"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

29 janvier 2007

Saints Gildas, Valère, Sulpice Sévère: nos Pères ont beaucoup à nous apprendre, si nous daignons les écouter

La sagesse pour vivre ce jour de grâce nous aura été distillée par nos Pères dans la Foi Gildas dit "le Sage" (Gildas Sapiens ou Gildas Badonicus), Sulpice Sévère et Valère de Trèves, entre autres bien entendu.

Vous trouverez ici leurs Vies ou des liens, photos, et notamment plusieurs traductions de textes de saint Gildas dont l'intégrale de son Pénitentiel :
http://www.amdg.be/sankt/jan29.html

 abbaye de Saint-Gildas de RhuysComme beaucoup de choses des premiers siècles de la Chrétienté, les histoires sont parfois confuses, et souvent brouillées par les inutiles ajouts tardifs. Voire des réappropriations tout à fait déplacées qui ont été légion (comme pour le possédé de l'Évangile) après le Schisme, quand il fallut à tout prix s'inventer une apostolicité chez certains usurpateurs.De ce qu'on en sait, né à la fin du 5ème siècle, saint Gildas était fils de Caunus (Can, Caw), un roi des Brittons. Invité par sainte Brigitte de Kildare, il vint en Irlande et y fonda des monastères. Il rentra ensuite en Angleterre avec une belle cloche, spécialité de la Chrétienté celtique orthodoxe, objet liturgique qu'il partit offrir à l'évêque de Rome. Une cloche qui a une histoire merveilleuse, pleine de symbolique et spirituellement aussi riche que le restant chez saint Gildas. Suite à la catastrophe de la déchéance de l'Angleterre, dont il parlera dans son célèbre ouvrage "De Excidio Brittaniae" (La ruine de la Grande-Bretagne), comme nombre de grands saints qu'on y connaît, il émigrera du "réduit Gallois" ou de Cornouailles et s'installera en Bretagne, dans un coin perdu du Morbihan, là où nous trouvons à présent l'église de Saint-Gildas de Rhuys.

Il est considéré comme le plus ancien historien de Grande-Bretagne. Ses oeuvres ont été utilisées par saint Bède le Vénérable (25 & 26 mai). Son ouvrage principal déjà cité, De Excidio Britanniae, a été écrit vers 540. Il est fortement liturgique, mais ce n'est pas l'aspect le plus connu ni surtout celui qui a fait date. Le peu qui en a été retenu, ce sont les chapîtres où il fustige vertement les rois de son époque - les rois Brittons-, et le clergé. Mais aussi l'affaiblissement moral et spirituel du peuple tout entier; et il nous donne une leçon contre l'importation de peuples d'ailleurs pour travailler à sa place à soi, désastreuse habitude des peuples préférant les délassements ou les travaux moins durs. Et l'inévitable prise de contrôle par ces peuples importés, qui, travaillant dur et vivant dans des conditions déplorables, ont une cependant meilleure santé, vitalité et .. natalité.. Les Saxons, puisque c'est d'eux qu'il s'agit, s'implanteront bien et mèneront vers la ruine la Chrétienté locale, composée surtout de Chrétiens "nominaux"; leurs renforts venus de Germanie ne rencontreront pas beaucoup de résistance... Saint Gildas criera dans le désert. Par la suite, d'autres reprendront ses appels à la conversion, à la nécessaire restauration spirituelle et morale du pays pour expliquer la SEULE ET UNIQUE manière de sortir un pays du marasme, et d'éviter les invasions. Le bienheureux Alcuin ou saint Wulstan d'York feront appel aux leçons de saint Gildas le Sage pour donner conseils à leurs concitoyens. Quasiment en vain puisque dans les 2 cas, le pouvoir préférera essayer l'illusoire et temporaire force militaire pour parvenir à ses fins, et n'y parviendra bien entendu que pour peu de temps - p. ex. une génération après Charlemagne, c'en était finit de son grand et puissant empire, comme quoi..
Aujourd'hui encore : nil novi sub sole. Mais que nous faudra-t'il comme autre catastrophe majeure pour que nous ouvrions ENFIN nos oreilles, physiques et spirituelles???

