"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

26 mai 2007

P. Hopko: Pentecôte & Dimanche de la Trinité


"Le jour de la Pentecôte étant arrivé, ils se trouvaient tous réunis. Soudain retentit du ciel un fracas semblable à celui d'une bourrasque de vent et ce bruit remplit toute la maison où ils étaient assis. Alors ils virent paraître comme des langues de feu qui, se partageant, vinrent se poser sur chacun d'eux. Ils furent tous remplis du Saint-Esprit, et se mirent à parler des langues étrangères selon que l'Esprit leur donnait de s'exprimer. Or, en ce moment, séjournaient à Jérusalem des Juifs et des hommes pieux, originaires de toutes les nations qui sont sous le ciel. À ce bruit, ils accoururent en foule, tout interdits de ce que chacun entendait parler sa propre langue. Hors d'eux-mêmes, ils manifestaient leur stupéfaction: 'Hé quoi! tous ces gens qui parlent, ne sont-ils pas Galiléens? Comment se fait-il alors que nous les entendions parler chacun notre langue maternelle? Parthes, Mèdes, Élamites, gens de Mésopotamie, de Judée, de Cappadoce, du Pont et d'Asie, de Phrygie et de Pamphylie, d'Égypte et des provinces de Libye voisine de Cyrène, pèlerins de Rome, Juifs ou prosélytes, Crétois et Arabes, nous les entendons proclamer dans nos langues les merveilles de Dieu!" (Actes 2,1-11).

La Tradition rapporte que pour accomplir la prophétie de Joël (Jl 2,28-29), le Saint Esprit n'est pas descendu uniquement sur les Apôtres choisis, mais aussi sur tous ceux qui étaient avec eux "réunis en un même lieu" (Actes 2,1), à savoir, l'Église toute entière. C'est pourquoi dans les Icônes de la Pentecôte, on trouve représentés des Apôtres qui ne font pas partie des Douze – l'Apôtre Paul (siégeant avec l'Apôtre Pierre à la tête du cercle des Apôtres), et parmi les Septante, l'Évangéliste Luc et l'Évangéliste Marc (Leonid Ouspensky & Lossky, The Meaning of Icons, Rev Ed, SVS, NY, 1982, p. 208).

"Alors ils virent paraître comme des langues de feu qui, se partageant, vinrent se poser sur chacun d'eux. Ils furent tous remplis du Saint-Esprit"

De sorte que par accroissement progressif... et allant de gloire en gloire, la Lumière de la Trinité puisse briller sur ceux qui étaient le plus illuminés... je pense que c'est pour cette raison qu'Il vient graduellement demeurer dans les disciples. Il Se donna Lui-même dans la mesure où ils étaient chacun capables de Le recevoir : au début de la Bonne Nouvelle, après la Passion, après l'Ascension, perfectionnant leurs capacités, étant soufflé sur eux et apparaissant sous forme de langues de feu... Vous voyez les lumières se répandant sur nous, graduellement, et la connaissance d'un ordre comme la théologie, comme il est mieux pour nous d'affirmer, ne proclame jamais les choses trop soudainement ni ne les garde cachées jusqu'à la fin.. Il avait dit que toutes choses nous seraient enseignées par l'Esprit Lui-même, le faisant comprendre par la suite, quand le savoir serait opportun, et quand ils seraient capables de l'accepter, après le relèvement du Sauveur; quand ça ne serait plus reçu dans l'incrédulité à cause de son caractère merveilleux. Car quoi d'autre de plus grand que cela aurait-Il promis, ou l'Esprit enseigné... S'il ne doit pas être adoré, comment pourrait-Il me déifier par le baptême?.. Et en effet, de l'Esprit vient notre nouvelle naissance, et de la nouvelle naissance notre nouvelle création, et de la nouvelle création notre connaissance plus approfondie de la dignité de Celui par Qui cela provient.. Regardez ces faits : le Christ est né; l'Esprit est Son précurseur. Il Le précède. Il accomplit les miracles; l'Esprit les accompagne. Il monte aux Cieux; l'Esprit prend Sa place. (Saint Grégoire de Nazianze, 5ème Oratio théologique, 26-29)

