"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

06 août 2007

La Transfiguration dans l'Orthodoxie d'Occident et d'Orient (textes & homélies)

Reliure en ivoire de l'Évangéliaire d'Afflighem (Brabant, près de Bruxelles)
Auteur : René d'Huy (+ 1150)

Homélie sur l'évangile de la Transfiguration, par saint Léon le Grand, évêque et pape de Rome
Le Seigneur découvre Sa gloire à des témoins choisis, et la forme corporelle qu’Il a pareille à celle des autres hommes, Il l’illumine d’une telle splendeur que Son visage devient éclatant comme le soleil et Son vêtement blanc comme la neige. En cette Transfiguration, Son but principal était sans doute de détruire dans le coeur de Ses disciples le scandale de la Croix et d’empêcher, en leur révélant l’excellence de Sa dignité cachée, que leur foi ne fût troublée par les abaissements de Sa Passion volontaire. Mais Sa Providence avait un autre et non moindre dessein, celui de donner un fondement à l’espérance de la sainte Église. Elle voulait lui faire connaître de quelle transformation tout le corps du Christ devait être gratifié, en sorte que ses membres pussent se promettre d’avoir part un jour à la gloire qui avait resplendi dans le chef.
Mais pour affermir la foi des Apôtres et les conduire à une science parfaite, une autre instruction est donnée en ce miracle. En effet, Moïse et Élie, c’est-à-dire la Loi et les prophètes, apparurent, s’entretenant avec le Seigneur. La présence de ces 5 hommes (Moïse, Élie et les 3 Apôtres) remplit en toute vérité la condition posée par cette parole de l’Écriture : Le témoignage de 2 ou 3 hommes fait toujours foi (Deut. 19,15). Quoi de plus solidement établi qu’un fait proclamé à la fois par les trompettes de l’Ancien et du Nouveau Testament, où se réunissent dans un commun accord la doctrine évangélique et les instruments des antiques témoignages? Les pages des 2 Alliances se corroborent mutuellement, mais ce que l’ancienne nous avait promis en symboles et sous le voile des mystères, la splendeur de la gloire présente nous le montre à découvert.
L’Apôtre Pierre, enflammé par la révélation de ces mystères sacrés, n’ayant plus que mépris pour le monde et dégoûté des choses de la terre, était comme ravi hors de lui par le désir des biens éternels. Tout plein de la joie de toute cette vision, il voulait habiter avec Jésus ce lieu même où la manifestation de Sa gloire le rendait heureux. C’est pour cela qu’il s’écrie "Seigneur, il nous est bon d’être ici. Si Tu le permets, faisons ici 3 tentes, une pour Toi, une pour Moïse et une pour Élie." Mais le Seigneur ne répondit pas à cette suggestion, signifiant par là, non pas que ce désir était coupable, mais qu’il était désordonné. Le monde, en effet, ne pouvait être sauvé que par la mort du Christ; et par l’exemple du Seigneur, la foi de ceux qui croient doit être telle assurément qu’ils n’aient aucun doute sur la réalité des promesses de bonheur qui leur ont été faites; mais il faut que nous comprenions aussi qu’au milieu des épreuves de la vie présente, nous devons solliciter la grâce de les supporter avec constance, avant de réclamer la gloire.
+ Léon

Si la fête de la Transfiguration n'a que peu d'écho dans l'Occident Orthodoxe, et peu de commentateurs, c'est dû à la date tardive de sa création. En Orient, elle est apparue au 4ème siècle pour la dédicace de la basilique du Mont Thabor, mais il faudra encore 3 siècles pour qu'elle se répande dans tout les territoires de la Chrétienté d'Orient. Il en faudra autant pour parvenir en Occident. Elle ne commencera à y être fêtée que peu avant le Schisme affreux qui arrachera progressivement tout l'Occident à l'Église du Christ.

