"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

28 octobre 2007

Quel est le rôle des miracles du Christ? (Trinité 21, R.O.O Eorhf)


Matines
Psaume 113,1 In exitu Israel
Psaume 113,9 Non nobis, Domine
Psaume 114 Dilexi, quoniam

Ezéchiel 14,1-23
Quelques anciens d'Israël vinrent me trouver et s'assirent auprès de moi. La parole du Seigneur me fut alors adressée en ces termes: "Fils d'homme, ces gens-là ont installé leurs idoles dans leur coeur et ils ont continuellement devant les yeux ce qui les fait tomber dans le péché. Faut-il me laisser consulter par eux? Eh bien, parle-leur comme suit: Voici ce que dit le Seigneur Dieu: S'il arrive à quelque Israélite qui a installé des idoles dans son coeur et conserve devant les yeux ce qui le fait tomber dans le péché, de s'adresser à un prophète, c'est moi, le Seigneur, qui lui répondrai moi-même ce que comporte la multitude de ses idoles, afin d'atteindre au coeur cette maison d'Israël, qui s'est éloignée de moi par amour pour ses idoles. "C'est pourquoi, dis à la maison d'Israël: Voici ce que dit le Seigneur Dieu: Revenez; renoncez à vos idoles, cessez de considérer toutes vos pratiques abominables. S'il arrive en effet à quelque Israélite ou à quelques étrangers séjournant en Israël, de se détourner de moi et d'installer des idoles dans son coeur, conservant devant les yeux ce qui le fait tomber dans le péché, et puis de s'adresser à un prophète pour me consulter par son ministère, c'est moi, le Seigneur, qui répondrai moi-même. Contre cet homme je me tournerai, j'en ferai un exemple qui deviendra proverbial, je le retrancherai de mon peuple; et vous saurez ainsi que c'est moi qui suis le Seigneur.
"Et si le prophète se laisse séduire et profère un oracle, c'est que moi, le Seigneur, je l'aurai séduit; j'étendrai la main contre lui et le ferai disparaître du milieu d'Israël, mon peuple. Ils porteront le poids de leur faute, tant le consultant que le prophète, afin que la maison d'Israël ne s'égare plus loin de moi et ne se souille plus par tous ses forfaits. Alors ils seront mon peuple et je serai leur Dieu - oracle du Seigneur Dieu."
La parole du Seigneur me fut adressée en ces termes: "Fils d'homme, si un pays péchait contre moi par infidélité et si j'étendais la main contre lui en lui supprimant le pain qui fortifie, et en lui dépêchant la famine exterminatrice des bêtes et des gens, y eût-il en ce pays Noé, Danel et Job, ces trois hommes ne sauveraient qu'eux-mêmes par leur justice - oracle du Seigneur Dieu.
"Si je laissais les fauves parcourir le pays pour en dévorer les enfants, et le changer en un désert où personne, par crainte de ces bêtes, n'oserait plus passer, et si ces trois hommes se trouvaient en ce pays, - par ma vie! oracle du Seigneur Dieu - ils ne pourraient sauver ni leurs fils ni leurs filles; eux seuls en réchapperaient dans un pays devenu désert. "Ou bien si je faisais venir l'épée sur ce pays en disant: Que l'épée passe par ici, et retranche tant les hommes que les bêtes, et si ces trois hommes s'y trouvaient, - par ma vie, oracle du Seigneur Dieu - ils ne pourraient sauver ni leurs fils ni leurs filles; eux seuls seraient sauvés. "Ou encore si j'envoyais la peste sur ce pays et si j'assouvissais sur lui ma fureur dans le sang, en exterminant les hommes aussi bien que les bêtes, et si Noé, Danel et Job s'y trouvaient, - par ma vie, oracle du Seigneur Dieu - ils ne pourraient garantir par leur justice ni fils ni filles, mais seulement leur propre vie. "Car voici ce que dit le Seigneur Dieu: Même si je lance mes quatre funestes fléaux, l'épée, la famine, les fauves et la peste contre Jérusalem pour en exterminer hommes et bêtes, il subsistera toutefois quelques réchappés, des fils et des filles, qui sortiront de la ville. Voici qu'ils viennent vers vous. Quand vous aurez vu leur conduite et leurs actes, vous vous consolerez des fléaux que j'aurai déchaînés contre Jérusalem, de tout ce que je lui aurai infligé. Ils vous en consoleront quand vous aurez vu leur conduite et leurs actes: vous reconnaîtrez que ce n'est pas sans motif que j'ai quitté la cité comme je l'ai fait - oracle du Seigneur Dieu."

