Saint Materne

Vagues-à-l'âme d'un ami des vraies racines de la Belgique Chrétienne

scribe saint Baudemont, biographe de saint Amand


"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

04 octobre 2006

Écologie : un point-de-vue Chrétien















Écologie : un point-de-vue Chrétien

http://www.stjohndc.org/russian/Homilies/e_HOMECOLY.HTM

Au cours du dernier quart du 20ème siècle, l'humanité souffre sérieusement du fait de l'aggravation des problèmes écologiques. Si la nature ne retrouve pas l'équilibre, l'homme va être confrontés à des problèmes causés par un manque de nourriture et autres ressources naturelles, et par des catastrophes écologiques qui pourraient tuer bien des gens, voire toute l'humanité.
Certains observateurs ont trouvé les traces d'une nouvelle éco-religion dans les cercles radicaux gauchistes du mouvement écologique contemporain. Ses partisans prêchent une vision panthéiste de même qu'un concept païen de la nature.
Dans un article du Boston Herald, "The Earth Movement Discovers Its Pagan Roots" ["le Mouvement pour la Terre découvre ses racines païennes"], Don Fedder écrivait que l'éco-religion blâmait la tradition judéo-chrétienne pour la crise écologique actuelle. Ils soutiennent que tant que le Christianisme affirme que l'homme est le maître de la nature, c'est le placer au dessus de toute la création. Par conséquence, il peut étudier la nature avec la science et soumettre la nature à sa volonté par la technologie. Ils concluaient que le Christianisme méritait de porter la responsabilité pour la crise écologique actuelle.
Tout cela semble plutôt extrême. Les obligations de l'homme Chrétien envers la nature sont basée sur la croyance que Dieu est le Créateur du monde et de toutes choses, qu'Il remplit cet univers, qu'Il aime Sa Création, et qu'Il exerce Sa providence sur elle. La Bible enseigne que l'être humain a été créé à l'image divine. Dans la définition de saint Paul, l'homme est le coopérateur de Dieu dans le monde. En imitant Dieu, l'homme est obligé d'aimer la nature et de prendre soin de son ordre, de sa propreté et de son bon état. Cette obligation signifie que la domination de l'homme sur la nature admet, et même présuppose, une connaissance de science et de technologie. En aucun cas l'homme n'a le droit d'abuser ou de détruire les dons de la nature.
Le récit Chrétien sur le Créateur de l'univers et la création du monde se trouve
dans le Livre de la Genèse, chapîtres 1 à 3. Cette histoire est magnifique. Les mots qui accompagnent chaque acte de création sont "Et Dieu vit que c'était bon". Le rédacteur de ce récit fait ressortir le bien primordial en tout ce que Dieu a créé. Cette conviction imprègne toute la Bible. Saint Paul, par exemple, dit que toute créature de Dieu est bonne.
Le 6ème jour de la Création, Dieu a créé l'homme à Son image et ressemblance propre. Dieu a appelé l'homme à aimer la nature en tant que don sacré et à en prendre soin de manière responsable, conscient que cet amour était un Commandement de Dieu, donné dès les premières pages de la Bible. Dieu a bénit le premier homme et la première femme, et leur a dit : "Soyez féconds, dit-il, multipliez, remplissez la terre et soumettez-la. Régnez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux des cieux et sur tous les animaux qui rampent sur le sol". Soumettez et régnez. Ces mots ne peuvent pas être lus pour servir une idéologie "menant la guerre à la nature". Ces paroles ont aussi été adressés à l'homme avant qu'il ne chute dans le péché.
Dieu a donné à l'homme une liberté créative. Comme le disait le p. Georges Florovsky, la liberté créée se dévoile en tout premier dans l'égale possibilité de choisir entre 2 voies : vers Dieu ou s'éloignant de Dieu (dans Creation and Redemption, "Creation & Creaturehood" (Belmont, MA: Nordland Publishing Co., 1976), p. 48]. Dieu a créé l'homme en tant qu'être libre, pour suivre Sa Divine volonté, ou agir en s'y opposant. Dieu a rendu l'auto-détermination de l'homme légitime, disait saint Grégoire le Théologien. La chute dans le péché, par l'utilisation de la liberté pour faire le mal, opposa la volonté humaine à la volonté divine, étant la cause de la chute de l'homme loin de Dieu. La chute dans le péché a eu des conséquences dévastatrice pour l'homme lui-même et pour toute la Création.
Voici ce que Dieu dit à Adam après la Chute de ce dernier : "... maudit soit le sol à cause de toi. C'est au prix d'un travail pénible que tu en tireras ta nourriture tous les jours de ta vie. Il te produira des épines et des chardons, et tu mangeras de l'herbe des champs" (Gen. 3,17b-18). La terre est maudite par Dieu à cause de l'homme; par l'homme, toute la Création fut plongée dans l'état de perdition. C'est de cela que saint Paul parlait lorsqu'il écrivit : "La Création a été assujettie à la vanité ... Car nous savons que, jusqu'à ce jour encore, la création tout entière gémit dans les douleurs d'un
enfantement." (Rom. 8,20a;22). Saint Jean Chrysostome, commentant ce passage, met l'accent sur ce fait que la Création a été assujettie à la vanité, qu'elle devint corrompue précisément à cause de l'homme.
Dans l'Antiquité et au Moyen-Age, la nature était une manifestation directe et vivante de l'omnipotence de Dieu, une source de crainte et de révérence pour le peuple. C'est ainsi que les choses étaient. Mais la venue de l'ère de l'idéologie de l'humanisme, libre de toute manifestation de religion, développa une toute nouvelle relation à la nature. Quasiment tout ce qui nous entoure est à présent un produit de l'activité humaine de notre temps. Nous y sommes habitués, et estimons qu'il est impossible de vivre autrement. L'homme s'est approprié le titre de créateur, et il ne parvient pas facilement à se rappeler du Créateur céleste. L'homme expérimente l'orgueil. Il se vante de l'ouvrage de ses mains et de ses efforts pour parvenir à toujours plus grand.
Nous voyons ici un problème. La satisfaction des besoins quotidiens de l'homme devient facilement la satisfaction de ses caprices. Franchir cette frontière du caprice nous amène à une activité mauvaise, peu importe quels slogans humanistes sont scandés. Toute réussite, pas même celle qui semblerait pouvoir avoir une fin heureuse, peut plaire à Dieu si elle blesse les autres créatures de Dieu. Deux Guerres Mondiales ont montré comment soumettre aussi bien hommes que nature. La haute intelligence des scientifiques et le progrès technologique ont permis à certains de détruire des millions de leurs frères en humanité. Les progrès scientifiques et technologiques doivent être soumis à la morale.

