"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

22 juillet 2006

Il est à mwé ou il est t'atwé? (K9)

(veuillez excuser cet affreux jeu de mot en patois)

"vous vous en posez, des questions, par c'te chaleur, vous!"






la réponse est : les 2, mon général








Il est à moi et il est tatoué.. comme moi :-)




















Mais au contraire de la Marine, où le tatouage n'est heureusement pas obligatoire bien que fort répandu parmi les matafs "de tradition", pour les chiens, c'est obligatoire. Ou alors la puce électronique. Depuis le 1er janvier 2006, en Belgique, les éleveurs ont le choix entre les 2 méthodes.

C'est une société sans but lucratif, la Société Royale Saint-Hubert ASBL, qui se charge des contrôles, identifications, etc.

Les 2 méthodes ont leurs avantages et inconvénients. Disons qu'un chiot (ou louloup) perdu dans un pays où on ne dispose pas de lecteurs de "puces électroniques" a moins de chances d'être rendu à son maître qu'avec un tatouage ne nécessitant pas de système électronique de lecture.

Photos ci-dessus le 13 juillet, 2 jours après son tatouage.

Et le voilà le 18 juillet, je venais de l'appeler et voici notre petit Elvis gambadant allègrement vers moi. Il grandit à vue d'oeil, ça promet.


Son régime alimentaire? A animal rustique, becquettance rustique, si possible.
Suivant les recommendations de l'éleveur, il recevra donc un mélange de panse de bovin et de croquettes d'éleveur (croquettes que nous prennions déjà pour le berger allemand).
















C'est un sacré boulot que de préparer les colis de panse à placer ensuite au congélateur. Et les mouches affluent!


21 juillet 2006

175ème de la Belgique : Te Deum laudamus!



FETE NATIONALE 2006














«Gallia est omnis divisa in partes tres, quarum unam incolunt Belgae, aliam Aquitani, tertiam qui ipsorum lingua Celtae, nostra Galli appellantur. Hi omnes lingua, institutis, legibus inter se differunt. Gallos ab Aquitanis Garumna flumen, a Belgis Matrona et Sequana dividit. Horum omnium fortissimi sunt Belgae, propterea quod a cultu atque humanitate provinciae longissime absunt,
minimeque ad eos mercatores saepe commeant atque ea quae ad effeminandos animos pertinent important, proximique sunt Germanis, qui trans Rhenum incolunt, quibuscum continenter bellum gerunt.» (C. IULI CAESARIS, DE BELLO GALLICO, COMMENTARIUS PRIMUS)
«La Gaule, dans son ensemble, est divisée en trois parties, dont l'une est habitée par les Belges, l'autre par les Aquitains, la troisième par ceux qui dans leur propre langue, se nomment Celtes, et, dans la nôtre, Gaulois. Tous ces peuples diffèrent entre eux par la langue, les coutumes, les lois. Les Gaulois sont séparés des Aquitains par le cours de la Garonne, des Belges par la Marne et la Seine. Les plus braves de tous ces peuples sont les Belges, parce qu'ils sont les plus éloignés de la civilisation et des moeurs raffinées de la Province, parce que les marchands vont très rarement chez eux et n'y importent pas ce qui est propre à amollir les coeurs, parce qu'ils sont les plus voisins des Germains qui habitent au-delà du Rhin et avec qui ils sont continuellement en guerre.» (traduction française de Maurice Rat, Garnier-Frères, 1967)

Gaius Iulius Caesar
(meurtrier, païen, pervers, dictateur et empereur de Rome,
mort assassiné en 44 avant Jésus-Christ)

Et côté bravoure, il parlera d'expérience, "le vieux Jules" (dixit Astérix) : le seul endroit dans toutes ses guerres d'invasion où il essuiera un terrible revers, c'est chez nous, quand notre héros national, Ambiorix, à la tête de ses Eburons, massacrera 2 légions romaines après les avoir attirées dans un piège. Nulle part ailleurs, du temps de Jules César, son empire n'essuiera un tel revers. Au Moyen-Age, les miliciens Dinantais, Brabançons et Bruggeois seront recherchés par les belligérants d'Europe, comme étant toujours d'excellents hommes d'armes. Mazette, devoir sans arrêt défendre son pays contre des envahisseurs de tout poil, ça forme les tempéraments. Et c'est ainsi que l'armée d'Autriche, une des premières d'Europe à l'époque, se verra mise à la porte manu militari – le 20 Février 1790, Joseph II d'Autriche, mourrant, déclarera au Prince de Ligne : "Votre pays m'a tué !"...

Il y a donc plus de 2.000 ans déjà, on parlait de nous... rassemblement de tribus Celtiques, habitant grosso modo les mêmes zones géographiques que maintenant, et sauf quelques massacres et déplacements de populations forcés
suite à invasion (une partie de la Flandre et de la Wallonie sont à présent en France, une partie de la Wallonie est en Allemagne), cela restera ainsi jusqu'à nos jours. Divers régimes politiques se sont succédés. Nous avons été envahisseurs (Belgus, au 3ème siècle avant Jésus-Christ, partit envahir la Dalmatie, puis les Trévires partis fonder les colonies des futurs Galates en Asie Mineure, dans l'actuelle Turquie); nous avons été envahis – Allemands, Espagnols, Français, Autrichiens, Anglais, Hollandais, ont succédé aux hordes des barbares d'Orient (Alains, Vandales, Huns, Wisigoths, etc); et comme nation indépendante dans le sens où les Occidentaux comprennent le terme actuellement, nous avons été une république puis un royaume. De tous les systèmes essayés, c'est jusqu'à présent celui qui a montré le plus d'aptitude à la longue durée, le roi restant "hors du jeu de quilles" des intérêts des partis politiques (qui divergent généralement de l'intérêt général, passons).


Nous avons donc la chance de pouvoir fêter cette année les 175 du royaume de Belgique. N'oublions pas, dès lors, l'avertissement de l'Evangile, qui vaut aussi pour nous :

"Tout royaume divisé contre lui-même se dépeuple; toute ville, toute maison divisée contre elle-même ne peut subsister."
Evangile selon saint Matthieu 12,25

Et cette année encore, le Ciel nous fait la grâce de pouvoir célébrer la fête nationale sans être bombardés ou devoir le faire avec un fusil dans une main et la trousse de premiers soins sous les fesses, planqués dans un abri anti-atomique ou sous les ruines d'un immeuble.

