"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

03 juin 2006

Les Apôtres et la Fondation de l'Eglise



Une réflexion apologétique sur la Résurrection du Seigneur mène logiquement au sujet de l'ecclésiologie, l'institution des Douze étant le lien entre les 2 sujets. Nous avons appris la Résurrection par le témoignage de ceux qui l'ont vue, et dès le départ, l'Eglise a été formée et structurée autour du témoignage et de l'autorité d'hommes bien précis qui furent les témoins choisis de Jésus ressuscité. Ces hommes étaient originellement simplement appelés "les Douze" (1 Corinthiens 15,5; Jean 6,67; 20,24).

Il est certain que le Seigneur est apparu à d'autres en dehors des Douze (cf. 1 Corinthiens 15,5-8; Matthieu 28,9; Marc 16,9-12; Luc 24,13-35; Jean 20,11-18). Cependant, chacun des 4 Evangiles met l'accent sur la révélation spécifique aux Douze (ou, plus précisément, aux Onze, de fait de la récente défection), une révélation dans laquelle le Seigneur ressuscité donna mission à ces hommes, avec une autorité particulière, en tant que Ses témoins choisis (Matthieu 28,16-19; Marc 16,14-15; Luc 24,47-49; Jean 20,21; 21,15-17). Bien que les 4 Evangélistes diffèrent notablement quant aux détails concernant cette révélation – et même le lieu précis où elle a eu lieu – le fait est que la révélation apostolique est la même dans chaque récit, et tous contiennent une forme donnée du Grand Envoi en Mission.

Cela signifie que l'autorité de ces Douze est dans tous les cas reliée à leur qualification pour témoigner de la vérité factuelle de la Résurrection. Les 4 Evangélistes, de manières diverses et en accord avec les traditions locales sur lesquelles ils s'appuyaient, apportent témoignage à cette autorité apostolique commune. Du fait de ce commissionnement spécial donné par Jésus ressuscité Lui-même, ces Douze formaient une unité collective, unie, d'autorité apostolique dans l'Eglise.

En effet, leur nombre même fut estimé important pour la fondation de l'Eglise. Lorsque les Douze furent réduits à Onze du fait de la défection de Judas, ils s'empressèrent de trouver un autre pour prendre sa place, avant la descente du Saint-Esprit. Cela vaut la peine de revoir comment le choix s'est opéré : "Il faut donc que, parmi ceux qui nous ont accompagnés tout le temps que le Seigneur Jésus a vécu parmi nous, depuis le baptême de Jean jusqu'au jour où Il nous a été enlevé, il y en ait un qui se fasse avec nous, témoin de Sa Résurrection" (Actes 1,21-22).

Lorsque le choix de Dieu se porta sur Matthias, alors il "prit rang parmi les Onze Apôtres" (1,26). Choisit parmi le grand nombre de ceux qui avaient vu Jésus ressuscité, Matthias était dès lors incorporé, "compté parmi", ce corps particulier de témoins autorisés. Ce ne fut pas un appel individuel mais collectif. Matthias est devenu un "témoin" de la Résurrection "avec" eux. A ces Douze, tous choisis par Dieu, fut confiée une autorité spéciale pour parler à et pour l'Eglise, en particulier au sujet de la Résurrection.

Les Apôtres n'ont pas d'eux-mêmes choisit Matthias. Il n'a pas été élu. Il a été choisit, nous dit le Texte Sacré, "par tirage au sort". De fait, le terme grec pour ce tirage au sort, c'est "kleros", et cela vaut la peine de faire remarquer que ce terme est à la base du mot "clergé". Matthias est donc devenu, littéralement parlant, un "clerc", un homme choisit par tirage au sort.

Le ministère de ces hommes ainsi choisis comme témoins autorisés était enraciné dans la Résurrection du Seigneur. Cette vérité est peut-être le plus clairement exprimée dans la version de Matthieu du Grand Envoi en Mission, quand Jésus y déclare "Toute autorité m'est dévolue, au Ciel et sur la terre." C'est en vertu de cette autorité que Jésus prescrit à ce groupe d'hommes choisis "Allez donc, enseignez toutes les nations" (Matthieu 28,18-19).

Le lien important de ce passage est ce "donc". C'est-à-dire, la mission des Douze est la conclusion appropriée découlant de l'autorité et glorification de Jésus, par la vertu de la Résurrection. L'office et le ministère de l'apostolicité est inséparable et dépend totalement de la Résurrection du Christ. L'autorité apostolique dans l'Eglise a été fondée sur la Résurrection comme étant son principe de validation.

Dès lors, dans la mesure où ils ont été des témoins oculaires, les Douze n'auraient pas su avoir des "successeurs". On ne sait pas remplacer un témoin, et l'institution des Douze n'aurait pas su être remplacée. Cette institution ne se rapporte qu'à la fondation de l'Eglise, pas à son histoire ultérieure. La "succession apostolique" de l'Eglise ne comporte pas une succession de l'institution des Douze. Dès lors, après qu'un d'entre eux fut martyrisé (Actes 12,2), il ne lui fut choisit aucun remplaçant. D'autres hommes ont été appelés "apôtres" dans le Nouveau Testament, mais aucun n'a pu prendre la place de ces Douze. Leur ministère a été unique, parce qu'il est "fondateur" de l'origine de l'Eglise (cfr Apocalypse 21,14).

Le p. Patrick Reardon est le pasteur de l'église orthodoxe Antiochienne de Tous les Saints à Chicago, Illinois (USA), et éditeur principal de Touchstone : a Journal of Mere Christianity. Il est aussi l'auteur de "Christ in the Psalms" et "Christ in His Saints" (ces 2 livres étant publiés par Conciliar Press).
Posted: 19-May-06

01 juin 2006

L'Ascension, notre futur cheminement

L'Ascension de Jésus-Christ, notre Seigneur, Dieu et Sauveur.

