"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

12 septembre 2007

Oecuménisme : L'Unité vue par la commission des évêques Orthodoxes canoniques des USA (SCOBA)


En réponse au récent document publié par le Vatican, voici le point de vue Orthodoxe sur "l'Unité", une position qui, si elle a été exposée il y a 50 ans d'ici, mérite vraiment lecture...
P. JosephDéclaration des représentants de l'Église Orthodoxe à la conférence d'étude nord-américaine Foi et Constitution, Oberlin, Ohio, 3-10 septembre 1957. (1)

En tant que délégués à la conférence d'étude nord-américaine "Foi et Constitution", nous voulons exprimer les points suivants.

Nous sommes contents de prendre part à une conférence-débat concernant un besoin aussi basique que l'unité pour le monde Chrétien. Tous les Chrétiens devraient rechercher l'Unité. D'un autre côté, nous sentons que tout le programme des discussions à venir a été cadré d'un point de vue qu'en toute conscience, nous ne pouvons admettre. "L'unité que nous recherchons" est pour nous une Unité donnée qui n'a jamais été perdue, et, en tant que don de Dieu et une marque essentielle de l'existence Chrétienne, n'aurait pas pu avoir été perdue. Cette unité dans l'Église du Christ est pour nous une Unité au sein de l'Église Historique, dans la plénitude de la Foi, dans la plénitude de la vie sacramentelle ininterrompue. Pour nous, cette Unité est incarnée dans l'Église Orthodoxe, qui a conservé, katholikos et anelleipos, à la fois l'intégrité de la Foi Apostolique et l'intégrité de la Succession Apostolique.

Notre participation dans l'étude de l'Unité Chrétienne est résolue par notre ferme conviction que cette Unité ne peut être trouvée que dans la communion de l'Église Historique, préservant la plénitude de la tradition catholique (2), tant dans la doctrine que dans la succession apostolique. Nous ne pouvons nous engager dans la moindre discussion au sujet de ces points de base, comme si elles n'étaient qu'hypothèses ou problématiques. Nous commençons ici avec une conception claire de l'Unité de l'Église, que nous croyons avoir été incarnée et réalisée dans l'histoire multi-séculaire de l'Église Orthodoxe, sans le moindre changement ou la moindre interruption depuis les temps où l'Unité visible de la Chrétienté était un fait évident et était attestée et démontrée par une unanimité oecuménique, à l'époque des Conciles Oecuméniques.

Nous admettons, bien entendu, que l'Unité de la Chrétienté a été bouleversée, que l'unité de Foi et l'intégrité des ordres apostoliques ont été fortement brisés. Mais nous n'admettons pas que l'Unité de l'Église, et plus précisément de l'Église "visible" et historique, ait jamais été brisée ou perdue, de sorte que ce serait à présent un problème de recherche et de découverte. Dès lors, le problème de l'Unité est pour nous le problème du retour à la plénitude de la Foi et de l'Ordre apostolique, dans la totale fidélité au message des saintes Écritures et de la Tradition et en obéissance à la volonté de Dieu : "Que tous soient unis."

Bien longtemps avant la rupture de l'unité de la Chrétienté Occidentale, l'Église Orthodoxe avait un sens aigu de l'importance essentielle de l'unité des croyants Chrétiens, et dès son début (3) elle a déploré les divisions au sein du monde Chrétien. Que ce soit actuellement ou dans le passé, elle se lamente sur la désunion parmi ceux qui affirment être disciples de Jésus-Christ, dont le but dans le monde était d'unir tous les croyants en un seul Corps. L'Église Orthodoxe estime que, du fait qu'elle n'a pas été mêlée à la rupture de l'unité religieuse en Occident, elle porte la responsabilité particulière de contribuer à la restauration de l'unité Chrétienne qui seule peut rendre effectif le message de l'Évangile dans un monde perturbé par les menaces de conflits mondiaux et une incertitude généralisée à propos de son avenir.

C'est avec humilité que nous exprimons clairement la conviction que l'Église Orthodoxe peut apporter une contribution spéciale à la cause de l'unité Chrétienne, parce que depuis la Pentecôte, elle a possédé la véritable unité voulue par le Christ (3). C'est avec cette conviction que l'Église Orthodoxe est toujours prête à rencontrer des Chrétiens d'autres communions dans des réflexions inter-confessionnelles. Elle se réjouit du fait qu'elle est à même de se joindre à celles parmi les autres confessions dans des conversations oecuméniques qui tendent à faire tomber les barrières vers l'unité Chrétienne. Cependant, en toute honnêteté, en tant que représentants de l'Église Orthodoxe nous nous sentons obligés de confesser que nous devons préciser notre participation, comme c'est rendu nécessaire par la Foi historique et la pratique de notre Église, et aussi d'exprimer la position générale qui doit être adoptée dans cette conférence interconfessionnelle.

