"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

18 avril 2007

Saint Ursmer, abbé-évêque de l'Entre-Sambre-et-Meuse













LA PLUS ANCIENNE VIE DE SAINT URSMER DE LOBBES, ABBÉ-ÉVÊQUE
Aue casta Christi sponsa,
Aue Deo praeelecta
Aue sancto praesignata
Benedicta sponsi dote
Nuptiarum compta gaude
Milies fecunda mille
Ciuibus ornas caelestem
Inter quos bonum pastorem
Collocas uelut nitentem
Dono quem mater superno
Agnouit lactare sponso
Necdum licet e materno
Ei nam senex per uisum
Et ad illum nutriendum
Hunc, inquit, ad educandum
Filius, inquam, materna
Ad hoc generari diua
Quo sibi perpliures ista
Grauata rursus sopore
Filium innixum scalae
Quem sequi quidem ualebat,
His felix parens de nato
Postquam hunc praecordiali
Adultum tradit sacratis
Iuuenis quidem aetate,
Sumrna meritorum sparsim
Donari gradatim sacris
Karitatis hinc uirtute
Infulatus pastorali
Temperatus aequitate,
Longanimitate uigens,
Nec absque tortore saeuo
Qui tali tantumque diro
Maxime cum nouem annis
Uixerit cibo contentus
Ab ipso sorberi parcus
Nisibus econtra uotis (1)
In his omnibus aduersis
Laudes inpendens immensas,
O uirum laudandum claro
Et in sanctimoniale
Et percussa ter bacello
Peste peruasam eruenta
Medicatus est et neptem,
Aegrotam signatam cruce
Qui cernens iam se senili
Subiectos de successore
Electum nutu cunctorum
Rex regun iam te superna
Angelorum tibi coetus
Laetare, nam paradysus
Salue noster o patrone,
Salue cum sanctis Vrsmare,
Salue iam cum Christo regnans,
Te supplex rogat pusillus
Inter haec ut festa (3) clerus
Tuorum simul deuota
Veniam poscendo nostris
Tua nos pastori summo
Foedatos et culpae naeuo
Xpe sanctorum corona
Confessorum gloriosa
Salua nos tui beata
Ymnum gestit tibi nostra
Ipsius amore ducta
Acceptare quem benigna
Zeloti deo decora
Et tibi propago (4) prima
Flaminique sancto summa
Amen.
O mater ecclesia,
Ante cuncta saecula,
Spiritu per tempora.
Prolis multitudine,
Numeroso germine,
Filiorum agmine.
Electis lerusalem;
Vrsmarum pontificem
Et politum lapidem.
Nostro datum saeculo
Nasciturum caelico,
Fusum nosset utero.
Offerebat puerum,
Panem simul candidum:
Panem sume filium.
Ferunt quem praecordia,
Providet potentia,
Lucretur in patria.
Cernit in oromate
Caeli celsa scandere,
Consequi non poterat.
Certa facta proprio,
Est enixa uiscere,
Instruendum litteris.
Grandaeuus sed moribus,
Clarescens uberius,
Meretur ordinibus.
Circumfultus geminae,
Additus est cathedrae,
Iustus fortitudine.
In aduersis patiens,
Quis fuit aliquando
Sit passus martyrio :
Decem ebdomadibus
Hoc, quod sine dentibus
Valeret et modicus.
Iob aequandus meritis
Non peccauit labiis,
Dum tulit aduersitas.
Virtutum praeconio,
Liberata daemone,
Sanata continuo.
Vocata guteria (2)
Reddens eam sospitem;
Dedit conualescere.
Corpore destitui,
Volens cautos reddere,
Subrogauit Erminum.
Vocat ad palatia,
Sancterum fit obuius:
Patet amoenissimus.
Salue praesul optime,
Salue pastor inclite,
Salue nostri memorans.
Fusa prece grex tuus,
Saluetur et populus,
Monachorum turmula.
Assiste piaculis,
Commendet oratio,
Soluat interuentio.
Omnium splendiflua,
Virtus et magnifica,
Vrsmari per merita.
Dicere cateruula
Laude vel melodia,
Digneris clementia.
Laus sit et ymnidica,
Patris proles unira,
Adsit simul gloria.