Évangile selon saint Luc 14,1-24
Un jour de sabbat, Jésus était allé prendre son repas chez un pharisien notable, et on l'observait. Justement il y avait devant lui un homme hydropique. Jésus s'adressa aux légistes et aux pharisiens: "Est-il, oui ou non, permis de faire une guérison le jour du sabbat?" Ils gardèrent le silence. Jésus prit alors cet homme par la main, le guérit et le congédia. Puis il se tourna vers eux: "Qui de vous, dit-il, si son fils ou son boeuf tombe dans le puits, ne l'en retire aussitôt, même le jour du sabbat?" À cela, ils n'eurent que répondre.
Puis, remarquant la manière dont les invités cherchaient à prendre les places d'honneur, il y fit allusion: "Quand un homme t'invite à un festin de noces, ne te mets pas à la première place, de peur qu'il n'ait invité une personne plus considérable que toi, et que votre hôte à tous deux ne te dise: Cède-lui la place. Tu aurais alors la confusion de devoir occuper la dernière place. Mais, quand tu seras invité, va te mettre à la dernière place; ainsi ton hôte, en entrant, te dira: Mon ami, monte plus haut. Alors tu seras à l'honneur devant tous les convives. Car, quiconque s'élève sera abaissé, et celui qui s'abaisse sera élevé."
Il dit encore à son hôte: "Quand tu donnes un déjeuner ou un dîner, il ne faut pas inviter tes amis, ni tes frères, ni tes parents, ni tes voisins riches: ils pourraient t'inviter à leur tour, et te rendraient ainsi la pareille. Mais, quand tu reçois, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles. Tu pourras te féliciter de ce qu'ils ne peuvent te le rendre, car cela te sera rendu à la résurrection des justes."
À ces mots, un des convives dit à Jésus: "Heureux celui qui prendra son repas dans le royaume de Dieu!"
Jésus lui répondit: "Un homme offrit un grand dîner, auquel il convia beaucoup de monde. À l'heure du repas, il envoya son serviteur dire aux invités: Venez, tout est prêt. Mais tous, unanimement, commençèrent à s'excuser. L'un dit: J'ai acheté une terre, je dois aller la voir; excuse-moi, je t'en prie. Un autre dit: J'ai acheté cinq paires de boeufs et je vais les essayer; excuse-moi, je t'en prie. Un autre dit: Je viens de me marier; je ne puis donc venir. Le serviteur vint rapporter ces choses à son maître. Alors le maître de maison, mécontent, dit à son serviteur: Va tout de suite par les rues et les places de la ville, et ramène ici les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux. Le serviteur vint dire: Maître, tes ordres sont exécutés, mais il y a encore de la place. Le maître reprit: Va par les chemins et le long des haies, et presse les gens d'entrer; ma maison doit être pleine. Car je vous le déclare: aucun des premiers invités ne goûtera de mon festin."

COLLECTE POUR DIMANCHE TRINITÉ 21
Ô Seigneur Miséricordieux, daigne accorder à Ton peuple fidèle le pardon et la paix, afin qu'il puisse être purifiés de tous ses péchés, et Te servir l'esprit en paix. Par Ton Fils Jésus-Christ, notre Seigneur, Qui vit et règne avec Toi et le Saint-Esprit, Dieu Un, pour les siècles des siècles