En considérant de prime abord "la nature de l'unité que nous recherchons", nous souhaitons commencer par établir clairement que notre approche diverge de ce qui est habituellement recommandé et généralement attendu de la part de représentants participants. L'Église Orthodoxe enseigne que l'unité de l'Église n'a jamais été perdue, parce qu'elle est le Corps du Christ, et que dès lors, ne saurait être divisée. C'est le Christ Qui est à sa tête, et l'inhabitation du Saint Esprit qui garanti l'unité de l'Église à travers les siècles.

La présence d'imperfections humaines parmi ses membres est impuissante à effacer l'unité, car le Christ Lui-même a promis que "les portes de l'Hadès ne prévaudraient pas contre l'Église." Satan a toujours semé de l'ivraie dans le champs du Seigneur, et les forces de désunion ont souvent été menaçantes, mais en réalité, elles n'ont jamais réussi à diviser l'Église. Aucune puissance ne pourrait être plus forte que la volonté omnipotente du Christ, Qui a fondé une Église uniquement pour amener les hommes à l'unité avec Dieu. L'unité est une marque essentielle de l'Église.

S'il est vrai que le Christ a fondé l'Église comme un moyen d'unifier les hommes divisés par le péché, alors il doit naturellement s'ensuivre que l'unité de l'Église a été préservée par Sa divine omnipotence. L'unité n'est dès lors pas seulement une promesse, ou une potentialité, mais elle appartient à la nature même de l'Église. Ce n'est pas quelque chose qui a été perdu et qui devrait être retrouvé, mais plutôt c'est la caractéristique permanente de la structure de l'Église.

L'amour Chrétien nous pousse à parler avec franchise de notre conviction que l'Église Orthodoxe n'a pas perdu l'unité de l'Église voulue par le Christ, car elle représente l'unité qui, dans la chrétienté occidentale, n'a été qu'une potentialité. L'Église Orthodoxe enseigne qu'elle n'a nul besoin de chercher après une quelconque "unité perdue", puisque sa conscience historique dicte que c'est elle qui est l'Unam Sanctam et que tous les groupes chrétiens hors de l'Église Orthodoxe ne peuvent retrouver leur unité qu'en entrant dans le sein de cette Église qui a préservé son identité avec le Christianisme antique.

Ce ne sont pas des affirmations qui proviendraient d'une audace, mais d'une conscience historique interne de l'Église Orthodoxe. En effet, tel est le message spécial de l'Orthodoxie Orientale à la chrétienté occidentale divisée.

Fidèle à sa conscience historique, l'Église Orthodoxe déclare qu'elle a maintenu une continuité ininterrompue avec l'Église de la Pentecôte, en préservant la Foi et l'Ordre Apostolique inaltérés. Elle a gardé "la Foi transmise une fois pour toute aux saints" libre de toute déformation due à des innovations humaines. Les doctrines inventées par des hommes n'ont jamais réussi à s'imposer dans l'Église Orthodoxe, puisqu'elle n'a aucune association nécessaire dans l'Histoire avec le nom d'un seul Père ou théologien (4). Elle possède la plénitude et la garantie de l'unité et de l'infaillibilité par l'opération du Saint Esprit et non par le ministère d'une personne seule. C'est pour cette raison qu'elle n'a jamais senti le besoin envers ce qui est connu comme "un retour à la pureté de la foi apostolique." Elle maintien la nécessaire balance entre la liberté et l'autorité, et évite dès lors les extrêmes de l'absolutisme et de l'individualisme, qui tous deux ont fait violence à l'unité Chrétienne.

Nous réaffirmons ce qui a été déclaré à Evanston (5) et ce qui a été déclaré dans le passé au cours de toutes les conférences interconfessionnelles auxquelles des délégués de l'Église Orthodoxe ont participé. Ce n'est en rien dû à notre mérite personnel, mais c'est à la divine condescendance que nous devons de représenter l'Église Orthodoxe et sommes à même d'exprimer ses affirmations. En conscience, nous sommes tenus à déclarer explicitement ce qui est logiquement suggéré; à savoir que tous les autres corps [chrétiens] ont été directement ou indirectement séparés de l'Église Orthodoxe. D'un point de vue Orthodoxe, l'unité signifie le retour des entités séparées à l'Église Orthodoxe historique, l'Église Une, Sainte, Catholique et Apostolique.

