"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

12 juin 2007

Saint Germain de Paris, un saint Orthodoxe pour notre temps (abbé Michael, EORHF)

Saint Germain de Paris
miniature au début de la vigile de saint Germain

Bréviaire à l'usage de Paris, vers 1414
BM Châteauroux, ms 0002, folio 181
Enlumineurs : Maître de Bedford ; Maître de Boucicaut
source © Institut de recherche et d'histoire des textes - CNRS

Né près d'Autun, en Saône-et-Loire vers 496, il est mort à Paris le 28 mai 576. Il étudia à Avalon et aussi à Luzy, sous la guidance de son cousin, le prêtre Scapilion. Ordonné prêtre à 34 ans par saint Agrippinus, évêque d'Autun, il devint abbé de la proche abbaye de Saint-Symphorien.
Sa vertu caractéristique était l'amour des pauvres. Il la manifestait si fortement par ses aumônes que ses moines, redoutant qu'il finisse par tout donner, se rebellèrent.
Alors qu'il se trouvait à Paris en 555, l'évêque Eusèbe mourût. Le roi Childebert
garda Germain près de lui, et avec le consentement unanime du peuple et du clergé, il fut consacré pour le siège devenu vacant. Dans son nouvel état, l'évêque continua à pratiquer les vertus et austérités de sa vie monastique, et travailla avec ardeur pour réduire les maux causés par les incessantes guerres et la débauche des nobles. Il participa aux 3ème et 4ème Conciles de Paris (556-573) et aussi au 2ème Concile de Tours (18/11/567).
Il persuada le roi d'éradiquer les pratiques païennes qui existaient encore en Gaule et d'interdire les débordements qui accompagnaient encore la célébration de la plupart des fêtes Chrétiennes. Le roi Childebert tomba gravement malade, dans son palais à Celles, mais fut miraculeusement guéri par Germain, tel que l'atteste la lettre-patente du roi, dans laquelle il accorde des terres de Celles à l'église de Paris, du fait du miracle. Le 13 décembre 558, l'église Saint-Vincent fut achevée et consacrée par Germain, le jour même où le roi Childebert mourrait. Un monastère fut élevé à proximité de l'église. Charibert devint roi de Paris. Il était malfaisant, et Germain fut obligé de l'excommunier pour immoralité en 568.
Charibert mourut en 570. Paris tomba entre les mains du roi Sigebert. Germain écrivit à la reine Brunehilde (Brunehaut) une lettre que l'on possède encore, lui demandant d'user de son influence pour empêcher la poursuite de la guerre. Germain mourut l'année suivante, sans avoir vu la paix rétablie. Il fut enterré dans la chapelle de Saint-Symphorien, qui se trouvait dans le vestibule de l'église Saint-Vincent. Mais en 754, ses reliques furent solennellement levées de terre et placées dans le corps de l'église, en présence du roi Pépin-le-Bref et de son fils, Charlemagne, âgé alors de 7 ans. Depuis lors, l'église fut appelée Saint-Germain des Prés.
En plus de la lettre mentionnée ci-dessus, il existe un traité attribué à Germain, parlant de l'ancienne liturgie gallicane, "De liturgia gallica"; il a été publié en 1685 par Dom Martène dans son "Thesaurus Novus Anecdotorum."
Saint Germain est fêté le 28 mai (*).
Fr. Michael (méditation pour Trinité 1)

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(*) note : date de fête adaptée pour le calendrier en usage en Europe occidentale; la date originale mentionnée est celle de l'ancien calendrier utilisés par certains Orthodoxes.


Radio : les saints locaux
Bogdan-Florin Vlaïcu propose, à l'occasion du dimanche des saints locaux, un entretien sur l'Eglise orthodoxe en France et ses saints réalisé avec l'archimandrite Syméon, higoumène du monastère Saint Silouane (près du Mans).
Les nombreux saints qui ont vécu sur la terre de France au premier millénaire, qui sont célébrés et, parfois, redécouverts par l'Eglise orthodoxe, seront évoqués.
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