Éprouver le lien famillial – début du Carême de la Nativité - fête du roi

mercredi 15 novembre 2007 – Début du Carême de la Nativité – Saint Paissios Velichkovsky
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Kellia: Juges 20,12-44
Ils envoyèrent des hommes dans toutes les familles de Benjamin pour dire: "Qu'est-ce que cette horreur qui a été commise chez vous? Livrez-nous, sans tarder, les scélérats de Guibéa pour que nous les mettions à mort et que nous ôtions le mal du milieu d'Israël." Mais les Benjaminites refusèrent d'écouter la voix de leurs frères israélites. Ils quittèrent au contraire leurs bourgs et s'assemblèrent à Guibéa pour faire la guerre aux Israélites. On fit, ce jour-là, le dénombrement des Benjaminites accourus de tous les bourgs. Ils étaient 26.000 hommes tirant l'épée, sans compter les habitants de Guibéa. Parmi tout ce peuple, il y avait aussi 700 hommes d'élite qui ne se servaient pas de la main droite; tous étaient capables de lancer à la fronde une pierre à un cheveu, sans le manquer. Hormis Benjamin, le nombre d'Israélites recensés était de 400.000 hommes tirant l'épée, tous aptes à la guerre. Les Israélites montèrent à Béthel pour consulter Dieu. Ils demandèrent: "Qui de nous entamera le premier la lutte contre les fils de Benjamin?" À quoi le Seigneur répondit: "Juda montera le premier." Les Israélites s'en allèrent le lendemain matin, camper près de Guibéa. Ils commencèrent la lutte contre les Benjaminites et se rangèrent en bataille près de la ville. Mais les hommes de Benjamin firent une sortie et infligèrent à ceux d'Israël, ce jour-là, une perte de 22.000 hommes, qui jonchèrent le sol. Mais la foule des hommes d'Israël, retrouvant son courage, se présenta en ordre de combat à l'endroit même où ils s'étaient placés la veille. Jusqu'au soir, les Israélites allèrent pleurer devant le Seigneur et ils le consultèrent ainsi: "Dois-je encore marcher pour combattre les fils de Benjamin, mon frère?" À quoi le Seigneur répondit: "Marchez contre lui." Les hommes d'Israël s'avancèrent une seconde fois contre ceux de Benjamin, qui sortirent de Guibéa à leur rencontre, et leur étendirent de nouveau sur la terre 18.000 Israélites, tirant tous l'épée. Alors, tout le peuple des Israélites monta à Béthel où ils se lamentèrent, assis là, devant le Seigneur, jeûnant ce jour-là jusqu'au soir; ils offrirent des holocaustes et des sacrifices de paix devant le Seigneur. Ensuite ils consultèrent le Seigneur; - en ce temps-là, l'Arche d'Alliance de Dieu était là, avec Phinéès, fils d'Éléazar, fils d'Aaron, qui se tenait auprès d'elle. - Ils dirent donc: "Dois-je continuer la guerre contre Benjamin, mon frère, ou dois-je y renoncer?" À quoi le Seigneur répondit: "Allez-y, car demain je les livrerai entre vos mains." Alors Israël plaça une embuscade autour de Guibéa et, le troisième jour, offrit le combat aux Benjaminites, dans le même ordre de bataille qu'auparavant. Dans leur sortie contre eux, les hommes de Benjamin se laissèrent attirer loin de la ville. Comme les autres jours, ils se mirent à frapper et à tuer quelques hommes d'Israël, une trentaine environ, dans les chemins qui montent vers Béthel et vers Guibéa à travers la campagne. Les Benjaminites se dirent: "Les voilà battus devant nous comme auparavant", tandis que les Israélites disaient: "Fuyons pour les attirer loin de la ville, sur ces chemins." Alors tous les Israélites, quittant leurs positions, se rangèrent à Baal-Tamar, tandis que les embuscades s'élancèrent de leur poste, à l'ouest de Guibéa. Ainsi surgirent devant Guibéa 10.000 hommes d'élite de l'armée