Divine Liturgie (Sarum)
Épître : Ephésiens 6,10-20
Évangile : Saint Jean 4,46-54
"Il retourna donc à Cana, en Galilée, où il avait changé l'eau en vin. Or, il y avait à Capharnaüm un officier royal dont le fils était malade. Apprenant que Jésus était revenu de Judée en Galilée, cet officier vint le trouver et le pria de descendre guérir son fils qui était mourant. Jésus lui dit: "À moins de voir des miracles et des prodiges, vous ne croirez donc point!" L'officier royal lui répondit: "Seigneur, descends avant que mon petit garçon ne meure!" - "Va, lui dit Jésus, ton fils va bien!" L'homme crut à la parole de Jésus et s'en alla. Sur le chemin du retour, ses serviteurs vinrent à sa rencontre et lui dirent: "Ton fils va bien." Il leur demanda à quelle heure il s'était trouvé mieux. "Hier, répondirent-ils, à la septième heure, la fièvre l'a quitté." Le père reconnut que c'était l'heure même à laquelle Jésus lui avait dit: "Ton fils va bien." Et il crut, lui et toute sa famille. Tel fut le second miracle que Jésus fit, à son retour de Judée en Galilée."

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HOMÉLIE DU DIMANCHE TRINITÉ 21

l'idée de miracle version populaire n'a rien à voir avec
le miracle du Christ...
Homélie 2006/2007
"À moins de voir des miracles et des prodiges" – telles sont les paroles qui nous frappent le plus dans l'Évangile de la Liturgie de ce jour. Ce sont aussi des paroles qui ont amené quelques pensées bizarres au fil des siècles Chrétiens. Plus particulièrement, elles ont été comprises par certains comme si Jésus dénigrait l'homme venant Lui demander de l'aide pour guérir son fils. On les prend aussi parfois comme une condamnation par Jésus, non seulement de cet homme, mais de toute la génération des Juifs de cette époque – qui auraient demandé des tours de magie avant de bien vouloir écouter. Tout ceci nous amène bien sûr à la question des miracles – leur place stratégique par leur effet sur l'activité principale du sauvetage de l'humanité par Jésus. S'Il s'en était tenu à des tournées de démonstrations de miracles populaires – un spectacle – Il aurait peut-être gagné une bien plus grande adhésion. Cette pensée pose problème, car une grande adhésion de ce genre aurait bien pu entraver le chemin vers la Crucifixion.
Avec Jésus, on doit toujours garder la Crucifixion bien en ligne de mire – car c'est la seule et unique chose importante. C'est le début et la fin de Son Ministère sur terre – et ce ministère
de la Crucifixion continue chaque jour, comme cela a été le cas depuis 2 millénaires. Les miracles ont leur place bien en dessous de la Crucifixion. Alors quel était leur but, et pourquoi est-ce que Jésus a souvent fait preuve de réticence?
Considérons-les d'abord simplement sous le plan tactique ou stratégique. Jésus est ici sur terre pour accomplir un but particulier, et tout au long de Sa vie et de Son Ministère en particulier, Il doit garder l'oeil sur ce but principal. Il doit tout placer dans la perspective de la Crucifixion : la nécessité pour Lui (et uniquement pour Lui dans ce cas précis) de mourir pour toutes les transgressions et offenses de l'humanité. C'était une donnée incontournable, pas moyen de passer à côté. Mais Il avait aussi plusieurs autres affaires impliquées dans le processus, de moindre importance. L'une était d'accomplir les prophéties qui Le concernait. Ah bon, mais lesquelles donc? Est-ce que nous ne tomberions pas ici dans une situation de l'oeuf ou de la poule, à se demander qui vient avant qui? Dieu a inspiré les prophéties. Les prophètes de l'ancien temps ont dit certaines choses qui ont été à juste titre considérées comme étant des affirmations à propos du Messie à venir. Mais ils ont aussi dit des choses qui ne se référaient généralement pas au Messie, avant qu'elles ne soient dévoilées comme l'ayant en réalité aussi été, dévoilées après coup par l'Esprit Saint. Nous devons dès lors prendre ces prophéties comme des "preuves" que Dieu a éparpillées à l'avance afin qu'avec notre manière limitée de voir les choses, nous puissions être plus solidement convaincus et dès lors sauvés – après les événements.
