"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

02 septembre 2006

PRIÈRE – CHAPELET (TCHOTKI) : MODUS OPERANDI

Ce Vieil Homme...
this-old-man.html
Un conseiller en mission dans un service de secours me parla un jour de leur questionnaire d'admission, dans lequel ils demandaient à chacun de parler de son histoire. Ces récits, avec de légères variantes, tournaient pour la plupart autour de la boisson et de la drogue, couplée à du vagabondage sexuel. Ensuite quand ils demandaient "Et qu'en est-il de votre relation avec Dieu?" - près de 100% des personnes interrogées répondaient sur toute la ligne "Oh! Moi et Dieu, on est liés! Ouaips. Dieu et moi on est proches."

Ca nous arrive tous : notre "vieil homme" (Ephésiens 4,22) nous joue des mauvais tours, nous amenant à négliger la seule chose nécessaire pour remplir nos vies, et bien que nous aspirions à Dieu, à les remplir avec ce qui nous éloigne de Lui.

L'Ancien Païssions l'Athonite écrivait :
"Celui qui néglige sa prière et ses devoirs de manière injustifiable et travaille tout le temps (bâtissant des pyramides pour Pharaon) se sépare de Dieu, devient agité, frappant constamment et cruellement son Ange gardien par ses désordres et coups, jusqu'à ce que pour finir il le chasse loin de lui. Alors, il accepte le diable comme son maître, et ce dernier lui fait immédiatement accomplir les changements suivants :
1) abolition du chapelet de prière, remplacé par le chapelet mondain (*) et
2) met un terme complet à l'étude spirituelle, la remplaçant par la lecture de magazines et journaux mondains.

A la fin, le diable le vaincra et il souffrira en son fors intérieur, et cherchera des distractions comme le roi Saül le fit, lorsqu'il s'éloigna de Dieu et que le démon le posséda (Epitres, p. 218)."

Les tentations de la société actuelle, pour ne pas parler des forces de dépendance destructrices, nous séduisent en nous amenant à croire qu'elles ont nécessaires au point d'exclure ce qui est nécessaire à notre Salut (prière, jeûne, aumône).

Vraiment, mes frères et soeurs, nous n'avons qu'une seule tâche :
"La chose qui comptera le plus pour Dieu au Jour du Jugement, c'est l'effort que chacun d'entre nous aura accomplit contre son 'vieil homme'.
Assurément, nous avons tous une capacité de discernement, mais hélas, la plupart d'entre nous n'en font pas usage envers eux-mêmes mais envers autrui, et nous la contaminons avec des critiques, condamnation, et la demande aux autres de se corriger eux-mêmes. Nous ferions mieux, au contraire, de n'exiger cela que de nous-mêmes, nous qui ne nous décidons pas à lutter avec ferveur, nous débarrasser de nos passions, libérer notre âme, et nous envoler vers les Cieux" (Epitres, pp. 150-151).

p. Joseph Huneycutt, patriarcat d'Antioche

[ (*) : ne pas confondre le chapelet orthodoxe (grec, komboschini; russe, tchotki) avec les "passe-nerfs", ces cordes de noeuds qu'on tripote quand on est inquiet, qu'on s'ennuie ou qu'on est sous tension...]


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L'archimandrite Thomas, monastère de Pervijze (patriarcat de Moscou) publie une édition en néerlandais de la vie de Païssios l'Athonite, avec nombre de citations de ses passionnants écrits. C'est un auteur très terre-à-terre, pas lassant pour un sou.
http://www.amdg.be/ed-pervijze.html
"Vader Paisios van de Heilige Berg", 13 € hors frais d'envoi.













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Pratique de la Prière de Jésus
(ou Prière du Coeur)

http://www.svots.edu/Faculty/






Albert S. Rossi

"La prière n'est pas une option"

Lors de l'Université d'Été du Séminaire Saint-Vladimir, un laïc a écrit cette phrase comme étant la chose la plus importante qu'il avait apprise de toute la semaine.

Quelles paroles.

La forme classique de la Prière de Jésus est :

"Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi, pécheur."

Les mots précis de nos courtes prières peuvent varier. Nous pouvons dire la version classique de la Prière de Jésus, ou nous pouvons dire "Seigneur Jésus-Christ, aie pitié de moi." Nous pouvons dire "Seigneur Jésus, aie pitié." Ou nous pouvons dire un verset de Psaume, ou une citation de la Bible, ou quelqu'autre prière.
Les moines des temps anciens disaient tout au long de la journée "Dieu, viens à mon aide. Seigneur, hâte-Toi de me secourir" (Psaume 69,2).
Le plus loin que nous avons pu remonter dans l'histoire de la Prière de Jésus, c'est au début du 6ème siècle, avec Diadochos, qui enseignait que la répétition de la prière menait au calme intérieur. Mais auparavant déjà, saint Jean Cassien recommandait ce type de prière. Au 4ème siècle, en Egypte, dans le désert de Nitrie, des courtes prières "pointues" étaient pratiquées.
Abba Macaire d'Egypte disait qu'il n'était pas nécessaire de gaspiller du temps avec des paroles. Cela suffisait d'élever vos mains et de dire "Seigneur, selon Tes souhaits et Ta sagesse, prend pitié." Si on est opprimé dans la lutte, dire "Seigneur, sauve-moi!", ou dire "Seigneur!" Il sait ce qui est le mieux pour nous, et aura pitié de nous.

Prier sans cesse.

Nous sommes tous appelés à prier sans cesse, dit saint Paul dans la 1ère Epître aux Thessaloniciens, 5,17. La vraie question c'est : comment faire.
La Prière de Jésus fournit un bon moyen pour prier constamment. En fait, la Prière de Jésus est la plus répandue et la prière spirituelle la plus spécifiquement Orthodoxe, d'après le métropolite Corneanu.
Notre tâche est de nous rapprocher toujours plus de Dieu. Saint Isaac le Syrien disait qu'il était impossible de se rapprocher de Dieu autrement que par la prière incessante.

La Puissance du Nom

Bibliquement, connaître le nom d'une personne donnait le pouvoir sur cette personne. Le nom était lié à l'être. Dans l'Ancien Testament, Dieu ne voulait pas dévoiler Son Nom. Dans le Nouveau Testament, Jésus nous donne explicitement le nom de Dieu, Abba, Père, et nous dit d'utiliser le Nom dans la prière. Jésus nous donne l'accès à la Divinité par le Nom.
Jésus enseigna à Ses Apôtres qu'ils n'avaient vraiment pas encore assez utilisé Son Nom dans la prière. "Jusqu'à présent, vous n'avez rien demandé en Mon Nom. Demandez, et vous recevrez, si bien que votre joie sera parfaite" (Jn 16,24).

Martyre caché

S'efforcer de prier de manière répétitive est une ascèse intérieure. D'après saint Ignace Brianchaninov, essayer de prier sans cesse est un "martyre caché."
Un exemple fortuit mais profond arriva à un petit groupe d'étudiants d'école supérieure. Ils étaient en visite dans un foyer pour filles-mères. La femme qui dirigeait cette maison leur parla durant une demi-heure. La femme ayant ressenti que les étudiants s'étonnaient de son engagement dans la Foi, elle dit : "hé bien, voyez-vous, cela fait 30 minutes que vous êtes ici, et j'ai prié 15 fois." Ils ne l'avaient pas quittée des yeux, ni elle n'avait cessé la conversation. Et pourtant, durant leur échange actif, cette femme trouva le désir, l'attention et le temps pour "tirer 15 flèches de prière" vers Dieu. C'est une fervente vigilance. C'est un martyre caché, en particulier quand on essaye de le faire à longueur de journée.
La prière demande un courage sur-humain, vu l'atmosphère du monde actuel. Tout l'ensemble des énergies naturelles est en opposition. Ainsi parle Sophrony.
Les lions ne nous dévorerons peut-être pas à cause de l'Evangile. C'est plutôt que notre appel au martyr prend la forme de l'attention à avoir pour le moment présent, nous en remettant toujours à la puissance de Dieu, et à faire Sa volonté. Notre appel au martyr pourrait bien ne pas être plus facile que celui de la mort violente.

Qui peut dire la Prière

Il est bien clair que la Prière de Jésus n'est pas réservée aux moines. On nous explique que la Prière est pour les chauffeurs de taxi, les travailleurs sociaux, ceux qui sont dans les affaires, les enseignants, les joueurs de baseball professionnels (elle n'est pas nécessairement utilisée pour gagner la partie), les psychiatres. Nous utilisons la Prière de Jésus pour accomplir la volonté de Dieu, pas nos propres souhaits. N'importe qui, tout le monde sait dire la Prière de Jésus. Les seuls prérequis sont de garder les Commandements, d'être un membre vivant de l'Eglise, et d'avoir un guide.
L'évêque Kallistos (T. Ware) a un bon conseil pour ceux qui ne parviennent simplement pas à trouver un guide adéquat. "Mais ceux qui n'ont pas de contact personnel avec un staretz [pnevmatikon, anamchara, ami de l'âme, père spirituel] peuvent pratiquer la Prière sans la moindre crainte, pour autant qu'ils ne le fassent que durant des périodes limitées – au départ, pas plus de 10 ou 15 minutes d'affilée – et pour autant qu'ils n'essaient pas d'interférer avec les rythmes naturels du corps."

Quand prier

La Prière de Jésus est recommandée le matin, à la suite de notre règle de prière, pendant un certain laps de temps, 10 à 15 minutes. Si c'est impossible, alors à un autre moment avant midi, ou le soir. On pourrait appeler ceci l'usage "formel" de la prière. Une autre forme de la Prière de Jésus, c'est l'usage "libre" de la prière. Cela veut dire à n'importe quel moment et à tous les moments du jour ou de la nuit. C'est particulièrement vrai durant les tâches semi-automatiques telle que la conduite, laver la vaisselle, marcher, avoir une insomnie, etc. La Prière de Jésus est remarquablement utile en temps de souci ou déception extrême.
Lorsqu'on est seul, on peu trouver utile de dire la Prière de Jésus à voix haute. Cela peut aider à abaisser le niveau de distraction.

Prière du Coeur

La Prière de Jésus est aussi appelée la Prière du Coeur.
Dans l'Orthodoxie, l'esprit et le coeur doivent fonctionner ensemble. Saint Théophane nous dit de garder notre "esprit dans notre coeur" en tout temps. Le coeur signifie le muscle physique qui pompe le sang, et les émotions / sentiments, et le tréfonds de l'âme de la personne, l'esprit. Le coeur est associé à l'organe physique, mais ne lui est pas identifiable. Le coeur signifie notre chambre la plus intime, notre demeure secrète où Dieu vit.
"Le coeur n'est qu'un petit vase; cependant, dragons et lions s'y trouvent, et des créatures venimeuses, et tous les trésors de méchanceté; des chemins âpres et inégaux, des des gouffres sans fond. Et Dieu s'y trouve aussi, là sont les bonnes inclinaison, les cités célestes et les trésor de la grâce; toutes les choses s'y trouvent." Ainsi parle saint Macaire.
Quelqu'un a dit que le coeur est la dimension du sentiment intérieur, de la conscience, où nous entrons en contact avec l'espace intérieur, un espace qui n'a
pas de dimensions. Cette conscience est hors du temps, le lieu où les larmes demeurent et où se maintien le contact avec le moment présent, et d'où viennent les mouvements paisibles. Agir depuis notre coeur signifie agir avec délicatesse, avec vigueur et enthousiasme. Quand nous ne sommes pas dans cette conscience intérieure, nous sommes sans repos, agités et préoccupés.Il y a en nous un espace, le champs du coeur, dans lequel nous trouvons la Divine Réalité, et dont nous sommes appelés à vivre. L'esprit, alors, doit descendre dans ce sanctuaire intérieur, par le moyen de la Prière de Jésus ou de la contemplation taciturne, et y rester tout au long de notre journée active, et le soir. Nous descendons avec notre esprit dans notre coeur, et nous y vivons.Le coeur est le palais du Christ. Là, le Christ Roi vient prendre Son repos.


Cette photo est celle d'une jeune fille de 17 ans, Bethany, qui a dit qu'alors qu'on la prennait en photo, elle se sentait comme si elle était occupée à marcher "dans le silence des montagnes". Pour atteindre le champs du coeur, nous avons besoin du silence, extérieur et intérieur, quelque chose comme ce que l'on pourrait expérimenter en contemplant cette scène.

