"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

14 octobre 2006

Orthodoxie : l'art et la manière

Une approche Orthodoxe
La paroisse "Holy Resurrection" (Sainte Résurrection) s'installe dans une ancienne église Presbytérienne (Anglicane)
http://www.clarionledger.com/


7 octobre 2006
Par Jean Gordon

CLINTON [Mississipi, États-Unis d'Amérique] – Avec ses murs bien blancs, son tapis pourpre et
ses rangées de bancs bien agencés, le sanctuaire à l'intérieur de l'ancienne église presbytérienne Mount Salus aurait pu convenir à la plupart des dénominations chrétiennes.
Mais l'assemblée qui a acquis le bâtiment en brique avec clocher pointu a retiré nombre de ses équipements pour préparer l'église pour un projet de redécoration destiné à présenter un aperçu de Ciel.
"Une église Orthodoxe est pensée comme étant le lieu pour rencontrer Dieu," dit le p. Paul Yerger, pasteur de l'église Orthodoxe Holy Resurrection, qui a récemment acquis le bâtiment. "Une sorte de rencontre cosmique entre Dieu et l'homme, entre le Ciel et la terre."
Avec quelque 2 millions de fidèles en Amérique du Nord, les Chrétiens Orthodoxes restent une minorité aux États-Unis. [1]
Mais dans le Sud, l'Orthodoxie est en croissance. Au cours des 3 dernières décennies, des églises Orthodoxes se sont multipliées dans le sud des États-Unis, pour passer d'une poignée à plus de 60 églises et missions, s'étendant de la Virginie au Nouveau Mexique.
La plupart des Églises qui achètent des bâtiments qui ont déjà été autrefois occupés par une différente dénomination n'ont pas besoin de reconfigurer l'espace de manière significative afin d'être adapté à leurs traditions. Mais le culte Orthodoxe est si différent que l'emménagement de la paroisse Holy Resurrection requiert un certain nombre de rénovations théologiques.
La chaire, les bancs et l'orgue ont disparu [2]. Le tapis rouge a été arraché pour mettre le sol
carrelé à nu. Et les murs blancs ont été repeints couleur bleu-ciel et brun-terre.
Tous ces changements aident à créer un espace traditionnel de culte Orthodoxe, qui est destiné pour aider les fidèles à expérimenter le Royaume de Dieu sur terre.
"En tant qu'Orthodoxes, nous inclinons à penser l'église comme étant premièrement définie par le culte liturgique plus que par quoique ce soit d'autre," dit le p. Yerger. "Dans nos offices liturgiques, nous sommes unis au Christ et aux saints."

ICÔNES, CHANTS

Puisque les Chrétiens Orthodoxes ont leurs racines qui remontent directement à l'Église originelle fondée par les Apôtres de Jésus, ils modèlent leurs rituels sur les traditions des premiers siècles. Comme les croyants d'alors, les fidèles participent debout à la liturgie.
"Traditionnellement, les Orthodoxes se tiennent debout durant le culte liturgique, de sorte qu'ils participent plus," dit le p. Yerger. "Ils se tiennent attentifs."
Appelée la Divine Liturgie, les offices consistent en une série de chants et cantiques qui offrent louanges et prières à Dieu. Toutes les paroles viennent de l'Écriture Sainte ou des anciens textes Chrétiens.
Les fidèles chantant sans orgue, le p. Yerger a fait enlever le tapis pour aider à la diffusion de la musique dans tout l'espace. Bientôt, des Icônes orneront les murs de l'ancienne église presbytérienne, où la moitié supérieur de l'intérieur a été peinte en bleu pour symboliser le Ciel et la partie basse en brun pour représenter la terre.
Les Orthodoxes vénèrent les Icônes, qui sont des peintures représentant Jésus et les saints, qui
symbolisent comment, par Jésus, Dieu S'est révélé Lui-même sous forme physique.
Une paroi d'Icône, appelée une iconostase, sépare la zone de l'Autel de la nef.
Sam Leonard, membre de Holy Resurrection et retraitée de Jackson, dit qu'elle est ravie de ce déménagement vers le nouveau lieu mais aussi triste de devoir quitter leur petit bâtiment 1 km et demi plus bas, qui avait accueilli leur église pendant 26 ans.
"C'est une séparation pénible, parce que c'est là que j'ai découvert l'Orthodoxie," dit-elle.
Comme la plupart de la centaine de membres actifs de Holy Resurrection, Leonard s'est convertie à la Foi Orthodoxe. Elle a officiellement rejoint l'Église il y a 2 ans, après 2 décennies de visites.
Il y a 6 églises Orthodoxes dans le Mississippi, allant de celle vieille d'un siècle, l'église Antiochienne Orthodoxe à Vicksburg, à la jeune mission à McComb depuis 4 ans.

Les Chrétiens Orthodoxes viendront célébrer le déménagement de Holy Resurrection vers son nouveau bâtiment le 14 octobre en une procession chantée tout au long de College Street.
Les membres porteront des Icônes de l'église, l'Évangéliaire et une croix, en procession depuis l'ancienne église jusqu'à la nouvelle propriété.

VENTE D'ÉGLISES

L'église presbytérienne Mount Salus a quitté le bâtiment fin août, lorsque la congrégation a fusionné avec l'église presbytérienne Saint Paul à Jackson.
Le nombre de fidèles à l'église de Clinton avait chuté en dessous des 50, principalement du fait des personnes vieillissants et des familles déménageant, dit le gestionnaire d'affaires (business manager) de Mount Salus, Ryan Kelly.
Fondée dans les années 1800, l'église presbytérienne de Mount Salus avait été la première église fondée à Clinton, et appelée Mount Salus avant 1828.
L'église avait fermé au début des années 1900, dit Kelly, et rouvert dans les années 1950.
Mount Salus a décidé de fusionner avec la congrégation de Jackson après avoir réalisé que toutes 2 cherchaient à s'étendre dans la région de Clinton. Les 2 églises réunies espèrent ouvrir une nouvelle installation à Clinton dans les 2 ans, dit Kelly.
"Tout le monde était triste de revendre le bâtiment, mais ce n'est qu'un bâtiment," dit-il à propos de ce complexe de 929 mètres carrés. "C'était dur à faire, mais nous savons que ça venait de Dieu."
La congrégation est heureuse de savoir qu'une autre église s'installera dans leur ancien bâtiment, dit Kelly.
"Hélas, les églises se déprécient plus que n'importe quoi d'autre que vous pourriez imaginer," dit-il. "Nous en avons obtenu le plus que nous aurions pu en espérer, près de 220.000 dollars."
Les églises vendent souvent leurs propriétés en dessous de leur valeur estimée, dit Tony Greer, de l'agence immobilière Greer Real Estate à Clinton, qui s'est occupée de la vente de Mount Salus.
"Elles ne recherchent pas le profit, elles sont guidées par la mission," dit Greer, qui a aussi géré la vente de l'ancienne église de Holy Resurrection près de Mississippi College.
L'école Baptiste a l'intention d'utiliser le bâtiment pour y loger des classes d'anglais pour des étudiants internationaux, dit la porte-parole du Mississippi College, Alice Smith.
Bien que les ventes d'églises se déroulent plus lentement du fait du nombre d'approbations requises de la part des équipes responsables et des congrégations, Greer dit qu'il apprécie de travailler avec des clients ecclésiaux.

"Les négociations dans les affaires avec des églises sont simplement magnifiques, parce que tout le monde veut que ça soit gagnant-gagnant", dit-il.

Gardant la tradition Orthodoxe [2], il n'y a pas de bancs dans l'église Orthodoxe Holy Resurrection à Clinton. La congrégation va déménager la semaine prochaine vers une ancienne église presbytérienne, qui est en cours de rénovation. Pour célébrer le déménagement, les fidèles vont porter les Icônes de l'église, l'Évangéliaire et la croix en procession vers leur nouveau bâtiment.

