, s'installer et fonder un monastère.

Elle se mit en route pour trouver le lieu où Dieu l'attendait, fondant des églises en cours de route, entre autres Dunguin dans le Conté de Kerry et Dungarven dans le Conté de Waterford. Arrivée dans le Conté de Cork, elle rencontra 3 cervidés blancs près de Cloudrohid; puis à Ballymakeera, elle en vit 6 et continua jusqu'à Ballyvourney; là elle en rencontra 9 occupés à paître près d'un bois. Elle y fonda son monastère.

C'est Saint Abban de Kilabban, Conté de Meath, Irlande, qui aurait oeuvré avec elle à la fondation du couvent à Ballyvourney, Conté de Cork, sur une terre donnée par la famille O'Herlihy, et placée sainte Gobnait à sa tête comme abbesse.

Sainte Gobnait avait un don particulier pour s'occuper des malades et sauva les gens victimes de la peste à Ballyvourney. Elle est considérée comme la patronne des abeilles! et des apiculteurs. Gobnata signifie "abeille à miel", l'équivalent en hébreux de "Déborah". Le miel est bien entendu un aliment très important pour divers remèdes. Mais la réputation de Gobnait vient aussi de ce qu'un jour, elle envoya un essaim d'abeilles pourchasser un voleur de bétail, jusqu'à ce que ce dernier ramène le troupeau volé. Elle semblait très douée pour traiter avec les brigands. On a retrouvé dans un mur de l'église en ruine de Ballyvourney une pierre ronde, on rapporte qu'elle aurait servit de "boomerang" pour empêcher la construction d'un fortin par un brigand, de l'autre côté de la vallée, en face du monastère. A chaque fois qu'il recommençait sa construction, elle jettait la pierre contre ses murs et les faisait tomber, autant de fois que nécessaire, jusqu'à ce qu'il abandonne par dépit.

Un champs près du village est appelé "champ de la peste", rappelant l'endroit qu'elle a marqué comme sol consacré, au delà duquel la peste ne pouvait pas frapper. Le "Tomhas Ghobnata", ce qui signifie en Gaélique "la mesure de Gobnait", est une longueur de laine mesurée sur sa statue, et est toujours recherchée pour des guérisons. Et dans l'église il y a une très vieille statue en bois datant du 13ième siècle, qui a été beaucoup portée, qui est présentée lors de sa fête. A Killeen il y a la "pierre de Gobnait", un vieux pilier de croix sur lequel on aperçoit un petit visage tenant une crosse sur le côté.

Il existe encore une source qui porte son nom à Ballyvourney. Comme avec beaucoup de saints Irlandais, il y a des histoires d'interactions merveilleuses avec la nature.

Sa tombe dans le cimetière à Ballyvourney est décorée avec des béquilles et d'autres preuves de guérisons obtenues par l'intercession de Gobnait. Parmi les miracles attribués à son intercession il y a bien sûr cet éloignement de la peste en ayant marqué le sol de la de la paroisse comme sol sacré. Une autre tradition relate qu'elle a mis en déroute des ennemis en lâchant ses abeilles sur eux. Sa ruche est demeurée une précieuse relique pour les O'Herlihys.

La pierre ronde associée à son nom est toujours conservée. Dans l'art, sainte Gobnata est représentée comme apicultrice.




Tropaire de sainte Gobnet ton 3
Vraie fille spirituelle d'Abban, l'inspiré de Dieu /
Tu en as dignement beaucoup dirigé dans les vertus monastiques, très sainte Gobnet./
C'est pourquoi nous t'implorons d'intercéder pour nous/
afin que nous puissions être correctement dirigés/
et recevions la grande Miséricorde du Christ notre Dieu.



Kondakion de sainte Gobnet ton 5
Louange et honneur te sont dûs /
O médecin des corps et des âmes,/
très pieuse Gobnet./
Bénie du don de guérison,/
tu apporta à beaucoup la plénitude et la paix du Christ,/
prie maintenant pour nous qui avons l'âme tourmentée/
afin qu'elle puisse connaître la joie de la divine guérison.



10 février 2016

Saint Caedmon, père de la poésie anglo-saxonne (+ 670)


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Mort en 670. Saint Bede (25 mai) rapporta la vie de Caedmon, le vacher de l'abbaye de Whitby, qui bien que grossier et non-instruit, par la puissance de Dieu, dans ses dernières années, se mit à la chanson et deviendra le père de la poésie anglaise. Certains disent qu'il était très vieux lorsqu'il découvrit son don. La légende veut que durant des années, à cause de sa timidité, il était honteux de son incapacité de prendre son tour de chant dans les occasions festives, qu'il se dérobait et allait se cacher. "Dès lors, étant parfois à des fêtes, lorsque tous étaient d'accord pour l'amour du chant de chanter à tour de rôle, à peine voyait-il la harpe l'approcher qu'il se levait de table et rentrait chez lui."