L'unité que l'Orthodoxie représente repose sur l'identité de Foi, d'ordre hiérarchique et de culte. Tous trois, ces aspects de la vie de l'Église sont extérieurement préservés par la réalité de la succession ininterrompue d'évêques qui est l'assurance de la continuité ininterrompue de l'Église avec les origines apostoliques. Cela signifie que la plénitude non-compromise de l'Église requiert la préservation tant de sa structure épiscopale que de sa vie sacramentelle. Respectant avec ténacité son héritage Apostolique, l'Église Orthodoxe maintien qu'aucune unité réelle n'est possible là où l'épiscopat et les sacrements sont absents, et s'afflige du fait que ces 2 institutions ont été soit abandonnées soit dénaturées dans certaines parties de la chrétienté. Tout accord sur la Foi doit reposer sur l'autorité des déclarations des 7 Conciles Oecuméniques qui représentent l'esprit de l'Église indivise de l'antiquité et la tradition subséquente telle que préservée dans la vie de l'Église Orthodoxe.

Nous regrettons que le problème si capital du Ministère ordonné et celui de la Succession Apostolique, sans lesquels selon notre point de vue il n'y a ni unité ni église, n'ont pas été prévu au programme de la Conférence. Tous les problèmes de ministère ordonné semblent manquer au programme. Ceux-là sont, selon notre opinion, des points basiques pour toute étude de l'Unité.

L'unité visible exprimée dans l'union organisationnelle ne détruit pas la centralité de l'esprit entre les fidèles, mais au contraire atteste de la réalité de l'unité de l'Esprit. Là où il y a plénitude de l'Esprit, là aussi il y aura la concorde externe. Depuis les temps apostoliques, l'unité des fidèles Chrétiens a été manifestée par une structure visible, organisée. C'est l'unité dans le Saint Esprit qui est exprimée dans une organisation unifiée visible.

La Sainte Eucharistie, en tant qu'acte suprême du culte, est l'affirmation extériorisée de la relation interne jaillissant de l'unité dans le Saint Esprit. Mais cette unité implique un consensus de Foi parmi ceux qui participent. L'intercommunion est dès lors possible uniquement lorsqu'existe l'accord sur la Foi. Dans tous les cas, le culte commun [concélébration] doit présupposer une Foi
commune. L'Église Orthodoxe maintien que le culte de quelque nature que ce soit ne saurait être sincère à moins qu'il n'y ait unité de Foi parmi ceux qui y participent. C'est suite à cette conviction que les Orthodoxes hésitent à se joindre à des offices de prière commune et s'abstiennent strictement d'assister à des offices de Communion interconfessionnels

Une Foi commune et un culte commun sont inséparables dans la continuité historique de l'Église Orthodoxe. Cependant, dans l'isolation, aucun des deux ne saurait être préservé intégral et intact. Tous deux doivent être gardés dans une relation organique et interne l'un avec l'autre. C'est pour cette raison que l'unité Chrétienne ne saurait être réalisée simplement en déterminant quels articles de foi ou quel Credo devrait être considéré comme constituant la base d'unité. En plus de souscrire à certaines doctrines de Foi, il est nécessaire de réaliser l'expérience d'une tradition commune ou du "communis sensus fidelium" préservés par le culte commun dans le cadre historique de l'Église Orthodoxe. Il ne saurait y avoir de vraie unanimité de Foi à moins que la Foi ne demeure au sein de la vie et de la tradition sacrée de l'Église, qui est identique à travers les siècles. C'est dans l'expérience liturgique que nous affirmons la véritable Foi, et inversement, c'est dans la reconnaissance d'une Foi commune que nous assurons la réalité du culte en esprit et en vérité.

Dès lors l'Église Orthodoxe en chaque localité insiste sur l'accord de Foi et de culte avant qu'elle n'envisage de partager la moindre activité interconfessionnelle. Les différences doctrinales constituent un obstacle sur le chemin d'une participation sans restriction à de telles activités. Afin de protéger la pureté de la Foi et l'intégrité de la vie liturgique et spirituelle de l'Église Orthodoxe, l'abstention de participation aux activités interconfessionnelles est encouragée au niveau local. Il n'existe pas un seul aspect de la vie de l'Église qui ne soit lié à sa Foi. L'intercommunion avec une autre église doit être ancré dans un consensus de Foi et une compréhension commune de la vie sacramentelle. En particulier, la sainte Eucharistie doit être la démonstration liturgique de l'unité de Foi.

