"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

15 février 2007

Constantinople: Washington dévoile les projets d'attentat contre les patriarches Grec et Arménien

Les nationalistes Turcs menaçent les patriarches Arménien et Grec de Turquie


http://www.panarmenian.net/news/eng/?nid=21102

kathimerini, quotidien grec
14.02.2007 17:36 GMT+04:00
/PanARMENIAN.Net/ Le quotidien Kathimerini rapporte, citant une source d'information stratégique américaine, que le patriarche Grec, Bartholomée d'Istanboul, est devenu la cible numéro un pour les Mesrob Mutafyan, patriarche Armenien de Constantinoplenationalistes Turcs. Le quotidien turc Milliyet a reproduit la même information sous le titre "Les patriarches menacés de mort." NTV dit que la vie du patriarche de Constantinople de l'Église Apostolique Arménienne, l'archevêque Mesrob Mutafyan, est aussi en danger, d'après Yerkir online.



patriarches Grec et Armenien de Constantinopleles 2 patriarches ensemble

Σχέδιο δολοφονίας του Πατριάρχη
Ο κ. Βαρθολομαίος καθώς και ο Αρμένιος Πατριάρχης της Κωνσταντινούπολης αποτελούν στόχο του βαθέος κράτους
news.kathimerini.gr/4dcgi/_w_articles_politics_100062_11/02/2007_215640
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[résumé de la page en grec :]

Projet d'assassinat du patriarche.
Bartholomeos et le patriarche Arménien d'Istanboul constituent un objectif pour une partie secrète de l'État.

Par Alexis Papaxhela

Des diplomates occidentaux suivant avec grande attention ce qui se passe en Turquie en ce moment sont fort inquiets pour du patriarche Bartholomeos, mais aussi du patriarche Arménien d'Istanbul, l'arch. Mesrob. D'après eux, un groupe cachée au sein de l'appareil de l'Etat Turc fonctionne depuis 2 ans de manière autonome et sans contrôle. Ces personnes, parmi lesquelles on trouve des officiers retraités de l'armée et des services de sécurité, planifient leur scénario pour la Turquie. Ils considèrent qu'ils se trouvent en situation de révolution et que par conséquent ils s'arrogent le droit à commettre des exécutions, a indiqué un analyste Américain expérimenté, ajoutant : "Il est clair qu'il existe des projets d'exécution de meurtres de représentants des diverses minorités".

Déjà les dernières semaines les services Turcs de sécurité avaient reçu de nombreuses informations inquiétantes sur attaque imminente contre le patriarche Arménien, lequel a exaspéré les cercles nationalistes avec sa récente communication, où il osait mentionner le génocide des Arméniens, ce que les Turc considèrent habituellement comme un sujet tabou.

Mesures supplémentaires de sécurité

Les services turcs ont pris en outre des mesures de sécurité pour le chef religieux Arménien. Des sources occidentales, qui savent bien ce qui se passe en Turquie, reconnaissent toutes que l'objectif n°1 des cercles nationalistes est le patriarche. Ces cercles considèrent que ce patriarche n'a pas de raison d'être, et se mettent en colère face à l'importance que lui attribue la Maison Blanche et les gouvernements européens. Ils savent bien sûr qu'un attentat contre le patriarche créerait des problèmes énormes aux relations internationales de la Turquie, mais le cas échéant c'est aussi leur objectif.

Washington a fait part de son inquiétude pour la sécurité du patriarche et a demandé la prise de mesures supplémentaires de protection. Des officiels Américains qui étudient attentivement ce qui se passent à l'étranger, expriment l'opinion que les services de sécurité sont profondément ancrés dans l'État, comme on l'a vu après le meurtre du journaliste Arménien Hrant Dink. "La négligence des services de collecte d'informations de la police d'Istanbul, mais aussi - surtout - la photographie des policiers avec le meurtrier posant entre eux en héros montre qu'existent des interdépendances occultes" soulignaient des officiels occidentaux, exprimant la certitude que le gouvernement Erdogan a perdu le contrôle.

