Saint Materne

Vagues-à-l'âme d'un ami des vraies racines de la Belgique Chrétienne

scribe saint Baudemont, biographe de saint Amand


"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

16 octobre 2006

P. Seraphim Rose, l'évangélisation et la prière, âme du christianisme

Diocèse de Sydney, Australie & Nouvelle Zélande, 6 octobre 2006 : L'évêché accueille un séminaire dédié à l'héritage du hiéromoine Seraphim (Rose) et à la mission Orthodoxe en Indonésie
http://www.russianorthodoxchurch.ws/synod/eng2006/

Le 15 septembre, une soirée dédiée au feu hiéromoine Seraphim (Rose), clerc du diocèse de San Francisco et de l'Ouest de l'Amérique dans l'Église Orthodoxe Russe Hors Frontières, a eu lieu dans les locaux de l'évêché de Sydney, Australie et Nouvelle Zélande. La réunion a commencé par un discours archipastoral de son éminence l'archevêque Hilarion de Sydney, Australie et Nouvelle Zélande, qui a introduit l'orateur principal, un docteur en Histoire, le protopresbytre Michael Protopopov. Le p. Michael est doyen de Victoria, Australie occidentale et Tasmanie. Il a commencé en faisant remarquer que le p. Seraphim insistait toujours que le principal problème de l'Orthodoxie n'était pas une question de "juridictions" mais l'absence d'un esprit ecclésial et évangélique. C'est la raison pour laquelle non seulement les missionnaires, mais les Chrétiens Orthodoxes en général ne goûtent pas au succès dans leurs activités apostoliques. Il y a bien longtemps déjà, l'Apôtre Paul avertissait les fidèles que nombreux ne se joindraient pas à l'Église du Christ parce que les Chrétiens ne vivaient pas à la hauteur de ce à quoi ils sont appelés. Pour cette raison, le p. Seraphim a toujours exhorté les gens à se connaître eux-mêmes et à ne pas juger leur prochain. Si quelqu'un se voit dans la véritable lumière, il développera de la sympathie envers son prochain, il apprendra à ne pas haïr, il apprendra l'humilité, l'amour et les autres bonnes oeuvres, qui sont les meilleurs moyens pour convertir autrui à l'Orthodoxie.

A la fin d'un échange très vivant ayant suivit l'exposé du p. Michael, nombre de participants de cette soirée spirituellement riche sont partis à l'église de l'archevêque Hilarion, où une pannikhide a été célébrée à la mémoire du p. Seraphim.

Le 6 octobre, un exposé a été dédié à la mission Orthodoxe en Indonésie. L'orateur principal était le p. Daniel, chef de la Mission. Le p. Daniel a parlé des succès et difficultés de sa mission et répondu aux questions.

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Par de ces un heureux "hasards" comme je les aime, un internaute vient de poster un témoignage de sa vie spirituelle liée au père Seraphim Rose. Deo gratias! Je le rajoute illico. Je suis d'autant plus touché que c'est le témoignage d'un père de famille Orthodoxe, qu'on doit avoir grosso modo le même âge, et surtout que j'ai aussi le livre dont il parle, et que jusqu'à présent (et maintenant encore), je ne me sens pas du tout prêt à l'aborder.


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Les Intercessions du Bienheureux hiéromoine Seraphim en ma faveur au sujet de la Prière de Jésus
http://chattablogs.com/aionioszoe/archives/040588.html
11 Octobre 2006


Il y a un an d'ici, j'étais occupé de lire un livre publié par "Light and Life Publishing", écrit par Anthony M. Coniaris, "Confronting and Controlling Your Thoughts According to the Fathers of the Philokalia" (confronter et vérifier vos pensées à la lumière des pères de la Philocalie). J'ai posté à plusieurs reprises des extraits du livre et pensé à mon propre combat pour la pratique d'une telle unité d'esprit et pour la pratique de la Prière de Jésus.

J'ai aussi lu la traduction par le Bienheureux hiéromoine Seraphim de plusieurs oeuvres de saint Paisius Velichkovsky, traitant pour la plupart de la Prière de Jésus. (Sur conseil d'un de nos paroissiens, un homme bien plus mature que moi, j'ai effacé ces articles). J'ai aussi parlé avec notre prêtre de paroisse au sujet de la Prière de Jésus et de sa pratique.

Il m'était difficile de faire le tri entre ce que j'étais occupé à lire et les conseils que je recevais. A présent, je vois que de tels conseils n'étaient pas nécessairement contradictoires, mais il me semblait alors que j'étais encouragé à aller dans 2 directions opposées, devant tant accomplir qu'éviter les mêmes choses. J'étais plutôt confus.