Dans l'Occident Orthodoxe, avant cette introduction de cette fête tardive de l'Orient Orthodoxe, on célébrait essentiellement la mémoire des saints Xyste II, Félicissime et Agapit, martyrs à Rome le 6 août 258. Saint Xyste était l'évêque de l'Église du Christ qui était à Rome, et ses 2 compagnons de martyre étaient ses diacres. Ils versèrent leur sang pour le Christ au cimetière de Calixte. Félicissime et Agapit furent enterrés au cimetière de Prétextat. Le calendrier Liturgique du Sacramentaire de Corbie, typique de ceux qui étaient en usage dans nos régions à l'époque, indique exclusivement cette fête-là pour le 6 août.

Sacramentaire de Ratoldus de Corbie, anno 986, édition critique du texte publiée par la Henry Bradshaw Society http://www.henrybradshawsociety.org

O Dieu, Qui nous a fait la grâce de célébrer la naissance au Ciel de Tes saints martyrs Xyste, Félicissime et Agapit, accorde-nous de partager leur compagnie dans la béatitude éternelle. Par Jésus-Christ.
Deus, qui nos concedis sanctorum martyrum tuorum Xysti, Felicissimi et Agapiti natalicia colere: da nobis in aeterna beatitudine de eorume societate gaudere. Per Dominum.

La commémorer aussi, c'est s'enrichir spirituellement, prenant tout ce qui a été fait de juste et de bon à l'époque où l'Église indivise était répandue sur terre.

En cherchant bien, vous découvrirez des fresques magnifiques qui ornent d'antiques églises saxonnes en Angleterre, datant donc d'avant la conquête par les Normans et le début du Schisme pour les Anglais.
http://saxon.sussexchurches.co.uk/

A (re)lire, cette page très riche en articles sur la Transfiguration : "Dans Ta Lumière, nous verrons la lumière" (Ps 35,10)

JM



Tropaire de la Transfiguration
Ô Christ Dieu, Tu t’es transfiguré sur la montagne! Tu as montré à Tes disciples Ta gloire autant qu’ils pouvaient la supporter. Que Ta Lumière éternelle resplendisse aussi pour nous, pécheurs. Par les prières de Ta Mère, ô Donateur de lumière, gloire à Toi ! (3 fois)

Kondakion de la Transfiguration en ton 7
Sur la montagne Tu t’es transfiguré, et selon leur mesure Tes disciples contemplèrent Ta gloire, ô Christ Dieu ; afin qu’en Te voyant crucifié, ils voient que Ta Passion était consentie, et proclament au monde que Tu es en vérité le resplendissement du Père.

Epître : 2ème épître de saint Pierre Apôtre 1, 10-19
Frères, appliquez-vous à affermir votre vocation et votre élection : en faisant cela, vous ne pouvez pas trébucher. Et ainsi vous sera largement ouverte l’entrée dans le royaume éternel de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ. C’est pourquoi je ne cesserai de vous rappeler cela, bien que vous le sachiez et que vous soyez affermis dans la présente vérité. Aussi longtemps que je serai dans l’enveloppe de ce corps, j’estime juste de vous tenir en éveil par mes rappels. Je sais que j’aurai bientôt à quitter cette enveloppe, ainsi que me l’a fait comprendre notre Seigneur Jésus Christ. Mais je veux faire en sorte qu’après mon départ vous puissiez vous en souvenir en toute occasion. Car ce n’est pas d’après quelque ingénieuse fiction que nous vous avons fait connaître l’avènement de notre Seigneur Jésus Christ et sa puissance, mais pour en avoir vu la majesté de nos propres yeux. En effet, Il a reçu de Dieu le Père honneur et gloire, lorsque du sein de la divine splendeur se fit entendre une voix qui disait : "Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui J’ai mis toute ma bienveillance !" Cette voix, nous l’avons entendue venir du Ciel, lorsque nous étions sur la montagne sainte avec lui. Dès lors, la parole des prophètes a d’autant plus de crédit auprès de nous, et vous ferez bien de lui prêter attention : elle est comme une lampe qui brille en un lieu obscur, jusqu’à ce que vienne à poindre le jour et que l’Astre du matin se lève dans vos cœurs.