(1) Pour "totis"?
(2) Il m'a semblé que le copiste avait d'abord écrit "gutreria".
(3) Ce petit poème était donc destiné à être chanté à la fête du saint : c'est proprement une hymne liturgique
(4) Le ms. porte, je crois, "propaga"
Abbé de Lobbes entre 712 et 737, saint Ermin a composé cette hymne acrostiche à la gloire de son prédécesseur, notre père saint Ursmer.
Parmi les nombreuses choses intéressantes dans la vie d'Ursmer, je vois sa famille et son lieu d'origine (la Thiérarche), sa vie, son oeuvre d'évangélisation jusque dans les Flandres, et le fait qu'il ait été abbé et évêque à la fois, à la mode celtique. Et donc que son monastère, l'abbaye Saint-Pierre de Lobbes, avait tout un tas de petites paroisses "dépendances monastiques" (podvorje, metochion) un peu partout dans le pays. Dont... la ville où j'habite... le polyptique de l'abbaye de Lobbes de 889, quand cette dernière fut donnée à Tongeren et Liège à la fois, don royal, mentionne en effet clairement le nom d'origine de notre patelin. Ce qui fait qu'historiquement, nous savons avec certitude de qui nos ancêtres dépendaient - Lobbes, puis Liège. Ce qui donne aussi une idée plus précise pour les questions liturgiques. Et aussi hélas pour l'instant où notre région a basculé dans le Schisme, Liège ayant suivit de manière très précoce la nouvelle église de Rome, du fait des alliances militaires...

Mais, plus important, toutes les traces archéologiques prouvant la très vieille évangélisation de notre région trouvent là leur aboutissement : avant le Schisme, contrairement à d'autres endroits, la région ne s'était pas repaganisée, mais était même devenue dépendance monastique. Quel héritage spirituel fantastique à reprendre, le jour où l'Orthodoxie osera enfin exiger de reprendre ce qui est à elle - puisque nos ancêtres étaient Orthodoxes (Exigence "interne" : nous avons à redécouvrir ces racines, et à les réclamer à notre épiscopat).

En Flandre, les Normands ayant ravagé le pays, l'ancienne abbaye d'Oudenburg, fruit de sa prédication, sera reconstruite sous un autre grand saint du pays, saint Arnould le Fort (Arnoldus). Du coup, tout ce que saint Ursmer y avait fait auparavant fut oublié! Certes, avoir le patron des brasseurs comme patron local n'est pas pour déplaire à un Belge. Aaah... si un rien de curiosité travaillait les gens de là-bas... dans leurs documents officiels, ils pourraient faire remonter l'existence de leur ville 3 siècles plus tôt encore.

Restent les Vitae latines, soit très proches dans le temps comme l'hymne ci-dessus, soit un peu plus tardives mais inspirées de cette même hymne et complètées diversement - et pas forcément de manière fantaisiste d'ailleurs.

Sanctus Ursmarus, Episcopus-abbatis Lobiensium,
ora pro nobis!


Dans l'Église du Christ, Son ami Saint Ursmer, notre père dans la Foi, est fêté les 18 et 19 avril :
http://www.amdg.be/sankt/ursmer.html
J'ai encore sa longue "Miraculi" à traduire, 3 ans plus tard et tant de traductions ont passé, et je n'ai pas encore pu le faire. Et j'ai une migraine d'enfer depuis lundi soir... ça sera pour une autre fois, si Dieu le veut.

Tropaire de saint Ursmer ton 3
Saint Pontife, ayant trouvé céleste vie,
De la Grâce tu devins l'urne justement,
Sanctionnant par tes paroles et par ta vie ton ministère divin
et tu officias comme un ange pour le Créateur.
Joyau de l'Eglise, illustre père Ursmer,
illuminateur de Lobbes et d'Oudenburg,
intercède pour nous auprès du Christ notre Dieu.


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