DÉTAILS
# Quoi: Holy Resurrection Orthodox Church – office et procession vers le nouveau bâtiment ecclésial.
# Quand: 09.00, 14 octobre 2006
# Où: La Divine Liturgie sera célébrée dans l'ancienne église, 501 W. College St., Clinton. L'assemblée formera ensuite une procession vers le nouveau bâtiment sis 414 E. College St., Clinton.
# Information: http://www.holyres.net/
Video :
"L'église Orthodoxe de Clinton déménage"
Le prêtre Paul Yerger de l'église Orthodoxe Holy Resurrection à Clinton explique à la rédactrice Julie Goodman et au rédacteur Jean Gordon l'historique du déménagement de sa paroisse vers une ancienne église presbytérienne, et explique quelques fondamentaux à propos de sa Foi.
http://www.clarionledger.com/

*-*-*
ndt :
1. Aux USA, les Orthodoxes sont plutôt 5 millions que 2 millions!
2. Nombre de paroisses grecques-orthodoxes aux USA utilisent bancs et orgue; ce sont surtout celles de tradition russe qui gardent les habitudes du pays de lointaine origine. Voir ici même un prochain article sur ce sujet, avec photos.

Pour illustrer ce changement, voici une homélie du prêtre Paul :

*-*-*-*-*
Culte liturgique
http://www.holyres.net/Articles/worship.html

Pour la plupart des Chrétiens Orthodoxes, si on leur demande ce qui leur manquerait le plus s'ils devaient assister à la liturgie dans une autre Église, répondraient probablement : "la Divine Liturgie." Bien que nous tenions la théologie de l'Église en haute estime, sa position morale et sa stabilité, ce qui quelque part est le plus proche de notre coeur, c'est le culte liturgique.
En même temps, nombre de visiteurs et de ceux qui sont en recherchent trouvent que le culte liturgique Orthodoxe est un des aspects de l'Orthodoxie les plus difficiles à apprécier. Certes, certains visiteurs sont immédiatement touchés par notre célébration liturgique et n'en ont jamais assez. Mais pour beaucoup d'autres, bien qu'eux aussi apprécient la théologie, la position morale et la stabilité de l'Église, ils ne s'imaginent pas célébrer comme le font les Orthodoxes.
Certains visiteurs ont des inquiétudes doctrinales. Est-ce que nous "adorons" les Icônes ou la Vierge Marie? Est-ce que nos Offices ne sont pas de "vaines répétitions"? Est-ce que nous nous imaginons gagner les faveurs de Dieu par tout cet effort? D'autres trouvent simplement les Offices longs et répétitifs et fatiguants; est-ce que Jésus ne voudrait pas simplement que nous nous asseyons, nous mettions à l'aise et "soyons nous-mêmes"? Que "gagne-t'on" avec ces Offices, en fait?
Une partie du problème vient que la plupart des Américains [et Européens; ndt] n'ont pas la moindre idée de ce qu'est la liturgie. Elle est principalement comprise comme étant un moyen de véhiculer l'enseignement, ou même un spectacle; dès lors cette question : "Qu'est-ce que j'en retire"? Pour nombre d'Américains, l'école du dimanche [institution protestante; ndt] est bien plus importante que l'Office liturgique. Et pourquoi donc est-ce que notre liturgie est si physique? Les peuples modernes conçoivent la "religion" comme appartenant à la tête ou au coeur, pas au corps.
Mais la Bible consacre beaucoup d'espace au culte liturgique – culte rendu physiquement, corporellement. Il y a des livres entiers principalement centrés sur le Temple, son architecture et son ameublement, sa prêtrise, ses sacrifices et rites, ces jours et saisons, ses fêtes et jeûnes, ses vêtements et lampes et encens, ses tentures et sculptures, son pain et son huile. Ce culte est complexe, difficile et exigeant. Il est indiqué qu'il a été ordonné par Dieu, jusque dans ses plus petits détails. Il n'est pas accompli en fonction de ce que les participants "pourraient en retirer", mais simplement en tant que ce qui est dû à Dieu. Tout le restant s'y réfère; les rois ne sont pas jugés sur leurs réussites externes, ni même sur leurs vertus personnelles, mais sur la manière dont ils ont adoré le Dieu d'Israël de manière appropriée et exclusive.
Certains diront que tout cela ne concerne que l'Ancien Testament. Ils s'imaginent que d'une manière ou d'une autre, immédiatement après la Pentecôte, les Chrétiens qui étaient après tout pour la plupart des Juifs qui avaient grandit dans toute cette culture complexe de rite, soudainement auraient décidé de tenir plutôt de simples rencontres informelles de prières et d'études bibliques. Mais il n'y a pas la moindre preuve de cela. Une génération ou presque après que les livres du Nouveau Testament aient été écrits, on trouve des compte-rendus détaillés sur le culte liturgique Chrétien qui ne sont pas fort différents du culte liturgique Orthodoxe actuel.
Et le Nouveau Testament ne rejette en rien le culte rituel. Notre Seigneur fréquente le Temple et la Synagogue. Il condamne l'hypocrisie de ceux qui accomplissent le culte prescrit tout en manquant d'amour d'obéissance envers Dieu, mais Il ne condamne pas le culte liturgique en lui-même. Il détruira le Temple et le relèvera en 3 jours (saint Jean 2,19) parce qu'Il est Lui-même l'accomplissement du Temple, l'unique Sacrifice parfait après lequel tous aspirent. L'Épître aux Hébreux explique comment en fait tout le culte du Temple pointe en réalité vers le Christ. Dans l'Apocalypse, saint Jean voit l'entièreté du Mystère du Royaume de Dieu révélé dans une imagerie cultuelle complexe. Ce que saint Paul a fondé à Corinthe et dans d'autres villes n'était pas simplement une autre synagogue, une qui confessait Jésus comme le Messie. Mais les modèles de culte liturgique n'ont pas été remplacés : les Chrétiens, croyant que Jésus-Christ est le véritable contenu de tout le culte Juif, l'ont amélioré pour refléter cela.
En fait, les gens ont besoin de célébrer, d'adorer – et s'ils n'adorent pas Dieu, ils adoreront autre chose. Et les gens sont des créatures incarnées; nous avons besoin de célébrer avec notre corps autant qu'avec notre esprit. Ceux qui participent au culte liturgique Orthodoxe trouvent qu'il communique à des niveaux plus profonds qu'avec des mots. En entrant dans le bâtiment de l'église, embrassez les Icônes, allumez un cierge, entendez les cantiques familiers (et scripturaires), sentez l'encens, courbez-vous et faites le Signe de Croix, et par dessus-tout, recevez ensemble le Pain que le Christ donne "pour la Vie du Monde" (saint Jean 6,51) – tout ceci définit qui nous sommes, nous unit au Christ et les uns aux autres. Vivre au rythme des saisons et des jours saints qui reviennent nous permet de transcender le temps dans la mémoire éternelle de Dieu. De plus, même les jeunes enfants peuvent l'expérimenter; cela ne requiert pas de compréhension intellectuelle préalable. (Un des à côtés intéressants c'est que cela ne dépend pas des talents du clergé!)
Et cependant, nous devons reconnaître que le culte liturgique Orthodoxe est culturellement "étranger" aux Américains [et Européens de l'Ouest?; ndt]. Et cela bien que notre culte liturgique commence sur les lèvres des Apôtres, et qu'il a été transmis jusqu'à maintenant tout au long de 2.000 ans de Christianisme en bien des endroits. Le culte liturgique Orthodoxe a ses racines dans le culte Juif, s'est développé en grec dans le cadre Moyen-Oriental et Méditerranéen, il a prit la plus grande partie de sa forme et apparence dans l'empire Byzantin, il a été enrichi par les communautés monastiques Chrétiennes, et il a reçu par la suite son apport des cultures arabe, slave et russe. Même célébrés en anglais [ou français; ndt], les Offices Orthodoxes peuvent sembler "étrangers". Les Offices Orthodoxes sont un peu comme une visite à la maison de grand-mère; on y trouve des objets d'un peu partout et de diverses générations et chacun d'entre eux a son histoire. L'Américain [l'Occidental en général; ndt] rationaliste, son élan, son envie, c'est "d'évacuer le fatras et d'aller droit à l'essentiel" ou "revenir à l'Église du Nouveau Testament." Mais c'est et simpliste et dangereux. M'étant convertit à l'Orthodoxie il y a 26 ans d'ici, je peux dire que nombre de choses que je pensais alors n'être que du fatras insignifiant, à présent, je les voit comme étant parmi les parties les plus chères et riches des Offices. Et nombre de points que je considérais autrefois comme "médiévaux", j'ai découvert que leurs racines remontaient aux temps du Nouveau Testament ou au Judaïsme.
Alors que l'Orthodoxie s'enracine en Amérique, elle va certainement être influencée jusqu'à un certain point par la culture américaine, comme elle a été auparavant influencée par la culture grecque et russe. Ce processus a déjà commencé. Mais il aura lieu de manière organique, sur plusieurs générations, dans le consensus inspiré par l'Esprit Saint, et non pas par de soudaines "réformes". Prenons en considération le fait que lorsque le Fils et Verbe éternel de Dieu est devenu homme, Il n'a fait cela qu'une seule fois, en un lieu et un temps donnés pour tous les lieux et tous les temps. Il aurait pu choisir de naître en Anglais du 19ème siècle ou en Américain du 20ème siècle. Mais Il a choisit de naître Juif, au Moyen-Orient, dans un monde méditerranéen parlant grec. C'est une partie inséparable de Sa révélation de Lui-même, Son Humanité déifiée à laquelle nous sommes unis par grâce. Jusqu'à un certain point, la culture de la Liturgie est la culture du Seigneur, et une partie de ce qu'Il nous communique.
La paroisse Holy Resurrection est pleine de gens qui ont été élevés comme Protestants, ou pas formés du tout, dans la "Bible Belt" [3], qui ont trouvé le culte liturgique Orthodoxe "bizarre" et "angoissant" les premières fois qu'ils y sont venus, mais qui, pour une raison ou l'autre, sont revenus. Après quelques visites, ils ont commencé à dépasser cette impression d'étrangeté, et ont expérimenté le Seigneur Qui Se révèle Lui-même à nous de diverses manières. A présent, ils n'imaginent plus célébrer de quelqu'autre manière que ce soit. Pourquoi n'essayeriez-vous
pas?