Saint Gildas parlant du protomartyr Saint Alban
"Dieu nous prodigua sa miséricorde. Il voulut sauver tous les hommes et Il appela à Lui aussi bien les pécheurs que ceux qui se croyaient justes. A l'époque de la persécution (de Dioclétien)..., Il nous fit un don purement gratuit. Il fit briller pour nous les lumineuses lampes que sont les Saints martyrs, afin que la Grande-Bretagne ne soit pas entièrement plongée dans les épaisses ténèbres d'une nuit opaque. Aujourd'hui, les lieux de leur martyre et de leur sépulture activent l'immense flamme de l'amour de Dieu dans les esprits des pélerins qui viennent les voir. Je songe à saint Alban de Verulamium, à Aaron et à Julien de la Cité des Légions ainsi qu'à tous les autres, des deux sexes, qui, en divers endroits, ont fait preuve de la plus grande noblesse d'âme et sont restés fermes dans les rangs de l'armée du Christ.
Le premier cité, poussé par l'esprit de charité, cacha d'abord chez lui le confesseur qui était poursuivi par ses persécuteurs et sur le point d'être arrêté: il imitait en cela le Christ qui a offert Sa vie pour Son troupeau. Ils échangèrent leurs vêtements et profitant de la confusion créée par les habits de son frère, il s'offrit volontairement à la poursuite. Cela plut à Dieu, et, miraculeusement, il fut gratifié de pouvoirs merveilleux. Ainsi, par sa prière fervent, Alban ouvrit à travers le lit de la célèbre Tamise un passage inconnu; cela rappelait cette voie d'Israël, insoupçonnée jusque là, qui était restée asséchée tandis que l'Arche de l'alliance restait dressée, longtemps, sur le sable au milieu du Jourdain. Il avança, à pies secs, avec mille hommes, pendant que des masses d'eau, comme des montagnes abruptes, restaient suspendues de chaque côté; il changea de loup en agneau son premier bourreau qui avait été témoin de tels prodiges; il l'amena à désirer recevoir en même temps que lui, avec beaucoup de courage, la palme triomphale du martyre."
"De Excidio Britanniae" a été réédité en version latin-français aux Editions du Pontig, à Sautron (44), en 1996. Traduction française par Christiane Kerboul-Vilhon.
abbaye de Saint-Gildas de Rhuys du temps des Mauristes, apres le SchismePauvre saint Gildas au message spirituel et historique si riche, la postérité n'en aura décidément rien retenu ou en aura fait n'importe quoi. Après le Schisme, au bas Moyen-Age, à Glastonbury, on prétendra qu'il serait venu mourir chez eux, etc : au lieu de comprendre son enseignement on a voulu usurper un Xième "prestigieux" membre pour attirer des pauvres venant déverser leurs oboles contre "indulgences" et pseudo-prières. Mais à Glastonbury, on a tant prétendu, même de nos jours ça ne change pas; on y trouverait même un fumiste "patriarcat" aux origines des plus fantaisistes; ils auraient aussi eu une plante "miraculeuse" aux origines fabuleuses (détruite par les Protestants, qu'on approuvera, une fois n'est pas coutume). Et c'est tout juste si le Merlin de la mythologie médiévale tardive n'y a pas laissé son grimoire et ses flasques de substrat de mandragore. Et avec ça, côté paternité spirituelle dans le monde? Zéro, bien entendu.

Tropaire à saint Gildas

Ta sagesse, ô Gildas, a éclairé l’Armorique comme un flambeau dans les ténèbres. Comme Moïse, tu as fait traverser ton peuple sans péril, comme Jérémie tu as exalté les humbles et humilié les puissants par ta parole inspirée, comme le Précurseur, tu es devenu au désert une fontaine vivifiante pour tes disciples innombrables. Saint Gildas notre père, prie le Christ notre Dieu pour qu’Il ait pitié de nous et sauve nos âmes.