Une nuit, cependant, alors qu'il avait quitté la fête et trouvé refuge dans l'étable, il entendit une voix lui dire : 'Chante, Caedmon. Chante Moi une chanson.' Caedmon bégaia : 'Je ne sais pas chanter.' 'Mais tu chanteras,' répliqua la voix. 'Que vais-je chanter?' demanda Caedmon, surpris. La voix répondit : 'Chante le début des choses créées.' Et à ce moment-là, Caedmon, tentant de chanter, s'aperçut que sa langue hésitante avait été libérée.

Au matin il se rappella des mots de sa chanson et, y ajoutant des versets, il se présenta à l'abbesse Hilda (17 novembre), à qui il raconta son étrange histoire. Il lui chanta la chanson qu'il avait chantée durant la nuit, et elle et tous ceux qui l'entendirent furent émerveillés, et reconnurent "que la grâce céleste lui avait été conférée par le Seigneur."

Il devint frère convers, et, toujours à la grande abbaye de Whitby, ses compagnons moines lui enseignèrent les vérités de la Bible; et lui les transforma en poésie "si douce à entendre que ses maîtres devinrent ses auditeurs."
"Il chantait", dit Bède, "la Création du monde, les origines de l'homme, et l'histoire d'Israël, l'Incarnation, la Passion et la Résurrection du Christ, et l'enseignement des Apôtres." Ce premier Anglo-Saxon auteur de poésie religieuse paraphrasa ainsi toute l'Ecriture Sainte, et bien que "d'autres après lui s'efforcèrent de composer des poèmes religieux, personne ne parvint à l'égaler, car il n'avait pas appris la poésie grâce à des hommes mais par Dieu."

Il serait mort en état de sainteté et de parfaite charité envers tous, ayant montré qu'il savait que sa vie était arrivée à son terme, bien qu'il ne fut pas gravement malade. Il demanda à être emmené à l'infirmerie et à recevoir la sainte Communion. Avec l'Époux en sa main, il regarda autour de lui et demanda si quelqu'un avait quelque grief contre lui. La réponse étant que nul n'en avait, il dit alors "Moi aussi j'ai l'esprit en paix avec tous les serviteurs de Dieu," il consomma la Communion, se signa de la Croix, se coucha et s'endormit, ne se relevant plus en ce monde.

La poésie de Caedmon est un exemple remarquable de la puissance de la Bible à stimuler l'imagination et à réveiller le génie naturel. C'est ainsi que Caedmon apporta au petit peuple l'énergie et le réalisme des Écritures, qui, entrant profondément dans la vie de la nation, n'a jamais cessé au cours des siècles de ravigorer et d'inspirer la culture du monde anglophone. Bien que seules 9 lignes d'une de ses hymnes, "Rêve du Crucifix," qui aurait été composée en songe, aient survécu, il est appelé 'Père de la poésie sacrée anglaise'. Sa fête est toujours célébrée à Whitby.


Nu we sculon herigean     heofonrices weard,
meotodes meahte     ond his modgeþanc,
weorc wuldorfæder,     swa he wundra gehwæs,   
ece drihten,     or onstealde.
He ærest sceop      eorðan bearnum
heofon to hrofe,     halig scyppend;
þa middangeard     moncynnes weard
ece drihten,     æfter teode
firum foldan,     frea ælmihtig.


A présent il nous faut louer le Gardien des Cieux,
la puissance du Seigneur et Sa providence,
l'oeuvre du Glorieux Père; car Lui,
Dieu Éternel, a fait toutes merveilles,
Lui, le Saint Créateur, a d'abord façonné
le Ciel comme toit pour les fils des hommes.
Ensuite le Gardien de l'Humanité a orné
cette basse terre, le monde des hommes,
Lui l'Éternel Seigneur, le Roi Tout-puissant.




