Saint Materne

Vagues-à-l'âme d'un ami des vraies racines de la Belgique Chrétienne

scribe saint Baudemont, biographe de saint Amand


"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

14 novembre 2006

La Bonne Nouvelle du bonheur possible

Prêtre Patrick Henry Reardon
Mardi 14 novembre

1 Thessaloniciens 5:12-28: "Nous vous prions, frères, d'avoir de la considération pour ceux qui, parmi vous, se mettent en peine pour vous diriger selon le Seigneur et vous donner des avis. Ayez pour eux une particulière affection en raison de leur travail. Vivez en paix entre vous. Mais nous vous engageons, frères, à reprendre ceux qui causent du désordre; encouragez les timorés, soutenez les faibles, exercez la patience envers tous. Veillez à ce que personne ne rende le mal pour le mal; au contraire, cherchez sans cesse à faire le bien les uns envers les autres, comme envers tout le monde. Soyez toujours joyeux. Priez sans relâche. En toute circonstance, rendez grâce; car telle est à votre endroit la volonté de Dieu dans le Christ Jésus. N'éteignez point l'Esprit. Ne méprisez pas les prophéties. Éprouvez toutes choses et retenez ce qui est bon. Abstenez-vous de toute espèce de mal. Que le Dieu de paix vous sanctifie lui-même totalement : que tout votre être, l'esprit, l'âme, le corps, soit gardé sans reproche pour l'avènement de notre Seigneur Jésus Christ! Celui qui vous appelle est fidèle; c'est lui qui réalisera cela. Frères, priez aussi pour nous. Saluez tous les frères par un saint baiser. Je vous en conjure par le Seigneur, que cette lettre soit lue à tous les frères. La grâce de notre Seigneur Jésus Christ soit avec vous!"

Lorsque l'Évangile Chrétien a été prêché parmi les Païens, il a été largement accepté par des gens qui étaient plutôt déçus par la vie. Pour eux, c'était
vraiment une "bonne nouvelle." Nombre d'entre eux étaient pauvres et illettrés (1 Corinthiens 1,26; 2 Corinthiens 6,10; Apocalypse 2,9; Jacques 2,5). D'autres pouvaient ne pas être pauvres dans le sens économique ou culturel du terme, mais avaient goûté à une vie amère et à la déception de bien d'autres manières. La littérature païenne de l'époque témoigne de l'ennui et de l'inquiétude intellectuelle bien répandus. Le cynisme et le scepticisme étaient habituels. Nombreux étaient ceux qui cherchaient le réconfort spirituel dans des religions que les soldats Romains ramenaient d'Orient, telles les religions à mystères, le culte de Mithra, le Zoroastrisme.

Pour ceux qui souffrent de grands manques ou de grande déception, l'Évangile est en effet bonne nouvelle.
Pour ceux qui ne sont pas conscients de tels manques ou n'ont pas subit de déception, il est probable que l'Évangile ne paraîtra pas être une bonne nouvelle. Si quelqu'un se sent vraiment tout à fait bien dans la vie telle qu'elle est, pourquoi devrait-il penser à la Croix comme si c'était une bonne nouvelle? Si une personne ne sent pas qu'elle a besoin d'être sauvée, comment pourrait-elle supporter que quelqu'un lui dise qu'elle a besoin d'être sauvée?

L'Évangile contient nombre d'éléments qui peuvent toucher quelqu'un de manière négative ou indésirable : des commandements, un ordonnancement plus strict de la vie, un système de discipline, un éventail de doctrines complexes. Pour quelqu'un qui se sent bien et est confortablement enfoncé dans son lit douillet un dimanche matin, cela lui semblera pas une très bonne nouvelle si on lui dit qu'il devrait être à l'église, à genoux, occupé à se repentir de ses péchés. Néanmoins, donner à une telle personne une raison de s'agenouiller, c'est lui faire une grande faveur, car une personne qui n'est pas consciente de la moindre raison pour laquelle il lui faudrait être à genoux est une personne en très mauvaise condition. Lorsqu'une telle personne devient consciente de ce besoin, alors elle verra l'Évangile comme une bonne nouvelle.

En une époque de scepticisme et de découragement, Paul prêcha un message de la fidélité de Dieu à Ses promesses. Cette pensée apparaît dans les lignes finales de cette épître (verset 24). La vérité qui y est énoncée rendit heureuse la petite communauté Chrétienne, bien plus que tous les peuples présents dans la grande ville de Thessalonique. Les pauvres Chrétiens avaient peut-être une vie plus rude que les autres, mais, au contraire des autres, ils avaient une raison de vivre. Dans la fidélité de Dieu, ils avaient une base sur laquelle leur esprit pouvait se reposer.

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Le p. Patrick Reardon est le pasteur de l'église orthodoxe Antiochienne de Tous les Saints à Chicago, Illinois (USA), et éditeur principal de Touchstone : a Journal of Mere Christianity. Il est aussi l'auteur de "Christ in the Psalms" et "Christ in His Saints" (ces 2 livres étant publiés par Conciliar Press).

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