bras-reliquaire de saint Gildas le SageSaint Gildas et la prière
La première partie de la prière suivante sera "terra cognita" pour les amis de saint Patrick et autres saints de la Celtie Orthodoxe. On y retrouve toute la piété Chrétienne, mais aussi la théologie de la communion des saints. C'est surprenant, quand on médite ces prières de lire ensuite des textes Protestants prétendre que les Chrétientés Celtiques, qui étaient rigoureusement et authentiquement Orthodoxes, aient pu avoir la moindre "antériorité" par rapport au protestantisme. Là aussi, c'est une usurpation de racines bien flagrante. La communion des saints est invoquée, c'est clair et net. Revenons à l'important, la prière.
La seconde partie, très "physique", est plus développée que dans bien d'autres "lorica" que j'ai pu découvrir. C'est étonnant mais cela nous amène aussi à comprendre que pour nos pères dans la Foi, rien, strictement rien de l'être humain n'est étranger à Dieu et au Salut. Comme dira à quelques milliers de kilomètres de là notre ami saint Basile le Grand, tout ce qui n'a pas été assumé ne peut être sauvé, et comme justement le Christ a tout assumé, tout peut être sauvé, pourvu que tout soit voué au Christ.
On ne sera surpris du "catalogue clinique" que si on ignore que pour la Chrétienté Celtique, et pour son élite, les moines Celtiques, se donner au Christ et prendre sa croix, cela voulait dire totalement se donner au Christ. Pas de vacances, pas de demi mesure, pas de "droits", pas de "mutuelle", pas de "pouvoir temporel", pas de "récompense temporelle", pas de "délassement", pas "d'amusement", pas de "repos", rien. Rien que le Christ. Tout pour le Christ, tout par le Christ, rien sans le Christ. Quand on sait cela, on regarde ce genre de prière d'un tout autre oeil et on s'agenouille devant la mémoire de nos Pères, dont nous sommes les enfants très indignes.


La Lorica de saint Gildas
(Lorica = bouclier, c-à-d prière de protection)
http://www.tertullian.org/fathers/gildas_08_lorica.htm

Gildas a composé cette lorica pour chasser loin de lui les démons qui l'attaquaient. Un Ange vint à lui et l'Ange lui dit : 'quiconque répétera souvent cette lorica recevra 7 ans de vie en plus, et le tiers de ses péchés lui sera décompté. Chaque jour où il récitera cette prière.. hommes ou démons, nul ennemi ne pourra lui nuire; la mort ne le frappera pas en ce jour-là'. Laidcend, fils de Buith le Victorieux, vint de sa part sur l'île d'Irlande; il l'apporta pour être placée sur l'Autel de saint Patrick, évêque, afin que nous soyons sauvés. Amen. La métrique est de 11 syllabes, d'où on l'appelle souvent bracicatalecticon.

