"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

18 janvier 2007

Saint Athanase le Grand, champion de la Christologie et de la Foi Orthodoxe


saint Athanase le Grand
Fresque restaurée de la chapelle du monastère de Mar Musa,
désert de Syrie


SAINT ATHANASE LE GRAND, ARCHEVÊQUE D'ALEXANDRIE

Athanase est né en 296 à Alexandrie, et dès son plus jeune âge, il a fait preuve d'attrait pour la vie spirituelle. Il devint diacre du pape Alexandre [archevêque d'Alexandrie] et l'accompagna au premier Concile Oecuménique, à Nicée en 325. C'est à ce Concile qu'Athanase acquis sa renommée pour son érudition, sa dévotion et son zèle pour l'Orthodoxie. Il contribua grandement à anéantir l'hérésie d'Arius et à renforcer l'Orthodoxie. Il rédigea le Symbole de Foi (Credo) qui fut adopté au Concile. Suite à la mort d'Alexandre, il fut élu archevêque [pape] d'Alexandrie. Il restera 40 ans à assumer ce siège patriarcal, bien qu'il ne sera pas tout le temps présent dans son archevêché. A quelques exceptions près, il sera toute sa vie durant persécuté par les hérétiques. Parmi les empereurs, principalement par Constance, Julien et Valens. Parmi les évêques, par Eusèbe de Nicomédie et bien d'autres. Et par l'hérétique Arius et ses disciples. Athanase fut forcé de se cacher de ses persécuteurs, même dans une citerne, une tombe, dans des maisons privées, et dans les déserts. A 2 reprises, il dût s'enfuir à Rome. Ce n'est qu'avant sa mort qu'il put vivre en paix quelque temps durant, en bon berger au milieu de son bon troupeau, qui l'aimait vraiment. Il est peu de saints qui ont été persécutés avec tant d'acharnement, si criminellement, que saint Athanase. Sa grande âme a patiemment tout supporté pour l'amour du Christ, et, à la fin, c'est lui qui est sorti victorieux de cette lutte longue, terrible et totale. Afin d'obtenir conseil, réconfort et soutien moral, Athanase rendit souvent visite à saint Antoine, qu'il respectait comme son père spirituel. Homme qui avait formulé la plus grande des vérités, Athanase eut à souffrir pour cette vérité jusqu'en 373, quand le Seigneur donna à Son fidèle serviteur d'alors se reposer dans Son Royaume
Tiré du Prologue d'Ochrid, de saint Nicolas Velimirovitch

Mais ce qui est souvent passé sous silence en Orient, d'où on ne cessait de le chasser et on comprend un peu pourquoi!!, c'est l'importance de cette présence de saint Athanase en Occident. On la comprend en relisant le Symbole dit de saint Athanase et l'histoire cahotique de sa composition et de sa transmission.. puis de son utilisation en Occident, longtemps, fort longtemps avant le Schisme.
http://www.amdg.be/credo3.html
Lettres festales

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Saint Athanase, évêque, confesseur et docteur
Collecte
Dieu Tout-puissant, nous Te supplions : daigne nous accorder la grâce de pouvoir croire en nos coeurs, et confesser de nos lèvres, la véritable Foi en Ton Verbe Consubstantiel, de la même manière que le fit Ton bienheureux évêque Athanase, avec une si merveilleuse constance, et au milieu d'innombrables travaux et persécutions.
Par ce même Jésus Christ Ton Fils et notre Seigneur, qui vit et règne avec Toi et le Saint Esprit, Dieu Un, pour les siècles des siècles. Amen.

