"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

18 janvier 2007

Calendrier liturgique 2007 et présentation de la paroisse orthodoxe de Chatelineau

Au format PDF, le calendrier liturgique en grec et en français. Cliquez sur l'image pour que le fichier s'ouvre dans une nouvelle fenêtre. Si vous ne disposez pas encore d'un logiciel pour lire les PDF, vous avez l'excellent Foxit Reader, qui est gratuit, possède un module de francisation, et supporte les dernières modifications du standard du PDF. Il lit parfaitement les fichiers PDF réalisés avec OpenOffice ou Star Office, comme ceux ci-dessous.



en français :
calendrier liturgique hagia barbara chatelineau 2007 FR

en grec :

calendrier liturgique hagia barbara chatelineau 2007 en grec
Calendriers généraux, voir :
Calendriers liturgiques orthodoxes 2007


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Paroisse Hagia Barbara, visite du FOREL & GRAIR, Charleroi
Dimanche 13 novembre 2005, fête de saint Jean Chrysostome et de saint Killian Apôtre dans les Flandres.

1. L'ORTHODOXIE

Vous trouverez le récit de la fondation de l'Eglise Orthodoxe dans la Bible, aux deux premiers chapitres du Livre des Actes d'Apôtres (PraxeiV Apostolwn) : c'est la Pentecôte, à Jérusalem, dans une petite chambre haute, caché. Un groupe d'Apôtres et de disciples, de femmes et d'hommes, avec parmi eux la Vierge Marie, reçoivent l'Esprit Saint de Dieu, Qui répand la Puissance divine en eux, corps et âme. Aussitôt, ils sortent prêcher. Et déjà, on les prend pour des fous ou des alcooliques, parce qu'ils prêchent l'amour de Dieu et de tout être vivant, le pardon et la miséricorde au lieu de la vengeance, le partage au lieu de l'enrichissement personnel. Ils le prêchent et le mettent en pratique. L'Eglise est née là, à ce moment-là, et fidèle à Dieu, l'Eglise glorifie Dieu de manière juste, droite. Ce qui est la traduction du mot « orthodoxe », juste glorification, Foi droite. Dans le mot « orthodoxe », il n'y a pas de connotation de culture, de pays, de langue. L'Eglise est née dans un milieu multi-culturel et multi-linguistique, car Dieu aime tous les peuples.

La pleine compréhension de la Foi en Jésus ira progressivement, grâce à Son enseignement qu'Il nous a laissé par Ses Apôtres et disciples. Les premières années se vivront principalement au sein de la communauté culturelle d'origine, en Israël. Bien que certains des Apôtres avaient « pris des notes » durant les enseignements du divin Maître, la prédication sera orale. Lorsque l'Eglise grandira au-delà de ses frontières géographiques d'origine, la prédication va progressivement se trouver écrite. Les saints Evangiles et autres Livres du Nouveau Testament, parlant de l'Alliance Renouvelée prophétisée par le prophète Jérémie, vont commencer à être écrits, puis traduits des langues hébraïques originelles vers d'autres langues, comme le grec, latin, syriaque, copte, et bien d'autres encore. Dès la première génération, il y aura des évangélisateurs dans tout le bassin méditerranéen, mais aussi dans les Gaules et l'Angleterre : l'archéologie nous le prouve.
Pendant cette première période, la préoccupation principale les Chrétiens sera avant tout la célébration de la Foi, ainsi que le témoignage de cette Foi dans un environnement hostile. Les premiers exposés de la Foi Chrétienne ont été écrits dès le premier siècle – pensons à la célèbre « Didachè des Apôtres » - mais c'est surtout à partir du deuxième siècle qu'il y aura une explication concrète qui va se développer, en se basant toujours sur les enseignements apostoliques. On connaît ainsi les noms d'Irénée de Lyon, de Justin de Palestine et Rome, de Clément d’Alexandrie, d’Origène, de Tertullien, et de beaucoup d'autres, saints ou non, docteurs et enseignants en tout cas. Ils étaient principalement préoccupés par la nécessité d’expliquer la Foi par rapport au paganisme et aux philosophies hellénistes à l’extérieur de l’Église, et de la préciser par rapport aux enseignements erronés qui la divisaient de l’intérieur.
Avec le temps, l'Eglise grandira, longtemps dans les persécutions, puis à partir de Constantin le Grand, dans une paix relative. Les grands débats théologiques existaient déjà depuis le début, le Nouveau Testament nous en donne beaucoup à voir. Mais à partir de la relative paix civile, les débats vont être parfois détournés pour des buts politiques. Les premières grandes divisions auront surtout des raisons politiques. On le sait aujourd'hui, grâce aux débats inter-Eglises. Pendant le premier millénaire de l’ère Chrétienne, l’Église entière était essentiellement "orthodoxe". Il y avait certainement des différences importantes entre les Églises d’Orient et d’Occident, mais elles ont été en communion pendant de longs siècles. La conception orthodoxe de la structure de l’Église, fondée sur les évêques en tant que responsable des Eglises locales devant Dieu, était, et reste une collégialité des évêques des Églises principales. C'était à l'époque Alexandrie, Antioche, Rome, Constantinople, et Jérusalem. En pratique, les Églises étaient autonomes les unes par rapport aux autres

