"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

23 mars 2007

P. J. Breck: Le statut de l'enfant à naître à nouveau en cause – déclaration Orthodoxe sur l'avortement

cité par :
http://www.orthodoxytoday.org/articles/BreckSanctityofLife.php


Chaque année, fin janvier, nous commémorons le "dimanche de l'Inviolabilité de la Vie" et nous nous préoccupons du nombre tragique d'avortements aux États-Unis d'Amérique et partout ailleurs dans le monde. C'est un moment où nous avons à nouveau ce sursaut en réalisant que, pour autant que nous le sachions, les plus hauts taux d'avortements ont lieu dans des pays "Orthodoxes." Il semble dès lors approprié de se pencher à nouveau sur le "statut de l'enfant à naître" et les attitudes qui prévalent dans notre propre pays, qui permet et même encourage la destruction des enfants dans le sein maternel.

Lorsque la Chambre des Députés a approuvé le 26 avril 2001 le "fetal protection bill" [législation de protection de la maman ET de son bébé encore dans le sein maternel; ndt] MSN News a rapporté que la député Démocrate de la capitale de la nation, Eleanor Holmes Norton, avait dénoncé cette loi comme "clairement non-constitutionnelle." Elle avait précisé de la sorte les raisons de son jugement : la loi "définit le statut du foetus comme étant celui d'une personne, ce qui est une flagrante violation de la décision du jugement Roe v. Wade."
Cette législation, forgée par feu le membre de la Haute Court de Justice Harry Blackmun, affirmait que le mot 'personne' tel qu'utilisé dans le 14ème Amendement [de la Constitution US] n'incluait pas l'enfant à naître."

Dans une dénonciation similaire du "fetal protection bill", le NARAL (National Abortion Rights and Reproductive Action League – un groupe partisan du droit à tuer l'enfant à naître à tous les stades de son développement; ndt), rejoint par le Planned Parenthood [Planning Familial, équivalent en idéologie à celui de Belgique; ndt] et d'autres groupes pro-avortement, déclara que la législation donnerait des droits au foetus "séparés et égaux à ceux de la femme et digne de protection légale..."

Aussi clairement que ne l'avait faite la décision "Roe v. Wade", la loi "fetal protection bill" nous a forcé à reconsidérer le statut, tant légal que moral, de l'être humain à naître, de la conception à la naissance.

Apparemment, la loi ne visait qu'à criminaliser l'acte de blesser ou de tuer le foetus d'une femme enceinte au cours d'un acte violent commis contre sa personne à elle. Le coupable pourrait, en d'autres termes, être inculpé de 2 crimes séparés, un contre la femme, et un second contre l'enfant qu'elle porte. Dans les faits, cette législation a simplement établi en termes modernes ce que les anciens Israélites acceptaient comme loi il y a 3.000 ans d'ici : "Lorsque des hommes, au cours d'une querelle, viennent à heurter une femme enceinte et provoquent un avortement, sans autre accident, ils seront passibles d'une indemnité... Mais s'il y avait d'autres dommages, il faudra rendre vie pour vie, oeil pour oeil, dent pour dent..." (Exode 21,22-25).

Les exégètes ne sont pas d'accord entre eux quant à qui exactement est victime dans ce passage. Une lecture comprend l'enfant étant mort du fait de fausse-couche, dès lors le souci n'est que pour la femme. Dans ce cas, on pourrait argumenter que le foetus n'a pas de statut légal. Une autre lecture affirme que le passage parle d'un acte qui mène à une naissance prématurée, et que le dommage en question se réfère à l'enfant. Si cette lecture est correcte, l'enfant à naître est implicitement reconnu comme étant pleinement humain et méritant protection légale.