Vie
Saint Athanase (dont le nom signifie immortel) était cet homme que Dieu le Saint Esprit utilisa principalement, juste après les Apôtres eux-mêmes, pour transmettre et assurer aux futures générations la vérité que Jésus-Christ avait révélée concernant Sa propre Personne divine. Du fait de l'immense opposition qu'il eut à y endurer naquit le dicton suivant : "Athanasius contra mundum" – Athanase seul contre le monde, par lequel il gagnera pour lui-même le titre de "champion de la Foi"; et de là, il est à juste titre considéré comme le premier des 4 Docteurs Orientaux. Il naquit à Alexandrie vers 297 de parents Chrétiens. Au sujet de son enfance, Rufin dit que le patriarche Alexandre d'Alexandrie le remarqua un jour occupé, avec d'autres gamins, à jouer à imiter les cérémonies de l'église avec une telle dignité et dévotion qu'il les prit tous pour être formés à la prêtrise. Des écrits d'Athanase, il ressort qu'il était tant versé dans les études séculières que sacrées de son époque; et qu'il était proche des ermites de la Thébaïde, et en particulier de saint Antoine le Grand, de qui il dit : j'étais son disciple. Six ans durant, il servit à l'église comme Lecteur, et vers 21 ans, il fut ordonné diacre, et devint le secrétaire de saint Alexandre, qu'il accompagna au Concile de Nicée en 325. Vers cette époque, il composa son Traité contre les Païens ("Grecs"), dans lequel il exposait soigneusement la doctrine véritable et catholique de l'Incarnation et de la Trinité. Celui-ci, et ses nombreux écrits postérieurs, avaient un but de controverse, mais ils manifestaient aussi à quel point sa compréhension spirituelle était profonde et pleine d'amour, quoiqu'il avait un esprit vif et une langue qui pouvait être aussi tranchante qu'une épée. Peu après le Concile de Nicée, Alexandre mourut et Athanase devint patriarche à sa place, et aussitôt il entreprit de visiter son vaste diocèse, qui comprenait la Thébaïde, où il fut accueilli par les saints ascètes comme un des leurs, eux qui par la suite le soutiendront dans sa défense de l'Orthodoxie. A cette époque, Athanase nomma un évêque en Éthiopie, lointain pays qui était aussi sous sa juridiction.

Malgré le Concile Oecuménique de Nicée, nombre de ceux qui étaient sages dans leur propre vanité refusèrent de recevoir les décrets Nicéens et, sous la guidance de l'archihérétique Arius, continuèrent de nier que le Christ était divin excepté dans un sens figuré, par lequel ils acceptaient spécieusement le Christianisme dans la lettre, mais le rejetait dans ce qui était son esprit. Contre ces hommes, dont nombreux étaient soit érudits soit hauts placés dans l'Église, Athanase mena bataille tout au long de sa vie. Durant plus de 40 ans que dura son épiscopat, il fut exilé à 5 reprises et persécuté de ville en ville, passant au total 17 ans dans les épreuves ou souffrances, loin de son siège épiscopal. Car c'était son rôle, en tant que prince de l'Église, de s'opposer aux princes de ce monde, y compris aux empereurs eux-mêmes, qui firent usage de tous les moyens de leur richesse et pouvoir pour réduire au silence cette voix qui résonnait dans le monde entier. Nombre d'assemblées furent convoquées pour entendre son cas, certaines le condamnant injustement et publiquement. A Arles, en 353, l'empereur Constance parvint à persuader certains évêques timorés de le condamner à nouveau; et peu après, un certain nombre d'évêques amis furent à leur tour exilés, y compris le pape de Rome, Libertius, qui fut si brisé par la persécution qu'il finit par acquiescer temporairement à la censure précitée.