Prêtre Paul Yerger



© 2003 Fr. Paul Yerger – Reprint Information




[3] NDT : Bible Belt = "Ceinture de la Bible", célèbre zone du sud des États-Unis où les Protestants Baptistes sont majoritaires et où tout est influencé par eux.

*-*-*-*
En Belgique aussi, bien sûr, l'Église du Christ est en croissance, quoique fort lente comme partout en Europe Occidentale, où les marques d'un millénaire d'oppression sont encore fortes dans l'inconscient collectif. Mais ça bouge, Deo volente, Deo gratias.

Paroisse Saint-Sava, église Orthodoxe du Patriarcat de Serbie,
Bruxelles, 11 janvier 2006 :
c'est moins facile à transformer
quand l'église est de grande taille. L'autre problème : elle n'a pas
encore été rachetée, juste louée, ceci expliquant cela.


(église aux Etangs Noirs, à Molenbeek, où l'on a célébré
les funérailles de mon grand-père maternel en 1995)

13 octobre 2006

Irak : un prêtre Orthodoxe décapité

http://www.channel3000.com/news/10061625/detail.html
Et Bush rejette les chiffres de victimes

POSTÉ: 1:40 pm CDT 12 Octobre 2006

MOSSOUL, Irak – La famille d'un prêtre Iraqien décapité ont déclaré que ses ravisseurs avaient demandé des excuses d'église pour les récents commentaires du pape de Rome à propos de l'Islam.
Ils disent que le prêtre Orthodoxe a été enlevé Dimanche par un groupe non-identifié, qui a demandé une rançon. Les ravisseurs voulaient aussi que l'Église du prêtre condamne les récentes remarques controversées du pape Benoît. Lors d'un discours le mois dernier, le pape a cité un texte médiéval décrivant l'Islam comme une religion répandue par l'épée.
Ses proches disent que l'église du prêtre avait déjà affiché une condamnation de la déclaration de ce pape. Un message semblable avait été à nouveau affiché après l'enlèvement.
Apparemment, le fils du prêtre avait pu parler avec les ravisseurs par téléphone, et convenu d'une rançon de 40.000 dollars. Mais mardi soir, le contact s'est brutalement rompu. On a découvert le corps décapité du prêtre mercredi dans la ville de Mossoul, au nord de l'Irak.
Depuis le début du mois saint des Musulmans, les officiels américains à Bagdad ont dit que le nombre d'attaques avait augmenté de 15%. Le général-major William Caldwell dit "qu'historiquement", le Ramadan amenait un surcroît de violence. Et Caldwell que l'armée estime que "ça va s'aggraver avant d'aller mieux." Il anticipe un accroissement continu de la violence au cours des 2 prochaines semaines, jusqu'à ce que ce mois saint s'achève.
Ceci se reflète dans le décompte de ce mardi, avec au moins 33 morts dans diverses attaques à travers l'Irak. Près du tiers des morts sont tombés lors de l'attaque de la nouvelle chaîne de télévision Sunni-Arab TV par des bandits armés. De plus, on retrouve sans arrêt des corps de victimes de tortures.
Le ministère irakien de la Santé a rapporté que près de 2.700 civils ont été tués le mois dernier rien qu'à Bagdad. Et cela malgré les efforts de la coalition pour y faire chuter la violence.
Père Yanoun Yagoob, patriarcat d'Antioche, dans une paroisse
de Bagdad. Un de ses confrères est tombé, victime de la folie humaine, mais aussi de
l'irresponsabilité d'un certain se prétendant "remplaçant de Dieu sur terre"...

Bush : L'estimation de 655.000 Iraqiens morts "n'est pas crédible"
Le président George W. Bush rejette les conclusions d'une étude affirmant que près de 655.000 Iraqiens seraient morts depuis que la guerre y a commencé il y a 3 ans. Ce nombre est 10 fois plus élevé que celui d'autres estimations indépendantes.
L'étude est apparue sur le site internet de la respectée revue médicale "The Lancet".
Elle n'est pas basée sur un décompte des cadavres. Au contraire, les chercheurs ont mené une étude auprès des maisons iraqiennes.

Bush dit qu'il ne considère pas cela un rapport "crédible", ajoutant que le général George Casey, chef des troupes américaines en Irak, n'y croit pas non plus.
Il y a un an d'ici, Bush avait estimé le nombre de victimes à moins de 30.000 et n'avait pas donné d'autre chiffre depuis. Cela n'a pas changé lors de sa conférence de presse à la Maison Blanche mercredi. Lorsqu'il lui a été demandé s'il s'en tenait à son chiffre de 30.000, le président a uniquement répondu qu'il ne s'en tenait qu'à un chiffre montrant "beaucoup d'innocents" ayant perdu la vie.
Et au Pentagone, un porte-parole a dit qu'il était difficile d'estimer le nombre de victimes civiles en Irak avec ce qu'il a appelé "la moindre certitude".

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Guerre inévitable entre musulmans et chrétiens? Au Sénégal, les musulmans répondent clairement "non" et disent pourquoi :
"Sénégal : "il ne peut qu'y avoir la paix entre ces 2 familles"
http://www.lequotidien.sn/articles/article.CFM?article_id=38627

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L'agence de presse Maghreb Arabe Presse nous rapporte qu'il s'agit bien d'un prêtre Orthodoxe (Antiochien)
http://www.map.ma/fr/sections/last_monde/tour_d_horizon_de_l5155/view
"Mossoul - Le corps décapité d'un prêtre syriaque orthodoxe, enlevé il y a trois jours, a été retrouvé, mercredi soir, à Mossoul (nord), a indiqué une source de sécurité irakienne."

Saints Pierre et Paul, priez Dieu pour ce prêtre et son peuple!


