"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

25 février 2007

Premier Dimanche de Carême : Dimanche de l'Orthodoxie


http://www.goarch.org/en/ourfaith/articles/article8127.asp


A l'origine, le Grand Carême était la période de préparation finale pour les candidats au Baptême lors de la Vigile de Pâques, et cela se reflète dans les lectures de la Liturgie, aujourd'hui et tous les dimanches du Carême. Mais ce thème de base est passé au second rang par les thèmes qui ont suivis, et qui dominent l'hymnographie de chaque dimanche. Le thème de ce dimanche depuis 843 a été celui de la victoire des Icônes. Cette année-là, la controverse iconoclaste, qui avait régulièrement fait rage depuis 726, fut enfin terminée, et les Icônes et leur vénération furent rétablies pour le premier dimanche du Carême. Depuis lors, ce dimanche est commémoré comme étant le "triomphe de l'Orthodoxie."

Icone du Dimanche de l'OrthodoxieL'enseignement Orthodoxe à propos des Icônes avait été défini au cours du 7ème Concile Oecuménique en 787, qui avait mis un terme à la première phase de tentative de suppression des Icônes. Cet enseignement fut pour finir rétablit en 843, et il est incorporé dans les textes chantés ce dimanche.

Extrait des Vêpres :

"Seigneur que l'univers ne peut contenir, * avant l'aurore des temps * Tu es né du Père immatériel, incorporel, * et sous l'action de l'Esprit * les Prophètes annoncèrent Ta venue * comme un Enfant qui prendrait chair d'une Vierge immaculée * pour converser avec les hommes et Se laisser voir des mortels. * O Seigneur compatissant, * rends-nous dignes de Ta clarté, * nous qui célébrons Ton ineffable et sainte Résurrection.

Les Prophètes inspirés, * par la parole T'annonçant * et par leurs œuvres Te servant, * ont mérité l'éternelle vie; * ne voulant servir la Création * contre Toi, Dieu créateur, * ils ont dédaigné le monde pour T'annoncer * et se sont conformés à Ta Passion, * dont ils avaient reçu la prophétique vision. * Par leurs prières, donne-nous d'accomplir en toute pureté * le cours de ce Carême, Seigneur compatissant.

Toi qui par Nature divine n'as pas de fin, * en ces derniers temps, Seigneur, Tu as daigné * connaître les limites de la chair * et de la nature humaine Tu assumas, * par Ton Incarnation, tous les aspects; * aussi, l'image de Ta ressemblance, nous l'inscrivons * pour la vénérer dignement * et nous élever jusqu'à ton amour, * où nous puisons la grâce du Salut, * suivant la sainte tradition de Tes Apôtres divins."

"La grâce de la vérité a resplendi: * ce qui jadis était obscurément préfiguré * maintenant s'accomplit au grand jour, * voici que l'Église revêt comme un céleste ornement * l'Image corporelle du Christ, * que la tente du témoignage avait préfigurée; * elle maintient la vraie Foi, * afin que nous ayons l'image sans défaut * de Celui que nous vénérons. * Honte sur ceux qui pensent autrement, * car nous nous glorifions en l'image du Verbe incarné,* que nous adorons sans la déifier. * Vénérons-la, fidèles, et chantons: * O Dieu, sauve Ton peuple et bénis Ton héritage."

"Nous qui avons rejeté les ténèbres d'impiété * et que la lumière de la connaissance a illuminés, * comme dit le Psaume, battons des mains: * que notre louange et notre action de grâces montent vers Dieu, * et devant les saintes Icônes du Christ, * de la Mère de Dieu et de tous les Saints * prosternons-nous avec respect, * en rejetant l'impiété * de ceux qui n'ont pas la vraie Foi; * car saint Basile le dit * La vénération de l'Icône rejaillit * sur celui qui est représenté. * Par l'intercession de Ta Mère immaculée * et les prières de tous les Saints, * nous Te demandons, ô Christ notre Dieu, * de nous accorder la grâce du Salut."

(Tropaire, ton 2, le dimanche matin, à l'orthros)
"Devant Ta sainte Icône nous nous prosternons, Dieu de bonté, * implorant le pardon de nos fautes, ô Christ notre Dieu, * car Tu as bien voulu souffrir en montant sur la croix * pour sauver Ta créature de la servitude de l'ennemi. Aussi dans l'action de grâces nous Te crions: * Tu as rempli de joie l'univers, * ô notre Sauveur, en venant porter au monde le Salut."

Le nom de ce dimanche reflète la grande importance qu'ont les Icônes pour l'Église Orthodoxe. Ce ne sont pas des petits extras de la dévotion, quelque chose d'optionnel, mais cela fait partie intégrante de la Foi et dévotion Orthodoxe. On les considère comme étant une conséquence nécessaire de la foi Chrétienne en l'Incarnation du Verbe de Dieu, la Seconde Personne d la Trinité, en Jésus-Christ. Elles ont un caractère sacramentel, rendant présent au fidèle la personne ou l'événement qui y est dépeint. Dès lors l'intérieur des églises Orthodoxes est souvent couvert d'Icônes peintes sur les murs et sur les toits à dôme, et il y a toujours une iconostase ou paroi d'Icônes, séparant le sanctuaire de la nef, souvent avec plusieurs rangées d'Icônes. Une maison Orthodoxe n'est pas complète sans son coin d'Icônes, où prie la famille.
coin-icone dans une demeure orthodoxe
















On vénère les Icônes en allumant des lampes à huile (ou des "lumignons" quand on ne trouve rien de mieux; ndt) ou des cierges devant, en les encensant, et en les embrassant. Mais il y a une claire distinction doctrinale entre la vénération rendue aux Icônes et l'adoration due à Dieu seul. La première n'est pas seulement relative, c'est en fait adressé à la personne représentée sur l'Icône. Cette distinction sauvegarde la vénération des Icônes de quelqu'accusation d'idolâtrie que ce soit.

Icone du Dimanche de l'Orthodoxie
Bien que le thème de la victoire des Icônes est secondaire en ce dimanche, par l'accent qu'il met sur l'Incarnation, il nous indique la vérité Chrétienne de base, à savoir que Celui dont nous célébrons la mort et la Résurrection à Pâques n'était rien de moins que le Verbe de Dieu qui était devenu humain en Jésus-Christ.Dimanche de l'Orthodoxie 2007 au monastere Holy Trinity de Jordanville (EORHF, USA)

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