Mais la paix civile, au contraire de la paix de Dieu, ça n'est pas un don gratuit, ça s'acquiert. On doit travailler pour y parvenir. Et sans cesse, se souvenir du prix que son obtention a coûté aux générations qui nous ont précédés. Qu'on soit "d'origine" d'ici – encore que, quand on remonte les générations... - ou que Dieu ait permis qu'on vienne y vivre en paix, il faut se souvenir de tous ces femmes et hommes qui ont travaillé dur, des siècles durant, versant leur sang pour que leurs familles et concitoyens puissent vivre ou redevenir libres, et ce depuis bientôt 2.500 ans, pour que le lopin de terre où nous nous trouvons puisse être relativement agréable à vivre.

Lopin de terre qui était Chrétien, Orthodoxe bien sûr, car il a eu le bonheur de recevoir des évangélisateurs dès les tous premiers élans de la Mission partie de Terre Sainte, après la naissance de l'Eglise, en 33, lors de la Pentecôte à Jérusalem. Les plus grandes réalisations dans le domaine de la civilisation humaine viendront des efforts incroyable qu'accompliront les moniales et les moines, défrichant, labourant, ensemençant, nos terres encore très sauvages. Et instruisant un peuple que les puissants préféraient garder inculte, histoire d'en faire de bons esclaves... Cela fait plusieurs siècles, hélas, que la belle aventure du Christianisme a prit fin en Belgique - les alliances politiques des envahisseurs ayant arraché notre pays à l'Eglise, comme les autres pays d'Europe après 1054. Et n'y étant plus que quelque dizaines de milliers tout au plus, divisés par dessus le marché entre "juridictions", on ne porte plus guère de fruit comme autrefois les Euchère, Valère et Materne (les 3 premiers), les Eloi, Gertrude, Bavon, Godelieve, Hubert, Gudule, et autre Lambert... Puissions nous enfin nous souvenir des conditions requises pour porter du fruit... Et puisse notre pays là aussi se mettre à réfléchir sur les causes réelles et profondes de certains drames récurrents... Car quand on lache la main de Dieu, qui vient vous prendre la vôtre sans demander votre avis?...

En tout cas, en ces temps bénis où la sainte Eglise répandait le Christ dans tout le pays, les relations inter-communautaires étaient aussi différentes de ce qu'elles ont tendance à être de nos jours. Saint Mommelin (Mummolenus, fête le
16 octobre, + 686), successeur de saint Eloi comme évêque de Tournai-Noyon, était bilingue, parce que comme nous rapporte sa Vita latine, à Noyon on parlait "roman", et à Tournai "teuton". Ami de saint Bertin (fondateur de Sithiu) et de saint Omer (évêque du siège apostolique des Flandres, à Thérouanne), formé comme eux à l'école monastique de saint Colomban à Luxueil. Ami de la reine sainte Bathilde, de saint Amand, de saint Vindicien, etc - son siècle a été le "siècle des saints" en Belgique en particulier - il sera 26 ans évêque de nos régions.
"Nos" régions? Oui. Il faut resituer cela dans le contexte géographique, historique et diocésain de l'époque - quand la Belgique était 30% plus grande en superficie et surtout, répétons-le, Orthodoxe. On se rappelera que le diocèse de Tournai couvrait plus du tiers du pays, et nécessitait un évêque bilingue. Parce que la population d'alors utilisait, déjà, ce qui allait devenir le français et le flamand. Oui, ce diocèse allait jusqu'à Antwerpen (Anvers).

Antwerpen où le 24 janvier 2000, le couple princier nouvellement marié – le prince Philippe 1er de Belgique et la princesse Mathilde – faisait sa "joyeuse entrée" (une belle coutume bien de chez nous, remontant au Moyen-Age). Et où des militants séparatistes ne devaient leur salut ... qu'à leur arrestation par la police. Parce que la population, qu'on présente habituellement comme "pro-séparatisme" à cause du vote "VB", a voulu littéralement lyncher les fauteurs de trouble qui pensaient pouvoir allègrement s'adonner au "crime de lèse-majesté" comme on disait dans le temps.

Comme quoi... Si on regardait un peu mieux du côté de toutes les turpitudes commises par certains élus des partis "traditionnels", on comprendrait la détresse d'une population qui s'exprime souvent par ces votes "extrêmes", seule alternative qu'on lui laisse... Et on comprendrait mieux les appels à une vie honnête, morale, appels que notre bon roi ne cesse de relancer chaque année que Dieu fait, mais apparement sans être entendu des premiers concernés. Mais vient le couple princier, et la population montre bien ce qu'il en est.

Les mains propres, ça ne doit pas être qu'en paroles...
pré-électorales...


Dans son discours à la nation à l'occasion de la fête nationale 2006, sa majesté Albert II roi des Belges a insisté sur la nécessité du multi-linguisme. Cela a toujours été un des atouts majeurs de la Belgique. Le repli communautariste frileux, les tentations ségrégationistes, ne sont pas l'héritage de la Belgique de toujours, mais le fruit pourri de compagnonages politiques sulfureux nés dans l'entre-2-guerres mondiales. Favorisés, il est vrai, par un comportement dédaigneux de certaines "élites" – mais c'était en sens inverse au siècle précédant, et on n'en avait pas pour autant commencé à casser le pays, que du contraire. Prennons dans le passé les bons exemples, ceux "qui marchent", c'est-à-dire ceux qui permettent à un "mieux vivre ensemble", au lieu de ceux qui transforment le pays en "barbelés sur la prairie" (titre d'une célèbre BD de Lucky Luke) et ses habitants en autant de soldats de guerres de tranchées. On ne sait pas vivre dignement dans une tranchée et sous des ruines. Les 3/4 des pays de cette planète connaissant guerres civiles ou externes ou catastrophes climatiques majeures, cela devrait enfin nous faire réfléchir.

Le discours royal :
http://www.monarchie.be/fr/





L'hymne national



















Que saint Michel Archange, saint Colomban de Gand, et toutes les saintes et saints ayant illuminé la terre de Belgique nous bénissent et prient Dieu pour nous. Leve de koning! Leve België! Vive le roi! Vive la Belgique!

20 juillet 2006

Soins palliatifs? Euthanazie?

Ma femme et moi étions assis dans le lit la nuit dernière, discutant des choses de la vie.

Nous parlions de l'idée de vivre ou mourir.

Je lui dis :

"Ne me laisse jamais vivre dans un état végétatif, dépendant d'une machine et de liquides.