*******

Mise à jour 16/10 :

http://www.asianews.it/view_p.php?l=en&art=7463
Le prêtre victime est le père Paulos Eskandar.

http://www.aina.org/news/20061012004656.htm

extrait :
"Un courriel d'un prêtre en Suède, le p. Adris Hanna, décrit la campagne de terreur des Musulmans contre les Chrétiens en Irak :

'Le prêtre Syriaque Orthodoxe Paulos Iskandar a été enlevé ce lundi 9 octobre, et décapité ce mercredi 11 octobre.
L'évêque de Mossoul m'a écrit un courriel cette nuit et m'a dit que les funérailles auraient lieu demain à Mossoul.
Les Chrétiens vivent dans la terreur à Mossoul et à Bagdad. Plusieurs prêtres ont été enlevés, les filles sont violées et assassinées, et il y a quelques jours, un garçon de 14 ans du quartier Chrétien d'Albasra a été crucifié.
J'ai aussi parlé à un groupe de religieuses qui ont été dépouillées et brutalement battues sur la route entre Bagdad et Amman en Jordanie.
Le meurtre du père Paulus est le coup de grâce pour les Chrétiens, et à présent, il n'y a plus que l'enfer qui attend les Chrétiens en Irak.
Nous, Chrétiens Orientaux en Suède et dans le restant du monde occidental, nous devons protester contre le génocide. Nous devons faire ce que nous pouvons pour faire cesser les viols, les menaces, la haine, les pillages, les meurtres.. Nous devons faire quelque chose.'

Ces derniers meurtres sont la prolongation d'une escalade en matière d'attaques contre les Chrétiens d'Irak. Le 4 octobre, une bombe a dévasté un quartier Assyrien, tuant 9 personnes (AINA 10-11-2006)."


Mise à jour 20/10
"Un prêtre raconte le calvaire d'un prêtre orthodoxe assassiné en Irak"
AFP 20.10.06 - 20h14
http://www.lemonde.fr/web/depeches/texte/0,14-0,39-28569287,0.html

Euthanazie : tombe commune des victimes des précurseurs découverte en Allemagne

Découverte d'une tombe de victimes de l'euthanasie des Nazis en Allemagne
http://www.lifesite.net/ldn/2006/oct/06100505.html
Par Hilary White
MENDEN-BARGE, Allemagne, 5 Octobre 2006 (LifeSiteNews.com) -
Une tombe commune de 22 enfants et 29 adultes que l'on pense avoir été victimes du programme d'euthanasie du gouvernement Nazi a été découverte dans le cimetière de l'église catholique-romaine du village de Menden-Barge.

La BBC rapporte que le Procureur de l'Etat Ulrich Maass a dit que les autorités recherchaient des preuves et des témoins mais qu'il serait difficile de poursuivre qui que ce soit 61 ans après la guerre.


L'emplacement de la tombe est près d'un hôpital autrefois dirigé par le médecin personnel d'Hitler, le docteur Karl Brandt, qui dirigeait Action T-4, le programme étatique d'euthanasie des Nazis qui a assassiné "par compassion" des personnes hospitalisées, bébés handicapés, enfants, vieillards et des handicapés mentaux, et même des vétérans, avant de recevoir l'ordre de s'arrêter.
























Le programme T-4 a permis aux Nazis de développer la technologie des chambres à gaz qui fut utilisée à grande échelle dans les camps de la mort tels Auschwitz.


L'excavation du cimetière de Menden-Barge est encore en cours.
"Il y a présomption que ce sont des victimes du régime Nazi," dit Maass, qui a confirmé que les corps des enfants, dont 3 montraient des marques de handicap physique, avaient été jetés n'importe comment dans la tombe, sans cercueil.


Reuters a questionné l'historien ecclésial local, Theo Ostermann, qui a dit que les gens du village avaient su que l'euthanasie était pratiquée dans la clinique locale.

Bien que les promoteurs modernes de l'euthanasie rejettent naturellement la comparaison, l'érudit américain Henry Friedlander, dans son maître-ouvrage "The Origins of Nazi Genocide: from Euthanasia to the Final Solution", a retracé la progression de la philosophie eugéniste depuis la stérilisation des "inaptes" jusqu'au programme T-4 et enfin jusqu'à l'Holocauste. Friedlander montre dans son livre à quel point les idéologies de l'euthanasie étaient largement répandues parmi l'élite scientifique et académique. La même élite à présent occupée à pousser pour un nouveau mouvement en faveur de l'euthanasie est soutenue par certains des plus célèbres scientifiques au monde, y compris les gourous de la bioéthique de l'Université de Princenton, Peter Singer et James Watson, prix Nobel pour la découverte de l'ADN.
Le mouvement eugéniste actuel travaille dans le onde entier pour faire promulguer des lois permettant de tuer les enfants handicapés et les personnes malades.

Actuellement, la Belgique, les Pays-Bas et l'État de l'Oregon (USA) ont promulgué des lois permettant aux médecins de soit tuer directement les patients, soit de prescrire des doses létales de médicaments.

D'autres juridictions, telle que la Suisse, ont des lacunes législatives qui permettent l'euthanasie passive ou active, et la Grande-Bretagne a un puissant lobby en faveur de l'euthanasie qui agit au sein de la Chambre des Lords pour en obtenir la légalisation.

Voir l'article de LifeSiteNews.com (en anglais):
"Current Medical Euthanasia and Eugenic Abortion Practices Echo Nazi Past"
["Les pratiques médicales actuelles et les pratiques eugéniques d'avortement rappellent le passé Nazi."]
http://www.lifesite.net/ldn/2003/oct/03100208.html

Lire un compte-rendu du livre de Friedlander (en anglais):
http://www.ess.uwe.ac.uk/GENOCIDE/reviewsh35.htm

(c) Copyright: LifeSiteNews.com is a production of Interim Publishing. Permission to republish is granted (with limitation*) but acknowledgement of source is *REQUIRED* (use LifeSiteNews.com)

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Autres informations sur la tombe commune des victimes de l'euthanazie :
http://au.news.yahoo.com/061005/15/p/10szi.html
http://news.bbc.co.uk/2/hi/europe/5410834.stm
http://www.euronews.net/create_html.php?article=383661&lng=1
et la vidéo d'Euronews

ordre d'Hitler en 1939 de pratiquer l'euthanasie sur les malades et handicapés1939, Hitler ordonne...

12 octobre 2006

Saint Jérôme, traducteur de la Bible

Librement adapté de :
http://www.christianitytoday.com/history/special/131christians/jerome.html

Eusebius Hieronymus Sophronius, heureusement connu sous le nom de Jérôme, fut probablement le plus grand érudit du monde Chrétien lorsqu'il fut trentenaire. Probablement le plus grand dans l'histoire de la traduction de la Bible, il a passé 30 ans à créer une version en latin qui deviendra la norme plus d'un millénaire durant. Mais ce n'était pas un studieux intellectuel. Jérôme fut aussi un ascète de l'extrême, avec une fâcheuse tendance à répandre sur ses opposants sarcasmes et invectives.

De Cicéron aux scorpions.
Jérôme naquit de riches parents Chrétiens à Stridon, en Dalmatie (près de la moderne Lubjana, Slovénie), et fut élevé à Rome, où il étudia la grammaire, la rhétorique et la philosophie. Il y fut baptisé à l'âge de 19 ans.
Tout comme les autres étudiants, Jérôme poursuivit ses études en voyageant. Mais au lieu de découvrir les plaisirs sensuels de l'empire, Jérôme se trouva attiré par les ascètes qu'il rencontra tout au long du chemin, y compris ceux de Trêves (dans le sud-ouest de l'actuelle Allemagne) et Aquilée (Italie), où il se joindra à un groupe d'ascètes d'élite. Parmi eux se trouvait Ruffin, célèbre pour ses traductions des oeuvres d'Origène. Le groupe se sépara vers 373, et Jérôme reprit ses voyages, cette fois entreprenant un "voyage incertain" pour devenir ermite en Terre Sainte.
Épuisé, il n'arrivera qu'à Antioche, où il continuera ses études de grec. Il étudiera même sous Apollinaire de Laodicée (qui sera par la suite condamné comme hérétique pour avoir enseigné que le Christ n'avait qu'une chair humaine, pas de volonté ni d'esprit humain). Mais ses études de grec seront interrompues par un songe – un des rêves les plus célèbres de l'Histoire de l'Église – durant le Grand Carême de 375 : déféré devant le Tribunal de Dieu, il fut jugé coupable pour avoir préféré la littérature païenne classique à la littérature Chrétienne : "Ciceronianus es, non Christianus," (Tu es un disciple de Cicéron, non pas du Christ) lui dit son Juge.
Bouleversé, Jérôme fit voeu de ne plus jamais lire ou posséder la moindre littérature. (Cependant, une décennie plus tard, Jérôme minimisa le rêve et recommença à lire de la littérature classique). Ensuite, il partit péniblement vers le désert de Syrie, redécouvrant les joies de l'ascétique "prison, avec rien d'autre que des scorpions et des bêtes sauvages comme compagnons." Il s'installa en Chalcis, où les rigueurs de cette vie étaient épuisantes. Il mendia des lettres pour tromper sa solitude, détesta la rude nourriture du désert et ne parvint pas à trouver la paix.
"Bien que j'étais protégé par les remparts de la solitude du désert, je ne parvenais pas à supporter les inclinations au péché et l'ardente chaleur de ma nature," écrira-t'il plus tard. "J'ai tenté de les écraser par de fréquents jeûnes, mais mon esprit était toujours bouleversé par l'imagination."
Cependant, il apprendra l'hébreux grâce à un converti du Judaïsme, il priera et jeûnera, copiera des manuscrits et écrira d'innombrables lettres. Bien qu'il ne cessait de répéter qu'il était heureux en Chalcis, il retourna quelques années plus tard à Antioche – peu après, d'autres ermites commencèrent à suspecter Jérôme d'être secrètement un hérétique (à cause de ses vues sur la Trinité, qui, selon certains, insistaient trop sur l'unité de Dieu au dépens des 3 Personnes).