Nous sommes pleinement conscients des profondes divergences qui séparent les confessions chrétiennes les unes des autres, dans tous les domaines de la vie et de l'existence chrétienne, dans la compréhension de la foi, dans la manière de vie, dans les habitudes cultuelles. En conséquence, nous cherchons une unanimité de Foi, une identité d'ordres ministériels, une fraternité dans la prière. Mais pour nous, ces trois points sont organiquement liés les uns aux autres. La communion dans le culte liturgique n'est possible que dans l'unité de la Foi. La Communion présuppose l'Unité. Dès lors, le terme "intercommunion" nous semble être l'épitomé de cette conception que nous sommes forcés de rejeter. Une "intercommunion" présuppose l'existence de plusieurs confessions séparées et divisées, qui se regroupent occasionnellement pour mener certains actes ou actions en commun. Dans la véritable Unité de l'Église du Christ, il n'y a pas de place pour plusieurs "confessions." Il n'y a dès lors pas de place pour une "intercommunion." Quand tous seront unis en vérité dans la Foi et l'Ordre Apostolique, il y aura une Communion et une Fraternité totale en toutes choses.

Déjà en 1937, à Edimbourg (6), les délégués Orthodoxes avaient déclaré que nombre de problèmes étaient exposés dans le cadre des Conférences "Foi et Constitution" d'une manière et d'une position qui étaient extrêmement peu sympathiques pour les Orthodoxes (7). Nous sommes obligés de répéter cela ici aussi. Mais à nouveau, comme il y a quelques années à Edimbourg, nous voulons témoigner de notre préparation et de notre volonté à participer à cette étude, afin que la Vérité de l'Évangile et la plénitude de la Tradition Apostolique
puissent être portés à la connaissance de tous ceux qui, vraiment, de manière désintéressée et pieusement cherchent l'Unité dans notre Seigneur béni et Son Église Une, Sainte, Catholique et Apostolique.



Protopresbytre Georges Florovsky



Protopresbytre Eusebius A. Stephanou



Prêtre George Tsoumas

Prêtre John A. Poulos

Prêtre John Hondras

Prêtre George P. Gallos

Texte ayant circulé par courriel du 12 juillet 2007 au sein du "St Raphael Clergy Brotherhood" du diocèse de Wichita et Mid-America (USA) (patriarcat Grec-Orthodoxe d'Antioche, archidiocèse américain)


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Ce texte est aussi en ligne sur le Orthodoxe Research Institute


Ahh, que c'est rafraîchissant de lire un si beau texte – notez bien, il est co-signé du p. Georges Florovsky...
Merci à ces évêque et prêtres du Christ pour cette belle déclaration - elle mériterait de rejoindre celle de saint Léon III de Rome, gravée dans l'or et l'argent et placardée à la porte des cathédrales des différents patriarches de l'Église!
Participer ainsi à une telle assemblée, où d'emblée on exprime bien clairement la doctrine de l'Église, où on ne prétend pas que les autres participants auraient la moindre petite ombre de légitimité apostolique, c'est tout de même autre chose que tout ce qu'on voit de nos jours. Et parler ainsi et en cette compagnie, stricto sensu, les Canons ne l'interdisent pas, je pense du moins, puisque les autres participants sont bien renvoyés à leur cruel manque : celui de l'absence d'unité, d'une unité impossible à trouver là où ils sont et comme ils vivent. Un manque ne leur laissant pas d'autre alternative que le retour au sein de l'unique Église du Christ, dont, comme le disent fort bien ces évêques Orthodoxes, ces gens-là ne font pas partie. Et donc s'ils ne sont pas dans l'Église, ils ne sauraient trouver d'unité qu'en y revenant. Et puisqu'ils ne sont pas en communion avec l'Église, ils n'ont pas la Foi apostolique, et ils n'ont pas un clergé légitime et réel, aucun d'entre eux. A méditer et à faire circuler, d'urgence. Oremus.

La Tradition vivante, selon les saints et très Orthodoxes Pères de l'île de Lérins au 6ème siècle, c'est ceci :

Sicut Scriptum est
Quia Scriptum est
Quae docet sanctus Apostolus
Secundum praeceptum Domini
Sicut Dominus dixit

(Règles des 4 Pères, Règle 2, p.212, SC297)
Et nous ne quitterons pas cette Tradition vivante pour faire plaisir au prince de ce monde et à ses supplétifs (pour la plupart, il est vrai, inconscients du rôle réel qu'ils jouent)