Divers récits nous rapportent la haine dont les Ariens l'honoraient, tel que le suivant. En 335, une assemblée avait été convoquée à Tyr, largement composée d'évêques Ariens, qui achetèrent une femme de mauvaise vie afin qu'elle prétende qu'Athanase l'avait violée. Sur ce, un prêtre se présenta, prétendant être Athanase, et il lui demanda : femme, est-ce que c'est moi qui a été ton hôte, et qui t'a maltraitée? Et elle hurla, indignée et avec force serments : Oui, c'était toi! Après que son parjure aie été dévoilé, ils furent obligés de chasser la honteuse femme, mais ne diminuèrent en rien leurs efforts pour salir le nom d'Athanase. Car ils l'accusèrent aussi d'avoir assassiné l'évêque Arsenius; et ayant dit cela, ils présentèrent comme preuve la main d'un mort, déclarant que c'était la sienne et qu'Athanase l'avait tranchée pour l'utiliser en sorcellerie. Mais Arsenius, qu'ils avaient enlevé, parvint à s'échapper et paru devant ce Concile entier et en bonne santé; aussitôt ils attribuèrent son apparition à de la magie noire de la part d'Athanase, et persistèrent dans leurs attaques à son égard. La vindicte des Ariens ne le laissa jamais tranquille, de sorte qu'il fut envoyé errer un peu partout dans le monde romain. Au cours de son 3ème exil, il fut obligé de se cacher 5 ans durant dans une citerne d'eau à sec, caché des hommes, sauf un de ses amis qui lui amenait à manger. Au cours de son 4ème exil, une bande de soldats fut envoyée pour le tuer. Alors qu'il était occupé à fuir par le Nil, leur bateau se rapprochait vite du sien, alors il fit demi-tour, descendit le flot pour aller à leur rencontre. Lorsque les bateaux se croisèrent, un des meurtriers l'appela pour demander où était Athanase, et le serviteur de Dieu lui-même leur cria en réponse : Vous êtes proches de lui, ramez plus fort; ce sur quoi ils redoublèrent leurs efforts pour remonter le courant, pendant qu'Athanase descendit paisiblement jusqu'à Alexandrie, où il trouva refuge. Au cours de son 5ème exil, il eut à se cacher 4 mois durant dans le tombeau de son propre père. Dieu le délivra d'aussi grands dangers, et il finit par mourir dans son propre lit à Alexandrie, le 2 mai 373, durant le règne de Valence. Il écrivit beaucoup de pieux et lumineux écrits expliquant la Foi Orthodoxe, et gouverna l'Église d'Alexandrie avec une grande sainteté au milieu de toutes les tempêtes, durant plus de 40 ans.

Texte extrait du calendrier du site internet "westernorthodox", maintenu par la paroisse Saint-Mark, Denver, USA

http://www.westernorthodox.com/kalendar/0502.htm

Doyenné de Rite Orthodoxe Occidental


Une homélie de l'évêque saint Athanase
http://www.orthodox.net/articles/saints-persecution-homily-st-athanasius-great.html

"Apologia de fuga sua"
(vers le milieu du texte)

texte grec, Patrologia Graeca, Migne

Dans la Loi, il est écrit : vous vous choisirez des villes de refuge. Dans de telles villes, ceux qui étaient poursuivis par un bourreau pouvaient entrer et trouver refuge (Exode). Bien du temps plus tard, lorsque le même Verbe du Père, qui avait auparavant parlé à Moïse, était venu demeurer au milieu de nous, Il donna à nouveau le même commandement en ces mots : Si l'on vous persécute dans une ville, fuyez dans une autre (Mt 10,23). Et une autre fois, Il ajouta : Quand vous verrez établie dans le lieu saint l'abomination dévastatrice dont a parlé le prophète Daniel - lecteurs, comprenez bien, - que les habitants de la Judée fuient dans les montagnes, que celui qui est sur la terrasse ne descende pas pour emporter ce qui est dans sa maison, que celui qui est au champ ne revienne pas prendre son manteau.

Les saints, connaissant ces paroles du Seigneur, y ont obéit durant leurs vies. Car ce que le Seigneur avait commandé de Sa propre bouche était la même chose que ce qu'Il avait dit à travers Ses saints avant Sa Venue dans la chair; et obéir à ce commandement réalisait la perfection en l'homme, car il convient à l'homme d'accomplir tout ce que Dieu commande. Dès lors, ce même Verbe de Dieu Lui-même, après qu'Il fut fait homme pour notre Salut, trouva approprié lorsqu'ils Le recherchèrent, de même que dans les temps présents ils nous recherchent, de Se cacher; de fuir et de S'échapper des pièges préparés pour Lui; cependant lorsque vint le temps qu'Il avait Lui-même décrété, et au cours duquel Il avait voulu souffrir dans la chair pour nous tous, Il se rendit volontairement à Ses ennemis.