Paraphrase latine de l'hymne de saint Caedmon, par saint Bede le Vénérable:
Nunc laudare debemus     auctorem regni caelestis
potentiam Creatoris,     et consilium illius
facta Patris gloriae:     quomodo ille,
cum sit aeternus Deus     omnium miraculorum auctor exstitit;
qui primo     filiis hominum
caelum pro culmine tecti
dehinc terram     custos humani generis
omnipotens     creavit.

source : BEDE'S STORY OF CAEDMON,  text and facing translation





Versets religieux saxons. Au 19ième siècle, les morceaux épars de la Croix Ruthwell furent déterrés et réassemblés. La croix, qui fait près de 6m de haut, comportait, en plus de magnifiques images, une longue inscription en latin et en runes (lettres runniques), connue sous le nom de Rêve du Saint Crucifix. La tête de la croix porte les mots, "Caedmon m'a fait(e)", qui est similaire au "Caedmon a fait cette chanson", qui se trouve dans les plus anciens manuscrits. Il appert que les plus célèbres des poèmes anglo-saxons ont été composés par saint Caedmon.



http://www.dumfriesmuseum.demon.co.uk/ruthwellcross.html
http://www.gettysburg.edu/academics/english/britain/anglo-saxon/RUTHWELL/ruthwell.html

"Rood and Ruthwell:
"Le Poème et la Croix"
http://www.flsouthern.edu/eng/abruce/rood/home.htm

"The Dream of the Rood" (le rêve du crucifix)
Une traduction versifiée en anglais, par Douglas B. Killings:
http://www.georgetown.edu/cball/oe/rood-trans.html

"The Dream of the Rood", en Anglo-Saxon:
http://www.georgetown.edu/labyrinth/library/oe/texts/a2.5.html

HILDA ET CAEDMON: 'THE DREAM OF THE ROOD'
LE PLUS ANCIEN POEME ANGLAIS :
http://www.umilta.net/hilda.html

Poésie attribuée à saint Caedmon:
http://sunsite.berkeley.edu/OMACL/Junius/

09 février 2016

Saint Shio (Syméon) Mgvime, Géorgie (6ième s.)

http://www.stjohndc.org/stjohndc/English/Saints/9705c.htm
Saint Shio naquit à Antioche en Syrie. Ses parents étaient Chrétiens, et élevèrent leur fils, leur seul héritier. Le jeune homme reçut une bonne éducation, apprit les Écritures Saintes, et déjà en son jeune temps il fut gratifié de la capacité à interpréter la Parole de Dieu.

Ayant entendu parler du saint ascète Jean, Shio quitta secrètement le domicile parental et partit rejoindre le saint. Le vénérable Jean renvoya le jeune à ses parents, après avoir prédit que ses parents feraient profession monastique. La prophétie fut rapidement accomplie : Shio distribua son héritage et reçut la tonsure de saint Jean.

20 ans plus tard, Shio, parmi 12 autres disciples choisis par saint Jean, partit pour l'Ibérie (Géorgie) afin d'y prêcher la Parole de Dieu. Avec la bénédiction d'Eulabius, le Catholicos de Géorgie, et son maître, saint Shio s'installa dans une caverne à l'ouest de la ville de Mtskheta, où il entama une lutte ascétique fort sévère, durant laquelle il sera gratifié de nombre de merveilleuses visions. La vie solitaire de l'ascète fut découverte, et bientôt le lieu du combat du saint se transforma en monastère, dans lequel une église fut fondée par ce vénérable, dédiée à la Très Sainte Trinité. Par la suite, d'autres églises furent érigées : en l'honneur de la Mère de Dieu et de Jean le Précurseur. Toutes les églises furent consacrées par le Catholicos Macaire. Le nombre des frères grandit, alors le vénérable béni la fondation du monastère de Mgvime en leur faveur, pendant que lui-même continua sa lutte pour le Salut en reclus. Saint Shio s'endormit le 9 mai, après avoir Communié aux Saints Mystères le jour d'avant, et ayant donné aux frères ses salvifiques instructions finales.

Les reliques de cet ami de Dieu furent enterrées dans le monastère qu'il avait fondé.

Saint Shio est connu pour être l'auteur de 160 instructions pour les frères.

Et voici le monastère :
en anglais : http://www.oca.org/pages/events/2004/04.April/0416TbilisiGEORGIA/0419TbilisiGEORGIA-MonasteryVisits/

en français : http://www.encyclopedie-universelle.com/abbaye-origines-asie-georgie.html



08 février 2016

Saint Cuthman de Steyning, Ermite

Dans le bas-Sussex, pas loin de Brighton, se trouve le village de Steyning avec l'église fondé par Saint Cuthman. Parmi les anciens saints Anglo-Saxons on retrouve ce Cuthman, natif du Devon ou des Cornouailles - d'après son nom, quelques documents anciens semblent indiquer qu'il serait probablement né à Chidham près de Bosham, vers 681.

