Saint Materne

Vagues-à-l'âme d'un ami des vraies racines de la Belgique Chrétienne

scribe saint Baudemont, biographe de saint Amand


"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

29 avril 2007

Actes2-22: le Salut n'est que dans l'Église, oui, mais dans laquelle? - Pâques III Rite Orthodoxe Occidental EORHF

Actes d'Apotres, saint Pierre preche a JerusalemMatines :
Psaumes 123, 124, 125, 126, 127
Isaïe 57,1-20
Actes d'Apôtres 2,22-47
"Israélites, écoutez ces paroles : Jésus de Nazareth, cet homme à qui Dieu a rendu témoignage devant vous, par les miracles, les prodiges et les signes qu'Il a opérés par Lui au milieu de vous, ainsi que vous le savez, cet homme qui fut livré, selon le dessein arrêté et la prescience divine, vous L'avez fait mourir en le clouant à la Croix par la main des impies. Mais Dieu L'a ressuscité; Il L'a délivré des liens de la mort, parce qu'il n'était pas possible qu'elle Le retînt en son pouvoir. David dit de Lui : Je voyais constamment le Seigneur près de moi, parce qu'Il Se tient à ma droite pour que je ne sois pas ébranlé. C'est pourquoi mon coeur est en joie et ma langue est dans l'allégresse, ma chair même reposera dans l'espérance; car Tu n'abandonneras point mon âme dans le séjour des morts, et Tu ne permettras point que Ton Saint connaisse la corruption. Tu m'as fait connaître les sentiers de la vie; Tu m'as rempli de joie par la vision de Ton visage (Ps. 15,8-11). "Frères, qu'il soit permis de parler sans détour du patriarche David : il est mort, il a été enseveli, et son tombeau existe aujourd'hui parmi nous. Mais il était prophète et savait que Dieu lui avait promis avec serment de faire asseoir sur son trône un de ses descendants. C'est donc la Résurrection du Christ qu'il a prévue et annoncée par ces mots: Il n'a point été abandonné dans le séjour des morts, et Sa chair n'a point connu la corruption. "C'est ce Jésus que Dieu a Ressuscité : nous en sommes tous témoins. Élevé alors par la droite de Dieu, Il a reçu du Père l'Esprit-Saint Qui avait été promis et L'a répandu, et c'est cela que vous voyez et entendez. Car David, lui, n'est pas monté aux Cieux, mais il dit lui-même : Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Assieds-Toi à ma droite jusqu'à ce que J'aie fait de Tes ennemis un escabeau pour Tes pieds (Ps. 109,1). Que toute la race d'Israël sache donc avec certitude que Dieu a constitué Seigneur et Christ ce Jésus que vous avez crucifié."
Ces paroles les touchèrent jusqu'au fond du coeur. Ils dirent à Pierre et aux autres Apôtres : "Frères, qu'avons-nous à faire?" Pierre leur répondit : "Convertissez-vous; que chacun de vous se fasse baptiser au Nom de Jésus Christ pour la rémission de vos péchés, et vous recevrez le don du Saint-Esprit. Car la promesse est pour vous, pour vos enfants et pour tous ceux qui entendront, au loin, l'appel du Seigneur notre Dieu."
En beaucoup d'autres paroles encore, il leur adressait les plus pressantes exhortations : "Sauvez-vous du milieu de cette engeance perverse!" Ceux qui accueillirent ses paroles reçurent le Baptême. Ce jour-là, le nombre des adeptes s'éleva à 3.000 environ. Ils se montraient assidus à l'enseignement des Apôtres, aux réunions communes, à la fraction du pain et aux prières. Devant les nombreux prodiges et miracles opérés par les Apôtres, la crainte était dans tous les coeurs. Tous les fidèles vivaient unis, et ils mettaient tout en commun. Ils vendaient leurs terres et leurs biens et ils en partageaient le prix entre tous d'après les besoins de chacun. D'un seul coeur, ils fréquentaient quotidiennement le temple. C'est à la maison qu'ils rompaient le pain et prenaient leur nourriture avec joie et simplicité de coeur. Ils louaient Dieu et jouissaient de l'estime publique. Et le Seigneur accroissait tous les jours le nombre de ceux qui étaient sur le chemin du Salut."
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COLLECTE POUR DIMANCHE PÂQUES III
Dieu Tout-Puissant, Qui a montré à ceux qui étaient dans les ténèbres de l'erreur la lumière de Ta Vérité, afin qu'ils reviennent sur le chemin de la justice : Accorde à tous ceux qui sont admis dans la fratrie du Christ, qu'ils parviennent à rejeter toutes choses contraires à leur profession de foi, et s'attacher à toutes choses qui sont conformes à cette même profession. Par notre Seigneur et Sauveur, Jésus-Christ, Qui vit et règne avec Toi et le Saint Esprit, Dieu Un, pour les siècles des siècles.