La Promesse de la Pentecôte

Icone grecque de Saint Jean le Baptiste"Le dernier jour, le grand jour de la fête, Jésus était là debout, et Il dit à haute voix: "Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à Moi, et qu'il boive, celui qui croit en Moi; l'Écriture le dit: De son sein jailliront des fleuves d'eau vive (Zac. 14,8; Is. 58,11)." Il disait cela de l'Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en Lui. En effet, l'Esprit n'était pas encore là parce que Jésus n'avait pas encore été glorifié. Dans la foule, plusieurs qui avaient entendu ces paroles disaient: "C'est bien le prophète." D'autres: "C'est le Christ." Mais d'autres objectaient: "Est-ce bien de Galilée que doit venir le Christ? L'Écriture ne dit-elle pas que c'est de la famille de David et du village de Bethléem, d'où était David, que le Christ doit venir?" C'est ainsi que la division régnait dans le peuple à Son sujet. Plusieurs voulaient L'arrêter; mais personne ne mit la main sur Lui. Ainsi les gardes retournèrent chez les grands prêtres et les pharisiens qui leur dirent: "Pourquoi ne L'avez-vous pas amené?" Ils répondirent: "Jamais homme n'a parlé comme cet homme!" Les pharisiens répliquèrent: "Ainsi, vous êtes séduits, vous aussi! Se trouve-t-il quelqu'un parmi les autorités ou parmi les pharisiens pour croire en Lui? Quant à cette populace qui n'entend rien à la loi, elle est exécrable!" L'un d'entre eux, Nicodème (celui qui était allé trouver Jésus pendant la nuit), intervint: "Notre loi, dit-il, condamne-t-elle un homme sans l'entendre et s'assurer de ce qu'il fait?" Ils lui répondirent: "Alors toi aussi, tu es Galiléen! Examine, et tu constateras qu'il n'y a pas de prophète issu de Galilée" (Jean 7,37-52).
"Jésus prit de nouveau la parole et dit: "Je Suis la lumière du monde; celui qui Me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la Lumière de la Vie" (Jean 8,12).

Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à Moi et qu'il boive...

"Il faut que ceux qui viennent entendre la Parole de Dieu et qui y croient, montrent autant d'ardeur pour elle qu'en ont pour l'eau ceux qui sont pressés d'une soif brûlante : il faut que leur âme soit embrasée de désir et d'amour. C'est ainsi que plus fidèlement et plus sûrement ils la pourront garder dans leur coeur. [...] L'Écriture sainte le dit, qu'il faut toujours avoir soif, que toujours il faut avoir faim : "Bienheureux ceux", dit-elle, "qui sont affamés et assoiffés de justice" (Matth. 5, 6). [...] Ailleurs Il avait dit : La vie éternelle; ici Il dit : Une eau vive. Le Sauveur appelle eau vive celle qui coule, qui opère toujours. Car lorsque la grâce du Saint-Esprit est entrée dans une âme et y a établi Sa demeure, elle coule et se répand avec plus de force et d'abondance qu'aucune autre source; elle ne tarit point et ne cesse jamais de couler. [...] Et en cet endroit Il S'est servi du mot de rejaillir, pour celui d'inonder. [...] Considérez la sagesse d'Etienne, l'éloquence de Pierre, la force de Paul: considérez que rien n'a pu vaincre ni ralentir leur zèle et leur activité : ni la fureur du peuple, ni la violence des tyrans, ni les pièges des démons, ni la mort à laquelle ils se voyaient tous les jours exposés; et que, semblables à des fleuves impétueux qui se débordent, ils ont tout entraîné avec eux. [...] C'est quand Il envoya Ses disciples prêcher l'Évangile, qu'Il leur dit : "Recevez le Saint-Esprit." Et encore : "Le Saint-Esprit Se répandit sur eux et ils faisaient des miracles" (Matth. 20, 22)."
Saint Jean Chrysostome, homélie 51 sur l'Évangile selon saint Jean

A la louange du Salut et de la Création

Ô Dieu, Toi mon Dieu * c'est Toi que je cherche avec ardeur.
Mon âme a soif de Toi, et pour Toi ma chair se consume * telle une terre desséchée qui languit faute d'eau.
Ainsi je viens Te contempler dans Ton Sanctuaire * pour voir Ta majesté et Ta gloire.
Ton amour m'est plus précieux que la vie * aussi mes lèvres vont-elles proclamer Ta louange.
Je vais Te bénir tout au long de ma vie * et lever les mains pour invoquer Ton Nom.
Mon âme en sera rassasiée comme d'une nourriture exquise * et de mes lèvres joyeuses va monter Ta louange.
Lorsque sur ma couche, me revient Ton souvenir * Tu occupes ma pensée jusqu'à la fin de la nuit.
Car Tu es mon appui * à l'ombre de Tes ailes, je tressaille de joie.
(Psaume 62,1-8).