Evangile selon saint Luc 24,37-53
Tandis qu'ils s'entretenaient ainsi, Jésus se présenta au milieu d'eux et leur dit : "Paix à vous!" Saisis de stupéfaction et d'épouvante, ils s'imaginaient voir un esprit. Mais il leur dit : "Pourquoi vous troublez-vous? pourquoi ces incertitudes dans vos coeurs? Voyez mes mains et mes pieds; c'est bien moi; touchez-moi et constatez : un esprit n'a ni chair ni os comme vous voyez que j'en ai." Ce disant, il leur montra ses mains et ses pieds. Mais comme, dans leur joie, ils hésitaient encore et restaient ébahis, il leur dit : "Avez-vous ici quelque chose à manger?" Ils lui servirent un morceau de poisson grillé. Il l'accepta et mangea devant eux. Puis il leur dit : "Voilà bien ce que je vous disais lorsque j'étais encore avec vous, affirmant que devait s'accomplir tout ce qui est écrit de moi dans la loi de Moïse, les prophètes et les psaumes." Alors il leur ouvrit l'esprit pour leur faire comprendre les Écritures : "Ainsi, leur dit-il, il est écrit que le Christ devait souffrir et ressusciter des morts le troisième jour, et qu'on devrait prêcher en son nom à toutes les nations, en commençant par Jérusalem, la repentance et la rémission des péchés. Vous en êtes témoins. Et moi, je vais envoyer sur vous ce que mon Père a promis. Vous autres, restez en ville jusqu'à ce que vous soyez revêtus d'une force d'en-haut." Il les conduisit alors vers Béthanie. Élevant les mains, il les bénit. Pendant cette bénédiction il se sépara d'eux et s'éleva au ciel. Eux se prosternèrent pour l'adorer, puis retournèrent à Jérusalem tout remplis de joie. Et ils étaient continuellement dans le temple, à louer et à bénir Dieu.




Evangile selon saint Matthieu 28,17-20
Les onze disciples s'en allèrent en Galilée, sur la montagne que Jésus leur avait désignée. Quand ils le virent, ils se prosternèrent; cependant quelques-uns hésitaient encore. Mais Jésus vint à eux et leur parla en ces termes : "Toute autorité m'est dévolue, au ciel et sur la terre. Allez donc, enseignez toutes les nations, baptisez-les au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde."

Et, fidèles au Christ, l'enseignement continue :
la sainte Eglise proclame la Bonne Nouvelle chaque jour que Dieu nous donne à vivre!

(paroisse Sainte Barbara, Chatelineau, ce matin)

Kantik ar Baradoz
Jésus, qui vit aux cieux
Et règne près de Dieu,
J'attend ton paradis
Car tu me l'as promis.
J'irai vers ta clarté
ô Christ ressuscité,
Je crois que ton regard
Ne peut me décevoir.
Plus d'ombre, plus de pleurs
Ni larmes, ni douleurs,
Jésus, car près de toi
Tout n'est que paix, que joie !
Qu'à l'heure de ma mort
Ta voix me dise encor:
Ami, dès aujourd'hui
Viens dans mon Paradis.
cantique de Saint Hervé, 6ème siècle
(fête le 1er juin)

Mésange postière

une nouvelle race de mésange est apparue dans notre environnement : la mésange postière.
Particularité : elle aime notre boîte aux lettres.
Au point d'y avoir installé son nid.
J'ai surpris ce matin le ballet nourricier des parents, pendant qu'on entendait piailler la marmaille au fond de la boîte... Enfin.. dans le double-fond de la boîte...



oui, c'est jeudi, les Sherlock Holmes l'auront deviné au détail qui frappe : les sacs bleus du ramassage pour le recyclage..



















Vous reprendriez bien un petit vers?

31 mai 2006

Europe-Moscou : Ghettoisation de la religion et transformation de l'humanisme en laïcisme militant

Le représentant du patriarcat de Moscou à Bruxelles est préoccupé par les tentatives de pousser la religion dans un ghetto
31 Mai 2006, 12:09

Bruxelles, 31 Mai, Interfax – L'archevêque Hilarion de Vienne et d'Autriche, représentant de l'Eglise Orthodoxe de Russie auprès des Institutions Européennes, s'est exprimé à propos de l'escalade du laïcisme militant en Europe.
Lors de la rencontre des dirigeants religieux du Christianisme, Islam, Judaïsme et Bouddhisme organisée à Bruxelles avec le président de la Commission Européenne, José Manuel Barroso, et le Chancelier d'Autriche Wolfgang Schussel, il a déclaré qu'il y avait un désaccord entre les peuples inspirés par des idéaux religieux et ceux dont la philosophie de vie avait été formée par l'humanisme séculier.
Il a aussi fait remarquer que le futur de l'Europe dépendait du système de valeurs utilisé comme base pour sa structure. Le représentant de l'Eglise de Russie pense qu'en parole, l'humaniste reconnaît le droit humain à professer une religion ou à n'en professeur aucune, car il aurait été politiquement incorrect de dénier à la religion le droit à exister."
L'humanisme est actuellement inspiré par un pathos anti-religieux, visant à affaiblir la religion autant que possible, la repoussant dans un ghetto, la bannissant de la vie publique, et réduisant son influence sur les gens, en particulier la jeunesse," a souligné l'archevêque Hilarion.
L'idéologie d'humaniste se transforme de toute évidence en laïcisme militant, et son conflit avec la religion devient encore plus considérable,", a-t'il rajouté.
L'évêque a dit que le dialogue entre les dirigeants de l'Union Européenne et les organisations religieuses devrait être rendu officiel et structuré," nous rapporte le service de presse de la Représentation de l'Eglise Orthodoxe de Russie auprès des Institutions Européennes.

Ciel, mes bijoux! (c) Castafiore

Une jolie pie, entre 2 ondées, de jardin en jardin s'en va, jouant à cache-cache avec mon regard, perdu dans la verdure....

Dame pie, à virevolter ainsi, comment aurais-tu pu penser un seul instant que c'est à toi que le Phénix aurait pu décerner le titre de la sagesse des oiseaux? Phénix? Mais oui, si tu avais lu saint Clément de Rome, tu l'aurais su. Partagerais-tu ta tête avec celle de la gracile et distraite linotte?

DE AVE PHOENICE

Il est, en Orient, un site fortuné

Où du ciel éternel s'ouvre la porte immense.

Le Soleil en ce lieu, se lève non l'hiver,

Ni l'été, mais aux jours lumineux du printemps.

Un plateau déploie là ses plaines découvertes :

Nul tertre n'y surgit, nul vallon ne s'y creuse,

Mais les monts de chez nous, que nous jugeons si hauts

De deux fois six coudées ce plateau les dépasse.

Quand l'univers flambait, brûlé par Phaéton,

Ce lieu seul demeurait à l'abri de ces flammes;

Et lorsque le déluge eut recouvert le monde,

Il émergea des eaux deucalionéennes.