Dès lors, les saints hommes de Dieu, ayant apprit par cet exemple de leur Sauveur (car le même est et avait été le Maître de tous, qu'ils soient des anciens temps ou ceux de ces derniers jours), ont su à quel point il était légitime de confondre leurs persécuteurs en prenant la fuite, et en se cachant eux-mêmes lorsque recherchés. Car puisqu'ils ne savent ni le jour ni l'heure que le Dieu Omniscient a ordonné pour leur fin, dès lors ils n'osent pas effrontément se livrer à la puissance de ceux qui les haïssent. Mais au contraire, sachant qu'il est écrit : "Ma destinée est entre tes mains" (Ps. 30,16) et encore : "Le Seigneur donne et la mort et la vie" (1 Samuel 2,6), ils ont enduré jusqu'à la fin, comme le disait l'Évangéliste. Et comme disait l'Apôtre, "ils ont erré de-ci de-là, couverts de peaux de brebis ou de chèvres, dénués de tout, persécutés, maltraités, des hommes dont le monde n'était pas digne! Ils se sont réfugiés dans les solitudes des montagnes, dans les cavernes et les antres souterrains" (Héb. 11,37-38), jusqu'à ce qu'advint leur temps fixé, ou jusqu'à ce que Dieu, Qui fixe le temps de tout, leur parla plus clairement, et enchaîna les persécuteurs, ou permit qu'ils soient livrés à ces mêmes persécuteurs, selon Sa bonne prescience.
In lege præcéptum erat ut constitueréntur civitátes refugiórum, ut, qui quomodocúmque ad necem quæreréntur, servári possent. In consummatióne porro sæculórum cum advenísset illud ipsum Verbum Patris, quod Móysi antea locútum fuerat, rursus hoc præcéptum dedit, Cum vos, inquiens, persecúti fúerint in civitáte ista, fugite in aliam. Pauloque post súbjicit : Cum vidéritis illam abominatiónem desolatiónis, quæ dicta est per Danielem prophétam, consistentem in loco sancto (qui legit, intélligat), tunc qui in Judæa sunt, fúgiant ad montes ; et qui in tecto est, ne descéndat tollere áliquid de domo sua ; et qui in agro est, non revertátur tollere túnicam suam.

Hæc cum scirent Sancti, ejusmodi tenuérunt suæ conversatiónis institutum. Quæ enim nunc præcepit Dóminus, eádem quoque ante suum in carne advéntum locútus est in Sanctis ; et hoc institutum hómines ad perfectiónem ducit. Nam quod Deus jusserit, id omnino faciéndum est. Ideoque et ipsum Verbum propter nos homo factum, non indignum putávit, cum quærerétur, quemádmodum et nos, abscóndere se ; et cum persecutiónem paterétur, fugere, et insidias declináre : cum autem a se definitum tempus ipse adduxísset, in quo corporáliter pro ómnibus pati volebat, ultro seípsum trádidit insidiántibus.

At vero sancti hómines cum hanc quoque formam a Salvatore dídicíssent, (ab ipso enim et antea et semper omnes docebántur) advérsus persecutores ut legitime certarent, fugiébant, et ab illis quæsíti se abscondébant. Cum enim præstitúti sibi a divina providéntia témporis finem ignorarent, nolébant insidiántibus se témere trádere : sed contra, cum scirent quod scriptum est, in mánibus Dei esse hóminum sortes, et Dóminum mortificáre et vivificáre ; potius in finem usque perseverábant, circumeuntes, ut ait Apóstolus, in melótis et pellibus caprínis, egéntes, angustiáti, in solitudínibus errántes, et in speluncis et cavernis terræ laténtes, quoad vel definitum mortis tempus veníret, vel qui tempus ipsum definíerat, Deus cum eis loquerétur, et insidiántes cohibéret, aut certe persecutóribus eos traderet, utcúmque illi plácuísset.