Ces mêmes officiels précisaient que lorsqu'ils parlent de menaces contre le patriarche, ils ne visent pas les Loups Gris et leurs habituelles manifestations bruyantes d'opposition. Ils veulent parler des noyaux occultes paramilitaires utilisant de jeunes enfants pour commettre des exécutions. C'est arrivé à Hrant Dink, et au prêtre catholique-romain Santoro. Pour parvenir à remonter jusqu'au cerveau de l'attentat, il faut franchir 3 ou 4 niveaux, qui s'occupent de faire disparaître toute trace. Il s'agit de durs, de bandes bien organisées, avec couverture de cadres supérieurs des services de sécurité.

Les droits de l'homme

Selon l'analyse des officiels occidentaux, le patriarche a choqué les cercles nationalistes par son intense critique de la politique de la Turquie en matière de droits de l'homme. "Les informations qui arrivent de sources différentes signalent qu'il fait partie, avec le patriarche Arménien, de la liste des principaux ennemis de la Turquie" soulignait un analyste Américain expérimenté.

Le patriarche Bartholomeos lui-même ne semble pas pour autant s'inquiéter et au contraire, il soutien le patriarche Arménien, lequel connaît aussi la plupart des menaces. "C'est caractéristique du sang-froid de Bartholomeos" soulignait son collaborateur, rajoutant : "et cela même s'il sait bien qu'il se trouve dans le collimateur des cercles des paramilitaires Turcs les plus durs et meurtriers."


Patriarche Bartholomeos – Une Passion Pour La Paix
http://www.ecupatriarchate.org/press/articles.php?id=7&lang=4
"La guerre qui est menée au nom de la religion est une guerre contre la religion"

patriarche Bartholomeos de Constantinople, en merLes réels pacificateurs de l’histoire n’ont pas lutté seulement pour l’apaisement des conflits mais ils ont montré de la compassion envers ceux qui les ont persécutés. Des personnalités comme Martin Luther King, André Zacharov, Hong Shan Shu Xi, Simon Peres, l’Archevêque Desmond Toutou et Nelson Mandela appartiennent à l’histoire récente des pacificateurs.

A cette liste de noms il faut ajouter celui du Patriarche Œcuménique Bartholoméos de Constantinople, lequel a été surnommé le Médiateur ainsi que Patriarche de la Paix. Le Patriarche Bartholoméos, bien que chef spirituel de 250 millions de chrétiens Orthodoxes, subit de continuels harcèlements de la part d’un gouvernement turc hostile ainsi que des attaques perpétuelles d’extrémistes qui souhaitent sa disparition du devant de la scène ainsi que de sa charge. Il a subi des insultes, des comportements avilissants, il a vu les fenêtres de son bureau brisées part des jets de pierres et des grenades tomber dans sa cour.

Son Siège, le Patriarcat Œcuménique, qui a été instauré comme institution au quatrième siècle et possédait la fortune du vaste Vatican, a été réduit à un petit territoire contrôlé dans un quartier misérable de Constantinople appelé Fanari. Presque toute la fortune du Patriarcat a été confisquée par les gouvernements turcs successifs, les Ecoles ont été fermées et les représentants du Haut Clergé sont injuriés par des extrémistes qui manifestent quasiment quotidiennement à l’extérieur du Patriarcat, exigeant leur expulsion de Turquie.

Le Patriarche, lui-même, est souvent désapprouvé et il est menacé lors de ces déplacements en dehors de l’enclos du Fanari. De temps en temps, des Turcs chauvins et des fanatiques musulmans brûlent son effigie. Quelques bureaucrates mesquins se complaisent à le tourmenter continuellement, en le convoquant à leurs bureaux pour l’interroger sur différents sujets insignifiants, en empêchant ses efforts de réparer les quelques bâtiments qui demeurent sous son contrôle et en procédant à des menaces indirectes pour tout ce qu’il dit et fait lorsqu’il voyage à l’étranger. Le gouvernement turc dans son ensemble poursuit sciemment une politique de dédain à son égard, refusant de reconnaître son prestige œcuménique en tant que chef religieux de l’une des plus importantes religions, en le reconnaissant simplement comme chef de la petite communauté grecque Orthodoxe de Constantinople.

