"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

25 janvier 2007

25/1, fête Orthodoxe des amoureux: Sainte Dwynwen

saint Valentin, enluminure
Missel Romain, vers 1370
Avignon, Bibliothèque municipale, ms 0136, folio 231

Si quelqu'un n'a jamais entendu parler de la "saint Valentin", mot utilisé même par les plus farouches athées dans ce malheureux Occident déchristianisé, c'est qu'il n'habite pas sur cette planète! Quel tapage commercial, quel vil mercantilisme, quelle avalanche d'arguments de boutiquiers pour "donner mauvaise conscience" à qui n'aura pas acheté "le truc qui convient" à sa chérie. Comme si l'amour était matériel, comme si l'amour pouvait s'acheter...

Mais d'où vient cette fête? Et pourquoi peu d'Orthodoxes s'y intéressent vraiment? Disons d'abord que le nom donné est celui d'authentiques saints, de l'époque où Rome était Orthodoxe, et phare de la foi pour le monde. Que ça remonte à loin, tout ça... Et disons que ces saints ont bien sûr leur place sur nos Autels, dans nos prières. Mais, opinion personnelle, peut-être que leur détournement par le commerce rend leur usage "délicat"?

Comment passe-t'on de la mémoire de saints (martyrs) Chrétiens à une "fête" où pour être considéré comme "vraiment amoureux" on "doit absolument" acheter un lecteur mp3 ou un décodeur télé numérique, fabriqués par des esclaves en Chine et vendus par des esclaves dans nos supermarchés? Par le paganisme.
Après le Schisme, puisque "certains" avaient chassé le Christ hors d'ici, les gens de chez nous ont bien sûr comblé le vide spirituel. C'est une constante historique mondiale. A ce que leur racontaient les nouveaux maîtres de nos régions, le Christ était dorénavant remplacé sur terre par un "vicaire", belliqueux gaillard avec lequel ils avaient aussi peu d'affinités que possible, comme l'Histoire nous le montre. Personnage chez qui ils pressentaient bien aussi peu d'affinités avec Dieu que possible, en fait de manière inversement proportionnelle à ses prétentions. A cause de cette théocratie humaine si violente, les divinités païennes ont retrouvé la place qu'elles avaient usurpées dans l'âme des gens - une guerre en cours depuis Adam et Eve. Une place qui avait coûté, au cours du premier millénaire, tant de sang de martyrs pour arriver à la nettoyer. Et c'est ainsi que la "religion naturelle" avait retrouvé "sa" place. "On" a tenté par la suite de redonner un vernis de "christianisme" (sécularisé) à ce fait accompli. Mais il suffit d'ouvrir le moindre magazine en ce mois de février pour voir ce que ce faux-semblant vaut en réalité. Des siècles d'échec total. Nul ne saurait remplacer le Christ, pas même se faire Son représentant. Aussi l'amour se retrouve à présent chez nous sous un bien sulfureux "patronage" commercial, et on s'étonne qu'il va si mal. Et si on revenait aux sources?


icone de sainte Dwynwen, patronne Orthodoxe des amoureux, fete le 25 janvierSainte Dwynwen, prie Dieu pour nous!

Aux grands maux, les grands remèdes : place à une de nos saintes qui s'occupe particulièrement des amoureux, sainte Dwynwen, une belle ascète du Pays de Galles!
Bien Orthodoxe et bien dans notre calendrier liturgique, les raisons de son "patronage" pour les amoureux ne sont pas liées à un culte païen - même si par la suite, même causes et mêmes effets, le paganisme et la superstition s'en mèlèrent, sans cependant, là-bas, grâce à l'éloignement, réussir à supplanter la sainte du Christ dans le coeur des gens. Bon à savoir. Pour les coeurs amoureux ou à marrier, on invoque aussi dans l'Église sainte Xénia de Saint-Petersbourg, sainte Catherine d'Alexandrie, sainte Barbara, etc.

Merci au hiéromoine Ambrose (ad multos annos, father!), de l'Archangel Michael community (EORHF, Wellington, Nouvelle Zélande) pour m'avoir permis de découvrir il y a 3 ans cette sainte Dwynwenn, si attachante, sainte qui fait partie de notre petit groupe de "célestes bien aimés" depuis lors.

Fête Orthodoxe des amoureux :
http://www.amdg.be/sankt/jan25.html

Apparemment, en Bretagne aussi, on parle encore de cette sainte Dwynwen, sainte patronne des amoureux "qui s'aiment et se moquent des regards obliques des marchands païens et malhonnêtes" :-)
"Hag anavezout a rit Santez Douenwenn maeronez an amourouzien?"
http://site.voila.fr/kalon.plouha/Bmojenn.htm
(tout en bas de page, mais je préviens que ne parlant pas le breton, je ne suis pas sûr de ce qu'on en dit.

ile de Llandwynn, fondation de sainte Dwynwen, patronne Orthodoxe des amoureuxCôte du Pays de Galles, près d'Anglesey : Ile de Llandwyn ("Ile de Dwynwen")

Sainte Dwynwen de Llanddwyn
http://www.orthodox.clara.net/saint-cd.htm

Au départ, "Llan" désignait une clairière, ou une parcelle de terrain consacré, probablement avec une cellule monastique. Par la suite, "Llan" signifia "église", et la partie qui suit dans le nom est habituellement celle du saint à qui l'église a été dédicacée :

Llanfichangel - d'après Mihangel - Michel l'Archange
Llanbedr - d'après Pedr - Pierre

De tels noms de lieux sont devenus fort nombreux, et par la suite, ils ont été rajoutés à certaines circonscriptions territoriales, comme par exemple Llangefni, qui signifie l'église sur la rivière Cefni.

L'île de Llanddwyn, dans le nord du Pays de Galles, est en principe une péninsule coupée occasionnellement de l'île d'Anglesey lors de la marée haute en certaines périodes de l'année. On y accède à pied par les dunes de Newborough Warren ou en suivant la plage de "Llanddwyn beach" qui fait un kilomètre de long. Par temps clair, la chaîne montagneuse de Snowdonia sur la terre ferme est clairement visible à travers le détroit. L'île forme une partie de la réserve National Nature. Les fleurs sauvages, les oiseaux de mer et les phoques y vivent alentour. On trouve de rares et antiques races de moutons, les Soay et les Jacob, qui paissent dans un enclos.

Le vieux phare date de 1926, et une station de sauvetage maritime y existait aussi, mais à présent sont tous 2 abandonnés. Les maisons des pilotes s'y trouvent encore, et une a été reconstituée pour montrer comment on y vivait en 1900. Un autre "cottage" comporte une exposition sur la vie sauvage que l'on trouve sur l'île, et cette exposition comporte aussi une partie sur "Dwyn la Pure."

Sainte Dwynwen était une des jolies 24 filles de Brychan, un prince du 5ème siècle, et sa chapelle devint un lieu de pèlerinage populaire après sa mort, en 465. On peut encore voir les ruines d'une église de l'époque Tudor qui a été construite sur l'emplacement du prieuré original. La croix celtique sur l'île, d'époque moderne, commémore tous ceux qui sont enterrés dans les environs. La croix latine est dédicacée à sainte Dwynwen, qui y a fondé un couvent.

Dwynwen est la sainte patronne galloise des amoureux. Les amoureux à la tête dans les étoiles venaient chercher à découvrir leur avenir en regardant le mouvement d'une anguille dans la source d'eau courante de l'île. Diwrnod Santes Dwynwen – Jour de la Sainte Dwynwen, le 25 janvier, est bien ancré dans la tradition et le folklore gallois. Chaque année, des festivités marquent ce jour au Pays de Galles.

C'est un lieu de pèlerinage pour moi, depuis près de 50 ans; un lieu très spécial de paix et de prière. Il n'est pas accessible en voiture (à moins que vous ne soyez le propriétaire d'une 4x4) et dès lors, il continue de rester complètement préservé. Vous n'y trouverez ni toilette ni café. On peut se balader sur les chemins de falaise, visiter la source de sainte Dwynwen au nord de l'île, ou se reposer sur une des nombreuses plages de sable au milieu de promontoires rocheux, observant les phoques, et écoutant aux chants de la nature. Je rend grâce à Dieu pour de tels endroits que l'on peut trouver loin de la vie bruyante et trépidante de cette époque automatisée.

Prêtre Gregory, patriarcat Grec-Orthodoxe d'Antioche, doyenné de Grande-Bretagne

ile de Llandwynn, fondation de sainte Dwynwen, patronne Orthodoxe des amoureuxIle de Llandwyn

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