"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

31 juillet 2006

Vieux Croyants, Traditionalistes de la sainte Russie

Pour les Orthodoxes de Rite Occidental en particulier, les Vieux-Croyants de Russie sont des frères à part entière : comme nous, ils défendent l'héritage irremplaçable des Pères. Et nous nous retrouvons encore plus dans l'Eglise Orthodoxe Hors Frontières, seule dans l'Orthodoxie à avoir des paroisses de ces 2 Rites.
Les Icônes sur cette page sont d'un célèbre iconographe Vieux-Croyant, dont je donne la Vie en fin de page, Pimen Maximovitch Sofronov. C'est un avis personnel, mais Pimen a atteint les sommets de l'iconographie. Sa "Mère de Dieu de Tendresse", tout en bas, est celle qui me touche le plus.

Russie: les vieux croyants - une minorité d'influence
Nathalie Ouvaroff
28 Jul 2006
Descendants d'un schisme dans l'Eglise orthodoxe russe au XVIIe siècle, les vieux croyants ont traversé les turbulences de l'histoire et maintenu leur héritage jusqu'à aujourd'hui. Nathalie Ouvaroff retrace ici leur histoire et nous offre quelques aperçus sur leur situation actuelle et leurs perspectives.
Lire la suite :
http://religion.info/french/articles/article_262.shtml


Vieux Croyants, article en anglais
http://www.orthodoxwiki.org/Old_Believers

Vieux Croyants, article en néerlandais :
http://nl.wikipedia.org/wiki/Oudgelovigen


L'église Vieille Croyante de Rēzekne, Letonie


Mgr Daniel (Erie),
Eglise Orthodoxe Hors Frontières, vicariat des Vieux Croyants

http://www.churchofthenativity.net/bishop.html

Vladika Daniel est né Dimitry Alexandrow à Odessa en Septembre 1930. Il est né dans une famille où il avait une soeur aînée, Maria, et un frère aîné, Alexander. Son grand-père du côté paternel était Ukrainien et avait été officier dans l'Armée Blanche durant la Guerre Civile Russe. Après la Guerre Civile, il vécut en Bulgarie. La famille de Vladika a correspondu avec le grand-père durant les années 1920 et 1930, jusqu'à ce que la correspondance cesse de leur parvenir. Le père de Vladika, dont le travail consistait en la composition de cartes d'écarts magnétiques, fut aussi volontaire dans l'Armée Blanche. Durant son service dans l'Armée Blanche, le père de Vladika fut décoré de la Croix de Saint-Georges pour avoir capturé une mitrailleuse des Rouges. Lorsque par la suite les communistes découvrirent que le père de Vladika avait servi avec les Blancs plutôt que les Rouges, il perdit son emploi et devint ouvrier dans une aciérie. Ces événements amenèrent le père de Vladika à partir en 1938 avec sa famille pour Zlatoust dans l'Oural.

Peu de mois après leur arrivée à Zlatoust, le père de Vladika fur arrêté et disparu, et on n'en entendit plus jamais parler. Durant 50 ans, la famille ne sut jamais précisément ce qui lui était arrivé, bien qu'ils conjecturaient qu'il avait dû être exécuté. Il n'y a que quelques années d'ici, lorsque les archives soviétiques ont été rendues accessibles pour étude, que la famille a retrouvé le compte-rendu de l'exécution du père par les soviétiques, peu après son arrestation.

La grand-mère de Vladika du côté maternel était princesse de lignée Tatar. Vladika a expliqué que cela devrait indiquer être comme une succession de Genghis Khan. Son nom de jeune fille était Maxutov. Le grand-père du côté maternel était officier de la Marine Russe. Après la guerre civile, il émigra aux Etats-Unis d'Amérique et y rejoignit la Marine Marchande. Il navigua à ce titre sur l'Atlantique jusqu'à sa septantaine. Et c'est du fait de sa présence aux Etats-Unis que Vladika et sa mère finirent par venir en Amérique.

La mère de Vladika était une virtuose du violon. Après l'arrestation du père, la
mère de Vladika jouera du violon dans un orchestre qui jouait durant les entractes dans un cinéma local. Lorsqu'il devint évident que son mari ne reviendrait pas, elle emmena la famille pour Yalta, où elle joua dans un orchestre symphonique et commença aussi à enseigner dans une école spéciale fondée pour l'éducation des enfants Tatars. C'est à ce moment-là que l'occupation Allemande commença.
Du fait de l'occupation et du manque de nourriture, elle partit pour Odessa afin de trouver suffisamment de nourriture pour survivre.

