Épître de Carême de s.e. le métropolite Laurus (EORHF)
http://russianorthodoxchurch.ws/synod/eng2007/2enmlvpposlaniye.htmlJORDANVILLE, 20 février 2007 – Grande épître de Carême de son éminence le métropolite Laurus, premier Hiérarque de l'Église Orthodoxe Russe Hors Frontières
Révérends pères, bien-aimés frères, soeurs et enfants dans le Seigneur:
Je vous adresse mes plus sincères félicitations à l'occasion de l'arrivée de la salutaire période du Grand Carême, un temps destiné à notre introspection. La Sainte Église nous invite à ceci, que nous nous purifions nous-mêmes par un accroissement des prières et du jeûne, que nous nous laissions illuminer nous-mêmes par la lecture de livre spirituellement bénéfiques, et nous approchions de notre Dieu et Créateur, notre Père Céleste et plus Proche Ami, Qui nous invite en Son Royaume, le Royaume d'Amour, de Paix, de Miséricorde et de Lumière.
Notre Seigneur Jésus-Christ a dit : "Lors donc que tu présentes ton offrande à l'Autel, si tu te rappelles que ton frère a
quelque chose contre toi, laisse là ton offrande devant l'Autel, et va d'abord te réconcilier avec ton frère; alors seulement, tu viendras présenter ton offrande" (Matthieu 5,23-24).
Dès lors, bien-aimés pères, frères, soeurs et enfants dans le Seigneur, afin que nos prières et nos oeuvres de jeûne et de repentance puissent être agréables à Dieu et qu'elles nous gagnent l'absolution des péchés et le renouvellement de notre force intérieure, nous devons être en paix avec notre prochain.
En fait, comment nos prières, jeûnes et repentance pourraient être un sacrifice pur devant Dieu si ils proviennent de coeurs qui sont remplis de haine envers autrui? Nous devons souvent relire la Prière du Seigneur : "Notre Père... pardonne-nous nos offenses comme nous avons pardonné à ceux qui nous ont offensé." En conservant l'inimitié en nos coeurs, comment osons-nous prononcer ces paroles de la Prière du Seigneur? Est-ce que notre prière ne sonnerait pas faux? Ne serions-nous pas occupé à mentir effrontément devant Dieu? Durant les divins Offices, nous entendons souvent proclamer : "En paix, prions le Seigneur; paix à tous." Ces paroles demandent de notre part de d'abord avoir fait la paix avec tout le monde pour pouvoir approcher de la prière, de sorte que nous nous tenions devant Dieu sans colère ni fausseté. Or, lorsque la Sainte Église nous prépare pour pour la noble participation à la Divine Liturgie, elle nous rappelle aussi que la réconciliation et l'amour sont des nécessités pour notre union fructueuse avec Dieu et les uns avec les autres dans le Mystère de la Communion. "Aimons-nous les uns les autres, afin que nous puissions confesser le Père et le Fils et le Saint Esprit." Dans l'Église ancienne, pour témoigner de cet amour mutuel, les Chrétiens qui priaient durant la Divine Liturgie se donnaient les uns les autres l'accolade; à présent, cela n'est plus effectué que par les prêtres autour de l'Autel, pendant que les autres, en entendant cette exclamation, doivent établir l'amour et la paix pour tous au sein de leurs âmes. Comment oserions-nous, pères, frères et soeurs, assister ou prier à la Divine Liturgie en ayant de l'hostilité en nos coeurs, et approcher de la Communion au Corps et au Sang du Christ notre Sauveur, Qui, alors qu'Il était crucifié, priait pour Ses ennemis? Nous n'entrerons vraiment en communion avec Dieu uniquement lorsque nous aurons chassé de nos coeurs la colère et la méchanceté.
Saint Anastase le Sinaïte racontait l'histoire d'un moine qui avait mené une vie de paresse, méprisant les règles monastiques, et qui en ses derniers moments ressentit une joie spirituelle spéciale. Les autres moines en furent surpris et lui demandèrent ce qui lui amenait une telle joie. Le moine mourant leur répondit alors : "Je contemplais les saints Anges déchirant la liste de mes péchés, car bien que j'ai vécu dans l'insouciance et la paresse, je n'ai jamais condamné qui que ce soit, ni rappelé les torts commis par autrui."
Dès lors, révérends pères, frères, soeurs et enfants, nous remémorant le testament de notre Sauveur, l'appel de la Sainte Église, et alors que nous nous immergeons dans cette période de Carême si spirituellement bénéfique en suivant l'exemple des saints Pères, efforçons-nous particulièrement d'éviter entre nous l'inimitié, la haine, et la colère, et au lieu de cela, que règnent éternellement au milieu de nous la paix, l'amour, la confiance et les autres vertus Chrétiennes. Efforçons-nous de mettre en pratique dans nos vies terrestres les instructions de l'Apôtre Paul aux Chrétiens : "que le soleil ne se couche pas sur votre colère" (Éphésiens 4,26); "S'il est possible, pour autant que cela dépende de vous, vivez en paix avec tous" (Romains 12,18); "Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais triomphe du mal par le bien" (Romains 12,21), et que le Seigneur daigne nous aider durant ces saints jours.
A nouveau, je vous adresse à tous mon salut pour ce Grand Carême et je prie que chacun d'entre vous se réconcilie avec Dieu en Son image, qui est reflétée en notre prochain. Que le coeur purifié de chacun d'entre nous devienne le Vivifiant Tabernacle d'où resplendira le Seigneur Ressuscité. Que chacun voie en nos yeux et en nos vies ce Triomphe du Christ sur le mal, sur le péché, et sur tout ce qui est horrible en ce monde. Saluer la Pâques du Christ de la sorte sera la meilleure manière de prêcher la vérité de l'Orthodoxie. J'espère que nous avancerons dans cet état lumineux vers les actions canoniques qui serviront au rétablissement cette année de la paix et de l'unité au sein de l'Église Orthodoxe locale de Russie.
Que ceci soit en l'âme de chacun d'entre nous. Amen.
Dans l'amour du Seigneur, je vous demande vos prières,
+ Métropolite Laurus,
Premier Hiérarque de l'Église Orthodoxe Russe Hors Frontières






















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