"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

23 octobre 2014

Invocation à l'Esprit Saint par celui qui déjà le voit (saint Syméon le nouveau Théologien)


Viens, lumière véritable. Viens, vie éternelle. Viens, mystère caché. Viens, trésor sans nom. Viens, réalité ineffable. Viens, personne inconcevable. Viens, félicité sans fin. Viens, lumière sans couchant. Viens, attente infaillible de tous ceux qui doivent être sauvés. Viens, réveil de ceux qui sont couchés. Viens, résurrection des morts. Viens ô Puissant, qui toujours tout fais et refais et transformes par ton seul vouloir. Viens ô invisible et totalement intangible et impalpable. Viens toi qui demeures toujours immobile et à chaque instant tout entier te meus et viens à nous, couchés dans les enfers, ô toi au-dessus de tous les cieux. Viens ô Nom bien-aimé et partout répété mais dont exprimer l'être ou connaître la nature nous est absolument interdit. Viens, joie éternelle. Viens, couronne inflétrissable. Viens pourpre de notre grand Dieu et Roi. Viens, ceinture cristalline et constellée de joyaux. Viens sandale inaccessible. Viens pourpre royale. Viens droite véritablement souveraine. Viens toi qu'a désiré et désire mon âme misérable. Viens, toi le Seul, au seul, puisque tu le vois je suis seul. Viens toi qui m'as séparé de tout et fais solitaire en ce monde. Viens toi devenu toi-même en moi désir, qui m'as fait te désirer, toi l'absolument inaccessible. Viens mon souffle et ma vie. Viens consolation de ma pauvre âme. Viens ma joie, ma gloire, mes délices sans fin.


    Je te rends grâce d'être devenu un seul esprit avec moi, sans confusion, sans mutation, sans trasnformation, toi le Dieu au-dessus de tout, et d'être pour moi devenu tout en tous, nourriture inexprimable et parfaitement gratuite, qui sans fin débordes inépuisablement aux lèvres de mon âme et rejaillis à la source de mon coeur, vêtement éblouissant qui consume les démons, purification qui me baignes de ces impérissables et saintes larmes que ta présence apporte à ceux que tu visites. Je te rends grâces d'être pour moi devenu lumière sans couchant, soleil sans déclin ; car tu n'as pas où te cacher toi qui de ta gloire emplis l'univers ! non, jamais à personne tu ne t'es caché mais c'est nous qui toujours nous cachons de toi, en refusant d'aller à toi : mais où donc te cacherais-tu, toi qui nulle part ne trouves le lieu de ton repos ? pourquoi te cacherais-tu, toi qui ne te détournes pas d'un seul d'entre les êtres, qui n'en repousses pas un seul ?

    Viens donc, ô Maître, aujourd'hui dresse en moi ta tente ; fais ta maison et demeure continuellement, inséparablement, jusqu'au bout, en moi, to esclave, ô très bon, et que moi aussi, à ma sortie de ce mond et après ma sortie, je me trouve en toi, ô très bon, et règne avec toi, Dieu qui es au-dessus de tout. Demeure, ô Maître, et ne me laisse pas seul, afin que mes ennemis survenant, eux qui toujours cherchent à dévorer mon âme, te trouvent demeurant en moi et qu'ils prennent la fuite, en déroute, impuissants contre moi, en te voyant, toi plus puissant que tout, installé à l'intérieur, dans la maison de ma pauvre âme. Oui, Maître, de même que tu t'es souvenu de moi quand j'étais dans le monde et qu'au milieu de mon ignorance, c'est toi qui m'as élu et séparé de ce monde et établi devant la face de ta gloire, de même, maintenant, garde-moi à l'intérieur, debout pour toujours, inébranlable, dans ta demeure en moi : qu'en te voyant perpétuellement, moi, le mort, je vive; qu'en te possédant, moi, la pauvre, je sois toujours riche, et riche par-dessus tous les rois ; qu'en te mangeant et te buvant, en me vêtant à chaque instant de toi, j'aille de délices en délices en d'inexprimables biens : car c'est toi qui es tout bien et toute gloire et tout délice et c'est à toi qu'appartient la gloire, sainte, consubstantielle et vivfiante Trinité, Toi que vénèrent, que confessent, qu'adorent et que servent dans le Père, le Fils et le Saint-Esprit tous les fidèles, maintenant et toujours et aux siècles des siècles. Amen.


saint Syméon le nouveau Théologien

22 octobre 2014

Tradition et Bible (St Sophrony de Maldon)


En tant que présence éternelle et immuable du Saint Esprit dans l'Eglise, la Tradition est le fondement le plus profond de son existence. Aussi la Tradition embrasse-t-elle toute la vie de l'Eglise à tel point que la sainte Ecriture elle-même ne se présente que comme l'une de ses expressions.