Comme tous les chefs persécutés, il n’a pas hésité à protester contre ce traitement offensant. "Pourquoi ? Pour quelle raison ?" Il a énergiquement protesté quand des musulmans extrémistes ont profané des tombes Orthodoxes à Constantinople. "Ne sommes-nous pas pleinement des citoyens respectueux des lois dans ce pays ? N’avons nous pas assez souffert sans être coupable de rien ?"

Depuis de nombreuses décennies, cette situation affligeante perdure. En septembre 1955, lorsque Bartholoméos étudiait à Constantinople, il fut le témoin de la persécution massive dans les quartiers grecs de la ville qui ressemblaient "aux quartiers bombardés de Londres durant la Seconde Guerre Mondiale", comme l’a relaté un journaliste anglais. Comme le consul des Etats-Unis l’a relaté, tandis que la police "se montrait indifférente ou haranguait la foule", 4.000 magasins grecs et 2.000 maisons ont été pillés, 38 églises ont été incendiées et 35 encore ont été profanées et 52 écoles ont été détruites. Durant cette insurrection plus de 10 personnes ont trouvé la mort et de nombreuses personnes ont été blessées. C’est ainsi qu’a débuté un cycle d’actes de violence et d’intimidations qui a conduit à la baisse de la population grecque à Constantinople de 200.000 personnes dénombrées au début des troubles à 2.000 personnes aujourd’hui. (Des informations mentionnent que ces perturbations ont constitué une réponse à des attentats à la bombe contre le consulat turc de Thessalonique, mais une enquête turque ultérieure a démontré que ces attaques ont été commandées et exécutées par des agents sympathisants du premier ministre turc afin de provoquer et de légitimer à posteriori les comportements inqualifiables de haine contre les grecs).

Cependant, aucun de ces comportements offensants n’a émoussé ni la compassion et le soutien qu’il montre au peuple turc mais ni sa détermination à exister comme médiateur entre la Turquie et l’Europe. Malgré les difficultés qu’il rencontre avec le gouvernement, il a soutenu tous les efforts qui ont été mis en œuvre à l’échelon international pour le renforcement de l’économie et de la démocratie turque, provoquant souvent des critiques sévères de la part de nationalistes grecs. Fervent avocat des efforts de la Turquie à intégrer l’Union Européenne, il voyage dans toute l’Europe et parle ouvertement en faveur de son intégration. "L’intégration de la Turquie au sein de l’Union Européenne peut constituer un symbole fort d’une collaboration enrichissante réciproque entre l’Occident et le monde islamique et mettre un terme à la discussion du choc des cultures", a-t-il déclaré dans de nombreuses capitales européennes. Le soutien absolu d’un chef émérite chrétien a contribué à l’apaisement de l’opposition que de nombreux sceptiques ont fait naître, lesquels ont douté de la justesse de l’intégration dans l’Union Européenne d’un pays musulman de 70 millions d’habitants, et c’est ainsi que l’Union Européenne a commencé les négociations avec la Turquie à la fin de l’année 2004.

Encore plus important est le fait que, à une époque où l’hostilité et les malentendus entre l’Occident chrétien et le monde musulman ont atteint un point de confrontation mortelle, le Patriarche Bartholoméos, qui parle sept langues y compris le turc, fournit un effort sérieux de toucher les musulmans de tout le Moyen-Orient. "Nous croyons sincèrement que les chrétiens Orthodoxes ont une responsabilité particulière de contribuer au rapprochement Occident-Orient", il a fait remarquer entre autre. "Comme la Démocratie Turque, nous vivons nous-aussi simultanément dans les deux mondes".

Le Patriarche Bartholoméos, soulignant que les chrétiens Orthodoxes ont une histoire de coexistence avec les musulmans du Moyen-Orient vieille de 550 ans, il a entrepris une série de rencontres avec des chefs religieux musulmans dans toute la région qu’il appelle "dialogue de très cher amour". Dans le but de renforcer ce dialogue, il a voyagé en Libye, Syrie, Egypte, Iran, Jordanie, Azerbaïdjan, au Qatar et au Bahreïn et il a rencontré de nombreuses personnalités du monde politique et religieux de ces pays, qu’aucun autre chef religieux chrétien n’avait rencontré jusqu’à ce jour. Par conséquent, le Patriarche dispose d’un plus grand crédit et il a plus d’occasions d’établir des ponts de communication entre le Christianisme et l’Islam que n’importe quel autre chef religieux chrétien.