Silence

Le silence est un choix. Nous choisissons les choses que nous voulons faire. Ces choses, ensuite, ordonnent et délimitent notre vie. Quelqu'un a dit que les Chrétiens "ordonnaient et délimitaient" leurs vies de Communion en Communion. Nous pourrions aussi dire que les Chrétiens "ordonnent et délimitent" leurs vies de silence en silence.
Dans le meilleur des cas, le silence, c'est être conscient de Dieu. Nous faisons taire nos vies extérieure et intérieure et écoutons Dieu parler. Quelqu'un a dit que lorsque Dieu parle, Ses paroles sont comme le bruit d'un battement d'aile d'oiseau. Nous avons besoin d'être attentifs si nous voulons pouvoir entendre quoi que ce soit.
Le silence extérieur est un choix. Lorsque mon fils, alors adolescent, m'accompagnait dans la voiture familiale, nous avions mis un accord au point. Il pouvait utiliser la radio la moitié du temps, et moi l'autre moitié. Il faisait toujours son choix au début de sa partie au début du voyage. Comme la plupart des adolescents, il voulait s'éclater. Pour ma moitié, je choisissais parfois le silence, car j'aime le silence. Je ne le faisais vraiment pas pour le heurter. Lui, cependant, s'en trouvait parfois fort mal et perturbé. Par la suite, il me racontera qu'il avait apprécié nos ballades silencieuses.
Le silence extérieur calme les sens. Par contraste, la surcharge sensorielle et l'excitation peuvent créer une dépendance.
Le silence intérieur ne sait habituellement être atteint qu'en substituant une pensée par une autre. Ici, la Prière de Jésus l'emporte sur notre flot invétéré de pensées à propos de nos propres angoisses. En commençant avec cette forme de prière, nous pouvons alors être menés vers un silence intérieur plus profond, la prière sans paroles. L'avertissement ici c'est que la prière sans parole n'est pas être dans une monotonie lourde et à moitié assoupi. Au contraire, la prière sans parole est une vivante et vigoureuse prise de conscience de Dieu.
Une jeune fille de 17 ans m'a dit qu'elle a récemment appris que "le silence est mon ami."
Abba Pastor nous dit que toute épreuve qui nous tombe dessus peut être conquise par le silence.

Contemplation

La contemplation a été décrite comme une conscience claire sans paroles. La contemplation, c'est "voir clairement". Nous mettons de côté les pensées, afin de ne pas être guidé vers le vide ou la somnolence, mais vers la plénitude intérieure. Nous nions pour affirmer. La contemplation silencieuse n'est pas une absence, mais une présence, une conscience de Dieu. Le but est de nous amener à une rencontre directe avec un Dieu personnel, selon les dispositions de Dieu.
Le silence interne, le calme interne, appelé "hesychia", s'expérimente en s'asseyant pour une contemplation sans parole et sans image. Lorsque la conscience s'égare, une phrase comme "Seigneur Jésus" peut être utilisée pour ramener l'esprit, et alors la personne s'assied paisiblement en présence du Seigneur. Le désir d'un éveil de conscience, assis et sans parler, c'est pour s'ouvrir à Dieu, pour écouter Dieu.
Certains enseignants suggèrent que si nous en sommes capables, nous pouvons consacrer une demi-heure à la contemplation silencieuse, commençant par demander à Dieu de nous enseigner à prier, ou par un passage de la Bible. Habituellement, cela ira mieux si on le fait le matin, avant de se lever ou avant midi. Si la personne en a la possibilité, réserver un temps de calme le soir est aussi recommandé. En espérant que tout cela puisse s'accomplir sous la direction d'un guide spirituel.
Tant la Prière de Jésus et la contemplation nous recentrent sur nous-mêmes, nous concentrent sur le ici et maintenant [hic et nunc], avec un seul centre. Ce centre, c'est Dieu.

Changer l'univers

Chaque prière change l'univers entier. La moindre de nos prières, chaque prière, change en fait l'histoire, la manière dont Dieu créa le monde et tout le restant. Dieu est hors du temps. Dieu n'est pas "à attendre là-bas" après notre prière, et puis seulement Il agit. Tout cela a déjà eu lieu en Dieu.

Prière d'intercession

Thérèse, une sainte catholique-romaine, avait des difficultés pour savoir si Dieu entendait ses prières en faveur des autres. Etant jeune, elle décida de mettre Dieu "à l'épreuve", une bonne fois pour toutes. Il n'y a que des gens comme ça qui peuvent "tester" Dieu. Elle pria avec ferveur pour le salut d'un tueur en série de femmes, Henri Pranzini. Ce Pranzini avait été capturé, déclaré coupable et condamné à la guillotine. Durant tout ce temps, Thérèse pria pour qu'il soit sauvé, et qu'elle puisse recevoir un signe que sa conversion avait eu lieu. Pranzini devint encore plus arrogant. Thérèse persista. Le jour de l'exécution, Pranzini gravit les marches, plaça sa tête sur l'échafaud, toujours rigolard. Puis, soudain, il se releva, attrapa le crucifix qui pendait sur le prêtre tout proche, et Pranzini embrassa à 3 reprises les pieds du Christ. Pranzini s'était repenti publiquement. Ensuite il replaça sa tête sur l'échafaud, et la guillotine tomba. Thérèse déclara que ses prières avaient été exaucées, que ses prières d'intercession avaient sauvé un criminel endurci.
Est-ce vraiment la manière dont la prière d'intercession fonctionne? En un mot, oui. La réponse repose quelque part dans les mystérieuses voies du Seigneur. Ce que nous en savons, avec certitude, c'est que chaque prière pour quelqu'un d'autre est entendue, et dans la Bonté de Dieu, elle reçoit réponse, pour le bien de l'autre personne. La moindre prière pour autrui aide cette personne, et nous aide.
Les vies des saints sont remplies d'exemples du même genre. Sainte Monique, la mère de saint Augustin d'Hippone, pria nuit et jour pour son fils pendant que ce dernier menait une vie de païen. Entre autres exploits, Augustin avait eu un enfant hors mariage. L'évêque de Monique lui déclara "qu'aucun enfant d'autant de larmes (de prières) ne pourrait être perdu." Les prières de Monique furent l'instrument dans le salut d'Augustin.
Nous sommes tous appelés à prier, ardemment, pour nos enfants, famille, prêtres, l'Eglise, le pays, le monde. Nous avons une vocation noble et royale, prier et faire la différence, énorme, dans le cosmos entier.

Comment est-ce que cela marche?

Comme pour la natation : il faut se jeter à l'eau et commencer. Il y a un monde de différence entre penser ou parler à propos de la prière silencieuse, et la pratique de la prière. Comme pour les nageurs débutants, on n'apprend qu'en se mouillant.
Les Pères nous expliquent que, souvent, la première chose qui survient, c'est l'expérience de ténèbre et résistance. Ensuite, quand nous persistons, la paix commence à remplacer les ténèbres. Les tentations peuvent devenir plus importantes, même des tentations d'arrêter de prier, mais nous pécherons moins. Les Pères nous expliquent que tant que nous continuons de prier et de vivre en pratique les Commandements, d'aller à l'église et d'écouter notre père spirituel, nous pouvons nous attendre à être libérés de l'indécision, des peines et de l'hésitation. Notre volonté devient plus forte. Nous pouvons nous attendre à être plus disponibles pour les autres d'une manière à laquelle on ne s'attendait pas, et nous deviendrons plus concret et créatif.
L'évêque Kallistos (T. Ware) dit qu'en passant ne fut-ce que quelques moments à invoquer le Nom Divin chaque jour, nous transformons en fait tous les autres moments de la journée.
Au début, il pourrait ne pas y avoir de nouvelle perception intérieure, ni de sentiments agréables. On a perdu son temps? Pas forcément. Par la foi, le Chrétien croit qu'en passant du temps à vouloir prier, et priant en effet, il touche le Dieu Miséricordieux. Dieu entend. Et, en retour, la Divine Vérité est connue à travers l'expérience directe, parfois appelée intuition. Quelque chose se passe, et provoque un changement à un niveau de conscience situé plus profondément, de manière inaperçue.
Nous pouvons nous attendre à des pièges invisibles et subtils, envoyés par satan, précisément parce que nous avons augmenté nos efforts, et nous nous tournons vers Dieu. En un sens, nous poussons l'ennemi à agir. Saint Jean Chrysostome disait que lorsque nous commençons à prier, nous réveillons le serpent (qui vit en nous), et que la prière sait parvenir à rabaisser le serpent.
Sophrony nous dit qu'il n'y a pas d'effort ascétique plus difficile, plus pénible, que l'effort de se rapprocher de Dieu.
Lorsque nous commençons à prier, nous consacrons du désir et de l'effort. Les résultats dépendent de Dieu. La prière pure est un don de Dieu, pas le paiement en échange de notre transpiration.
La prière fonctionne dans la Guerre Invisible en tant que puissance/don de Jésus, donné en fonction de notre capacité à la recevoir. Nous augmentons notre capacité à la recevoir en demandant pour son accroissement, et Dieu l'accorde selon ce qu'Il voit convenir, de Sa manière tendre, douce et miséricordieuse.

Ce n'est pas du Yoga

S'asseoir, dire la Prière de Jésus, ou la contemplation silencieuse, ce n'est ni du Yoga ni une quelconque autre pratique du lointain Orient. La différence se situe dans la rencontre avec le Dieu vivant, Jésus.
Les postures, techniques et apparences externes peuvent être similaires, mais le contenu dans la prière Chrétienne est unique. Le contenu de la prière Chrétienne est Jésus.
Parfois, la différence est comparée à une peinture sans prix. Nous pouvons admirer le magnifique cadre de la peinture, et c'est bien ainsi. Mais le cadre n'est pas le chef d'oeuvre. Les similitudes du Yoga oriental et de la pratique Souffie dans la prière sont le cadre, mais le Christ est le chef d'oeuvre, l'intérieur, de la prière Chrétienne. Et c'est là toute la différence au monde.

Techniques & problèmes psychosomatiques

La compréhension orthodoxe du rôle du corps dans la prière repose sur une solide anthropologie. Le corps, l'âme et l'esprit agissent comme une seule unité, ni divisée ni séparée. Dès lors le corps a un rôle dans la prière.

On peut comprendre de 3 manières comment l'on implique le corps. Parfois, on appelle cela des psychotechniques.
1. Respiration,
2. Exploration interne, et
3. Position.
Au cours des siècles, ces questions ont été explosives.

1. Respiration. L'évêque Kallistos (T. Ware) dit que si nous prions la Prière de Jésus pour de courtes périodes, 10 ou 15 minutes au début, alors il n'y a aucun problème à faire correspondre les paroles de la prière avec le rythme de notre respiration. Nous devons respirer naturellement, sans jouer avec le rythme de la respiration. A l'inspiration, on peut dire "Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu." Et à l'expiration, on dit "aie pitié de moi, pécheur." Nous avons à respirer et prier lentement, religieusement et attentivement.

2. Exploration interne. Cela signifie habituellement suivre notre respiration à travers les narines, jusque dans les poumons, tout à l'intérieur, et vers l'extérieur. C'est à proscrire, inconditionnellement. Les dangers potentiels dans tout ceci ne sauraient être exagérés.

3. Position. La position habituelle, telle que recommandée par l'évêque Kallistos (T. Ware), c'est s'asseoir de manière confortable sur une chaise. Parfois, il est recommandé d'être debout. Habituellement, les yeux sont fermés. La posture peut prendre diverses formes, tant que les postures sont religieuses, respectueuses.

Les auteurs sérieux et éclairés, tels que l'évêque Kallistos, saint Ignace Brianchaninov et le p. Sophrony, tous sont d'accord pour dire que "la plénitude de la Prière de Jésus peut être pratiquée sans la moindre méthode physique."
En résumé, on peut dire que les méthodes physiques sont optionnelles et pas du tout nécessaires. Les méthodes physiques sont plus appropriées pour les débutants, comme le dit saint Grégoire Palamas. Les techniques physiques sont potentiellement dangereuses, et ne doivent pas être utilisées sans guide. Saint Théophane suggère : "Prenez l'habitude d'avoir l'intellect se tenant dans le coeur, mais pas d'une manière physique."

Chapelet ou corde de prière

Les chapelets orthodoxes sont habituellement doux et faits en laine. Le but est de nous aider à nous concentrer, pas nécessairement de compter. Dans le célèbre livre "Le Récit du Pèlerin Russe", le pèlerin dit la prière 2.000 fois, puis 6.000, puis 12.000. Est-ce que ces 12.000 Prières de Jésus sont mieux que 2.000? Absolument pas. La quantité n'a rien à voir avec l'amour, et dans le vécu d'une relation étroite avec Jésus. Le pèlerin en fit 12.000, ni plus ni moins par acte d'obéissance envers son père spirituel, non pas parce qu'il "progressait". Il priait aussi beaucoup du fait que c'était "le désir de son coeur". Chaque prière est un acte d'amour, adressé à l'Auteur de l'Amour, Qui est dans l'attente de notre aspiration après Son Amour et de notre acceptation de Son Amour.

La Prière de Jésus comme psychothérapie

En tant que remède, la Prière de Jésus est destructrice des passions et change la conduite. De même que le médecin place un cataplasme sur la blessure du patient, et que ce cataplasme agit sans que le patient ne sache comment, appeler le Nom de Dieu "enlève les passions" sans que l'on ne sache comment ni pourquoi, d'après Barsanuphe et Jean.
Le Saint Nom, lorsque répété paisiblement, pénètre l'âme comme une goutte d'huile se répandant et imprégnant un vêtement.
Notre traduction [et compréhension] moderne de "pitié" est limitée et insuffisante. "Pitié" vient du grec "eleison".
"Eleison" a la même racine que "elaion", qui signifie olive et huile d'olive. Au Moyen Orient, l'huile d'olive apporte la guérison physique à nombre de maladies, en particulier respiratoires. "Aie pitié" signifie "oint d'huile guérissante" mon âme.
Les Pères nous disent que prier le Nom Sacré change notre personnalité, de la fatigue à la joie. "Jusqu'à présent, vous n'avez rien demandé en Mon Nom. Demandez, et vous recevrez, si bien que votre joie sera parfaite" (Jean 16,24).
La Prière de Jésus fonctionne comme une thérapie, un peu comme l'huile guérissante, transformant notre personnalité du surmenage à la joie, et en continuant de prier, ces changements deviennent permanents.