L'Orient va être très divisé par les discussions théologiques, et beaucoup d'Orthodoxes viendront déjà à l'époque se réfugier en Occident. Les saintes icônes que vous voyez dans cette église n'auraient pas pu continuer à exister si en Occident on n'avait pas accueillit les iconographes fuyant deux siècles de violentes persécutions des empereurs d'Orient, qui soutenaient de mauvais évêques, massacrant et pillant. Malgré cet amour fraternel évident entre Orient et Occident, les invasions barbares vont nous séparer physiquement. Un manque d'amour mutuel va naître et petit à petit nous séparer tous, manque d'amour dénoncé encore en 2003 par un moine du monastère de Colciu sur le Mont Athos, le père Dionyius, comme étant la véritable source des grandes divisions. Les grands Schismes vont officialiser cette ignorance mutuelle. Lorsque l'Eglise de Rome se séparera en 1054 des autres Eglises suivant la Foi orthodoxe, elle entraînera au fur et à mesure d'autres Eglises d'Occident. Au douzième siècle, l'Eglise d'Irlande et celle de Belgique seront les dernières à être obligées à suivre : les jeux d'alliances politiques avaient permis de détourner les Eglises de leur rôle, car bien souvent des amis du pouvoir étaient nommés comme responsables d'églises et de monastères. Le drame était prêt. Pourtant, la première Croisade sera vraiment un mouvement populaire pour libérer des populations Chrétiennes orientales vraiment persécutées. Les Belges y tiendront un rôle majeur. Et des Orientaux, même des moines, témoigneront du respect qu'ils recevront de leurs libérateurs. Mais par la suite, comment appeler une Croisade qui envahit Constantinople en 1204, massacre les gens, forçant les moniales, les jeunes filles, etc, à la prostitution, volant tout, et installant un évêque imposteur à la place du patriarche légitime? Là sera le véritable et dramatique tournant dans les divisions.

Dieu merci, comme disait le métropolite saint Platon de Moscou, les murs de nos Eglises ne montent pas jusqu'au Ciel. Et après les grands conflits très politisés, petit à petit, l'aspiration à se retrouver en paix est née. De nos jours, des mouvements timides de réconciliation des hiérarchies ont lieu. Comme lorsque le pape de Rome Paul 6, en 1965, a baisé les pieds du patriarche de Constantinople, pour demander pardon pour son Eglise. Paul 6 qui a déclaré en 1976 que tout ce que son Eglise avait affirmé comme dogmes après sa séparation d'avec les autres Eglises orthodoxes, cela ne pouvait engager que son Eglise à lui, c'était des décisions locales. Ou quand le patriarche de Roumanie Théoctiste a accueilli le défunt pape de Rome, Jean-Paul 2, le 8 mai 1999, et qu'ils ont béni ensemble la foule, composée surtout d'Orthodoxes, mais aussi de protestants, de catholiques-romains et même d'autres religions ou d'incroyants. Ou quand le pape d'Alexandrie Shenouda 3 a accueillit le pape de Rome Jean-Paul 2, le 24 février 2000. Il n'y a toujours pas de pleine communion de la Foi, puisque tout n'est pas résolu. Mais il y a déjà volonté de vivre ensemble. La communauté orthodoxe de Charleroi partage cette attente, cette volonté et à présent je vais vous en parler.
2. LES ORTHODOXES A CHARLEROI ET AILLEURS EN BELGIQUE

