"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

10 février 2007

P. Schmemann : Le Jugement Dernier (Dimanche du Carnaval)

J'étais malade, et vous M'avez visité...

groups.google.be/group/alt.religion.christian.east-orthodox/msg/586658232e08d82a

Le dimanche qui suit est appelé dimanche de Carnaval [1] parce que pendant la semaine qui le suit, un jeûne limité est prescrit par l'Église – abstention de toute viande. Il faut comprendre cette prescription à la lumière de ce qui a été dit auparavant à propos de la signification de la préparation. L'Église commence maintenant à nous "ajuster" pour le grand effort qu'elle attendra de notre part 7 jours plus tard. Elle nous introduit progressivement dans cet effort – connaissant notre fragilité, prévoyant notre faiblesse spirituelle.

La veille de ce jour (Samedi de Carnaval), l'Église nous invite à une commémoration universelle de tous ceux qui "se sont endormis dans l'espoir de la résurrection et de la vie éternelle." C'est en effet le grand jour de prière de l'Église pour ses membres défunts. Pour comprendre la signification de cette relation entre le Grand Carême et la prière pour les défunts, il faut se souvenir que le Christianisme est la religion de l'amour. Le Christ a laissé Ses disciples non pas avec une doctrine de Salut individuel, mais avec un commandement nouveau : "aimez-vous les uns les autres", et Il avait ajouté : "C'est à l'amour que vous aurez les uns pour les autres, que tous vous reconnaîtront pour Mes disciples" (Jn 13,34-35). Dès lors, l'amour est le fondement, la vie même de l'Église qui est, selon les paroles de saint Ignace d'Antioche, "unité de Foi et d'amour."

Le péché est toujours absence d'amour, et dès lors séparation, isolement, guerre de tout contre tout. La nouvelle vie donnée par le Christ et transmise à nous par l'Église est, en tout premier lieu, une vie de réconciliation, de "rassemblement dans l'unité de ceux qui étaient dispersés", la restauration de l'amour brisé par le péché. Mais alors comment est-ce que nous pourrions seulement entamer notre retour vers Dieu et notre réconciliation avec Lui si en nous-mêmes nous ne retournons pas à l'unique commandement nouveau, celui de l'amour? La prière pour les défunts est l'expression essentielle de l'Église en tant qu'amour. Nous demandons à Dieu de Se souvenir de ceux dont nous nous souvenons, et nous nous souvenons d'eux parce que nous les aimons. En priant pour eux, nous les rencontrons en Christ Qui est Amour, et qui, parce qu'Il est Amour, terrasse cette mort qui est l'ultime victoire de la séparation et de l'absence d'amour. En Christ, il n'y a plus ni vivant ni mort car tous sont vivants en Lui. Il est la Vie et la Vie est la Lumière de l'homme. Aimant le Christ, nous aimons tous ceux qui sont en Lui; aimant ceux qui sont en Lui, nous aimons le Christ : telle est la loi de l'Église, et de là découle pour elle la prière pour les défunts. C'est vraiment notre amour en Christ qui les garde vivants parce qu'il les garde "en Christ," et à quel point sont-ils dans l'erreur, désespérément dans l'erreur, tous ces Chrétiens occidentaux qui soit réduisent la prière pour les défunts à une doctrine juridique de "mérites" et de "compensation" [2] ou simplement la rejettent comme inutile [3]. La grande Vigile pour les défunts lors du samedi de Carnaval sert de modèle pour toutes les autres commémorations des défunts et est répétée lors des 2ème, 3ème et 4ème samedis de Grand Carême.

C'est à nouveau l'amour qui constitue le thème du Dimanche de Carnaval. La leçon de l'Évangile du jour est la parabole du Christ à propos du Jugement Dernier (Matt. 25,31-46). Lorsque le Christ sera venu pour nous juger, quels seront les critères pour Son Jugement? La parabole répond : l'amour – pas un simple souci humanitaire pour une justice abstraite et pour le "pauvre" anonyme, mais l'amour concret et personnel pour la personne humaine, pour toute personne humaine que Dieu me fait rencontrer dans ma vie. Cette distinction est importante parce que de nos jours, de plus en plus de Chrétiens ont tendance à identifier l'amour Chrétien avec les préoccupations politiques, économiques et sociales; en d'autres termes, à effectuer un glissement de la personne, unique, avec sa destinée personnelle, vers des entités anonymes telles que "classe", "race", etc. Non pas que ces préoccupations soient erronées en elles-mêmes. Il est évident que dans leurs parcours de vie personnelle, dans leurs responsabilités en tant que citoyens, professionnels, etc, les Chrétiens sont appelés à veiller, du mieux de leurs possibilités et compréhension, pour une société juste, équitable, et en général plus humaine. Assurément, tout ceci provient du Christianisme et peut être inspiré par l'amour Chrétien. Mais l'amour Chrétien en tant que tel est quelque chose de différent, et cette différence doit être comprise et maintenue si l'Église veut préserver sa mission, qui est unique, et ne pas devenir une "agence sociale" de plus, ce qu'elle n'est définitivement pas. L'amour Chrétien est "l'impossible possibilité" de voir le Christ en autrui, qui qu'il soit, et que Dieu, dans Son plan éternel et mystérieux, a décidé d'introduire dans ma vie, quand bien même seulement pour quelques instants; pour l'introduire non pas en tant qu'occasion pour une "bonne action" ou pour s'exercer à la philanthropie, mais en tant que début d'une relation éternelle avec Dieu Lui-même. Car en effet, qu'est-ce que l'amour, si ce n'est cette mystérieuse force qui transcende ce qui est secondaire et externe chez "l'autre" – son apparence physique, son rang social, son origine ethnique, sa capacité intellectuelle – et atteint l'âme, l'unique et éminemment personnelle "racine" de l'être humain, la vraie part de Dieu en lui? Si Dieu aime tout être humain, c'est parce que Lui seul connaît l'inestimable et absolument unique trésor, "l'âme" ou "personne" qu'Il donna à tout être humain. L'amour Chrétien est dès lors la participation à cette connaissance Divine et le don de cet amour Divin. Il n'y pas d'amour "impersonnel" parce que l'amour est la merveilleuse découverte de la "personne" dans "l'homme", de ce qui est personnel et unique dans le commun et le général. C'est la découverte en chaque humain de ce qui est "aimable" en lui, de ce qui est de Dieu.