Si tu me vois dans cet état, débranche tous les éléments qui me maintiennent en vie"



. . . . . .






Sur ce, elle s'est levée, a débranché le câble de mon ordinateur et m'a enlevé ma bière.

Ah la vache !!!!

(adapté d'une blague d'Etienne - merci Tiennou!)

New York : exposition de fresques d'églises orthodoxes du Kosovo

http://www.mospat.ru/index.php?page=32264
Une exposition de fresques d'églises et monastères orthodoxes du Kosovo et de Métohija a eu lieu à la paroisse orthodoxe serbe Saint-Savva à New York, du 8 au 9 juillet 2006. Les fresques ont été copiées par des étudiants de l'Académie des Arts et Restauration de l'Eglise Orthodoxe de Serbie.
Cela fait partie d'une série d'expositions à but caritatif organisées par les étudiants de
l'Académie. Auparavant, cette exposition a été présentée à Belgrade, Munich et Boston.
Le père Dhokan Majstorovin, recteur de Saint-Sava, a présidé la cérémonie d'ouverture. Le père Dhokan a souligné l'oeuvre missionnaire des étudiants et enseignants de l'Académie, disant que l'exposition aidant les gens d'autres pays à découvrir le riche héritage historique et culturel du Kosovo et de la Metohija.
Le jour de la clôture de l'exposition, le 9 juillet, une Divine Liturgie a été célébrée à Saint-Savva, à laquelle a participé le prince Michael Karaporpevin, Milso Prica l'ambassadeur de Bosnie-Herzégovine, Vladimir Thutin consul de Serbie à New York, en plus des organisateurs et visiteurs.
Après cela, la délégation de l'Académie des Arts a visité l'université Harvard à Boston, l'Académie Saint-Vladimir à New York et le monastère Saint-Tikhon en Pennsylvanie.

Statue de Saint-Georges à Tbilissi (Géorgie)

TBILISSI, 19 juillet - RIA Novosti. Le montage d'une statue de Saint-Georges, cadeau du président de l'Académie russe des beaux arts Zourab Tsereteli aux habitants de la capitale géorgienne, a commencé place de la Liberté de Tbilissi.

Mercredi, un Saint-Georges doré qui est considéré comme le patron céleste de la Géorgie, a été acheminé sur la place centrale de Tbilissi...
Lire la suite sur Novosti



Zourab Tsereteli, avec la fondatrice des Paralympics,
Eunice Kennedy Shriver



Statue de saint Georges à l'ONU, par Zourab Tsereteli. Porté par la Croix, le Bien finira toujours par l'emporter sur le Mal.

SAINT GEORGES, PRIE DIEU POUR NOUS!

19 juillet 2006

La moutarde me monte au nez

Surtout celle plantée par notre plus jeune enfant dans le pare-terre,
devant la maison!



"À cause de votre manque de foi, répondit-il. Oui, vous dis-je, si vous aviez de la foi, gros comme un grain de moutarde, vous diriez à cette montagne : Transporte-toi d'ici là, qu'elle le ferait; rien ne vous serait impossible."
Evangile selon saint Matthieu 17,20






Dieu nous punit-Il?


http://www.oca.org/CHRIST-life-print.asp?ID=111
Juillet 2006, Article n° 2
Par l'archiprêtre Jean Breck

Parfois, des prêtres qui reviennent d'avoir entendu des confessions sont empreints d'une profonde tristesse. Cette tristesse est souvent due au fait qu'ils ont réalisé avoir permit à leurs fidèles d'acquérir et de vivre avec des images, des idées de Dieu, qui sont tristement déformées, des images qui semblent avoir si peu à voir avec Celui Qui Se révèle dans les Ecritures et dans le culte de l'Eglise. C'est une surprise très forte, puisque les media populaires présentent le Christianisme comme étant soit un culte fondamentaliste, soit une thérapie "pour une vie meilleure". Et la plupart d'entre nous lisent Time ou Newsweek [Le Vif/L'Express ou La Libre-Match] bien plus religieusement que nous ne le faisons avec la Bible. Si "nous sommes ce que nous mangeons", alors cette nourriture populaire va inévitablement nous laisser mal-nourris, limités par une compréhension de Dieu qui n'a que peu de rapport avec la réalité que nous en connaissons par la sainte Tradition et l'expérience ecclésiale.

Beaucoup de Chrétiens, tant d'Orient que d'Occident, souffrent d'une image de Dieu qui remonte à la période de la théologie scolastique médiévale. Ils Le conçoivent – et le redoutent – comme étant le Juge terrible qui, en colère à cause de notre état pécheur, exige de nous une sorte d'expiation : un paiement pour apaiser la colère divine. Bien qu'ils croient dans l'oeuvre salvatrice du Christ sur la Croix, ils sont aussi convaincus que pour être préservés de la damnation éternelle, ils doivent accomplir une pénitence personnelle pour leurs péchés qu'ils offriraient eux-mêmes par quelques formes "d'oeuvres" : par une accumulation de bonnes actions qui l'emporteraient sur leurs péchés dans les balances de la justice divine, ou en endurant la souffrance personnelle, afin de se purger de leur culpabilité et de se libérer des conséquences du péché, à savoir de la mort. Sans une telle pénitence, interprétée comme une punition, il ne pourrait qu'y avoir éternelle condamnation : confinement en un lieu où il y a larmes, pleurs et grincements de dents éternels. Un exemple classique de ce type de conception se retrouve dans la manière dont certains, y compris quelques théologiens, présentent la tradition douteuse des "maisons de péage", étapes de punition purifiante par lesquelles l'âme devrait passer dans sa quête de la vie éternelle. Mais nous retrouvons cela aussi dans les commentaires que les gens font à propos de leurs expériences quotidiennes : "Malgré que je me sois souvent confessé, et malgré toute la fidélité que j'essaie d'avoir envers Dieu, Il me punit à cause de mes péchés (passés, actuels ou à venir)."
[dans le language populaire de Belgique, ça donne "mais qu'est-ce que j'ai encore bien pu faire au Bon Dieu pour mériter cette catastrophe?!"]

