"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

01 mars 2007

Saint David de Galles et saint Aubin d'Angers, pères de notre Église

source de l'Icône : Aidan Art Icons

Pourquoi m'intéresser à saint David et au Pays de Galles? Dans le grand tourbillon des invasions barbares et subséquents déplacements de populations locales, les anciennes tribus celtiques vont maintes fois tourner entre Continent et Îles Brittoniques, et là entre les terres face au Continent et la Cornouailles et le Pays de Galles. Saint Samson de Dol et nombre de "pères de la Bretagne" (dont les 7 saints fondateurs) viendront ainsi à travers mer de Grande Bretagne vers la Petite Bretagne, chassés par les invasions des Saxons.
La Gaule Belgique, ancienne terre celtique, ne fera pas exception dans le grand mouvement. Ceux qui partiront un jour quelque part, 2 ou 3 générations plus tard, leurs descendants reviendront au point de départ ancestral, et recommenceront l'évangélisation, souvent avec ferveur. Progressivement, les siècles passant, les dialectes d'origine se perdront, le roman et le teuton deviendront nos langues, les ancêtres du français et du flamand (et de l'allemand) qui sont encore de nos jours les langues nationales – Parenthèse : il faut être vraiment volontairement inculte pour aller prétendre que le pays n'aurait que 176 ans d'existence et pas de fondement socio-culturel et historique, passons.... Pour ne rien dire du fondement spirituel, Orthodoxe bien sûr vu sa si haute antiquité.
On retrouve de manière irréfutable cet important détail linguistique dans la vie de saint Mommelin, le successeur de saint Éloi sur le siège épiscopal de Tournai-Noyon. Il est bien précisé, ce bilinguisme requis pour gérer son immense diocèse couvrant plus du tiers de l'actuelle Belgique..
Cependant, vers la même époque, un saint Feuillen et ses frères saint Fursy et saint Ultan pourront venir, au moins pour le premier et le dernier s'installer chez nous, fondant leur monastère sur l'emplacement de la future Fosses-la-Ville. Ce n'est pas en causant un latin que seuls les érudits causaient encore qu'ils auraient pu ré-évangéliser la région! Le fond celtique était donc encore, nécessairement, présent à l'époque. D'où l'intérêt évident pour saint David de Galles, dont le monastère formera - comme ceux d'Irlande - tant de ces grands évangélisateurs qui reviendront semer la Bonne Nouvelle du Royaume, sentant bons les vertus du Christ et répandant la joie céleste autour d'eux, réensemençant les terres de leurs cousins ou lointains ancêtres, selon les cas.
majestueuse croix celtique sur la place publique de Saint David, Pays de Galles
Le Jour de la saint David – 1er mars 2007
Dewi Sant (en gallois) ou Saint David est le saint patron du Pays de Galles.

Saint David a vécu au 6ème siècle, mais les récits de sa vie ne furent mis par écrit en détail que près de 500 ans après sa mort. De ce fait, la fiabilité de l'information le concernant peut être sujette à caution. Cependant, voici ci-dessous quelques faits qui sont indiscutables.
Dewi Sant ou Saint David, patron du Pays de Galles, dessin contemporain le montrant occupe a precher

* Saint David a existé

* Il fut au coeur de l'Église Galloise au 6ème siècle

* Il provenait d'une famille aristocratique de l'ouest du Pays de Galles

* Sa mère était une sainte - sainte Non

* Son maître fut aussi un saint – saint Paulin

* Il a fondé un grand monastère dans l'ouest du Pays de Galles

* Il fut un des anciens saints qui ont aidé à répandre le Christianisme parmi les tribus Celtiques païennes de l'Ouest de la Grande Bretagne

* Il devint archevêque du Pays de Galles, mais resta dans sa communauté à Menevia (à présent appelée Saint Davids)

* Il a activement lutté contre l'hérésie Pélagienne

* Son tombeau devint un célèbre lieu de pèlerinage; 4 visites au tombeau de saint David étaient considérées comme équivalant à 2 à Rome et une à Jérusalem.

David est né près de Capel Non (Chapelle de Non), sur la côte sud-ouest du Pays de Galles. Né de lignée royale, le père de David était le prince de Ceredigion, et sa mère, Non, la fille d'un chef local. Il fut élevé dans un monastère par Paulin, un moine aveugle et un récit affirme que David aurait guéri cette cécité en traçant le Signe de la Croix. Réalisant que David possédait un don de guérison, Paulin l'envoya comme missionnaire pour répandre la Parole du Christ.

