Diacre John Chryssavgis: Dimanche des Rameaux, l'Entrée de notre Seigneur à Jérusalem
Diacre John Chryssavgis
Holy Cross School of Theology
Brookline, MA
Le Dimanche des Rameaux est crucial pour comprendre Pâques : l'ethos liturgique Orthodoxe a comme caractéristique l'absence de célébration impromptue. Dans notre calendrier liturgique, une fête guide vers, est une préparation pour, et est accomplie par la fête suivante. Aujourd'hui existe la tentation de perdre cette unicité de notre culte liturgique quand nous pensons à aller à l'église lors de plusieurs jours importants durant l'année mais sans pleinement comprendre leur interrelation et leur relation avec Pâques, la Fête des fêtes. Le Dimanche des Rameaux est l'avant-fête de la Résurrection; et nos hymnes y font référence comme étant "avant le commencement de la Croix."
Comme nous achevons le Grand Carême, nous entrons dans la Semaine Sainte par la célébration de 2 fêtes majeures: la résurrection de Lazare et le Dimanche des Rameaux. "L'esprit" de Carême est rompu quand nous célébrons ces 2 événements majeurs dans la vie du Christ. Au 21ème siècle, nous ne savons pas facilement apprécier comment notre Église sait se réjouir après 40 jours de solennité et de jeûne, et seulement quelques jours avant la Crucifixion du Christ. Et cependant, la joie de la Résurrection est déjà apparente. Nous commençons déjà à entr'apercevoir des rayons de cette Lumière qui, le Dimanche de Pâques, "rempli tout."
Le Samedi de Lazare, nous nous rappelons comment le Christ a déclaré la guerre à la mort; en disant les mots "Lazare, sors dehors", le Christ défie la mort face à face, en la personne de Lazare, Son ami.
Le Dimanche des Rameaux, nous nous commémorons la triomphante entrée du Christ à Jérusalem. Certes mais pourquoi avec des rameaux? Malheureusement, le Dimanche des Rameaux est devenu une grande fête pour les enfants dans la plupart des endroits parce que les enfants aiment voir, tenir et même jeter des rameaux durant les Offices. En Amérique, on n'a pas rencontré de tels problèmes, parce que nous aimons garder nos églises propres. Et dès lors, nous nous séparons des rameaux ou les déposons tous dans un coin. Alors, qu'est-ce qu'il y a d'unique avec les rameaux? Certains disent "bah! Un objet saint de plus dans l'église, ça ne peut pas faire de tort"; et d'autres "parce que c'est écrit ainsi dans la Bible." Oui, mais pourquoi? Qu'y-a-t'il d'unique dans cet événement?
Il est unique de la manière suivante : le Christ a toujours, systématiquement et radicalement évité d'être glorifié, exalté, voire même appelé "Dieu"; aussitôt que cela survenait, Il disparaissait de la foule – pensez à l'incident où les gens avaient voulu Le proclamer Roi. Et cependant, aujourd'hui, Il accepte toutes leurs salutations messianiques, "Hosanna." Il est le Messie; Il est le "Roi" – et ces termes ne sont pas tant religieux que cosmiques et politiques. Le Christ provoque tout cela parce qu'au moins pour un bref instant, Il veut montrer qu'Il est aussi Roi de ce monde, et non pas uniquement d'un autre monde, métaphysique : Son Royaume est une réalité "à venir" mais aussi "proche." C'est en tant que Roi qu'Il sera cloué à la Croix. Et les rameaux qui seront donnés à la fin de la Liturgie sont précisément un symbole de notre obéissance à Son égard, à Lui Qui va être crucifié et Qui est Roi du monde.
Aujourd'hui, le Christ organise et provoque Son combat personnel avec la mort. Comme dans le récit de la résurrection de Lazare, Jésus ne veut pas arriver trop vite et simplement guérir Lazare, mais Ses mouvement sont lents, calculés, précis... parce qu'Il n'a pas peur d'affronter la mort; aussi donc, dans la lecture de l'Évangile de ce jour, le Christ monte lentement sur un ânon et entre dans Jérusalem. Mais dans les Évangiles de Matthieu et de Marc, les détails sont encore plus précis; chaque mot a son poids; chaque mouvement est histoire; le récit progresse lentement, l'action est graduelle: voir Marc 11,1-10.
Et ainsi le Christ S'avance volontairement et sûrement vers Sa Passion et vers notre résurrection.
Dimanche des Rameaux, entrée dans Jérusalem et ZachéePsautier de Würzburg, anno 1255
Psalterium Codex 1903, folio 10r
Benediktinerstiftes, Melk, Autriche
Libellés : calendrier liturgique, Dimanche des Rameaux, divine liturgie, fête, Hosanna, Jérusalem, Lazare






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