 Christ apaisant la tempete, fresque Serbe Orthodoxe

Que m'aide l'Unité de la Trinité 
Que l'Unité de la Trinité me fasse miséricorde. 
Je suis comme en péril sur l'océan,
 Viens à mon aide, je T'en prie, 
Afin que la peste de cette année
 Ne m'emporte pas, ni la vanité du monde.
 Et cette requête, je l'adresse 
Aux puissances des armées célestes,
 Afin qu'elles ne me laissent pas être ravagé par les ennemis, 
Mais me défendent avec leur puissante armure, 
Et que dans le combat, 
Ces armées me précèdent dans le combat céleste, 
Chérubins et Séraphins avec leurs myriades, 
Gabriel et Michel avec leurs semblables. 
Puissent les Trônes, Puissances, Archanges,Principautés, Dominations, Anges, 
Me défendre avec leur large armée, 
Et être forts pour repousser mes ennemis. 
Et aussi les autres arbitres du conflit 
-Les 4 Patriarches, les 4 Prophètes, 
Les Apôtres, gardiens de la barque du Christ, 
Et les martyrs, vrais athlètes, je leur demande à eux tous, 
Et j'adjure aussi les vierges,les fidèles veuves, et les confesseurs, 
Que par eux je sois entouré de sécurité, 
Et que tout mal soit loin de moi et anéanti. 
Puisse le Christ m'accorder puissante alliance, 
Lui que les abominables cohortes fuient dans la terreur. 
Fin du Premier Prologue, des rangs des Anges et patriarches, Apôtres et martyrs, avec le Christ. 
Début du Second Prologue, englobant toutes les parties du corps jusqu'au genoux. 
O Dieu l'invincible gardien, 
Par Ta puissance, défends-moi de toute parts. 
Libère tous mes membres,
 Les protégeant tous de Ton saint bouclier, 
De sorte que les assauts des démons ne me blessent 
De tous côtés, avec leurs flèches, selon leur habitude. 
Crâne, tête, cheveux et yeux, 
Front, langue, dents et leur émail, 
Cou, poitrine, côtés, intestins, 
Taille, fesses et mes 2 mains. 
Comme couronne pour ma tête et ses cheveux, 
Sois Toi le casque du Salut sur la tête; 
Pour le front, les yeux, le cerveau multiforme, 
Le nez, les lèvres, la face, les tempes, 
Pour le menton, la barbe, les sourcils, les oreilles, 
Les joues, les bas-joues, le sous-nez, les narines, 
Pour les pupilles, l'iris, les cils, les paupières, 
Le menton, la respiration, les joues, les mâchoires, 
Pour les dents, la langue, la bouche, la gorge, 
La luette, la trachée-artère, l'attache de la langue, la nuque, 
Pour le milieu de la tête, pour le cartilage, 
Le cou – Toi le Doux, sois proche pour les défendre. 
Par les Neufs Ordres des Saints Anges, je Te prie, Seigneur Jésus-Christ, 
Sois Toi-même le plus sûr des boucliers, 
Pour mes membres, pour mes entrailles, 
Afin que Tu puisses extirper hors de moi les invisibles
 clous enfoncés, fabriqués par l'ennemi.
 O Dieu, dès lors viens avec une puissante carapace, 
Couvrant de lames mes épaules et bras. 
Couvant les coudes et leurs jointures et les mains, 
Les poings, paumes, les doigts avec leurs ongles. 
Couvrant la colonne vertébrale et les côtes avec leurs joints, 
Les jambes, le dos, les nerfs et les os.
 Couvrant toute la surface, le sang et les reins,
 Les hanches, les fesses avec les cuisses. 
Couvre mes cuisses, mollets, muscles, 
Rotules, tibias et genoux. 
Couvre mes chevilles, tibias et talons, 
Jambes, pieds avec la plante des pieds. 
Couvre ces branches qui s'y forment ensemble,
 Avec les orteils et leurs ongles. 
Couvre mon thorax, ses jointures, la petite poitrine, 
Les mamelons, l'estomac, le nombril. 
Couvre le ventre, les reins, les parties génitales
,La panse, et les parties vitales, et aussi le coeur. 
Couvre le foie triangulaire et gras, 
La rate, les aisselles avec leurs poils.
 Couvre l'estomac, le thorax avec les poumons, 
Les veines, tendons, la vésicule biliaire.. 
Couvre la chair, l'aine et ses parties internes,
 La rate avec les entrelacs d'intestins. 
Couvre la vésicule, la graisse et tous 
Les innombrables ordres de jointures. 
Couvre les cheveux et le restant de mes membres, 
Que je pourrais avoir omis de mentionner. 
Couvre aussi mes cinq sens,
 Et avec les dix portes formées (pour moi), 
De sorte que de ma plante des pieds jusqu'au sommet de ma tête
 En nul membre je ne puisse être malade; 
De sorte que la vie ne puisse sortir de mon corps 
A cause de la peste, fièvre, faiblesse, souffrance,
 Jusqu'à ce que, par le don du grand âge reçu de Dieu, 
J'aie pu recouvrir mes péchés par de bonnes oeuvres; 
Et, en partant de la chair, puisse être libre de toute tache, 
Et être à même de m'envoler vers les hauteurs, 
Et, par la miséricorde de Dieu, naître dans la joie 
Aux douces et célestes retraites de Son Royaume. 
Amen.

sculpture de poteau de l'abbaye de Saint-Gildas de Rhuys

SOURCE : Gildas. De Excidio Britanniae, Fragmenta, Liber de Paenitentia, "Lorica Gildae", etc. ed. by Hugh Williams. Honourable Society of Cymmrodorion. London: David Nutt, 1901. On retrouverait ce texte dans le manuscrit irlandais MS Laud 610. Traduction par votre serviteur avec une migraine cet après-midi... ça ira mieux ce soir.
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Saint Sulpice Sévère, disciple de saint Martin de Tours, lui-même disciple de saint Hilaire de Poitiers, lui-même disciple de.. et ainsi de suite jusqu'aux saints Apôtres, disciples du Christ.

