"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

09 septembre 2006

Anne et Joachim, Marie et les "frères" de Jésus, et les païens de notre époque

En ce 9 septembre, parmi les innombrables amis du Ciel, nous avons saint Omer et saint Kiéran qui ont porté la Lumière de l'Evangile à un Occident qui entretemps a tout oublié ou renié. Nil novi sub sole... Chateaubriand écrivait, à propos de son ouvrage célèbre "le Génie du christianisme":

"Auprès du monde croulant du paganisme, s'éleva autrefois, comme en dehors de la société, un autre monde, spectateur de ces grands spectacles, pauvre, à l'écart, solitaire, ne se mêlant des affaires de la vie que quand on avait besoin de ses leçons ou de ses secours. C'était une chose merveilleuse de voir ces premiers évêques, presque tous honorés du nom de saints et de martyrs, ces simples prêtres veillant aux reliques et aux cimetières, ces religieux et ces ermites dans leurs couvents ou dans leurs grottes, faisant des règlements de paix, de morale, de charité, quand tout était guerre, corruption, barbarie; allant des tyrans de Rome aux chefs des Tartares et des Goths, afin de prévenir l'injustice des uns et la cruauté des autres, arrêtant des armées avec une croix de bois et une parole pacifique; les plus faibles des hommes et protégeant le monde contre Attila; placés entre 2 univers pour en être le lien, pour consoler les derniers moments d'une société expirante et soutenir les premiers pas d'une société au berceau. » (Mém. d'outre-tombe, 2e part., 1. 1, c. 12, éd. M. Levaillant, 1948, t. 2, p. 47; cf. fin du dernier Disc. hist., dans Oeuvres complètes, t. 5 bis, p. 200; M. Dollinger, Les études historiques de Chateaubriand, Paris, 1932, in-8°, 374 p.).

On croirait lire un compte-rendu du Journal Télévisé de ce soir, commentant la situation politique et guerrière de l'Occident et des autres pays arrachés au Christ... les saints Orthodoxes de l'époque en moins...

Enfin, dans toute cette noirceur, parmi tous ces amis que l'Eglise nous donne pour nous aider sur l'unique chemin de l'unique Salut en l'unique Sauveur, le Christ, nous avons aussi les parents de celle que nous fêtions principalement hier, la Mère de Dieu.

Et en plus... certains qui doivent encore "rentrer dans le calendrier officiel" :-)


J-M


Saints Joachim et Anne,
parents de la bienheureuse Marie (la Théotokos)

Commémorés le 9 septembre
http://home.it.net.au/~jgrapsas/pages/joachim.htm



Les Chrétiens aiment tellement la bienheureuse Vierge Marie, la Mère de Dieu, sanctifiée de toutes les manières possibles, qu'il y a une certaine tendance à négliger ses parents. Commémorés le jour après la Fête de leur fille, qui est aussi commémorée en d'autres jours, Joachim et Anne furent les parents d'un être humain de chair et de sang appelée Marie, et dès lors, les grands-parents d'un autre être humain de chair et de sang, au moins dans la forme, Qui est mort pour sauver le monde.

A la lumière de ce détail, ce couple est surtout apprécié par tous les grands-parents.

La beauté spirituelle de sainte Anne est exprimée dans la bible, égalée en cela par son si dévoué époux, le beaucoup trop peu considéré Joachim. Du fait qu'il n'existe rien de plus grand dans le plan divin de l'univers que la maternité, il s'ensuit que sainte Anne reçoit aussi un honneur individuel, avec un jour de Fête à son nom le 26 juillet. Cela ne diminue en rien le personnage de son époux, saint Joachim.

Voilée par 20 siècles de légende, un examen minutieux par des érudits bibliques a tiré leur histoire au clair et établi un récit plus précis et basé sur les faits, aussi limités soient-ils, concernant saints Joachim et Anne. Il n'y a pas de contestation sur ce qu'en écrivait l'Apôtre Jacques, qui trouva approprié de glaner nombre d'informations au sujet des parents de Marie, qu'il a rapportés dans une lettre qui n'a pas réussi à bénéficier de la reconnaissance officielle.

En dépit de détails conflictuels, il est définitivement certain que sainte Anne était de la prestigieuse tribu hébreuse de Levi, et qu'elle était la fille du grand prêtre Nathan, marié à une homonyme Marie. Ce grand prêtre avait 2 filles en plus d'une Marie qui enfantera Anne. Elles s'appelaient Sovin et Anne, et toutes deux deviendront mères à Beth-lehem, mais Anne se mariera en Gallilée, où Marie, la Théotokos [*], naîtra. Rien ne vient contredire le fait que Joachim avait les faveurs de Dieu, Qui répondit à sa prière afin qu'un enfant puisse naître de son union stérile avec Anne. La réponse fut Marie, bien sûr, et après cela s'élança le plus grand mouvement de foi au monde, si irrésistible que saint Joachim s'en efface et disparaît dans ce brouillard tourbillonnant qui entoure les doux mystères du Christianisme. Il est suffisant de savoir que saint Joachim fut le père de Marie, la mère qui portera Jésus-Christ, le divin Sauveur Qui changera le cours de l'histoire du monde, et le mènera sur un nouveau chemin qui, si on le suit, mène à la vie éternelle.

Le fait que Dieu agit de manière mystérieuse a été manifeste lorsque Joachim et Anne ont prié pour un enfant : ils ne savaient pas s'ils se verraient accorder un fils ou une fille, et dès lors n'avaient pas connaissance de ce qui était préparé pour eux et pour le monde. L'Apôtre Jacques cite un Ange du Seigneur disant à Anne "Le Seigneur a entendu ta prière, et tu concevra et mettra au monde, et l'on parlera de ta postérité dans la terre entière." Il n'y était pas fait mention du sexe de l'enfant, comme on le voit quand l'Apôtre Jacques continue en disant qu'Anne avait accepté par les paroles suivantes : "Aussi vrai que vit le Seigneur Dieu, je ferai don de mon enfant, garçon ou fille, au Seigneur mon Dieu et il Le servira tous les jours de sa vie." L'usage du "il Le servira" indique bien qu'Anne a pu avoir une prémonition mais certainement pas au point de savoir à l'avance que ce "il" sera "elle", qui, quant à elle, concevra en pleine connaissance le Fils de Dieu. C'est bien clair, Dieu oeuvre de manière mystérieuse.

L'Eglise Orthodoxe a une hymne qui chante glorieusement,

"Alors que nous célébrons la mémoire de Tes justes grands-parents, par eux nous Te supplions, O Seigneur, de sauver nos âmes." [Tropaire de la Fête]

Il ne pourrait y avoir d'hommage plus touchant que de se voir chanté en louange et prière dans la musique sacrée de l'Eglise. Une autre hymne contient ces paroles :

"A présent Anne n'est plus stérile et elle porte en son sein la Toute-Pure!
Elle se réjouit et nous appelle à chanter un hymne de louange au Christ
Qui donne à l'humanité l'unique Mère Toujours-Vierge!" [Kondakion ton 2]

Les noms de Joachim et Anne font partie intégrante de la Divine Liturgie [et des Heures], toujours mentionnés dans la prière de conclusion des Offices par ces paroles : "Que le Christ notre vrai Dieu, par les prières de Sa très pure et sainte Mère, [...] par Joachim et Anne, les saints et justes aïeux du Seigneur... et de tous les saints dont nous célébrons la mémoire ce jour, nous prenne en pitié et nous sauve."

[*] http://home.it.net.au/~jgrapsas/pages/Brothers.htm

voir ci-après :


A propos de la virginité perpétuelle de la Théotokos
(Mère de Dieu)

Par l'évêque Lazar Puhalo (Orthodox Church of America)

L'Eglise Orthodoxe a toujours proclamé la virginité perpétuelle de Marie, la Mère de notre Dieu (Théotokos). Le verset se référant au "premier né" de Marie a été mal interprété par d'innombrables hétérodoxes.

"Et, sans qu'il l'eût connue, elle mit au monde un fils, auquel il donna le nom de Jésus." (Bible de Maredsous)

"kai ouk eginwsken authn ewv ou eteken ton uion authv ton prwtotokon kai ekalesen to onoma autou ihsoun"

(Matthieu 1,25; cfr Luc 2,7)

Ce verset semble souvent traduit par "il ne la connu pas jusqu'après..."

[En effet, et voici 2 des exemples les plus récents :

a. Nouvelle Bible Segond édition 2001 : "Mais il n'eut pas de relations avec elle jusuq'à ce qu'elle eût mis au monde un fils, qu'il appela du nom de Jésus."

b. Nouveau Testament interlinéaire grec-français Aland, Black, Martini, Metzger et Wikren, traduction interlinéaire/mot à mot par le pr. Maurice Carrez, Société Biblique 1993 : "et ne pas il connaissait elle jusqu'à ce que elle enfanta un fils; et il appela le nom de lui Jésus."]