Revenons-en aux miracles. Est-ce qu'ils n'auraient pas pu amener à croire un bien plus grand nombre des Juifs de l'époque? Est-ce qu'ils n'auraient pas permis d'en amener bien plus de la Maison d'Israël? Hé bien, oui, cela aurait pu être le cas. Mais alors il pourrait y avoir eu un problème – plusieurs même. Dans cette action impertinente d'oser juger les actions de Dieu – car c'est ce que nous les humains avons tendance à faire – nous devons prendre en compte le fait qu'Il voit les choses d'un point de vue quelque peu différent du nôtre – et d'une manière radicalement plus large. Quelqu'un qui est convaincu et reposant sa foi entièrement et uniquement sur l'évidence d'un acte surnaturel – prenons par exemple l'épisode du figuier qui aurait été accomplit devant quelques centaines de gens – ne trouvez-vous pas qu'il aurait un fondement de sa foi plutôt fort pauvre? Comment cette sorte de foi aurait pu tenir bon une fois Jésus monté aux Cieux et les persécutions commencées? Cette foi, à présent nous le savons, comme simples humains, mais avec une sagesse rétrospective de 2 millénaires, cette foi, si elle doit nous être de quelqu'utilité, elle doit être faite d'une profonde conviction, et les convictions profondes, qui changent une vie, qui dirigent une vie, on ne les acquiert pas rien qu'en regardant une heure durant quelqu'un faire un spectacle de cirque. Un numéro d'illusionniste, voilà ce qu'aurait fait Jésus s'Il avait utilisé les miracles comme moyen principal pour soutenir son affirmation messianique.
Alors, est-ce que Jésus était en fait occupé à dénigrer l'homme qui demandait une guérison miraculeuse? Pour commencer, si l'homme avait voulu une démonstration miraculeuse publique, il ne l'aurait pas reçue : Jésus a accompli le miracle, mais d'une manière telle que soit exclu tout aspect théâtral pouvant attirer la foule spectatrice. Il l'a fait à longue distance. Il a impliqué un élément qui sera la caractéristique de Ses miracles : la confiance. Le bénéficiaire devait avoir la Foi qui est la même chose que la confiance, et cette confiance avait précisément à être en Dieu et dans la parole de Jésus. Cela devait être spontané – pas le temps de réfléchir. Ne nous trompons pas à cet égard : la confiance n'était pas en quelque sorte définitivement nécessaire. Le bénéficiaire ne se voyait pas demander en effet "d'auto-accomplir le miracle". Ca c'était une condition que Jésus a apparemment imposée à quelques personnes (apparemment pas à toutes) avant d'accomplir ce qu'elles demandaient. Dès lors, est-ce que Jésus n'aurait pas été occupé à récriminer contre la génération qui L'entourait, et aurait été surpris de découvrir que cet homme était différent? A nouveau, non. Nous devons garder à l'esprit la fréquente démonstration du fait que Jésus est Dieu, et qu'Il peut discerner ce qui se passe dans la tête des gens. Il pouvait leur dire leurs pensées et l'a souvent démontré. Il s'ensuit qu'Il savait bien quelle était la valeur de la foi de cet homme. Alors qu'en est-il de ces paroles : "À moins de voir des miracles et des prodiges, vous ne croirez donc point"? La meilleure interprétation qu'on pourrait leur donner, c'est que Jésus était occupé à démontrer publiquement la foi de cet homme. Il la montrait à tous ceux de cette foule inévitable de Disciples et d'auditeurs qui L'entouraient au cours de Son Ministère. Ce fut un miracle des débuts – en fait, il n'est rapporté que par saint Jean – et ce n'est pas le même que celui rapporté chez saint Matthieu 8,5 et saint Luc 7,2. Nous devons garder à l'esprit que saint Jean – appelé "le Théologien" en Orient – ne mentionnait pas les choses dans un but biographique mais dans un but clairement théologique. Il a rapporté des faits passés sous silence par les autres Évangélistes, et il les a tous vus dans une autre lumière. Il y avait plusieurs autres aspects. Jésus était peut-être occupé à démontrer qu'Il pouvait exercer Sa puissance à distance, et, comme déjà mentionné, qu'Il demandait la preuve de la foi du bénéficiaire, et qu'Il n'était pas un simple forain illusionniste, un amuseur ambulant. Il ne voulait pas d'une foule entièrement composée de ceux se tenant là dans l'espoir qu'un chouette tour serait accomplit. Ce miracle était, comme avec les autres, un sermon en lui-même – un sermon sur le besoin pour une foi implicite et complète dans Ses paroles et intentions, si nous voulons faire partie de Son plan.
Amen.
p. Michaël, higoumène (abbé), Saint-Petroc monastery, EORHF/Rocor
http://www.orthodoxresurgence.com/petroc/index.htm
http://www.orthodoxresurgence.com