En tout cas, la Septante, traduction grecque de l'Ancien Testament, datant du 3ème siècle avant Jésus-Christ, comprend bien clairement que la victime du dommage, c'est l'enfant à naître. Une distinction est faite entre le foetus "formé" et le "non-formé" : si l'enfant est né dans un état "non-formé", la personne qui a porté le coup doit payer un dédommagement déterminé par le mari de la femme. Cependant, si l'enfant est formé, l'agresseur souffrira des dommages équivalents à ceux soufferts par l'enfant, y compris la mort.

Dès lors, d'après la Loi mosaïque, provoquer une fausse-couche fatale d'un foetus près du terme mérite la peine de mort.

Cette ancienne législation fait partie du Livre de l'Alliance qui a formaté les perspectives morales Juives et Chrétiennes jusqu'à nos jours. La vision morale d'Israël a été transformée et élevée par le Christ, Qui a appelé dans le Sermon sur la Montagne (Matthieu 5-7) et en d'autres endroits à atteindre ce qui a été appelé une "plus grande justice" que celle des Pharisiens. Et cependant, la Nouvelle Loi du Christ est en pleine continuité avec la Loi de Moïse.

La science et la politique ne se mélangent en général pas mieux que l'eau et l'huile. Bien que l'embryologie puisse confirmer que la vie humaine existe dès la conception tant génétiquement qu'au niveau devéloppemental, le souci d'apaiser les partisans du "libre-choix" (d'avorter le bébé; ndt) a mené les 3 branches du gouvernement à préserver le "droit" même à des procédures récentes telle que "l'avortement après naissance partielle", un acte de barbarie même pas déguisée.

Bien que nombre d'opposants à l'avortement tentent de faire annuler "Roe v. Wade" et législations similaires, travaillant depuis le point de départ, il pourrait s'avérer plus efficace de changer la méthode et de commencer par les pratiques les plus flagrantes dans le commerce de l'avortement. Le président G.W Bush a exprimé une claire opposition aux avortements après naissance partielle. S'ils pouvaient être déclarés hors-la-loi, ce serait un grand pas en direction d'une confirmation de ce que les traditions Juives et Chrétiennes ont toujours su : que la vie dans le sein maternel est vie humaine, méritant protection légale. Alors il serait nécessaire de travailler en remontant progressivement vers le début des choses, pour finalement éradiquer de l'esprit du public la fausse distinction entre "enfant", "foetus" et "embryon."

La science opère sur base de la connaissance; la politique opère sur base de pressions. Il dépend de chacun d'entre nous d'appliquer ces pressions, de manière appropriée et pacifique mais très ferme et acharnée. Alors nous pourrions pour finir sortir de ce moment tragique de notre histoire, moment marqué par un niveau d'égocentrisme qui permet de sacrifier la vie humaine à ses débuts aux intérêts du clônage, à la collecte de cellules souches embryonnaires, et à l'infanticide de naissance partielle. Et finalement nous pourrions reconnaître et affirmer, tant à travers la politique publique que par la conviction religieuse, que le "statut de l'embryon" n'est rien de moins que le statut dont nous bénéficions nous-mêmes, en tant que citoyens dotés de droits inaliénables, et en tant que personnes dotées de l'Image de Dieu.

L'archiprêtre Jean Breck est professeur d'Exégèse Biblique et de Bio-éthique à l'Institut de théologie Orthodoxe Saint-Serge à Paris.

*-*-*-*

"Étapes finales d'un avortement après naissance partielle":
("Final Stage of a Partial-Birth Abortion")

http://www.nrlc.org/abortion/pba/PBA_Images/PBA_Images_Heathers_Place.htm

(cliquez sur l'image - âmes sensibles, s'abstenir)

A (re)lire :

Avortement et prière de l'Eglise – un prêtre en Sibérie innove


Le peuple des avortés et l'Église du Christ, réflexions du hiéromoine Savatie, références canoniques et patristiques, etc

Marche pour la Vie: un primat Orthodoxe participe pour la 19ème année consécutive

Orthodoxie, saint prophète Amos, crime d'avortement et marche pour la Vie - l'Église Orthodoxe envoie un message clair, tant en paroles qu'en actes.

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