Nombre de phénomènes concrets contiennent des qualités positives, dans la
mesure où ils nous ont été donnés afin que nous puissions accroître ce qui est bien. Par exemple, la richesse et le mariage sont, en eux-mêmes et par eux-mêmes, des valeurs positives, différemment explorées par des gens différents. L'argent peut être utilisé charitablement, mais il peut aussi se transformer en outil pour pécher dans des buts égocentriques ou criminels. Les relations sexuelles ont été données pour maintenir la race humaine et pour exprimer l'amour. Elles peuvent aussi être utilisées pour faire le mal. Que ce soit le bien ou le mal, ils dépendent du libre choix moral.
L'abus d'autorité et de responsabilité par l'humanité ne rend pas ces concepts mauvais en eux-mêmes. Au contraire, l'homme doit diriger ses actes avec intelligence et sens des responsabilités, évitant l'irresponsabilité de toutes les manières possibles. En relation avec son propre milieu de vie, l'homme doit administrer avec sagesse et bonne économie [dans le sens grec du terme; ndt] les dons qui lui sont donnés par Dieu Lui-même.

La crise écologique a atteint des proportions catastrophiques dans des pays qui ont été forcés de vivre sous les régimes athées communistes. L'humanisme athée marxiste-léniniste, appliqué dans toute la longueur de l'absurdité, tenta de force de supplanter Dieu dans la société, prétendument pour le bien de l'homme lui-même. Annonçant que l'homme devait se tenir seul, le Marxisme-Léninisme proclama et utilisa la force pour les idéaux du progrès scientifique, l'industrialisation, et soumettre les forces de la nature.
Les nouvelles de Moscou [Moscow News] rapportent que la Russie va être confrontée à une catastrophe écologique. Près de 70 millions de gens dans les villes respirent un air pollué, dépassant au moins de 5 fois les normes. Nous voyons des dégénérescences génétiques et une dégradation au niveau national.
Le Christianisme enseigne que la restauration de la plénitude de la Création et le Salut de l'humanité reposent en Jésus, le Dieu-homme. Il n'y a que par le Dieu Incarné que l'homme peut arriver à la déification de sa propre nature créative, et à celle de l'entièreté du monde créé. L'homme ne sait pas, par ses propres forces, retrouver la communion avec Dieu, communion qu'il a perdue. Le Salut de l'homme est provoqué par Dieu, car Dieu Lui-même a tant aimé le monde qu'Il a donné Son Fils Unique, afin que quiconque croie en Lui ne périsse pas, mais aie la vie éternelle (Jean 3,16). Mais Dieu ne sait pas aider l'homme contre sa volonté. L'homme doit répondre à l'amour de Dieu en renonçant à lui-même, par la repentance, et en suivant le Christ, oeuvrant en coopération avec Dieu, pour le Salut et la déification du monde créé. Dans cette collaboration, dans cette synergie, c'est là que se trouve la clé pour l'acquisition de la justice et de la paix entre Dieu et soi-même.