Là verdoie le bosquet du Soleil et, plein d'arbres,

Un bois sacré que pare un feuillage immortel,

On n'y voit point venir les pâles maladies,

Ni la triste vieillesse et la mort sans merci,

Ni la crainte ou le meurtre et l'âpre amour du gain.

On n'y connut jamais Vénus et ses fureurs;

Là, nul deuil douloureux, point de noire indigence,

Ni les amers soucis, ni la faim criminelle.

Là, jamais de tempête et jamais d'ouragan,

Jamais de gel couvrant de givre blanc la terre;

Point de nuage sombre étendant sa toison,

Point d'averse tombant de la voûte du ciel.

Mais au centre jaillit une source d'eau vive,

Limpide et toujours calme, abondante en eaux douces,

Qui, débordant soudain au cours de chaque mois,

Inonde le bosquet douze fois par année.

Là des arbres dressés sur leurs fûts élancés,

Portent des fruits bien mûrs qui ne tombent jamais.

Dans ces bois vit l'oiseau unique, le phénix.

Unique, mais toujours recréé par sa mort

Illustre satellite, il sert Phébus son maître,

Fonction qu'il reçut de la Nature-Mère.


C'est lui qui marque aussi les heures qui s'envolent,

Nuit et jour, par des sons qui ne trompent jamais.

Il est prêtre des bois et gardien du bosquet,

Et le seul qui connaisse, ô Phébus, tes arcanes.

Lorsqu'il a parcouru les mille ans de sa vie,

Que sa longue existence a rendu lourd son corps,

Afin de recréer son ère déclinante,

Délaissant le séjour de son heureux bosquet,

Anxieux de renaître, il quitte ces lieux saints

Et gagne notre monde où la mort est maîtresse.

Vif en dépit des ans, il s’envole en Syrie

Qui reçut de l'oiseau son nom de Phénicie.

Survolant les déserts, il atteint la forêt

Qui cache en ses ravins un bois plein de mystère.

Lors il élit, dressant sa cime, un haut palmier

A qui l'oiseau donna son nom grec de Phoinix.

Nul animal méchant ne se glisse en ses branches,

Ni les serpents luisants ni les oiseaux rapaces.

Eole alors enferme en ses outres les vents,

De peur qu'à leur contact l'air pur ne se ternisse,

Et qu'un nuage, au ciel, formé par le Notus,

Ne masque le soleil et ne nuise à l'oiseau.

Celui-ci se construit son nid ou son sépulcre.

Car s'il meurt, c'est pour vivre, et c'est lui qui se crée.

Il va chercher alors dans la riche forêt

Les parfums d’Arabie et les sucs d'Assyrie,

Ceux qui viennent de l'Inde et ceux que le Pygmée

Cueille dans son pays et ceux de la Sabée:

Le cinname et l'amome au souffle parfumé,

Il les assemble avec les feuilles balsamiques ;

La casse a l'odeur douce et l'acanthe embaumée,

Et les larmes d'encens tombant en lourdes gouttes,

Il les joint aux épis encore tendres du nard,

Avec la panacée et l'essence de myrrhe.


Il installe en ce nid son corps qui va changer,

Et sur ce lit de vie il se livre au repos.

Au premier rougeoiement de l'aurore naissante

Dont les rayons rosés font pâlir les étoiles,

Douze fois il se plonge en une onde sacrée,

Douze fois il répand l'eau vive autour de lui.

Il s'enlève et s'installe au sommet du grand arbre

Qui domine à lui seul le bosquet tout entier,

Et, tourné vers Phébus et ses aubes nouvelles,

Il attend ses rayons et l'astre qui se lève.

Puis, lorsque le soleil heurte le seuil splendide

Et que point le reflet de la prime lumière,

L'oiseau commence alors un chant religieux,

Appelant par sa voix les nouvelles clartés.

Ni Philomèle, ni la flûte harmonieuse

De leurs sons cirrhéens n'égalent ses accents;

Ni le cygne mourant, ni les cordes sonores

De la lyre d'Hermès ne pourraient l'imiter.

Mais après que Phébus à lâché ses coursiers,

Et que, toujours montant, il dévoile son disque,

En son honneur l'oiseau par trois fois bat des ailes,

Saluant le soleil par trois fois, il se tait.

Ensuite, de son bec, il répand sur ses membres

Les sucs dont les parfums embaumeront sa mort

Parmi tant de senteurs, enfin, il rend l'esprit;

Sans crainte, il leur confie un si noble dépôt.

Son corps, pourtant, ravi par une mort vitale,

S'échauffe et sa chaleur fait jaillit une flamme.

Un rayon de l'éther à son tour vient l'atteindre :

Il s'embrase et bientôt il est réduit en cendres.

Ces cendres, la nature, en les rendant humides,

Les condense, y insuffle un germe, les féconde.

On prétend qu'il en sort une larve sans membres

Et que cet embryon a la couleur du lait.

Il croît dans son sommeil pendant un temps fixé

Puis, en se ramassant, prend la forme d'un œuf.

Comme on voit se changer l'agreste chrysalide

Suspendue à son fil, en un beau papillon,

Ainsi l'oiseau reprend sa figure première

Et, brisant son cocon, redevient le phénix.

Il n'est point d'aliment pour lui dans notre monde;

Jeune, nul n'est commis au soin de le nourrir.

Il goûte du nectar l'ondée ambrosiaque

Que fait tomber vers lui le ciel peuplé d’étoiles.

Tels sont, dans les parfums, les seuls mets que l'oiseau

Absorbe en attendant son entière croissance.

Mais quand pour lui fleurit la prime adolescence,

Il s'envole à nouveau vers son propre pays,

Non sans avoir formé, des restes paternels,

Des os et de la cendre et des autres reliques,

Un globe que d'un bec filial il enrobe

Dans un onguent de myrrhe et de baume et d'encens.









Dans sa serre il l'emporte en Héliopolis.

Il l'offre sur l'autel du sanctuaire auguste.

Il requiert les regards et les tributs de tous,

Tant il a de splendeur, tant est grand son prestige !

Sa couleur écarlate est celle que l'été

Donne en ses plus beaux jours aux grenades bien mûres,

Celle que Flore prête aux pavots des campagnes,

Quand, sous les deux vermeils, elle entr'ouvre sa robe.

Tout ce rouge ennoblit sa gorge et sa poitrine

Et recouvre sa tête et sa nuque et son dos.