Résultats de la Prière

Nous ne disons pas la Prière de Jésus, ou entrons dans la contemplation silencieuse, afin d'en tirer "quelque bénéfice". Nous ne prions pas pour réduire notre stress, notre tension émotionnelle, ou pour renforcer notre système immunitaire, ou pour perdre du poids, ou pour ajouter des années à notre vie terrestre. Au contraire, nous entrons dans la prière pour suivre le Christ, pour nous devenir ouverts à Lui. Sa voie, c'est la Voie de la Croix.


01 septembre 2006

Indiction & Nouvel-An ecclésial byzantin

Dans l'Empire Romain, l'Indiction était une indication fiscale. On la retrouvera dans les textes de l'Eglise, et on en parle encore dans la partie Orientale de l'Eglise Orthodoxe. Par contre, les Orthodoxes de Rite Occidental, quasiment tous d'origine Anglicane, ne le font pas (les cycles commencent à la Pentecôte ou à la Trinité, selon le Rite). D'où cela vient-il?

Le mot latin "indictio" - "annonce" - désignait, dans l'Empire romain, le montant de l'impôt foncier, dont les bases étaient définies par le cadastre. La réforme de l’imposition (taxes) dans l'Empire Romain menée au début du 3ème siècle organisait une base d'imposition selon les possessions et les revenus des contribuables. Le relevé fiscal de ces bases d’imposition devait être actualisé périodiquement. Pour finir, une périodicité de 15 ans fut adoptée pour l'actualisation, à mener par le préfet du prétoire.

Le sens de ce terme s'est élargi, signifiant d'abord la période de 15 ans entre deux révisions cadastrales, puis un simple cycle chronologique de 15 ans. L'habitude fut prise de compter les indictions à partir de l'année 312 de l'ère Chrétienne (ou 313, selon les auteurs). Car c'est en 312 que l'empereur Constantin le Grand a rendu cette mention de l'année de l’indiction obligatoire pour qu’un acte juridique soit valide, c’est-à-dire le numéro d'ordre de l’année dans le cycle. Ce système de référencement des dates était plus pratique que l’indication du nom des consuls de l’année. Après la ruine de la partie occidentale de l'empire, on voit dans les textes patristiques bien des difficultés de datation. Charlemagne reprendra ce mode de datation à partir de l'an 800.

L'Orient Chrétien gardera ce système pour l'Eglise. Probablement parce qu'on y conservera plus qu'ailleurs la mémoire du fameux "édit" de tolérance religieuse promulguée par le grand empereur - édit dont on ne trouve nulle trace dans les archives pourtant bien conservées de Rome, et qui a donc dû avoir été un accord verbal.

La mention de l'indiction sur un document désigne le rang de l'année dans le cycle de 15 ans en cours. "Indictio quinta" signifie la cinquième année d'une période indictionnelle. Mais ne précise jamais le nombre d'indictions écoulées depuis l'année 313. C'est pour cela qu'on ne sait pas dater un document en ne faisant usage que de cette information-là; elle est indicative, complémentaire.

Exemple de calcul indiqué sur :
http://www.encyclopedie-universelle.com/lexique-general.html#I

"Prenons l'exemple d'un acte marqué de l'indiction 12, qu'on suppose écrit vers 850. Il faut retrancher du millésime 850 le nombre 312, représentant les années antérieures au début du calcul par indiction ; le résultat est ensuite divisé par 15, nombre d'années d'une indiction, soit 850 - 312 : 15 = 35, avec un reste de 13. Le quotient (35) indique le nombre d'indictions écoulées depuis l'année 313, et le reste (13) le rang de l'année 850 dans l'indiction en cours.
L'acte examiné, daté de l'indiction 12, est donc antérieur d'un an, soit 849. La division ne donne pas de reste quand le millésime correspond à la quinzième année de l'indiction. Lorsque la date de l'ère chrétienne et l'indiction sont toutes deux mentionnées dans un document, la seconde peut servir à contrôler la première.

L'usage de l'indiction comme mode de datation se répandit pendant le Haut Moyen-Âge dans toute l'Europe occidentale. Introduit par Charlemagne dans les actes impériaux, il persista en France jusqu'à la fin du Moyen Âge. Mais ce système a dû être jugé d'un maniement délicat pour certains rédacteurs d'actes, qui trouvèrent prudent de se protéger derrière des formules comme celle-ci "Indictio Xa, plus vel minus", c'est-à-dire dixième année de l'indiction, plus ou moins. Curieusement, on peut encore lire sur des calendriers, imprimée généralement en petits caractères, la mention "Indiction romaine" suivie du chiffre donnant le rang de l'année dans l'indiction en cours, par exemple "Indiction romaine 4" pour 1996, soit 1996 - 312 : 15 = 112, reste 4."

Que tout ceci – difficultés des datations, faible persistance du système "romain" en Occident dès la chute de l'Empire et avant son rétablissement par Charlemagne, couplé au fait que dans certaines parties de la Chrétienté, on a toujours fait usage d'un calendrier local, différent de ce que la majorité utilisait – bref, que tout ceci aide à relativiser les notions de "sacré" du calendrier telles qu'on les retrouve un peu partout dans l'Eglise. Que ça soit dans un sens comme dans l'autre d'ailleurs. Le rôle du Chrétien, c'est de sanctifier le temps présent, et de (re-)christinianiser les événements de la vie terrestre normale, pour amener grâce à ces "signes inscrits dans la nature" (cfr épître aux Romains ch. 1) les incroyants à l'acceptation de Dieu dans l'amour et la vérité.
Tropaire du Nouvel-an ecclésial ton 2
O Créateur de l'Univers,
Tu fixas les temps par Ta propre puissance,
Bénis dans Ta bonté la couronne de cette année, O Seigneur.
Préserve la sécurité de Tes dirigeants et Tes villes :
Et par les Intercessions de la Mère de Dieu, sauve nous!

Kondakion du Nouvel-an ecclésial ton 4
O Créateur et Maître des temps et âges,
Dieu de tous, Miséricordieux et Tri-un :
Accorde les bénédictions pour cette année qui commence,
Et dans Ta miséricorde infinie, sauve ceux qui Te louent et crient avec crainte :
O Sauveur, accorde les bénédictions à toute l'humanité!


L'Indiction: Début de l'Année Ecclésiastique
http://www.dynamispublications.org/090106.html
Vendredi 1er septembre 2006

2ème Vêpres Indiction :
Lévitique 25,3-12; 14-17; 19-24
Epître: 1 Timothée 2,1-7
Evangile: Saint Luc 4,16-22

Prière et temps: 1 Timothée 2,1-7, en particulier les versets 3, 4: "...Dieu notre Sauveur, Qui veut que tous les hommes soient sauvés, et parviennent à la connaissance de la vérité.."
Nous considérons comme acquis que l'année civile commence le 1er janvier, mais c'est souvent fort peu connu que le 1er septembre est le début de l'année ecclésiastique dans l'Eglise Orthodoxe. Le premier Concile Oecuménique tenu à Nicée en 325 s'est fixé par rapport à cette date. Pour un certain nombre de raisons, le 1er septembre est une date particulièrement appropriée pour débuter le cycle annuel de prière de l'Eglise. Dans l'hémisphère nord, septembre est le mois des premières récoltes. De plus, c'est durant cette saison, à la synagogue de Nazareth, que le Seigneur Jésus a lu les paroles : "L'Esprit du Seigneur est sur Moi, parce qu'Il M'a oint pour annoncer la bonne nouvelle", signalant que Son ministère débutait (cfr Luc 4,18 & Is. 61,1).

Historiquement, Septembre avait une autre importance spéciale pour les Chrétiens, car durant ce mois, Constantin le Grand a battu son rival Maxence, et entrepris d'accorder aux Chrétiens la liberté de culte à travers tout l'Empire Romain. Pour les siècles suivants, et jusqu'à nos jours, l'Eglise a fixé des prières spéciales de supplication à offrir immédiatement avant la fin de la Divine Liturgie – prières pour l'Eglise et pour toutes les villes et pour les pays à travers le monde.
Cette action offre l'opportunité d'obéir à l'injonction Apostolique de saint Paul, que l'on retrouve dans la lecture de ce jour : "Je recommande donc surtout de faire des demandes, des prières, des supplications, des actions de grâces pour tous les hommes" (1 Tim. 2,1).

Lorsqu'il nous exhorte à prier pour tous les hommes, l'Apôtre spécifie à la fois par des supplications et des intercessions, et cependant, nous devons faire remarquer qu'il n'y a pas de différence essentielle entre ces 2 formes de demande, car tous 2 sont des "prières" offertes en faveur des autres dans le besoin. Et lorsqu'on considère les besoins physiques, émotionnels et spirituels de l'humanité, l'étendue des problèmes humains potentiels est vaste. Dès lors, l'Apôtre ne nous limite pas, au contraire, il nous encourage à prier pour les soucis et les afflictions qui frappent nos concitoyens en humanité.

De plus, saint Paul nous exhorte à prier "pour tous les hommes", et non pas uniquement pour les Chrétiens, sa directive incluant bien tout le monde. Dès lors, lorsque nous prions, nous avons à supplier Dieu en particulier pour les dirigeants (v. 2). Pourquoi? Afin que l'Eglise puisse vivre dans des conditions qui permettent une vie paisible et tranquille pour une croissance en toute piété, afin que nous puissions nous conduire devant le monde d'une manière agréable à Dieu (v. 2-3). Quand la Foi s'incarne dans la pureté, la sainteté et la joie, il y a beaucoup plus de gens qui sont encouragés à "parvenir à la connaissance de la vérité," et "être sauvés" (v. 4).

Pour finir, l'Apôtre nous conseille vivement de ne pas limiter nos prières à rien d'autre que des "requêtes". Il ajoute à l'exhortation que les prières devraient être offertes "eucharistiquement", ou tel que traduit ici, par "des actions de grâce" (v. 1). Il n'y a aucun doute que cette mention est une allusion aux prières de louange régulières et à l'action de grâce [evcharistein] en faveur de toute l'humanité telle que l'on trouve dans la Divine Liturgie.

Dans la Liturgie, ce que la prière de l'Anaphore rend clair d'une manière particulièrement poignante, chaque personne est présentée à notre Dieu et "Maître Qui aime l'humanité", à Celui Qui nous a façonnés "de poussière de terre.. et honorés de (Sa) propre image," même lorsque nous avons "désobéi" et que nous avons dès lors été "trompés par la ruse du serpent et rendus sujets à la mort." Observez que l'intégralité du drame de la rédemption humaine est offerte dans ces prières, révélant le fort désir de l'Eglise pour la restauration de tous par le Seigneur Jésus, "vraie Image" de Dieu le Père.
Sans aucun doute, l'offrande constante, jour après jour, année après année, à travers les siècles et jusqu'à la fin des temps, d'une telle action de grâce eucharistique [pléonasme, ndt] à Dieu nous permet de vivre devant les autres, afin qu'ils soient attirés à la Foi et "soient sauvés, et parviennent à la connaissance de la vérité" (v. 4).

O Dieu, permet-nous de vivre et prier afin que tous les hommes soient amenés sur le chemin du Salut.


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"Dynamis!" est une publication quotidienne de la cathédrale du diocèse de Wichita et Centre de l'Amérique, archidiocèse Antiochien Chrétien Orthodoxe d'Amérique du Nord
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Bonne Année (Ecclésiale!) - Que vos voeux soient acceptables au Seigneur!
http://southern-orthodoxy.blogspot.com/2006/09/happy-church-new-year.html

[texte légèrement adapté pour situation locale, ndt]

Il peut sembler bizarre de souhaiter "bonne année" en septembre, mais c'est à ce moment-là que l'Eglise place son commencement annuel. Le 1er septembre est, pour l'Eglise, le premier jour du Nouvel An.
Une pieuse tradition de l'Eglise affirme que Jésus de Nazareth a commencé à prêcher la bonne nouvelle de Sa mission le 1er septembre. Lorsque le Seigneur entra dans la Synagogue, on Lui donna à lire le livre du Prophète Isaïe, et Il l'ouvrit et trouva l'emplacement où il était écrit :
"L'Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu'il m'a oint pour annoncer la bonne nouvelle aux pauvres. Il m'a envoyé guérir ceux qui ont le coeur brisé, proclamer aux captifs la délivrance, aux aveugles le retour à la vue, libérer les opprimés, publier l'année favorable du Seigneur".
Puis Il roula le livre, le rendit au servant et S'assit; et tous dans la synagogue de fixer les yeux sur Lui" (Luc 4,18-21).

La tradition affirme aussi que ce fut durant le mois de septembre que les Hébreux entrèrent dans la Terre Promise. Et, la coutume de commencer la nouvelle année avec l'automne était habituelle dans les pays Bibliques et méditerranéens parce que la récolte d'été avait été achevée, les moissons rentrées, et c'était le moment où les gens commençaient à préparer le nouveau cycle agricole. C'était un temps approprié pour un nouveau début. C'est évident dans les offices de l'An Neuf car l'Eglise supplie Dieu pour une météo favorable, des pluies de saison, et l'abondance des fruits de la terre.

Alors que nous entamons cette nouvelle année, il faut faire remarquer que le
Calendrier de l'Eglise est rempli d'événements importants – en particulier les 12 Grandes Fêtes, les 4 Jeûnes, et PÂQUES. Et aussi, chaque jour de l'Année Ecclésiale est consacré à honorer des Saints; nombre d'entre ceux qui sont morts à la date du jour. De même que nos calendriers personnels où nous mentionnons les anniversaires terrestres de la famille et des amis, l'Eglise rappelle les Saints pour leur "anniversaire céleste" – le jour où ils sont passés de cette vie et entrés dans le Royaume des Cieux.