Les miracles du Christ se prolongent dans les miracles des saint(e)s ami(e)s du Christ
Comme par exemple saint Nicolas de Myre
source & (c)

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Byzantins : 22e dimanche après la Pentecôte

Épître : Ephésiens 2, 14-22.
Frères, le Christ en personne est notre paix, Lui qui a réuni en un seul peuple les Juifs et les Païens, et qui a fait tomber ce mur de haine qui les séparait. En sacrifiant sa propre chair, Il a mis fin à l’antique Loi, avec tous ses règlements et ses prohibitions. Des deux antagonistes de jadis, Il a formé en lui-même un peuple unique et une humanité nouvelle, réalisant la paix entre eux et les réconciliant avec Dieu. Les uns et les autres, Il les a unis en un seul corps, par cette croix sur laquelle Il a mis à mort l’inimitié. Il est donc venu pour annoncer à tous la bonne nouvelle, l’Evangile de la paix, à vous qui étiez loin et à ceux qui étaient proches, de sorte que par lui nous avons, les uns et les autres, libre accès auprès du Père en un seul Esprit saint. Aussi n’êtes-vous plus des étrangers ni des gens de passage, vous êtes concitoyens des saints, vous êtes la maison de Dieu. Vous faites partie d’un édifice qui a pour fondations les apôtres et les prophètes, et dont la pierre d’angle est en personne Jésus Christ. En lui, toute la construction s’élève harmonieusement, pour devenir un temple saint dans le Seigneur. En lui, vous aussi, vous entrez, les uns unis aux autres, comme pierres de cette construction qui deviendra, par l’Esprit saint, la demeure de Dieu.

Évangile : Saint Luc 8, 41-56
En ce temps-là, voici qu’arriva un homme du nom de Jaïre : il était chef de synagogue. Tombé aux pieds de Jésus, il le suppliait de venir chez lui, parce qu’il avait une fille unique, d’environ douze ans, et elle se mourait. Et tandis que Jésus s’y rendait, les foules manquaient de l’étouffer. Or une femme en hémorragie depuis douze ans et qui n’avait pu être soignée par personne, s’approcha par derrière et toucha la frange du manteau de Jésus : à l’instant son hémorragie cessa. Et Jésus demanda : "Qui m’a touché ?" Comme tous s’en défendaient, Pierre et ses compagnons lui dirent : "C’est Toi qui commande, mais les foules te pressent à t’écraser !" Jésus reprit : "Quelqu’un m’a touché : J’ai senti une puissance sortir de moi." Voyant qu’elle ne pourrait rester cachée, la femme vint toute tremblante et, se jetant aux pieds de Jésus, révéla devant tout le peuple pour quelle raison elle l’avait touché et comment elle avait été guérie à l’instant. Jésus lui dit : "Fille, ta foi t’a sauvée ; va en paix !" Jésus parlait encore, quand de chez le chef de la synagogue quelqu’un vint dire à celui-ci : "Ta fille est morte, ne dérange plus le Maître !" Mais Jésus, qui avait entendu, lui répondit : "N’aie pas peur; crois seulement, et elle sera sauvée !" Arrivé à la maison, Jésus ne laissa personne entrer avec lui, sauf Pierre, Jean et Jacques, ainsi que le père et la mère de la petite fille. Tous pleuraient et se lamentaient sur elle, mais Jésus leur dit : "Ne pleurez pas, elle n’est pas morte, mais elle dort !" Et les gens riaient de lui, sachant bien qu’elle était morte. Mais Jésus lui prit souverainement la main et lui dit à haute voix : "Petite enfant, réveille-toi !" Le souffle lui revint et, à l’instant même, elle ressuscita. Et Jésus ordonna de lui donner à manger. Ceux qui l’avaient engendrée étaient hors d’eux-mêmes, mais Jésus leur recommanda de ne dire à personne ce qui était arrivé.