Il déploie, relevée de fauves reflets d'or,

Une queue où rougeoient des moires empourprés.

Iris a diapré les plumes de ses ailes

Ainsi qu'un arc-en-ciel qui colore un nuage.

D'un blanc étincelant aux reflets d'émeraude,

Son bec est à la fois ivoire et diamant.

Ses yeux sont grands, brillants comme deux améthystes,

Dont le centre projette une flamme éclatante

Epousant les contours de sa tête nouvelle,

Son nimbe radié reproduit le soleil.

La pourpre tyrienne a teint deux fois ses pattes;

Ses serres ont l'éclat ardent du vermillon.

En sa figure on croit voir et celle du paon

Et celle de l'oiseau qui vit aux bords du Phase.

Par sa taille il égale, oiseau ou mammifère,

L'échassier colossal des déserts d'Arabie.

Pourtant, il n'est point lent comme ces volatiles

Qui, lourds de leur grand corps, marchent à petits pas ;

Mais, alerte et léger, plein de grandeur royale,

Tel l'oiseau se présente aux regards des mortels.

Toute l'Egypte accourt pour voir cette merveille,

Et la foule Joyeuse acclame l'oiseau rare.

Dans le marbre sacré l'on sculpte son image

Et l'on grave à nouveau le jour de sa venue.

Tous les êtres ailés forment une assemblée

D’où l'amour du massacre et la peur sont bannis.

Entouré de ce chœur d'oiseaux, il prend l'essor,

Et la foule l'escorte, heureuse et recueillie.

Mais quand ils ont atteint les plaines éthérées,

La cohorte revient ; lui, regagne son gîte.

Ô destin fortuné ! Ô trépas bienheureux

Que Dieu donne à l'oiseau pour naître de soi-même !

Qu'il soit mâle ou femelle ou bien ni l'un ni l'autre,

Heureux être, ignorant les liens de Vénus !

Sa Vénus, c'est la mort ; la mort, son seul amour ;

Afin de pouvoir naître, il aspire à mourir

Il est son propre fils, son héritier, son père.

Il est tout à la fois nourricier et nourri ;

Il est lui et non lui, le même et non le même,

Conquérant par la mort une vie éternelle.



poème profane de Lactance, Père de l'Eglise (+ après 325)



Quant à moi, je préfère m'en aller chantoner avec ma petite dernière
Une comptine qui nous fera danser, pendant que virevolte la pie, légère...

"Y a une pie dans l'poirier
J'entends la pie qui chante
Y a une pie dans l'poirier
J'entends la pie chanter
J'entends, j'entends, j'entends la pie qui chante
J'entends, j'entends, j'entends la pie chanter"

Historique et signification du Rite Orthodoxe Occidental aux USA

Signification du Rite Orthodoxe Occidental
http://homepage.mac.com/gthurman/iblog/C931234280/index.html
(Note: Jusque récemment, je me suis occupé de rassembler tous les documents de prime importance que j'ai pu trouver dans les anciens numéros du magazine "The Word". Avec la fondation officielle du Vicariat de Rite Occidental dans l'archidiocèse Antiochien en 1962, un certain nombre d'articles ont été publiés au sujet du Rite Occidental dans le numéro d'avril 1962 du "Word". Ce qui suit est un article rédigé par le p. Paul (William Sutfin) Schneirla, l'actuel Vicaire Général du Vicariat de Rite Occidental de l'archidiocèse Antiochien. Je pense que ce qui intéressera le plus les lecteurs contemporains, c'est ce qui se trouve dans les 2 derniers paragraphes de l'article. - p. Matthew)

Tel qu'il existe maintenant dans l'Eglise Orthodoxe, le Rite Occidental est représenté par moins d'une cinquantaine de petites paroisses dispersées dans l'Eglise sur toute la surface de la terre, et réparties entre plusieurs juridictions autocéphales. De toute évidence, d'aucun parlerait plus facilement de l'insignifiance que de la signification. Et cependant, à certains égards, c'est une des plus importantes initiatives récentes de l'Orthodoxie.

En premier lieu, le Rite Occidental restaure l'équilibre culturel normal dans l'Eglise. L'état pré-Schisme est restauré entre l'Orient et l'Occident, symboliquement et potentiellement. Le premier résultat de cette réunion, c'est que l'Eglise proclame sa catholicité. Elle démontre qu'elle est l'Eglise Oecuménique, et non pas une religion tribale. Les premiers bénéficiaires de cette réaffirmation, ce sont les millions de fidèles de rite Oriental, qui représentent la majorité des fidèles de l'Eglise. Nos horizons sont considérablement élargis, que nous soyons des théologiens à présents forcés de saisir et d'exprimer une tradition plus étendue, ou des fidèles pour qui l'image de l'Eglise est radicalement transformée.
L'Eglise est accomplie en tant que société au-dessus des divisions de l'humanité, qui elles-mêmes transcendent les simples différences nationales et raciales. Ici nous avons un plus grand empire, même que le Byzantium. Tous les peuples peuvent venir devant le trône revêtus de leurs propres atours, présentant leurs propres dons. Le monde et l'humanité sont un dans la Foi. L'Eglise n'a jamais cessé d'insister sur cet Evangile de base; par la restauration du Rite Occidental, elle l'illustre.

Un autre des accomplissements que l'on peut anticiper par la pleine compréhension de toutes les implications du Rite Occidental, c'est la participation Orthodoxe au Mouvement Oecuménique à un niveau entièrement nouveau. Jusqu'à présent, l'Eglise y a participé avec hésitation, et de manière négative. Des faits superficiels, externes, ont fermé bien des chemins pour une relation créative entre Orient et Occident. D'un seul coup, le fait du Rite Occidental emporte au loin nombre de prétendues différences. Cela ne veut pas dire que de profondes convictions dogmatiques vont soudainement se trouver considérées comme étant équivalentes de tous les côtés de la désunion Chrétienne, mais leur véritable nature va devenir accessible à une considération directe au lieu de basée sur les aspects externes.

Indubitablement, la fraternisation sera encouragée avec les Catholiques-Romains et les Anglicans (Episcopaliens) par ce qui est substantiellement un rite commun. Depuis des décennies, les Anglicans ont affirmé que les désaccords majeurs n'étaient qu'externes. Maintenant, ils peuvent déterminer s'ils sont importants, les Trente-Neuf Articles, la Sainte Tradition, les Sacrements, la conformité rituelle générale jointe à une compréhension dogmatique démesurée, et les autres éléments de leur héritage de la Réforme. Les Chrétiens d'Occident qui se sont demandés ce qu'ils devraient faire pour communier aux Autels Orthodoxes ont à présent une réponse simple à leur question.

