"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

29 juillet 2007

Si vous me voyez marcher sur les eaux...

http://southern-orthodoxy.blogspot.com/2007/07/if-you-see-me-walking-on-water.html

Sermon prêché le dimanche 4 août 1996.

Saint Matthieu 14,22-33

* * *

Avant l'homélie de ce jour, j'ai quelque annonces à faire.

Tout d'abord, si vous voyez ma fille, ou n'importe quel autre enfant se tenant mal à l'église, expliquez-lui – ou leur – comment prier. L
e Jour du Seigneur, nous venons à l'église pour prier. Toute la semaine durant, nous avons le temps pour apprendre comment se conduire et se comporter. Ici, prions. (La même chose vaut pour les adultes).
Si vous me voyez froncer les sourcils, pardonnez-moi. Cela parle plus de mes péchés que de notre relation. Si vous avez un peu de temps, aidez-moi. Un sourire soulage bien des sourcils froncés.

Si vous voulez qu'il y ait plus à l'église – plus d'activités, plus de soirées sociales, plus de fournitures scolaires, plus de tapis – tout ce que vous pouvez imaginer – donnez plus d'argent. C'est ça qui rend tout cela possible.

Vous voulez plus de monde à l'église? Invitez-les.

Si vous me voyez pécher, ne m'y encouragez pas. Comme un enfant qui a besoin qu'on s'occupe de lui, je me montre souvent sous un mauvais jour. Peut-être m'aimez-vous, malgré moi-même, et peut-être que cela va aider à exorciser les démons avec lesquels je suis bien trop familier. En plus, si vous me rejoignez dans le péché, nous serons doublement misérables.

Si vous me trouvez occupé à colporter des rumeurs, arrêtez-moi. Car je prie tous les jours, demandant au Seigneur "pardonne-moi comme j'ai pardonné à ceux qui m'ont offensé.." Vous m'aiderez grandement, et vous-même, et tout le monde en fait, si vous m'arrêtez affectueusement quand je chute.

Si vous me voyez occupé à ripailler ou festoyer un mercredi ou un vendredi ou durant une période de jeûne prescrite par l'Église, pardonnez-moi et réprimandez-moi avec charité. Car agissant de la sorte, je montre ma parenté avec Judas et ceux qui ont crucifié le Seigneur Jésus. Néanmoins, avec votre aide, je peux parvenir à me repentir et faire l'expérience du Dieu de Résurrection et de Lumière.

Je vous en prie, ne restez pas assis tout au long de la Liturgie, à moins que vous ne soyez atteint d'un problème physique qui vous y oblige. Nous sommes un peuple fainéant, en cette époque moderne, mais la véritable prière a toujours été une tâche ardue. Tous les corps capables de le faire devraient être debout en mémoire de la Résurrection et du Jour du Jugement. Soyons attentifs.

De grâce, si vous m'entendez proférer une hérésie – s'il vous plaît, clouez-moi le bec avec charité. Car le Seigneur a tant sacrifié pour moi et pour mon Salut pour que je puisse trahir le Royaume par des lèvres menteuses. Dieu a interdit que je vous entraîne dans une chute.

Si vous me voyez rester patient à un moment d'épreuve, rendez grâce à Dieu, car c'est Son Esprit qui me guide.

Cependant, si vous me voyez impatient, pardonnez-moi. C'est mon attitude naturelle, depuis Adam et Eve.

Si mon style de vie n'est pas le même que le vôtre, cela ne signifie pas que nous n'appartenons pas à la même famille Chrétienne. Cela signifie simplement que dans Sa Sagesse, Dieu nous a façonnés chacun d'une manière unique – et cependant, avec le même Seigneur comme Dieu et Père de tous.

Si vous me savez dans le besoin, aidez-moi. Car Dieu bénira assurément ceux qui Le bénissent.

Si vous trouvez que mon attitude, mes paroles, ma vie de tous les jours vous laissent plutôt un froid, s'il vous plaît, ne m'abandonnez pas. Je suis seul. Peut-être que votre présence, votre amour, votre pardon, et votre patience dans cette souffrance vont aider à faire fondre mon coeur de glace.

Si vous pensez que vous avez assez payé de vous-mêmes, c'est bien souvent à ce moment-là que Dieu vous en demandera le plus.

Si vous ne donnez rien à l'église (au moins 10% de vos revenus), s'il vous plaît, ne venez pas vous plaindre. Parce que Dieu Lui-même répond à notre demande par un défi : "Donnez-Moi 10% et Je remplirai vos greniers." (En passant, il est à remarquer que ce sont ceux qui donnent qui se plaignent le moins).

Si vous salissez quelque chose, nettoyez-le. Sinon vous vous fabriquez en plus des ennemis.

Si vous remarquez que quelqu'un est absent de l'église, appelez-le. Il pourrait avoir besoin de vous.

Et par dessus tout, si vous me voyez marcher sur l'eau, aidez-moi à remonter dans le bateau. Car, par moi-même, je vais périr.


Au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen.

Le bateau représente l'Église, les disciples représentent tous les Chrétiens. La mer déchaînée, c'est notre vie. Nous sommes dans l'Église, le bateau, parce que le Christ nous ordonne d'y être. Les disciples sont obéissants. Le Christ vient à nous en temps de péril.
Remarquez que le Christ n'a pas ordonné à Pierre de venir à Lui. Il a plutôt permis l'action. Pierre n'agissait pas par obéissance, mais par audace. Pierre prit peur, sa foi fut ébranlée. Pourquoi? Principalement à cause de sa sottise, vouloir quitter le navire, l'Église. Dès lors, notre première leçon c'est de ne pas quitter la sécurité du navire, l'Église. Le Christ leur a ordonné de monter dans le bateau! Lorsque nous nous retrouvons nous-mêmes hors de l'arche de notre Salut (navire/Église), comme Pierre
nous devons crier "Seigneur, sauve-moi!" Et Il le fera. Le Christ ne nous ordonne pas seulement d'entrer dans l'Église, Il est aussi miséricordieux envers nous lorsque nous sommes désobéissants, nous ramenant au havre paisible de notre Salut, l'Église. C'est au sein de l'Église que nous pouvons, comme Thomas, reconnaître Jésus comme notre Seigneur et Dieu. C'est dans l'Église que, tels les disciples dans le navire, nous pouvons L'adorer.

Dès lors, je répète :

Si vous me voyez marcher sur l'eau, aidez-moi à remonter dans le bateau.

Car, par moi-même, je vais périr.

Même si mes péchés et mes appels ne semblent que me concerner, ne soyez pas comme moi... tendez la main et saisissez la mienne.

Pour ça, le Christ est mort.. nous vivons.

Aidez-moi, mes frères et soeurs en Christ, car j'ai besoin de vous – nous avons besoin les uns des autres, en cette mer déchaînée, balayée par la tempête.
Amen.
pretre Joseph Huneycutt, patriarcat d'Antioche, Houston, Texas

P. Joseph Huneycutt

patriarcat d'Antioche, Houston, Texas


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"Nous avons reçu le commandement de n'avoir qu'un seul ennemi : le diable. Il ne faut jamais se réconcilier avec lui! Mais, avec un frère, n'ayez jamais d'inimitié dans vos coeurs."
Saint Jean Chrysostome, patriarche de Constantinople

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