    Il s'ensuit que si l'Eglise était privée de sa Tradition, elle cesserait d'être ce qu'elle est, car le ministère du Nouveau Testament est un ministère de l'Esprit, il s'accomplit "non pas avec de l'encre, mais avec l'Esprit du Dieu vivant, non pas sur des tables de pierre, mais sur les tables de chair du coeur" (2 Co. 3,3-6)

    A supposer que, pour une raison ou pour une autre, l'Eglise se trouvât privée de tous ses livres: l'Ancien et le nouveau Testament, des oeuvres des saints Pères, des livres liturgiques, alors la Tradition reconstituerait l'Ecriture, non point textuellement, sans doute, et dans un autre langage. Mais par son contenu essentiel, cette nouvelle Ecriture continuerait d'être l'expression de la même "Foi qui a été confiée aux saints une fois pour toutes" (Jude 1,3), et la manifestation de ce même et unique Esprit qui agit immuablement dans l'Eglise.

    La sainte Ecriture n'est ni plus profonde ni plus importante que la sainte Tradition, mais comme il a déjà été dit, elle en est l'une des formes. Cette forme est des plus précieuses, car il est facile de la garder et de s'en servir ; mais retirée du courant de la sainte Tradition, l'Ecriture ne saurait être comprise correctement par aucune investigation scientifique.

    S'il est vrai que l'apôtre Paul avait "l'Esprit du Christ" (1 Co. 2,16), à plus forte raison l'Eglise possède-t-elle cet Esprit, elle qui contient Paul en son sein. Et si les écrits de saint Paul et des autres apôtres constituent la sainte Ecriture, alors, dans le cas où les anciens livres n'existeraient plus, la nouvelle écriture de l'Eglise serait sainte elle aussi. Car selon la promesse du Seigneur, Dieu, la sainte Trinité, demeure dans l'Eglise à tout jamais.

    Ceux qui rejettent la Tradition de l'Eglise et qui, croyant aller aux sources de l'Eglise, vont directement à la sainte Ecriture, font fausse route. Ce n'est pas la sainte Ecriture, mais la sainte Tradition qui est la source de l'Eglise. Au cours des premières décades de son histoire, l'Eglise ne possédait pas encore les livres du Nouveau Testament, et ne vivait alors que par la Tradition, - cette Tradition que l'apôtre Paul exhorte à garder (2 Thess. 2,15).

    C'est un fait bien connu que tous les hérésiarques se sont toujours fondés sur la sainte Ecriture, mais à cette différence près qu'ils l'interprètaient "à leur propre manière". Saint Pierre déjà mettait en garde contre le danger de déformer le sens de l'Ecriture par des interprétations personnelles (2 Pierre 3,16).

    Pris isolement, les membres de l'Eglise, y compris les meilleurs de ses fils et de ses maîtres, ne parviennent pas à réunir en eux la totalité des dons du Saint-Esprit. C'est pourquoi leurs doctrines et leurs écrits peuvent présenter certaines imperfections et parfois même des erreurs. Mais dans son ensemble, l'enseignement de l'Eglise, qui est la détentrice de la plénitude des dons spirituels et de la connaissance, demeure vrai dans tous les siècles."

In: "Staretz Silouane, moine du Mont-Athos", archimandrite Sophrony, éditions Présence.

21 octobre 2014

Convertir au Christ en vivant du Christ, pas en parlant du Christ (p. John)

Lectures du jour : Phi 2,17-23 & Lc 9,23-27

Ce n'est pas la responsabilité de s'efforcer et de convertir les autres. Au contraire, il est plutôt attendu de nous que nous parlions, vivions et démontrions l'Évangile du Christ par la manière dont nous vivons notre vie. De la sorte, les autres désirerons acquérir ce que nous possédons.