"Nous comprenons pleinement les plaintes du monde musulman envers l’Occident alors que le monde Orthodoxe, lui-même, a subi le même traitement par le passé", a-t-il déclaré. "Tout comme nous, ils ont vu leur foi être ébranlée et leur histoire être déformée, mais nous espérons laisser derrière nous les désagréments et donner la priorité aux valeurs essentielles de l’humanité". Il a précisé que ceci implique l’engagement absolu et incontestable à la paix et à la tolérance. "Nous condamnons sans équivoque chaque type de fanatisme, de violations de lois et de recours à la violence, indépendamment de leur provenance", a-t-il déclaré dans son discours au Parlement Européen. "Notre engagement en faveur de notre besoin de communication libre et pacifique entre les peuples, ainsi que du respect mutuel et des relations pacifiques entre les nations demeure inflexible… ".

Le Patriarche Bartholoméos grâce au respect dont il jouit en Occident et dans le monde musulman, a joué un rôle primordial dans la création d’un front puissant entre les chefs religieux contre le recours à la violence. Trois mois après le 11 septembre 2001, il a organisé un colloque inter-religieux à Bruxelles, lequel a été cofinancé par l’ex-président de la Commission Européenne et ancien premier ministre d’Italie Romano Prodi. Le Patriarche a joué un rôle majeur dans l’élaboration de la célèbre déclaration dans le cadre du colloque, conformément à laquelle "la guerre qui est menée au nom de la religion est une guerre contre la religion". Au sujet des extrémistes religieux et des terroristes, il a déclaré par la suite au magazine Time "ils sont sans doute les plus malintentionnés faux-prophètes. Quand ils bombardent, font feu et détruisent, ils volent quelque chose de plus que la vie elle-même. Ils sapent la foi et la foi est le seul moyen pour briser le cercle de haine et de violence".

Le Patriarche Bartholoméos, connaissant d’expérience personnelle combien la haine religieuse apporte de malheur et de destruction, a essayé de la combattre par tous les moyens tolérés par sa foi et sa position. Un de ses plus grands efforts, dans les premières années de son intronisation, a été la convocation d’un colloque religieux international pour la Paix et la Tolérance Religieuse, à Constantinople. Le colloque a réuni pour la première fois, à la même table, Chrétiens, Juifs et Musulmans afin qu’ils trouvent des solutions pour encourager la compréhension et la coexistence pacifique entre les croyants des trois religions. "Chers amis, a-t-il déclaré aux participants, plus nombreuses sont les choses qui nous unissent par rapport à celles qui nous séparent. Nous tenons entre nos mains la vision du psalmiste : "Regardez combien est réjouissant pour des frères de vivre ensemble en concorde".

Au sein du monde chrétien, le Patriarche joue un rôle nodal en tant que pacificateur. Immédiatement après l’intronisation du pape benoît XVI l’année dernière, Bartholoméos a vu l’occasion du renouveau du mouvement œcuménique. Il a invité le Pape Benoît à visiter le Patriarcat. Ce voyage historique est programmé pour les 29 et 30 novembre. Pour la préparation de cette rencontre au sommet, le Comité International du Dialogue Orthodoxes-Catholiques s’est réuni en septembre dernier, pour la première fois, après six ans. A l’ordre du jour de la rencontre se trouvaient les questions théologiques majeures, autorité religieuse et préséance, autrement dit les plus grands obstacles à l’union des deux dogmes chrétiens. Le dialogue affaibli, quand au début des années 90, Catholiques et Orthodoxes luttaient pour dépasser les tensions engendrées par la réapparition dynamique au premier plan des Eglises de l’Europe de l’Est, après la chute du communisme et jusqu’à la fin de la décennie, avait été complètement abandonné. Aujourd’hui, grâce au Patriarche Bartholoméos et au nouveau Pape, le mouvement œcuménique se renouvellera avec énergie et optimisme.