Divine Liturgie :
Épître : 1 Pierre 2,11-17
Évangile : Saint Jean 16,16-22

HOMÉLIE DU 3ÈME DIMANCHE APRÈS PÂQUES
La deuxième lecture des Matines nous rapporte un des événements qui ont suivit la Résurrection de notre Seigneur. Un certain nombre de personnes écoutaient les Apôtres, lorsque Pierre s'adressa à cette foule. Après qu'il leur eut parlé, ils lui demandèrent "que devons-nous faire?" Alors Pierre leur dit "Convertissez-vous; que chacun de vous se fasse baptiser au nom de Jésus Christ pour la rémission de vos péchés, et vous recevrez le don du Saint-Esprit. Car la promesse est pour vous, pour vos enfants et pour tous ceux qui entendront, au loin, l'appel du Seigneur notre Dieu." Et Pierre continua "Sauvez-vous du milieu de cette engeance perverse!" Ceux qui accueillirent ses paroles reçurent le baptême. Ce jour-là, le nombre des adeptes s'éleva à 3.000 environ. Ils se montraient assidus à l'enseignement des apôtres, aux réunions communes, à la fraction du pain et aux prières." Et la crainte était dans tous les coeurs.
Ces Apôtres étaient la fondation de l'Église. C'était le tout début, le commencement de l'Église – et nous voyons ici le développement qui n'a pas changé depuis lors jusqu'à nos jours. Les gens réalisaient qu'ils devaient rejoindre la véritable Église, cette Église que Jésus Lui-même avait créée. Et de même que nous savons de nos jours qu'il n'y a qu'une seule Église qui a réellement été fondée par Jésus-Christ, à savoir l'Église Orthodoxe, ces gens d'alors savaient, dès le tout début, qu'ils avaient à être avec les Apôtres.
Le texte de la Bible dit: "Ils se montraient assidus à l'enseignement des apôtres, aux réunions communes, à la fraction du pain et aux prières." Ce qui veut dire qu'ils s'en tenaient exactement à l'enseignement des Apôtres – ni plus ni moins – et qu'ils étaient dans l'Église. De nos jours, nous savons qu'il y a nombre de groupes qui s'appellent eux-mêmes Chrétiens, et qui cependant ont ajouté des éléments à l'enseignement des Apôtres – et il y a encore plus de petits groupes qui ont carrément enlevé des parties des enseignements des Apôtres. Cependant, nous savons aussi que l'Église, à savoir l'Église Orthodoxe, est toujours demeurée fidèle aux enseignements du Christ et de Ses Apôtres. Nous savons qu'elle seule peut tracer une succession ininterrompue jusqu'au Christ Lui-même. Nous savons qu'Il n'a pas nommé un homme pour diriger le monde en Son Nom. Au contraire, Il a dit que les princes de ce monde nommaient de tels puissants, mais que Lui ne le faisait pas. Nous savons aussi qu'il y a des gens très désagréables qui ne suivent pas les enseignements du Christ dans leur propre vie, mais qui nous causent des problèmes quand nous essayons de suivre Ses enseignements et quand nous décidons de faire partie de l'authentique Église du Christ. Nous devons être prudents avec de telles personnes, qui peuvent être des gens que nous aimons, des amis, des collègues de travail; nous devons être prudents quand ils tentent d'interférer avec ce que nous avions décidé de faire. Nous ne devrions pas les écouter. Notre décision est prise entre Dieu et nous. Être dans l'Église, cela veut dire être sauvé. La Bible utilise des phrases comme "ceux qui voulaient être sauvés", ou "ceux qui devaient être sauvés." Elle parle de ceux qui avaient rejoint l'Église. Les autres restaient hors de l'Église – dans d'autres groupes, qui croyaient d'autres choses. Il en a toujours été ainsi depuis lors. Il y a des gens – et même de très grands groupes – qui s'appellent eux-mêmes Chrétiens, mais qui refusent d'enseigner la même chose que ce que l'Église du Christ enseigne. Ils contredisent l'Église, et pourtant, ils osent s'appeler eux-mêmes Chrétiens. Nous devrions nous méfier de ces gens, et ne pas les laisser nous égarer hors du chemin de l'Église.

Méditation
Saint Dorothée de Gaza (discours & paroles, chapître 4 "de la divine crainte", § 47)


47. Saint Jean dit dans les épîtres catholiques "L’amour parfait bannit la crainte" (1 Jn 4, 18). Que veut-il nous signifier par là? De quel amour parle-t-il, et de quelle crainte? Car le Prophète dit dans le Psaume : "Craignez le Seigneur, vous tous, Ses saints" (Ps. 33, 10), et nous trouvons dans les saintes Écritures mille autres passages semblables. Si donc les saints qui aiment ainsi le Seigneur, le craignent, comment saint Jean peut-il dire : "L’amour bannit la crainte"? Il veut nous montrer qu’il y a 2 craintes, l’une initiale, l’autre parfaite; la première étant celle des débutants dans la piété, pourrait-on dire, l’autre, celle des saints parvenus à la perfection et au sommet du saint amour. Quelqu’un, par exemple, fait la volonté de Dieu par crainte des châtiments c’est encore un débutant, comme nous le disions, il ne fait pas le bien pour lui-même, mais par crainte des coups. Un autre accomplit la volonté de Dieu parce qu’il aime Dieu Lui-même et qu’il aime tout spécialement Lui être agréable. Celui-là sait ce qu’est le bien, il connaît ce que c’est que d’être avec Dieu. Voilà celui qui possède l’amour véritable, "l’amour parfait" comme dit saint Jean, et cet amour le porte à la crainte parfaite. Car il craint et il garde la volonté de Dieu, non plus à cause des coups ni pour éviter le châtiment, mais parce qu’ayant goûté la douceur d’être avec Dieu, comme nous l’avons dit, il redoute de la perdre, il redoute d’en être privé. Cette crainte parfaite, née de cet amour, bannit la crainte initiale. Et c’est pourquoi saint Jean dit que "l’amour parfait bannit la crainte". Mais il est impossible de parvenir à la crainte parfaite, sans passer par la crainte initiale.




Hiéromoine Michael,
abbé du monastère Saint-Petroc.

Extrait du sacramentaire-pontifical Saint-Colman, usage autorisé dans les paroisses de Rite Orthodoxe Occidental au sein de l'Église Orthodoxe Russe Hors Frontières (EORHF)




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