Je voudrais insister sur ce point parce je crois qu'il est capital. Nous sommes dans une succession de FOI : ce que croyait saint Sulpice, c'était ce que croyait saint Martin, et ainsi de suite jusque saint Paul, saint Pierre, etc. La véritable succession apostolique n'est possible que dans la succession avec un disciple d'Apôtre ET dans la communion de Foi orthodoxe, exclusivement. Si on se contente de prendre "là où on se sent bien", ou "parce que c'est untel qui l'a dit donc ça doit être vrai", on n'a pas la moindre chance d'être relié à cette Foi des Apôtres. Des tas de groupes se réclamant du Christ ont, de par le monde, des successions "techniquement" valides.
Prenons le cas des Nestoriens : leur fondateur, Nestorius, l'ex-patriarche de Constantinople, a été "validement ordonné", c'est irréfutable. Bien sûr, validement si on comprend le terme par "ordonné par des évêques ayant le droit de le faire, au nom de l'Église, et selon les règles de l'Église." Donc si on ne regarde que la question technique, la succession vue comme une "succession via notaire", en ne regardant que la question du "qui a ordonné en amont", un pontife Nestorien, qui nie en partie la divinité du Christ, qui rejette la Mère de Dieu, la Theotokos, et est donc anathème de facto par les 3ème Concile Oecuménique et suivants, est "valide". Idem pour un monophysite convaincu, comme Jacques de Saroug. Si on en reste à la vision "technique", qui n'est bien sûr pas celle des Orthodoxes depuis 2.000 ans, techniquement, il peut donc donner une "succession valide" ailleurs dans le monde! C'est ainsi qu'on trouve quantité de groupes se disant Chrétiens "validement ordonnés", même parfois se disant Orthodoxes, au point que, pour reprendre l'expression savoureuse d'un copain Antiochien, on en arrive à une Cacodoxie, une cacophonie imitant l'Orthodoxie. Mais succession valide de quoi? Succession valide à un groupe qui a rejeté la divinité du Christ. Autant dire que ça revient à aller se faire ordonner évêque ou prêtre chez les Témoins de Jéhovah ou les Mormons. D'autant qu'un "détail" oublié par tous ces groupes, c'est que la "validité" n'est pas transmissible sans la Foi, et que dès lors qu'un évêque ou un prêtre quitte l'Église du Christ, il n'est plus. Tout ce qu'il fait a autant de valeur spirituelle que ce que fait un acteur au cinéma, qui singerait une cérémonie religieuse : du néant. C'est par son appartenance à l'unique Église du Christ qu'il tient son existence cléricale, parce qu'on n'est pas prêtre ou évêque pour soi-même, mais pour servir le peuple de Dieu, et uniquement pour cela. Hors de ce cadre, on peut bien s'entourer de tous les titres qu'on veut, ça n'a pas la moindre valeur. Et c'est la Foi de l'Église qui le dit!
saint Martin de Tours, enluminure 


Revenons à nos moutons. Saint Sulpice Sévère nous donne tout de la vie de saint Martin. Il nous en donne une vision Chrétienne. Un technicien de l'historicité vous dira que tel ou tel événement ne s'est pas passé exactement à cette date-là, ou que le nom de la ville est douteux. Soit. Si on prend n'importe quelle biographie de n'importe quel "personnage historique" moderne, on trouvera des zones d'ombres camouflées sous le mensonge volontaire. Et un fameux paquet. On trouvera de la désinformation, de l'intox', du révisionisme flagrant. Bravo les "modernes."

Qu'on prenne saint Grégoire de Tours : les critiques acerbes n'ont trouvé que SEPT erreurs géographiques dans l'intégralité de son oeuvre magistrale sur l'histoire du peuple Franc, qui couvre près de 2 siècles! Et on vient nous parler "critique historique" vis-à-vis de gens qui ne disposaient pas d'ordinateurs et de photos pour conserver 40 ans durant tous les événements dont ils avaient été témoins. Et dans certains cas n'avaient pas eu le droit de mettre par écrit au fur et à mesure qu'ils voyaient les faits se produire, comme c'est ce qui s'est passé avec Martin l'Humble..

