"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

01 novembre 2007

Requiescat in pace! Liturgie de la Toussaint dans le Rite Orthodoxe Occidental (EORHF)

Icône de tous les saints de Trêves, ancienne capitale de la Gaule Belgique.
Constantin le Grand y est représenté puisque c'était sa ville d'origine.

Matines
Psaume 22 Dominus regit me.
Psaume 23 Domini est terra

1 Macchabées 2,49-70
Mais le jour de la mort vint pour Mattathias, et il dit à ses fils: "Ce qui règne à présent, c'est l'orgueil, la haine, le bouleversement et la colère. Soyez donc maintenant, mes enfants, les défenseurs de la loi, et donnez votre vie pour l'alliance de nos pères. Souvenez-vous de ce qu'ont fait nos aïeux en leur temps, et vous mériterez une grande gloire et un nom éternel. Abraham, n'est-ce pas dans l'épreuve qu'il a été trouvé fidèle? Et cela ne lui a-t-il pas été compté comme justice? Joseph a gardé les commandements dans sa disgrâce et il est devenu le maître de l'Égypte. Notre ancêtre Phinéès a reçu pour l'ardeur de son zèle la promesse d'un sacerdoce perpétuel. Josué, pour avoir accompli la parole de Dieu, est devenu Juge en Israël. Caleb rendit témoignage dans l'assemblée et il reçut un héritage dans le pays. David, par sa piété, mérita le trône royal pour tous les siècles. Élie, parce qu'il brûla de zèle pour la loi, a été enlevé au ciel. Ananias, Azarias et Misaël furent sauvés du feu pour avoir eu la foi. Daniel fut délivré de la gueule des lions à cause de sa conduite. "Rappelez-vous ainsi, de génération en génération, que tous ceux qui mettent leur espoir en Dieu ne défaillent pas. Ne redoutez pas les menaces du pécheur, car sa gloire va à la boue et aux vers: aujourd'hui il s'élève, et demain on ne le trouvera plus, parce qu'il est retourné dans sa poussière, et ses projets sont déjoués. Pour vous, mes fils, soyez courageux et vaillants dans l'observance de la loi, car c'est par là que vous atteindrez la gloire. Voici votre frère Syméon; je sais qu'il est homme de bon conseil, écoutez-le toujours et il sera pour vous un père. Judas Macchabée est brave depuis sa jeunesse; il sera le chef de l'armée et dirigera la guerre contre les Gentils. Vous attirerez à vous tous les observateurs de la loi et vous vengerez votre peuple. Rendez aux Gentils ce qu'ils nous ont faits et soyez attentifs aux préceptes de la loi." Après cela il les bénit et rejoignit ses pères. Il mourut en l'an 146, et fut enseveli à Modin, dans les tombeaux de ses aïeux, et tout Israël fit un grand deuil à cause de lui.


Romains 8,24-39

COLLECTE POUR LA TOUSSAINT
Dieu éternel et Tout-Puissant, Qui nous a accordés pour cette fête de vénérer les vertus de tous les saints, nous Te supplions, par leurs innombrables intercessions, accorde-nous en abondance cette réconciliation avec Toi, réconciliation à laquelle nous aspirons si fort. Par Ton Fils Jésus-Christ, notre Seigneur, Qui vit et règne avec Toi et le Saint-Esprit, Dieu Un, pour les siècles des siècles

O Dieu Créateur, Rédempteur de tous ceux qui croient, accorde aux âmes des fidèles qui se sont endormis dans la mort la rémission de tous leurs péchés, afin que par de pieuses supplications, ils puissent obtenir ce pardon auquel ils ont toujours aspiré. Par Ton Fils Jésus-Christ, notre Seigneur, Qui vit et règne avec Toi et le Saint-Esprit, Dieu Un, pour les siècles des siècles


Saint Jean l'Évangéliste
sculpture d'une vieille église Saxonne
source & (c)