Catéchèse : l’Eglise n’est pas d’institution humaine. De fondation divine, elle tend à la sanctification de la personne humaine par l’Esprit, au sein de la nature humaine déjà sanctifiée par le Christ et en lui, selon son Incarnation divinisante.
1. Universalité de l’Eglise dans l’épître de saint Paul: elle unit dans l’humanité déifiée du Christ le peuple juif et tous les peuples, la tradition juive et toutes les traditions. Le Christ est l’accomplissement de toutes les voies religieuses et spirituelles. Le christianisme n’est pas une religion parmi d’autres : il est la religion universelle ("peuple unique", "humanité nouvelle") à laquelle toutes les nations aspirent. Inutile donc de continuer de chercher ailleurs ce qui est accompli définitivement dans le mystère du Christ et transmis dans la succession "des prophètes et des apôtres" (Epître).
2. La dignité du chrétien dans l’Epître : "concitoyens des saints", "la maison de Dieu", "un édifice qui a pour fondations les apôtres et les prophètes, et dont la pierre d’angle est en personne Jésus Christ", "un temple saint dans le Seigneur", et à condition d’être "les uns unis aux autres", "la demeure de Dieu", "par l’Esprit saint". C’est par la foi et le baptême que l’être humain accède à cette réalité nouvelle et sublime. Ce n’est pas rien d’être chrétien !
3. Le Christ est "la pierre angulaire" (Ephésiens 2, 20 ; 1 Pierre 2, 6-7) de l’édifice de son propre Corps, ce temple non fait de main humaine qu’est l’Eglise – son Eglise. Nous chantons ce répons : "Le Seigneur est Dieu et Il nous est apparu : béni est celui qui vient au Nom du Seigneur ! La pierre qu’avaient rejeté les bâtisseurs c’est elle qui est devenue la tête d’angle et elle admirable à nos yeux !". En tant que Fondement suprême ("hypostase" du Verbe devenue par l’Incarnation Hypostase de toute l’humanité), le Christ guérit, vivifie, ressuscite et sauve (ce dimanche, et les précédents). La Foi ("ta foi t’a sauvée", "crois seulement et elle sera sauvée") est la reconnaissance de ce fondement divin. Elle est indispensable pour que notre religion ne soit pas une magie ou une superstition.
4. Historicité du récit de ce jour : le fait rapporté par l’évangéliste est attesté par la présence des apôtres et des parents de l’enfant que le Christ ressuscite. Ce n’est ni une belle histoire, ni même une parabole : c’est une histoire véridique. Le saint Evangile est vrai ; il est réel ; il peut être expérimenté.
5. La question du "miracle" : le miracle est l’œuvre normale de Dieu en synergie avec la foi humaine. Les miracles sont fréquents autour de nous. Dieu répond à la foi de ceux qui l’invoquent et le glorifient. Mais le miracle ne contraint pas à croire. L’Esprit saint est Celui qui nous inspire, sans l’imposer, la foi dans le Christ : que faisons-nous du miracle ? Est-ce que nous nous convertissons ? Est-ce que nous nous tournons avec foi vers le Christ ? Est-ce que, à la suite du miracle, nous changeons les pensées de notre cœur et notre mode de vie ? Est-ce que nous tirons toutes les conséquences du miracle que le Seigneur opère pour nous ? Et, ne rien changer à notre mentalité et à notre vie en réponse au miracle, n’est-ce pas l’ingratitude et la folie suprêmes ? Que dirons-nous au Christ, le Dernier jour, devant le redoutable tribunal de son amour ? Comment justifierons-nous notre ingratitude ? Et encore : comment accuser Dieu de ne pas nous exaucer quand nous le prions, alors que le miracle est l’épreuve de notre foi, et que nous ne savons pas si nous serons dignes de cet exaucement ? Si Dieu semble tarder à nous exaucer comme nous le voudrions, n’est-ce pas qu’Il redoute pour nous une chute nouvelle, un nouveau péché d’incroyance et de doute ?
6. La place de la médecine humaine : elle est bénie, et l’Eglise prie pour les médecins (fête de saint Pantaléimon notamment). Mais l’évangile de ce jour nous rappelle que le Christ est le vrai Médecin, le médecin-chef ! Nos médecins soignent de leur mieux, et nous invoquons sur eux la grâce du saint Esprit pour que soit éclairée leur intelligence et guidée leur main : mais n’oublions pas – sous peine d’ingratitude et d’ignorance caractérisée – que seul le Seigneur donne la santé, comme Il donne la vie naturelle et la vie éternelle en lui qui s’appelle le Salut. Il guérit par la main de ses médecins agissant, le sachant ou l’ignorant, de sa part ; ou bien Il guérit indépendamment d’eux, toujours en réponse à la foi de quelqu’un que nous ne connaissons pas toujours, mais qui s’est, dans le jeûne et la prière de foi, immolé charismatiquement en offrande de supplication et de louange.
archiprêtre Marc-Antoine Costa de Beauregard