En réaction à cette manière de penser, d'autres adoptent la religion actuelle du "se sentir bien", qui rejette la moindre notion de péché, et qui écarte comme bizarre et inconcevable toute notion de menace de vengeance ou de jugement divin. Les affirmations bibliques "Dieu est bon" et "Dieu est amour" voudraient dire que Dieu nous laisse faire ce que bon nous semble, pour autant que nous ayons la "foi". Ce qui signifie : aussi longtemps que nous sommes convaincus que Dieu rentre dans cette image bienveillante, domestiquée et "maternelle" dans laquelle nous L'avons recrée – un Dieu masculin, féminin ou neutre. Le rejet du purgatoire et du trésor des mérites par les Réformateurs Protestants, aussi approprié qu'aie était ce rejet, a tout au plus ouvert la voie pour un autre nouveau dogme, celui du "une fois sauvé, on l'est pour toujours", cette notion "d'assurance" qui pour nombre de gens d'aujourd'hui signifie un peu plus que "l'assurance" contre le jugement de Dieu et notre propre responsabilité.

Comme souvent lorsque les choses se polarisent, la vérité se trouve quelque part au milieu. Nombre d'Orthodoxes (et certainement nombre d'autres Chrétiens) reconnaissent et célèbrent la promesse du pardon intégral du péché telle que donnée dans l'Evangile, quand ce péché est confessé et qu'une tentative de repentance est accomplie sincèrement. Ils savent, par l'Ecriture, le culte liturgique et l'expérience personnelle, que nous ne sommes pas capables de sauver nous-mêmes, mais que Jésus, l'éternel Fils de Dieu, a accomplit notre Salut par Sa mort et Résurrection : Il a intégralement vaincu la puissance du péché et de la mort qui nous tenaient en esclavage. Et cependant, souvent, consciemment ou non, ils ont en eux cette notion que leur souffrance personnelle – qu'elle soit physique, émotionnelle ou spirituelle – serait le résultat d'une exigence de Dieu pour un châtiment mérité. Son pardon, ils le voient comme contingent à un acte de "repentance" de leur part qui impliquerait inévitablement une "repentance" interprétée comme une forme de punition. Il doit cependant être dit que tant que la pénitence est conçue comme un moyen par lequel nous nous libérons nous-mêmes des conséquences du péché, plutôt qu'un outil pédagogique pour nous aider dans la quête de la sainteté ou de la sanctification, alors nous avons mal compris le coeur même de l'Evangile et nous nous sommes placés hors des limites du Christianisme Orthodoxe.

Le mot grec "metanoia", que nous traduisons par "repentir", signifie en réalité "un retournement", un changement de direction ou d'orientation. Une fois que cette réorientation radicale commence, nous entrons sur le chemin souvent marqué par le combat et même la souffrance. Mais si vraiment nous "cherchons d'abord le Royaume de Dieu", nous apprenons bien vite que la Main Qui guide au long du chemin ne nous punit jamais par esprit de revanche ou de vengeance. Comme le Seigneur Ressuscité l'a déclaré à Saül, ce qu'Il attend de Ses disciples, c'est un transfert de leur loyauté et leur libération "afin qu'ils passent des ténèbres à la lumière et de la puissance de Satan à Dieu, et qu'ainsi, par la foi en moi, ils reçoivent la rémission des péchés et leur part d'héritage avec ceux qui ont été sanctifiés" (Actes 26,18). A la lumière de ceci, la souffrance endurée n'est pas punition; elle n'est pas l'amère récompense pour notre état pécheur. Comme toute "pénitence" qu'un père spirituel pourrait imposer, elle est un appel et un encouragement à une véritable métanoia, vers cette réorientation qui nous guide tout au long des combats et tentations de la vie, et nous conduit finalement dans les bras ouverts de ce Dieu d'infinie compassion et miséricorde.

C'est pourquoi nous pouvons répondre à notre question du départ par un simple "non". Car non, Dieu ne nous punit pas. Au contraire, Il nous guide, châtie, purifie et renforce à travers chaque événement et chaque expérience, avec toujours cet unique et simple but, celui de nous embrasser pour toujours dans la plénitude de Son amour.

Le mot de la fin appartient à saint Jean, le Disciple Bien-aimé, celui qui connut le Christ probablement mieux que n'importe lequel des autres Apôtres. Face au redoutable jour du Jugement, il déclare que "nous pouvons avoir confiance" non pas dans nos mérites ou dans les pénitences punitives que nous pourrions avoir endurées, mais dans l'amour de ce Dieu dont l'essence même est Amour. " Dans l'amour, il n'y a pas de crainte : au contraire, l'amour parfait expulse la crainte, parce que crainte implique châtiment.." Le Chemin vers le Royaume des Cieux n'est pas à travers la punition, à travers la souffrance imposée par un Dieu vengeur dont la justice surpasse la Miséricorde. Il est à travers l'amour : l'amour sans limite, l'amour-don que Dieu a pour nous, auquel, dans une attitude de repentir continu, nous répondons par l'amour envers Lui et les uns envers les autres (1 Jean 4,16-21).

* * * * *

pere Jean Breck
http://www.oca.org/CHRIST-life-about.asp?SID=6

En janvier 2002, une nouvelle série d'articles opportuns a été entamée sur cette page du site internet de l'Eglise Orthodoxe en Amérique (OCA).
Editée par l'archiprêtre Jean Breck, la série bi-mensuelle offre des commentaires et des observations du père Jean et d'autres auteurs sur un large panel de sujets actuels. Les 2 premières publications offrirent des réflexion sur la vie après les tragédies du 11 septembre 2001 et sur les débat entourant les recherches sur les cellules souches d'embryons.
L'archiprêtre John Matusiak, directeur des communications de l'OCA, déclare : "La série, qui paraîtra sur le site internet les premiers et 3ème vendredis de chaque moi, est proposée en tant que service du "OCA Pastoral Life Unit". Bien que chaque publication sera pastorale par nature, la série est conçue pour avoir large echo tant parmi le clergé que le laïcat."
Des articles sélectionnés paraîtront aussi dans "The Orthodox Church", le journal officiel de l'Eglise Orthodoxe en Amérique.

Le père Jean Breck a été professeur de Nouveau Testament et d'Ethique au Séminaire Saint-Vladimir et est actuellement professeur d'interprétation biblique et d'Ethique à l'Institut Saint-Serge à Paris, France. Avec son épouse, Lyn, il est le directeur du centre de retraite Saint Silouane en Caroline du Sud.
SAINT SILOUAN RETREAT CENTER
Orthodox Church in America
6102 Rockefeller Rd.,
Wadmalaw Island, SC 29487, USA
Tél. : (843) 559-1404

Centre recommandé au clergé par le Saint-Synode de l'OCA en 1998
Saint Synode OCA 1998

18 juillet 2006

Postier ou poinçonneur?