P. John






Today's Scripture Readings:
Philippians 2:17-23 & St. Luke 9:23-27

It is not a Christian's responsibility to try and convert others.
Rather, we are expected to speak, live, and demonstrate the gospel of Christ by how we live our life. In this way, others will desire to
acquire what we possess.

Fr. John

Fidélité au Christ ou à un homme qui prétend Le remplacer: saint Marc d'Ephèse contre pape Eugène de Rome

Saint Marc d'Ephèse au pape de Rome Eugène, lors de l'interrogation après le Concile de Florence :
"Les conciles ont condamné ceux qui n'obéissaient pas à l'Église et s'en tenaient à des opinions contraires à sa doctrine. Je n'ai pas exprimé mes propres opinions, je n'ai rien introduit de neuf dans l'Église, je n'ai pas non plus défendu la moindre erreur. Mais je reste fermement fidèle à la doctrine que l'Église, l'ayant reçu du Christ Sauveur, a toujours gardé et garde."

Le pape de Rome Eugène, à propos de saint Marc d'Ephèse, après Florence :
"ce maudit Ephésien, crachant sa pensée empoisonnée partout. Si seulement l'empereur avait consenti à ce qu'il soit châtié comme il le mérite, de la même manière que Constantin avait permis le châtiment d'Arius - ce poison de l'Église - on n'aurait pas à la fois gaspillé du temps et de l'argent."

Acte de repentance des évêques Grecs qui s'étaient soumis aux Catholiques-Romains et avaient souscrit au Concile de Florence :
"Nous avons trahi notre foi. Nous avons échangé la piété contre l'impiété. Nous avons renoncé au sacrifice pur et sommes devenus mangeurs d'azymes. Que nos mains soient tranchées, pour avoir signé si injuste décret. Que nos langues soient arrachées, pour avoir consenti à la croyance des Latins"

Citations:
https://academiccommons.columbia.edu







"The councils sentenced those who would not obey the Church and kept opinions contrary to her doctrine. I express not my own opinions, I introduce nothing new into the Church, neither do I defend any errors. But I steadfastly preserve the doctrine which the Church, having received from Christ the Savior, has ever kept and keeps."
St. Mark of Ephesus to Pope Eugene in an interview after the Council of Florence

Pope Eugene on St. Mark of Ephesus after Florence:
"that wretched Ephesian, spewing out his poisonous thought everywhere. If only the emperor had consented to his being punished as he deserved, in the same way that Constantine permitted the punishment of Arius-- that poison of the Church-- both time and money would not have been wasted.”

The repentance of the Greek Bishops who had submitted to the Latins and signed at Florence:
"We have betrayed our faith. We have exchanged piety for impiety. We have renounced the pure sacrifice and become azymites. Let our hands, which signed such an unjust decree, be cut off! Let our tongues, which consented to the Latin faith, be plucked out!"


SRC

20 octobre 2014

La prière est une conversation avec Dieu (p. John)

Lectures du jour : Phi 2,12-16 & Lc 9,18-22

La prière est une conversation avec Dieu, et comme dans toutes les conversations, c'est basé sur l'importance à la fois de ce qu'on dit et de l'écoute. En fait, l'écoute (immobilité, silence et méditation) pourrait même être plus importante que les paroles que l'on prononcerait!

P. John






Today's Scripture Readings:
Philippians 2:12-16 & St. Luke 9:18-22

Prayer is a conversation with God and, like all conversations, it is
based upon the importance of both speaking and listening. In fact,
listening (stillness, silence, & meditation) might even be more
important than the words one speaks!

Fr. John

Ne pas se sentir offensé (st Seraphim de Sarov)

Il faudrait se comporter avec bonté envers son prochain, ne jamais donner l'apparence qu'on est offensé. Lorsque nous nous éloignons de quelqu'un, ou que nous l'offensons, c'est comme si une sorte de caillou était placé dans notre coeur. Nous devons nous efforcer d'encourager par des paroles pleines d'amour ceux qui souffrent de dépression ou de confusion.
Saint Séraphim de Sarov, instructions spirituelles.






A person should behave with kindness towards his neighbor, never giving the appearance of being offended. When we turn away from someone, or offend someone, then it is as though a stone were placed inside our heart. We must strive to encourage with words of love a person suffering from depression or confusion.

- St. Seraphim of Sarov, Spiritual Instructions