"Tout don vient du Saint-Esprit: Il inspire la prophétie, perfectionne la prêtrise, accorde la sagesse aux illettrés, fait de simple pêcheurs de sages théologiens, et établi l'ordre parfait dans l'organisation de l'Église. C'est pourquoi, O Consolateur, égal en nature et en majesté au Père et au Fils, gloire à Toi..."
("The Bible and Holy Fathers for Orthodox" ed. J. Manley, Monastery Books, Menlo Park, 1990, pp. 136-9).

Les langues, jadis confondues * à cause de l'audace des bâtisseurs, * maintenant sont remplies de sagesse par la glorieuse connaissance de Dieu; * jadis le Seigneur condamna * pour leur péché les impies, * maintenant le Christ illumine par l'Esprit les pécheurs; jadis en châtiment fut opérée * entre les langues la division: * entre elles maintenant se renouvelle l'harmonie * pour le Salut de nos âmes. (Stichères des grandes Vêpres de la Pentecôte)

La Pentecôte – la Descente du Saint Esprit

Dans l'Ancien Testament, la fête de la Pentecôte tombait 50 jours après la Pâque (Pesah en hébreux). Cette dernière fête célébrait l'Exode des Israélite libérés de l'esclavage en Égypte; la Pentecôte célébrait le don des Dix Paroles / Commandements que Dieu avait fait à Moïse sur le Mont Sinaï.

Dans la Nouvelle Alliance du Messie, l'événement de Pâques prend sa nouvelle signification en tant que célébration de la mort et de la Résurrection du Christ, "l'exode" de l'humanité de ce monde déchu jusqu'au Royaume de Dieu. Et de même dans le Nouveau Testament, la fête pentecostale est accomplie et transformée par le don de la "nouvelle Loi", la descente du Saint Esprit sur les disciples du Christ.

"Le jour de la Pentecôte étant arrivé, ils se trouvaient tous réunis. Soudain retentit du ciel un fracas semblable à celui d'une bourrasque de vent et ce bruit remplit toute la maison où ils étaient assis. Alors ils virent paraître comme des langues de feu qui, se partageant, vinrent se poser sur chacun d'eux. Ils furent tous remplis du Saint-Esprit.." (Actes 2,1-4). Le Saint Esprit, que le Christ avait promis à Ses disciples, vint au jour de la Pentecôte (cfr Jean 14,26; 15,26; Luc 29,49; Actes 1,5). Les Apôtres reçurent "la puissance venue d'en haut", et ils commencèrent à prêcher et à témoigner que Jésus était bien le Christ Ressuscité, le Roi et le Seigneur. Ce moment a traditionnellement été appelé la naissance de l'Église.

Les Offices liturgiques de la fête de la Pentecôte célèbrent autant la venue de l'Esprit Saint que la révélation complète de la Sainte Trinité qu'elle manifeste : le Père et le Fils et le Saint Esprit. La plénitude de la Divinité est manifestée avec la venue de l'Esprit dans l'humanité, et les hymnes de l'Église célèbrent cette manifestation comme étant l'acte final de l'auto-révélation et le don final de Dieu au monde de Sa création. C'est pour cela que dans la tradition Orthodoxe [orientale; ndt], le Dimanche de Pentecôte est aussi appelé Dimanche de la Trinité. Bien souvent en ce jour, on place au centre de l'église l'Icône de la Phyloxénie d'Abraham, aussi appelée Icône de la Trinité – celle où les 3 personnages angéliques apparurent à Abraham, l'ancêtre de la foi Chrétienne. Cette Icône est utilisée conjointement avec l'Icône traditionnelle de Pentecôte, qui montre les langues de feu se répandant sur la Vierge Marie et les Douze Apôtres, figurant l'Église des origines, les Apôtres étant assis dans l'unité autour d'une représentation symbolique du cosmos, le monde.

source : SVS


A la Pentecôte, nous avons l'accomplissement final de la mission de Jésus-Christ et l'inauguration de l'âge messianique du Royaume de Dieu – mystiquement présent en ce monde dans l'Église du Messie. De ce fait, le 50ème jour est comme le début d'une nouvelle ère qui est au delà des limites de ce monde, cinquante étant un nombre qui, dans la mystique Juive et Chrétienne, représente l'accomplissement éternel et céleste, 7 fois 7 plus 1.

C'est la raison pour laquelle la Pentecôte est dite "apocalyptique", elle est le jour de la révélation finale. Elle est aussi appelée jour apocalyptique, ce qui signifie le jour de la fin parfaite et ultime, "eschaton", en grec. C'est en effet quand vient le Messie et que le Jour du Seigneur approche qu'alors les "derniers jours" sont inaugurés, au sujet desquels Dieu affirme : "Je répandrai Mon Esprit sur toute chair." C'est à cette antique prophétie que se réfère l'Apôtre Pierre lors du premier sermon de l'Église Chrétienne, qui fut prêché le premier dimanche de Pentecôte (Actes 2,17; Joël 2,28-32).