David était aussi connu sous le nom de Dewi Ddyfrwr (David le buveur d'eau) parce qu'il ne buvait jamais rien d'autre. Il fonda 12 monastères dont un à Glyn Rhosyn (Rose Vale) sur la rivière Alue – à présent l'emplacement de la ville de Saint David. On dit que dans un de ces monastères, les moines tentèrent de l'empoisonner parce qu'il était sévère envers eux, et que bien qu'il fut averti, il décida de continuer le repas mais bénit le pain empoisonné avant de le manger – et il vécut. Il y a tant d'histoires à son sujet, comme la plus célèbre, celle du Synode à Llanddewi Brefi où ils étaient à débattre pour savoir si David devrait devenir archevêque. Une telle foule était rassemblée que lorsque David commença à parler, une clameur s'éleva "nous n'arriverons pas à le voir ou à l'entendre ." Soudain, le sol remonta, permettant à tous de voir et d'entendre David, et naturellement, il devint archevêque.

Le 1er mars 589 a été donné comme date de la mort de David et il fut enterré là où la cathédrale se trouve à présent dans la ville de Saint David. Il a été canonisé en 1120 [*] quand le jour de Saint David a commencé à être célébré, et Saint-David devint un lieu de pèlerinage – sa sainteté était telle qu'on disait que 4 visites équivalaient à 2 à Rome et une à Jérusalem.

Quoique disent les légendes, saint David a été et demeure une figure-clé dans l'histoire galloise. Le jour de la Saint David est célébré dans tout le Pays de Galles par les écoles, et les associations culturelles organisent des événements spéciaux et des offices religieux. Traditionnellement, on porte un poireau ou une jonquille sur le revers de son manteau et les jeunes filles s'habillent en costume national qui consiste en un grand chapeau noir, une cape à volants blanche et un long vêtement noir qui remonte au 18ème siècle.

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[*] Canonisation - Note très importante du traducteur : La méconnaissance de ce qu'est vraiment l'Église fait que les gens, en Occident, prennent tel ou tel fait accompli par tel ou tel personnage portant un costume d'apparence religieuse comme si c'était vraiment un acte de l'Église. Et pourtant, notre Occident a inventé le dicton "l'habit ne fait pas le moine". Visiblement, depuis mille ans, il l'a déjà oublié...
Ce dont parlent les auteurs des textes traduits ci-dessus et ci-dessous, c'est de la "canonisation" hétérodoxe.. puisque saint David était d'ores et déjà vénéré dans l'Église locale, orthodoxe, du Pays de Galles, bien avant l'invasion du pays par les troupes à la solde hétérodoxe. Mais c'est une autre (et triste) histoire. C'est important, puisque l'Église ne vénère ni ne saurait vénérer ceux qui n'y ont pas appartenu, ou qu'elle n'a pas, elle, reconnu pour saints selon ses voies souveraines propres. Les autres font ce qu'ils veulent, l'Église ne les juge pas, mais on ne s'en mèle pas non plus ni n'introduit dans l'Église ce qui lui est étranger, ce sont de simples principes de la Foi de l'Église depuis toujours.

Une preuve que saint David était déjà canonisé? Le Martyrologe d'Oengus, Irlande, 8ème siècle. A la date du 1er mars, il mentionne:
"Saints Senan d'Inis Cathaig, Moinenn, Moïse (ou Moïsi ou Maïsi) moine d'Égypte, David (ou Dauid) de Cell Muine des Britons du Sud [= Pays de Galles]
Aux calendes du mois de mars - ils ne font pas mauvaise oeuvre, ceux qui adressent leurs prières à ceux-ci - Senan, Moinenn, Moïse, David de Cell Muini."
Il était donc déjà vénéré non seulement hors de sa terre natale, mais en plus était présent dans le calendrier liturgique officiel de l'Église dans ces régions. Ce qui est bien la marque d'une canonisation, c'est irréfutable.


icone grecque-orthodoxe de saint David, patron du Pays de GallesDEWI SANT, saint patron du Pays de Galles
Icône de G. Papageorgiou
Orthodox Church of the Holy Protection, Blaenau Ffestiniog


Saint David et le Jour de la Saint David.

Adapté d'un exposé donné à une rencontre hebdomadaire l'OICCU (Oxford Inter-Collegiate Christian Union), au Regent's Park College, lundi 28 février 1994.