Secrétaire à la langue acérée

Entre-temps, Jérôme avait été reconnu comme un important érudit et moine. L'évêque Paulin s'empressa de l'ordonner prêtre, mais le moine n'accepta qu'à la condition qu'il ne soit jamais forcé d'exercer ses fonctions presbytérales. Et Jérôme replongea derechef dans l'étude, en particulier celle de la Bible. Il participa à des conférences exégétiques, examina des parchemins de l'Évangile, et rencontra d'autres célèbres exégètes et théologiens.
En 382, il fut convoqué à Rome pour devenir le secrétaire et un potentiel successeur au pape Damase. Mais durant cette brève occupation de 3 ans, Jérôme offensa les Romains amateurs de plaisirs, avec sa langue acérée et sa critique tranchante. Comme le dira un historien, "Il détestera la plupart des Romains et ne s'excusera même pas de les détester." Il se moquera du manque de charité des clercs ("Je n'ai ni foi ni miséricorde, mais ce que j'ai, de l'argent et de l'or – je ne te le donne pas non plus"), de leur vanité ("Les seules pensées de tels personnages vont à leurs apparence – sont-ils agréablement parfumés, est-ce que leurs souliers leur vont bien?"), leur fierté pour leur barbe ("S'il y a quelque sainteté dans une barbe, alors rien n'est plus saint qu'une chèvre!") et leur ignorance des Écritures ("Il est suffisamment mal d'enseigner ce que vous ne connaissez pas, mais pire encore... ce que vous ne savez même pas que vous ignorez.")
Il se vanta même de son influence, déclarant "Damase est ma bouche." Ceux qui auraient encore pu le soutenir, bien que déjà sceptiques de son intérêt pour "corriger" la Bible, furent décontenancés lorsqu'une de ses disciples mourut durant un jeûne fort strict. Lorsque Damase mourut en 384, Jérôme s'enfuit de "Babylone" en direction de la Terre Sainte.

Créateur de la Vulgate
Un riche étudiant de Jérôme lui fonda un monastère à Beth-lehem, afin qu'il l'administre (il comportait aussi 3 couvents pour femmes et une hospitalité pour pèlerins). C'est ici qu'il achèvera sa plus grande contribution (entamée en 382 sur instruction de Damase) : la traduction de la Bible en latin courant (qu'on appellera par la suite Vulgate, c'est-à-dire "commune"). Bien qu'il existait plusieurs versions en latin, elles variaient en fiabilité.
Un jour Damase lui écrivit : "Si nous devons accrocher notre foi aux textes en latin, alors nos opposants pourront nous dire auxquels, car il y a presqu'autant de formes qu'il n'y a de copies. Si, d'un autre côté, nous devons tirer la vérité en comparant un grand nombre, alors pourquoi ne pas retourner à l'original grec et corriger les erreurs introduites par des traducteurs incompétents, et les idiotes altérations introduites par des critiques sûrs d'eux mais ignorants, et de plus, tout ce qui a été rajouté par des copistes plus assoupis qu'éveillées?"
Au départ, Jérôme travailla sur base de l'Ancien Testament grec, la Septante. Ensuite il continua son travail en reprenant les textes hébreux de l'Ancien Testament. Dans sa quête d'authenticité, il consulta des rabbins Juifs et d'autres.
Une des plus grandes différences qu'il vit entre la Septante et le texte hébreux tel qu'il existait à l'époque était que les Juifs d'alors n'incluaient pas/plus les livres Deutérocanoniques dans leur canon des Saintes Écritures. Il les reprendra cependant. 1000 ans plus tard, les Protestants commenceront à les supprimer. Au 19ème siècle, la plupart d'entre eux n'en auront plus aucun dans leur version de la Bible – à l'exception notable des Anglicans. [1]
Après 23 ans, Jérôme acheva sa traduction, que les Chrétiens utiliseront des siècles et des siècles durant. En 1546, le Concile de Trente [= Vatican] déclarera que c'est le seul texte latin authentique [2] des Écritures. Hélas, le texte de la Vulgate qui avait circulé au cours du Moyen-Âge était une forme corrompue de l'oeuvre de Jérôme, encombrée par les erreurs de copistes. A la fin du 16ème siècle, des versions corrigées seront publiées.

Le travail de Jérôme sera si vénéré que jusqu'à la Réforme Protestante, les traducteurs ne travailleront qu'à partir de la Vulgate; mille ans durant, les érudits en Occident ne traduiront plus directement à partir du Nouveau Testament en grec [3]. Ironie du sort, la Bible de Jérôme donna l'impulsion pour l'usage du latin en tant que langage ecclésial pour l'Occident, avec pour résultante que des siècles plus tard, la Liturgie et la Bible ne seront plus comprises par le peuple – exactement le contraire de l'intention originelle de Jérôme.
Quant à Jérôme, son érudition lui apportera d'apprécier grandement la Parole de Dieu pour le restant de ses jours :
"Faites de la connaissance des Écritures votre amour. Vivez avec elles, méditez-les, faites-en le seul objet de votre connaissance et de vos recherches."

Ligne du temps
312 Conversion de Constantin-le-Grand
323 Eusèbe de Césarée achève son Histoire Ecclésiastique
325 Premier Concile Oecuménique de Nicée
345 Naissance de saint Jérôme
420 mort de saint Jérôme
432 saint Patrick entame sa mission en Irlande

Le vieillard avec le lion
Saint Jérôme est souvent représenté dans l'art en vieil homme avec un lion. La question est la suivante : d'où est-ce que cette bête provient? D'après la Légende Dorée, une collection médiévale [post-Schisme] d'histoires à propos des saints, un jour, alors que Jérôme était occupé à enseigner à ses frères au monastère, un lion arriva en boitant. Alors que le restant des frères paniqua, Jérôme s'approcha du lion, prit doucement sa patte blessée, et en retira une grosse épine. Depuis ce jour, le lion devint soumis et resta loyalement avec Jérôme [4].