A cet égard, l'amour Chrétien est quelque parfois l'opposé de "l'activisme social" avec lequel certains identifient si souvent le Christianisme de nos jours. Pour un "activiste social", l'objet de l'amour n'est pas la "personne", mais l'homme, une unité abstraite d'une non moins abstraite "humanité." Mais pour le Christianisme, l'homme est "aimable" parce qu'il est une personne. Là, la personne est réduite à l'humain; ici l'humain n'est vu que comme personne. L' "activiste social" n'est pas intéressé par ce qui est personnel, et le sacrifie facilement pour "l'intérêt commun." Le Christianisme peut semble être, et quelque part est en effet plutôt septique à propos de cette "humanité" toute abstraite, mais il commet un péché qui est mortel contre lui-même quand il abandonne sa préoccupation et son amour pour la personne. L'activisme social est toujours "futuriste" dans son approche; il agit toujours au nom de la justice, de l'ordre, d'un bonheur à venir, à atteindre. Le Christianisme se soucie peu de ce futur problématique, mais place tout l'accent sur le maintenant – l'unique moment décisif pour l'amour. Les 2 attitudes ne sont pas mutuellement exclusives, mais elles ne doivent pas être confondues. Assurément, les Chrétiens ont des responsabilités envers "ce monde", et ils doivent les assumer. C'est le domaine de "l'activisme social" qui appartient entièrement à "ce monde." L'amour Chrétien, cependant, vise au-delà de "ce monde." Il est en lui-même un rayonnement, une manifestation du Royaume de Dieu; il transcende et surmonte toutes les limitations, toutes les "conditions" de ce monde, parce que sa motivation de même que ses buts et son aboutissement sont en Dieu. Et nous savons que même en ce monde, qui "vit dans le mal", les seules victoires durables et transformantes sont celles de l'amour. Rappeler à l'homme cet amour et vocation personnels, remplir ce monde pécheur de cet amour – telle est la véritable mission de l'Église.

La parabole du Jugement Dernier traite de l'amour Chrétien. Nous ne sommes pas tous appelés à travailler pour "l'humanité", et cependant, chacun d'entre nous a reçu le don et la grâce de l'amour du Christ. Nous savons qu'au bout du compte, tous les hommes ont besoin de cet amour personnel – la reconnaissance en chacun d'eux de leur âme si unique, en laquelle la beauté de toute la Création se reflète d'une manière unique. Nous savons aussi que les hommes sont en prison et son malades et assoiffés et affamés, parce que cet amour personnel leur a été refusé. Et pour finir, nous savons qu'aussi étroit et limité puisse être le cadre de notre existence personnelle, chacun d'entre nous a été rendu responsable pour une infime partie du Royaume de Dieu, et rendu responsable par ce don même de l'amour du Christ. Dès lors, que nous ayons ou non accepté cette responsabilité, que nous ayons aimé ou refusé d'aimer, voilà sur quoi nous serons jugés. Car "toutes les fois que vous l'avez fait à l'un de Mes petits frères que voici, c'est à Moi-même que vous l'avez fait.."


[Extrait de "The Great Lent" ("Le Grand Carême"), par feu le protopresbytre Alexander Schmemann, SVS Press]














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J'étais étranger, et vous M'avez acceuilli...


La pauvreté, un bon isolant

Notes de traduction
[1] Le mot "carnaval" est passé dans le language populaire comme synomyne de débauches en tout genre, beuveries et mascarades. En fait, si l'origine du mot n'est pas rigoureusement garantie, les 2 versions latines données comme origine probable font référence à la viande, pas à une bachanale moderne :
carnem (viande) + levare (lever ou alléger) - retirer la viande ou arrêter de manger de la viande.
carno (viande) + vale (au revoir) - "au revoir à la viande" ou "au revoir à la chair", c'est-à-dire un sens plus religieux, quitter les soucis de la chair.
[2] Les Catholiques-Romains (église fondée au 11ème siècle) et
[3] les Protestants & Anglicans (églises fondées au 16ème siècle). Comme on le constate à la simple lecture des doctrines apostoliques originales comparées à celles exprimées dans les textes et liturgies Orthodoxes actuelles, ni [2] ni [3] ne sont héritiers du Christianisme d'Occident du premier millénaire, puisque ce dernier était Orthodoxe et en harmonie doctrinale avec l'Orient Chrétien, au contraire de ces 3 grands groupes nés par la suite, d'abord du Schisme (Catholiques-Romains), puis des Schismes à l'intérieur du Schisme (Anglicans & Protestants). Il faut être conséquent et logique : on ne saurait revendiquer un héritage théologique quand on prêche le contraire de cet héritage; car ce n'est alors plus une évolution - dans le sens de "dévelopement", comme un pommier se développera en partant d'une graine de pomme, tout étant contenu dans la graine mais devant encore se déployer avec le temps (cfr saint Vincent de Lérins) - mais bien un changement radical, aux lourdes implications sotériologiques. La vie éternelle, c'est un enjeu qui mérite un peu de sérieux. Enfin, je trouve.


09 février 2007

Tous les chiens vont au Ciel – hommage à mon Sultan (K9)

"Car nous savons que, jusqu'à ce jour encore, la création tout entière
gémit dans les douleurs d'un enfantement
."