d'Israël. La mêlée fut rude; les Benjaminites ne se doutèrent pas du désastre qui allait fondre sur eux. Le Seigneur battit Benjamin devant Israël, dont les gens tuèrent, ce jour-là, 25.100 hommes de Benjamin, tous tirant l'épée. Les fils de Benjamin se virent donc battus. Les Israélites leur avaient cédé le terrain, parce qu'ils comptaient sur l'embuscade postée près de Guibéa. Les hommes de cette embuscade s'empressèrent d'envahir la ville, où ils passèrent tout au fil de l'épée. Les hommes d'Israël et ceux de l'embuscade étaient convenus qu'en guise de signal, ceux-ci feraient monter de la ville un nuage de fumée. Les Israélites avaient fait volte-face dans le combat, et Benjamin s'était mis à frapper et à mettre à mal environ 30 hommes en disant: "Pour sûr, les voilà battus devant nous comme au premier combat." Mais quand le nuage de fumée s'éleva de la ville, les Benjaminites, en se retournant, virent l'incendie de Guibéa monter jusqu'au ciel. Aussitôt les hommes d'Israël firent volte-face et ceux de Benjamin furent épouvantés en présence du désastre qui fondait sur eux. Ils détalèrent devant les Israélites vers le désert; mais l'armée les serra de près et ceux des villes les y massacraient. Ils cernèrent les hommes de Benjamin, les poursuivirent et les écrasèrent à chaque halte jusqu'en face de Guibéa, du côté du levant. 18.000 vaillants guerriers de Benjamin tombèrent de la sorte.
Épître : 2 Thessaloniciens 2,13-3,5
Évangile : saint Luc 16,1-9
La fratrie mise à l'épreuve : Juges 20,12-44 LXX, en particulier les versets 12-13: "Ils envoyèrent des hommes dans toutes les familles de Benjamin pour dire: "Qu'est-ce que cette horreur qui a été commise chez vous? Livrez-nous, sans tarder, les scélérats de Guibéa pour que nous les mettions à mort et que nous ôtions le mal du milieu d'Israël." Mais les Benjaminites refusèrent d'écouter la voix de leurs frères israélites."
Sir Walter Scott dans son roman intitulé "Guy Mannering", a offert aux anglophones la célèbre devise : "le sang est plus épais que l'eau." Nous trouvons une illustration parfaite de cet aphorisme dans la péricope biblique du jour, mais sa vérité s'étendit à l'entièreté du peuple de Dieu avec les plus terribles conséquences. Tout d'abord, faisant preuve de modération, Israël ne voulu punir que les hommes qui avaient commis l'atrocité contre la concubine du lévite du pays d'Ephraïm, car, après réunion, ils avaient demandé que seuls "les fils de transgression" de Guibéa leur soient livrés pour exécution (v. 13). Cependant, tous les hommes de la tribu de Benjamin avaient participé à la culpabilité des hommes de Guibéa, en refusant de livrer les coupables (v. 13). De plus, en s'avançant alors pour les défendre (v. 14), le lien plus large de fratrie parmi les 12 tribus d'Israël fut repoussé et les Benjaminites en firent l'amère expérience pour avoir préféré quelques hommes de leur propre tribu – malgré le fait qu'ils étaient coupables d'un crime monstrueux (Juges 19,22-28)!
La communauté d'Israël ne pouvait laisser le crime impuni, car autrement, ils auraient exposé toutes les tribus au jugement de Dieu, pour ne pas s'être occupé du péché commis parmi eux. La nation toute entière se serait trouvé à subir les conséquences qui ont frappé la ville de Sodome pour pareille cruauté. Après tout, Dieu avait été très clair : "si tu ne veux prêter oreille à la voix du Seigneur ton Dieu, et observer tous Ses Commandements.. alors tu seras maudit" (Deut. 28,15-16). La guerre civile entre les tribus en devenait inévitable. Il est juste de chercher à obtenir réparation des torts subis.