Tant l'humanisme radical que l'écologie posent des critères moraux. Cependant,
ils diffèrent dans le principe de la vision Chrétienne du monde. Le slogan radical de l'humanisme est "l'homme pour lui-même", l'accomplissement sans Dieu. Et pourtant ce "moi-même" de l'homme, sans Dieu, hors de Dieu, est inauthentique. Nous oublions les paroles de saint Augustin d'Hippone "Quand l'homme vit selon l'homme, et non pas selon Dieu, il est comme le démon." Le paradoxe du Christianisme est que pour parvenir à l'accomplissement, tout homme doit se renier lui-même par amour pour Dieu et pour son prochain.

Archiprêtre Victor Potapov
Cathédrale Saint John the Baptist
Église Orthodoxe Russe Hors Frontières
Washington DC, Etats-Unis d'Amérique
http://www.stjohndc.org

















LA VERITABLE CRISE NE RESIDE PAS DANS L'ENVIRONNEMENT, MAIS DANS LE COEUR DE L'HOMME
Bartholomeos 1er, patriarche de Constantinople
Allocution prononcée à la cérémonie de clôture du colloque international sur la protection de la mer Adriatique, qui s'est tenu du 5 au 10 juin dernier à Venise 2002, et son symposium du Brésil en juillet 2006:
Voir aussi :
http://news.rnn.gr/fr/
Message de sa sainteté le patriarche oecuménique Bartholomeos 1er, pour le Jour de Protection de l'Environnement (1er septembre 2006).
http://www.ec-patr.gr/docdisplay.php?lang=en&id=712&tla=en
Prot. No. 856




BARTHOLOMEOS
Par la grâce de Dieu, archevêque de Constantinople, Nouvelle Rome, et patriarche oecuménique
A la plénitude de l'Église
Grâce et paix de notre Seigneur, Dieu et Sauveur Jésus-Christ,
Qui a créé et fait vivre toute créature

Bien-aimés frères et enfants dans le Seigneur,

Le Dieu de tendre miséricorde et d'amour pour l'humanité a créé le cosmos pour être un lieu de sublime beauté, confortable et à même de répondre aux besoins de tout être humain. Dans un tel monde, Dieu a permit que la couronne et le monarque de Sa Création, l'être humain, prenne de tout ce qui est nécessaire pour vivre.

Chaque nécessaire relation de l'être humain avec la Création est liée à un sens de joie et de satisfaction. S'il a un excès ou une privation de ce qui est, par son usage, naturellement bon, alors il y a une sensation qui vient avec, soit de manque (dans le cas de privation) soit de trop-plein (dans le cas de l'excès). C'est ainsi que l'être humain possède en lui-même le moyen instinctif d'évaluer le besoin bénéfique ou l'excès nuisible. Le besoin manifeste une privation; l'excès manifeste une surabondance gaspillante. Il s'ensuit que tous les êtres humains, dotés de la liberté de volonté, ont la capacité de diriger leur propre faculté instinctive pour s'imposer leurs propres limites; soit pour restreindre de telles limites en raison d'une disciple ascétique, soit de les dépasser par le pouvoir du désir.

Nous nous trouvons dès lors confrontés à cette condition : soit nous sommes
sujets à l'avidité (qui est de l'idolâtrie, d'après l'Apôtre Paul, Colossiens 3,5), ou à une certaine haine envers la vie, pour les bénédictions naturelles et dons de Dieu, c'est à dire à des attitudes qui sont également inacceptables, étant l'opposé du parfait plan de Dieu pour que l'humanité jouisse de la vie.