Romains 8,22
Tous les chiens vont au Ciel

par le prêtre John Dresko (Orthodox Church of America)

"par un seul homme, le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort,
et qu'ainsi la mort s'est abattue sur tous les hommes, parce que tous ont péché"
(Romains 5,12)

Lady, notre bien-aimée chienne et amie durant presque 11 ans et demi, est morte 2 jours avant le Dimanche du Pardon.
Bien qu'elle était malade du cancer, elle venait seulement de commencer un traitement, et sa mort fut plutôt soudaine et nous a choqués, survenant à 3 heures du matin dans un étrange hôpital pour urgences pour animaux. Alors que mon épouse et moi-même caressions pour la dernière fois sa belle fourrure et essuyions nos larmes tout en lui disant au revoir, quelques pensées me vinrent à l'esprit – toutes en relation avec notre célébration de la Résurrection du Seigneur.

Alors que je regardais vers son corps à présent sans vie, ma première pensée fut de me dire à quel point ce monde était vraiment déchu, corrompu et pécheur. La seule raison pour laquelle la mort règne en ce monde est à cause du péché. Comme saint Paul nous le rappelle dans son épître aux Romains, le péché a été introduit en ce monde par l'homme, et avec le péché, la mort. Le péché imprègne tant la Création que rien ne reste intact du péché et de la mort – même les animaux. Malgré le fait que notre chienne n'avait rien fait d'autre que d'offrir amour et compagnie, malgré le fait que notre chienne (et tout le restant de la Création sauf les humains) était sans péché, elle partageait cependant le sort qui attend chacun et tout en ce monde créé. Elle mourut.

Pour la première fois dans ma vie, j'ai vraiment compris l'agonie que le Christ avait ressenti lorsqu'Il s'était tenu debout devant la tombe de Son ami Lazare et avait pleuré. Il n'avait pas pleuré parce qu'Il n'était pas sûr que Lazare se relèverait de la mort. Ni parce qu'Il voulait montrer à Ses amis et à la famille quelle tristesse Il ressentait. Il pleura simplement parce qu'Il voyait Sa Création – faite avec tant d'amour, dont Il prenait soin avec tant d'amour, et qui avait été créée avec tant d'amour en vue de la divine Communion avec Lui – elle gisait morte et corrompue dans une tombe. Le péché et la mort avait amené la divine création au point où la création préférait la tombe au Royaume de Dieu.

Étant prêtre depuis 20 ans, je suis plutôt régulièrement confronté à la souffrance et à la mort. Quelque part, je peux comprendre la corrélation entre mes propres péchés et ma mort. Je peux comprendre la corrélation entre les péchés de toute personne créée et sa mort. Mais voir la corrélation entre le péché et la mort de toute la Création était quelque chose que je comprenais, et même enseignais, dans un sens analytique, mais n'avais jamais compris et ressenti dans mon coeur et dans mon âme – jusqu'à maintenant. Regardant notre bien-aimée gisant là, je compris. Mes péchés, et les péchés de chacun créé, ont corrompu ce monde au point où elle a dû en souffrir les conséquences. Elle n'avait pas le choix en la matière. Elle n'avait pas non plus de culpabilité.

Cependant, la Résurrection est une réalité en laquelle nous croyons et nous nous confions. Le Christ pleura sur la tombe de Lazare, mais Il ressuscita aussi Lazare. Il pleura sur Jérusalem, mais Il nous donna l'Église. Il vit que nous préférions la tombe au Royaume de Dieu, mais Il nous racheta. La Résurrection du Christ inaugure la re-création du monde. Tout et tous sera renouvelé en Lui. Saint Paul nous rappelle que Dieu a fait le Christ "Tête de l'Église, qui est Son corps, la plénitude de Celui Qui remplit toutes choses en toute manière" (Ephésiens 1,22-23). Le Christ ressuscité remplit tout avec Lui-même. Toute la Création sera rachetée et sanctifiée.

Je ne suis pas un théologien, mais mon examen rapide de la question des animaux et de la Résurrection m'amène à un double commentaire. Les animaux – de même que le restant de la nature créée, exceptés les humains – n'ont pas d'âme et ne commettent pas de péché, dès lors ils n'ont pas besoin de rédemption. Mais il y a un commentaire qui nous expliquerait que les animaux – et en fait le monde entier et toute la Création – partageront le Retour du Christ et le Règne éternel du Royaume de Dieu. La corruption qu'ils doivent subir parce qu'ils existent en ce monde déchu disparaîtra dans la re-création du monde en Jésus-Christ. Saint Jean Damascène disait que "la terre qui doit recevoir les saints est immortelle." (
Exposition de la Foi Orthodoxe, Livre II, Chapître X).

Nous croyons aussi que quiconque fait l'expérience d'une relation vraiment aimante fait l'expérience de la présence de Dieu. Je ne crois pas une seule second que Dieu a placé des créatures telle que notre chienne sur terre comme créatures "jetables" qui cessent simplement d'exister lorsqu'elles ont accomplit leur but et puis meurent. Toute la Création fait partie du plan divin, et toute la Création sera rachetée en Jésus Christ. Il y a quelques années, il y avait un dessin animé pour enfants titré "Tous les chiens vont au Ciel." Je n'ai aucun doute à ce sujet.

Lady avait placé toute sa confiance en nous, pour tout. Nous avons fait de notre mieux pour elle, mais cela ne fut pas suffisant. Heureusement, par bonheur, nous pouvons placer notre confiance en Quelqu'Un Qui est meilleur que nous. L'amour et la loyauté inconditionnels sont des qualités divines.

Merci, Lady.