Saint Sulpice Sévère nous donne donc ici une vision spirituelle de l'histoire de saint Martin. Il tire des leçons, il "distille" le matériau historique qu'il a en mémoire, tant mémoire intellectuelle que mémoire de la chair, du vécu. Il veut nous amener au meilleur, pour nous aider à prendre ce chemin du Salut. Pour nous aider à comprendre comment Martin, un simple pécheur, a pu devenir ce nouvel Apôtre des Gaules (Belgique comprise), ce fondateur du système des paruchia (paroisses) en milieu rural, ce thaumaturge si humble qu'il fallut un subterfuge pour parvenir à l'élever à l'épiscopat... pour qu'aussitôt il replonge dans sa vie monastique d'où il tirait toute sa force spirituelle. Parce que moine, "monos", c'est "un avec Dieu", donc un avec l'Un, avec le Tout.
Et que vivre ainsi uni à Dieu, ainsi participant à la Nature divine dès ici bas, déifié dès ici bas, ne pouvait que multiplier à l'infini ses forces spirituelles. Saint Sulpice a vu, a vécu, et il témoigne. Il aurait pu en rajouter des pages et des pages (cfr Jn 21,25), c'est certain. D'ailleurs 2 siècles plus tard, saint Grégoire de Tours, successeur de saint Martin, compilera plusieurs livres de miracles de saint Martin, dont une partie qu'il aura lui-même constatés. Puissance spirituelle éternelle. Saint Sulpice Sévère nous a donné l'essentiel. Par lui, nous apprenons à nous orienter vers cette vraie vie en Christ. C'est bon de le relire avant d'entamer le Grand Carême, puisque saint Martin était l'exemple même de l'ascète parfait, n'ayant rien à envier aux héros Chrétiens des désert d'Égypte ou de Palestine. Vous trouverez la Vie de saint Martin et les liens vers "l'intégrale" au jour de la fête de saint Martin de Tours, et les lettres de saint Sulpice Sévère ici

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Du 5ème siècle, nous remontons dans le temps jusqu'à l'époque des "pères apostoliques", la génération juste après les Apôtres, la génération de ceux qui ont reçu l'enseignement des Apôtres, qui ont été formés par les Apôtres, qui ont vu les Apôtres bien souvent rendre le témoignage de leur sang versé pacifiquement pour la diffusion du saint Évangile.
Comme par exemple ce diacre saint Césaire d'Angoulème, dont nous ne savons plus que le nom mais que nous fêtons cependant aussi ce 29/1. Chez nous aussi, nous avons ce jour un saint de la fin de ce premier siècle, Saint Valère. C'est un des 2 frères de saint Materne, aussi je renvoie à la riche page historico-spirituelle dédiée à ce dernier.
stmaterne.blogspot.com/2006/09/saint-materne-aptre-de-la-belgique-et.html
 

Même si on n'en parle hélas plus, il ne faut pas s'y tromper, même si on ne possède pas une bibliothèque pleine d'écrits théologiques de sa composition, saint Valère est très important pour nous. Car avec lui et ses frères, nous sommes aux SOURCES de la Belgique Chrétienne. Aux antipodes aussi de ce qu'elle est devenue depuis 8 ou 9 siècles, quand on lui a fait quitter l'Église (orthodoxe)... Comme avec saint Gildas, il faut vouloir rester aveugle pour ne pas se rendre compte de l'erreur tragique, catastrophique, qu'est ce rejet de l'Église du Christ, et le refus d'y revenir, et la folie qu'est cette molle volonté de perpétuer l'imposture religieuse qui y a succédé par la force des armes..
Saint Valère, comme ses frères, c'est l'exil volontaire pour aller porter la Bonne Nouvelle, une Nouvelle phénoménale, incroyable, bouleversante non pas pour un seul peuple ou petit groupe d'élus amateurs d'ésotérisme, mais pour l'humanité toute entière : Dieu a demeuré parmi les Siens, Dieu S'est fait homme, et Dieu est venu pour nous sauver. Saint Valère était prêt à donner sa vie pour que cela se sache ailleurs. Pas en ayant une épée au fourreau, mais bien cette "épée à double tranchant" dont nous parlent saint Paul et l'Apocalypse selon saint Jean, cette Parole de Vie qu'on lui avait transmise (qui n'existait d'ailleurs que très partiellement par écrit, on se situait encore largement dans la tradition orale).


Sarcophage des saints Valère et Euchère
abbaye Sankt Matthias, Trèves

candillon ou veilleuse orthodoxe byzantine
sanctus valerus


Sanctus Valerius, ora pro nobis

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