Liturgiquement, l'Année Ecclésiale commence et s'achève avec la Mère de Dieu. La première grande Fête de l'année, le 8 septembre, honore sa naissance; la dernière grande Fête de l'année, le 15 août, commémore sa Dormition. Entre ces 2 Grandes Fêtes, l'Eglise met l'accent sur 10 autres Fêtes majeures et Pâques, la Fête des Fêtes. [Elles sont toutes à date fixe sauf Pâques, l'Ascension et la Pentecôte; et ces 3 dernières sont à même date dans l'Ancien Calendrier, il ne faut donc pas rajouter 13 jours.]

PÂQUES – 8 avril 2007
Ascension de notre Seigneur – 17 mai 2007
Dimanche de Pentecôte, 27 mai 2007

Les dates pour le Dimanche des Rameaux (Palmes), Pâques, Ascension et Pentecôte varient chaque année. En 2007, les églises Catholiques-romaines et Protestantes célébreront Pâques en même temps que les Orthodoxes, le 8 avril. Le Jeûne des Apôtres peut varier en durée. Il commence le lundi après le Dimanche de la Toussaint (premier Dimanche après la Pentecôte) [appelé "Dimanche de la Trinité" dans le Rite Orthodoxe Occidental] et se termine avec la Fête, le 29 juin.
Chaque paroisse célèbre aussi a "Fête de l'Autel", le jour réservé pour son saint patron, Fête ou Dédicace.

Les calendriers muraux que la plupart des paroisses ont à disposition à partir de l'automne reprennent nombre des saints du jour et des lectures quotidiennes pour l'année. De plus, la plupart des gens ont leur propre saint patron – ou fête patronale – à commémorer, de même que les autres saints préférés, personnels ou familiaux.
Pourquoi ne pas entamer comme il faut la Nouvelle Année? Notez dans votre calendrier personnel les Fêtes, Jeûnes et jours des saints de l'Eglise. Prenez la résolution de participer au cycle liturgique de l'Eglise. Au contraire des résolutions du Nouvel An mondain, marquez votre calendrier, honorez Fêtes et Jeûnes, et embarquez-vous pour une nouvelle vie au sein de la vie annuelle de l'Eglise : c'est une merveilleuse manière de sanctifier le temps. Unissons-nous, tous ensemble, pour faire de ceci une "année acceptable pour le Seigneur!"

Bonne Année!

PRIERES POUR LES ENFANTS – RENTREE SCOLAIRE

Prière pour l'enfant qui va entrer à l'école
Seigneur notre Dieu, Qui de Ton image et ressemblance nous a honorés, nous les hommes, et Qui nous as doués d'un vouloir autonome; Qui entras dans le Temple, au milieu de la fête, et instruisis le peuple, au point que, s'émerveillant, on disait : "comment connaît-Il les Ecritures, sans avoir étudié?" Toi Qui as enseigné à Salomon la sagesse, Dieu de l'univers, Roi de tous et Verbe, ouvre l'âme et l'esprit, le coeur et les lèvres de ton serviteur N., afin qu'il comprenne, saisisse et fasse Ta volonté; délivre-le de tout ce que trame le diable, garde-le tous les jours de sa vie, en tout temps appliqué à Tes Commandements; par l'intercession de Ta Mère tout-immaculée et de tous les Saints.
Car Tu es Celui Qui veilles sur nos âmes et sur nos corps, ô Christ notre Dieu, et nous Te rendons gloire, ainsi qu'à Ton Père éternel et à Ton Esprit Saint, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.
(du "Grand Euchologue et Arkhiératikon", édition 1992, traduction archimandrite Denis Guillaume)


Prière pour les écoliers
http://southern-orthodoxy.blogspot.com/2006/08/prayer-for-school-children.html
O Dieu, notre Père céleste, Qui aime l'humanité, et es si miséricordieux et compatissant, prends pitié de ces enfants qui sont à Toi, Tes serviteurs, pour qui nous Te prions humblement, et les recommandons à Ta gracieuse protection. O Dieu, daigne être Toi leur guide et leur gardien en toutes leurs entreprises; guide-les sur le chemin de Ta vérité, et rapproche-les de Toi, afin qu'ils puissent mener une vie pieuse et juste, T'aimant et Te craignant; accomplissant Ta volonté en toutes choses. Bénis et fortifie leurs enseignants. Et donne-leur la grâce afin qu'ils soient modérés, travailleurs, appliqués, pieux et charitables. Défends-les contre les assauts de l'ennemi, et accorde-leur la sagesse et la force pour résister à toutes les tentations et la corruption de cette vie présente; et dirige-les sur le chemin du Salut, pour l'Amour de Ton Fils, notre Sauveur Jésus-Christ, et par l'intercession de Sa très sainte Mère et de Tes Saints bénis et de leurs Anges gardiens!
Amen.

*-*-*-*-*

Ce n'est bien entendu pas le "roi Charles", Charlemagne, qui a inventé l'école publique. L'Eglise Orthodoxe, au
6ème siècle, lors du premier Concile de Vaison-la-Romaine (527 / 529, selon documents) présidé par saint Césaire d'Arles, avait décrété cette obligation d'avoir une école publique dans chaque diocèse, voire paroisse (dans le sens de l'époque). Les princes ont toujours préféré avoir des ânes sur qui régner que des gens intelligents. Voyez le nivellement par le bas de l'enseignement en Belgique et ailleurs en Occident et vous comprendrez pourquoi l'Eglise était déjà le seul rempart... A l'époque, le but était au départ, bien sûr, de former des gens compétents pour éventuellement reprendre le flambeau de la prêtrise par la suite. Mais le Canon du Concile stipulait bien que si le jeune voulait partir se marier, il fallait le lui permettre. Il faudra 2 siècles d'application au moins partielle de cette mesure avant que nos pays ne retrouvent des poètes et érudits Chrétiens de la trempe d'un saint Sidoine Apollinaire, dire à quel point on était tombé bas.

Malgré tout ce que ce demi-barbare de Charlemagne traîne comme casseroles et sa responsabilité partielle mais objective dans la propagation d'hérésies terribles en Occident, on lui laissera ce relèvement de l'éducation publique et la tentative de recréer une vie sociale que les invasions des autres barbares des siècles passés avaient toutes ruinées. Et pour ce faire, il se serait appuyé sur le Concile de Vaison – ou ses conseillers le lui auront dit de le faire.. - pour justifier ces refondations d'écoles généralisées à tout son empire.

Bref, si Charlemagne n'est pas l'inventeur de l'école, pour les francophones d'un certain âge, il l'est en partie... à
cause d'une chanson qui n'a cessé de résonner à leurs oreilles.
Alors... tous en choeur:

"Qui a eu cette idée folle
Un jour d'inventer l'école
C'est ce sacré Charlemagne
Sacré Charlemagne
De nous laisser dans la vie
Que les dimanches, les jeudis
C'est ce sacré Charlemagne
Sacré Charlemagne

Ce fils de Pépin le Bref
Nous donne beaucoup d'ennuis
Et nous avons cent griefs
Contre, contre, contre lui

Qui a eu cette idée folle

Un jour d'inventer l'école
C'est ce sacré Charlemagne
Sacré Charlemagne

Participe passé
4 et 4 font 8
Leçon de français
De mathématiques
Que de que de travail
Sacré sacré sacré Charlemagne

Il aurait dû caresser

Longtemps sa barbe fleurie
Oh Oh sacré Charlemagne
Sacré Charlemagne

Au lieu de nous ennuyer
Avec la géographie
Oh Oh sacré Charlemagne
Sacré Charlemagne

Il n'avait qu'à s'occuper
De batailles et de chasse
Nous n'serions pas obligés
D'aller chaque jour en classe

Il faut apprendre à compter
Et faire des tas de dictées
Leçon de français
De mathématiques
Que de que de travail
Sacré sacré sacré Charlemagne

Car sans lui dans notre vie
Y n'y aurait que des jeudis
Oh Oh sacré Charlemagne
Oh Oh sacré Charlemagne
Oh Oh sacré Charlemagne..."

Note : paroles de la chanson retrouvées en diverses versions un peu partout sur internet, comme ici :
http://bottin.inventeur.info/modules.php?name=News&file=article&sid=135
Il y a donc d'autres versions - et ou un copyright? Ca j'en sais rien, je ne sais pas qui est l'auteur.

IN MEMORIAM : BESLAN 2004

La rentrée scolaire du 1er septembre 2004, à Beslan, petite ville d'Ossétie du Sud, fut la dernière pour 186 enfants.
Alors que nos enfants rentrent à l'école, dans un pays qui n'est en guerre avec personne et ne participe qu'à des opérations d'aide et de maintien de la paix, que la prière s'élève pour ces victimes de Beslan, et de partout ailleurs, où des enfants partent pour "apprendre à devenir grands" et où "des grands" leur font subir une violente fin de parcours, à la bombe, roquette, lance-flamme, couteau, missile, etc.

Le Christ était aux côtés de chacun de ces enfants, Christ rejeté par tous les tueurs du monde, Christ tué en chacun de ces enfants, créés eux aussi à l'image et à la ressemblance de Dieu.
Et la Mère de Dieu était comme à la Croix, à pleurer sur ces nouvelles victimes de la folie des hommes qui ne cessent de rejeter le Christ. Et choisissent donc le démon comme maître et seigneur... Mais la Femme, l'Elue, écrasera la tête de l'immonde qui est menteur et meurtrier depuis les origines!



L'intervention de libération, plus militaire que policière, sera une catastrophe. Une partie des intervenants ayant leur enfant à l'intérieur, tireront à hue et à dia. Sentiment tout à fait humain - à une certaine époque, j'en aurais fait pareil - que de vouloir se précipiter pour aller chercher son enfant, l'arracher aux griffes de satan et de ses sbires. Mais leur mission, comme policier, était d'abord de sécuriser la zone, et de faire place aux unités spécialisées. Un peu facile à dire? Non, le chaos a servi les desseins des assassins. Et le résultat? Un foutoir, pas d'autre manière de le décrire. Et c'était peut-être ce qui était attendu, pour permettre un autre résultat final. Car très vite, des questions se sont élevées au sein même de la classe politique, en Russie : voulait-on réellement en tout premier lieu libérer les otages, ou surtout flinguer les terroristes? La manière dont les choses se sont déroulées ressemblait beaucoup trop à la désastreuse libération des otages du théâtre à Moscou, prise d'otage du 23 octobre 2002 achevée dans le bain de sang généralisé le 26 octobre, libération où des gaz de combats, inconnus des hôpitaux où étaient transférées les victimes, avaient été utilisés pour tenter de neutraliser les terroristes avant qu'ils se fassent sauter avec l'ensemble.
A Beslan aussi, la manière de traiter le dossier a été un fiasco au niveau humanitaire. Une intervention avec des chars d'assaut qui bombardent une aile dans laquelle se trouvent une partie des otages, sauf à penser que les forces spéciales russes sont totalement incompétentes (ce que je ne crois pas du tout!), laisse difficilement à croire à la version "d'abord les otages". D'où :


Tragédie de Beslan - Un député russe conteste la version officielle
AFP
Mis en ligne le 28/08/2006
La prise d'otages de Beslan, perpétrée par un commando pro-tchétchène qui réclamait le retrait des forces russes de Tchétchénie, s'est soldée par la mort de 331 personnes, dont 186 enfants, plus la mort de 31 des 32 terroristes.
Un député russe, membre de la commission d'enquête parlementaire sur la prise d'otages de Beslan, a contesté dans un rapport publié lundi la version officielle selon laquelle l'assaut des forces russes était une réponse à des explosions dues aux bombes des terroristes.
Lire la suite :
http://www.lalibre.be/article_print.phtml?art_id=302777

Un groupe de type "Groupe Diane" (Belgique) ou GIGN (France) aurait pris le temps nécessaire, mais aurait sûrement libéré avec moins de "dégâts collatéraux" (comme disent les militaires et les journaleux), c'est-à-dire de victimes innocentes. Quand on voit le genre d'intervention qu'ils ont déjà menées avec succès, avec aussi en face d'eux des groupes prêts à se suicider et, dans leur voyage vers l'enfer, tente d'y emmener le plus de gens, et que malgré ça, nos unités d'élites ont quasiment toujours réussi des prouesses, on se dit qu'il y a bien des pays qui pourraient venir prendre des leçons.

A Beslan, le désastre final aurait pu mener à une jacquerie, une révolte de la population, qui avait tout vu et n'était pas dupe. Alors... on a acheté le calme... Les gens vivent dans la misère, ont besoin de tout. Une partie se laisse tenter. Mais même avec eux, ça marche un temps. Puis la conscience se réveille...

La Croix-Rouge poursuit ses opérations humanitaires à Beslan
29/ 08/ 2006 - 15:09
MOSCOU, 29 août - RIA Novosti. La Croix-Rouge russe (RKK) a annoncé mardi qu'elle comptait poursuivre ses opérations humanitaires en matière de réhabilitation sociale et psychologique des victimes de la prise d'otages de Beslan.
lire la suite :
http://fr.rian.ru/russia/20060829/53277723.html































Beslan, 1er septembre 2004

http://fr.wikipedia.org/wiki/Beslan





































après l'horreur

jeudi 6 juillet 2006, 13:52
En septembre 2004, un commando de terroristes prenait l'assaut d'une école à Beslan (Ossétie-Fédération de Russie). Les enfants furent regroupés dans le gymnase : c'est là qu'eut lieu la tragédie, où moururent tant d'enfants.