Si vous avez assez de bonheur pour venir au Pays de Galles le 1er mars, vous trouverez le pays dans une atmosphère festive. Quiconque se respecte, homme, femme et enfant, célébrera le Jour de Saint David d'une manière ou d'une autre. Mais qui était saint David, et en quoi est-il si important pour les Gallois? Et pourquoi célèbre-t'on la Saint David de nos jours au Pays de Galles?

Saint David, ou Dewi Sant comme on dit en gallois, est le saint patron du Pays de Galles. Ce fut un moine Celtique, puis abbé et évêque, qui vécu au 6ème siècle. Durant sa vie, il fut archevêque du Pays de Galles, et a été un de ces nombreux très antiques saints qui ont aidé à répandre le Christianisme au milieu des tribus Celtiques païennes dans l'ouest de la Grande Bretagne.

Pour les détails de la vie de Dewi, on dépend principalement de son biographe, Rhigyfarch. Il a composé Buchedd Dewi (Vie de David) au 11ième siècle. Gerallt Gymro (Giraldus Cambrensis), qui a écrit un livre à propos de ses voyages à travers le Pays de Galles au 12ème siècle, donne aussi quelques informations sur le début de la vie de Dewi.
Dewi est mort au 6ème siècle, donc près de 500 ans se sont écoulés entre sa mort et les premiers manuscrits rapportant sa vie [du moins encore existants; ndt]. Dès lors, on ne sait pas clairement quelle proportion de la vie de Dewi tient plus de la légende que du fait.

Cependant les 2 sources disent, et dès lors nous pouvons en être relativement certains, que David était un homme très doux, menant une vie frugale [ascète; ndt]. Il est dit qu'il se nourrissait principalement de pain et d'herbes – probablement du cresson de fontaine, qui était largement consommé à l'époque. Malgré ce régime supposé, fort limité, il est dit qu'il était grand et physiquement fort.

On dit que Dewi était de lignée royale. Son père, Sant, était fils de Ceredig, qui était prince de Ceredigion, une région du sud-ouest du Pays de Galles. Sa mère, Non, était la fille d'un chef local. Une légende dit que Non était aussi la nièce du roi Arthur.

Dewi naquit près de Capel Non (Chapelle de Non), sur la côte sud-ouest du Pays de Galles, près de l'actuelle ville de Saint David. Nous savons fort peu de son enfance – il fut élevé dans un monastère appelé Hen Fynyw, son maître étant Paulinus, un moine aveugle. Dewi y resta quelques années avant de partir avec un groupe de disciples pour ses voyages missionnaires.

Dewi partit au loin durant ses voyages missionnaires à travers le Pays de Galles, et il y fonda plusieurs églises. Il partit aussi pour le sud et l'ouest de l'Angleterre et la Cornouailles, de même que la Bretagne. Il est aussi possible qu'il ait visité l'Irlande. Deux de ses amis, saint Paterne et saint Teilo, l'auraient souvent accompagnés dans ses voyages, et ils auraient entrepris le pèlerinage de Jérusalem pour y rencontrer le patriarche.

Parfois, David est appelé en gallois "Dewi Ddyfrwr" (David le buveur d'eau) et en effet, l'eau était une partie importante de sa vie – on dit qu'il ne buvait rien d'autre. Parfois, à titre de punition auto-infligée, il se tenait plongé jusqu'au cou dans un lac d'eau froide, récitant l'Écriture. Rien d'étonnant que certains auteurs aient considéré Dewi comme un Puritain avant l'heure.

Il fonda un monastère à Glyn Rhosyn (Vallée de la Rose) sur les bords de la petite rivière Alun, où de nos jours on trouve la ville cathédrale de Saint David. La communauté monastique fondée par David était très stricte, les frères ayant à travailler très dur en plus de la prière et de la célébration des messes. Ils devaient se lever au matin très tôt pour les prières et ensuite travailler très dur pour aider à maintenir la vie au monastère, cultivant la terre et même tirant la charrue. Ils pratiquaient plusieurs types de métiers – l'apiculture était particulièrement importante. Les moines devaient veiller à avoir de quoi se nourrir eux ainsi que les nombreux pèlerins et voyageurs qui avaient besoin d'un logis. Ils avaient aussi à nourrir et à vêtir les pauvres et les nécessiteux de leur voisinage.

Il y a beaucoup d'histoires à propos de la vie de Dewi. On dit qu'il ressuscita un jour un jeune d'entre les morts, et les étapes au cour de sa vie furent marquées par l'apparition de sources d'eau. Ces événements sont sans doutes plus apocryphes que réels [l'auteur n'est clairement pas Orthodoxe! Ndt], mais sont si bien connus des écoliers parlant gallois que cela mérite mention.

