"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

09 décembre 2007

Fête de la Conception de la Mère de Dieu par sainte Anne (et saint Joachim!)




Sainte Anne, la mère de la Vierge Marie, était la plus jeune fille du prêtre Nathan, de Bethléem, et donc descendante de la tribu de Lévi. Elle épousa saint Joachim (9 septembre), qui était natif de Gallilée.
Longtemps durant, sainte Anne resta stérile, mais après 20 ans, par les ferventes prières élevées par les 2 époux, un Ange du Seigneur leur annonça qu'ils deviendraient les parents d'une fille, qui apporterait les bénédictions sur toute l'humanité.
L'Église Orthodoxe n'accepte pas l'affirmation que la Mère de Dieu aurait été exemptée des conséquences du péché des origines (mort, corruption, péché, etc) au moment de sa conception par la vertu des futurs mérites de son Fils. Seul Christ est né parfaitement saint et sans péché, comme saint Ambroise de Milan l'enseigne dans le chapitre 2 de ses Commentaires sur saint Luc. La sainte Vierge était comme tout un chacun en sa mortalité, et étant sujette à la tentation, bien qu'elle ne commis pas de péchés personnels. Elle n'était pas une créature déifiée mise en retrait du restant de l'humanité. Si tel avait été le cas, elle n'aurait pas été vraiment humaine, et la nature que le Christ a reçue d'elle n'aurait pas vraiment été humaine non plus. Si le Christ n'a pas vraiment partagé notre nature humaine, alors la possibilité de notre Salut est remise en cause.

La Conception de la Vierge Marie par sainte Anne eut lieu à Jérusalem. Nombre d'icônes dépeignent la Conception par sainte Anne en montrant la très sainte Mère de Dieu piétinant le serpent.
"Sur l'icône, les saints Joachim et Anne sont en général dépeints avec les mains jointes en prière; leurs yeux sont aussi dirigés vers le haut, et ils contemplent la
Mère de Dieu, qui se tient dans les airs, avec les mains étendues; sous ses pieds on voit un globe encerclé par un serpent (symbolisant le démon), qui tente de conquérir tout l'univers par sa puissance."

Il y a aussi des icônes dans lesquelles on voit sainte Anne tenant la très sainte Vierge sur son bras gauche, déjà enfant. Le visage de sainte Anne est empreint de respect. Une grande et vieille icône, peinte sur toile, se trouve dans le village de Minkovetsa, dans le district Dubensk du diocèse de Volhynia. Depuis les temps reculés, cette Fête était particulièrement vénérée en Russie par les femmes enceintes.




"La Conception de l'Immaculée": catéchèse théologico-liturgique extraite du "Winter Pascha" du p. Thomas Hopko (OCA); explications théologiques par le patriarche Bartholomeos 1er de Constantinople, par le p. Joseph Huneycutt (Antioche), par un professeur de patrologie Orthodoxe d'Oxford; débats entre Orthodoxes et catholiques-romains sur le sujet (laïcs & clergés); références patristiques et scripturaires; iconographie, etc.
http://stmaterne.blogspot.com/2006/12/la-conception-de-limmacule.html



Ce matin, à l'église, il y avait affluence habituelle, dont 5 enfants et 7 jeunes, ce qui est très agréable à voir surtout en une fête pareille. C'est la vitalité de l'Église du Christ, car l'Écriture le dit, dans le peuple de Dieu, "jeunes et vieux se réjouiront ensemble."






saint Évangile, en grec puis en français
(saint Luc 13,10-17)


Le 9 décembre, les Orthodoxes habitant en Occident fêtent (normalement...) aussi saint Budoc, l'abbé-évêque de l'importante métropole de Dol (+ saint Enguerran, etc)