Je pensais avoir des aptitudes pour travailler à la Poste

pour coller les timbres, bien sûr

Mais on m'a dit que c'est dans le métro que je serais mieux

pour poinçonner les tickets.
Je me demande bien pourquoi...

Ysfenrir
(oreilles arrières pour entendre le pétard que font les autres de la bande derrière son dos!),
le papa de notre chtit loupiot,



Elvis, "le roi de la pelouse"

17 juillet 2006

Ceinture noire 29ième Dan de Kung-Fu et Tae-kwon-do!

Alors, tu me le donnes, mon hareng frais, ou j'te fais kata-guruma?!

KIAIIIIIIIIIIIII !

Kiev : Miracle de saint Jean le Baptiste

Les foules affluent pour vénérer la main droite
de saint Jean le Baptiste (AFP)
http://sg.news.yahoo.com/060616/1/41k5y.html
Des dizaines de milliers de Russes ont eu cette semaine la chance de leur vie de pouvoir toucher une main qui a pu avoir touché Jésus, une relique décrite comme ayant appartenu à Jean le Baptiste et prêtée à l'Eglise Orthodoxe de Russie.
D'immenses foules, témoignant de la renaissance religieuse populaire du pays, ont attendu des heures durant dans de longues files à l'extérieur de la Cathédrale du Christ Sauveur à Moscou afin de toucher la relique, considérée par les croyants comme étant la main droite avec laquelle Jean a touché la tête de Jésus lorsqu'il L'a baptisé.
La relique, qui autrefois appartint à la dynastie tsariste de la Russie, avait été emenée au Danemark suite à la révolution communiste de 1917, puis avait trouvé refuge dans un monastère Orthodoxe au Monténégro.
Manquant à présent 2 doigts, les fidèles lui attribuent des pouvoirs spéciaux, y compris la capacité à guérir les malades et à aider les étudiants dans leurs examens.
Durant ses 9 jours de séjour, elle fut au début uniquement exposée quelques heures, puis ensuite, 4 jours durant jusqu'au vendredi, la cathédrale fut ouverte sans arrêt pour répondre au flot de visiteurs.
Le dirigeant Russe Orthodoxe, le patriarche Alexis II, a salué son
bref séjour vendredi à Moscou, alors qu'elle était préparée pour le voyage vers d'autres églises dans ce qui sera un tour de 9 villes de Russie.
"C'est avec tristesse que nous la voyons partir, mais nous comprennons que dans les autres villes, les gens ont autant besoin du soutien spirituel pour les aider à surmonter les difficultés et à bâtir notre futur et celui de notre nation," a-t'il déclaré.
La main de saint Jean le Baptiste a quitté vendredi, transférée par avion vers Nizhny Novgorod sur le fleuve Volga river.
Elle ira aussi à Yekaterinburg et à Saint-Petersbourg, de même que dans les capitales de Biélorussie et Ukraine, Minsk et Kiev, avant de retrouver la sécurité du monastère à la mi-juillet.
Les rapports sont contradictoires sur le nombre de visiteurs à Moscou. L'agence de presse ITAR-TASS a annoncé une foule de plus de 400.000 personnes, pendant que Ria-Novosti a annoncé plusieurs dizaines de milliers de visiteurs.
Un comptage de l'AFP donne entre 400 et 500 personne par heure dans la file devant la main à l'heure de pointe, ce qui signifie que quelque 12.000 personnes auraient pu voir la main en un jour.


* * *

Nos pays étant déchristianisés en profondeur, les agences de presse occidentales, commentant cette visite sacrée en Russie, parlent au conditionnel quant à l'authenticité de la sainte relique et à la puissance de Dieu qui se déverse par elle (cfr 2 Rois 13,18-20).
Hélas pour elles, Dieu ne les lit pas : après la réponse concrête à ce conditionnel qui est venue de Rostov, voici celle de Kiev. Et ce n'est qu'un début : le Patriarcat de Moscou a dû créer une commission d'enquête pour les miracles se produisant durant cette sainte visite... Et sans en savoir pour le moment beaucoup plus sur le pourquoi, je me dis que la sainte Eglise ne perd pas son temps à mettre sur pied une commission s'il n'y a qu'un ou deux cas..
Deo gratias : n
ous sommes bien en l'an de Grâce 2006 de Notre Seigneur Jésus-Christ!

La main droite de saint Jean le Baptiste arrive à Kiev
http://www.mospat.ru/index.php?page=32242

La main droite du saint Prophète et Baptiste du Seigneur, Jean, a été amenée par un vol spécial de Saint-Petersbourg jusqu'au monastère des Cavernes à Kiev ce 12 juillet 2006 et y restera jusqu'au 14 juillet.
Le métropolite Vladimir de Kiev, accompagné de son clergé et du peuple, a accueillit la sainte relique à la porte principale du monastère. Quelque 3.000 personnes sont venus rencontrer et vénérer les saints restes.
Un Office a été célébré sur la place en face de la cathédrale de la Dormition du monastère, après quoi la main droite a été emportée à l'intérieur de la cathédrale pour y être vénérée.
La relique sera dans l'église de l'Elévation de la Croix du 13 au 14 juillet et sera accessible 24 heures sur 24 aux pèlerins.
Vendredi, un Office d'intercession sera célébré avant d'apporter la main droite au diocèse de Zaporozhye.


Une fillette de 4 mois guérie par
la main droite de saint Jean Baptiste
14 Juillet 2006, 13:41
http://www.interfax-religion.com/?act=news&div=1726

Kiev, 14 Juillet, Interfax – Une maman a amené Dasha, sa fillette âgée de 4 mois, qui souffrait de surdité congénitale, pour vénérer les reliques de saint Jean le Baptiste, et la fillette s'est mise à entendre.
Le miracle est devenu évident lorsqu'ils sont sortis de l'église de la Laure des Cavernes à Kiev, où les reliques se trouvaient. Une femme a laissé tomber un pot, et Dasha s'est tourné vers elle et a crié, a rapporté vendredi l'édition ukrainienne du quotidien Komsomolskaya Pravda.
"Dasha n'entendait rien et ne réagissait à aucun son, car elle était atteinte de surdité congénitale. Les médecins m'avaient dit qu'elle serait sourde toute sa vie durant. Et voilà où nous en sommes! Je le savais, j'ai prié! Christ Seul sait combien j'ai prié! Mon mari ne croyait pas dans sa guérison possible et n'a pas voulu venir avec moi à la Laure," a déclaré la femme.
Un moine de la Laure des Cavernes à Kiev Varsonofy dit qu'il y a des gens qui prient ardemment et avec dévotion pour être guéris "mais sont rongés de doutes". "A moins qu'ils ne se débarassent de ces doutes et croient fermement dans l'aide de Dieu, aucune grâce ne leur sera accordée," a-t'il dit.