Pour finir, le Rite Occidental fournit un nouveau moyen pour réveiller l'élan missionnaire de l'Orthodoxie. L'accent qu'il implique sur l'universalité de l'Eglise contribuera au renouveau de la conscience du devoir missionnaire de nos hommes d'Eglise. On ne pourra plus assumer tacitement que les convertis auraient à adopter quelque variétés de nos aliments et de nos coutumes culturelles en même temps que la Foi. C'est en particulier parmi les "post-Chrétiens" des pays occidentaux, sans culture ecclésiale, que le rite sera une aide missionnaire concrète. Dans certaines de ces régions à présent perdues pour la Chrétienté, un Rite qui soit Occidental en tout, et spécifiquement adapté aux formes familières, devraient ouvrir les portes fermées.

Ainsi donc, l'antique Eglise entre dans une nouvelle phase de son histoire. Une opportunité nous est offerte de nourrir les jeunes plants, quand bien même les fruits pourraient bien ne pas apparaître durant notre génération. Dans le Rite Occidental, nous pouvons comprendre l'Orthodoxie mieux que jamais auparavant, et à travers le rite, l'Eglise se trouve à même d'étendre cette compréhension à celui qui est privé de l'Alliance.

***

Le p. Matthew Thurman vient d'être diplomé (avec brio) du "Holy Cross Seminary". Il a été nommé comme recteur de la paroisse Saint-Columba à Denver, Colorado, USA (Patriarcat d'Antioche, vicariat de Rite Orthodoxe occidental)




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Le Rite Occidental dans la Sainte Orthodoxie
http://www.stcolumbachurch.org/western_rite.html

Avant l'an 1054, il n'y aurait eu nulle difficulté à déclarer que le Rite Occidental de l'Eglise Indivise, c'était simplement l'usage des Eglises de langue latine. Le Rite utilisé par les Chrétiens d'Ecosse, Irlande et Angleterre était aussi orthodoxe que celui utilisé à Constantinople. Durant les mille premières années de la Chrétienté, toutes les églises éparpillées au loin et en communion avec les 5 Patriarcats (Constantinople, Jérusalem, Antioche, Alexandrie, Rome) étaient Orthodoxes.
Après 1054, ou plus précisément, après la Conquête de l'Angleterre par les Normands en 1066, les Eglises d'Occident furent entraînées dans le Grand Schisme du Patriarcat Romain, loin de l'Unité de l'Eglise Orthodoxe. La Liturgie Occidentale commença à refléter les erreurs papales, et même à se voir incorporer le Filioque dans le Credo nicéen, en plus d'autres aberrations.

La restauration d'un Rite Occidental corrigé, et vraiment orthodoxe, dans la Sainte Orthodoxie aux Etats-Unis, n'a pas été initiée par le laïcat ou du clergé ordinaire. La vision du Rite Occidental comme une partie essentielle de la Mission Orthodoxe en Amérique appartint à l'archevêque Tikhon, de l'archidiocèse américain sous le Patriarcat de Moscou. Il y a quelque 90 ans d'ici, il examina un Livre Anglican de Prière Commune (Book of Common Prayer) et l'envoya au Saint-Synode à Moscou. Cette Liturgie, dérivée de l'ancien usage de l'Occident Orthodoxe, et pour la première fois exprimée en anglais dans l'édition de 1549 sous l'autorité du roi Edouard 6 d'Angleterre, fut corrigée et approuvée par le Saint-Synode pour usage dans l'Eglise Orthodoxe.

Durant les années qui ont suivit, le bienheureux Tikhon fut lui-même élevé au siège patriarcal de Moscou, puis martyrisé par les communistes en 1925, depuis lors proclamé Saint de l'Eglise, et à présent connu par les fidèles Orthodoxes du monde entier sous le nom de saint Tikhon, Illuminateur de l'Amérique. C'est ce même saint Tikhon qui, vers l'époque où il obtint l'approbation pour la restauration du Rite Occidental en Amérique, consacra aussi (en 1904) Raphaël Hawaweeny comme évêque pour l'Eglise Orthodoxe en Amérique du Nord. C'est de ce dernier que descend l'archidiocèse Chrétien Orthodoxe Antiochien.

La Mission Orthodoxe en Amérique s'étant mise à grandir en nombre et en maturité, suite à cela, l'autorisation pour le Rite Occidental fut donnée par les patriarches et le Saint-Synode d'Antioche. Le métropolite Anthony (Bashir) fonda le Vicariat de Rite Occidental pour la création de Missions et paroisses de Rite Occidental dans l'archidiocèse. Le métropolite Philip (Saliba) a promu la création d'un nombre croissant de paroisses de Rite Occidental à travers toute l'Amérique du Nord; de nouvelles arrivées dans le clergé et le laïcat font que sa taille en a doublé en quelques années. L'Orthodoxie de Rite Occidental est à présent une dimension en rapide croissance dans la Mission de l'Eglise en Amérique.

Les paroisses de Rite Occidental représente la restauration de la Liturgie Occidentale légitime de l'Eglise Indivise des premiers mille ans, accomplie sous l'autorité patriarcale, pour le bénéfice de tout le peuple Orthodoxe.

Père John Connely, MA
Saint-Synode de Russie (1870), saint Tikhon (1904), Saint-Synode de Russie (1907), Antioche 1962 pour les USA : on ne peut pas parler d'épiphénomènes sans fondement pour l'intégralité de l'Orthodoxie, n'est-ce pas? ALORS, SI C'EST THÉOLOGIQUEMENT FONDÉ POUR LES U.S.A, POURQUOI NE LE SERAIT-CE PAS POUR CHEZ NOUS, EN EUROPE OCCIDENTALE, PRECISÉMENT LÀ OÙ LE RITE OCCIDENTAL EST NÉ?... bonne question, non?