Fin juin dernier, Mgr Théophane, l'évêque titulaire, (il nous a rendu visite en décembre dernier, voir vidéo) bénissait la croix placée au centre du gymnase, qui est resté dans l'état du jour de la tragédie.

Lire la suite, voir et écouter les entrevues :
http://www.moinillon.net/post/2006/07/06/apres-lhorreur



Diaporama : la paroisse Heilige Nikolaas van Myra (Patriarcat de Moscou, Amsterdam, Pays-Bas) http://www.orthodox.nl/ acceuille en vacances des enfants rescapés de Beslan


http://noderotor.net/orthodox/gallery.phtml?lang=en&name=beslan

Tout faire pour éviter la répétition des événements de Beslan (représentant du président)
BESLAN (Ossétie du Nord), 1er septembre - RIA Novosti. Dmitri Kozak, représentant plénipotentiaire du président russe dans la Région fédérale du Sud, a réaffirmé vendredi l'importance de tout faire pour éviter la répétition des événements de Beslan, au cours de l'inauguration d'un monument à ceux qui sont morts en libérant les otages. 1/09/2006 16:44
Lire la suite :
http://fr.rian.ru/russia/20060901/53404055.html


Beslan: deux ans après, la société russe incrédule
Par Andreï Kolesnikov, RIA Novosti
Lire la suite :
http://fr.rian.ru/analysis/20060905/53543845.html

Août 2007, l'enquête montre clairement les graves erreurs du gouvernement
http://novayagazeta.ru/data/2007/57/00.html


Diaporama de "Direction to Orthodoxy"
http://www.flickr.com/photos/directionstoorthodoxy/236024885/

Hommage aux victimes de Beslan
BESLAN, 1er septembre - RIA Novosti. A partir de vendredi Beslan rend hommage aux victimes de l'acte terroriste commis du 1er au 3 septembre 2004. 1/09/2006 13:31
lire la suite :
http://fr.rian.ru/society/20060901/53392866.html


Très sainte Mère de Dieu, Joie des Affligés
pitié pour tes enfants!


31 août 2006

DEVENIR CHRÉTIEN & LE RESTER + 40 PRÉTEXTES POUR NE PAS DEVENIR ORTHODOXE

Dessin réalisé avec http://www.customsigngenerator.com


Les pratiques et coutumes Anglicanes évoquées ci-dessous se retrouvent largement dans le catholicisme-romain qui domine dans notre pays depuis un millénaire. Et une partie des mauvaises habitudes dans la déculture d'Europe Continentale valant bien celles d'Angleterre, on pourra sans difficulté appliquer quasiment tout ce qui suit à notre situation locale. Pour le plus grand bénéfice spirituel de tout un chacun. L'un ou l'autre pourra toujours pinailler sur tel ou tel détail – par exemple sur le fait qu'un prêtre de rite oriental insistera sur ce qui le concerne, analysera les choses sous cet angle-là exclusivement, et passera sous silence les prêtres de rite occidental de sa même Eglise Locale, mais l'inverse est aussi vrai; ou "ça c'est chez les Russes" face à une coutume typique; ou... Ce sont des détails. Passez outre. Car voici – enfin! - un excellent manuel pour devenir Chrétien et savoir vivre en Chrétien Orthodoxe, un manuel pratique et concret pour rentrer et rester dans la Nouvelle Jérusalem, l'Eglise Orthodoxe.
Après l'avoir traduit, il ne me reste plus qu'à commencer à essayer de le mettre en pratique. Merci de prier pour le pécheur que je suis afin de m'y mette sérieusement...

ps : toutes les photos sont 100% orthodoxes, même si cela en surprendra parfois plus d'un.

JM

*-*-*-*-*-*-*


DEVENIR ET RESTER UN CHRÉTIEN ORTHODOXE

Un exposé donné lors d'un pèlerinage orthodoxe à Felixstowe en août 2001
INTRODUCTION

Nous entendons parfois des gens raconter comment ils en sont venus à rejoindre l'Eglise Orthodoxe. Bien que chaque histoire soit intéressante, et parfois même
extraordinaire, je pense que les histoires racontant comment des gens sont restés de fidèles Chrétiens Orthodoxes malgré les tentations seront de plus grande utilité. Comme il est écrit dans l'Evangile : "C'est à votre constance que vous devrez votre salut" (Luc 21,19).
De plus, je n'ai pas intitulé cet entretien "Comment entrer dans l'Eglise Orthodoxe" mais "Comment devenir et rester un Chrétien Orthodoxe." Car rejoindre l'Eglise Orthodoxe ou devenir un membre de l'Eglise Orthodoxe, cela concerne des changements externes, et ce n'est pas la même chose que "devenir un Chrétien Orthodoxe," qui concerne des changements intérieurs. Et rester un Chrétien Orthodoxe est encore plus important, c'est pourquoi j'ai consacré 3 fois plus de temps à cette partie-là qu'à comment devenir Chrétien Orthodoxe.




DEVENIR ORTHODOXE – CONVERSION ET INTÉGRATION

Définissons d'abord nos termes en parlant d'un nombre de mots qui sont utilisés dans ce contexte. Tout d'abord, il y a la phrase nulle "Orthodoxe de naissance." Cela n'existe pas. Personne n'est "né Orthodoxe", nous sommes tous nés païens. C'est pour cela que nous exorcisons d'abord puis baptisons. Plus acceptables sont les termes, "né dans une famille Orthodoxe" et "Orthodoxe depuis le berceau". Il est intéressant de noter que les gens qui utilisent avec condescendance des termes comme "Orthodoxe de naissance" appellent les enfants des "convertis".. des "convertis". En fait, bien sûr, dans leur langage erroné, les enfants de "convertis" sont "Orthodoxes de naissance"!
Ensuite il y a le mot "converti." Lorsque des gens disent qu'ils sont convertis, je leur demande d'abord : "Convertis à quoi?" Au folklore grec? A l'alimentation russe? Au pharisianisme? A la nostalgie d'un Anglicanisme ou d'un Catholicisme-romain démodés? A un passe-temps intellectuel de syncrétisme?
Il est vrai, en un sens, que nous sommes tous, toujours, des convertis, parce que nous avons tous à constamment nous convertir au Christ. C'est le sens du Psaume 50. Le roi-prophète David aussi fut un converti, un "né de nouveau", après son grand péché. Hélas, le mot "converti" n'est en général pas utilisé dans ce sens spirituel mais dans un sens séculier.
J'espère que quand les gens s'appellent eux-mêmes "convertis", ils veulent dire qu'ils sont convertis au Christianisme (qui est le mot correct pour Orthodoxie). J'espère aussi que quand ils disent qu'ils sont "convertis", cela signifie qu'ils ont été très récemment reçus dans l'Eglise. Hélas, je dois admettre que ce n'est pas toujours le cas. Les années passant, j'ai rencontré des gens qui étaient entrés dans l'Eglise Orthodoxe 10, 20, 30 ans auparavant voire plus, et qui étaient encore des "convertis" et même qui s'appelaient eux-mêmes "convertis". Et ceci même dans le cas de certains clercs, prématurément ordonnés.
Ca me dépasse, car cela signifie que même après des années comme membres "de nom" de l'Eglise Orthodoxe, ils ne sont pas encore devenus Chrétiens Orthodoxes, ils n'ont pas encore intégré l'Eglise, ils n'ont pas encore grandit naturellement dans l'Orthodoxie, et il ne mènent toujours pas un genre de vie Orthodoxe, ils n'ont pas encore acquis cet instinct d'Orthodoxie, qui signifie que l'Orthodoxie est leur unique demeure spirituelle, qu'elle est leur os et leur sang, qu'ils respirent l'Orthodoxie parce que leurs âmes sont Orthodoxes. Ils souffrent de l'affliction spirituelle de la "convertitis". Ils sont restés néophytes. Ils n'ont accompli que ce que le diable voulaient qu'ils accomplissent – être incomplets. C'est pourquoi les Russes, faisant un jeu de mot sur le mot russe "konvert", qui signifie une enveloppe, disent plutôt vrai en parlant de certains convertis : "le problème avec le 'konvert', c'est qu'il est soit souvent vide, ou souvent décollé."
Il peut y avoir bien des raisons à cet état de convertitis. Ce peuvent être des gens qui sont rentrés dans l'Eglise Orthodoxe et n'ont pas trouvé de paroisse où aller, au moins avec des Offices dans une langue qu'ils pourraient comprendre. Par exemple, j'ai rencontré des gens qui avaient été Orthodoxes depuis 40 ans mais n'avaient jamais participé à une Vigile Pascale dans leur propre langue! J'ai rencontré des gens qui étaient Orthodoxes depuis 5 ans et n'avaient jamais assisté à la moindre Vigile Pascale, parce que leur communauté Orthodoxe locale n'a que 10 Liturgies par an et uniquement des samedis matin! J'ai rencontré des gens qui étaient Orthodoxes depuis 60 ans et n'avaient jamais été à des Vêpres ou un Office de Vigile! En d'autres mots, de telles personnes n'ont jamais eu l'opportunité d'apprendre et de s'intégrer. Cependant, il y a malheureusement aussi d'autres raisons pour lesquelles des gens ne s'intègrent pas dans la vie de l'Eglise.



LES MOTIFS DE CONVERSION

En principe, le clergé ne devrait recevoir quelqu'un au sein de l'Eglise Orthodoxe que pour des raisons positives. Le fait est qu'il y a des gens qui souhaitent rejoindre l'Eglise Orthodoxe pour des raisons négatives, par exemple par dégoût pour une dénomination ou un membre de son clergé. C'est de la psychologie, pas de la théologie, et en plus, pas très saine, ni très Chrétienne, comme psychologie.
Je me souviens comment dans les années 1970, celui qui est à présent l'évêque Kallistos me raconta comment un groupe de convertis lui avaient demandé d'écrire un livre dénonçant toutes les hérésies de l'Anglicanisme. Les convertis en question, et ils étaient en effet convertis, étaient bien entendu tous des ex-Anglicans! Ils n'avaient pas compris que leur motivation, à tous, provenait de leurs problèmes psychologique personnel, de leur réaction, qu'ils étaient occupés à masquer derrière leur zèle passionné. C'est fort justement que l'évêque Kallistos refusa d'écrire quelque chose de négatif. En tout cas, aucun Orthodoxe n'aurait acheté le bouquin, parce qu'il n'aurait pu être de quelqu'utilité que ce soit pour des néophytes ex-Anglicans. Ce fut un livre en moins à réduire en pâte.
Habituellement, un prêtre sait découvrir si les motivations de ceux qui souhaitent rejoindre l'Eglise Orthodoxe sont négatives rien qu'en attendant de voir si ces gens viennent aux Offices religieux. Habituellement, ces gens super-zélés qui aiment lire à propos de la Foi ou parler de la Foi dans des forum ou ailleurs, sont ces mêmes personnes qui font de l'absentéisme à l'église. Leur zèle se passe tout dans la tête ou dans leurs émotions, pas dans leur coeur et âme, et dès lors pas dans leur vie et leur pratique.
Ensuite, il y a ceux qui ont été attirés à l'Eglise par une découverte durant un voyage. J'appelle ces gens des "Orthodoxes de Vacances." Leur attirance n'est souvent pas vers le Christ, mais vers une culture étrangère et exotique – et au plus exotique, au mieux c'est. Menant une vie très monotone, l'Eglise Orthodoxe leur donne quelque chose pour rêver, habituellement leurs prochaines vacances en Crête ou quelque part du genre. A nouveau, un prêtre sait facilement découvrir si leur intérêt est sérieux en regardant s'ils viennent à l'église. En général, ils ne viennent pas, parce qu'ils ne sont pas en vacances! Hélas, certains d'entre eux ont été reçus dans l'Eglise par des prêtres manquant de discernement, dans leur lieu de villégiature, que ce soit en Roumanie, Russie, Grèce, Chypre, au Mont Athos ou ailleurs. Ne connaissant rien de la Foi Orthodoxe, ils se présentent sur le pas de votre porte et vous avez à leur expliquer que bien qu'ils soient membres de l'Eglise Orthodoxe, ils ne sont en réalité pas encore devenus Orthodoxes. Souvent, de toute manière, de telles personnes peuvent bien vous téléphoner, mais en général ne viendront jamais à un Office à l'église, parce qu'ils auront cessé de pratiquer avant de s'être préparés à venir à l'église.
Ensuite il y a ces gens qui viennent avec leur propre agenda, souvent des "je-sait-tout", qui ont lu tous les livres existant sous le soleil, mais n'ont pas encore la moindre idée de la lettre A de l'ABC Chrétien. Et ils arrivent avec leurs desiderata qu'ils souhaiteraient imposer! "Oui, je veux rejoindre l'Eglise Orthodoxe, mais à condition qu'elle aie d'abord été 'réformée' et 'modernisée'!" - "Oui, c'est bon ainsi, mais je voudrais qu'on rajoute quelques hymnes occidentaux avant le Canon!", ou "Je ne rejoindrai l'Eglise Orthodoxe que lorsqu'elle célébrera Pâque en même temps que ma tante Suzanne qui est Protestante!", ou "Tout est parfait sauf que vous utilisez beaucoup trop de cierges. Retirez ces cierges et je rejoindrai l'Eglise Orthodoxe." "Je ne deviendrai Orthodoxe que si vous avez une icône de st. François d'Assise!" "Je ne rejoindrai l'Eglise Orthodoxe qu'à condition que tout le monde y vote pour le parti politique XYZ et aille en vacances en Toscane!". Ce sont peut-être des exemples extrêmes, mais ce sont des exemples authentiques. Ce sont tous des exemples de manque d'humilité. Aucun prêtre ne devrait recevoir des gens pareils au sein de l'Eglise pour la simple raison qu'ils n'aiment pas et n'acceptent pas l'Eglise et Son Maître le Christ.
Il n'y a qu'un seul critère pour entrer dans l'Eglise Orthodoxe, et c'est parce que vous êtes convaincus que c'est pour votre Salut personnel, pour votre survie spirituelle, parce que c'est la sainte Volonté de Dieu pour vous, parce que vous savez que c'est votre demeure spirituelle, et que quelqu'en soit le prix, vous ne pourrez jamais être rien d'autre.