P. John
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faire-part envoyé à la famille et aux amis il y a 2 mois :

In memoriam : SULTAN
2 septembre 1995 - dimanche 10 décembre 2006feu mon berger allemand Sultan, mon ancien chien de police

Le Seigneur avait donné. Le Seigneur a repris.
Que le Nom du Seigneur soit béni! (Job 1,21)

Ayant pu le leur racheter et lui permettant ainsi d'échapper à l'euthanasie à laquelle ses maîtres précédents le promettaient, Sultan a commencé sa vie avec notre famille en apprenant à devenir mon collègue de patrouille à la police... Un formidable collègue, et un compagnon de tous les jours. Très affectueux avec la famille. Hier matin encore, il me regardait de ses yeux "de cocker", venait me frotter son museau sur ma main pour solliciter des papouilles et des bibises sur la truffe. Hier soir, vers 23h, on l'a encore entendu fidèlement s'occuper de garder la maison. Ce matin, on l'a retrouvé raide dans sa niche. Il se faisait vieux, notre pauvre. Je m'y attendais, mais si vite... En juillet, son futur "successeur" était arrivé, Elvis. Il l'a superbement bien reçu et élevé, comme si c'était son propre chiot. Il aura été un bon chien, fidèle jusqu'à ses derniers instants. Il est parti rejoindre notre Blacky, décédé le 4 décembre 2004 déjà. On n'a pas la moindre chien de police avec gilet pare-ballesidée de "l'après" pour les animaux. On pense toujours à nos animaux favoris – comme à mon ami Sultan, un vrai ami, qui se serait sacrifié pour moi et pour les miens – mais il y a tous les autres, les ennuyeux (pensez à tout ce qui vous ennuie dans le règne animal). On ne sait déjà quasiment rien pour nous. Mais on sait, parce que telle est la promesse du Christ, que l'amour ne meurt jamais. Et que l'amour dépasse les notions rationnelles. Un chien peut-il aimer son maître? Pensez à tous ceux qui se sont laissés mourir de faim sur la tombe du défunt maître. Oui, le chien est le meilleur ami de l'homme.


Au revoir, mon vieux Sultan, merci, mon gamin que j'aime, et au revoir.
JM

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Un ancien collègue m'a envoyé une petit vidéo d'un entraînement d'une brigade d'intervention de la police, avec ses chiens. J'ai rajouté les 2 miens pour en faire une présentation. Mon Sultan y a sa place. Quant aux CsV, une police en Belgique commence à en utiliser comme chien de service. Autant dire qu'ils se sont équipés de.. chars d'assaut...


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Dans l'Église, il y a bénédiction tant des humains que des objets consacrés au culte de Dieu. Et aussi, bien sûr, des animaux, comme le rappelait le récent texte d'un archidiocèse grec-orthodoxe pour les bénédictions de maisons.

et voici une prière de bénédiction, celle que notre Sultan avait reçue:
Tu protèges, Seigneur, animaux et gens

"Le loup et le paradis", complainte mortuaire de Roumanie

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Passées les premières semaines de mélancolie, où on voyait bien qu'il ressentait quelque chose d'avoir vu son père adoptif partir si tôt, notre "petit" Elvis a repris du poil de la bête. Qu'il a grandit! Quelle "bombe" qui galope dans le jardin! Son jeu favori? Arracher les dalles en béton du chemin sortant de la cave, en prendre une dans sa gueule et la lancer en l'air. Ou trimbaler, dans sa gueule toujours, les palettes qui servent à empêcher la gadoue d'envahir le jardin.

Visez un coup les ratiches..
(en cliquant sur l'image, vous aurez le zoom!)
Digne fils de son père, pas vrai?!
Notez que là, il ne faisait que chasser après les flocons de neige
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En 2004, nous avons perdu notre vieux labrador, Blacky - photo d'il y a fort longtemps déjà, dans le Tyrol, en Autriche, notre appartement est à gauche du clocher. Blacky avait été élevé avec un berger malinois, ses 6 premiers mois de vie. Il avait la constitution et la force du labrador. Mais le caractère du malinois! Avec Elvis, nous avons constaté la même chose. Théoriquement, le caractère du CsV, de ce que nous en avons lu et des nombreuses et longues discussions avec l'éleveur, cela ne devait pas être le berger qui dominait en lui. Il aurait dû essentiellement être un "membre de notre meute", mais ne pas être trop "territoire" et protection des biens. Après 6 mois de "formation" par un berger allemand polyvalent, un "chien de travail" qui n'avait rien perdu de sa verve et de ses qualités, Elvis a visiblement repris le flambeau sans même qu'on n'aie pensé à le faire. Le chenil tremble quand quelqu'un s'approche, Elvis fonçant et "bourrant" dans les barreaux. Il a une telle force que les grillages du fond du jardin, il n'en ferait qu'une bouchée - il le montre avec les briques, arbres, etc. Mais il a pris ce côté "territoire à protéger" de Sultan.
En rue, tout va bien, mais dès que quelqu'un approche, si on ne dit pas quelque chose (on a nos codes, dans notre langue à nous), alors il grogne un coup. Oh, pas grand chose, mais un petit bond sur place, une "lipe" qui se relève et laisse bien voir qu'il a une sacrée "salle à manger", puis il nous regarde. Si on réagit calmement, aussitôt, il reprend la marche normale. Comme Sultan faisait. Comme Elvis a vu Sultan faire, dans nos balades avec les 2 chiens. Ah si nous pouvions, nous, humains, apprendre aussi bien de nos saints ancêtres, ceux qui ont entouré le Seigneur et L'ont suivi sans hésiter...

Maintenant, Elvis, notre CsV, va vivre des aventures radicalement différentes de celles qu'a vécues Sultan. Autant ce dernier avait commencé comme "citadin" avant sa "pension", autant Elvis est un campagnard et un "forestier" dès le départ, et il aime ça.Merci, Seigneur, pour les animaux, pour les plantes, pour les minéraux, pour toutes choses que Tu as créées parfaites, et pardon pour les avoir gâchées par le péché dont on ne parvient que difficilement à se défaire.. avant d'y replonger.

JM

P. Thomas Hopko : le Dimanche du Jugement Dernier


Extrait de "The Orthodox Faith"
Par le protopresbytre Thomas Hopko

festin de viande genre PantagruelLe dimanche suivant est appelé dimanche du Carnaval [*], c'est le dernier jour avant Pâques où il est permis de manger de la viande. Il commémore la parabole du Christ à propos du Jugement Dernier (Mt 25,31-46). On nous y rappelle qu'il ne suffit pas de voir Jésus, de nous voir nous-mêmes tels que nous sommes, et de revenir à Dieu à l'image du Fils Prodigue. Nous devons aussi nous conduire en enfants de Dieu, à l'exemple du Christ, Son Fils Unique-Engendré, et voir Christ en chaque homme, et en servant le Christ à travers eux. Notre Salut et le Jugement final dépendront de nos actes, pas simplement de nos intentions ou même de la miséricorde de Dieu à laquelle ne répondrait pas notre propre bonne volonté et nous obéissance.