Fils de berger, il habitait à l'origine dans l'ouest du pays, et passa de longues heures à veiller sur le troupeau de son père. Une légende dit qu'il avait une pierre préférée sur laquelle il s'asseyait et qu'un jour il traça un cercle avec la pointe de son bâton autour du roc et ordonna à ses bêtes, au Nom du Christ, de ne pas en sortir pendant qu'il allait chercher à manger. Le troupeau obéit à ses instructions et ne partit point, et les gens du coin commencèrent à considérer Cuthman et sa pierre avec vénération.
A la mort de son père, sa mère resta seule et pauvre. Cuthman se montra un bon fils et travailla dur pour leur gagne-pain commun, mais lorsqu'elle tomba malade il ne put la laisser seule et ils devinrent dépourvus.

Cuthman décida de se déplacer vers l'Est à la recherche de nouveaux pâturages, et comme sa mère était percluse d'âge, il fini par construire une brouette en bois  à 2 roues, dans laquelle il plaça sa mère et leurs rares biens, et avec ses 2 poignées soutenues par une corde passée autour de son cou, parti mendier de porte à porte. Mais le rêve de sa vie était de construire une église, et bien qu'il n'avait pas la moindre idée de comment faire, il résolu de quitter les Cornouailles et ses landes désertes et battues par les vents et de voyager vers l'Est.

Il voyagea de cette façon de nombreux jours durant jusqu'à ce qu'un jour, comme il passait par un champ de maïs à Steyning dans l'Ouest du Sussex, la corde cassa, ce qui fit rire les ouvriers agricoles oeuvrant au champ. Cuthman substitua à la corde une branche d'aulne et cela tenu pour quelques jours, mais quand cela recassa, il estima que Dieu lui signifiait qu'il devait s'installer à cet endroit. Il pria au bord de la route: "O Père Tout-Puissant, qui a mis un terme à mon voyage, Tu sais que je suis pauvre et ouvrier depuis ma jeunesse, et je ne peux rien faire sans Ton secours." Il construisit près de la rivière Adur, dans un endroit isolé et calme des Downs, une cabane pour sa mère et commença à poser les fondations d'une église.


Les gens du coin étaient aimables avec lui; l'ayant observé creusant à la main les fondations, coupant le bois et construisant les murs, ils lui offrirent 2 boeufs pour l'aider. L'endroit est décrit comme "un endroit de retiré et calme, au dessous de la colline ronde où 2 ruisseaux se rencontrent". C'était un domaine boisé. Cependant, un jour les boeufs s'éloignèrent et furent volés par 2 jeunes qui refusèrent de les rendre. Alors Cuthman se fâcha. "Je n'ai pas besoin d'eux pour faire mon propre travail mais pour oeuvrer pour Dieu." Et... il attela les 2 jeunes à sa charrette pour la tirer. "Ca doit être déplacé, et c'est vous qui le ferez," leur dit-il.

En une autre occasion, Cuthman trouva qu'un des piliers pliait sous le poids du toit, et la structure entière était sur le point de s'effondrer. A ce moment un homme d'un "d'un aspect grave et beau" apparu, et l'aida à le redresser. Il demanda à l'homme qui il était, et il répondit : "je suis Jésus pour qui Tu construis cette maison", et aussitôt Il disparu.

Dans le porche de l'église actuelle il y a une ancienne pierre avec ce qu'on pense être des gravures pré-Chrétiennes sur un côté sur une longueur de 6 pieds. Autrefois on pensait qu'il devait s'agir de la pierre tombale de Saint Cuthman, mais maintenant c'est considéré comme l'origine du nom du lieu. En saxon "Stenninga s" signifie "les Gens de la Pierre", et ceci est peut-être la pierre "sacrée" qui se trouvant au centre d'un bosquet païen converti, conformément à la politique de Saint Grégoire, en sanctuaire Chrétien par Saint Cuthman. La pierre a été utilisée comme seuil jusqu'en 1938, quand les sépultures ont été découvertes.

Ainsi Cuthman construisit cette église et prêcha et encouragea les gens. Il mourut là où il avait oeuvré, et fut enterré à côté de la rivière Adur, alors appelée le Bramber, qui était navigable jusqu'aussi loin que Steyning, et l'endroit était devenu connu comme le "port de Saint Cuthman". Les rois Saxons avaient ici une propriété, et Ethelwulf, père du Roi Alfred, y est enterré dans l'église.

Le nom de Cuthman se retrouve dans plusieurs des plus anciens calendriers médiévaux et dans le vieux Missel qui était utilisé par les Anglo- Saxons avant la conquête des Normands (conservé au monastère de Jumièges, il contient une Liturgie dédiée pour sa fête), un martyrologe allemand indique clairement un culte d'avant la conquête, et l'église à Steyning semble lui avoir été dédiée par le passé.