Divine Liturgie (Sarum)
Épître : Apocalypse selon saint Jean, 7,2-12
Je vis encore un autre ange monter de l'Orient; il tenait le sceau du Dieu vivant et se mit à crier d'une voix retentissante aux quatre anges autorisés à endommager la terre et la mer: "Ne touchez ni à la terre ni à la mer ni aux arbres, que nous n'ayons marqué au front les serviteurs de notre Dieu." J'entendis alors le dénombrement des gens marqués: "144.000 marqués pour l'ensemble des tribus d'Israël; de la tribu de Juda 12.000 marqués; de la tribu de Ruben, 12.000; de la tribu de Gad, 12.000; de la tribu d'Aser, 12.000; de la tribu de Nephtali, 12.000; de la tribu de Manassé, 12.000; de la tribu de Siméon, 12.000; de la tribu de Lévi, 12.000; de la tribu d'Issacar, 12.000; de la tribu de Zabulon, 12.000; de la tribu de Joseph, 12.000; de la tribu de Benjamin, 12.000 marqués. Cela fait, je vis paraître une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, de toutes nations, tribus, peuples et langues; tout de blanc vêtus et des palmes à la main, ils se tenaient face au trône et à l'Agneau. Ils acclamaient à haute voix: "Le salut appartient à notre Dieu qui trône, et à l'Agneau." Tous les Anges s'étaient disposés autour du trône, des Vieillards et des quatre Vivants; ils s'inclinaient bien bas devant le trône et se prosternaient devant Dieu. "Amen! disaient-ils. Louange, gloire, sagesse, action de grâces, honneur, puissance et force à notre Dieu pour les siècles des siècles. Amen!"

Évangile : saint Matthieu 5,1-12
À la vue de ces foules, Jésus gravit la montagne. Il s'assit, et ses disciples s'approchèrent de lui. Alors il ouvrit la bouche et leur donna ces enseignements: "Heureux ceux qui ont un coeur de pauvre: le royaume des cieux est à eux! Heureux ceux qui sont doux: ils posséderont la terre! Heureux ceux qui pleurent: ils seront consolés! Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice: ils seront rassasiés! Heureux les miséricordieux: ils obtiendront miséricorde! Heureux les coeurs purs: ils verront Dieu! Heureux les pacifiques: ils seront appelés fils de Dieu! "Heureux les persécutés pour la justice: le royaume des cieux est à eux! "Heureux serez-vous quand on vous insultera, quand on vous persécutera et qu'on dira faussement de vous toute sorte de mal à cause de moi. Réjouissez-vous et soyez dans l'allégresse, parce que votre récompense est grande dans les cieux. Car c'est ainsi qu'on a persécuté vos prédécesseurs les prophètes."