Évangile : saint Matthieu 17, 1-9
En ce temps-là, six jours après (avoir annoncé à ses disciples sa mort et sa résurrection), Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère et les emmena à l’écart sur une montagne élevée, et Il fut transfiguré devant eux. Son visage resplendissait comme le soleil et ses vêtements devinrent blancs comme la lumière. Et voilà que leur apparurent Moïse et Elie s’entretenant avec Jésus. Pierre lui dit : "Seigneur, nous sommes bien ici ! Si Tu le veux, je vais faire ici trois cabanes, une pour toi, une pour Moïse, une pour Elie." Comme il parlait encore, une nuée lumineuse les recouvrit et voilà qu’une voix venant de la nuée dit : "Celui-ci est mon Fils, le Bien-aimé, Celui qui a ma bienveillance. Ecoutez-le !" En entendant cela, les disciples tombèrent face contre terre et furent dans un grand effroi. Jésus s’approcha, les toucha et dit : "Relevez-vous et n’ayez pas peur !" Ils levèrent les yeux, et ne virent plus que Jésus seul. En redescendant de la montagne, Jésus leur dit : "Ne parlez à personne de ce que vous avez vu jusqu’à ce que le Fils de l’Homme soit ressuscité des morts."

Catéchèse
Le mystère de l’Eglise : 2 ou 3 réunis au Nom de Jésus le voient par l’Esprit au milieu d’eux; en elle Jésus accomplit la promesse du Père faite par les prophètes; son expérience liturgique de la lumière incréée qui illumine le cœur des fidèles, et les fait resplendir pour le Salut du monde.
Archiprêtre Marc-Antoine Costa de Beauregard

Synaxaire byzantin

Le 6 août, nous célébrons la mémoire de la Sainte TRANSFIGURATION de Notre Seigneur Dieu et Sauveur Jésus-Christ [1]

Six jours après avoir déclaré à Ses disciples: "Il en est ici qui ne goûteront pas la mort avant d'avoir vu le Royaume de Dieu venu en puissance" (Mat. 16:28, Marc 9:1)[2], Jésus prit avec lui Ses Disciples préférés: Pierre, Jacques et Jean; et les emmenant à l'écart, Il monta sur une montagne élevée, le mont Thabor en Galilée, pour y prier. Il convenait en effet que ceux qui allaient assister à Son agonie à Gethsémani et qui seraient les témoins privilégiés de Sa Passion, fûssent préparés à cette épreuve par le spectacle de Sa gloire. Pierre, car il venait de confesser sa foi en Sa divinité; Jacques, car il fut le premier à mourir pour le Christ; et Jean qui témoigna de son expérience de la gloire divine en faisant retentir comme "fils de tonnerre" la théologie du Verbe venu dans la chair.

Il les fit monter sur la montagne, en signe de l'ascension spirituelle qui, de vertu en vertu, conduit à la charité, vertu suprême qui ouvre l'accès à la contemplation de Dieu. Cette ascension était en fait le résumé de toute la vie du Seigneur qui, revêtu de notre faiblesse, nous a frayé le chemin vers le Père, en nous enseignant que l'hésychia [calme intérieur] est la mère de la prière et que c'est la prière qui nous manifeste la gloire de Dieu.

"Et comme Il priait, soudain, l'aspect de Son visage devint autre, Il Se transfigura et brilla comme le soleil, tandis que Ses vêtements devinrent resplendissants, d'un blanc fulgurant, tel qu'aucun foulon sur la terre ne peut blanchir" (Marc 9:3). Le Verbe de Dieu incarné manifesta ainsi la splendeur naturelle de la gloire divine, qu'Il possédait en Lui-même et qu'Il avait gardée après Son Incarnation, mais qui restait cachée sous le voile de la chair. Dès le moment de Sa conception dans le sein de la Vierge, en effet, la divinité S'est unie sans confusion avec la nature de la chair, et la gloire divine est devenue, hypostatiquement, gloire du corps assumé. Ce que le Christ manifestait ainsi à Ses disciples au sommet de la montagne n'était donc pas un spectacle nouveau, mais la manifestation éclatante de la divinisation en Lui de la nature humaine - y compris le corps - et de son union avec la splendeur divine.