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Pages en anglais sur saint Athanase, dans une encyclopédie du 19ème siècle :
Dictionary of Greek and Roman antiquities. Ed. by William Smith. Illustrated by numerous engravings on wood.
Sir William Smith, 1813-1893.
C. Little, and J. Brown
Boston & London, 1870
http://www.ancientlibrary.com/smith-bio/0402.html
http://www.ancientlibrary.com/smith-bio/0403.html
http://www.ancientlibrary.com/smith-bio/0404.html
http://www.ancientlibrary.com/smith-bio/0405.html
http://www.ancientlibrary.com/smith-bio/0406.html

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En Occident, contrairement à son grand ami saint Antoine, saint Athanase ne sera apparemment pas repris dans le cadre liturgique de l'Orthodoxie Occidentale, et encore moins théologique. Son absence pourrait expliquer les problèmes christologiques ultérieurs, toujours actuels. Ce n'est que très tardivement, un demi-millénaire après l'officialisation du Schisme, que les Occidentaux l'adopteront, et uniquement au niveau liturgique. Ils prendront comme date le "dies natalis", c'est bien, c'est classique. D'un autre côté, si la sainte Église du Christ a choisit une autre date, c'est qu'elle a ses raisons (que je ne comprend pas toujours). D'où comme Orthodoxe d'Occident, c'est cette date-là que je prends. Voici le texte du martyrologe romain post-schisme, texte du jour qui n'est pas le même que celui d'avant le Schisme, et qui précise cette date d'introduction. J'ai vérifié dans le Sacramentaire dit Grégorien, à savoir l'Hadrianum, pas de trace de saint Athanase dans la Liturgie romaine dans les années 800, cqfd. Peut-être pour les Gallicans, mais je n'ai pas les sources ici et j'en serais (heureusement) surpris.

"Natus Alexandriae anno 295, episcopo Alexandro in concilio Nicaeno astitit eique successit. Contra Arianos strenue dimicavit, propter quod multa perpressus est et pluries exsilio mulctatus. Egregia scripsit opera pro fidei orthodoxae illustratione et defensione. Mortuus est anno 373. Depositio S. Athanasii Alexandriae recolitur die 2 maii in ritibus copto
et byzantino. Eius festum ascriptum est in Calendario romano anno 1550."

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Avec saint Athanase est aussi fêté le champion du 3ème Concile Oecuménique, saint Cyril. Cependant, il n'a pas eu de relation directe avec l'Occident Orthodoxe, d'où cet article qui se limite à saint Athanase à dessein.
Mais pour bien voir la continuité théologique de l'Église Orthodoxe, il est évident qu'il est nécessaire de lire aussi bien Athanase que Cyril. Voici ce qu'on peut appeler leurs chefs d'oeuvres, le centre de leur Christologie, qui est celle de l'Église depuis toujours :

En Anglais :



Saint Athanasius "On the Incarnation"

"Ceci est une bonne traduction d'un très grand livre."
Saint Athanase se tint "contra mundum" pour la doctrine Trinitaire "pleine et non-souillée", quand il sembla que tout le monde civilisé glissait du Christianisme vers la religion d'Arius, dans une des ses religions "factices" qui sont si fortement recommandées de nos jours [*] et qui alors, comme maintenant, comprenaient parmi leurs fidèles nombre de clercs hautement cultivés. La gloire de saint Athanase est qu'il ne marcha pas avec son temps; sa récompense est que lui demeure, alors que cette époque-là, comme toutes les autres, est passée.
"Lorsque j'ai ouvert pour la première fois le 'De Incarnatione', j'ai vite découvert par un très simple test que j'étais occupé à lire un chef d'oeuvre, car seul 'cerveau' aurait pu écrire si profondément sur un tel sujet avec une telle simplicité classique."
C. S. Lewis, dans l'Introduction
ISBN 0-913836-40-0

[* cfr le projet de l'O.N.U de "religion mondiale syncrétiste et a-dogmatique", qui est derrière toutes les persécutions anti-Chrétiennes d'Occident; ndt]


et le second, que j'ai acheté à Maldon et qui me plaît beaucoup :


Saint Cyril of Alexandria, "On the Unity of Christ"