Mais je savais qu'il y avait mieux à faire que de me confier à mes propres idées, ou de travailler pour arriver à mes propres conclusions en la matière. Alors je me suis simplement tenu coi, ni ne recherchant ni n'évitant ce qu'on m'avait conseillé, et me contentant de poursuivre ma pratique, modeste et irrégulière.

Une des choses que j'ai cependant demandée, c'était l'intercession d'un de mes saints patrons, le bienheureux hiéromoine Seraphim, afin que je sois amené tant à la bonne pensée et à la bonne pratique sur les sujets qui avaient rendus mon esprit confus.

Les mois qui s'en sont suivis, j'ai évité de lire certains livres au sujet de la Prière de Jésus, je n'ai plus écrit d'articles à ce sujet, et j'ai simplement continué de faire ce que je faisais, ni plus ni moins qu'auparavant. J'avais un livre sur mon étagère, le livre de l'higoumène Chariton de Valamo "l'Art de la Prière" (en anglais, édition Faber and Faber), pour lequel je me sentais souvent attiré, mais que j'hésitais à lire, parce que je ne pensais pas que j'étais arrivé à ce point dans ma vie où je pourrais tirer profit d'une telle lecture. J'étais inquiet que le lire sans tenir compte de mon état de préparation pour recevoir et pratiquer son enseignement pourrait finir par m'être spirituellement nuisible.

Récemment, j'ai ressenti un changement, pas seulement en mon coeur, mais en action, dans laquelle je me suis trouvé plus apte à recevoir et à pratiquer ce qui pourrait m'être donné en lisant le livre de l'higoumène Chariton. Et ce faisant, j'ai enfin, près d'un an plus tard, reçut la réponse aux prières du Bienheureux Seraphim en ma faveur.

Je voulais partager ce passage complet avec mes lecteurs, mais je le fais sans identifier de quelque manière que ce soit les questions spécifiques auxquelles j'attendais réponse. Tout cela, absolument tout, doit être traité avec son propre père spirituel. Si ce passage, de lui-même ou hors du contexte de ma propre vie, est utile à d'autres, cela ne sera pas étonnant, car saint Théophane le Reclus est un saint largement reconnu. Mais pour ma part, cet article n'est rien de plus
qu'un point de repère pour une réponse à la prière.

Higoumène Chariton de Valamo, l'Art de la Prière, éditions de l'abbaye de Bellefontaine, collection Spiritualité Orientale n° 18, pages 123 à 127 dans l'édition que j'ai (1976). Réédition 1998 présentée par mgr Kallistos Ware.

De la Prière de Jésus et de la chaleur qui l'accompagne

Prier consiste à se tenir spirituellement devant Dieu dans notre coeur, dans l'adoration, l'action de grâces, la supplication et la contrition. Tout cela doit être spirituel. La racine de toute prière est la crainte de Dieu; c'est d'elle que naît la foi en Dieu, la soumission à sa volonté, l'espérance, et l'attachement à Dieu dans un sentiment d'amour, dans l'oubli de toutes les choses créées. Lorsque la prière est puissante, tous ces sentiments coexistent dans le coeur avec la même intensité. Comment la Prière de Jésus peut-elle nous aider en ceci ? Par la chaleur qui se développe dans le coeur et autour du coeur.

L'habitude de prier ne s'acquiert pas d'un seul coup; elle requiert une longue pratique et beaucoup d'efforts.

La Prière de Jésus et la chaleur qui l'accompagne sont la meilleure aide que l'on puisse avoir pour former en soi l'habitude de la prière. Notez cependant qu'il ne s'agit là que de moyens, non de la chose elle-même.

Il est possible que, sans prière réelle, on ait à la fois la Prière de Jésus et la sensation de chaleur. Cela arrive, si étrange que cela paraisse.

Quand nous prions, nous devons demeurer dans notre intellect devant le Seigneur, et ne penser qu'à lui seul. Cependant, des pensées diverses vont et viennent dans l'intellect et l'attirent loin de Dieu. Afin d'apprendre à l'intellect à se fixer sur un seul objet, les saints Pères faisaient usage de courtes prières, s'habituant à les réciter sans cesse. Cette répétition incessante d'une prière brève garde l'intellect dans la pensée de Dieu et disperse toutes les autres pensées. Ils utilisaient différentes formules mais c'est la Prière de Jésus qui s'est plus particulièrement imposée parmi nous et qui est employée le plus généralement : "Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi, pécheur".