30 mai 2006

La Réunification de l'Eglise de Russie, incitation pour la consolidation de l'Orthodoxie mondiale

23 Mai 2006, 15:06
Moscou, 23 Mai, Interfax – La réunification de l'Eglise Orthodoxe Russe Hors Frontières (ROCOR / ERHF) et l'Eglise en Russie va aider à résoudre les problèmes de divisions ecclésiales dans nombre de pays orthodoxes, a déclaré l'archiprêtre Nikolay Balashov, secrétaire pour les relations inter-Chrétiennes du département des affaires ecclésiales extérieures du Patriarcat de Moscou.
"Surmonter la division dans l'Eglise de Russie bénéficiera à toute la famille Orthodoxe dans le monde. S'il est mis un terme à cette division, il sera plus facile de réconcilier les divisions existantes en Grèce, Bulgarie et Roumanie", a déclaré le prêtre lors d'une conférence de presse ce mardi à Moscou.
"Ce sera un exemple excellent, source d'inspiration, et une image d'unité restaurée pour toutes les Eglises Orthodoxes", telle est la conviction du prêtre.
Parlant au sujet de la coopération entre le Patriarcat de Moscou et les Eglises non-Orthodoxes – un point de désaccord avec l'ERHF – le père Nikolay a fait remarquer que si l'Eglise de Russie est parvenue à un accord avec l'Eglise Catholique-Romaine sur des problèmes tels que l'avortement, l'euthanazie, les manipulations génétiques et la conception moderne des droits de l'homme, "un tel accord devrait être recherché, et tout devrait être fait pour protéger l'héritage Chrétien de l'Europe, qui est en train d'être exterminé dans toutes les sphères de la vie de la société."

Voir aussi la réaction de Natalia Narochnitskaya, député au parlement Russe (la Douma) et historienne bien connue : "upcoming reunification of Russian Church is important especially under latest world developments"
http://www.interfax-religion.com/?act=news&div=1468

Nouvelles des cendres de Sodome et Gomorrhe

Homosexualité: prolixe en conseils, l'Europe oublie Sodome et Gomorrhe
30/ 05/ 2006
10:55

Par Piotr Romanov, RIA Novosti
Une manifestation gay non autorisée a été dispersée il y a quelques jours dans le centre de Moscou. Toute la communauté homosexuelle européenne, mais aussi le Conseil de l'Europe, le commissaire européen aux droits de l'homme et nombre d'eurodéputés ont suivi de très près cette manifestation. Un député allemand et un autre français ont même fait le déplacement pour soutenir les gays russes, et ont été brièvement interpellés par la police moscovite.

Il est bien peu probable qu'il s'agisse là d'une action spontanée, car des gays vivent à Moscou depuis belle lurette. Elle est intervenue exactement au moment où la Russie vient d'accéder à la présidence du Conseil de l'Europe, nouvelle qu'une partie de l'élite politique occidentale a accueillie avec autant de fureur qu'elle avait accueilli la présidence russe au G8 dont le sommet se tiendra prochainement à Saint-Pétersbourg.
lire la suite :
http://fr.rian.ru/analysis/20060530/48797738.html

encouragements à Novosti :

http://fr.rian.ru/letters/


Rassemblement homosexuel en Lettonie préparé par un ancien pasteur Luthérien
http://www.interfax-religion.com/?act=news&div=1502
30 May 2006, 12:05
Riga, May 30, Interfax – Un rassemblement gay planifié pour les 21-22 juillet à Riga est activement soutenu par l'ancien pasteur Luthérien Maris Sants.
"Au moins 11 politiciens de pays de l'Union Européenne, pour la plupart de Scandinavie, y compris des membres du Parlement Européen, participeront aux festivités et au rassemblement," a déclaré Sants dans une entrevue publiée par le journal Latvian Chas, ce mardi.
Il dit que le rassemblement n'a pas pour but de provoquer des perturbations. "Le but de l'événement est de donner aux gens la possibilité d'apprendre à mieux connaître les gays, afin qu'ils réalisent que nous ne mangeons pas les bébés, etc," a-t'il rajouté.
Cependant, un mécontentement latent mais fort grandit dans la société Lettone face à ce genre de "festivités". L'indignation du peuple semble n'être contenue que par les sévères réactions prévisibles de la part de l'Union Européenne, a rajouté le journal.
De plus, l'ancien pasteur Sants est devant la justice en ce moment, une école fédérale ayant refusé de le prendre comme enseignant. Il croit que la vraie raison de ce refus est son "orientation".
Lot et ses filles fuient Sodome
Albrecht Dürer, 1496

Pivoine attablée

Si nous l'avions laissée au jardin, avec la grêle d'hier, ses pétales seraient déjà à pourrir... Là elle se déploie, nous présentant ses plus beaux reflets.

Grandes sont les oeuvres du Seigneur,
elles font l'admiration de tous ceux qui les goûtent.
(Ps. 110/111,2)

29 mai 2006

Fondement antique et oriental de l'interprétation quadripartite de l'Ecriture Sainte


Western Orthodoxy: The Ancient, Eastern Basis for the Four-Fold Interpretation of Scripture


Bien que les convertis Orthodoxes d'origine évangélique écartent souvent l'interprétation quadripartite de l'Ecriture comme étant une "idée catholique-romaine médiévale", sa généalogie la fait en réalité remonter à l'antique coeur monastique de l'Orient. Saint Jean Cassien a reçut ce principe herméneutique d'Abba Nestéros, un anachorète vivant sur la côte de Thennesus, Egypte, avec 2 autres, Chaeremon et Joseph. Le saint a rapporté ces instructions dans son célèbre libre des "Conférences", un récit détaillé de la sagesse spirituelle qu'avec son ami, ils ont reçu des moines de la Syrie jusqu'à l'Egypte. Dans cette conférence, il rappelle les paroles de ce saint père du désert:
***

CHAPITRE 8, De la science spirituelle.