Alors que le visage de Moïse avait resplendi d'une gloire qui venait de l'extérieur après la révélation du mont Sinaï (cf. Exode 34:29), le visage du Christ apparut au Thabor comme une source de lumière, source de la vie divine rendue accessible à l'homme, et qui se répandait aussi sur ses "vêtements", c'est-à-dire sur le monde extérieur et sur les produits de l'activité et de la civilisation humaines.

"Il est transfiguré, assure Saint Jean Damascène, non pas en assumant ce qu'Il n'était pas, mais en montrant à Ses disciples Ce qu'Il était, leur ouvrant les yeux et, d'aveugles qu'ils étaient, les faisant voyants"[3]. Le Christ ouvrit les yeux de Ses disciples, et c'est d'un regard transfiguré par la puissance de l'Esprit-Saint que ces derniers virent la lumière divine indissociablement unie à Son corps. Ils furent donc eux-mêmes transfigurés, et c'est dans la prière qu'ils purent voir et connaître le changement advenu à notre nature du fait de son union avec le Verbe (Saint Grégoire Palamas).

"Tel est le soleil pour les choses sensibles, tel est Dieu pour les spirituelles" (Saint Grégoire le Théologien), c'est pourquoi les Evangélistes rapportent que le visage du Dieu-Homme, qui est la "lumière véritable qui éclaire tout homme venant en ce monde" (Jean 1:9), brillait comme le soleil. Mais cette lumière était en fait incomparablement supérieure à toute lumière sensible et, incapables de supporter Son éclat inaccessible, les disciples tombèrent à terre.

Lumière immatérielle, incréée et intemporelle, elle était le Royaume de Dieu venu dans la puissance du Saint-Esprit, conformément à ce que le Seigneur avait promis à Ses disciples. Entrevue alors pour un instant, cette lumière deviendra l'héritage permanent des élus dans le Royaume, quand le Christ viendra à nouveau, resplendissant dans tout l'éclat de Sa gloire. Il reviendra dans la lumière, dans cette lumière qui a brillé au Thabor et qui a jailli du tombeau le jour de Sa Résurrection, et qui, se répandant sur l'âme et le corps des élus, les fera resplendir eux aussi "comme le soleil" (cf. Mat. 13:43).

"Dieu est lumière, et Sa vue est lumière"[4]. De la même manière que les Disciples au sommet du Thabor, de nombreux Saints ont été témoins de cette révélation de Dieu dans la lumière. Toutefois la lumière n'est pas pour eux seulement objet de contemplation, mais elle est aussi la grâce déifiante qui leur permet de "voir" Dieu, de sorte que se vérifient les paroles du Psalmiste: "Dans ta lumière, nous verrons la lumière" (Ps. 35:10).

Au sein de cette vision glorieuse, apparurent aux côtés du Seigneur Moïse et Élie, les deux sommets de l'Ancien Testament, représentant respectivement la Loi et les Prophètes, qui lui portaient témoignage en tant que maître des vivants et des morts [5]. Et ils s'entretenaient avec Lui, dans la lumière, de "l'Exode qu'Il allait accomplir à Jérusalem", c'est-à-dire de Sa Passion, car c'est par la Passion et par la Croix que cette gloire devait être donnée aux hommes.

Étant sortis d'eux-mêmes, ravis dans la contemplation de la lumière divine, les Apôtres étaient comme accablés de sommeil et, "ne sachant pas ce qu'il disait, Pierre dit à Jésus: "Maître, il est bon que nous soyons ici, et si tu veux nous ferons trois tentes : une pour toi, une pour Moïse et une pour Élie". Détournant Son disciple de ce désir trop humain, qui consistait à se contenter de la jouissance terrestre de la lumière, le Seigneur leur montra alors une "tente" meilleure et un tabernacle de beaucoup supérieur pour abriter Sa gloire. Une nuée lumineuse vint les couvrir de Son ombre, et la voix du Père Se fit entendre au sein de cette nuée, portant témoignage au Sauveur: "Celui-ci est Mon Fils bien-aimé, en Qui Je Me suis complu; écoutez-Le." Cette nuée représentait la grâce de l'Esprit d'adoption; et, comme lors de Son Baptême au Jourdain, la voix du Père rendait ainsi témoignage au Fils et manifestait que les trois Personnes de la Sainte Trinité, toujours unies, collaborent au Salut de l'homme.

