Turquie & Séminaire d'Halki : pas de réouverture en projet
http://www.iht.com/articles/ap/2006/09/20/europe/

The Associated Press
Publié: 20 Septembre 2006
ANKARA, Turquie – Mercredi, le parlement de Turquie n'a pas réussi à adopter une résolution pour se mettre en phase avec une réforme exigée par l'Union Européenne, résolution qui aurait pu permettre la réouverture de l'école de théologie Grecque-Orthodoxe fermée depuis 35 ans.
Le parlement avait au départ voté en faveur de la résolution, mais une forte opposition fit capoter le vote final. Il était attendu du parti au pouvoir, le Parti pour la Justice et le Développement, qu'il fasse marche-arrière et retire l'amendement ce jeudi, dans un signe d'opposition interne à cette décision très impopulaire.
Suite à une demande de dernière minute du ministre des Affaires Étrangères, les juristes du parti au pouvoir ont voté à main levée une décision permettant aux étudiants étrangers de suivre les cours dans les écoles pour les minorités en Turquie.
Mais les juristes du parti d'opposition, le Parti Populaire Républicain, opposé à la réforme, ont argumenté que cela permettrait de rouvrir l'École Théologique d'Halki, sur une île près d'Istanboul [Constantinople], qui avait été fermée en 1971 suite à une loi qui plaçait l'éducation religieuse sous contrôle de l'État.
Le parti d'opposition a dit que l'école avait été fermée du fait du manque d'étudiants et que l'amendement lui permettrait de rouvrir Le parti d'opposition a forcé le parlement à prendre une heure d'interruption, heure durant laquelle certains membres du parti au pouvoir se sont aussi plaints de l'amendement.
Le parti au pouvoir a la majorité dans ce parlement de 550 membres, et on s'attend à ce qu'il représente l'amendement jeudi, avant de finaliser d'autres amendements au sujet des écoles des minorités, tels que la fourniture d'électricité et d'eau à prix réduit.
Si elle avait été approuvée, la réouverture d'Halki aurait apaisé l'Union Européenne et les États-Unis.
Les officiels de l'UE et de Washington ont à maintes fois appelé la Turquie à rouvrir ce séminaire religieux qui a formé des générations de dirigeants Orthodoxes et de rendre leurs propriétés aux groupes de Chrétiens minoritaires qui se les sont vus confisquer par l'État du fait d'une diminution de leur nombre de fidèles.
Le parlement devrait examiner le problème des propriétés dans les prochains jours. Le ministre des Affaires Étrangères, Abdullah Gul, a déclaré que les réformes aborderaient les problèmes des groupes religieux minoritaires tels que les Grecs et les Arméniens, mais il n'est pas clairement dit qu'ils permettraient à ces groupes de réclamer la restitution de leurs biens comme cela a été dit à d'autres groupes.
L'école d'Halki a formé des générations de dirigeants ecclésiastiques, y compris le patriarche oecuménique Bartholomeos 1er, et les officiels Orthodoxes disent que la réouverture de l'école est importante pour former les prochains dirigeants.
Le patriarcat à Istanboul date de l'Empire Grec Orthodoxe Byzantin qui avait duré 1.100 ans, et s'était effondré lorsque les Turcs Ottomans Musulmans avaient conquis Constantinople, l'actuelle Istanboul, en 1453.