Homélie :
Au Nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit
Christ est parmi nous!
Saint Paul écrivait aux Romains : "Aussi bien, vous n'avez pas reçu un esprit de servitude, pour vivre encore dans la crainte; mais vous avez reçu un esprit d'adoption qui nous fait crier: Abba, Père! L'Esprit Lui-même atteste à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu" (Romains 8,15-16).

Comme un éminent théologien Orthodoxe l'a explicité, nous sommes les "filles et fils" de Dieu.

"J'ai toujours été la fille chérie de mon papa," dit fièrement Sandy. La relation entre elle et son père le démontrait. Elle ne l'a jamais gâchée. Devenue femme, Sandy était proche de son père. Elle lui partageait les détails importants de sa vie. Son utilisation encore à cet âge du mot "papa" nous montre ce que son père était, vraiment un homme chaleureux, affectueux et accessible.

Nombre de gens ne sont pas aussi chanceux. Certains pères de famille sont durs et stricts. D'autres pères ne sont pas présents pour leurs enfants, ou ne s'en occupent pas. Certains en abusent même. Peu sont de la sorte de père qui présente une image de l'aimante paternité de Dieu.

Frères et soeurs, peu importe l'idée que nous nous faisons de ce qu'un père devrait être, Dieu nous fait clairement savoir que Lui, Il est tout ce que nous aurions toujours voulu que nos pères soient – accessible, pardonnant, aimant, et nous acceptant totalement tels que nous sommes, sans condition, et nous encourageant à devenir tout ce pour quoi Il nous a créés.

Dans la péricope scripturaire de l'épître de saint Paul aux Romains, Paul s'adresse à Dieu comme "Abba, Père." Dieu est notre Père. En araméen, le mot père se dit "abba", c'est un terme intime qu'on peut bien traduire par "papa." Si vous voulez, Dieu est notre "papa", notre "Abba." Il n'est pas un patriarche distant et froid, prêt à nous battre à la moindre apparence de transgression. Il est gentil, doux, c'est un Père aimant qui veut nous faire reposer sur Sa poitrine – c'est façon de parler, bien entendu – et nous laisser consoler par Lui.


Quand nous nous engageons pour le Christ, comme nous le prions dans la Liturgie, saint Paul nous dit que nous ne recevons pas un esprit d'esclave, pour retomber dans la peur, mais un esprit d'adoption (Rom. 8,15). Nous ne sommes pas appelés à répondre à Dieu par peur, mais par amour et avec respect. Au cours de la Liturgie, avant la Communion, nous entendons le prêtre proclamer "Approchez avec Foi, amour et crainte de Dieu." Nous pouvons jouir de la présence de Dieu, et être à l'aise, car nous sommes Ses enfants, et Il est notre Père bien-aimant (papa).

En regardant ce concept de paternité, que pouvons-nous dire à propos de notre propre expérience avec notre père? Correspond-t'elle à la description par saint Paul de Dieu en tant que "papa"?

Pour finir, en quoi est-ce que le texte de saint Paul aide à changer notre perception de ce que signifie que d'avoir Dieu comme notre Père?
Amen.
Christ est parmi nous!
Prêtre Vladimir Demshuk, Nativity of the Theotokos Serbian Orthodox Church, Clairton PA



1 commentaire:

ΕΕΕΣΜΑ a dit…

je suis émue de vous rencontrer sur internet. je m`appelle hélène condylis et j'ai vécu en Belgique de 1971 à 1990... beaucoup de fois j'ai eu des contacts avec des orthodoxes de tout lieu, belges, francais, russes, et bien sûr grecs, comme moi...