Voilà donc ce qu'est la Prière de Jésus. C'est l'une de ces nombreuses prières brèves; elle est vocale, comme toutes les autres prières de ce genre. Son but est de garder l'intellect dans la simple pensée de Dieu.

Tous ceux qui ont acquis l'habitude de cette prière et l'utilisent correctement, gardent effectivement le souvenir incessant de Dieu.

Puisque le souvenir de Dieu dans un coeur sincèrement croyant est naturellement accompagné d'un sentiment de piété, d'espérance, d'action de grâces, d'abandon à la volonté de Dieu, et d'autres sentiments spirituels, la Prière de Jésus, qui produit et sauvegarde ce souvenir de Dieu, est appelée prière spirituelle. Elle ne peut, d'ailleurs, porter légitimement ce nom que lorsqu'elle est accompagnée de ces sentiments. Sinon elle n'est qu'une prière vocale, comme n'importe quelle autre invocation du même genre.

Voilà donc ce que l'on doit penser de la Prière de Jésus. Voyons maintenant ce que signifie la chaleur qui accompagne la pratique de cette prière.

Si l'on veut que l'usage d'une prière brève favorise la concentration de l'intellect, il faut veiller sur l'attention et la faire descendre dans le coeur; car aussi longtemps que l'intellect reste dans la tête, où les pensées vont et viennent, il n'a pas le loisir de se concentrer sur un objet unique. Mais quand l'attention descend dans le coeur, elle y attire toutes les puissances de l'âme et du corps, en un seul foyer. Cette concentration de toute la vie de l'homme en un seul lieu a pour conséquence immédiate l'éveil dans le coeur d'une sensation spéciale qui est le commencement d'une chaleur qui va venir. Cette sensation, légère au début, devient petit à petit plus forte, plus ferme, plus profonde. Au début, ce n'est qu'une tiédeur, mais elle se développe peu à peu en une sensation de chaleur qui concentre sur elle toute l'attention.

Ainsi donc, alors qu'au cours des étapes initiales, l'attention était gardée dans le coeur par un effort de volonté, à la longue cette attention, par sa propre vigueur, donne naissance à la chaleur du coeur. Cette chaleur retient l'attention sans qu'il soit besoin de faire d'effort. Toutes deux s'accompagnent et se fortifient mutuellement; elles doivent demeurer inséparables parce que la dispersion de l'attention a tôt fait de refroidir cette chaleur, et ce refroidissement du coeur affaiblit l'attention.

Une règle de vie spirituelle s'établit donc à partir de là : "Si vous gardez votre coeur vivant devant Dieu, vous vous souviendrez constamment de lui." Cette parole est de saint Jean Climaque.

Une question se pose maintenant cette chaleur est-elle spirituelle ? Non, elle n'est pas spirituelle; c'est une chaleur physique ordinaire. Mais puisqu'elle garde l'attention de l'intellect dans le coeur et, de ce fait, aide au développement des mouvements spirituels que nous avons décrits plus haut, on l'appelle spirituelle - à condition cependant qu'elle ne s'accompagne pas d'un plaisir sensuel, même léger, mais garde l'âme et le corps dans la paix.

Concluons donc que lorsque la chaleur qui accompagne la Prière de Jésus n'inclut pas de sentiments spirituels, elle ne doit pas s'appeler spirituelle; il s'agit seulement de la chaleur du sang. Rien n'est mauvais d'ailleurs dans cette
sensation, du moment qu'elle ne s'accompagne pas de plaisir sensuel, même léger; dans ce cas, elle est dangereuse et il faut la supprimer.

Les choses commencent à aller mal quand la sensation de chaleur descend dans les parties du corps placées au-dessous du coeur; et elles vont plus mal encore quand, jouissant de cette chaleur, nous nous imaginons que c'est tout ce qui importe, sans nous préoccuper de sentiments spirituels ni même du souvenir de Dieu; et nous n'avons plus d'autre souci que de ressentir cette chaleur.

Cette erreur se rencontre parfois, quoique pas chez tous ni toujours. Elle doit être discernée et corrigée, sinon la chaleur physique restera seule, et on courra le risque de la confondre avec une impression spirituelle communiquée par la grâce de Dieu. La chaleur n'est spirituelle que lorsqu'elle s'accompagne de l'impulsion spirituelle de la prière. Tous ceux qui la nomment spirituelle quand elle ne comporte pas ce mouvement intime sont dans l'erreur, et ceux qui croient la devoir à la grâce le sont encore bien plus.