Notes de traduction.
(1) Déclaration qui ne changera rien aux projets des participants hétérodoxes : "Il faudra encore traverser deux guerres mondiales et une crise économique avant que ne se réunisse la première (et unique) Conférence sur Foi et Constitution en Amérique du Nord qui eut lieu à l’Oberlin College (Ohio) en 1957 et déboucha sur la création d’une Commission permanente sur Foi et Constitution au sein du Conseil national des Eglises aux Etats-Unis. Après le Concile Vatican II, l’Eglise catholique des Etats-Unis devint membre de la Commission Foi et Constitution ; ne faisant donc plus figure d’ ‘ Eglise à part ’ dans le panorama américain, elle participe désormais de manière active et constructive au mouvement oecuménique."
http://www.oikoumene.org/fileadmin/files/wcc-main/2007pdfs/WPCU2008_Livret_FRA.pdf

(2) Doctrinalement, l'Église que nous disons "Orthodoxe", c'est un qualificatif que nous lui donnons en référence à la droiture intégrale de doctrine qu'elle professe depuis les Apôtres, sans discontinuité. Mais si ce terme de "catholique" a été usurpé par les chefs d'un État temporel européen, c'est pourtant l'Église Orthodoxe - et elle seule - qui est l'Unam, Sanctam, Catholicam et Apostolicam Ecclesiam, comme nous disons dans le Credo. D'où nos évêques utilisent aussi pour parler de nous ce terme de "catholique". Car en l'Église Orthodoxe ne "subsiste" pas un restant d'unité, au contraire, elle incarne la plénitude de l'unité.

(3) A savoir lors de la Pentecôte, puisque c'est à ce moment précis que l'Église a été fondée par le Saint-Esprit sur LES Apôtres, et à Jérusalem et nulle part ailleurs, comme en attestent de manière irréfutable les saintes Écritures.

(4) Ou Apôtre ou groupe d'Apôtre pris isolément de l'ensemble.

(5) Evanston, Illinois, USA, 15 - 31 Août 1954

(6) A Édimbourgh, capitale de l'Écosse, en 1937, des dirigeants de groupes se réclamant du Christ se sont rencontrés et ont décidé d'établir un Conseil Oecuménique des églises (WCC / COE). Sous les apparences d'une idée bonne et généreuse - à laquelle j'avoue avoir naïvement cru il y a quelques années, par manque de recul et de réflexion - , c'est le principe de "nivellement par le bas" qui règne en maître – trouver des "plus petits dénominateurs communs" en matière théologique et faire l'impasse sur tout ce qui gène aux entournures. Créer une sorte de nouvelle religion christianisante qui puisse être acceptée par tous, y compris par ceux qui ne veulent pas du Christ, et permettre à ceux qui croient à cette nouvelle religion christique de vivre dans la société selon les normes de la société, sans être gênés par des normes divines. Bref, un projet et une méthodologie clairement F-M, comme le déclarent sans ambages les saints moines de Roumanie ou de l'Athos.
En Afrique, il est avéré que ce Conseil Oecuménique a été directement impliqué dans le soutien aux mouvements marxistes qui endeuillent sans discontinuer le Continent depuis 50 ans. Il soutient tout ce qui est avortement, styles de vie "alternatifs", etc, et ne reconnaît bien entendu pas la Foi et les Ordres Apostoliques, les 8 Conciles Oecuméniques, etc.
Un certain nombre d'Églises Orthodoxes locales y participent à titres divers, mais plusieurs s'en sont déjà retirées, voyant que la masse catholique-romaine & protestante empêche objectivement tout cheminement positif. Il est à rappeler que l'Église Orthodoxe Russe Hors-Frontières avait mis cette sortie du COE comme préalable décisif à sa réunification avec le patriarcat de Moscou. Hélas, on sait ce que ce juste préalable est devenu.

(7) En effet, dans le contexte de la "belle idée généreuse", la seule Église qui se retrouve systématiquement accusée, c'est l'Église du Christ! Tout ce qu'elle tient des Apôtres et des saints est présenté comme archaïque et juste bon à jeter aux poubelles de l'Histoire. Le respect demandé envers "les autres chrétiens" est toujours à sens unique. Il est légitime de se poser la question de l'utilité d'une présence dans ce groupe ouvertement opposé à l'Église.


2 commentaires:

l'Art de l'Icône a dit…

que ça fait du bien de relire ce texte. J'ai le souvenir que le Père Cyril Argenti avait aussi lors de ses interventions très ferme quand aux questions d'oeucuménisme.
Merci

l'Art de l'Icône a dit…

que ça fait du bien de relire ce texte. J'ai le souvenir que le Père Cyril Argenti avait aussi, il y a longtemps, lors de ses interventions très ferme quand aux questions d'oeucuménisme.
Merci