La famille de Vladika y demeura aussi longtemps que dura l'occupation Roumaine. Cette occupation laissait la liberté religieuse et permettait de se réfugier des communistes. Vladika a raconté que c'était une période très calme – presque comme en temps de paix. Il n'y avait pas de soviétiques, pas de bombardements dans leur environs. Mais en 1944, les soviétiques revinrent occuper Odessa. Vladika et sa mère durent à nouveau fuir le jour même où les troupes soviétiques entraient dans Odessa - sa soeur s'était déjà mariée et était partie avec son mari en Roumanie, n'étant forcés à revenir en Russie que lorsque la Roumanie changera de camp et passera du côté soviétique. Le frère de Vladika était parti combattre les Allemands.

La mère de Vladika parvint à recevoir de l'aide de l'armée germanique en fuite, qui l'aida, elle et Vladika, à aller à cheval en Transylvanie, puis prendre le train pour Vienne, où ils vécurent quelques mois. Ils travaillèrent dans un jardin potager comme travailleurs "orientaux" et vécurent dans les bureaux du journal quotidien qui possédait le jardin. En 1945, ils furent envoyé dans un camp dans les Alpes. Lorsque les soviétiques approchèrent, ils prirent un train pour le Voralberg, qui était sous contrôle des Français. A présent, la guerre était finie, et ils vécurent ainsi un temps sous occupation française. Durant cette époque, la mère de Vladika les nourrit tous les 2 en réalisant des peintures décoratives sur des boîtes et autres objets.

Pour finir, la mère de Vladika parvint à les faire passer en Suisse. Là ils ne purent
pas travailler, mais le grand-père de Vladika leur envoya de l'aide des Etats-Unis et la mère de Vladika trouva des travaux de peintures "non-officiels" pour survivre. Du fait que le grand-père de Vladika vivait aux Etats-Unis, Vladika et sa mère réussirent à obtenir des papiers officiels en Suisse pour émigrer légalement aux Etats-Unis, pas pour y aller en tant que réfugiés. Ils parvinrent à New York en 1949 sur le vieux paquebot Queen Elizabeth. Le grand-père était devenu à présent trop vieux pour reprendre la mer, mais il travaillait encore pour la compagnie maritime Grace Line. Lorsque les navires arrivaient au port, il les dirigeait vers leurs amarrages et agissait en tant que capitaine de navire. A l'âge de 82 ans, au grand regret du grand-père de Vladika, il fut forcé de prendre sa pension. Il se considérait comme encore jeune et capable de continuer à travailler. Mais après s'être retiré, il bâtit une petite maison à Vineland, New Jersey, où il vécut avec sa fille et son petit-fils jusqu'à sa mort en 1952.



Tableau de Vasili Sourikov "La Boïarine Morozova", qui montre les persécutions contre les Vieux-Croyants. Elle tient 2 doigts croisés en hauteur, pour montrer la manière correcte de faire son Signe de Croix, d'après les Vieux-Croyants, c'est-à-dire avec 2 doigts au lieu de 3.
Détails du tableau :



















Evêque Daniel (Alexandrow) d'Erie Evêque d'Erie, Pennsylvanie, Défenseur du Vieux Rite (EORHF)
Elu à ce siège en 1988
http://www.orthodoxwiki.org/Daniel_%28Alexandrow%29_of_Erie

Sa grâce, le très révérend évêque Daniel (Alexandrow) d'Erie est vicaire évêque de l'Eglise Orthodoxe Russe Hors Frontières, servant comme Vice-président du Synode des Evêques pour les Vieux-Croyants qui sont placés sous les soins de sa juridiction.

Vie
L'évêque Daniel est né Dimitri Borisovich Alexandrow à Odessa, Russie, en 1930. Du fait des relations anti-communistes de sa famille, le père de Dimitri, Boris Alexandrow, décida de déménager sa famille vers Zlatoust dans les Monts Oural en 1938. Quelques mois après leur arrivée, Boris fut arrêté et disparu; des années plus tard, on découvrit qu'il avait été exécuté. Madame Alexandrow rentra alors à Odessa avec sa famille. En 1944, ils partirent vers l'Ouest pour fuir l'armée Allemande, et durant 2 ans, vécurent dans les Alpes. Grâce à la famille aux Etats-Unis, les Alexandrow furent à même d'émigrer en Amérique, et arrivèrent à New York en 1949. De 1952 à 1958, Dimitri étudia au séminaire Holy Trinity (Jordanville, Etat de New York), obtenant son diplôme en même temps que le futur métropolite Laurus (Skurla). Depuis ses jeunes années, Dimitri Borisovich était intéressé par le "Vieux Rite" pré-Nikonien de l'Eglise Orthodoxe de Russie, et décida de travailler à guérir d'une manière ou d'une autre le schisme des Vieux Croyants. En août 1965, il fut ordonné diacre, et peu après, prêtre. En 1988, il reçut la tonsure monastique et le nouveau nom de Daniel. Le 13 août 1988, le hiéromoine Daniel fut consacré comme vicaire évêque pour le diocèse d'Amérique Orientale, avec le titre "Evêque d'Erie, Pennsylvanie, Défenseur du Vieux Rite". L'Eglise de la Nativité est sa cathédrale, auprès de l'assemblée de laquelle il a joué un rôle intégral en réunifiant avec l'Eglise Orthodoxe de Russie. Il a été administrateur temporaire du diocèse d'Australie et Nouvelle Zélande de 1995 à 1997.