 
COMMENT RESTER ORTHODOXE – L'ATTACHEMENT AUX APPARENCES

Récemment, un prêtre qui avait reçu des gens dans l'Eglise au cours des 20 dernières années me raconta que la liste de gens qu'il avait reçu et qui avaient fait défection était plus longue que celle de ceux qu'il avait reçus et qui avaient persévéré. Ce prêtre est relativement prudent quand il s'agit de recevoir les gens, mais je connais 2 autres paroisses où la liste des défections est au moins 20 fois plus longue que celle des persévérants. Dans les 2 cas, je doit admettre que c'est la politique de la paroisse qui est à remettre en cause. Présentez-vous y et demandez, et vous serez automatiquement reçus dans l'Eglise endéans les 2 semaines, sans la moindre instruction.
Mais pourquoi alors est-ce que des gens abandonnent la pratique de la Foi à laquelle ils ont choisit d'appartenir de leur plein gré? Si nous examinons cette question, peut-être pourrons-nous apprendre quelques leçons qui sont utiles pour nous et qui pourrons nous aider à rester un fidèle Orthodoxe.
Tout d'abord, nous devons nous examiner nous-mêmes. A quoi sommes-nous en fait attachés dans l'Eglise? Il y en a qui disent : "C'était si merveilleux à l'église aujourd'hui! Le chant était si beau, l'encens sentait si bon!" Des paroles pareilles me font penser qu'il est peu probable que cette personne revienne. De telles personnes semblent avoir un feu intérieur qui éclate dans un jaillissement d'enthousiasme et d'émotion. Mais comme tous les feux vifs, ils brûlent vite et ne laissent que des cendres froides. Cet attachement aux apparences et à l'exotisme est dangereux, parce que nous passons à côté de l'essentiel.
L'attachement aux apparences peut s'étendre aux vêtements, langues, nourriture et folklore étrangers. Je me souviens d'une paroisse russe en Belgique, on savait directement qui y étaient les convertis; les hommes portaient des barbes de paysans Russes du 19ème siècle, et les femmes portaient des longues jupes sans élégance et semblaient porter une nappe de table sur la tête. Vous saviez qui étaient les Russes parce qu'ils étaient habillés normalement. Dans une paroisse grecque ici, il y avait 2 prêtres, un Grec et un converti. Vous reconnaissiez directement qui était le convertit parce qu'il portait d'énormes robes à large manches et un énorme chapeau-cheminée sur sa tête. Le Grec ne portait qu'une tunique.
Dans une autre paroisse russe, les Russes parlaient toujours de chanter, de Noël et de Pâques, mais les "convertis" (et c'est bien ce qu'ils étaient) parlaient de "psalmodier" et "La Nativité" et "Pascha." Un vrai Russe, né en Union Soviétique, me raconta un peu cruellement pourquoi il aimait le convertit de sa paroisse "parce qu'il me fait marrer avec tout son folklore." Le zèle non-éclairé est toujours ridicule. Le zèle doit être canalisé afin d'atteindre quelque chose de positif.
J'ai un ami Chypriote Grec, né et élevé à Londres, qui me raconta que son plat préféré était le steak et la tourte aux rognons, et que c'était la première chose qu'il mangeait à Pâques lorsque le jeûne était finit. Je lui ai demandé s'il mangeait parfois dans un restaurant grec. Il répondit : "Oh non, ça c'est juste bon pour les Anglais." Il me raconta aussi comment à Londres, dans les mariages entre Chypriotes, les invités avaient l'habitude d'attacher des billets de banque aux vêtements du nouveau couple, une sorte de cadeau de mariage. Lorsque pour la première fois il vit un mariage à Chypre, alors qu'il avait 25 ans, les gens là-bas ne firent pas cela. Pourquoi? Parce qu'ils avaient cessé de le faire dans les années 1960, considérant cela comme une sorte de coutume paysanne primitive. En d'autres termes, ils avaient cessé de le faire après que la plupart de leurs compatriotes Chypriotes Grecs avaient émigrés à Londres, mais ceux à Londres avaient conservé la vieille coutume des années 1950. Et voilà que les convertis veulent imiter cette coutume morte.
A cet égard, j'ai rencontré récemment un autre "convertit" qui venait de rentrer de vacances en Grèce, et en parlait avec beaucoup d'enthousiasme comme étant une "terre sainte" pleine de "saintes personnes," parce que "les Orthodoxes sont saints". Hé bien, je ne peux que supposer qu'il a dû passer tout son séjour dans d'excellents monastères – en passant, tous les monastères ne sont pas excellents. Je recommanderais à de telles personnes d'aller visiter les prisons grecques. Elles sont pleines d'Orthodoxes – des voleurs, des assassins, des violeurs, des proxénètes, des escrocs Orthodoxes. Vous pouvez le dire, ils sont tous Orthodoxes! Voyez-vous, la nature humaine est la même dans le monde entier.
Ce que je veux dire c'est que si nous nous attachons aux apparences, alors nous devrions d'abord nous demander à nous-mêmes : à quelles apparences sommes-nous donc attachés? Si nous ne faisons pas preuve de discernement, nous pourrons en effet avoir l'air fort bête. Toutes les apparences ne sont naturelles que si elles reflètent ce qui est en nous. Si le Christianisme Orthodoxe est en nous, alors nos apparences seront celles de tout Chrétien Orthodoxe. Nous gagnerions certainement à prendre l'habitude de visiter d'autres paroisses Orthodoxes, des pays où il y a beaucoup d'églises Orthodoxes, observant et analysant notre aspiration à l'authenticité. La pire des choses ce sont ces petites communautés de "convertis", refermées sur elles-mêmes, et qui ne voient jamais rien d'autre. Ils peuvent finir par avoir des pratiques qui n'existent nulle part ailleurs sur terre, et cependant penser être "plus Orthodoxes" que qui que ce soit d'autre! A nouveau, l'humilité est la solution pour guérir cette maladie, et l'humilité commence avec le réalisme, pas avec la fantaisie. Aucune spiritualité n'a jamais été fondée sur de la fantaisie. Sans une sobre humilité, il y a toujours l'illusion, qui est suivie par le découragement et la dépression. C'est la loi spirituelle.
Voir la réalité d'églises Orthodoxes est un excellent remède contre la maladie des fantaisies. Se rappeler que certaines Eglises Orthodoxes sont des Eglises d'Etat, et que bien d'autres ont des mentalités d'Eglise d'Etat. Une expérience qui donne à réfléchir, c'est la rencontre avec un certain nombre de ces diacres, prêtres et évêques qui se vantent de combien "ils gagnent" comme salaire, qui sont "hors service" à partir de 17h et les lundis et jeudis, et qui ne peuvent dès lors pas y célébrer de funérailles, qui disent qu'être dans le clergé c'est un bien meilleur boulot que ce qu'ils auraient autrement dû faire parce qu'ils n'étaient pas trop brillants à l'école et que l'alternative c'était être larbin dans une usine.. Mais c'est la réalité. Le contact avec cette réalité peut être de grand secours pour mettre un terme au zèle non-éclairé, aux ghettos de convertis, à tout ce que j'appelle "l'effet de serre". Cela ramène les gens les pieds sur terre, et cela leur rappelle que c'est là où il devrait se trouver, car notre religion est la religion de l'Incarnation. Ce que les autres pensent et font, ce ne sont pas nos affaires, notre tâche c'est le salut de notre propre âme.
A cet égard, une des principales raisons pour laquelle certains convertis ne cessent pas d'être des convertis et ne deviennent pas Orthodoxes, c'est parce qu'ils n'ont pas de travail. Le besoin de gagner votre pain quotidien, d'être avec d'autres personnes, est un excellent moyen pour que les gens commencent à vivre leur Foi (au lieu de juste y réfléchir). Ceci peut éviter ce qu'on appelle les tentations de la gauche et de la droite. Les tentations de gauche sont le laxisme, la faiblesse, le compromis, l'indifférence. Les tentations de droite sont : juger sévèrement les autres, le zèle méprisant du Pharisien, "le zèle non-éclairé." Ces tentations sont d'un danger équivalent et doivent être autant combattues les unes que les autres. Toutes amènent à un gaspillage d'une quantité énorme de temps et d'énergie dans des distractions telles que la discussion sur des problèmes sans intérêt genre l'oecuménisme, plutôt que de prier. Vivre dans la société est le moyen qui nous permet d'apprendre à nous connaître nous-mêmes, voir nos défauts et éviter de nous fourvoyer dans des problèmes théoriques.

 
INTÉRÊT SUPERFICIEL

Certains sont vraiment imbus d'eux-mêmes! Certains sont vraiment pleins de suffisance et se gonflent. D'abord – si vous le leur permettez – ils vont vous détailler l'histoire de leur vie, et ensuite ils vont vous raconter les derniers ragots à propos du prêtre X, de l'évêque Y, et ensuite de la juridiction Z. Et cela quand bien même ils ne connaîtraient pas l'ABC de la Foi d'un enfant. Cependant, le fait est que le Christianisme, et c'est ce dont nous parlons, ce n'est rien de tout cela. Si vous n'avez pas de contact avec la réalité, alors vous n'apprendrez jamais les choses réelles. La vie de l'Eglise n'a rien à voir avec toute cette absurdité. Il n'y a rien de plus ennuyeux que de discuter de la personnalité et des activités d'autrui, clergé ou laïc, sauf bien sûr du péché les concernant, car le péché est toujours ennuyeux, c'est toujours la même chose. Posez la question à quelqu'un qui écoute des confessions.
La vie d'Eglise, c'est : qui va faire le café? Qui va faire la vaisselle? Qui va s'occuper des fleurs? Qui va tondre la pelouse? Qui va préparer et cuire les prosphores? Qui va nettoyer les toilettes? Saint Nectaire accomplissait cette dernière tâche alors qu'il enseignait à Athènes, quand bien même il portait l'imposant titre de "métropolite de Pentapole". Alors comment pourrions-nous nous en plaindre? Après tout, c'est une des premières tâches confiées aux novices dans les monastères.
Bien entendu, ce ne sont pas les principales tâches dans la vie de l'Eglise. Continuons :
La vie d'Eglise, c'est : Qui va apprendre à chanter? Qui va venir à tous les Offices à l'église? Qui va respecter tous les jeûnes de l'Eglise? Qui va lire chaque jour ses prières matinales et vespérales? Qui va se préparer consciencieusement pour la confession et la Communion? Qui va lire tous les jours les lectures prévues de l'Evangile et de l'Epître?
Et en fait, si vous voulez la réalité brute, qui choquera certains "convertis":
La vie d'Eglise c'est aussi : qui paiera les factures?
Oui, la vie d'Eglise, cela concerne l'engagement, la chose qui manque le plus dans notre culture actuelle, tiédasse et médiocre. Etre un Chrétien, et je vous le rappelle, c'est tout ce que le mot "Orthodoxe" signifie, c'est très difficile.
Depuis le Christ, personne n'a jamais dit autre chose. Sans un engagement ferme, nous ne resterons jamais Orthodoxe. Etre Chrétien, c'est aimer Dieu et aimer son prochain. Si nous ne sommes pas préparés à ne fut-ce qu'à l'essayer et le mettre en pratique, alors ça n'ira jamais. Malheureusement, certains pensent qu'être un Chrétien Orthodoxe – je sais, c'est un raisonnement vide, un cercle vicieux – ça ne concerne pas l'amour de Dieu et de son prochain. Ils pensent qu'il s'agit de lire des bouquins, d'avoir des opinions, de condamner autrui, de manger de la nourriture étrange, d'être intolérant, ou de porter des vêtements bizarres. Notre Seigneur n'a jamais rien dit de tout cela. Il a dit : "Je vous donne un commandement nouveau : Aimez-vous les uns les autres" (Jean 13,34).
Le fait est que tous les Chrétiens étaient autrefois Chrétiens Orthodoxes, mais la plupart n'ont pas compris et ont chuté.
Le Christianisme Orthodoxe, ce n'est pas être reçu dans l'Eglise Orthodoxe et puis dire : "Ca y est, j'y suis arrivé." C'est entrer dans l'Arène, c'est se trouver sur la Croix. J'ai souvent entendu des Anglicans dire : "Je sais que l'Orthodoxie, c'est l'authentique, mais je n'y parviendrais jamais." Je suppose que cela a au moins le mérite de l'honnêteté. Je pense toujours à ces paroles de ce saint prêtre, Clément d'Alexandrie, au 3ème siècle : "Si l'homme n'est pas couronné par le martyre, veillez à ce qu'il ne soit pas loin de ceux qui le sont."
La solution, c'est de lire l'Evangile selon saint Jean, d'avoir une règle de prière quotidienne. "Le Royaume des Cieux est pris par la force", dit l'Evangile.