*-*-*-*-*

Quelques remarques et notes du traducteur-adaptateur :
[1] La fameuse "Veritas hebraica"... Le texte hébreux tel que saint Jérôme l'a connu n'était de toute évidence pas celui que saint Paul a connu. Les Deutérocanoniques, uniquement en grec? Quand bien même cela aurait été le cas, leur présence datait d'avant le Christ, et ils étaient partie intégrante du Judaïsme, de diaspora mais du Judaïsme quand même. Mais on a des preuves de l'existence en hébreux, ce qui coupe l'herbe sous les pieds de toute prétention à une "vérité" uniquement basée sur l'hébreux, ce que saint Jérôme a crû non pas par esprit anti-Église (et pour cause), mais parce que ceux qui l'ont informé n'étaient pas de l'Église mais de la Synagogue, et que le matériel scripturaire qui existait à l'époque avait été trafiqué. Les Pères de l'Église n'ont eu de cesse de le mentionner : le Judaïsme modifiait au fur et à mesure ses propres textes, quand l'apologétique Chrétienne découvrait une X-ième évidence d'accomplissement de prophétie en leur sein.
Un exemple : en 1896, on a retrouvé au Caire (Égypte) dans une genizah d'une vieille synagogue plusieurs restes de manuscrits en hébreux du Livre de l'Ecclésiastique, aussi appelé Siracide ou Livre de Ben Sirac le Sage. Cela aurait pu être d'après la naissance de l'époque Chrétienne, dira-t'on. Bien. Mais on en a aussi trouvé des fragments à Qumran, et en 1964 à Massada. Ce qui anéanti l'argument : la première grande opération de révisionnisme scripturaire a eu lieu à l'assemblée de Jabné, en 90, et Qumran avait cessé d'exister avant l'arrivée des Romains et la prise de Jérusalem en 70.
Donc il y avait bel et bien de ces livres, peut-être pas tous mais au moins certains, qui existaient en hébreux, et donc étaient utilisés. Deutérocanoniques est le terme exact, et dire "apocryphe" est une erreur pour ceux qui sont mal informés, mais une imposture pour ceux qui le savent et persistent.

[2] Pour celle ou celui qui veut vraiment comprendre, il vaut la peine de se renseigner sur quelles versions le Vatican s'est basé pour oser ensuite dire "nous avons la version authentique de la traduction latine de saint Jérôme". C'est tout un programme... Et ça en dit très long sur la mentalité des promoteurs de ce système séculier. Je n'en dis pas plus pour ne pas rallumer la flamme à mon encontre, j'ai encore mes rares cheveux qui fument du bûcher précédent. Même piètre comme la mienne, la Foi ne craint pas l'ordalie, mais les vêtements la supportent mal :-)

[3] Autre erreur de l'auteur du texte original que j'ai légèrement modifié au niveau des affirmations sur le Canon biblique (logique, texte intéressant mais composé hors de l'Église). Le Bienheureux Jean Scot Erigène et bien d'autres continueront avec le texte grec, en plus du texte latin. Le texte grec subira lui aussi, de toute manière, des altérations et des modifications structurelles avec changements dans le texte dûs aux copistes "révisionnistes". Rien de neuf, et l'Orient était logé à même enseigne que l'Occident.

[4] Les habitués de l'église l'auront reconnu : c'est une adaptation vaticane tardive de l'histoire de saint Gérasime du Jourdain

Vie de Saint Jérôme
Bible de Charles-le-Chauve, dite "vivienne"

11 octobre 2006

Rite Orthodoxe Occidental : l'archevêque Hilarion explique les fondements

Michelmas 2004 – Fête de saint Michel Archange

nb : les photos en référence dans le texte ci-dessous ont été incorporées en première partie de la présentation vidéo. Le sous-titrage étant illisible sur des petits films aussi compressés, l'homélie de l'archevêque Hilarion est présentée en traduction textuelle après le film (merci au p. Michael pour la relecture de ma retranscription). Je remercie les visiteurs/teuses de bien vouloir excuser la piètre qualité de l'ensemble, je n'ai pas une machine assez puissante pour utiliser de bons outils de vidéo numérique, et puis... je suis incompétent.

Jean-Michel




Extrait du "Saint Petroc Magazine - A Magazine of Western Rite Orthodoxy", Vol. VII, No. 1, Michaelmas 2004 :


"Voici quelques photos de la Divine Liturgie pour Michelmas 2004

Le Rite est la Liturgie Anglaise (tel qu'autorisé par le Saint-Synode de Russie en 1907) présidée par l'archevêque Hilarion de Sydney (EORHF). Le célébrant était le prêtre Michael, assisté du prêtre Barry Jefferies et du sous-diacre Peter Ball, les serviteurs d'Autel étant Andrei et Vladimir Panevin. La célébration a eu lieu dans une chapelle permanente installée dans une maison convertie pour le but, chapelle qui a de la place pour une trentaine de fidèles. C'était donc un peu étroit pour permettre au rituel de se développer. Cette Célébration a été chantée, mais pas "Messe Haute" puisqu'il n'y avait pas la place pour se faire. L'assemblée comportait quelques fidèles de la proche paroisse russe (EORHF). La taille et l'agencement de la chapelle, avec l'étroite arche reliant la nef et le Sanctuaire, donne probablement une bonne "impression" de ce que devait être une chapelle celtique dans les Îles Britanniques durant le premier millénaire. Sur l'antépénultième image, la table d'Eulogie que l'on voit à droite de l'arche, on y trouve une copie d'une Icône française de saint Jean de Shangai [saint Jean Maximovitch]. C'est l'emplacement authentique pour cette petite table, tant dans la Liturgie Sarum que dans la Liturgie du premier millénaire dont elle découle. Sur l'Autel, on voit la plus belle patène (comme pour toute fête majeure) et un corporal rouge couvrant le ciboire, contenant le Sacrement préservé temporairement, que l'archevêque Hilarion et le p. Michael apporteront aussitôt après à une dame malade à l'hôpital.
P. Michael"

*-*-*-*-*



"Aujourd'hui, nous sommes témoins de l'universalité de l'Église du Christ, et de la diversité et de la richesse des traditions cultuelles dans les différentes parties du monde dans l'Église Chrétienne.
Dès l'instant où le Saint Esprit a été envoyé sur les Apôtres, lors de la Pentecôte à Jérusalem, la Foi Chrétienne s'est répandue jusqu'aux extrémités du monde civilisé de l'époque. Et les Chrétiens, inspirés par le Saint Esprit, ont développé dans les diverses régions leurs propres traditions liturgiques En particulier, les offices de Communion, la sainte Eucharistie. Cependant, l'Église était indivise, elle était unie dans la Foi mais avait donc diverses traditions cultuelles. La Divine Liturgie elle-même, partout où elle était célébrée, comportait les mêmes éléments, les mêmes bases, tel que commandé par notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ lors de la Dernière Cène qu'Il institua, lorsque pour la Communion Il dit "Faites ceci en mémoire de Moi."
Alors pour nous, pour ceux d'entre vous qui proviennent de traditions occidentales, Catholique-romaine ou Anglicane, vous êtes familiers avec cette Liturgie, ce Rite Occidental que nous célébrons aujourd'hui, et pour ceux d'entre nous qui viennent de traditions Byzantines, dans son expression russe ou grecque ou serbe, nous trouvons cela nouveau, différent, mais séduisant et en fait passionnant. Parce que le même Saint Esprit, Qui a inspiré les divers iconographes et saints depuis les temps passés, depuis les temps apostoliques, pour leur faire développer les différents Offices dans nos Églises en Orient, a inspiré les mêmes saintes personnes en Occident. L'Église a été indivise durant mille ans, l'Orient et l'Occident ont prié et célébré dans la même Foi durant mille ans.
En Orient, d'après la Tradition, l'ordo de la première Divine Liturgie a été préparé par saint Jacques, le "frère" du Seigneur. Il a été le premier évêque de Jérusalem. Et cette Liturgie a été principalement utilisée par l'Église de Jérusalem. Dans l'Église d'Égypte, à Alexandrie, la Liturgie qu'ils célébraient, avait été, d'après la Tradition, composée par l'Évangéliste et Apôtre Marc. A Rome, les Chrétiens ont développé leur propre Liturgie, que nous appelons la Messe. Et partout dans la partie occidentale de l'Église, dans les diverses régions, il y avait d'autres Liturgies. Par exemple en France, en Gaule comme on l'appelait alors, les Chrétiens ont développé ce qui était appelé le Rite Gallican. En Espagne, le Rite Mozarabe, et ainsi de suite.
Aujourd'hui, la Liturgie à laquelle nous participons, que nous célébrons, est le Rite Occidental dans son expression Anglaise. Le Christianisme est venu en Angleterre dès les temps Apostoliques les plus reculés.
Il y a diversité de Rites dans l'Église, mais il y a unité de la Foi. Aujourd'hui, d'après le calendrier liturgique Occidental, nous célébrons le saint Archange Michel, et les Puissances Célestes. Ce sont ceux qui servent Dieu, qui sont Ses messagers, qui sont envoyés par notre Seigneur pour être nos protecteurs, nos gardiens. Dans l'Écriture, nous lisons comment le saint Archange Michel a combattu contre lucifer lorsque ce dernier s'est séparé de Dieu par sa désobéissance. Et Michel et ses Anges fidèles à notre Seigneur ont jeté lucifer et tous ses anges en enfer.
Aujourd'hui, nous prions afin que notre Seigneur nous renforce, dans notre Foi, dans notre vie religieuse, afin qu'avec l'aide des saints Anges, avec l'aide de nos Anges gardiens, nous marchions toujours sur la voie Chrétienne, que notre Sauveur nous a dit être étroite et pleine de difficultés, mais qui est le chemin qui mène au Salut. Dès lors, puisse notre Seigneur, par les intercessions de Ses saints Anges et de tous les saints, nous accorder Sa miséricorde et nous sauver, car Il est bon et ami des hommes. Amen."