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HOMÉLIE DE LA TOUSSAINT

Homélie 2006/2007
Ce mois-ci, nous auront 3 événements particuliers – la Toussaint, le jour des défunts et l'Avent. Ensemble, on les retrouve repris dans les paroles du Credo apostolique : "Je crois en.. la communion des saints, la rémission des péchés .. et la vie éternelle. Amen."
La Toussaint et l'Avent sont étroitement liées, car la célébration des saints ne pourrait pas faire autre chose qu'aussi nous rendre conscients du Jugement de Dieu. Les saints qui se tiennent devant le Trône de gloire se sont aussi tenus au préalable devant le Trône du Jugement. Lumière et ténèbre humaines sont nous véritables facettes, à nous tous – bien que nous soyons tous appelés à devenir saints, nous nous connaissons comme pécheurs. C'est le temps pour nous de contempler la destinée de l'Église dans l'éternité. Nous savons que nous sommes à la fois pris dans une si grande nuée de témoins, et cependant, nous sommes aussi dans l'attente, l'expectative de la seconde Venue du Christ, quand toutes choses seront récapitulées dans le Royaume de Dieu. Nous attendons dans l'espérance, et nous sommes inspirés. Aujourd'hui, nous sommes inspirés par les 2 lectures de la Liturgie qui contiennent beaucoup d'encouragement.
Tout juste a avoir vécu, à avoir été agréable à Dieu, ou à avoir lutté contre ses propres péchés, ou vraiment cru en la Résurrection, est repris dans la fête de ce jour, car notre Seigneur a dit : "Et quiconque aura laissé pour moi, maisons, frères, soeurs, père, mère, enfants, ou terres, recevra le centuple et possédera la vie éternelle. Bien des premiers seront derniers, et des derniers premiers" (Mt 19,29-30). Ceci décrit la vie qui est agréable aux yeux de Dieu, la vie que nous sommes appelés à mener. Nous devons abandonner tout ce qui nous alourdit, le péché qui nous écrase si facilement, et même ce qui nous est le plus cher si cela nous freine, si cela nous tient éloignés du Royaume de Dieu.
Tout au long de l'année, l'Église commémore des saints particuliers, mais en ce jour, nous commémorons et célébrons tous les saints, et ainsi donc, la miséricorde et l'amour de Dieu pour nous, car c'est Dieu Qui donne la sainteté. Bien que les martyrs aient été commémorés liturgiquement dès les débuts de l'Église organisée (vers 270), une célébration des saints (ceux qui ont servi Dieu mais sont morts dans la Foi plutôt que pour la Foi) à une date commune, est mentionnée pour la première fois par saint Ephrem le Syrien en 373, et saint Jean Chrysostome en parle en 407.
Première tentative locale d'instaurer cette fête de tous les saints, du 6ème au 8ème siècle, dans les Gaules, on avait essayé de placer une fête générique de saints au 1er novembre en lui assignant des saints dont le "dies natalis" (l'anniversaire) était inconnu: saint Bénigne de Dijon, saint Ludre de Déols, saint Mathurin de Larchant, saint Austremoine d'Auvergne, saint Vigor de Bayeux, etc. On les retrouve dans l'antique martyrologe romain orthodoxe, et le matyrologe "hiéronymien" (dit de saint Jérôme, et surtout de ses continuateurs) contient des additions gauloises plus nombreuses qu'en tout autre jour.
L'archevêque Egbert d'York apporta cette fête en Angleterre après 735. "All Saints" (Tous les Saints ou Toussaint) est la deuxième dédicace la plus populaire pour les églises anglaises. Il y en a quelque 1.255, un chiffre qui n'est surpassé que par les dédicaces à la Vierge Marie – 2.162.
De pieux auteurs ont caractérisé la fête comme étant l'accomplissement de la Pentecôte. Le don du Saint Esprit par le Christ après Sa Résurrection et Son Ascension est Son don de sainteté à toute l'humanité, le Saint-Esprit répandu, le don du Saint-Esprit sur tous dans l'Église, qui nous rend capables d'avoir part à ce choeur des saints. C'est ce qui aide tous les hommes à parvenir à la connaissance de Dieu et à une vie juste. L'épître aux Hébreux dit que c'est par la Foi qu'ils ont accompli tout cela. Et elle parlait de l'époque de l'Ancien Testament, avant le don de l'Esprit-Saint. Combien plus remarquables sont les exploits des saints d'avant la venue du Christ, parce que le Saint-Esprit ne demeurait pas encore en eux. Le Saint-Esprit influençait leurs vies, les guidait, les aidait, mais ne demeurait pas en eux. C'était prévu pour une autre époque. Et l'épître aux Hébreux de continuer : "Et tous ces martyrs de la foi n'ont cependant pas connu la réalisation des promesses, parce que Dieu, qui avait en vue un sort meilleur pour nous, ne voulait pas qu'ils arrivent sans nous à la perfection du bonheur" (Heb. 11,39-40). L'auteur pointait vers la venue du Dieu-homme, Jésus-Christ, et ensuite l'envoi du Saint-Esprit après que Jésus-Christ ai montré et accompli ce qui était effectivement nécessaire pour notre Salut. Il nous a montré comment vivre, et a vécu en conformité avec Ses Commandements, et S'est relevé de Lui-même d'entre les morts. Et ensuite la venue du Saint-Esprit a pu nous éclairer, nous renforcer, et nous permettre d'accomplir la volonté de Dieu, et d'obtenir la promesse.
Demain, c'est le Jour des âmes défuntes, aussi appelé Commémoration des Fidèles partis. C'est Saint Odilon, 4ème abbé du célèbre monastère de Cluny, qui l'institua en 998 – et à l'époque Cluny était encore Orthodoxe. Il n'est bien entendu pas possible de classer les morts. La célébration de ce jour offre une opportunité pour commémorer "ceux que nous avons aimés mais ne pouvons plus voir." Les Offices reconnaissent aussi la douleur du chagrin humain, et sa fragilité, d'une manière que la célébration de la Toussaint ne saurait pas le faire. L'Office célébré ce jour met l'accent sur l'unité entre vivants et morts, un seul corps en Christ, que l'on célèbre dans le pain rompu à l'Eucharistie. Nous nous souvenons de tous nos aimés qui se sont endormis dans l'éternité, de même que nous visitons leurs tombes, et dès lors aussi, nous les présentons en ce jour devant Dieu.
L'Avent est une période d'attente et de préparation, elle exprime notre aspiration après la Venue du Christ, pour renaître en nous à nouveau et à jamais. Elle a aussi un fort caractère pénitentiel, car nous devons être prêts en âme et en esprit et en tout temps à nous retrouver devant le Trône de Dieu. Au cours de la Divine Liturgie, dans le Rite de Sarum, on ne chante plus pendant cette période le "Gloria in Excelsis", accroissant le poids de la dimension pénitentielle de l'Avent.
L'atmosphère méditative se trouve renforcée par l'ornement de l'église, dans la simplicité, notre fragilité est révélée, et notre vie complexe est mise à nu. L'époque ne sait pas comporter la même solennité que le Grand Carême, car nous sommes plongés dans les aspects concrets de la vie et l'excitation croissante (tant séculière que spirituelle) à l'approche de la sainte Nativité du Christ – et dans l'espoir de la Seconde Venue du Christ. L'Avent est un temps pour examiner notre désir et notre liberté pour nous abandonner. Non pas dans le sens final de rendre notre dernier soupir, mais comme une réponse d'amour quotidienne. Notre renonciation même avec ceux envers qui nous aurions plutôt tendance à nous refermer. Car en cette période, nous nous préparons à saluer notre Sauveur, Qui quitta Son Trône pour naître dans une mangeoire, et sur une Croix, abandonna Sa vie au monde.
Ces 3 parties de l'année ecclésiale: toute la compagnie au Ciel, la nuée de témoins, les saints avec qui nous nous rassemblons pour louer Dieu; la Résurrection des morts; et Celui Qui revient en gloire pour juger les vivants et les morts; voilà donc les sujets de méditation pour le restant de l'année civile.
Amen.
p. Michaël, higoumène (abbé), Saint-Petroc monastery, EORHF/Rocor
http://www.orthodoxresurgence.com/petroc/index.htm
http://www.orthodoxresurgence.com