Siégeant à Istanboul, Bartholomeos 1er est le dirigeant des Orthodoxes de sa juridiction se trouvant un peu partout dans le monde, et dont il ne reste plus que quelques milliers à vivre en Turquie. Parmi les nombreuses églises Grecques-Orthodoxes qu'il contrôle dans le monde, il y a le grand Archidiocèse Grec-Orthodoxe d'Amérique.
Mais la Turquie a depuis longtemps refusé d'accepter le moindre rôle international pour le patriarche, qui est citoyen Turc et ethniquement Grec, et elle rejette son usage du titre "oecuménique", ou "universel".
Elle affirme que le patriarche n'est que le dirigeant spirituel de la déclinante communauté Orthodoxe d'Istanboul.
Le désir de la Turquie de limiter l'influence de Bartholomeos à Istanboul provient de la profonde méfiance que nombre de Turcs ressentent envers le patriarcat, du fait de ses liens traditionnels avec la Grèce, le rival régional historique de la Turquie.
Bartholomeos a toujours mené une active campagne de pression pour la réouverture d'Halki.
On en parle même dans les nouvelles à Taïwan (comme d'ailleurs des disputes politiques au sein du gouvernement fédéral belge...) :
http://www.taiwannews.com.tw/etn/news_content.php?id=218272
Les nouvelles de Turquie du 21 & 22 septembre de parlent pas d'un vote positif. Par contre, au 21, m. Soli Ozel, commentateur Turc, fait remarquer qu'en Turquie, l'opinion est plus que jamais ouvertement réticente envers l'Europe et envers tout ce qui y touche de près ou de loin. Donc, fatalement, une demande de réouverture d'Halki et de respect des libertés religieuses, demande appuyée par ou émanant de l'Europe, a de moins en moins de chances d'aboutir. Et ça malgré que le rapporteur (Néerlandais) de la commission spéciale du parlement européen sur l'élargissement à un pays d'Asie a déclaré qu'il faudrait rayer des préalables la reconnaissance du "soit-disant" génocide des Arméniens. Le génocide des Grecs n'étant même pas mentionné par notre parlement a-national à la mémoire historique sans cesse à géométrie variable, quand elle n'est tout simplement pas victime d'une nouvelle moutûre du révisionisme si cher à ceux qui le manipulent, ces gens qui clament "du passé faisons table rase" pour mieux le réinventer selon leurs intérêts. Mais on s'en serait un peu douté. Bref, c'est triste, mais pas de bonne nouvelle pour Halki.
http://www.hri.org/news/turkey/trkpr/2006/06-09-20.trkpr.html
http://www.hri.org/news/turkey/trkpr/2006/06-09-21.trkpr.html
http://www.hri.org/news/turkey/trkpr/2006/06-09-22.trkpr.html

Et ce 22, on apprend par la presse turque le pourquoi de cette absence de bonne nouvelle :
La réforme est mise en suspens.
http://www.turkishdailynews.com.tr/article.php?enewsid=54792

Vendredi 22 septembre 2006
Le gouvernement n'a pas de projet de réouverture du Séminaire.
ANKARA - TDN Bureau du Parlement
Hier, le parlement s'est mis d'accord pour suspendre le débat sur un projet de réforme inspiré par l'Union Européenne en faveur des écoles privées, après que l'opposition aie bruyamment fait remarquer que cela mènerait à la réouverture du séminaire Grec-Orthodoxe, fermé depuis 1971, et demande des changements dans le sens que le terme "minorité" est défini dans le Traité de Lausanne.
Le projet, qui fait partie d'un lot soutenu par le gouvernement afin de dévier les critiques de l'Union Européenne au sujet du progrès des réformes de la Turquie, devrait être représenté au parlement dans les jours à venir. Le parti au pouvoir, le Parti pour la Justice et le Développement (AKP), qui soutenait initialement le projet, compte en discuter avec le ministre des Affaires Étrangères de même qu'avec le parti de l'opposition, le Parti Populaire Républicain (CHP), avant que ne reprennent les débats sur le projet.
Le Vice-Premier Ministre Mehmet Ali Şahin a rejeté les affirmations comme quoi le projet était prévu pour rouvrir le séminaire d'Heybeliada, ou Halki, disant que les inquiétudes provenaient d'une mauvaise lecture, et ajoutant que le gouvernement n'avait pas le projet de rouvrir l'école théologique.










0 Comments:
Enregistrer un commentaire
Links to this post:
Créer un lien
<< Home