"Car J'ai eu faim, et vous M'avez donné à manger; J'ai eu soif, et vous M'avez donné à boire; J'étais sans asile, et vous M'avez accueilli; mal vêtu, et vous M'avez couvert; malade, et vous M'avez visité; J'étais en prison, et vous êtes venus à Moi. Les justes répondront: Seigneur, quand avons-nous bien pu Te voir affamé et Te donner à manger, assoiffé et Te donner à boire? Quand avons-nous pu Te voir sans asile, et T'accueillir; mal vêtu et Te couvrir? Quand avons-nous bien pu Te voir malade ou en prison, et venir à Toi? Le Roi répondra: Oui, Je vous le déclare, toutes les fois que vous l'avez fait à l'un de Mes petits frères que voici, c'est à Moi-même que vous l'avez fait" (Mt 25,35-40).

Nous ne serons pas sauvés seulement par la prière et le jeûne, pas seulement par les "exercices religieux." Nous sommes sauvés en servant le Christ à travers Son peuple, car tel est le but ultime de toute piété et prière.

[*] c'est-à-dire avant privation de viande, d'après l'étymologie
; ndt

08 février 2007

Et alors, ils jeûneront... (Matthieu 9,14-16)

http://www.goarch.org/en/ourfaith/articles/article7057.asp



Mgr Isaiah (Kapsimalis) de Proikonisos, métropolite de Denver






Quarante jours après Sa glorieuse Résurrection, le Seigneur Jésus monta aux Cieux. Avant Son Ascension, Il avait promis à Ses disciples qu'Il reviendrait après Son départ initial. En fait, Jésus avait mentionné Son départ et Son glorieux retour à plusieurs reprises durant les 3 années de Son ministère public.

Comme le rapporte le Livre des Actes d'Apôtres, le jour de Son Ascension, 2 hommes vêtus de blanc se tinrent près des Apôtres et autres témoins oculaires qui regardaient l'événement. Ils leur dirent : "Galiléens, que restez-vous là, à regarder au ciel? Ce Jésus qui vient de vous être enlevé vers le ciel, en reviendra de la même manière que vous L'y avez vu monter." [1]

Les premières communautés Chrétiennes aux jours des Apôtres et immédiatement après l'ère apostolique vivaient dans la fervente anticipation du retour de Jésus durant leur vie terrestre. Les Apôtres eux-mêmes attendaient Son rapide retour. Cette croyance était dans une large mesure due aux paroles du Seigneur à l'Apôtre Pierre, lorsque les 2 avaient parlé ensemble après Sa Résurrection. C'était au moment où Jean l'Évangéliste marchait légèrement en retrait d'eux. Après que le Seigneur avait informé Pierre de sa future mort en tant que martyr, Pierre s'était retourné brièvement vers Jean et avait demandé à Jésus : "Seigneur, et lui?" Jésus lui dit: "Si Je voulais qu'il reste jusqu'à Mon retour, que t'importe? Toi, suis-Moi." [2]

Cependant, Jean clarifia les faits lorsqu'il rédigea ce passage dans son Évangile. C'était nécessaire pour lui de rapporter précisément les faits; car les fidèles répétaient l'affirmation que Jean resterait en vie jusqu'au retour du Seigneur. Jean écrivit : "Ainsi courut parmi les frères le bruit que ce disciple ne devait pas mourir. Cependant Jésus n'avait pas dit: "Il ne mourra pas", mais : "Si Je voulais qu'il reste jusqu'à Mon retour, que t'importe?" [3] Jean était si soucieux de l'exactitude de cette déclaration du Seigneur qu'il la répéta à la fin de son Évangile.

Malgré cela, la croyance que Jean serait encore en vie lors du retour du Christ persista dans les communautés Chrétiennes. Même l'Apôtre Paul semble avoir donné crédit à cette parole au sujet de Jean. C'est probablement pour cela qu'il écrivit à son disciple Timothée en disant "de garder le commandement, sans tache, sans reproche, jusqu'à l'apparition de notre Seigneur Jésus Christ" [4]. Il écrivit virtuellement la même chose à son autre disciple, Tite, lui disant que que les disciples du Christ devaient vivre dans la justice, d'une vie pieuse, parce qu'ils étaient ".. dans l'attente de notre espérance bienheureuse et de la manifestation glorieuse de notre grand Dieu et Sauveur, le Christ Jésus" [5]. En dehors de Paul, Pierre et Jacques ont aussi écrit à propos de la Parousie ou Seconde Venue du Seigneur Jésus-Christ dans leurs épîtres, comme si cela devait avoir lieu bientôt.

Il n'y avait pas de changement perceptible dans le monde, même après les événements salvateurs, cosmiques, de la mort et de la Résurrection du Christ. L'empire Romain demeurait intact et contrôlait tout le monde connu. Cependant, avec la destruction de Jérusalem par l'empereur Tite en l'an 70, nombre de fidèles assimilèrent cette destruction et leurs souffrances avec les prophéties du Christ telles que rapportées par l'Évangile de saint Matthieu (24,1-22) au sujet de la fin des temps. Nombre d'entre eux ne se marièrent pas. D'autres donnèrent tous leurs biens à l'Église et vécurent comme frères et soeurs dans les diverses communautés Chrétiennes, s'identifiant comme les membres de la famille de Dieu et le Corps du Christ. Pendant ce temps d'autres, dont la plupart sont inconnus dans l'Église de nos jours mais assurément connus de Dieu, partirent au désert dans tout le Moyen-Orient, l'Asie Mineur et l'Afrique du Nord, où ils vécurent en ermites, priant sans cesse, et attendant dans des cavernes et crevasses de la terre pour la fin du monde à venir. Ce n'était pas le désir des Chrétiens que d'avoir à continuer à vivre dans le monde en face de la tyrannie de Rome et la soumission de milliers de gens par le biais de la force militaire de l'empire païen. Ils préféraient être avec le Christ et leurs attentes se centraient sur le Christ.