REQUIEM AETERNAM * DONA EIS, DOMINE

ET LUX PERPETUA * LUCEAT EIS

Sermon 18, des Saints : Jour de triomphe pour l'Église.
Aujourd'hui, mes bien-aimés, nous célébrons, dans la joie d'une solennité unique, la fête de tous les Saints. Le Ciel exulte de leur assemblée, la terre jouit de leur patronage, la sainte Église est couronnée de leurs triomphes. Plus leur Foi s'est tenue ferme dans la souffrance, plus elle resplendit dans l'honneur; parce qu'avec le combat s'est accrue la gloire des combattants, le triomphe du martyre est rehaussé par la grande diversité des tourments, et le poids des récompenses a été proportionné à celui des douleurs. Notre mère l'Église catholique, répandue en long et en large par toute la terre, a appris de son chef même, le Christ Jésus, à ne point craindre les injures, les croix et la mort; fortifiée de plus en plus, non par la résistance mais par la patience, elle a donné à tous ceux dont le glorieux bataillon a subi la prison comme des criminels, un sentiment de la gloire du triomphe, qui leur a fait supporter le combat avec une ardeur égale et un semblable courage.

O vraiment bienheureuse notre mère l'Église, ainsi illuminée par l'honneur de la complaisance divine, ornée du sang glorieux des Martyrs vainqueurs, revêtue du blanc vêtement de la fidélité inviolée des Vierges! A ses fleurs ne manquent ni les roses, ni les lis. Et maintenant, mes bien-aimés, que tous combattent pour recevoir la très éclatante dignité de ces 2 titres d'honneur, "les couronnes blanches de la virginité ou les couronnes pourpres du martyre". Dans les camps célestes, la paix comme les combats ont leurs fleurs, pour couronner les soldats du Christ. (1)

Car l'ineffable et immense bonté de Dieu a même pris soin de ne pas prolonger le temps des fatigues et du combat, pour ne pas le rendre long et éternel, mais court, et, pour ainsi dire, momentané. Ainsi, en cette vie brève et rapide, les combats et les peines; en celle qui est éternelle, les couronnes et récompenses des mérites; ainsi, les épreuves passent vite, certes, mais les récompenses des mérites durent toujours; ainsi, après les ténèbres de ce monde, on verra la très brillante lumière, on recevra une béatitude en comparaison de laquelle les amertumes de toutes les douleurs sont peu de chose, comme le déclare l'Apôtre quand il dit: Les souffrances de ce temps ne sont pas comparables à la gloire à venir, qui sera manifestée en nous. (Rom 8,18)
Saint Bède le Vénérable.

(1) Cette citation en italique est copiée textuellement de la lettre 10 de saint Cyprien de Carthage. Mais ce dernier oppose la vie Chrétienne dans son ensemble et non la seule virginité au martyre : "coronas vel de opere candidas vel de passione purpureas".


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Byzantins : dans le Rite Orthodoxe byzantin, la
Toussaint est célébrée le dimanche qui suit la Pentecôte. On retrouve cette pratique orientale expliquée dans la 74ème homélie de saint Jean Chrysostome.