Quelques articles orthodoxes sur le sujet :
http://france-russie-orthodoxie.blogspirit.com/

http://stmaterne.blogspot.com/2006/06/relique-de-saint-jean-le-baptiste-le.html

http://www.orthodoxie.com/2006/07/russie_de_trs_n.html

http://stmaterne.blogspot.com/2006/06/moscou-main-droite-de-saint-jean.html

http://www.moinillon.net/post/2006/07/04/Christ-sanglant

Saint Jean Baptiste,
prie Dieu pour nous!

16 juillet 2006

Les statues orthodoxes byzantines

Western Orthodoxy: Eastern Orthodox Statues

A Cleveland, Ohio (USA), le grand musée expose une belle statue du Bon Pasteur, venant de Rome, datée du 3ème siècle. Troisième, pas treizième. Aucun schisme, aucune rupture de communion n'avait été prononcée pour avoir fait usage de statues dans les églises. Alors comment se fait-il qu'actuellement, cela semble poser problème dans certains diocèses orthodoxes? Le fait qu'actuellement elles ne sont plus en usage dans la plupart des paroisses orthodoxes – la plupart mais pas toutes! - ne doit pas faire oublier que même en Orient, les statues ont eu leur pleine et entière place dans l'Eglise, place doctrinalement assurée en tant qu'images du sacré. Par manque de recul historique - et à cause du passé païen assez sulfureux de la Grèce et de l'usage des statues qu'on y faisait - , ne confondrait-t'on pas Occident déchristianisé et statues? Autant l'Orient a connu les statues dans ses églises, autant l'Occident Orthodoxe a aussi connu la forme d'art liturgique qu'est l'icône peinte sur bois. Seulement, les guerres politiques ont effacé cette mémoire du peuple Chrétien. Avec saint Nicolas Velimirovitch, l'archiprêtre Jean Meyendorff, diverses sources Antiochiennes et le père Les Bundy, retrouvons-là, elle nous appartient de plein droit.

[page récente sur l'Occident : statues miraculeuses à Toulouse]


1. Saint Nicolas Velimirovitch, évêque d'Ochrid, "Prologue d'Ochrid" (sanctoral / synaxaire Serbe Orthodoxe), au 12 juillet, nous donne ceci :
"4. SAINTE VERONIQUE
Véronique est la femme aux pertes de sang que le Seigneur a guérie. "Et voilà qu'une femme, qui souffrait d'une hémorragie depuis 12 ans, vint derrière Lui, et toucha le pan de sa tunique" (Saint Matthieu 9,20). Par gratitude envers le Seigneur son Guérisseur, Véronique commanda que lui soit faite une statue du Seigneur Jésus, devant laquelle elle priait Dieu. D'après la tradition, cette statue fut préservée jusqu'au règne de l'empereur Julien l'Apostat, qui fit défigurer la statue pour en faire une idole de Zeus. C'est un des rares exemples de statues de saints utilisées dans l'Eglise d'Orient. Comme on le sait, cela devint par la suite une pratique habituelle dans l'Eglise d'Occident. Sainte Véronique demeura fidèle à la Foi en Christ jusqu'à sa mort, et mourut en paix.
Traduction http://www.amdg.be

2. Protopresbytre Jean Meyendorff
"Cette vie liturgique étant, essentiellement, un culte communautaire, l’édifice qui sert régulièrement de cadre à l’assemblée acquiert tout naturellement, une importance particulière. Et ici encore, Byzance a créé un art qui, au cours de tout son développement, fut une remarquable réussite dans l’expression picturale des dogmes chrétiens et dans la réponse qu’il donnait aux problèmes du sentiment religieux. L’importance que cet art a acquise dans la vie de l’Église d’Orient fut si grande qu’elle a suscité, aux VIIIe et IXe siècles, la grande crise iconoclaste: seul un art intimement lié aux dogmes et à la vie religieuse pouvait susciter à la fois une opposition aussi farouche et un si grand nombre de défenseurs passionnés. Au cours de cette crise, l’Église a défini la nature dogmatique de la vénération des images : c’est là la matière des décisions du VIIe concile oecuménique (Nicée, 787). "Nous définissons, proclament les Pères, que les saintes images - en couleurs, en mosaïques ou en quelque autre matière - doivent être exposées dans les saintes églises de Dieu, sur les vases et les vêtements liturgiques, sur les murs et les meubles, dans les maisons et sur les routes : l’image de notre Seigneur Dieu et Sauveur Jésus-Christ, celle de notre Souveraine, l’immaculée et sainte Mère de Dieu; celle des vénérables anges et celles de tous les saints hommes. Ces représentations, en effet, chaque fois qu’elles sont contemplées, portent ceux qui les regardent à commémorer et à aimer leurs prototypes. Nous définissons également qu’elles soient embrassées et qu’elles soient l’objet de vénération et d’honneur (timètikè proskunèsis), mais non pas d’un véritable culte (latreia) qui concerne l’Objet de notre foi et ne convient qu’à la seule Nature divine... L’honneur rendu à l’image se transmet, en effet, au prototype; celui qui vénère l’image, vénère en elle la réalité qu’elle représente."
La distinction établie par le VIIe concile entre le "culte" ou "adoration" (latreia) de Dieu et la vénération (proskuvèsis) des images saintes est avant tout destinée à réfuter les accusations d’idolâtrie dont les orthodoxes étaient l’objet de la part des iconoclastes. Elle garde toute son actualité aujourd’hui, notamment pour préciser aux Protestants le sens véritable des icônes dans l’orthodoxie : trop souvent, en effet, on parle d’un "culte" et d’une "adoration" des images saintes, alors que ces mots ne sauraient être utilisés ici que dans la mesure où ils ne coïncident pas avec le grec "latreia", formellement exclu par la décision de Nicée. Il n’en reste pas moins qu’une valeur dogmatique positive est attribuée à la vénération des icônes : cette valeur est essentiellement fondée sur la réalité de l’Incarnation du Verbe. Le Fils de Dieu, affirment tous les défenseurs des images, de saint Jean Damascène au patriarche Nicéphore, est devenu réellement homme : invisible, inconnaissable et indescriptible, il est devenu visible, connaissable et peut être décrit dans la chair qui fut la sienne. Cette chair, pourtant, est déifiée : elle est elle-même devenue source de la grâce. Les images qui la représentent devront donc refléter ce caractère divin : voilà pourquoi l’art byzantin, avec ses conventions et son traditionalisme, s’est trouvé particulièrement apte à devenir un véritable art chrétien... Comme toutes les controverses dogmatiques des premiers siècles, les querelles iconoclastes avaient ainsi trait à la christologie : les iconoclastes refusaient, au fond, la réalité de l’Incarnation et défendaient la notion d’un Dieu totalement transcendant; quant aux orthodoxes, tout en affirmant la réalité d’une nature humaine en Christ, ils n’oubliaient pas que cette nature était déifiée, qu’elle appartenait en propre à l’unique hypostase du Verbe et que donc les images du Christ, comme aussi celles de la Vierge et des saints qui communiaient en Christ à la déification, doivent être des images saintes et vénérées.
Ces images constituent donc un élément essentiel de la piété orthodoxe. Certaines de ces images sont réputées miraculeuses et reconnues comme telles par l’Église qui a institué pour elles des fêtes liturgiques spéciales : de même que des portraits de personnages particulièrement célèbres ou chers peuvent susciter en nous des sentiments particulièrement forts, de même certaines icônes peuvent posséder le privilège de rapprocher particulièrement le Prototype du coeur des fidèles, susciter en eux des actes de foi et manifester enfin la toute puissance divine."
"L'Eglise Orthodoxe, hier et aujourd’hui", éditions du Seuil, Paris, 1960 pages 70-71, chapitre "L'héritage de Byzance : structure canonique, liturgie.."