L'évêque Daniel est un homme aux nombreux talents, qui ont été extrêmement utiles à de nombreuses personnes. Il est un maître en iconographie, ayant étudié dans sa jeunesse auprès du célèbre iconographe Vieux Croyant Pimen Sofronov, et il connaît les anciennes techniques pour obtenir les pigments naturels. Il est un des rare qui savent lire les notations musicales du plaint-chant znamennyy ("kriukovoi", ou "neumatique"), qui tomba en désuétude générale dans le chant de l'Eglise de Russie au début du 18ème siècle. Il est aussi un architecte expérimenté, ayant conçu des églises telles que la cathédrale de Saint-Jean le Baptiste à Washington D.C. (EORHF). De plus, sa simple recherche personnelle intensive sur les anciens rites a servit lors de l'élévation du métropolite Philarète en 1964. Ce fut la première fois que l'Eglise Orthodoxe Hors Frontières eut à élire un successeur qui n'était pas métropolite dans le rang épiscopal, et de plus, les autres évêques étaient eux-mêmes de rang moindre, et dès lors, nombre d'entre eux n'étaient pas certains de l'élévation dans une telle situation. Cependant, grâce aux recherches de l'évêque Daniel, qui n'était que Lecteur à l'époque, le Synode des Evêques fut à même de reproduire l'Office d'élévation d'un métropolite tel qu'il était accomplit en Russie au 15ème siècle.



Un géant de l'iconographie au 20ème siècle : le Vieux-Croyant Pimen Maximovitch Sofronov
http://www.starover-pomorec.lv/index.php?link=18&name=sofronov

[Page originale en russe; ci-après ma piètre tentative de traduction via logiciels de linguistique en ligne : toute remarque et suggestion d'amélioration sont bienvenues, que dis-je, mieux, grandement sollicitées.

http://webtranslation.paralink.com/
http://www.appliedlanguage.com/free_translation.shtml ]

Le 13 mai 1973, dans des circonstances étranges, le célèbre iconographe Pimen Maximovitch Sofronov passait à la vie éternelle.

P. M. Sofronov est né le 4 septembre 1898 dans le village Tikhotka Prichudskoko, aux frontières de l'Empire Russe (à présent en République d'Estonie), dans une famille de paysans Vieux-Croyants. Le garçonnet avait 4 ans lorsque son père Maxime Mikhaylovich mourut, et il fut élevé avec ses 5 soeurs par sa mère Pellagea Ivanovna.

En grandissant, le garçon alla à l'école, et là, son aptitude au dessin se révéla, et à 12 ans sa mère l'envoya à l'école d'iconographie du Vieux Croyant Gabriel Evfimovicha Frolova à Rayushakh, à 6 kilomètres de Tikhotki.

Ayant appris à maîtriser la technique de l'écriture de l'Icône sous la conduite de l'éminent professeur, Pimen Maximovitch réalisa des Icônes pour des églises de Vieux Croyants : Rayushi, Malyja Kol'ki, Kikita et la ville de lettone de Rezhitsy (à présent Rezekne).

Suite à la mort du professeur G.E. Frolova, et sur demande instante de I. N. Zavoloko, les Sofronov déménagèrent à Riga, et là s'ouvrit un atelier d'iconographie pour le cercle des membres de la Russie d'antan. A Riga, Pimen Maximovitch devient un des meilleurs élèves des K.A. Pavlov, T.V. Kosinskaya, P.I. Alekseev et d'autres. Il participe à des travaux de restauration, écrit des Icônes et accomplit des commandes privées. Sur recommandation de I.N. Zavoloko, ses oeuvres sont présentées aux expositions d'artisanats de l'ancienne Russie à Riga et Tallinn.