La lumière de Dieu, qui avait d'abord permis aux Disciples de "voir" le Christ, les fit accéder à un état supérieur à la vision et à la connaissance humaines quand elle brilla plus intensément. Sortant de tout ce qui se voit ainsi que d'eux-mêmes, ils entrèrent alors dans la ténèbre supra-lumineuse, dans laquelle Dieu fait Sa retraite (cf. Ps. 17:12), et "fermant la porte de leurs sens", ils y reçurent la révélation du Mystère Trinitaire, qui transcende toute affirmation et toute négation[6].

Encore insuffisamment préparés à la révélation de tels mystères, car ils n'étaient pas encore passés par l'épreuve de la Croix, les disciples en furent fort effrayés. Mais quand ils relevèrent la tête, ils virent Jésus, seul, ayant retrouvé Son aspect habituel, Qui S'approcha d'eux et les rassura. Puis, descendant de la montagne, Il leur recommanda de garder le silence sur ce qu'ils avaient vu, jusqu'à ce que le Fils de l'Homme Se relève d'entre les morts.

La fête d'aujourd'hui est donc par excellence celle de la divinisation de notre nature humaine et de la participation de notre corps corruptible aux biens éternels, qui sont au-dessus de la nature. Avant même d'accomplir notre Salut par sa Passion, le Sauveur montra alors que le but de Sa venue dans le monde était précisément de conduire tout homme à la contemplation de Sa gloire divine. C'est pour cette raison que la fête de la Transfiguration a connu une faveur particulière parmi les moines, qui ont consacré toute leur vie à la quête de cette lumière [7].

NOTES:
[1] La Transfiguration étant célébrée pendant le carême de la Dormition, on n'accorde aujourd'hui qu'une dispense de poisson, et non dispense totale de jeûne, comme pour les autres fêtes du Seigneur. La plupart des homélies des Saints Pères sur cette fête sont maintenant traduites dans: Joie de la Transfiguration d'après les Pères d'Orient, "Spiritualité Orientale 39", Abbaye de Bellefontaine, 1985.

[2] Le récit de St Luc mentionne un délai de huit jours, en incluant les deux jours extrêmes. Les deux versions suggèrent le dépassement de ce monde, créé en six jours, pour atteindre le Royaume éternel, symbolisé par le nombre huit. Selon certains la Transfiguration eut lieu quarante jours avant la Passion; c'est pourquoi cette fête a été fixée quarante jours avant celle de l'Exaltation de la Croix.

[3] St Jean Damascène, Homélie sur la Transfiguration, 12 (PG 96, 564).

[4] St Syméon le Nouveau Théologien, Discours Éthique V, 276 (SC 129, 101).

[5] Moïse était mort avant d'entrer dans la Terre Promise, et Élie fut transféré dans un lieu mystérieux sans connaître la mort.

[6] La théologie mystique de St Denys l'Aréopagite a été appliquée au Mystère de la Transfiguration principalement par St Grégoire Palamas.

[7] De très nombreux Monastères ont été dédiés à cette Fête, surtout depuis la controverse hésychaste du 14ème s., qui portait précisément sur la nature de la lumière du Thabor et de la contemplation. Notons en outre que, d'après une tradition qui circulait au temps de l'iconoclasme, la première Icône, peinte par les Apôtres eux-mêmes, fut celle représentant la Transfiguration. Il s'agit bien sûr moins d'un fait historique que d'une interprétation symbolique, rendant compte du lien intime entretenu dans la tradition de l'Église entre l'art de I'Icône et cette Fête de la vision du Christ dans la gloire.


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