A nouveau, il est nécessaire de faire remarquer que la fête de la Pentecôte n'est pas simplement la commémoration d'un événement historique survenu il y a des siècles d'ici. C'est la célébration de ce qui doit nous arriver et nous arrive en effet dans l'Église aujourd'hui. Morts et ressuscités avec le Messie-Roi par le baptême, nous avons tous reçu Son très Saint Esprit. Nous sommes les "temples du Saint Esprit." L'Esprit de Dieu demeure en nous (Romains 8,1; 1 Corinthiens 2-3, 12; 1 Corinthiens 3; Galates 5; Ephésiens 2-3). Par notre appartenance personnelle à l'Église, nous avons reçu "le sceau du don de l'Esprit Saint" dans le Sacrement de Chrismation. La Pentecôte a eu lieu pour nous.

Durant la Divine Liturgie de la Pentecôte, le verset de l'Épître aux Galates (3,27) vient remplacer le Trisagion; il est là pour nous rappeler notre baptême en Christ. Des versets spécifiques des Psaumes remplacent aussi les antiennes psalmiques habituelles de la Liturgie. Les lectures de l'Épître et de l'Évangile évoquent la venue de l'Esprit sur les hommes. Le kondakion chante le renversement de Babel, au moment où Dieu unit les nations dans l'unité de Son Esprit. Le tropaire proclame le rassemblement de l'univers tout entier dans le filet de Dieu par l'oeuvre unificatrice des Apôtres, inspirés par l'Esprit. Les hymnes "Roi Céleste" et "Nous avons vu la Vraie Lumière" sont à nouveau chantées, et ce pour la première fois depuis Pâques, appelant le Saint Esprit à venir et demeurer en nous, et proclamant que "nous avons reçu l'Esprit céleste." L'église est ornée de fleurs afin de montrer que le divin souffle de Dieu vient en tant qu'Esprit Donateur de Vie pour renouveler toute la Création. En hébreu, il n'y a qu'un seul et même mot pour désigner à la fois l'Esprit, le souffle et le vent, "ruah" [idem en grec: "pneuma"; ndt].

"Tu es béni, ô Christ notre Dieu, Toi qui as rempli de sagesse les pêcheurs du lac en leur envoyant l'Esprit Saint. Par eux Tu as pris au filet l'univers. Gloire à Toi, ô ami de l'homme!" (Tropaire)

"Quand le Très Haut descendit confondre les langues, Il dispersa les nations, mais quand Il partagea les langues de feu, Il appela tous les êtres à l'unité. D'une même voix, nous glorifions le Saint Esprit!" (Kondakion)

Les grandes Vêpres du Lundi de Pentecôte, célébrées donc le dimanche soir, comportent 3 longues prières au cours desquelles les fidèles prient à genoux pour la première fois depuis Pâques. Dans l'Église Orthodoxe, ce lundi de Pentecôte est la fête du Saint Esprit, et le dimanche après la Pentecôte, c'est la fête de la Toussaint [calendrier byzantin; ndt]. Il y a là une progression liturgique logique, puisque la descente du Saint Esprit trouve son aboutissement dans la sanctification des fidèles, et c'est le but ultime de la Création et de la Rédemption de l'univers : "Ainsi parle le Seigneur : vous êtes sanctifiés et vous êtes devenus saints, car Je Suis Saint, Moi Qui suis votre Dieu" (Lévitique 11,44-45; 1 Pierre 1,15-16).

Protopresbytre Thomas Hopko, OCA, "The Orthodox Faith", Vol. 2, pp. 113-7


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Orthodox Church of America (OCA) – Voici en 2 images-clé, l'OCA, Église locale portée sur les fonts baptismaux entre autres par feu le p. Alexander Schmemann :

Remise du Tome d'autocéphalie de la part de la métropole par le métropolite Pimen, locum tenens du patriarche de Moscou, 18 mai 1970, reçu par l'évêque Theodosius d'Alaska (futur métropolite de l'OCA).

http://orthodoxwiki.org/ROCOR_and_OCA

Les évêques Peter (de Cleveland, EORHF) et Nikolai (OCA) se donnent l'accolade au cours d'un Office de consécration épiscopale, concélébré en mai 2005. Il y avait donc de facto communion...


Textes complets des Offices pour la Pentecôte
http://www.forum-orthodoxe.com/~forum/viewtopic.php?t=1899

dyptique en ivoire parisien
deuxième quart du 14ème siècle, Musée du Louvre, Paris



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