Saint Materne

Vagues-à-l'âme d'un ami des vraies racines de la Belgique Chrétienne

scribe saint Baudemont, biographe de saint Amand


"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

11 décembre 2006

Daniel, une colonne de prière dressée entre Ciel et terre

L'inscription de Kyros, Anthol. grec. 1,99, nous en dit ceci :
"Entre terre et ciel, un homme se dresse, sans crainte des vents qui l'attaquent de tous côtés. Il a nom Daniel, c'est l'émule du grand Syméon. Ses pieds sont enracinés sur une double colonne. Il se nourrit d'une faim ambrosienne et d'une soif immatérielle, proclamant le Fils d'une mère Vierge."

[Détail touchant : si les Stylites ont été une "spécialité orientale", il s'est tout de même trouvé un Belge pour relever le gant, et ça dans les conditions climatiques bien rudes de nos vertes Ardennes : saint Walfroy. Il n'a pas eu de moins grand honneur que de voir son histoire contée par saint Grégoire de Tours, qui l'a rencontré en personne. Mais c'est vrai qu'il est l'exception dans cette partie-ci de la Chrétienté Orthodoxe du premier millénaire.]

Moins connus et victimes d'une hagiographie tardive et dès lors souvent douteuse (et c'est bien le cas), nous fêtons aussi ce 11 décembre les saints Victoric et Fuscien. En s'épargnant les détails mythiques, on en sait encore ceci. A l'époque de l'empereur Maximin et de sa persécution, ces 2 évangélisateurs ayant parcouru Thérouanne et la Morinie, à savoir les Flandres côtières, se font arrêter par un célèbre préfet romain grand tueur de Chrétiens.
Traduits au tribunal du féroce préfet des Gaules, Rictiovarus, ils subissent un long interrogatoire:
"Quel Dieu adorez-vous? leur dit-il.
– Nous adorons Jésus-Christ, Fils de Dieu, Qui a sauvé le monde après l'avoir créé.
– Quittez cette folie et sacrifiez aux dieux, ou bien je vous accablerai de supplices.
– Quand on sert Dieu, on ne craint pas la mort."
Et ils finissent décapités près d'Amiens, aujourd'hui en France.


Sous leur dédicace, on trouve une église (à présent catholique-romaine) dans le village où ils ont rendu le témoignage ultime au Christ. Sains-en-Amiénois : Eglise Saint Fuscien, Saint Victoric et Saint Gentien. "Cette église modeste renferme un monument funéraire de la fin du XIIe siècle -ou du début du XIIIe siècle- tout à fait remarquable. C'est une grande table de pierre rectangulaire soutenue par six faisceaux de courtes épaves de l'ancienne abbaye, détruite à la Révolution."
http://catholique-amiens.cef.fr/firmin/html/patrimoine/amierns.htm

Par les prières de saint Daniel, saint Victoric et saint Fuscien, Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de nous et sauve-nous.

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