John McGuckin, translator.
Au tout début du 5ème siècle, le monde Chrétien était secoué par une des plus sévères disputes théologiques qu'il avait connues depuis la crise Arienne au siècle précédent. Le centre du débat tournait autour de la Nature de la personne du Christ, et comme les caractéristiques divine et humaine pouvaient se combiner en Jésus sans rendre Sa subjectivité inextricablement divisée, ou sans réduire son authentique humanité en une insubstantialité.
Ces disputes bien vite se polarisèrent en un conflit entre 2 grandes Églises, Alexandrie et Constantinople, et leurs puissants archevêques, respectivement saint Cyril (+ 444) et Nestorius (+ vers 452). On peut soutenir que Cyril est le plus important théologien patristique qui aie traité des problèmes de Christologie. Le texte qui est ici traduit est un de ses plus importants et abordables écrits, composé à la suite du Concile d'Éphèse (431) pour en expliquer la doctrine à une audience internationale. Il y argumente à propos de la simple présence divine mais adoptée et soutenue par elle. De ce fait, pour saint Cyril, la Christologie devient un paradigme pour la vie transfigurée et rachetée du Chrétien.
Ce livre est une lecture essentielle pour tous ceux qui sont intéressés par la théologie et la spiritualité des Pères, par l'usage antique de l'Écriture, et par la manière par laquelle l'Église autrefois exprima créativement sa pensée par le biais de la philosophie et des sciences naturelles.
John Anthony McGuckin, théologien Orthodoxe, est chargé de cours en théologie patristique et byzantine à l'université de Leeds, Grande-Bretagne, et membre de la "Royal Historical Society", Londres. Parmi ses livres précédents, on trouve : St Symeon the New Theologian: Chapters and Discourses; The Transfiguration of Christ in Scripture and Tradition; Selected Poems of St Gregory Nazianzen; St Cyril of Alexandria and the Christological Controversy; and Byzantium and Other Poems."
ISBN 0-88141-133-7


En français, dans la collection "Sources Chrétiennes" :



"Sur l'incarnation du Verbe", Par saint Athanase d'Alexandrie

Introduction, texte critique, traduction notes et index par Charles Kannengiesser – Réimpression de la première édition revue et corrigée
"Après avoir réfuté le polythéisme et l'idolâtrie, et démontré positivement l'existence du vrai Dieu, dans son discours "Contre les païens" (SC n° 18 bis), Athanase poursuit son apologie, en apportant la preuve que l'incarnation du Verbe constitue le seul remède capable de rétablir l'humanité déchue dans sa condition première. Les deux traités forment en réalité un ouvrage unique. On hésite sur la date de sa composition : est-il antérieur aux débuts de la crise arienne, comme on l'a longtemps cru, ou plutôt contemporain de l'exil à Trèves (335-337) ? La question de la double recension du discours "Sur l'Incarnation" est en revanche clairement tranchée ici : la recension courte est un remaniement post-athanasien, dont les enjeux théologiques sont évidents.
Le titre complet du discours, « Sur l'incarnation du Verbe et sur sa manifestation corporelle en notre faveur », souligne avec insistance les deux aspects fondamentaux du mystère : la manifestation du Verbe dans la chair. Les thèmes de la création, de la chute et de la restauration de l'homme servent de point de départ au traité ; le reste de l'ouvrage est un effort de la foi et de l'intelligence pour atteindre la réalité profonde des liens qui unissent le Verbe au corps qu'il a assumé. Sans abandonner totalement la polémique contre les païens et les juifs, Athanase présente ici aux chrétiens de son temps une catéchèse vigoureuse, centrée sur le mystère de l'Incarnation, fondement de la foi chrétienne.
Collaboration : Charles Kannengiesser"
ISBN : 2204066206



"Deux dialogues christologiques", Par saint Cyrille d'Alexandrie

Introduction, texte critique, traduction et notes par G.-M. de Durand, o.p., assistant-professeur à l'institut d'études médiévales de Montréal


Saint Athanase écrivant la Vie de saint Antoine
Liber vita sanctissimi Anthonii, 15ème siècle
Biblioteca Medicea Laurenziana, Florence

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