10 octobre 2006

Automne fleuri 2

table repas fleurs  prière famille icône croix celtique
Notre Père, Qui est aux Cieux,
que Ton Nom est sanctifié,
que Ton Règne vienne
que Ta Volonté soit faite, sur la terre comme au Ciel
donne-nous aujourd'hui notre pain substantiel
pardonne-nous nos offenses,
comme nous avons pardonné à ceux qui nous ont offensés
et ne nous laisse pas succomber à la tentation,
mais délivre-nous du Malin.
Amen.

table repas prière famille icône

09 octobre 2006

Observation Apostolique - préférence scripturaire, manque de profondeur

http://www.orthodoxytoday.org/articles6/ReardonApostolic.php
Prêtre Patrick Reardon

Lorsque nous confessons notre foi dans l'Église en tant qu' "apostolique", nous n'énonçons pas seulement un point d'ecclésiologie, mais aussi touchons au coeur même de la Révélation. L'apostolicité de la Révélation peut être examinée en 3 étapes.

Tout d'abord, il est fondamental pour la Foi Chrétienne de savoir que nous ne sommes pas sauvés par une idée, pas même une idée religieuse et morale, mais par l'intrusion directe de Dieu dans notre Histoire. Pour emprunter une formule à Leibniz, nous ne sommes pas rachetés par une vérité d'essence mais par une vérité d'existence. Notre salut est l'accomplissement, non pas d'une vérité éternelle et nécessaire, mais d'un fait contingent, un événement. L'histoire humaine est éternellement significative à cause de quelque chose qui s'est produit au sein même de l'histoire et sous les conditions contingentes et limitées de l'histoire.

Nous le soutenons, cette affirmation se rapporte à la véritable essence de la Foi Chrétienne telle qu'exprimée dans sa plus ancienne formulation par saint Pierre : "Que toute la race d'Israël sache donc avec certitude que Dieu a constitué Seigneur et Christ ce Jésus que vous avez crucifié" (Livre des Actes d'Apôtres 2,36). Tel est l'événement par lequel l'histoire humaine acquiert sa signification et dont chaque vie humaine reçoit l'offre de Salut.

Deuxièmement, en tant qu'événement contingent, historique, l'intrusion de Dieu dans l'existence humaine ne s'offrait qu'à une observation limitée. Elle a eu des témoins, et ce n'est qu'à travers ces quelques témoins que le restant de l'humanité a accès à l'événement lui-même.

A nouveau, ce fut saint Pierre qui attira l'attention sur cet élément essentiel de la religion Chrétienne. Il l'a dit dans la maison de Corneille : "Et nous, nous avons été témoins de tout ce qu'il a fait dans le pays des Juifs et à Jérusalem. On l'a fait mourir en le pendant au bois. Mais Dieu l'a ressuscité le troisième jour, et il a permis qu'il apparût, non à tout le peuple, mais à des témoins prédestinés par Dieu, à nous, qui avons mangé et bu avec lui après sa résurrection. Et Jésus nous a enjoint de proclamer au peuple et d'attester" (Livre des Actes d'Apôtres 10,39-42a).

Tel est le témoignage des Apôtres, dont dépend la foi de tous ceux qui ont un jour reconnu que Jésus est Seigneur. Cette Révélation divine, dès lors, la vérité que Dieu a fait Seigneur et Christ le crucifié Jésus, est communiquée au monde par le biais de certains témoins oculaires choisis pour en attester. Dès lors, la qualité de "révélé" n'appartient pas seulement au fait de la divine intrusion dans l'Histoire, mais aussi à la médiation apostolique de ce fait. L'apostolicité appartient à la Révélation elle-même.

Troisièmement, ces témoins oculaires eux-mêmes ont fonctionné plutôt de la même manière que des yeux, et peut-être est-ce pour cela qu'il y en avait plusieurs. Lorsque des objets sont présentés à nos yeux physiques, après tout, ils ne sont pas présentés exactement sous le même angle de vue à chacun de nos 2 yeux. Nos 2 yeux sont suffisamment séparés pour nous fournir 2 perspectives. Ces perspectives sont combinées en une seule vision, mais cette vision est rendue plus complexe par la combinaison. Vue simultanément par 2 yeux, l'objet contemplé prend de la profondeur et un contour nuancé. Ainsi, ce qui est vu émerge par rapport à l'arrière-plan. Il vient au devant de nous. C'est la bénédiction de pouvoir voir les choses avec plus qu'un oeil.

C'est à peu près pareil avec les témoins apostoliques, qui servent d'yeux pour l'Église. Ils ont tous contemplé le même objet, assurément, mais leurs lignes de vision étaient orientées d'après des angles légèrement différents, créant une image bien plus profonde, complexe et délicatement nuancée dans la vision catholique dont bénéficie l'Église.

Lorsque nous nous efforçons, pour le besoin de la discipline littéraire, à ne regarder qu'à travers un seul de ces yeux, isolant un seul auteur – prenons saint Matthieu, par exemple – nous nous rendons compte que nous ne voyons plus l'entièreté de l'image disponible pour la vision catholique de l'Église. Cela vaut sûrement la peine de le faire en tant qu'exercice d'exégèse (et les Chrétiens l'ont toujours fait) mais nous devons reconnaître que cela ne nous permet qu'une seule ligne d'interprétation.

Pour rester avec notre exemple, Matthieu décrit assurément le même Jésus que Celui présenté par Marc et Paul, mais sa perspective personnelle prend une trajectoire légèrement différente. Nous, lecteurs, suivront finalement notre envie d'ouvrir l'autre oeil dans la Bible, et retrouver l'entière icône catholique contemplée par l'Église.

On peut en effet soutenir que certaines des pires hérésies sont nées dans l'histoire de la théologie par l'usage démesuré d'un seul oeil apostolique, à l'exclusion, ou au moins avec la suppression partielle, des autres. Probablement que l'exemple le plus explicite d'une telle distorsion ce fut Marcion, qui tenta de lire le Livre de l'Apocalypse uniquement à travers les yeux de saint Paul. Ironie du sort, l'effort non-éclairé de Marcion amena à déformer saint Paul lui-même. Au début du siècle dernier, cette dénaturation fut reconnue par Franz Overbeck, qui fit remarquer que seul un étudiant de Paul a compris Paul, à savoir Marcion, mais il l'a mal compris : "er habe nur einen Schüler gehabt, der ihn verrstanden habe, Marcion--und dieser habe ihn missverstanden!"
Nous avons tous nos auteurs bibliques préférés, je suppose, mais on peut parier sans trop de risque de se tromper que le théologien qui insiste pour fermer ou affaiblir n'importe lequel des yeux apostoliques finira dans l'hérésie.




Le p. Patrick Reardon est le pasteur de l'Église orthodoxe Antiochienne de Tous les Saints à Chicago, Illinois (USA), et éditeur principal de Touchstone : a Journal of Mere Christianity. Il est aussi l'auteur de "Christ in the Psalms" et "Christ in His Saints" (ces 2 livres étant publiés par Conciliar Press).

10/7/2006

08 octobre 2006

Résurrection, saint Materne et prière pour le monde entier.