 
NOSTALGIE

La nostalgie se définit par un attachement au passé. Ce n'est pas Chrétien, quand bien même nous trouverions naturel et humain d'avoir de l'indulgence envers nous-mêmes de temps à autres. Le problème est que cela nous détourne de vivre dans la réalité du temps présent, ce que nous sommes supposés faire.
Certains par exemple vous dirons qu'ils ne peuvent pas rester Orthodoxes parce que cela signifie qu'ils ne pourraient plus faire ce qu'ils avaient l'habitude de faire – aller au bistrot les samedis soirs, ne plus manger de viande les Dimanches durant les jeûnes. D'autres vous diront qu'ils trouvent non-hygiénique le fait d'embrasser des Icônes, des reliques, la main du prêtre (et même prendre la Communion) – ils n'ont jamais eu l'habitude de le faire. On se demande pourquoi de telles personnes se sont données la peine de venir ici.
Oui, je comprend les problèmes des mariages mixtes, les problèmes de régime alimentaire, le problème de rendre visite à des parents qui ne sont pas Orthodoxes, le problème des calendriers. Alors voici deux choses. La première, l'Eglise n'est pas un bâton qui est là pour nous décourager. Mais souvent, les gens se fabriquent leur propre bâton pour se battre eux-mêmes. Si nous rendons visite à un parent durant une période de jeûne et qu'il nous offre de la nourriture non-carémique, l'Eglise ne nous dit pas d'être des bigots auto-satisfaits et de refuser. Elle nous dit d'être humbles. Certains disent : "je ne peux pas manger cela car je suis saint." Oh oui, nous avons tous entendu cela, si pas dans ces termes-là, au moins dans cet esprit. Si l'oncle Alfred de votre épouse est terriblement malade, cloué sur son lit d'hôpital et désespérément seul et que la seule solution pour lui rendre visite, c'est le dimanche matin, alors l'Eglise nous dit d'aller lui rendre visite. C'est mieux que de refuser d'emmener votre épouse parce que vous avez besoin de la voiture pour aller "à mon église" et puis avoir une querelle familiale. Le bon sens commun et le discernement dans nos choix sont essentiels.
En ce qui concerne les mariages mixtes, le discernement est vital. J'ai vu des "convertis" Orthodoxes harceler et harceler leur conjoint pour devenir membre de l'Eglise Orthodoxe. Le résultat est toujours négatif. D'un autre côté, j'ai vu des gens attendre patiemment, 10, 20 ou 30 ans durant, sans ne fut-ce que mentionner la possibilité d'entrer dans l'Eglise Orthodoxe, et pour finir, l'autre conjoint demandait spontanément à y entrer. C'est l'exemple de patience Chrétienne du conjoint qui avait convertit.
Dans les petites paroisses Anglaises de l'Eglise Orthodoxe, certains des problèmes d'isolement rencontrés par beaucoup qui se joignent à l'Eglise Orthodoxe ont été résolus, au moins en partie. Si vous allez dans ce que j'appelle des "paroisses d'Eglise d'Etat", vous ne trouverez pas souvent du café ou du thé après l'Office, ou quelqu'un avec qui parler. Inversement, la plupart des paroisses anglaises ont une salle paroissiale. Là, après la Liturgie ou un Office de semaine, les Orthodoxes isolés, de quelqu'origine que ce soit, peuvent se rencontrer. Une personne venue chez nous, provenant d'Europe Orientale, voyant cela, dit : "Ici, c'est comme dans l'Eglise Ancienne". Bien sûr, elle ne voulait pas dire que nous étions "saints" ou quelque chose du genre, mais elle voulait dire que dans notre communauté, nous étions proches, nous nous connaissions les uns les autres.
Et ceci ne veut en rien dire qu'ici c'est "mieux" qu'en Europe Orientale; c'est simplement que nous avons à former une communauté, avec une salle paroissiale, avec café et thé, parce que sinon nous ne pouvons pas survivre en tant que petit groupe minoritaire confessant des valeurs spirituelles dans le grand désert spirituel de la Grande-Bretagne moderne [- ou quelqu'autre pays d'Occident; note du traducteur]. C'est notre survie, c'est notre famille et communauté de substitution dans la société actuelle, fragmentée, individualiste, consumériste et sans vie relationnelle. Ce n'est pas nécessaire dans certaines parties de l'Europe Orientale, parce que tout le monde y est Orthodoxe, donc la communauté Orthodoxe est tout autour de vous. Mais ici ce n'est plus le cas.

 
CONFESSION

A présent, j'aborderai un problème très particulier qui concerne spécialement l'Anglais contemporain, et en particulier, le caractère Anglican. La culture Protestante ambiante en Grande-Bretagne pour au moins les 6 dernières générations a rendu les gens très "coincés" et réservés, ce qui est en réalité une forme d'orgueil. Pour nombreux Anglais, il est très difficile d'aborder la Confession, un important Sacrement dans l'Eglise Orthodoxe. C'est pourquoi dans des cultures Protestantes un peu moins coincées, comme dans ces Etats-Unis imprégnés de culture de l'introspection, bien que les gens n'aillent pas se confesser, ils vont chez leur psychothérapeute. Là, ils peuvent tout dire, et puisqu'ils paient, ils peuvent s'y entendre dire qu'ils sont des gens bien comme il faut. La confession est différente de cela. C'est une question délicate, et je pense qu'il est bon de parler de vos réserves avec un prêtre en dehors de la confession avant même d'aller en confession. Apprenez d'abord à vous connaître mutuellement. Voici un certain nombre de choses à comprendre:
Premièrement, aucune confession n'est faite à un prêtre. C'est à Dieu, en présence d'un prêtre, qui est supposé essayer de donner quelques conseils judicieux.
La plupart des prêtres n'auront aucune objection à ce que vous vous confessiez auprès d'un autre prêtre, hors de votre propre paroisse. Certains se réjouiront même que vous le fassiez! Trouvez le bon confesseur, qui vous convienne. S'il vit fort loin, donnez-lui votre confession par téléphone, courrier électronique ou lettre. Il vous répondra et ensuite vous irez chercher l'absolution auprès de votre prêtre local qui est au courant de cet arrangement. C'est la solution utilisée par les épouses et enfants des prêtres. Elle pourrait l'être par vous.
Pour finir, comme je l'ai déjà dit, il n'y a rien de plus ennuyeux que le péché. Je suis toujours surpris lorsque des gens viennent en confession et s'attendent à ce que je me souvienne de leur dernière confession. J'oublie toujours les choses ennuyeuses. Un des meilleurs pères confesseurs que j'aie jamais rencontré était presque totalement sourd. Après avoir dit ma partie, dont il n'avait quasiment rien entendu, il me donnait quelques uns des meilleurs conseils que je n'aie jamais reçus.

 
PERSONNALITÉS

Il est inévitable que vous ne vous entendrez pas toujours avec tout le monde dans votre paroisse. Ainsi en est-il de la nature humaine. Mais ce n'est pas une raison pour vous en aller, claquant la porte, et ne restant pas Orthodoxe. Peut-être passez-vous trop de temps à l'église en dehors des Offices? Oui, nous prenons une tasse de café ou de thé après l'Office, mais vous n'êtes pas obligé de rester. Certains des meilleurs Orthodoxes ne restent pas! Peut-être que vos relations sont-elles trop proches avec les autres paroissiens? Est-ce que ces personnes-là ne sont pas dans la même situation? Si vous n'avez pas de centres d'intérêt communs, autres qu'avoir une Foi commune, pourquoi passer tant de temps avec eux? Passer trop de temps avec des gens avec qui vous avez si peu en commun en termes de caractère et de goûts est une bonne recette pour les conflits. Après tout, vous n'êtes pas marié avec eux.
Et il en est de même concernant votre relation avec le prêtre. Vous pouvez avoir quelque chose en commun en matière de personnalité. Mais peut-être pas. Peut-être ne le trouverez vous "pas assez monastique" ou peut-être le trouverez-vous trop "libéral" [laxiste, moderniste, ndt], ou peut-être tout simplement profondément ennuyeux. Bon, d'accord, mais aller à l'église n'a rien à voir avec une étroite amitié avec le prêtre et acheter les mêmes céréales pour petit-déjeuner que lui. Franchement, si vous savez ce qu'il mange au petit-déjeuner, alors vous le connaissez un peu trop bien.
Un autre domaine de conflits dans la vie paroissiale ce sont les assemblées et conseils paroissiaux. Dans la plupart des paroisses Orthodoxes, ils ont lieu une fois par an, après la Liturgie dominicale, durant le Grand Carême. Et cependant, j'ai entendu de certains groupes de convertis qu'ils se réunissent sans cesse, une fois par mois voire plus, discutant toujours des mêmes vieux trucs. C'est quelque chose qui vient de l'Anglicanisme, pas d'une pratique Orthodoxe. Franchement, cette sorte de vie est "presqu'incestueuse", beaucoup trop de proximité pour être à l'aise. La discussion de détails pointilleux n'est pas seulement ennuyeuse, mais c'est aussi une perte de temps. Pire encore, certains s'y impliquent de manière passionnée et s'attachent aux détails. Je me souviendrai toujours d'une personne, professeur d'Université, dans une réunion paroissiale il y a quelque 25 ans d'ici, qui déclara que si on repeignait le plafond de l'église en bleu, il n'y remettrait plus jamais les pieds.
En fait, il ne l'a pas fait. Il est mort peu après.



CONCLUSIONS

Que retiendrez-vous de cet exposé? J'espère les points suivants :
Nous rentrons dans l'Eglise et nous restons dans l'Eglise afin de sauver nos âmes, et rien d'autre. L'Eglise n'est pas un loisir, un jeu, un intérêt privé, un prétexte, ou même une communauté. C'est le Salut de nos âmes. Nous y réussissons en étant d'abord nous-mêmes et ensuite en étant le meilleur de nous-mêmes. S'il y a quoique ce soit d'autre, tout cela est secondaire. Nous ne devons jamais perdre cela de vue. Si nous le faisons, alors nous nous trompons et nous sommes sur la voie pour quitter l'Eglise.
Afin de sauver nos âmes, nous devons d'abord nous connaître nous-mêmes, recherchant et découvrant nos propres fautes, péchés et défauts. Ensuite, nous devons les prendre à bras le corps et les combattre, mais progressivement et en douceur, et commencer à les dompter, et ne jamais laisser tomber ce combat. Nous saurons que nous ne sommes pas occupés à cela à chaque fois que nous commencerons à nous occuper des fautes des autres. Si notre fierté personnelle est blessée au cours de la vie ecclésiale, Dieu merci. C'est pour ça que nous y sommes, pour devenir humble.

Je vous remercie pour votre attention.

Prêtre Andrew Phillips

 
L'Eglise Orthodoxe, où coule le Fleuve de Vie
  Manuscrit enluminé du "Commentaire de Beatus de Liébana sur l'Apocalypse de Jean"; Saint-Sever, France, milieu du 11ème siècle Bibliothèque nationale de France, Département des Manuscrits (division occidentale), BNF Latin 8878



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40 PRÉTEXTES POUR NE PAS
REJOINDRE L'ÉGLISE ORTHODOXE


Pourquoi est-ce que si peu de personnes de culture occidentale contemporaine rejoignent l'Eglise Orthodoxe? Avant de tenter de donner une réponse à cette question, nous voudrions souligner que cet article ne concerne pas les gens d'origine d'Europe Occidentale, mais les gens qui sont de culture occidentale contemporaine. Ces gens ne sont pas nécessairement originaires d'Europe Occidentale et peuvent même ne pas vivre dans le monde occidental. En fait, j'ai rencontré des gens qui sont Orthodoxes de nom, Russes, Roumains, Grecs et Libanais, qui ont abandonné leur Foi, et sont profondément sécularisés et "occidentaux", et d'un autre côté, des "Occidentaux", Suisses, Français, Anglais et Américains, qui sont profondément Orthodoxes. En d'autres mots, il n'y a rien de mal à être ethniquement occidental, mais il y a un problème à ne pas être Orthodoxe.
Pourquoi dès lors y-a-t'il si peu de gens de culture occidentale contemporaine qui rejoignent l'Eglise Orthodoxe? Il y a sûrement plusieurs raisons à ce phénomène du refus occidental de l'Evangile. Sans aucun doute, la plus importante est le fait que pendant près de mille ans, la culture occidentale européenne a été marquée par un sécularisme camouflé sous le terme de "christianisme occidental", et a été soit indifférent soit hostile envers l'Evangile Chrétien Orthodoxe. La culture occidentale contemporaine est dès lors une accumulation de mille ans de profond sécularisme. Elle est dès lors de plus en plus ouvertement athée. La majorité de la population ne se tournera pas vers l'Orthodoxie, quand bien même des miracles seraient accomplis sous leurs yeux – et des miracles sont accomplis à chaque Divine Liturgie, dans la transformation du pain et du vin en Corps et Sang du Christ – ou si des Icônes répandaient du Miron ou versaient des flots de larmes en face d'eux (comme elles l'ont déjà fait).
Cependant, si c'est pour cela que la majorité de la population n'est pas intéressée, qu'en est-il de la minorité?