3. Statues
Un FANTASTIQUE article sur l'utilisation des statues dans l'Orthodoxie est à lire dans le numéro en cours de la revue "The Lion" (Patriarcat d'Antioche)
http://web.archive.org/web/20101214142903/http://www.westernorthodox.com/stmark/lion/lion2006-06
Pour nombre d'Occidentaux, et dans le folklore Orthodoxe, les Icônes sont le substitut Oriental pour les statues, que l'on croit habituellement et erronément être interdites dans l'Eglise Orthodoxe.
Lisez-donc cette judicieuse et historique réponse à l'idée bizarre que "les Orthodoxes ne font pas de statues".
http://web.archive.org/web/20070630044709/http://raphael.doxos.com/comments.php?id=P3459_0_1_0


4. Les statues orthodoxes orientales
http://westernorthodox.blogspot.com/2006/06/eastern-orthodox-statues.html
Vendredi 16 juin 2006

Une ancienne statue du Bon Pasteur, trouvée dans les catacombes romaines

Un article fascinant et érudit d'Ember Tidings, publication officielle de la paroisse Saint Peter's Orthodox Church (Antioche, AWRV), Ft. Worth, Texas, au sujet des statues dans l'Orthodoxie. J'ai rajouté les images ci-dessous afin de rehausser l'article. Hélas, le texte n'est pas actuellement repris sur le site internet de la paroisse.
Comme on le voit ici, l'argument véhément de "l'image bi-dimensionnel contre la tri-dimensionnelle" pourrait encore bien être un nouvel exemple d'intrusion de la culture dans la foi.

Statues Orthodoxes orientales
par le p. Les Bundy

professeur d'études religieuses, Regis University, Denver,
prêtre de l'église Saint Colomba Orthodox Church, Lafayette, Colorado

Les innombrables splendides Icônes anciennes qui se sont répandues en Occident depuis la Première Guerre Mondiale, et l'intérêt croissant pour elles de la part des artistes, des érudits comme des simples amateurs de la beauté ont été un des phénomènes marquant des 2 dernières générations. Une énorme littérature a été produite autour de l'Icône, tant érudite que populaire, et les centres de reproduction de vieilles Icônes tout comme la peinture de nouvelles Icônes se sont particulièrement développés depuis la Seconde Guerre Mondiale.

Pour un grand nombre de gens, l'Icône est le symbole suprême de l'Eglise Orthodoxe. Ce fut particulièrement vrai au niveau populaire depuis que le monde Occidental a vu affluer des émigrés Russes et des objets d'art religieux après la Première Guerre Mondiale. Peu après, le renouveau des études Byzantines a repris de l'élan et les Icônes ont été étudiées de manière érudite, pendant que les antiquaires offraient des exemples d'un peu tout, allant des rares anciens spécimens jusqu'aux mièvres et romantiques imitations occidentales du 19ème siècle de ce qui, au 18ème siècle, avait supplanté les types traditionnels dans les pays Orthodoxes.

Pour nombre d'Occidentaux, et dans le folklore Orthodoxe, les Icônes sont habituellement le substitut pour les statues, et, erronément, on croit ces dernières interdites dans l'Eglise Orthodoxe. En réalité, les statues ne sont en rien interdites dans l'Orthodoxie, et ont toujours eu leur rôle régulier dans l'ameublement décoratif et dévotionel de l'espace sacré, l'intérieur de l'église.

Icône : actuellement un terme technique utilisé habituellement pour désigner l'image dévotionnelle de l'Orthodoxie orientale, image plane et sans perspective; c'est simplement le mot grec pour "image". Les décrets dogmatiques du Concile Oecuménique sur les Icônes se réfèrent, en fait, à toutes les images religieuses, y compris les statues tri-dimensionnelles.

Le professeur Sergios Verkhovskoi, le conservateur professeur de dogmatique au Séminaire Saint-Vladimir condamne sans ambiguïté comme hérétique quiconque déclare les statues comme non-Orthodoxes, ou de quelque manière que ce soit, canoniquement inférieures aux peintures. (Au 19ème siècle, les traditionnelles peintures planes, dérivant des portraits funéraires hellénistiques et égyptiens, et actuellement présentées être les "authentiques" Icônes, avaient été supplantées dans toute l'Eglise Orthodoxe par des peintures naturalistes occidentales, plus ou moins bien réalisées).

Comment, dès lors, est-ce que cette opinion commune est née, comme quoi les statues seraient "occidentales", "hétérodoxes", "hérétiques"? La réponse est très simple et dérives de solides fondements culturels et sociologiques.