Saint Materne, Icône familliale, consacrée le 20/9/2003
réalisation : monastère de la Mère de Dieu Consolatrice, Pervijze


Saint Silouane l'Athonite disait que prier, c'est verser son sang pour le monde entier. L'homélie du jour nous en rappelle le fondement, et la responsabilité que nous portons à cet égard. Mais Saint Materne, que vient-il faire dans cette histoire, pour que je l'aie rajouté dans le titre? D'après une tradition – si non e vero! - il serait, lui, ce fameux fils de la veuve de Naïn. Son Icône rappelle discrètement ce fait sur son étole, repliée sur son bras gauche, bien ostensiblement. En Belgique, nous avons donc lien spirituel – à défaut d'être 100% "scientifiquement et historiquement" assuré – qui nous rend cet Évangile si précieux : celui qui est revenu de la mort est venu ensuite nous apporter la Vie, par l'Évangile du Salut, au lieu de rester au soleil d'Israël pour y passer des beaux jours. Quelle splendide mise en pratique du précepte évangélique de "ne pas garder la lampe allumée sous le boisseau"!!

Old Church Slavonic Institute

Notons aussi cette bienheureuse coïncidence : dans le calendrier liturgique du Rite Occidental en vigueur dans certaines paroisses de l'Église Orthodoxe Russe Hors Frontières pour ce 16ème Dimanche après la Trinité, l'Évangile proclamé pour la Liturgie est le même que celui proclamé dans la Divine Liturgie Byzantine du jour, où on célèbre le 17ème Dimanche après la Pentecôte, au moins dans un des 3 usages en vigueur - parce que contrairement aux apparences, la diversité règne aussi à ce niveau dans le monde Byzantin.

Il s'agit de l'Évangile selon Saint Luc 7, 11-17
"Jésus se rendit ensuite à une ville appelée Naïn : ses disciples et une foule nombreuse faisaient route avec lui. Comme il approchait de la porte de la ville, voici qu'on portait en terre un mort, un fils unique dont la mère était veuve; et une foule considérable de gens de la ville accompagnait cette femme. À sa vue, le Seigneur fut ému de pitié pour elle et lui dit : "Ne pleure point!" Il s'approcha, toucha le cercueil (les porteurs s'étaient arrêtés) et dit : "Jeune homme, je te l'ordonne, lève-toi." Le mort se redressa sur son séant et se mit à parler. Et Jésus le remit à sa mère. Tous furent saisis de crainte, et ils glorifiaient Dieu : "Un grand prophète a surgi parmi nous", disaient-ils, et encore : "Dieu a visité son peuple." Ce propos sur Jésus fit son chemin dans la Judée entière et dans tout le pays d'alentour."

Et voici l'homélie du jour par le père abbé :

La compassion de notre Seigneur est bien illustrée dans l'Évangile de ce jour, qui nous raconte la résurrection du fils de la veuve. Cet événement ne nous est rapporté que dans l'Évangile selon saint Luc (7,11-17), et il a lieu dans la ville de Naïn, à quelque 15km au sud-ouest de Capharnaum, sur le Petit Hermon, au-dessus d'Esdraelon. Le fils mort est porté hors de la ville vers le lieu de sépulture, et cela se passe endéans les 24 heures de sa mort, conformément à la tradition juive. Notre Seigneur reconnaît immédiatement la situation pénible dans laquelle la mère se trouve : elle a perdu son fils, son seul soutien pour subsister, et tout lui est très subitement tombé dessus. A présent Jésus va très vite et très simplement accomplir une des 3 résurrections de la mort qu'Il a accomplies durant Son ministère terrestre. Les 2 autres (la fille de Jaïre et Lazare) ne sont pas différentes de par l'action directe et la puissance sans effort utilisée par notre Seigneur. Dans l'Ancien Testament, Élie et Élisée ont tous 2 ramené des gens de la mort, mais seulement au prix de grands efforts, car tous 2 étaient pécheurs, bien que grands prophètes. Ici c'est le le Fils incarné de Dieu, d'un mot et d'un geste, instantanément, comme de par Sa propre autorité, commandant à la personne morte de se relever.
C'est une manifestation spectaculaire de la Divinité du Christ : un acte d'autorité tel que nul prophète ou Apôtre n'aurait osé tenter. Ce n'est pas seulement les prophètes avant eux, mais aussi les Apôtres qui ont eu de grandes difficultés à accomplir d'aussi grands miracles.
Nous voyons ici encore une autre différence entre la manière dont le Christ ressuscite des gens de la mort et celle d'Élie et d'Élisée : en ce qui concerne le fils de la veuve et Lazare, Il l'a fait en face d'une foule de témoins, et dans le cas de la fille de Jaïre, ouvertement devant les autres – bien qu'en l'absence de la fille morte. En fait, le cas de la fille de Jaïre est même une démonstration bien plus grande de la puissance Divine du Christ, car Il a accomplit le miracle à distance : pour l'esprit humain, c'est encore plus impressionnant.
Nous devons remarquer que durant Son ministère terrestre, le Christ ne S'est pas empressé d'accomplir de massives résurrections, en fait, Il utilisait plutôt Sa puissance avec beaucoup de parcimonie. Il voulait à tout prix éviter de devenir un chef populaire. Il voulait amener les hommes à avoir foi en Dieu, les inspirer, les attirer à Lui par l'amour plutôt que de forcer leur soumission par des démonstrations de pure puissance. Le Christ voulait semer les graines de la foi – un test pour les générations à venir, un moyen pour filtrer, pour ceux qui voudraient venir à Dieu pour les bonnes raisons, car n'importe qui peut être gagné en étant captivé par un déchaînement de puissance – mais est-ce qu'ils se seraient convertis pour devenir le genre d'hommes que Dieu souhaite?
Les gens de ce monde qui vénèrent la puissance sont habituellement, en temps de paix, ces mêmes personnes qui adorent l'argent et la puissance qu'il donne. Un tel amour de l'argent-puissance exclut toute moralité dans l'aspiration après cette puissance, la puissance ou l'amour de cette puissance corrompant celui qui la recherche. Dieu n'a jamais été et n'est pas intéressé d'attirer les gens par Sa puissance incontestable. Il veut être aimé, et ceux qui Le cherchent alors qu'ils ne peuvent Le voir, alors que le chemin vers Lui n'est pas facile, mais rempli de doute et apparemment incertain, sont ceux qui le font probablement par amour - "..., heureux ceux qui croient sans avoir vu!" Jean 20,29
De plus en plus, dans ce monde, Dieu est caché à nos esprits par les puissants "miracles" de la vie quotidienne.
L'humanité est "parvenue" à un tel niveau selon son avis personnel, qu'elle ne sait plus voir le besoin de Dieu. L'humain oeuvre activement contre Dieu – au point que l'Action Laïque et consorts font publicité dans les media. Même le potentiel disciple du Christ a des difficultés.
Attachez-vous à l'idée du culte, persistez à vous concentrer sur l'humilité à atteindre face à notre redoutable Dieu, pendant la Liturgie, en priant les Matines ou à n'importe quel Office, prenez le temps pour vous préparer convenablement. Lorsque nous prions en assemblée, nous sommes les représentants de la totalité du peuple de Dieu quand nous nous faisons humbles devant Sa gloire. Lorsque nous prions en assemblée, nous devrions prier pour ces choses que Dieu estime que chacun d'entre nous devrait avoir. Nous devrions prier pour que toute notre société soit pardonnée.
Nous partageons la responsabilité des maladies de notre société, mais nous seuls dans la société sommes ceux qui osons venir devant Dieu dans l'humilité et la repentance, suppliant Sa Miséricorde en faveur de tous ceux de nos voisins qui ne connaissent pas ce besoin de venir adorer liturgiquement et demander.
Amen.

prêtre Michaël, higoumène / abbé
monastère Saint-Petroc
Église Orthodoxe Russe Hors Frontières



Illustration d'un Missel occidental Post-Schisme.
L'usage de la symbolique Chrétienne traditionnelle, visiblement,

n'est plus à l'ordre du jour, hélas mais inévitable.


Actes d'Apôtres : saint Luc nous rapporte que saint Pierre
ressucitera une sainte veuve, Tabitha.
Les saints Apôtres auront beaucoup à s'améliorer pour y parvenir...
C'est le rôle, le but, de l'ascèse Chrétienne!
L'homélie est démontrée par tout le Nouveau Testament!