"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

02 février 2007

Le jeûne du Grand Carême, explication du p. Thomas Hopko

groups.google.be/group/alt.religion.christian.east-orthodox/msg/614ede13bce49ee5Il est nécessaire de dire un mot à propos du jeûne durant le Grand Carême. En règle générale, le jeûne est un élément essentiel de la vie Chrétienne. Le Christ a jeûné et enseigné aux hommes à jeûner. Le jeûne béni est celui accompli en secret, sans ostentation et sans accuser autrui (Mt 6,16; Rom 14). Il a pour but la purification de nos vies, la libération de nos âmes et de nos corps du péché, le renforcement de nos forces humaines d'amour pour Dieu et le prochain, l'édification de tout notre être pour la communion avec la Bienheureuse Trinité.

Les règles Orthodoxes pour le jeûne du Grand Carême sont des règles monastiques. Aucune viande n'est permise après le Dimanche du Jugement Dernier, et ni oeufs et produits laitiers après le Dimanche du Pardon ou "des laitages". Ces règles ne sont pas là comme des règles pharisiennes, "des charges trop lourdes à porter" (Luc 11,46), mais comme un idéal qu'il faut s'efforcer d'atteindre; non comme une fin en elles-mêmes, mais comme un moyen de perfection spirituelle couronné dans l'amour. Les Offices du Grand Carême eux-mêmes nous le rappellent continuellement.

"Jeûnons d'une jeûne agréable au Seigneur. Voici le véritable jeûne : chasser le mal hors de soi, mettre un frein à sa langue, rejeter la colère, mettre un terme aux envies, aux conversations méchantes, aux mensonges et cesser de maudire. Arrêter tout cela, voilà le jeûne vrai et acceptable." (Vêpres du lundi de la première semaine)

Les Offices du Carême nous enseignent aussi ce point irréfutable : nous ne devrions pas nous enorgueillir par le jeûne externe, car le démon non plus ne mange jamais!

Le jeûne ascétique du Grand Carême dure du Dimanche du Jugement Dernier jusqu'au Dimanche de Pâques, et il n'est interrompu qu'après la Divine Liturgie Pascale. Connaissant le grand effort auquel ils sont appelés, les Chrétiens devraient accomplir tout effort possible pour jeûner du mieux qu'ils peuvent, en secret, de sorte que Dieu puisse les voir et les bénir ouvertement par une sainte vie. Chacun doit faire son possible à la lumière de l'idéal présenté.

En plus du jeûne ascétique de la période du Grand Carême, seuls par rapport aux autres Chrétiens, les Orthodoxes pratiquent aussi ce qu'on appelle le jeûne eucharistique ou liturgique. Ce jeûne ne fait pas référence à l'abstinence normale de préparation à la réception de la sainte Communion; il signifie jeûner de la sainte eucharistie elle-même.

Durant les jours de semaine pendant le Grand Carême, la Divine Liturgie eucharistique habituelle n'est pas célébrée dans les églises Orthodoxes du fait que la Divine Liturgie est toujours une célébration pascale de communion avec le Seigneur Ressuscité. Puisque la période du Grand Carême est celle de la préparation pour la Résurrection du Seigneur, préparation à travers le souvenir de notre péché et de notre séparation de Dieu, l'ordo liturgique de l'Église élimine les offices eucharistiques les jours de semaine de Carême. Au lieu de cela, les offices non-eucharistiques sont élargis avec des lectures scripturaires additionnelles et une hymnologie à caractère carémique. Cependant, afin que le fidèle ne soit pas entièrement privé de la Sainte Communion durant les jours de Carême, la Liturgie des Dons Présanctifiés est célébrée les mercredis et vendredis soirs.

Mais durant le Grand Carême, les samedis (jour du Shabath) et les dimanches (Jour du Seigneur) restent jours eucharistiques, et la Divine Liturgie est célébrée. Les samedis, c'est l'habituelle Liturgie selon saint Jean Chrysostome qui est célébrée, avec les prières pour les défunts prévues. Les dimanches, c'est la Liturgie selon saint Basile le Grand, plus longue.

L'enseignement bien connu disant que les samedis et dimanches ne sont jamais des jours de jeûne dans l'Église Orthodoxe, un problème accentué il y a plusieurs siècles lorsqu'éclata une controverse avec l'Église Catholique-Romaine, ne se réfère qu'au jeûne eucharistico-liturgique. Pendant le Grand Carême, même si le jeûne eucharistique est rompu les samedis et dimanches, le jeûne ascétique continue ces jours-là, puisque ce jeûne est un effort continu qui va du Dimanche du Jugement dernier jusqu'à Pâques elle-même.
Protopresbytre Thomas Hopko

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En la fête de saint Colomban de Gent (Gand), un des saints patrons de la Belgique

Jeûne dans la tradition orthodoxe occidentale :
A. Bénédictins Orthodoxes :
stmaterne.blogspot.com/2006/06/bndictins-orthodoxes-erhf-jeune-et.html

B. Antiochiens AWRV :
stmaterne.blogspot.com/2006/06/orthodoxie-occidentaleantioche-jeune.html

C. EORHF :
stmaterne.blogspot.com/2006/06/orthodoxie-occidentaleerhf-jeune-et.html

Jeûner et déjeuner, maladie et jeûne eucharistique
stmaterne.blogspot.com/2006/08/jeuner-et-dejeuner-maladie-et-jeune.html

Jeûne et liberté, méditation d'un hiéromoine de Roumanie
http://stmaterne.blogspot.com/2006/08/jene-et-libert.html

Note : quantités d'articles sur le jeûne ont été publiés sur ce blogue durant la période du jeûne de la Nativité, entre 15 novembre et 23 décembre 2006, vous les retrouverez via le menu dans la marge de gauche, soit via les archives des mois concernés (pages fort lourdes à charger!), soit via les menus sélectifs par semestre.

nb : blogger.com vient de me FORCER à passer à la nouvelle version de l'interface. J'espère que cela n'entraînera aucun inconvénient pour les visiteurs...

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