L’intérêt du Patriarche ne se limite pas aux conflits inter-religieux, mais s’étend à toute la "création de Dieu". Sa sensibilité écologique s’est développée au point de lui voir attribuer le titre de "Patriarche Vert". Peu après son intronisation au Patriarcat en 1991, il a proclamé que le "crime contre la nature est un pêché". "Les hommes et l’environnement", a-t-il déclaré, "composent la matière invisible de l’existence, un tissus multicolore, lequel, nous croyons, a été tissé dans sa totalité par Dieu". "La nature n’est pas nôtre pour que nous l’utilisions à notre gré. C’est un cadeau d’amour de Dieu envers nous et il faut que nous lui montrions notre amour en la protégeant", a-t-il déclaré lors du colloque des écologues, en Californie, en 1997.

Renforçant son discours par des actes, Bartholoméos a pris une série d’initiatives pour que la sensibilisation internationale en faveur de l’environnement s’intensifie. En 1992, il a suggéré à toutes les Eglises Orthodoxes, que le 1er septembre soit un jour de prière pour l’environnement. En 1995, il a mis en œuvre une série de colloques pour l’environnement, auxquels étaient conviés des scientifiques émérites, des chefs politiques, des théologiens, des écologistes et des journalistes. Les colloques se déroulaient au cours d’une croisière hebdomadaire et avaient pour thème l’effet catastrophique qu’entraîne la pollution des eaux. Dans le but d’attirer l’attention internationale sur la catastrophe écologique des régions qu’ils visitaient, au cours de la dernière décennie cinq colloques flottants ont été organisés, au Pont Euxin, en mer Egée, en mer Adriatique, en mer Baltique et sur le Danube.

Les conclusions du colloque flottant du Pont Euxin en 1997, ont conduit à un plan d’action pour la lutte contre la destruction de la mer la plus fermée d’Europe, lequel a été financé par des institutions financières internationales, comme la Banque Mondiale. Au cours du voyage en mer Adriatique en 2002, le Patriarche, a convaincu le Pape Jean-Paul II lors d’un entretien téléphonique de lancer un appel pour l’arrêt de la destruction de l’environnement, comme il a convaincu l’Aga Khan, qui participait à la croisière, d’inciter tous les chefs religieux à focaliser leur attention sur l’environnement. "Les mentions à l’environnement dans les prières des Protestants et des Catholiques le dimanche, des Juifs le samedi et des Musulmans le vendredi, sont trop peu nombreuses", a déclaré l’Aga Khan à la BBC, "et je considère qu’il serait bon que tous utilisent leur tribune pour sensibiliser leurs fidèles".

Durant plus d’une décennie, le Patriarche Bartholoméos organisait tous les ans, pendant l’été des conférences internationales sur l’écologie à l’Ecole Théologique de Halki (une île près de Constantinople), bien qu’elle soit sous le contrôle du Patriarcat, le gouvernement turc refuse son fonctionnement comme centre de congrès. Les donateurs de ces séminaires sont le Patriarche et le prince Philippe, duc d’Edimbourg, lequel a fondé l’Alliance des Religions pour la Protection de l’Environnement, en 1995, immédiatement après le début des efforts du Patriarche pour l’environnement.

Pour son engagement dans la lutte contre la pollution de l’environnement, le Patriarche a été honoré en 2002, avec le prix Sophie de Norvège, la distinction internationale la plus importante concernant les problèmes de l’environnement. Le prix de $100.000, qui accompagnait la récompense, a été offert par le Patriarche en faveur des enfants pauvres de l’Ethiopie, de Grèce et de Turquie. "Nous perdons du temps, et plus l’attente est grande, plus grands et irréparables sont les dommages ", a averti Bartoloméos lors de la cérémonie de remise du prix.

Bien que ses efforts l’aient soulagé très légèrement de ses problèmes avec la Turquie, ils lui ont cependant valu une reconnaissance internationale, le Congrès des Etats-Unis, entre d’autres, lui a remis la plus grande distinction, la Médaille d’or du Congrès. Au cours de la cérémonie sous le dôme du Capitole, le Patriarche a déclaré que "la chose la plus importante que l’on puisse apprendre des Etats-Unis se trouve exactement sous ce dôme majestueux. "Le Pentagone incarne la force mais le Capitole incarne le droit. Dans ces salles des opinions différentes se rencontrent et s’accordent… Et -le plus important pour l’Église Orthodoxe durant les périodes obscures de son histoire - dans ces salles les droits de l’homme étaient protégés et la dignité était fortifiée ".