Ce n'est cependant pas ce que cela signifie. Le mot grec original, "eos" (ewv), indique la véritable signification, à savoir "qu'il n'a pas eu de relations avec elle avant qu'elle ne donne naissance." L'Evangéliste pose cette affirmation afin de nous assurer que Joseph n'a rien à voir dans la conception de Jésus. Le terme "eos ou" (ewv ou) n'implique pas la compréhension qu'il aurait eu des relations avec elle après que le Christ fut né. Il indique tout au plus qu'en ce qui concerne la naissance de Jésus, Joseph n'avait pas eu de relations avec Marie avant la naissance, et donc, n'était pas le père [géniteur] de Jésus. Ce n'est rien d'autre qu'une tournure de phrase habituelle, l'utilisation d'une forme d'expression habituelle, familière. Les mêmes terme et signification sont utilisés ailleurs dans la Bible comme expression usuelle, et il est bien clair que cela n'indique pas ce que les hétérodoxes (non-Orthodoxes) affirment que cela dit. En 2 Samuel 6,23, par exemple, nous lisons : [kai th melcol yugatri saoul ouk egeneto paidion ewv thv hmerav tou apoyanein authn ] "Et Mical, fille de Saül, n'eut pas d'enfant jusqu'à sa mort." Est-ce que dès lors, elle aurait eu des enfants après sa mort? Bien sûr que non! Et pas plus Joseph n'a "connu" Marie après la naissance de Jésus. En Genèse 8,7, nous lisons que Noé "et lâcha le corbeau, qui sortit, allant et venant, jusqu'à ce que [eos] les eaux eussent laissé la terre à sec."

Nous savons par l'Ecriture qu'en fait, le corbeau ne revint jamais à l'Arche. Il est dit "jusqu'à ce que les eaux.." mais en fait, il ne revint pas du tout. L'Ecriture dit que "Joseph ne la connu pas jusqu'après..", mais en fait, il ne la "connut" jamais. Dans un autre exemple, la Bible dit "Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Siège à ma droite, jusqu'à ce que [eos] j'aie mis tes ennemis sous tes pieds" (Marc 12,36). Est-ce que cela signifie que le Christ cessera de siéger à la droite de la gloire du Père une fois que Ses ennemis auront été vaincus? Bien sûr que non! Dès lors, la Bible ne dit pas "que Joseph ne l'a pas connue jusqu'après que son premier-né soit venu, mais ensuite il l'a connue." La Bible dit qu'il ne l'a pas connue avant (et jusqu'au moment) où elle avait donné naissance à son premier-né," signifiant simplement et clairement "Joseph n'était pas le père. Il n'a pas eu de relations avec elle avant qu'elle ne soit enceinte, et dès lors il n'a pas été impliqué dans la conception de Jésus."

La Tradition sacrée concernant ces faits provient certainement du propre témoignage de Marie, et, comme en toutes choses dans l'Eglise, est guidée et gardée par le Saint-Esprit Qui y demeure. En accomplissement de la Loi Mosaïque, Marie était fiancée à Joseph, un homme plus âgé qui était en fait son propre oncle (comme la sainte Tradition guidée par le Saint-Esprit nous le rapporte). Dès lors, leur "mariage" était un mariage qui, selon la Loi Mosaïque, ne permettait pas des relations sexuelles entre eux, parce qu'elle était porteuse de l'héritage, son Premier-Né, le Messie. Le terme de Premier-Né signifie simplement cela. Cela n'implique nullement des naissances ultérieures, mais simplement décrit le premier. Dans la Loi Mosaïque, le premier-né de toute femme (ou femelle, donc aussi bien pour les humains que pour les animaux) avait une signification religieuse, et c'est pourquoi pour Jésus, l'accent est mis sur Premier-Né.

Pour finir, vous pourriez demander "comment est-il possible pour Marie de demeurer vierge après la naissance du Christ?" La réponse simple, telle qu'elle nous est donnée par les Ecritures, est : "Aux hommes cela est impossible; mais à Dieu tout est possible" (Matthieu 19,26).

La signification et l'identité des "frères de Jésus".

Qui étaient les "frères du Seigneur" (Matthieu 12,46-47), et s'Il avait des frères, pourquoi appelons-nous alors la Théotokos "Toujours Vierge"?

Les "frères" de Jésus sont mentionnés à plusieurs reprises dans le Nouveau Testament. Quatre le sont nommément. Pour expliquer qui ils sont, ce n'est pas difficile, puisque l'Ecriture elle-même en cite 4 et identifie leur parenté. Matthieu (13,55) et Marc (6,3) citent, comme "frères" de Jésus : Jacques, Joseph, Simon et Jude.

