"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

29 août 2006

Martyre de saint Jean le Baptiste

Ce jour, les Eglises locales qui utilisent le calendrier liturgique "Julien réformé" célèbrent dans la cendre et la repentance le martyre du saint Précurseur et Prophète, Jean le Baptiste, mon saint patron. Les autres Eglises sont dans la joie de l'Octave de la Dormition et célébreront ce martyre dans 13 jours. Comme disait le p. Virgil Gheorghiu (*), le Chrétien vit hors du temps. Conclusion : le calendrier est contingentiel. Ceux qui veulent suivre l'un ou l'autre, c'est le problème de l'évêque du lieu. Les 2 étant en vigueur dans la Sainte Eglise, où de toute manière, vu qu'on ne sait jamais être en même temps et à la même heure partout sur le globe terrestre, on ne sera jamais physiquement à même de célébrer tous la même chose au même moment. Alors... le respect et l'amour fraternel sont la solution :
"Cela ne diminue en rien notre estime, notre respect et notre amitié envers les Orthodoxes qui, dans ce pays ou ailleurs, suivent le nouveau calendrier. Nous espérons, en retour, que nous serons respectés pour notre propre observance."
Dom James Deschene, abbé de Christminster
Monastère Bénédictin Orthodoxe
Eglise Orthodoxe Russe Hors Frontières
http://www.christminster.org/faq.htm

Une sainte relique du Précurseur a récemment visité la Russie, l'Ukraine et la Biélorussie. Des foules se sont empressées de venir le vénérer, se tournant vers le Christ par sa sainte intercession. Son message est intemporel, radical.


"Selon ce qui est écrit dans le prophète Isaïe : Voici que J'envoie Mon messager devant toi : il préparera ton chemin. Une voix crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez ses sentiers (Mal. 3,1; Is. 40,3). Jean se mit à baptiser dans le désert, et à proclamer un baptême de conversion pour la rémission des péchés. Vers lui s'acheminaient tout le pays de Judée, tout Jérusalem; avouant leurs torts, ils se faisaient baptiser par lui dans le Jourdain. Jean portait un vêtement de poils de chameau; sa taille était entourée d'une ceinture de cuir; il mangeait des sauterelles et du miel sauvage. Il se mit à proclamer : 'Il vient après moi, Celui Qui est plus puissant que moi, et je ne suis pas digne de délier, en me baissant, la courroie de Ses chaussures. Je vous ai baptisés dans l'eau, mais Lui vous baptisera dans l'Esprit-Saint'."
Evangile selon saint Marc 1,2-8


"Voici quel fut le témoignage de Jean lorsque les Juifs envoyèrent de Jérusalem des prêtres et des lévites pour lui demander : "Qui es-tu?" Il fit cette déclaration qu'il confirma sans tergiverser : "Je ne suis point le Christ." - "Eh bien! alors, lui demandèrent-ils, es-tu Élie!" Il dit : "Je ne le suis pas." - "Es-tu le Prophète?" Il répondit : "Non." Ils reprirent : "Qui es-tu donc? que nous puissions donner réponse à ceux qui nous ont envoyés. Que dis-tu de toi-même?" Il répondit : "Je suis une voix qui crie dans le désert : Aplanissez le chemin du Seigneur, comme l'a dit le prophète Isaïe." Certains des envoyés étaient des pharisiens. Ils continuèrent à le questionner : "Si tu n'es ni le Christ, ni Élie, ni le Prophète, de quel droit baptises-tu?" Jean répondit : "Pour moi, je baptise dans l'eau. Mais au milieu de vous, se trouve Quelqu'Un que vous ne connaissez pas. C'est Celui Qui vient après moi; et je ne suis pas digne de délier la courroie de Ses chaussures." Ce dialogue eut lieu à Béthanie, au-delà du Jourdain, où Jean baptisait."
Evangile selon saint Jean 1,19-28


Maldon, monastère Saint John the Forerunner, Essex
(durant mon séjour de novembre 2003)

"Or le roi Hérode entendit parler de Jésus, dont le nom devenait célèbre. On disait : "Jean-Baptiste est ressuscité d'entre les morts, c'est pour cela que la puissance de faire des miracles agit en lui." Les uns affirmaient : "C'est Élie"; d'autres disaient : "C'est un prophète comme un autre." Hérode l'entendit : "Ce Jean que j'ai fait décapiter, dit-il, ce doit être lui qui est ressuscité!"
Car Hérode lui-même avait fait arrêter Jean, et l'avait enchaîné en prison à cause d'Hérodiade, femme de son frère
Philippe, qu'il avait épousée. De fait, Jean disait à Hérode : "Tu n'as pas le droit de prendre la femme de ton frère." Aussi Hérodiade lui gardait rancune et voulait le faire tuer, mais n'y parvenait pas, car Hérode respectait Jean, sachant qu'il était un homme juste et saint; il le protégeait, et quand il l'entendait, il se trouvait perplexe. Pourtant il l'écoutait volontiers. Il vint un jour favorable où Hérode, à l'occasion de l'anniversaire de sa naissance, offrit un banquet aux grands de sa cour, à ses officiers et aux princes de Galilée. La fille de la dite Hérodiade se présenta et se mit à danser à la satisfaction d'Hérode et de ses convives. Le roi dit à la jeune fille : "Tu peux me demander ce que tu voudras, je te le
donnerai." Et il lui fit ce serment : "Quoi que tu me demandes, je te l'accorderai, fût-ce la moitié de mon royaume." Elle se retira pour dire à sa mère : "Que faut-il demander?" - "La tête de Jean-Baptiste", répondit-elle. Aussitôt la jeune fille s'empressa de rentrer auprès du roi et lui exprima son désir : "Je veux que sur-le-champ tu me donnes sur un plat la tête de Jean-Baptiste." Le roi, attristé, ne voulut pas, à cause de ses promesses et des convives, la contrarier. Sans tarder, il envoya un garde avec l'ordre d'apporter la tête de Jean. L'homme s'en fut décapiter Jean dans la prison, apporta la tête sur un plat et la remit à la jeune fille; et la jeune fille la remit à sa mère. Les disciples de Jean l'apprirent. Ils vinrent enlever son cadavre et le déposèrent dans un tombeau."
Evangile selon saint Marc 6,14-28


Martyr de Saint Jean-Baptiste
fresque du cloître du monastère du Mont Sainte Odile (Alsace)
d'après un manuscrit local du 12ième siècle (Hortus Deliciarum).
Photo durant pèlerinage familial 18/8/2004


Saint Jean Baptiste,
prie Dieu pour nous!


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(*) Prêtre Constantin Virgil Gheorghiu, Patriarcat de Roumanie

La Société des Amis de Virgil Gheorghiu, Chemin de la Boquette, 27400 Le Mesnil Jourdain
http://virgilg.ifrance.com/

"Devenir saint" - lire un extrait de son livre "Pourquoi m'a-t'on appelé Virgil?"
http://orthodoxie.club.fr/bul/45.htm

Notons que le p. Virgil aurait "dérapé" sur le tard, tout n'est donc pas à prendre au sérieux dans ses ouvrages finaux.
Mais son roman à clé, "De la vingt-cinquième heure à l'heure éternelle", est un vrai chef d'oeuvre, autant de la littérature que de l'Orthodoxie au 20ème siècle.


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A propos de l'Icône :
beheading-of-forerunner.html

Si vous observez bien l'Icône de saint Jean, vous verrez un certain nombre de détails symboliques.
En premier lieu, le "Précurseur du Christ" est habituellement représenté avec des ailes, car il était le messager du Seigneur qui vint préparer les coeurs du peuple pour la Bonne Nouvelle.
En second lieu, il se trouve dans le désert, où il a passé les moments les plus décisifs de sa vie.
En troisième lieu, son bâton et le rouleau, qui proclame ses propres paroles à la vue de Jésus : "Voici l'Agneau de Dieu, Qui enlève le péché du monde."
Et enfin, remarquez sa tête sur une sorte de plateau, nous rappelant le prix suprême qu'il a payé.

NOTE:

Dans un certain nombre de cultures, les fidèles commémorent ce jour en ne mangeant rien sur des assiettes. Lorsque les mères servent la nourriture du jour dans des bols, elles disent à leurs enfants : "Aujourd'hui, nous honorons le Précurseur du Christ en choisissant de ne pas utiliser d'assiettes, car Salomé a demandé qu'on lui donne la tête de saint Jean sur une grande assiette." Pour la même raison, on n'utilise pas de couteau en ce jour, puisqu'une lame tranchante fut utilisée pour prendre la vie de ce pieux prophète. Comme c'est un jour de jeûne strict, les soupes et autres nourritures maigres sont habituelles. De même, on déchire le pain de la miche, on n'utilise pas de couteau. Ces simples petits rappels physiques nous aident à nous rattacher à l'histoire entourant la mort du baptiste de notre Seigneur, et nous aident à faire de ce jour un jour différent.


Hymne Acathiste à saint Jean-Baptiste sur cette page :
http://forum-orthodoxe.com/~forum/viewtopic.php?t=1806

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