Mais revenons à l'exposé de la science qui fut l'origine de cet entretien.
La pratique, nous l'avons dit plus haut, se partage en beaucoup de professions et d'états. La théorie se divise en 2 parties, c'est-à-dire l'interprétation historique et l'intelligence spirituelle; et c'est ce qui fait dire à Salomon, après avoir détaillé la grâce multiforme de l'Église : "Tous ceux de sa maison ont double vêtement" (Prov. 31,21). La science spirituelle, à son tour, comprend 3 genres : la tropologie, l'allégorie et l'anagogie. C'est d'eux qu'il est dit dans les Proverbes : "Pour vous, écrivez ces choses en triples caractères sur la largeur de votre coeur" (Prov. 22,20).
L'histoire a trait à la connaissance des événements passés et qui frappent les sens. L'Apôtre en donne un exemple, lorsqu'il dit : "Il est écrit qu'Abraham eut 2 fils, l'un de la servante et l'autre de la femme libre. Mais celui de la servante naquit selon la chair; et celui de la femme libre, en vertu de la promesse" (Gal. 4,22-23).
Ce qui suit, relève de l'allégorie, parce qu'il y est dit de choses réellement arrivées, qu'elles figuraient d'avance un autre mystère : "Ces 2 femmes sont les 2 Alliances : l'une, du mont Sinaï, enfantant dans la servitude; et c'est Agar. Car Sinaï est montagne d'Arabie, qui symbolise la Jérusalem actuelle, laquelle est esclave avec ses enfants" (Gal. 4,24-25).
L'anagogie s'élève des mystères spirituels à des secrets du Ciel, plus sublimes encore et plus augustes. On la voit dans ce que l'Apôtre ajoute immédiatement : "Mais la Jérusalem d'en haut est libre; et c'est elle qui est notre mère. Car il est écrit: Réjouis-toi, toi qui n'enfantais pas! Éclate en cris joyeux, toi qui ne connaissais pas les douleurs de l'enfantement! Les enfants de la délaissée sont plus nombreux que les enfants de celle qui avait l'époux" (Gal. 4,26-27).
La tropologie est une explication morale qui regarde la pureté de la vie et les principes de la conduite : comme si, par ces 2 Alliances, nous entendions la pratique et la théorie, ou que nous voulions prendre Jérusalem ou Sion pour l'âme humaine, comme il nous est montré dans ces paroles : "Loue, Jérusalem, le Seigneur; loue ton Dieu, Sion" (Ps. 147,12). Les 4 figures peuvent se trouver réunies. Ainsi, la même Jérusalem revêtira, si nous le voulons, 4 acceptions différentes: au sens historique, elle sera la cité des Juifs; au sens allégorique, l'Église du Christ; au sens anagogique, la cité céleste, "qui est notre mère à tous"; au sens tropologique, l'âme humaine, que nous voyons souvent louer ou blâmer par le Seigneur sous ce nom.
Voici dans quels termes le bienheureux Apôtre parle de ces 4 genres d'interprétation : "Frères, quelle utilité vous apporterai-je, si je viens à vous parlant en langues, et que je ne vous parle point par révélation, ou par science, ou par prophétie, ou par doctrine?" (1 Cor. 14,6).
La révélation se rapporte à l'allégorie, qui manifeste, en expliquant selon le sens spirituel, les vérités cachées sous le récit historique. Ainsi, par exemple, si nous essayons de découvrir "comment nos pères furent tous sous la nuée, et tous furent baptisés en Moïse dans la nuée et dans la mer", comment "tous mangèrent le même aliment spirituel, et burent le même breuvage spirituel du rocher qui les accompagnait, rocher qui était le Christ" (1 Cor. 10,1-4). Cette explication, qui montre figurés d'avance le Corps et le Sang du Christ que nous recevons chaque jour, a raison d'allégorie.
La science, qui est aussi mentionnée par l'Apôtre, représente la tropologie. Celle-ci nous fait discerner selon la prudence l'utilité ou la bonté de toutes les choses qui relèvent du jugement pratique: comme lorsqu'il nous est ordonné de juger par devers nous "s'il convient qu'une femme prie Dieu, la tête non voilée" (1 Cor. 11,13). Cette sorte d'interprétation renferme, nous l'avons dit, un sens moral.
La prophétie, que l'Apôtre nomme en troisième lieu, signifie l'anagogie, qui transporte le discours aux choses invisibles et futures comme dans ce passage : "Nous ne voulons pas, frères, que vous soyez dans l'ignorance sur le sujet de ceux qui dorment, afin que vous ne vous contristiez pas, comme fait le reste des hommes, qui n'a point d'espérance. Si, en effet, nous croyons que Jésus est mort et qu'il est ressuscité, nous devons croire aussi que Dieu amènera avec Jésus ceux qui se sont endormis en Lui. Aussi, nous vous déclarons sur la parole du Seigneur que nous, les vivants, réservés pour le temps de l'avènement du Seigneur, nous ne préviendrons pas ceux qui se sont endormis. Car le Seigneur Lui-même, au signal donné, à la voix de l'Archange, au son de la trompette divine, descendra du Ciel, et ceux qui sont morts dans le Christ ressusciteront d'abord" (1 Thes. 4,12-15). C'est la figure de l'anagogie qui parait dans une exhortation de cette nature.
La doctrine dit l'ordre tout simple de l'explication historique, laquelle ne renferme point de sens plus caché que celui qui sonne dans les mots. Ainsi, dans les textes qui suivent : "Je vous ai enseigné premièrement, comme je l'ai appris moi-même, que le Christ est mort pour nos péchés selon les Écritures, qu'Il a été enseveli, qu'Il est ressuscité le troisième jour et qu'Il est apparu à Céphas" (1 Cor. 15,3-5). "Dieu a envoyé son Fils, formé d'une femme, né sous la Loi, afin d'affranchir ceux qui étaient sous la Loi" (Gal. 4,5). "Écoute, Israël, le Seigneur ton Dieu est un Seigneur unique" (Deut. 4,4).

***

Dans sa sainte Règle, Saint Benoît de Nursie a mentionné les Conférences et les Institutions de saint Jean Cassien comme lectures recommandées, et sa sainte Règle a exercé une telle influence sur toute l'Histoire de l'Europe qu'elle est devenue comme son herméneutique biblique bien établie. En Orient cependant, "saint Cassien le Romain" a reçut une bien moindre attention, n'ayant que 2 courtes citations dans le premier volume de la Philocalie des Pères Neptiques - et toutes deux dans une traduction considérablement raccourcie -, et la guidance spirituelle d'Abba Nesteros y a été perdue. Ceci démontre ironiquement qu'au plus l'Orthodoxie est hostile envers l'Occident, au plus elle perd le contact avec son propre héritage oriental.
(Posté par le sous-diacre Benjamin Johnson, lundi 9 janvier 2006 à 21h14)

29 mai 1453, chute de Constantinople


Du Prologue d'Ochrid, par saint Nicolas Velimirovitch (traduction www.amdg.be)

"8. CHUTE DE LA VILLE DE CONSTANTINOPLE
A cause des péchés des hommes, Dieu permit qu'une amère calamité s'abatte sur la capitale du Christianisme. Le 29 mai 1453, le sultan Mehmet II conquit Constantinople et exécuta l'empereur Constantin XI."