Nous sommes surpris de voir Israël souffrant de terribles pertes de la part des soldats de Benjamin au cours des 2 premières batailles (Juges 20,20-25). Leurs pertes survinrent malgré le fait qu'ils avaient consulté le Seigneur avant d'aller au combat (v. 18). Rien que sur le plan des pertes humaines, la majorité paya un lourd tribut pour avoir voulu redresser les torts commis à Guibéa. La décision des Benjaminites de résister pour un petit groupe d'hommes à Guibéa éprouva durement les liens de fratrie entre les 12 tribus, jusqu'au niveau même de la survie de la tribu de Benjamin (v. 35,44).
On ne sait pas prévoir ce qui pourrait se passer lorsque les liens de fratrie sont éprouvés. Une tragédie initiale de petite taille peut dégénérer en un nombre de pertes au delà de l'imaginable. Il en a été ainsi durant la Guerre Civile Américaine, que tout le monde pensait vite s'achever et se résoudre avec peu de sang versé. Il y a un prix pour dresser les violations de la justice.
Notez que Dieu ne modère pas Son peuple dans ses efforts appuyés de prières pour châtier les injustices, même si le coût en est élevé. Le Seigneur voudrait que vous et moi comprenions la douleur causée par la rupture et la mise à l'épreuve des liens de fratrie et fraternité. Veillez bien à ne jamais négligemment ou impudemment offenser vos frères, briser l'harmonie d'une paroisse, ou vous aliéner d'autres Chrétiens Orthodoxes. Ne soyons pas la cause de coûteux problèmes pour l'Église à cause de nos actions.
Une des leçons importantes à tirer de la série de batailles entre Israël et Benjamin à Guibéa, c'est la nécessité pour ceux qui veulent rétablir la justice de se maintenir eux-mêmes en prière devant le Seigneur tout au long du processus de restauration. Soyons comme Israël. Allons sans cesse nous tenir devant le Seigneur et demandons-Lui comment procéder (cfr Juges 20,8-11,18,23,26; 21,3). Ne fonçons pas tête baissée une fois que la méthode a été choisie. Restons toujours ouverts à Dieu.
Le Carême de la Nativité commence ce jeudi 15 novembre et dure jusqu'au 24 décembre. Ce Carême est divisé en 2 périodes. La première va du 15 novembre au 19 décembre; on y observe la discipline de jeûne traditionnelle (pas de viande, volaille, oeufs, produits laitiers, poisson, vin et huile) les lundi, mercredi et vendredi, mais il y a "katalysis" (dispense) pour le vin et l'huile les mardi et jeudi (certains permettent aussi le poisson les mardi et jeudi durant cette première période), et pour le poisson, le vin et l'huile les samedi et dimanche.La deuxième période va du 20 au 24 décembre, quand la discipline traditionnelle de jeûne (pas de viande, de volaille, d'oeufs, de produits laitiers, de poisson, vin et huile) est observée du lundi au vendredi, mais avec "katalysis" pour le vin et l'huile les samedi et dimanche.
D'un bulletin diocésain pour le clergé Grec-Orthodoxe Antiochien.
Père Alexander Schmemann : "Le Cycle de la Nativité" - Pourquoi jeûner avant la Nativité - Mère Gavrilia et le jeûne, arme spirituelle par excellence - Règles du jeûne dans l'Orthodoxie Occidentale Bénédictine :
http://stmaterne.blogspot.com/2006/11/carme-de-la-nativit-du-christ-1.html
Au royaume de Belgique, le 15 novembre est aussi traditionnellement la Fête du roi (ou de la dynastie)
Libellés : Belgique, carême, Dynamis, fraternité orthodoxe, Nativité
























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