Les statues étaient habituelles dans le Byzantium. L'introduction de notre article présente une statuette en ivoire, tri-dimensionnelle, de la Vierge et l'Enfant, "Hodigitria", venant de Constantinople et datant du 10ème siècle. Elle se trouve à présent au "Victoria and Albert Museum", et diffère d'exemples similaires que l'on trouve à Hambourg et New York en ce que celle-ci n'a pas été taillée hors d'une plaque d'ivoire. L'arrière est aussi soigneusement et habillement taillé que la face.

La statue Hodigitria en ivoire, Victoria and Albert Museum, Londres; 10ème s.
[origine : http://www.hope.edu/academic/art/hanson/img/Hodegetria.gif]

Constantinople était remplie de statues, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur des églises. Un auteur affirme que près de 300 statues classiques ornaient la place devant Sainte-Sophie. La célèbre Madonna espagnole, Notre-Dame de Montserrat, est une statue byzantine, de même que le sont de nombreux exemples dans le sud de la France, mais ce sera en Russie que la liberté Chrétienne Orthodoxe dans l'usage des images survivra. Examinons à présent les raisons pour lesquelles les statues sont devenues impopulaires dans l'Orthodoxie.


statue de Notre-Dame de Montserrat, Espagne

La cause principale, bien entendu, c'est l'Iconoclasme (destruction d'image). Depuis aussi loin que l'art dans les catacombes à Rome, les Chrétiens ont utilisé des images sacrées, tant pour l'instruction que, évidemment, comme moyen de vénérer la personne ou l'événement dépeint. La plupart sont des peintures, mais au moins 2 statues du Bon Pasteur sont antérieures à Constantin-le-Grand, et la "Vénération de la Croix" est si ancienne qu'on ne sait pas lui fixer de date initiale. Nous avons la preuve qu'en 576, en Occident, une image de Saint Martin était honorée par une lampe brûlant constamment devant elle, et [saint Venance] Fortunat a été guéri par une onction faite avec l'huile de cette veilleuse.

Dès les début du 8ème siècle, les Juifs, basant leur position sur la proscription des images dans l'Ancien Testament, les hérétiques Pauliciens (une branche des Manichéens, une secte qui méprisait la "matière" comme inférieure à "l'esprit"), et les Monophysites s'opposèrent tous aux images. Ces derniers étaient des hérétiques qui déclaraient que Jésus était Dieu et que dès lors Sa nature humaine avait été avalée par sa divinité, et donc cette humanité sans importance ne devait pas être dépeinte. De plus, dans certaines régions – Syrie, Egypte, et parmi les tribus germaniques – il y avait un méfiance basique face à l'appréciation grecque de la beauté humaine, en particulier quand manifestée dans l'art.

Toutes ces influences semblent avoir plut à l'empereur Léon l'Isaurien qui, en 726, publia le premier édit pour la destruction des images. Il y eut une opposition populaire, les évêques Romains protestèrent, et saint Jean Damascène résuma les témoignages des Pères dans 3 célèbres essais. Léon mourut en 740 et eut pour successeur son fils Constantin 5 "Copronyme", qui poursuivit le programme de son père avec une vigueur barbare. Lorsqu'il mourut en 780, son épouse, Irène, commença l'oeuvre de restauration et 7 ans plus tard, convoqua le 7ème Concile Oecuménique à Nicée, qui restaura pleinement la vénération des images. Après la période de persécution qui s'ensuivit – le mouvement Iconoclaste durera avec diverses intensités entre 726 et 842 – la restauration des images fut fixée en 842.

L'influence anti-image à Constantinople provenait des Syriens et Arméniens, était teintée de monophysisme, et en Occident, elle vint de l'empereur Charlemagne, et persista dans les terres Franques jusqu'au 9ème siècle, bien que Rome et l'Italie avaient au départ adopté la position Orthodoxe. Il ressort de toute évidence de cette étude que les héritages raciaux et culturels ont été de très grande influence.


Sarcophage de Bambino, catacombes romaines.

On peut dire la même chose de la disparition concrète des statues par opposition aux Icônes dans de grandes parties de l'Eglise Orthodoxe. Le souvenir persistant des Iconoclastes encouragea la réticence, et la conquête par les Musulmans gela l'art Orthodoxe dans sa forme la plus limitée. Dans les régions conquises, l'Eglise fut repoussée à l'intérieur [de ses bâtiments], les cloches interdites, et toutes les formes extérieures de culte Chrétien interdites en public. Du fait que toutes les représentations de créatures sont interdites pour les Musulmans, et la pression maximale faite aux Chrétiens pour s'y conformer le plus possible, seule l'Icône a pu y survivre, au contraire de la statue. Il n'y a qu'en Russie que l'Eglise est restée suffisamment libre pour maintenir la tradition dévotionnelle dans l'intégralité de son esthétique.

La gravure de bois du Nord de la Russie était hautement développée avant l'arrivée des missionnaires Orthodoxes, et elle survécu et fut "baptisée" au service de l'Eglise. Toutes les images, statues et Icônes étaient soigneusement supervisées par l'autorité ecclésiastique, tel qu'on le voit dans un oukaze [décret] du Saint-Synode du 15 mars 1772. A partir de la Révolution de 1917/18 et jusqu'après la Seconde Guerre Mondiale, les statues de valeur historique ont souffert des destructions destinées à tous les monuments religieux, mais récemment, l'intérêt pour les réalisations de l'ancienne Russie ont attiré finances, attention et recherche sur tout l'ancien art, et les statues Orthodoxes sont particulièrement appréciées.

Des centaines d'exemplaires de ces objets dévotionels ont été détruits durant la première phase de la campagne anti-religieuse des Révolutionnaires. Cependant, le nombre de statues et de crucifix tri-dimensionnels est abondant et encore en usage.

Les années 1920 ont redécouvert l'Icône orthodoxe peinte, les années 1970 les statues orthodoxes.
Reproduit, avec permission, de "Ad Clerum", juin 2006
Posté par le sous-diacre Benjamin Johnson à 13h21

* * * * * * *

Pravda, 7 mai 2003 (en anglais)
La Russie offre une statue de Saint Nicolas le Thaumaturge à Bari (Italie)
17:40 2003-05-07
http://web.archive.org/web/20070621012400/http://newsfromrussia.com/science/2003/05/07/46707.html



saint Andrei Roubliov, prie Dieu pour nous!

C'est à quel parfum, ton dentifrice?


ps : 2 BD "chats" désopilantes :

http://www.maliki.com/strips/strip_mouettes.jpg

http://www.maliki.com/strips/strip_possession.jpg