Les Nations Unies, l’Union Européenne et des dizaines de pays, des universités et institutions ont également honoré le Patriarche pour son effort dans la promotion de la paix et de la compréhension, surtout entre l’Est et l’Ouest.

"La préoccupation de Sa Toute Sainteté, du Patriarche Oecuménique Bartoloméos était et continue d’être la réconciliation de l’Est avec l’Ouest ", a dit Dr Joel Delobel de l’Université Catholique de Louvain en Belgique, pendant la remise du doctorat honorifique au Patriarche Bartoloméos, en 1996. "Toute la vie du Patriarche a été consacrée à la construction de ce pont. Le premier de ces ponts est celui qui réunit les différentes Églises Orthodoxes ".

"Le deuxième pont est celui qui touche l’Europe, un pont, qui a été créé par les appels vigoureux du Patriarche pour l’élargissement de l’Union Européenne vers l’Est et le Sud-est de l’Europe. Au milieu des hésitations relatives à l’avenir de l’Europe, son appel constant pour une Europe intègre et son intérêt pour la protection de l’environnement sont les principes conducteurs tant pour l’Est que pour l’Ouest ".

" Le troisième pont est celui qui facilite le dialogue entre toutes les Églises Chrétiennes ".

Il est extrêmement important qu’un chef religieux, comme le Patriarche Bartoloméos, voyage partout dans le monde afin qu’il encourage la compréhension réciproque, soit confronté aux problèmes et trouve des solutions. Il n’y a pas d’autre solution. Les médiateurs de ce genre sont absolument indispensables ".

Depuis le 22 Octobre 1991, date à laquelle Bartoloméos est devenu Patriarche Œcuménique, il ne se contente pas de rester enfermé dans son bureau et de focaliser son attention sur des sujets théologiques et des difficiles problèmes de survie dans un environnement hostile. Au contraire, il a osé voyager sur tous les continents et a joué un rôle actif au sein du Conseil Mondial d’Eglises, il s’est adressé au Parlement Européen et au Congrès des Etats-Unis, il a rencontré des chefs d’Etats et il a visité des Églises Orthodoxes aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, au Canada, en Amérique du Sud, en Grèce, en Russie, en Norvège, en Finlande, en Serbie, en Roumanie, en Bulgarie, en Albanie, en Ethiopie, en Corée et à Cuba.

"De nos jours, existent un désir profond pour la spiritualité et un grand besoin de montrer aux hommes, partout dans le monde la force thérapeutique de la compassion et de la bonne volonté ", déclare-t-il, "et jamais auparavant nous n’avions ressenti un aussi grand besoin pour la participation des chefs spirituels aux problèmes mondiaux".

En tant que Patriarche, depuis ces 15 dernières années, Bartholoméos s’occupe énergiquement des problèmes les plus difficiles auxquels est confronté le monde – le plus grand manque de confiance entre l’Occident et l’Orient, la destruction de l’environnement et les divisions profondes entre les religions.

La conduite offensante qui règne quotidiennement en Turquie le décourage davantage que la difficulté des questions dont il se préoccupe. Il est décidé à insister, à faire la différence et le fait qu’il a réussi est clairement reconnu par ceux qui l’ont suivi dans son combat au cours de ces 15 dernières années.

L’une des bénédictions de Jésus Christ dans son Sermon de la Montagne était destinée à ceux qui promeuvent la paix et la compréhension. "Bienheureux les pacificateurs", Il a dit, "que ceux-ci soient appelés fils de Dieu".

Peut-être qu’il l’a laissé pour la fin parce qu’Il savait qu’il s’agissait de la mission la plus difficile qu’un homme puisse accomplir.

Et peut-être que c’est la raison pour laquelle le Patriarche Bartholoméos a consacrée sa vie à cet objectif.

John Silber
Président honorifique
Professeur d’Université
Professeur de Philosophie et de Droit
Université de Boston

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