"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

26 juin 2006

L'HERITAGE DU CHRISTIANISME AFRICAIN : les Noirs trouvent leurs racines dans la Foi



http://www.freep.com/apps/pbcs.dll/article?AID=/20060614/NEWS05/606140303/1007

http://www.orthodoxdetroit.com/

http://www.stmaryofegypt.net/



Laike-Mariam Misikir, technicien à Ann Arbor, aidant à Saint-Raphael à Detroit, descendant d'une famille de plusieurs siècles de prêtres Orthodoxes en Ethiopie. (ERIC SEALS/Detroit Free Press)


PAR DAVID CRUMM
FREE PRESS RELIGION WRITER

Après une vie entière dans des églises traditionnelles Afro-Américaines, Robert Aaron Mitchell a découvert la vision, les sons et les anciennes traditions de l'Eglise Orthodoxe.
"J'ai découvert l'Orthodoxie pendant que j'étais sur internet, un jour de 2001, et j'ai été si fortement attiré par elle que j'ai eu besoin d'assister à une liturgie," dit Mitchell. "Je n'avais pas le moindre cadre de référence pour ces traditions, mais soudain, j'ai senti que ce vide était occupé à combler ma vie. Je me suis senti comme si, enfin, je revenais chez moi."
Mitchell, 48 ans, chef de projet chez AT&T, vivant à Detroit, fait partie de ce petit nombre sans cesse croissant d'Afro-Américains, nombre d'entre eux engagés dans la vie professionnelle, qui rejoignent les Eglises Orthodoxes. C'est la branche du Christianisme qui a rompu avec Rome il y a près de mille ans d'ici, et qui est connue pour ses icônes colorées et les traditions ethniques qui préservent ses coutumes religieuses.

Mitchell dit que l'attraction tient dans la découverte que mille ans durant, les Africains ont joué un rôle vital dans le monde Orthodoxe.

Une centaine de membres Afro-Américains du clergé, d'érudits et de dirigeants laïcs de ce mouvement national viennent à Detroit pour se rencontrer pour la première fois du 22 au 25 juin, dans un centre Orthodoxe de retraites, au nord-ouest de Detroit. Depuis 12 ans, ces conférences annuelles avaient eu lieu dans d'autres villes du pays, pour encourager la tendance à rejoindre l'Orthodoxie.

"Ceci fait partie de la redécouverte de nos racines," a dit la semaine dernière le p. Moses Berry, un des conférenciers. Il donnera une conférence publique, libre d'entrée, illustrée, le 23 juin au Charles H. Wright Museum of African American History à Detroit.

Ce soir-là, Berry compte incorporer l'histoire de l'héritage Africain Orthodoxe dans un exposé qui abordera aussi l'expérience des esclaves Américains. Il compte montrer un certain nombre d'artisanats d'esclaves Américains, y compris des couvertures de lit, provenant d'un musée qu'il gère dans sa ville de Ash Grove, Mo.

Berry a commencé sa carrière comme prédicateur Protestant, une tradition familiale remontant aux années 1800. Puis, en 1983, il a visité une église Orthodoxe à Atlanta, et fut si touché qu'il se recycla pour devenir prêtre dans l'Eglise Orthodoxe en Amérique. Il a aussi aidé à organiser le rassemblement de clergé, érudits et dirigeants laïcs pour le faire venir à Detroit.
"En nous reconnectant avec la tradition Orthodoxe, nous nous relions à la plus plus ancienne des traditions Chrétiennes," dit Berry. "Cela signifie que, lorsque nos ancêtres ont été amenés ici comme esclaves, ils ne sont pas venus ici avec simplement une collection de religions tribales. Ils n'ont pas découvert le Christianisme ici. En fait, nombre d'Africains étaient déjà membre de l'antique Eglise Chrétienne."

Ceci était particulièrement vrai pour les Africains dont les racines se trouvaient dans la partie orientale du Continent, disait la semaine dernière, Laike-Mariam Misikir, 50 ans. Technicien automobile d'Ann Arbor, Misikir est d'une famille de prêtres Orthodoxes qui remonte à plusieurs siècles d'ici en Ethiopie. Dans la métropole de Detroit, Misikir sert comme sous-diacre, assistant les prêtres durant les Liturgies à l'église Orthodoxe Saint-Raphael de Brooklyn, au nord-ouest de Detroit.

"Contrairement à nombre d'Afro-Américains qui sont venus à l'Orthodoxie, je suis né dans la Foi, à Addis Abeba, Ethiopie," dit Misikir. "Les traditions sont si profondes, si belles."

"Je me souviens que, petit enfant, je participais aux Liturgies durant la nuit entière, avec mes grands-parents. J'étais assis à leurs pieds, écoutant les chants et les tambours africains, regardant tout autour de moi. C'était comme si j'étais transporté au Ciel."

Mitchell hocha de la tête pendant que Misikir décrivait la scène.

"L'Eglise Orthodoxe remplit vos sens," dit Mitchell. "Vous sentez l'encens, voyez les Icônes et les cierges qui brûlent, et il y a aussi tout le mouvement. Les gens se signent. Il y a des processions à certains moments. Il y a tant qui se passe tout autour de vous dans l'église."

Misikir dit : "C'est un peu difficile d'expliquer tout ceci à la plupart des Américains. Au départ, lorsque je dis au gens que je suis Orthodoxe, souvent ils ne me comprennent pas et pensent que je suis Juif."

(père Timothée, Eglise Orthodoxe au Bénin - fête de saint Martin de Tours - paroisse Saints
Silouane l'Athonite et Martin de Tours, Saint-Gilles, Belgique, 11 novembre 2003
)

Jerome Moses Fisher, 43 ans, habitant Detroit, assistant les prêtres aux Liturgies à la cathédrale Orthodoxe des Saints Pierre et Paul à Detroit, dit : "C'est difficile d'expliquer à la plupart des gens. Ils n'ont pas la moindre idée de ce qu'est l'Eglise Orthodoxe. J'espère que cette conférence que nous amenons à Detroit va aider à changer un peu cela."

"Pour moi, j'attend simplement de voir tous ces gens venir à cette conférence, de tous les coins du pays et origine. Voir que je fais partie de ce plus vaste mouvement est la chose la plus passionnante pour moi."

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