KYRIE ELEISON!


lire (en anglais) : The Fall of Constantinople
http://www.greece.org/Romiosini/fall.html
par Dionysios Hatzopoulos, Professor of Classical and Byzantine Studies, and Chairman of Hellenic Studies Center at Dawson College, Montreal, and Lecturer at the Department of History at Universite de Montreal, Quebec, Canada.

Constantin XI Paléologue, martyr

28 mai 2006

Après la drache, un coin de soleil. Et dans nos vies?

"Les sources de l'abîme se fermèrent, ainsi que les écluses des cieux, et la pluie du ciel s'arrêta."
Genèse 8,2

Deux semaine
s de pluie parfois diluviennes, d'avis d'aquaplanage quotidiens sur nos routes. Les jardins et prairies sont gorgés, et on en vient à espérer que les nappes phréatiques en sont de même, parce qu'avec tout ce qui nous est tombé dessus, ça serait un comble..



Premiers timides rayons de soleil ce midi, en sortant de la chapelle. Les bleuets se sont développés pour en profiter - ça n'a pas dûré... Et les abeilles sont venues vite s'offrir une "bonne pinte".



Un peu de soleil et toute la Création est à la joie!



Tiens, comment créer ce rayon de soleil autour de soi? Faut-il attendre qu'il vienne "d'En Haut" comme par magie?



Dominique va à sa boîte aux lettres et y découvre une seule enveloppe. Bizarre, pas de timbre, aucun cachet, seulement son nom et son adresse. Elle lit la lettre. "Bonjour Dominique, j'aimerais passer te rendre visite samedi après-midi. Affectueusement, Jésus." Ses mains tremblent, en plaçant la lettre sur la table. "Pourquoi Dieu veut-Il me rendre visite? Je suis une personne ordinaire, je n'ai rien à offrir." Avec cette pensée, Dominique se rappelle que son garde-manger est vide. "Oh mon Dieu, je n'ai vraiment rien à Lui offrir. Je vais devoir aller au magasin acheter quelque chose pour le repas." Elle va chercher son portefeuille et enfile son manteau et se dépêche vers la porte. Revenant du magasin, Dominique est apostrophée. "Hé, pouvez-vous nous aider?" Elle est tellement absorbée par cette visite qu'elle ne remarque pas les deux personnes sur le trottoir. Un homme et une femme, tous deux habillés pauvrement. "Je n'ai pas de travail, vous savez, ma femme et moi vivons dans la rue. En plus, il commence à faire très froid et nous avons très faim. Si vous pouviez nous aider, on apprécierait beaucoup." Dominique les regarde et poursuit son chemin. Quelques secondes plus tard, elle sent un pincement familier au coeur. Elle se retourne et dit à ce couple: "Pourquoi ne prendriez-vous pas cette nourriture? J'essaierai de trouver autre chose pour mon invité." Elle donne son sac de nourriture à l'homme. "Merci madame, merci beaucoup!" dit l'épouse de l'homme, et Dominique peut maintenant voir qu'elle grelotte. "Vous savez, j'ai un autre manteau à la maison. Voici, pourquoi ne prendriez-vous pas celui-ci?" Elle déboutonne son manteau et le glisse sur les épaules de la dame. Alors souriante, elle marche vers la maison sans son manteau et rien à servir à son invité. En rentrant chez elle, Dominique commence à frissonner et à se tracasser. Le Seigneur vient la visiter et elle n'a rien à Lui offrir. Elle fouille dans son sac à main pour y prendre sa clé. Ce faisant, elle remarque une autre enveloppe dans la boîte aux lettres. "C'est bizarre! Normalement, le facteur ne passe pas deux fois dans la même journée". Elle prend l'enveloppe, l'ouvre et lit la lettre: "Chère Dominique, ça m'a fait énormément plaisir de te voir à nouveau. Merci pour le délicieux repas, merci aussi pour le beau manteau.
Affectueusement, Jésus."


"Les pauvres, vous les aurez toujours avec vous"
Evangile selon saint Jean, 12,8


saint Jean Maximovitch, au milieu des réfugiés, aux Philippines









et dans son bureau, à l'orphelinat à San Francisco:

Puiser à la source de l'unique vrai Soleil, le Christ, Soleil de Justice, pour ensuite apporter aux pauvres l'autre soleil, la chaleur humaine, dans leur vie de tous les jours...

Inauguration de la nouvelle église de Saints Cyrille et Méthode à Ostende (Belgique)


Lire la suite :
http://www.orthodoxie.com/2006/05/inauguration_de.html

Sarov : 300ème anniversaire de l'Ermitage

7.000 pèlerins viendront à la célébration du
300ème anniversaire de l'Ermitage de Sarov
http://www.mospat.ru/index.php?page=31494 Le 23 mai, le gouverneur de la région de Nizhny Novgorod, V. Shantsev, a présidé une réunion du Comité d'Organisation pour la célébration du 300ème anniversaire de l'Ermitage de Sarov, a rapporté le site regions.ru Il a expliqué aux journalistes que la préparation des festivités à Sarov et à Diveyevo était en cours. "Nous avons été informés ce jour que tous les plans avaient été réalisés, y compris les investissements. Les réparations à l'église de Saint-Jean le Baptiste dans le Proche Ermitage seront achevées plus tôt que prévu," a-t'il rajouté. V. Shantsev a dit qu'un camp de tentes serait arrangé pour loger 7.000 pèlerins. Une tournée médiatique à Diveyevo et Sarov serait organisée avant les festivités. Les représentants de 165 media régionaux et centraux ont été accrédités pour ce 300ème anniversaire de l'Ermitage de Sarov. "Nous avons tout organisé pour les festivités à Sarov et Diveyevo. Tous ceux qui s'inscriront à temps pour participer recevront leur billet pour Sarov. Les festivités seront retransmises et tous les citoyens de Nizhny Novgorod pourront ainsi les suivre," a souligné Shantsev.
L'archevêque Georgy de Nizhny Novgorod et Arzamas a noté le haut niveau de préparation. Il pense que l'ouverture du monastère de Sarov sera un événement majeur des festivités. Il a aussi dit qu'une source de 300 ans, utilisée par saint Seraphim de Sarov, a été récemment retrouvée sous l'église de Saint-Jean le Baptiste.