Après la destruction de Jérusalem, la communauté Juive se trouva en pagaille. Les pratiques religieuses et la stricte adhésion à la foi juive s'étaient brutalement retrouvées arrêtées par la destruction du Temple et la dispersion du peuple à travers les différentes parties du monde connu. Les Chrétiens se retrouvèrent eux aussi dans des circonstances tragiques. La poigne de fer de Rome sur le monde continuait de se faire sentir de manière aussi violente.

Néanmoins, face à tout cela, les Apôtres, ayant grandement reçu du pouvoir par le Saint Esprit, continuèrent à prêcher et à enseigner le Christ et Son Royaume qui vient. Ils fondèrent de nouvelles communautés à chaque fois qu'ils se déplacèrent et continuèrent à convertir beaucoup de gens à la Foi.
Quand les conditions se sont améliorées après la destruction de Jérusalem, les Chrétiens de là-bas ont commencé à recevoir l'aide qui était si désespérément attendue, reçue auparavant de l'Apôtre Paul et de nombre d'autres. L'amour de l'Apôtre Paul pour son peuple était si grand que partout où il allait, il recevait des présents et dons pour "les saints à Jérusalem."[6]

Dans toute cette adversité et destruction, qu'est ce qui a fait que les membres de l'Église s'en sont tenus avec ferveur au Christ et à Ses promesses? Nombre de signes merveilleux et de miracles ont eu lieu. Des gens étaient guéris de graves maladies; certains étaient ressuscités. Le Saint Esprit manifestait Sa présence et puissance parmi le peuple, les renforçant dans leur Foi. Les puissantes oeuvres accomplies par les Apôtres au Nom de Jésus-Christ donnaient courage et détermination au peuple, afin de persister dans la Foi. Les témoins oculaires du Seigneur Ressuscité et du grand jour de la Pentecôte qui étaient encore en vie confirmaient la réalité et la vérité de la Foi Chrétienne. En face de ces glorieux événements, la force unifiante du Christ était expérimentée à travers toutes les communautés Chrétiennes en croissance.

En ce temps-là, l'espoir du proche retour de Jésus-Christ continuait à dominer les coeurs du peuple, ils attendaient cet événement dans une joyeuse anticipation. Ils se rappelaient mutuellement d'être vigilant et de veiller comme les 5 vierges de la parabole. Le Seigneur Jésus allait paraître. "Maranatha" [7] était le maître-mot. Ils se le répétaient souvent : "O viens, Seigneur!"

Le temps passant, on commença à réaliser que ce n'était pas encore le moment du retour du Christ. Ses prophéties dans les saints Évangiles n'étaient pas encore réalisées. Ils se rappelèrent que lorsque les disciples avaient demandé au Seigneur les signes annonçant la fin, Sa réponse comportait nombre d'événements, qui n'avaient pas encore été accomplis. La destruction de Jérusalem les avaient induits en erreur. Il devait y avoir encore tant d'événements à se produire dans les cieux, de même que sur terre. Ils se rappelèrent aussi que Jésus avait dit : "Pour ce qui est du jour et de l'heure, nul n'en sait rien, pas même les Anges du Ciel, mais le Père seul. (..) Vous aussi, tenez-vous prêts, parce que le Fils de l'Homme doit venir à l'heure que vous ne pensez pas."[8]

Les fidèles Chrétiens ont bientôt commencé à accepter qu'ils auraient à continuer à vivre dans le monde. Le Seigneur n'allait pas revenir si tôt et les emporter. Malgré ça, ils savaient aussi qu'ils ne pourraient jamais être identifiés avec le monde; car un jour, le monde entier serait consumé par le feu [9]. Soudain, ils commencèrent à réaliser que quelque chose d'inattendu se passait dans le monde autour d'eux. Des jours meilleurs arrivaient. L'Église grandissait en taille, de manière importante. Leurs croyances et l'Église étaient à présent tolérées par l'empire. Avec le temps – moins de 350 ans après la Pentecôte – l'Église Chrétienne allait devenir la religion officielle de l'empire converti et Christianisé. L'Église trouva une nouvelle liberté pour se développer dans toutes ses expressions pour le salut de son peuple. Cependant, l'Église n'oublia jamais qu'il y aurait une fin au temps, et que son Seigneur reviendrait un jour pour l'emmener avec Lui.

Alors, la croyance en la Seconde Venue du Seigneur Jésus, Sa Parousie, restera constante, et le principe eschatologique primordial dans la vie de l'Église. Dans la récitation de la Prière du Seigneur dans presque chaque office liturgique, les paroles du Seigneur à propos de Son Royaume qui venait allaient rester une base. Dès l'année 381 et le Second Concile Oecuménique, la confession de Foi à présent appelée "Credo de Nicée-Constantinople" allait permettre aux fidèles de proclamer comme aux temps des Apôtres la Venue du Seigneur Jésus Christ en gloire, un événement advenant avant la consommation du temps présent.

L'Église grandit et se développa dans ses premières années, cet organisme vivant divinement établit, qui ne pourra jamais être détruit par quelque puissance adverse que ce soit. C'est ce que le Seigneur avait promis lorsqu'Il avait dit à Ses disciples qu'Il enverrait sur eux l'Esprit Saint, Qui demeurerait à jamais dans l'Église [10]. Il avait aussi dit que pas même les puissances de l'Hadès ne sauraient prévaloir contre Son Église [11].

Dès lors, le Saint Esprit Qui préside à l'Église donna instruction aux Pères divinement inspirés, durant les années où elle se formait, afin qu'ils placent l'enseignement à propos de la Parousie au coeur de la Foi. Ce faisant, l'Église préserve jusqu'à nos jours la croyance en la Seconde Venue du Seigneur Jésus Christ dans les offices de l'Église qui ont lieu pendant la période la plus sainte du cycle ecclésiastique annuel, la période du Triode (Triodon), du Grand Carême et de la Semaine Sainte, une durée de 70 jours.

Depuis les tous débuts, et comme nous le verrons plus loin, l'Église a tenu fermement à cette croyance de base dans la Parousie, de manière ininterrompue tout au long des siècles et jusqu'à aujourd'hui. Bien que le peuple de l'Église se voit annuellement rappeler les redoutables et terrifiants événements des derniers jours à venir avant le Retour du Christ, il se voit aussi rappeler les si merveilleux et joyeux événements qui auront lieu juste après, avec le commencement du Huitième Jour, le jour de la perfection. Ce jour merveilleux commence avec la glorieuse Résurrection de Jésus-Christ, le Jour de la Sainte Pâque. Pour parvenir à faire l'expérience de ce jour, il est impératif de s'y préparer convenablement.

Dans sa préservation de l'enseignement au sujet de la Seconde Venue du Christ, l'Église utilise l'image, que le Christ Lui-même avait utilisée dans Sa parabole des 10 Vierges et de l'Époux. C'est cette parabole si dramatique, qui décrit si simplement, avec tant d'éloquence, les événements des jours derniers, le Retour de Jésus-Christ, et l'établissement de Son Royaume éternel. Nombre d'offices de l'Église durant cette période de 70 jours font allusion au Christ en tant que l'Époux. Les prières et hymnes significatives du Triode et du Grand Carême sont remplies de ce message de l'Époux Qui vient pour revendiquer Son épouse, l'Église.

Les jours de préparation comportent les 3 semaines du Triode et le Grand Carême, ils guident le fidèle pratiquant à travers un désert spirituel symbolique pendant 63 jours, jusqu'au premier Office de la Semaine Sainte, qui est appelé l'Office de l'Époux et qui a lieu chaque Dimanche des Rameaux, au soir, dans toutes les églises.

Tout au long de la période pénitentielle du jeûne ou Grand Carême, l'Église encourage son peuple à accroître son temps de prière, tant privée que commune, tout en les invitant en même temps à s'abstenir et à jeûner des choses de la vie qui identifient quelqu'un comme appartenant au monde. Le but de cette discipline est de renforcer l'esprit du fidèle, de sorte que l'esprit et le coeur commencent à vivre parmi les choses qui ne sont pas de ce monde. De cette manière, le fidèle suit un cheminement parallèle à celui que le Christ a parcourut dans le désert, 40 jours et 40 nuits durant, pendant lesquels Il y alla pour être tenté par satan.

A propos des tentations que le Christ a dû affronter, le Chrétien pratiquant est aussi supposé vaincre ces 3 tentations que le Christ a expérimentées et qui nous identifient au monde : les tentations d'orgueil, de puissance et de possession de biens terrestres. Dans le monde actuel, nous utiliserions les mots d'égoïsme ou amour-propre, maîtrise d'autrui et consumérisme débridé. Dans les tentations affrontées par Jésus, satan lui demandait de faire démonstration de Sa puissance en changeant les pierres en pain afin de satisfaire Sa faim [12]. Le Seigneur fut tenté par l'orgueil lorsque satan Lui dit que s'Il était le Fils de Dieu, Il n'avait qu'à Se jeter du sommet du toit du Temple, Il ne Lui arriverait aucun mal. Car il est écrit que Dieu enverrait Ses Anges pour porter le Christ, afin que Son pied ne heurte pas sur une pierre [13]. Pour finir, satan avait emporté Jésus au sommet d'une haute montagne d'où il Lui avait montré tous les royaumes du monde et leur gloire. Il avait dit à Jésus : "Tout ceci, je Te le donne si seulement Tu Te prosterne et m'adore" [14].

Cette tentation n'avait probablement pas vraiment d'attrait pour Jésus, puisqu'Il savait que toutes choses venaient de Lui et que toutes choses étaient en Ses mains, sauf la corruption que Ses yeux avaient vue du fait de l'homme déchu qui avait d'abord été victime de satan au Jardin d'Eden. Cette dernière tentation révélait le fait que satan n'avait jamais vraiment réalisé Qui était vraiment Jésus. Car satan n'avait jamais compris dans sa vaine gloire que le Dieu Tout-Puissant S'humilierait si fort Lui-même au point de devenir homme : Jésus, dès lors, en tant que nouvel Adam, vainquit les 3 grandes tentations et satan fut repoussé.


Dans l'image iconographique des tentations, que le Christ a vaincues, l'Église insuffle à son peuple le désir d'acquérir une telle force spirituelle à travers la discipline de la prière et du jeûne tout au long de la période préparatoire du Grand Carême. On rappelle nos premiers parents dans le Jardin d'Eden aux fidèles, parents qui furent tentés par satan avec ces mêmes tentations que satan utilisera pour tenter le Christ. Adam et Eve échouèrent et succombèrent à la tentation du pouvoir, en désirant connaître la différence entre bien et mal. Ils échouèrent dans la tentation d'orgueil en désirant être comme Dieu. Et ils échouèrent dans la tentation de possession parce qu'ils désirèrent tout avoir, même le fruit de l'arbre défendu.

Durant cette période pénitentielle et cependant spectaculaire et passionnante qu'est le Grand Carême, que les fidèles devraient ardemment désirer expérimenter, il y a un message de base, et pour le peuple de l'Église, c'est de prendre le contrôle de leurs vies. Une fois qu'ils l'ont fait, alors l'attente anticipative du Christ d'une manière personnelle et faire l'expérience de l'avant-goût du Royaume qui arrive devient quelque chose de basique et naturel dans leurs vies quotidiennes.