Chapelle Saint-Budoc
eau-forte d'André Dauchez (1870-1948)
collection J. Godin


SAINT BUDOC, ÉVÊQUE DE DOL (7ème siècle)
Judual, prince de Bretagne, qui dût à saint Samson d'avoir pu recouvrer l'héritage de ses pères, et qui régna ensuite dans ce pays sous le nom d'Alain 1er, eut de son mariage avec Azenor, fille du comte de Léon, 6 fils, dont le 4ème se nommait Deroch ou Budoc. Dès son enfance, Budoc fut confié au saint évêque de Dol, afin qu'il l'élevât dans son monastère et qu'il prit soin de son éducation. Sous cet excellent maître, Budoc fit des progrès remarquables dans la science et dans la Foi.
S'étant décidé à renoncer au monde et à se consacrer à Dieu, il entra dans la vie monastique, puis fut ordonné prêtre, et devint par la suite abbé du monastère de Dol. Sa vertu n'échappa pas à saint Magloire, qui, voulant se décharger du fardeau de l'épiscopat, le désigna pour son successeur et le sacra évêque. On trouva l'ancien disciple animé du même esprit que les saints maîtres qui l'avaient dirigé dans les voies de la perfection, et l'on reconnut qu'il possédait toutes les vertus d'un véritable pasteur. Le réponse pleine de prudence et de piété qu'il fit à saint Magloire, lorsque ce vénérable vieillard lui communiqua le projet qu'il avait conçu de s'éloigner du pays de Dol pour mener plus librement le combat de la Foi dans la solitude, est une preuve éclatante de sa sagesse, et montre non seulement son zèle pour son troupeau, que son saint prédécesseur édifiait par sa vie et ses discours, mais aussi son éloignement pour ces sentiments de jalousie, qui surprennent quelquefois les personnes vertueuses occupées à la même bonne oeuvre.
L'histoire ne nous a pas conservé les écrits et le détail des actions de saint Budoc pendant les 26 ans son épiscopat. On sait seulement qu'il entreprit un voyage à Jérusalem et qu'il s'y fit tellement estimer qu'on lui donna un grand nombre de reliques, qui furent dans la suite portées à Orléans et déposées dans l'église de Saint-Samson. Son culte est depuis longtemps établi dans l'Église métropolitaine de Dol. On ignore absolument l'année de sa dormition; l'antique martyrologe parisien, qui fait mention de lui au 19 novembre, la fixe à l'an 580, d'autres auteurs donnent 588, 600, etc. Le jour de son bienheureux trépas est mieux connu : c'est le 8 décembre. Dans le diocèse de Léon il était autrefois honoré le 18 novembre.
Les reliques de saint Budoc étaient conservées à Dol, à l'époque du procès entre cette Église et celle de Tours, ainsi que l'atteste une pièce qui servit à cette cause. Querelle intéressante s'il en est puisqu'il ne s'agissait rien de moins que du bouleversement de l'ecclésiologie en Occident, suite aux débuts de la naissance du futur catholicisme-romain. Tours était en effet passée sous contrôle des Carolingiens, et Dol était encore intégralement Orthodoxe. Le choix politique supprima la métropole de Dol..
Quant aux reliques de saint Budoc, il parait qu'elles furent détruites ou perdues, lorsque Jean-sans-Terre, roi d'Angleterre, vint, au commencement du 13ème siècle, faire le siège de Dol et en brûla la cathédrale. On assure que la paroisse de Plourin (Finistère), dans l'ancien diocèse de Léon, en possédait encore au 18ème siècle.


Tombeau de saint Budoc, Rotheneuf

Tropaire de saint Budoc ton 4
Tu fus miraculeusement préservé de la furie de l'océan/
Puis étant nourri par la main de Dieu,/
Tu te dévoua entièrement à Son service, ô saint évêque Budoc./
Étant couvert d'honneurs aussi bien temporels que spirituels à Armagh et Dol,/
Tu oeuvra pour gagner les âmes au Christ,/
C'est pourquoi nous implorons ton aide,/
Supplie le Christ notre Dieu afin qu'Il nous sauve.


Saint Budoc, saint Magloire, saint Samson et saint Génevé, anciens évêques de Dol-en-Bretagne. Vitrail anachronique car tenues largement postérieures au Schisme. Cathédrale Saint-Samson de Dol-de-Bretagne, où nous nous rendons normalement en pèlerinage annuel depuis plusieurs années, saint Samson étant un des principaux saints de notre famille.



Aucun commentaire: