"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

29 novembre 2006

Aggrandir la famille du Christ, devoir impérieux du Chrétien Orthodoxe

Évangile : Saint Matthieu 22,1-14 Jésus reprit la parole et leur dit encore en paraboles : "Il en va du royaume des cieux comme d'un roi qui célébrait les noces de son fils. Il envoya ses serviteurs convier les invités, mais ils refusèrent. Il en envoya d'autres encore, leur disant : Dites aux invités : J'ai préparé mon festin; on a tué mes boeufs et mes bêtes grasses; tout est prêt, venez aux noces. - Mais, sans tenir compte de cette invitation, ils s'en allèrent l'un à sa ferme, l'autre à son commerce; d'autres mirent la main sur les serviteurs, les outragèrent et les tuèrent. Le roi en fut indigné. Il lança ses troupes, fit périr ces meurtriers et brûler leur ville. Puis il dit à ses serviteurs : le festin est prêt, mais les invités n'en étaient pas dignes. Allez aux carrefours et conviez aux noces tous ceux que vous trouverez. Ils se répandirent par les chemins, et racolèrent tous ceux qu'ils trouvèrent, méchants et bons, en sorte que la salle du festin fut remplie de convives. "Le roi entra les voir et aperçut là un homme qui ne portait pas l'habit de noces. Mon ami, lui dit-il, comment es-tu entré ici, sans avoir l'habit de noces? L'homme ne souffla mot. Le roi dit alors aux domestiques : Jetez-le, pieds et poings liés, dans les ténèbres du dehors; là seront les pleurs et les grincements de dents. Beaucoup, en effet, sont appelés, peu sont choisis."

HOMÉLIE - La parabole prophétique du Banquet de Noce de l'Unique Engendré Fils de Dieu est le sujet de l'Évangile de la Liturgie de ce dimanche. Les paroles de la prière de Collecte y font quelque peu référence : "afin qu’étant bien disposés de corps et d’esprit, nous puissions accomplir avec joie ce que Tu nous commande de faire".


L'Épître semble avoir été choisie comme illustration des festivités du Royaume du Christ, dans lequel les plaisirs charnels qui nous tenaient en ce monde sont remplacés par le chant de psaumes et hymnes et par la divine liturgie. Et toujours consacrée par "l'action de grâce", l'Eucharistie de la Divine Liturgie : l'offrande à Dieu au Nom de notre Seigneur Jésus-Christ. Pour le fidèle Orthodoxe, la Divine Liturgie est et devrait être la chose qui, ici, sur terre, se rapproche le plus de ce culte liturgique qui est constamment offert aux Cieux. L'Église est une et la même, sur terre et au Ciel, nous sommes uns avec les saints, dès lors nous devrions nous efforcer de célébrer en communion avec eux. Nous devrions dès lors diriger tous nos efforts tant pour embellir notre Liturgie dominicale et pour explorer l'étendue spirituelle permise par notre culte communautaire. Il n'est pas question d'arranger plus ou moins une belle cérémonie – nous pouvons faire ça pour la parade du bourgmestre. Nous devons combiner la justesse et la beauté visuelle avec de véritables efforts pour nous adresser à Dieu et à L'entendre dans les paroles et la musique de la Liturgie. C'est notre avant-goût hebdomadaire du Ciel. C'est notre répit par rapport aux problèmes de cette vie, notre refuge par rapport à ce monde, et notre toute puissante restauration par le Christ Lui-même dans la réception du Corps et du Sang du Christ par lesquels Il nous nourrit à Son Banquet.

Nous sommes le peuple de Dieu rassemblé en ce lieu. Nous avons un très impérieux devoir d'en parler aux autres et de les inviter à se joindre à notre famille, ici, dimanche après dimanche. Nous n'avons pas le droit de garder pour nous nos joies de notre véritable liturgie céleste. Aucun d'entre nous n'a d'excuse pour s'abstenir de faire passer le mot, car ce n'est que par nos efforts inspirés par Dieu que la famille du Christ s'agrandira – à la grande satisfaction du Christ. Ce n'est pas nous qui devons être satisfaits par nos efforts, c'est le Christ Lui-même. Chacun d'entre nous est un des serviteurs auxquels fait référence l'Évangile de la Liturgie de ce jour : nous devons sortir et aller inviter nos voisins pour venir ici, avec nous, se joindre à la famille du Christ dans le Banquet auquel Il les a invités. Nous ne devons pas nous abstenir de le faire, car nous aurons très certainement à répondre de notre omission – en répondre au Christ lors de notre jugement. Telle est notre tâche : bâtir Sa famille ici, en ce lieu. Tirer les gens hors de l'impiété de la société sans-Dieu dans laquelle nous vivons. Dès lors, tenons soigneusement compte de l'enseignement de notre Seigneur dans cet Évangile du jour, car il s'applique à chacun d'entre nous, personnellement.
Prêtre Michael, hiéromoine

Abbé du monastère Saint-Petroc

Église Orthodoxe Russe Hors Frontières

http://www.orthodoxresurgence.co.uk/Petroc/

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Salut,

je profite de mon passage sur le blog pour te donner quelques nouvelles : 1) je n'ai toujours pas de travail, et j'habite de nouveau Fleurus. 2) j'étudie pour devenir prêtre catholique gallican (je suis sous-diacre) et enfin, merci pour l'intérêt que vous me porter et vos prières.
Lionel