Au 11ième siècle, saint Edouard le Confesseur (13 octobre) a donné cette église et ce manoir à l'abbaye de Fécamp en Normandie, qui se fit transférer les reliques de saint Cuthman. Le non-paiement des revenus de Steyning fut un des prétextes de Guillaume le Conquérant pour lancer son invasion de la Grande-Bretagne par ses Normands et en faire une "guerre sainte". Au 12ième siècle les moines de Fécamp ont reconstruit l'église de pierre actuelle pour remplacer celle en bois de Saint Cuthman.
La mémoire de ce saint autrefois oublié a été ranimée par Christopher Fry dans sa pièce d'un-acte "Le garçon avec une Charrette" (1939).

Dans l'art, saint Cuthman est toujours représenté parmi les moutons parce qu'il était berger à Steyning. Jusque dans les années 60', sa fête s'est maintenue dans la plupart des monastères bénédictins catholiques-romains de Normandie.








http://www.conservancy.co.uk/environment/documents/arch_EarlyMedieval.pdf
"On trouve son histoire en latin, la Vita Sancti Cuthmanni, qui subsiste dans 4 manuscrits : un à la Forschungsbibliothek de Gotha, un second à la Bibliothèque Municipale de Rouen, et 2 autres ne sont connus que par l'édition des Bollandistes Acta Sanctorum: Feb II (Antwerpen 1658). L'histoire ne rapporte pas le lieu de naissance de Saint Cuthman, mais on l'a identifiée avec Chidham dans un memorandum de la fin du 15ième siècle, où une note rédigée sur la feuille de garde indique : 'Chydham a myll from Bosham, ther was Send Cudman borne. He is shryned at Vescom in Normandy' (Blair 1997).
Soit "Chydham un hammeau de Bosham, là naquit saint Cuthman. Il est enterré à Fécamp en Normandie."
[..]
Cuthman fut vénéré comme saint dès avant la Conquête Normande, et son église à Steyning existait déjà en 857, l'année où le roi Ethelwulf y fut enterré. Steyning fut un important centre religieux, et la tombe de saint Cuthman devint un lieu de pèlerinage aux 10ième et 11ième siècles.
Il y avait une confrérie saint Cuthman à Chidham en 1522/3, et en 1541 il y eu des plaintes à cause de la perte des grands dons qui y étaient fait auparavant à son image. (Blair 1997). Il y a aussi des similitudes évidentes reliant Cuthman et Chidham. Une charte de Chidham, aussi dite "glebe terrier" (enregistrement du terrain assigné à une église paroissiale) de 1635 reprend un acre (superficie anglaise) de terre 'se trouvant dans un champs appelé habituellement le champ de saint Cuthman, près du Vallon de Saint Cuthman' que l'on identifie avec l'acutelle Cullimer's Field et Cullimer's Pond sur la carte 'Chidham Tithe map and Apportionment' de 1846. Un examen des enregistrements de la paroisse (Anon ?1960s) semble aussi suggérer que le nom 'Cullimer's Field' dans la partie sud de la péninsule de Chidham est une corruption du nom 'Cullinans Field', lui-même une corruption de 'Cuthmans Field.' Blair dit 'qu'il est hautement probable qu'ici [Chidham] se trouve le lieu supposé par les sources de la Vita.'
Cependant, Blair fait remarquer que les noms de champs sont problématiques et laissent des questions sans réponse. 'Cullman' ressemble plutôt à l'antique nom Irlandais 'Colmán' qu'à 'Cuthman.' Le texte de l'histoire de Cuthman a aussi un caractère fortement Celtique et particulièrement Irlandais, avec ses inclusions de détails topographiques et son souci des miracles de la nature. Blair propose plusieurs explications : que 'Cullman' serait simplement une déformation tardive du nom Cuthman; que c'est une étymologie populaire de Cullimer(e) conditionnée par la connaissance du saint local; ou que cela se réfèrerait à un vrai saint Colman de Bosham, dont la légende aurait été intermèlée à l'histoire de saint Cuthman, peut-être en important des éléments Irlandais dans l'histoire. Le caractère Irlandais suggère aussi la possibilité d'un lien entre Cuthman et le monastère Irlandais du 7ième siècle à Bosham".



Pa pierre de l'église de Steyning, anciennement église Saint-Cuthman, datant de l'époque saxonne :




et l'église en question :
http://homepages.ihug.co.nz/~gr8banks/steyning_st_andrew.htm


On parle de lui sur Orthodox England, du père Philip :
http://orthodoxengland.org.uk/oe10000.htm



Article en anglais sur le site officiel de l'Eglise Orthodoxe de Russie:
http://www.pravoslavie.ru/english/68721.htm