La fâcheuse réalité est que l'humanité a rejeté la possibilité de se laisser guider par les suggestions et encouragements de Dieu. Nous n'avons pas suivit Sa grâce éclairante, qui nous aide à déterminer la mesure de nos besoins et comment faire bon usage du monde; comment nous travaillons dans le monde ou comment nous préservons le
monde. Le résultat est que nous nous comportons envers l'environnement, envers la nature, avec rapacité et de manière catastrophique. Lorsque nous appliquons notre propre sens de domination et notre usage non-approprié, nous perturbons l'harmonie naturelle et l'équilibre qui est basé en Dieu. La nature réagit négativement et le résultat est que de terribles désastres s'abattent sur la famille humaine. Les récentes fluctuations inhabituelles de températures, cyclones, tremblements de terre, violentes tempêtes, la pollution des mers et des rivières, et les nombreuses autres actions catastrophiques pour l'homme et l'environnement devraient être un signal d'alarme évident que quelque chose doit être fait quant au comportement de l'humain. La principale raison pour ce comportement catastrophique de l'homme contemporain est son égocentrisme, qui est une autre face de l'autosuffisante séparé de Dieu, et même de l'auto-divinisation.

Ce à quoi a mené cet égocentrisme, c'est que la relation entre l'humanité et la
nature a été radicalement altérée. A présent, une domination impertinente et arrogante des forces de la nature a supplanté ce qui avait été prévu par Dieu. En lieu et place de la préservation de la vie et de la liberté, ces forces servent à détruire et à oppresser notre prochain, ou nous nous complaisons dans une consommation excessive, sans égard pour les conséquences de tels excès.

L'usage des forces atomiques et nucléaires de la nature pour des buts guerriers
constitue le sommet de le prétention. Quelle que soit notre manière de sur-consommation, nous avons accablé l'environnement naturel d'une telle pollution que la température de la terre grimpe et que nombre d'auto-régulations de la nature sont à présent instables, avec tout ce que cela implique. L'énorme quantité d'énergie qui est consommée pour les besoins de la machine de guerre moderne, de même que pour l'extravagance de la vie moderne qui excède de loin les besoins raisonnables de l'humain d'aujourd'hui, comprend 2 secteurs distincts dans lesquels les responsabilités des dirigeants et des simples citoyens sont si étroitement liées que chacun a la capacité de prendre action pour l'amélioration de la condition générale.



Bien-aimés enfants et frères dans le Seigneur, prenons action, chacun d'entre nous dans sa position et dans son cadre, accomplissant tout effort possible pour l'amélioration de cette consommation insensée. Travaillons ensemble pour la restauration d'un fonctionnement harmonieux de la planète sur laquelle nous vivons, afin que nos enfants puissent tous bénéficier en toute tranquillité des bénédictions de la Création de notre Dieu si aimant, les bénédictions qu'Il offre à tous les peuples. Qu'il en soit ainsi!





1er septembre 2006.
Votre bien-aimé frère en Christ et fervent suppliant devant Dieu,
+ BARTHOLOMEOS de Constantinople

Quelques activités écologiques du patriarche :
http://www.ec-patr.gr/docdisplay.php?lang=en&cat=10
http://news.rnn.gr/fr/



















Écologie politique en Russie

http://www.kommersant.com/doc.asp?id=705781
Résumé de l'article du 19/9/2006 & circonstances générales
M. Yury Trutnev, ministre des Ressources Naturelles a fait abroger un décret concernant le projet Sakhalin 2. A l'époque du président Boris Eltsine, des compagnies pétrolières étrangères (Royal Dutch Shell, 55%, et les Japonais Mitsui, 25%, et Mitsubishi, 20%) avaient obtenu le droit d'exploiter ces ressources naturelles... quasiment sans un kopek de retombée économique pour les gens qui vivaient dans le lieu d'exploitation et qui verraient inévitablement leur milieu de vie perturbé, et la nature polluée. Les conditions d'exploitation des ressources naturelles sont trop souvent accordées par certains États non-démocratiques sans le moindre souci pour l'environnement et ceux qui y vivent, et la Russie venait seulement de torpiller l'Union des républiques Socialistes soviétiques et d'entamer sa transition hors de la dictature. Ici, ce sont les réserves du nord-est de la région de Sakhaline (Piltun-Astokhskoe & Lunskoe) qui sont concernées.
Les réserves estimées y sont de 150 million de tonnes de pétrole et 50 milliards de mètres cube de gaz naturel. De quoi attiser bien des appétits terrestres. L'exploitation devait commencer en 2008. Le décret du ministre oblige tout simplement à revoir les conditions, économiques, certes – et ça va coûter cher.. - mais aussi écologiques. Grâce à ça, la facture sera moins élevée... pour les habitants et pour la nature!



A lire (en anglais uniquement pour le moment):
Christos Yannaras, grand théologien Orthodoxe contemporain
"The Environmental Issue: an Existential not a Canonical Problem"
http://jbburnett.com/

0 Comments:

Enregistrer un commentaire

Links to this post:

Créer un lien

<< Home