Homélie pour la Toussaint byzantine

Au Nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit

La Mère de Dieu et les Saints dont nous faisons mémoire ce jour, ceux qui nous sont connus parce que Dieu les a révélés, et parce qu'ils ont été compris et reconnus, soit par leurs contemporains, ou des années, voire parfois des siècles plus tard, tous les saints sont la réponse sur terre à l'amour de Dieu. Et cette réponse, ils la donnent pas seulement dans leur nom propre, mais au nom de toute la Création et en nos noms à nous aussi. Parce que chacun d'entre nous a le privilège d'être appelé par un prénom, notre nom de Baptême, le nom d'un de ces saints. Et les saints dont nous portons les noms, ils se tiennent devant Dieu et ils prient pour que leur nom ne soit pas déshonoré aux yeux du Seigneur. Les saints de Dieu embrassent la Création toute entière de leur amour, de leur intercession, de leur prière, de leur présence réelle et permanente. Qu'il est merveilleux d'appartenir à cette si grande famille d'hommes, de femmes, d'enfants, qui ont tous compris ce que le Seigneur avait voulu dire en venant parmi nous, y vivant, enseignant, et mourant pour nous! Ils ont répondu de tout leur coeur, ils ont compris de tout leur esprit, et ils ont accepté Son message avec toute leur détermination, pour parvenir à vaincre en eux-mêmes tout ce qui avait été la cause de la Crucifixion. Car même s'il n'y avait eu sur terre qu'une seule personne à chuter et s'égarer loin de Dieu, le Christ l'aurait sauvée au prix de Sa vie. C'est Son propre témoignage, adressé à un saint des premiers siècles, qui priait pour que les pécheurs soient damnés; et le Christ lui était apparu, disant "Ne prie jamais pour cela. S'il n'avait existé qu'un seul pécheur, Je serais aussi mort pour lui."

Les saints sont des gens qui ont répondu à l'amour par l'amour, des gens qui ont réalisé que si quelqu'un était prêt à mourir pour eux, leur seule possible réponse de gratitude était de devenir quelqu'un d'aimant, de sorte qu'Il ne soit pas mort en vain. Prendre nos croix, cela signifie exactement ceci : nous détourner de toutes ces choses qui sont la mort et la crucifixion du Christ, de toutes ces choses qui entourent le Christ de haine et d'incompréhension. Nous sommes tous libres de faire cela, bien plus que ceux qui ont vécu à Son époque, car à l'époque, ils auraient pu se tromper à son égard; mais de nos jours, après 2.000 ans, quand nous pouvons lire les Évangiles et voir émerger du récit la stature, la Personne du Christ, alors nous avons des millions de témoins qui nous disent qu'Il a vraiment donné Sa vie pour nous, et que la seule réponse que nous puissions faire à cela, c'est de donner nos vies les uns pour les autres, en Son Nom – comment ne pourrions-nous pas réagir?

Dès lors, prenons une nouvelle résolution en ce jour : celle d'écouter de la manière dont ils écoutaient, de tout leur coeur, de tout leur esprit, de toute leur volonté, de tout leur être pour voir ce qui se passait, pour entendre ce que le Seigneur disait, pour répondre par gratitude et avec détermination. Et alors, si nous offrons ce petit peu à Dieu – notre gratitude et notre bonne volonté – la puissance et la force vont aussi grandir en nous et parvenir à l'état que Dieu a voulu pour nous, dont Il a rêvé pour nous – la puissance viendra de Dieu. Comme Il l'a dit, "Ma force se déploie dans la faiblesse, Ma Grâce te suffit..." (2 Co 12,19). Et saint Paul, qui le savait, ajouta dans un autre passage, "jJe puis tout en Christ, qui me rend fort..." (Phi 4,13).

Prenons un nouveau départ, de sorte que les saints dont nous portons les noms puissent se réjouir en nous, de sorte que la Mère de Dieu qui avait donné Son Fils à la mort puisse se réjouir, voyant que nous répondons, que nous comprenons, que nous soyons sauvés, et que le Christ puisse voir que ce n'est pas en vain qu'Il a vécu, enseigné et est mort. Soyons Sa gloire, une lumière; ça pourrait être une petite lumière, comme une toute petite bougie, elle pourra être cependant briller aussi fort que celle d'un des grands saints – soyons une lumière qui illumine le monde et le rend moins sombre! Soyons joie, afin que les autres puissent apprendre à se réjouir dans le Seigneur. Amen!

métropolite Anthony de Sourozh (+ 04.08.2003)

metropolite Antoine de SourozhSes homélies en anglais
http://www.metropolit-anthony.orc.ru/eng/eng_serm.htm



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