Probablement que la plus connue des histoires au sujet de la vie de Dewi est celle qui aurait eu lieu au Synode de Llanddewi Brefi. Ils devaient décider si Dewi allait devenir archevêque. Une grande foule s'était rassemblée au Synode, et lorsque Dewi se leva pour parler, l'assemblée cria "nous n'arriverons pas à le voir ou à l'entendre ." A l'instant, le sol remonta, permettant à tous de voir et d'entendre David. Et sans surprise, il fut décidé peu après que Dewi serait archevêque..

On affirme que Dewi vécu plus que centenaire, et il est généralement accepté qu'il mourut en 589. Ses dernières paroles adressées à ses disciples furent dans un sermon sur le dimanche précédent. Rhigyfarch les transcrit ainsi : Soyez joyeux et gardez votre foi et votre credo. Faites ces petites choses que vous m'avez vu faire et dont j'ai parlé. Je marcher sur le chemin sur lequel nos pères ont marché avant nous."
"Faites ces petites choses" ('Gwnewch y pethau bychain'), de nos jours, c'est une phrase bien connue en gallois, et elle s'est montrée source d'inspiration pour beaucoup. Le mardi 1er mars 589, on dit que le monastère fut rempli "d'Anges pendant que le Christ recevait son âme."

Le corps de Dewi fut enterré dans l'enceinte de son propre monastère, où se trouve à présent la cathédrale de Saint David. Après sa mort, son influence grandit au loin – d'abord à travers la Grande Bretagne, le long de ce qui subsistait de voies Romaines, et par mer vers la Cornouailles et la Bretagne.

Le Jour de la Saint David, tel que célébré de nos jours, remonte à 1120, lorsque Dewi fut canonisé par le pape Callixte 2 (Callactus II), et le 1er mars inclut dans le calendrier ecclésial [* grosse erreur, voir plus haut; ndt]. Après la canonisation de Dewi, nombre de pèlerinages furent organisés à Saint-David, et il fut rapporté que 2 pèlerinages là valaient un à Rome, et 3 valaient un à Jérusalem. Le 1er mars fut célébré jusqu'à la Réforme Protestante comme jour saint. Nombre d'églises sont dédiées à Dewi, et certaines à sa mère Non.

On n'est pas certain de ce qui, dans l'histoire de saint David, relève du fait et de ce qui n'est que simple spéculation. Fin 1996, on a retrouvé des ossements dans la cathédrale Saint David et certains ont affirmés qu'ils étaient ceux de Dewi. Malheureusement, par la suite, on a découvert que c'était des restes médiévaux.

Nonobstant cela, saint David était et est un personnage très important pour les Gallois. Dès lors, bien entendu, le Jour de la Saint David est un temps de grande célébration au Pays de Galles. Les associations de tout le pays célèbrent avec des rencontres et événements spéciaux. Au St. David's Hall, Cardiff, chaque 1er mas, il y a un concert donné par un choeur de mille hommes, spécialement rassemblé pour l'occasion. Les choeurs mâles s'en vont dans tous les coins de la planète le Jour de la Saint David, pour divertir les communautés galloises. J'ai mes propres souvenirs, bien vivaces, des souvenirs très spéciaux de la Saint David quand j'étais enfant, qui sont représentatifs de comment la Saint David se fête dans les écoles galloises.

Je dois dire que j'ai eu la chance de naître dans une famille parlant gallois. Ma langue maternelle est le gallois, et ce n'est que lorsque j'ai des visiteurs anglophones qu'on entend le moindre anglais dans ma maison. Naturellement, j'ai suivit les cours dans une école galloise, où tout est enseigné en gallois, sauf l'anglais.

Il y a 14 siècles d'ici, saint David lui-même parlait une ancienne forme de gallois, et le saint était devenu synonyme de la conservation du langage en tant que langue vivante, ainsi que de tout ce qui est bon dans l'art de vivre gallois. Le gallois est une des plus vieilles langues vivantes d'Europe, et bien qu'il ait été opprimé des siècles durant, il a refusé de mourir et est vivant et en pleine croissance de nos jours. Les écoles moyennes galloises, dont on a refondé beaucoup d'établissements au cours des 4 dernières décennies, ont joué un rôle important pour faire de cette langue la langue usuelle, plutôt que de rester une langue académique.