Ici, pour comprendre leur refus de l'Orthodoxie, nous ferions mieux de commencer par nous regarder nous-mêmes et nos propres fautes, en tant que piètres témoins de la Foi Orthodoxe. Par exemple, ma propre expérience de l'Eglise Orthodoxe est celle d'un rejet constant. C'est ainsi qu'en 1974, un laïc de l'Eglise Hors Frontières [EORHF] me dit que parler russe n'était pas suffisant, que "seuls les Russes pouvaient y entrer", et que je "n'avais pas de sang russe" et donc ne pouvait pas devenir Orthodoxe dans leur Eglise. Cela me fut répété en 1983, par un du clergé EORHF, qui me dit à moi, laïc Orthodoxe, de m'en aller. J'avais beau être Orthodoxe depuis 8 ans, avoir étudié dans un Institut de Théologie Orthodoxe, mais "je n'avais pas un nom de famille russe". En 1992, devenu prêtre EORHF, j'ai fait la troisième expérience de rejet. Je peux bien être prêtre EORHF et être dans le clergé depuis 8 ans, mais je n'étais pas bienvenu, parce que je "n'étais pas du bon sang".
C'est pourquoi, depuis 25 ans, depuis que j'ai été ordonné Lecteur, comme tant
d'autres, j'ai dû perdre mon temps et mon énergie à lutter pour gagner de l'argent pour vivre en exerçant un métier séculier, ce que je n'aurais jamais voulu faire. Je ne critique pas ici l'EORHF en particulier. Les expériences d'autres avec d'autres Eglises locales, patriarcats de Russie, Grèce, Antiochiens, sont aussi pleines d'horreurs. Je ne ferai pas mention de décennies de persécution, de haine, de calomnie et mépris que nous avons subit de la part de divers individus à la vie remarquablement scandaleuse. Ces gens-là étaient censés êtres représentants de juridictions de diverses Eglises Orthodoxes locales, tout en s'efforçant "d'éteindre l'Esprit". Bien sûr, tout ceci est excellent pour l'humilité, mais cela ressemble à un gâchis. Mais ce ne sont pas mes affaires. En tant que prêtre, j'ai à me résigner avec un sourire, me concentrer pour vaincre mes propres péchés et à prier pour tout le monde. Providentiellement, tout ceci est possible grâce aux expériences que je viens de mentionner. Gloire à Dieu pour toutes choses!Cependant, au delà des attitudes racistes de certains "Orthodoxes" envers les non-Orthodoxes, la raison de loin la plus importante pour laquelle si peu d'Occidentaux sont devenus Orthodoxes est "culturelle". La raison la plus classique que j'aie entendu se résume toujours en ceci : "L'Orthodoxie est trop différente de ce à quoi je suis habitué pour que je puisse devenir Orthodoxe". Bien sûr, c'est différent, l'Evangile est profondément différent de la vie et culture occidentale contemporaine, comme nous l'avons expliqué plus haut. Comment pourrait-il en être autrement, vu ce millénaire de sécularisme occidental caché sous cette mascarade appelée "L'Eglise"?

De l'univers des préjugés culturels occidentaux, de la fierté ethnique, des excuses, de l'ignorance et de la paresse pure, modelés sur le prétexte du "trop différent", au cours des années, j'ai entendu les prétextes suivants :

"Je ne peux pas devenir Orthodoxe, parce que je suis né Catholique-Romain / Protestant."
(non, vous ne l'êtes pas. Vous êtes né païen, comme chacun d'entre nous. Vous avez été conditionné et manipulé par un ensemble de valeurs culturelles etho-centriques. Voyez les Apôtres : la plupart d'entre eux étaient Juifs de naissance, mais seulement, eux ont tous librement changé pour l'Orthodoxie).

"Je ne peux pas devenir Orthodoxe car vous n'avez pas de Pape."
(Vous n'avez pas besoin d'un Pape; le Christ est le Chef de l'Eglise)

"Je ne peux pas devenir Orthodoxe parce que vous n'avez pas le 'filioque'."
(Le Nouveau Testament non plus. Voyez Jean 15,26 ou Actes 2,33)

"Je ne peux pas devenir Orthodoxe parce que vous ne croyez pas au purgatoire."
(L'Evangile ne mentionne jamais ce mot latin, qui fut pour la première fois mentionné à la fin du 12ème siècle)

"Je ne peux pas devenir Orthodoxe parce que c'est une secte."
(Depuis près de 2.000 ans, des milliards de gens n'ont pas pensé ainsi. Seriez-vous plus malin qu'eux tous?)

"Je ne peux pas devenir Orthodoxe parce que vous avez des saints."
(C'est une perte pour vous. Vous ne voulez pas connaître les amis du Christ?)

"Je ne peux pas devenir Orthodoxe parce que la manière dont vous recevez la Communion est si peu hygiénique."
(Alors pourquoi est-ce que les Orthodoxes ne sont pas constamment malades?)

"Je ne peux pas devenir Orthodoxe parce que vous embrassez des Icônes."
(N'embrassez-vous pas les membres de votre famille? N'aimez-vous pas le Christ et ceux qui sont proches de Lui? N'êtes-vous pas membres de la famille du Christ? Ou êtes-vous victimes du scientisme Protestant?)

"Je ne peux pas devenir Orthodoxe parce qu'on doit s'y confesser."
(Vous voulez dire que vous êtes sans péché? Alors donnez-moi une photo de vous et je la collerai sur l'iconostase)

"Je ne peux pas devenir Orthodoxe parce que les Orthodoxes sont des pécheurs et se disputent entre eux."
(Oui, nous sommes au courant que nous sommes des pécheurs. Nous pensons aussi que notre Foi est importante – et c'est pour cela que nous discutons, parce que nous ne sommes pas tièdes et indifférents. Et c'est pour cela que nous allons à l'église et que nous allons nous confesser et recevoir la Communion, nous y repentir, lire les Vies des Saints et trouver la guérison à nos disputes. Vous voulez dire que vous ne vous connaissez pas vous-même, ni votre propre besoin de repentir?)

"Je ne peux pas devenir Orthodoxe parce que vous ne chantez pas nos cantiques."
(Pourquoi chanter les platitudes Victoriennes quand vous pouvez avoir l'ancienne et profonde richesse spirituelle?)

"Je ne peux pas devenir Orthodoxe parce que vos choeurs chantent mal."
(Alors venez, et chantez vous-mêmes et aidez à les améliorer)

"Je ne peux pas devenir Orthodoxe parce que les Offices sont toujours les mêmes."
(Vous voulez dire que vous n'avez jamais assisté à plus d'un Office Orthodoxe dans son intégralité?)

"Je ne peux pas devenir Orthodoxe parce que vous ne pouvez pas participer aux Offices."
(Vous voulez dire que vous n'avez jamais essayé de prier?)

"Je ne peux pas devenir Orthodoxe parce que je ne serai plus libre de changer la Foi et d'en prendre ce que je veux."
(Vous ne venez pas à l'Eglise pour changer la Foi Orthodoxe, vous venez à l'Eglise pour être transformé par la Foi Orthodoxe. Ou peut-être considérez-vous que vous n'avez pas besoin de changer?)

"Je ne peux pas devenir Orthodoxe parce que je peux prier n'importe où, sans rituel."
(Et vous le faites? Si vous savez vivre sans rituel, alors pourquoi avez-vous une routine quotidienne?)

"Je ne peux pas devenir Orthodoxe parce qu'il n'y a pas de différence entre ça et ma religion actuelle."
(Alors pourquoi hésiter?)

"Je ne peux pas devenir Orthodoxe parce que ça ne m'aidera pas."
(Exact. Rien ne vous sera d'aucune aide, si vous ne faites pas d'abord un effort pour vous améliorer)

"Je ne peux pas devenir Orthodoxe parce que vous n'avez pas le même calendrier."
(Non, c'est vous qui n'avez pas le même calendrier)

 
"Je ne peux pas devenir Orthodoxe parce que ce n'est pas occidental, c'est oriental."
(Alors c'est comme le Christ. Il vint pour le Moyen Orient. Il n'était pas occidental ni sécularisé)

"Je ne peux pas devenir Orthodoxe parce que je suis né Anglais."
(Le Christ ne l'était pas. En passant, j'ignorais que c'était une religion, "Anglais")

"Je ne peux pas devenir Orthodoxe parce qu'il y a des étrangers dans l'église."
(Pour les racistes et les xénophobes. Comme je l'ai dit, le Christ aussi était un "étranger")

"Je ne peux pas devenir Orthodoxe parce que vous êtes si différents."
(C'est pour ça qu'on ne s'ennuie pas)

"Je ne peux pas devenir Orthodoxe parce que les autres sont différents de moi."
(Etes-vous asocial? Et pourtant, bien que vous soyez différent d'eux, ils vous acceptent)

"Je ne peux pas devenir Orthodoxe parce que le clergé porte la barbe."
(Ainsi en était-il du Christ. Encore des victimes de leurs préjugés culturels)

"Je ne peux pas devenir Orthodoxe parce que les femmes ne peuvent pas porter de pantalon à l'église et doivent y couvrir leur tête. C'est comme l'islam."
(Oui, comme la Mère de Dieu? Ou pensez-vous qu'elle était musulmane? Ou vous voulez dire que vous ne comprenez pas la modestie?)

"Je ne peux pas devenir Orthodoxe parce que les hommes ne peuvent pas venir en culotte courte (short) à l'église."
(Pas plus que les Apôtres et les saints et vos ancêtres, lorsqu'ils allaient à l'église. Pourquoi ce besoin de distraire les autres de la prière par votre manière de vous habiller manquant de modestie?)

"Je ne peux pas devenir Orthodoxe, car les Offices durent trop longtemps."
(Vous voulez dire que vous êtes indolent?).

"Les Offices commencent trop tôt et finissent trop tard."
(voir précédent).

"Je ne veux pas être ennuyé."
(Voyez précédemment, mais merci pour votre sincérité).

"Je ne peux pas devenir Orthodoxe, parce que sinon je ne pourrait plus vivre avec mon/ma partenaire."
(Oui, vous pourrez, simplement vous recevrez une bénédiction divine, votre union deviendra autant spirituelle que physique, et votre "partenaire" deviendra votre conjoint légitime, au lieu de votre partenaire dans le péché)

"Je ne peux pas devenir Orthodoxe parce que vous devez jeûner."
(Vous voulez dire que vous rejetez le sacrifice du Christ par Son jeûne dans le désert et Ses instructions dans l'Evangile à propos de se libérer des démons par la prière et le jeûne?)

"Je ne peux pas devenir Orthodoxe parce que je ne pourrais pas manger du rosbif chaque dimanche midi."
(Vous voulez dire que vous avez une passion si essentielle pour la viande?)

"Je ne peux pas devenir Orthodoxe, sinon je ne pourrai plus aller au bistrot le samedi soir."
(Vous voulez dire que vous êtes trop faible pour arrêter de vous prendre des cuites?).

"Je ne peux pas devenir Orthodoxe parce que le prêtre dit que je devrais essayer d'arrêter de fumer."
(Vous voulez dire que vos mauvais penchants sont plus forts que votre foi?)

"Je ne peux pas devenir Orthodoxe parce que je ne crois pas en Dieu."
(Je comprend. Mais qu'en savez-vous? Lorsque vous avez été surpris, je vous ai entendu citer le Nom de Dieu. Si vous commencez à chercher maintenant, vous trouverez la Foi et vous serez à même de devenir Orthodoxe. Cherchez, et vous trouverez.

"Je ne peux pas devenir Orthodoxe, parce que ma famille me rejetterait."
(Je vous comprend. Mais en êtes vous certain? En tout cas, le Christ ne vous rejettera pas).

"Je ne peux pas devenir Orthodoxe parce que je n'habite pas près d'une paroisse Orthodoxe."
(Je vous comprend. Changez votre manière de vivre, afin que vos priorités soient centrées autour de l'Eglise)
"

Je ne peux pas devenir Orthodoxe parce que je n'y comprend rien à rien."
(Si vous voulez comprendre quelque chose, alors commencez à prier à ce sujet)

Ou mon préféré :

"Je ne peux pas devenir Orthodoxe parce que vous devez vous lever et prier."
(Vous voulez dire que vous ne voulez pas être dérangé. Ca au moins, ça n'est pas un prétexte, mais c'est honnête)

Que pourrais-je faire de plus que de répéter les paroles de l'Evangile?
"S'ils n'écoutent pas Moïse et les Prophètes, quand bien même ressusciterait quelqu'un des morts, ils ne se laisseront point convaincre" (Luc 16,31). Et Un le fit, et ils ne se convertirent point.

Prêtre Andrew Phillips
St John the Wonderworker Orthodox Church, Felixstowe
Wadgate Road, Felixstowe, Suffolk, IP11 2LP, ENGLAND. Tel: 01394 273820
http://www.orthodoxengland.btinternet.co.uk/



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En 8 points, un aide-mémoire du Chrétien Orthodoxe, par feu le métropolite Philarète (Église orthodoxe-russe hors frontières):
http://perso.orange.fr/stranitchka/VO01/MetropolitePhilarete.html



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L'Eglise Orthodoxe, l'Eglise de la très sainte TrinitéPar les prières de Tes saintes et saints, Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, garde-nous en Ta sainte Eglise, aie pitié de nous et sauve nous.