En 1932, à l'invitation du séminaire IM Kondakova, Sofronov part pour Prague, où
il organisera des cours d'iconographie. Ensuite, il partira pour Paris à l'invitation de la société de l'Icône qui venait d'ouvrir une école d'iconographie et il la dirigera avec succès.

En 1935 P.M. Sofronov ouvre pour 3 ans une école d'iconographie à Rakovitsah, Yougoslavie. A partir de 1939, Pimen Maximovitch sera à Rome où il réalisera des Icônes pour l'exposition internationale d'art religieux. La guerre éclatant, embrasant toute l'Europe, empêcha l'ouverture de l'exposition, et les 56 Icônes réalisées par Sofronov furent acquises par le musée du Vatican.

La Seconde Guerre Mondiale trouva donc en Italie, pays allié de l'Allemagne fasciste qui était en guerre contre l'Union Soviétique. Dès lors, en tant que Russe, Pimen Maximovitch se retrouva sous la surveillance de la police, et il n'échappa à la prison et à la déportation que parce qu'il avait un certificat de travail du Vatican.
En même temps, et malgré la surveillance policière, il aidait les prisonniers de guerre Russes qui avaient réussi à s'échapper de camps. La résistance clandestine Italienne fournit à de tels prisonniers des habits civils et un logement de nuit dans la maison des membres de l'organisation. Un de ces refuges secrets sera l'appartement de P.M. Sofronov.

A la fin de la guerre, P. M. Sofronov ne considérera pas possible de rentrer dans l'Union Soviétique athée, en particulier du fait que sa mère était déjà morte (1939) et ses soeurs déjà mariées. Il partira pour les Etats-Unis d'Amérique, où il continuera infatigablement son activité : réalisation d'Icône pour les églises de Vieux Croyants, fresques murales de la cathédrale Troitsky à Brooklyn, l'église des Trois Hiérarques à Anson. Il peindra les églises à Treton et Syracuse.

En 1950, P. M. Sofronov obtient la citoyenneté américaine, achète une maisonnette et un terrain à Milville (Etat du New Jersey), en ville, là où il y avait une communauté de Vieux Croyants (pomortsev). Sa maison, qui se trouvait en face de l'église Vieille Croyante, n'était extérieurement en rien différente des maisons américaines habituelles, mais en ce qui concerne l'intérieur, c'était la Russie traditionnelle. Dans les différentes pièces, on trouvait une collection de monuments de l'ancien art russe : anciennes Icônes, des Icônes réalisées par l'iconographe lui-même, des petites oeuvres d'arts plastiques, des manuscrits rares et d'anciens livres imprimés.

En 1969, il vient en visite en Union Soviétique. Durant son voyage, il se rendit à sa ville natale de Prichude, à Riga, Leningrad [Saint-Petersbourg]. Au vieux cimetière de Tihotke, il s'est recueilli sur la tombe de ses parents et de son professeur G.E. Frolova; à Riga, il a rencontré I.N. Zavoloko. Dans ses conversations avec ses proches, il ne pensait qu'à rentrer chez lui.

Pimen Maximovitch a consacré toute sa vie à l'art sacré de l'iconographie. Il fut un membre actif de la "société des membres de l'Icône Russe" en Californie, et un membre de la société d'édition "Slav printing house". Pour ses travaux dans le domaine de la peinture religieuse, il a obtenu nombre de remerciements et récompenses.

Pimen Maximovitch participait à tous les Offices à l'église Vieille Croyante de Miliville et avait une voix non seulement forte mais agréable, et il chantait dans le choeur.
Le 12 mai encore, il participait à l'Office divin, et c'est la dernière fois qu'on le vit vivant. Son corps a seulement été découvert par hasard dans sa maison le 16 mai. Le 17 mai 1973, un Office de funérailles fut célébré par le pasteur de la communauté des Vieux Croyants "???? d'Iri (Etats-Unis) avec Vladimirom Lavrentevichem de Smolyakov, Urozhdentsem de Dvinska (à présent Daugavpils en Lettonie)."????
Son corps fut remis à la terre dans le cimetière des Vieux Croyants à Miliville (USA).
Mémoire éternelle à Pimen, serviteur de Dieu.

память вечная !

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Bonjour,

Je suis étudiante an anthropologie et je souhaiterais travailler sur les vieux croyants Russes qui se trouvent en Estonie sur les rives du lac Peipus. Est ce que quelqu'un aurait des conseils a me donner sur l'attitude a avoir avec eux, ou même des articles sur cette communauté ?
Merci

annacbl@hotmail.com