Nous savons avec certitude que Jacques et Joseph n'étaient pas les fils de Marie ou de Joseph, car l'Ecriture les identifie comme enfants d'une autre Marie, qui était la femme d'Alphée-Cleopas (Matthieu 27,56; Marc 15,40). Jacques est aussi cité comme "fils d'Alphée", dans la liste des Apôtres (Matthieu 10,3; Marc 3,18; Luc 6,15; Actes 1,13). La relation entre ces "frères" (y compris les "soeurs") doit être vue dans le contexte de la tradition hébraïco-araméenne, selon laquelle même des cousins étaient appelés frères et soeurs. C'est aussi le cas de nos jours en grec et dans les langues et cultures slaves, dès lors nous n'avons pas à spéculer sur ce point. C'est un fait que nous connaissons fort bien de par nos propres familles et vies. Nous avons un parfait exemple de cela dans l'Ancien Testament. Le mot utilisé pour décrire la relation entre Lot et Abraham, en Genèse 14,16, est "adelphi" dans le texte grec de la LXX, qu'on ne sait traduire que par "frère" en [français ou] anglais. Cependant, nous savons que Lot était le neveu d'Abraham. Le mot grec "adelphos" et "adelphi" ne sont que des tentatives pour traduire un mot araméen inconnu – et personne n'a la moindre idée quel est le mot réel qui est rendu en grec et en anglais [et français] par "frères".

Il n'y aurait pas pu avoir de "frères de sang" au Christ, sinon Il n'aurait pas confié Sa mère aux soins de saint Jean le Théologien (Jean 19,26) au pied de la Croix. En effet, le Christ aurait causé un grand manque de respect envers Ses "frères" et leur aurait causé du tort s'Il l'avait fait! Les prophéties de l'Ancien Testament expliquent le mariage virginal et la virginité perpétuelle de la mère du Christ, et nous avons aussi le témoignage du Saint-Esprit parlant à travers l'Eglise et disant que Marie est "Toujours Vierge".

D'autres preuves sont dans les Saintes Ecritures, comme quoi dans la tradition hébraïque, "frères" et "soeurs" ne sont pas nécessairement "de sang". Notre Tradition Orthodoxe nous enseigne que la sainte Vierge Marie était la fille unique des saints Joachim et Anne, mais en Jean 19,25, nous lisons "Auprès de la croix de Jésus, se tenaient sa mère, la soeur de sa mère, Marie, femme de Clopas, et Marie de Magdala." Si notre histoire de l'Eglise est correcte, comment est-ce que Marie aurait pu avoir une soeur? Le premier indice à notre question est que les 2 femmes s'appellent Marie! Aucune famille n'a 2 filles et leur donne le même nom! Dès lors, il est évident que la relation entre les 2 femmes était différente que dans la conception de soeur dans nos langues occidentales modernes.

Le second indice à notre question, c'est que la Bible identifie cette Marie de Cléopas comme étant la mère des "frères" de Jésus. Le nom de Cleopas est le même qu'Alphée en araméen, cette langue que Jésus parlait.

Dès lors, les soit-disants frères de Jésus mentionnés en Marc 6,3 sont clairement identifiés ailleurs comme étant les fils d'Alphée et de son épouse Marie de Cléopas – la "soeur" de la Vierge Marie.

Donc les Ecritures nous montrent que les "frères" du Christ ne sont pas Ses frères, mais relation parentale. Il n'y a pas de preuve scripturaire pour soutenir la notion que la Vierge Marie aurait eu le moindre autre enfant en dehors de Jésus-Christ notre Dieu.

L'ayant vu naître enfant à Beth-lehem. Que toute la Création Le glorifie!

Toute la gloire soit à Jésus-Christ notre Dieu.


Adapté de "The Ever-Virginity of Mary, the Title Theotokos, and the veneration shown to Her", publié par Synaxis Press
http://www.synaxispress.com/

Plus vénérable que les Chérubins
et incomparablement plus glorieuse que les Séraphims
Toi qui sans tâche enfanta Dieu le Verbe
Toi qui est véritablement Mère de Dieu
Nous te magnifions!

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Bonjour,
J'étais habituée à aller sur le site amdg.be pour y trouver les prénoms de mes enfants. Je le trouvais très bien détaillé concernant la vie des saints pour lesquels je souhaitais donner leur prénom à mes fils (Kieran et Killian). Attendant un heureux évènement (un garçon), je voulais donc de nouveau venir chercher une inspiration de prénoms celtiques mais je m'y perds un peu... J'ai remarqué qu'il n'y avait plus ces détails qui ont fait leur importance pour moi (surtout concernant Kieran, saint Ciaran de Clonmacnoise) car on y voyait les prénoms associés ainsi que l'histoire.
J'espère que vous pourrez m'aider afin de rechercher au mieux sur votre nouveau site.
Cordialement,
Kori (korigans44@hotmail.com)