Sept siècles après que la Belgique aie été retirée de l'Orthodoxie, on a recommencé à voir un lieu de culte orthodoxe en Belgique. En 1862, une chapelle orthodoxe a été établie près de l'ambassade de Russie, à Bruxelles. Dédiée à Saint Nicolas de Myre, que vous voyez derrière moi sur la grande icône, et qui est aussi mon saint patron, cette chapelle orthodoxe bruxelloise sera déplacée en 1875 vers l'actuel siège de l'archevêque russe orthodoxe, à Ixelles. En 1900, à Anvers, les marins et commerçants Grecs vont recréer une deuxième église orthodoxe en Belgique. Elle sera dédicacée sous le signe de la fête évangélique du 25 mars, commune aux calendriers liturgiques romains et orthodoxes, "l'Annonciation de la Mère de Dieu". Une autre église sera ouverte par les Grecs à Bruxelles en 1926 : installée par "l'association des dames hellènes" dans une maison de la rue de Stassart, à deux pas de l’église russe de la rue des Chevaliers, et dédiée aux saints archanges Michel et Gabriel.
Les Russes implanteront la première paroisse orthodoxe à Charleroi en 1923. Puis dans les années 1950 arrivera une grande quantité de Grecs qui vont s'installer aux alentours des bassins miniers de Mons, La Louvière, Charleroi, Liège et du Limbourg. Certains prêtres Grecs de Bruxelles sont intervenus, avec le soutien de la Fédération Charbonnière, et ont fondé des paroisses en ces lieux.
C'était très difficile, une situation qu'ont aussi vécu les Italiens et autres communautés étrangères à cette période. Les fidèles Grecs ont acheté ce bâtiment en 1957, et ils en sont donc propriétaires. Au début, c'était un garage qui appartenait à la mine. Il fut aménagé petit à petit pour devenir ce que vous voyez, une église chaleureuse et accueillante. Depuis 1969, comme les autres paroisses grecques du Benelux, elle dépend du siège d'un métropolite Grec à Bruxelles. Notre évêque actuel est mgr Panteleimon, ancien prêtre de la paroisse de Mons, bien connu des gens d'ici, y compris non-Grecs ou non-Orthodoxes.
En 1962, les mineurs ont fondé la Communauté hellénique de Charleroi, dans le but de s'occuper des problèmes socio-économiques et culturels que les Grecs rencontraient; elle aidait les Grecs de Charleroi récemment immigrés dans la traduction de documents administratifs ou autres. Aujourd'hui, la Communauté s'occupe d'actions sociales et culturelles, recherche d'emploi, aide à la recherche d'un logement décent, etc.

Notre paroisse est dédiée à sainte Barbe, que l'on appelle Barbara en grec. C'est la sainte patronne des mineurs et de divers autres métiers du feu. Vous en trouverez plusieurs icônes ici, dont celle à ma gauche où pendent des témoignages de miracles obtenus par son intercession. Bien connue dans les églises catholiques-romaines des environs, où elle a souvent sa statue, comme dans toutes les mines. Bien qu'il s'agisse d'une martyre orientale, elle est vénérée depuis tant de siècles en Belgique qu'on peut la considérer comme une amie locale, un point commun entre nous tous. En septembre 2005, un groupe d'Orthodoxes d'une autre paroisse des environs est allé en pèlerinage au Bois-du-Cazier. Un des prêtres célébrants y a perdu son cousin en 1956. Notre communauté aussi y a perdu plusieurs de ses membres. Nous avons donc nous aussi versé de notre sueur et de notre sang pour la prospérité de la Belgique, pays où le Christ nous a donné de venir, et pour ce beau Pays Noir de Charleroi où on est heureux de vivre avec vous tous dans la paix. Si vous souhaitez découvrir la riche vie liturgique de notre paroisse, vous êtes bienvenus.

Ceux qui voudraient en savoir plus sur l'Orthodoxie orientale, je recommande 2 livres :
Prêtre Jean Meyendorff, « L’Église orthodoxe hier et aujourd’hui », aux éditions du Seuil. et
Mgr Timothy Kallistos Ware, « L'Orthodoxie : L'Église des sept Conciles » aux éditions Desclée de Brouwer.

Je vous remercie pour votre attention et vous souhaite un bon dimanche et une belle visite des différents lieux de culte de Charleroi.

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