jeunes gens en costume gallois pour la Saint DavidA l'école primaire, la Saint David commençait par un office religieux dans une des chapelles ou églises à Carmarthen. Nous allions à l'école revêtus de nos costumes gallois. Les filles étaient charmantes dans un "pais a betgwn" – une jupe avec une cape faite de flanelle galloise, et un haut chapeau de laine, porté par-dessus un bonnet blanc brodé. Les garçons portaient une chemise blanche à jabot et volants de manches, un gilet de flanelle galloise, une culotte noire, de longues chaussettes noires et des chaussures noires. Pour compléter le tout, nous portions un haut chapeau de laine. J'ai porté avec fierté mon costume national jusqu'à l'âge de 7 ans, et ensuite... j'ai dû être forcé pour le faire.. Par la suite, j'ai porté un gilet de flanelle galloise en honneur de ce grand jour.

Les élèves marchaient à travers la ville, guidés par le maire et les dignitaires publics. Les gens se rassemblaient pour nous voir passer et nous applaudissaient. Peu se rendaient compte que nous jeunes Gallois, fils et filles du Pays de Galles, nous étions presque gelés à mort ces matins-là. Après tout, une chemise blanche c'était bien peu pour se protéger des vents glacés d'un matin de mars, malgré le pull de laine que nous portions en dessous. S'il pleuvait, nous étions encore plus malheureux. Pour rajouter à notre inconfort, les églises et chapelles étaient plus froides, et les offices longs. Dewi était très strict sur la discipline : il aurait été fier de nous.

petits enfants en costume traditionnel gallois, pour la Saint DavidMais nous retournions à l'école pour un bol de "cawl" – ou "leek broth" [bouillon de poireaux; ndt] : repas traditionnel de la Saint David. Après le repas, nous dansions des danses galloises, chantions des chants du folklore gallois et récitions des poèmes gallois. Le sommet de la journée était le verdict de la compétition du plus de poireau avalé, mais je n'ai jamais envié le gagnant, parce qu'il était acclamé par un "remange encore de ton poireau." Là aussi, Dewi aurait approuvé, car comme vous vous souviendrez probablement, il était aussi végétarien.

Pour l'école secondaire, qui était aussi galloise, ce n'était plus obligatoire de porter le costume gallois le jour de la Saint David. Mais nous célébrions encore : nous organisions un Eisteddfod – un festival de compétition de chant, danse et récitation. Il durait toute la journée et s'achevait par une compétition inter-maison de choeur. Et inutile de le dire, toutes les compétitions étaient en gallois.

J'espère qu'à présent vous avez quelqu'idée de qui était saint David, et pourquoi il est si important pour les Gallois. Les paroles de Dewi traversent encore les âges. Alors peut-être qu'au fur et à mesure que nous avançons dans notre vie, nous serions avisés de nous souvenir de ses dernières paroles, et de "Faire ces petites choses."

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Notez que c'est tout de même cocasse que de considérer comme "traditionnel" quelque chose qui est venu, au Pays de Galles, remplacer ce qui était vraiment traditionnel. Parce que bon, ces costumes, c'est l'héritage des Puritains Protestants, pas de la culture galloise de haute antiquité!

Cuisine - (hors Carême sauf en la Saint David :-) - à tester:
le Welsh Cawl à l'agneau


http://www.bbc.co.uk/wales/ilovewales/sections/food/cawl.shtml



croquis de fondation monastique dans l'Orthodoxie Celtique au temps de saint David, patron du Pays de GallesCroquis d'un type de fondation monastique galloise de son époque
source : http://www.saintdavid.org.uk


La cathédrale Saint David est certes posée sur l'emplacement du monastère original de saint David, mais les plus anciens éléments sont tous de la période hétérodoxe, la structure, l'esprit même de sa réalisation, n'a plus rien à voir avec le père Orthodoxe du Pays de Galles. C'est beau, mais l'esprit des Pères est absent.
Source des photos de la cathédrale & croix
http://www.galenfrysinger.com/wales_saint_david.htm


source de l'Icône : Aidan Art Icons



synaxaire de mars en slavon, époque medievaleLe 1er mars, comme tous les jours, il y a des milliers et des milliers de saintes et saints Orthodoxes à fêter, une telle richesse est impossible à cataloguer en entier. On regardera par exemple chez nos Pères vers saint Aubin d'Angers, en Bretagne, dont voici une photo d'ancien vitrail à la collégiale de Guérande (Gwenrad). C'est un grand saint et artisan de paix dont voici la vie romancée racontée en français de 1636 :
http://perso.orange.fr/pennker/saints/saubin.htm

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