La chaleur qui vient de la grâce et en est imprégnée, est d'une nature spéciale, et c'est celle-là seulement qui est vraiment spirituelle. Elle est distincte de la chaleur de la chair, elle ne produit aucun changement notable dans le corps, mais elle se manifeste par un sentiment subtil de douceur. On peut aisément l'identifier et la reconnaître à ce sentiment particulier. Chacun doit le faire pour lui-même; on n'a besoin de personne pour cela.
Théophane le Reclus

Benedict Seraphim Healy


Une autre réponse aux intercessions du Bienheureux Seraphim en ma faveur
http://chattablogs.com/aionioszoe/archives/040621.html
12 Octobre 2006
Comme je l'ai indiqué dans l'article précédent, il y a un an d'ici, j'ai demandé au Bienheureux Seraphim de prier pour moi afin que je parvienne à une juste compréhension sur les questions que j'avais à propos de la Prière de Jésus, et à une pratique correcte. Les réponses à ses intercessions en ma faveur continuent.

p.133-134

Ce n’est pas un talisman

La Prière de Jésus n’est pas un talisman. Son pouvoir provient de notre foi dans le Seigneur, et d’une union profonde de notre esprit et de notre coeur avec lui. Si nous sommes dans ces dispositions, l’invocation du Nom de Jésus sera vraiment efficace; mais la simple répétition des mots ne signifie absolument rien.
Théophane le Reclus

Une répétition mécanique ne mène à rien

N’oubliez surtout pas que vous ne devez pas vous borner à une répétition mécanique des mots de la Prière de Jésus. Cela ne vous mènerait à rien, sinon à l’habitude de répéter mécaniquement la prière avec la langue, sans même penser à ce que vous dites. Il n’y a évidemment rien de mauvais à cela, mais cela ne constitue que l’extrême limite extérieure de l’oeuvre. Ce qui est essentiel, c’est de demeurer consciemment en présence du Seigneur avec crainte, foi et amour.

Théophane le Reclus


p.139-141
La place des techniques respiratoires

Dans le traité de Syméon le Nouveau Théologien sur les trois formes de prière, dans les oeuvres de Nicéphore le Moine ou dans les Centuries de Calliste et Ignace Xanthopoulos, toutes contenues dans la Philocalie, le lecteur trouvera des instructions au sujet de la technique par laquelle l’intellect peut être introduit dans le coeur à l’aide de la respiration. En d’autres termes, il s’agit là d’une méthode mécanique, censée nous permettre de réaliser la prière intérieure. Cet enseignement des Pères a posé, et continue de poser quelques problèmes à leurs lecteurs, encore qu’il n’y ait là rien de difficile.

Nous conseillons à nos bien-aimés frères de ne pas tenter de pratiquer cette méthode, à moins qu’elle ne s’établisse d’elle-même en eux. Beaucoup de ceux qui ont voulu le faire ont nui à leurs poumons et ne sont arrivés à rien. La chose essentielle est que l’intellect soit uni au coeur dans la prière, et cela s’accomplit par la grâce divine, au temps déterminé par Dieu. Les méthodes mécaniques décrites dans ces ouvrages sont parfaitement remplacées par une lente répétition de la prière, une brève pause après chaque invocation, une respiration calme et lente, et le fait de maintenir l’intellect enclos dans les mots de la prière. A l’aide de ces moyens, il est facile de progresser dans l’attention. Avant longtemps, le coeur commence à vivre "en sympathie" avec l’intellect qui prie. Peu à peu cette sympathie se change en union de l’intellect avec le coeur; et alors les techniques mécaniques suggérées par les Pères apparaissent d’elles-mêmes. Toutes les méthodes de caractère technique ne sont proposées par les Pères que comme une aide pour arriver plus vite et plus facilement à l’attention durant la prière, et non comme quelque chose d’essentiel. L’élément essentiel, indispensable, dans la prière, c’est l’attention. Sans attention, il n’y a pas de prière. La véritable attention, fruit de la grâce, ne vient que lorsque notre coeur est réellement mort au monde. Les moyens pour y parvenir ne sont jamais que des moyens. L’union de l’intellect avec le coeur est une union entre les pensées spirituelles de l’intelligence et les sentiments spirituels du coeur.
Théophane le Reclus
[Igumen Chariton of Valamo, The Art of Prayer (Faber and Faber, 1966), pp 99-100, 104-105]

Benedict Seraphim Healy

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