Comment a commencé tout ce processus concernant le Grand Carême et ses attentes? Ce fut Christ Lui-même Qui établit le processus. Il donna la formule pour cette période de carême, période en laquelle nous expérimentons la joyeuse tristesse, une tristesse parce qu'Il est partit et une joie anticipée parce que nous allons Le revoir. Pour comprendre bibliquement ce processus, nous devons lire les paroles de saint Matthieu dans son Évangile. Il écrit ceci :

"Alors les disciples de Jean s'adressent à Lui: "D'où vient, disent-ils, que nous et les pharisiens pratiquons le jeûne, et pas vos disciples?" Jésus leur dit: "Les invités de la noce peuvent-ils être en deuil tant que l'Époux est avec eux? Mais viendront des jours où l'Époux leur sera enlevé; alors ils jeûneront" [15]

C'est dans cette citation de l'Évangile que nous voyons et comprenons que le Christ Lui-même établit la relation entre Son départ imminent du monde et la discipline de jeûne avec une nouvelle signification. A cet égard, jeûner est une pratique de base pour le Chrétien pratiquant, pour lui rappeler que Jésus-Christ reviendra un jour dans la gloire.

Les bénéfices du jeûne ou de l'abstinence sont énormes. Cela n'a rien du tout à voir avec les raisons pour lesquelles de nos jours nombreux utilisent la discipline du jeûne. Car de nos jours, nous voyons des gens qui jeûne pour des buts politiques ou pour protester, ou pour perdre du poids, ou même par désir de mourir. Le jeûne Chrétien est bénit par Dieu Lui-même car c'est le message adressé par le fidèle à Dieu, dans lequel il exprime son désir des bénédictions éternelles à venir, plutôt que des bénédictions temporaires de cette vie-ci. Son bénéfice inclut une puissance spirituelle accrue, la véritable obéissance à Dieu et la patience absolue envers son prochain. Il aide le fidèle à prendre contrôle de ses bas instincts qui impliquent les sens physiques. Le fidèle devient alerte et sensible mentalement envers tout ce qui se produit autour de lui. De plus, sa compréhension de la vie s'accroît aussi.

C'est pourquoi le jeûne spirituel rend le croyant Chrétien plus vigilant face aux attentes que Dieu a fondées pour Son peuple. Jeûner est au Chrétien Orthodoxe ce que l'exercice physique et mental est à l'athlète professionnel qui aspire à devenir le champion et remporter le trophée. Pour le Chrétien, jeûner de corps et d'esprit, se basant sur l'obéissance de la prière, renouvelle la santé de l'âme, qui est desséchée chez la plupart des gens, et probablement mourante. Les résultats expérimentés par le fidèle incluent la grâce spirituelle et une paix et une joie intérieure que nul ne saurait leur enlever. C'est cet état bienheureux qui permet non seulement de prêter attention, mais de continuellement se concentrer sur les bénédictions célestes que le Christ promet à Son peuple.

Le jeûne Chrétien est l'arme la plus efficace que l'on sait avoir, juste après la prière. Les 2 ensembles, accomplis au Nom de Jésus, peuvent faire des miracles. Un jour Ses disciples avaient demandé à Jésus pourquoi ils ne parvenaient pas à guérir un enfant en chassant le démon qui l'habitait. Lui ayant demandé "Pourquoi ne parvenons-nous pas à l'en chasser?", la réponse du Seigneur avait été, "Cette sorte-là ne se chasse pas, sinon par la prière et le jeûne" [16]

Dans les Évangiles, Jésus nous donne instruction de jeûner dans le secret. Pourquoi? De toute évidence, la foi est une puissance intérieure; la véritable puissance d'une personne est en son esprit. La puissance spirituelle est développée dans le coeur et l'esprit, qui oeuvrent de concert pour renforcer l'homme intérieur. L'homme est stimulé et renouvelé intérieurement par Dieu, à travers son être interne et son coeur interne. N'importe qui peut avoir cette sorte de force et puissance spirituelle s'il pratique la discipline Chrétienne de la prière et du jeûne. Il est important de se souvenir de nombre parmi les plus pieux serviteurs de Dieu, qui avaient le pouvoir de guérir autrui du fait de leur force intérieure, étaient eux-même physiquement infirmes, comme saint Paul l'Apôtre. De plus, en jeûnant, on réalise que l'on est dépendant de Dieu, même si nous n'avons pas d'infirmité. Celui qui pratique le jeûne sait que sans Dieu, il ne peut rien.

Prière accrue et jeûne sont encouragés par l'Église durant le Grand Carême comme moyens de purification et préparation. On y insiste autant sur la purification physique que spirituelle, de sorte que le fidèle puisse se sentir prêt pour expérimenter un événement spectaculaire, l'événement du Retour du Seigneur. Son Épouse, l'Église, est toujours dans l'anticipation du glorieux retour de son Époux. L'accent sur cette anticipation est apporté par la première Divine Liturgie de la Semaine Sainte, la Liturgie des saints Dons Présanctifiés, qui est célébrée au matin du Lundi Saint. La lecture de l'Évangile à la Liturgie, dans l'Évangile de saint Matthieu (24,3-35), nous parle des disciples du Seigneur Lui demandant quand est-ce que Son Retour aura lieu, de même que la fin du monde. Dès lors, jeûner et prière durant cette époque de l'année, ce n'est pas simplement parce que c'est le Grand Carême, mais parce que l'Église est dans l'attente du Retour de Son Époux.

Au coeur de ce thème eschatologique du Grand Carême se trouve une autre vérité de base, à savoir que le Christ revient en tant que Juge Éternel, Qui vient avec grande puissance pour juger le monde entier. C'est pourquoi il est impératif que le fidèle Chrétien soit préparé autant que possible, par l'humilité et la repentance, pour venir se présenter devant Dieu. En même temps, son désir de célébrer la Résurrection de Jésus Qui est mort pour les péchés du monde ne diminue jamais.

Le Sacrifice Suprême sur la Croix, établit pour l'Église le mystère de la sainte Eucharistie. C'est lors de chaque Divine Liturgie que le Chrétien humble, pénitent et obéissant, est invité à recevoir vraiment le Corps et le Sang du Christ pour la rémission de ses péchés et pour la promesse de la vie éternelle. Il fait cela en accomplissement des propres paroles du Christ lors de la Dernière Cène, que l'Apôtre Paul rapporte avec la plus grande précision en disant : "Ainsi donc, toutes les fois que vous mangez ce Pain et que vous buvez cette Coupe, vous annoncez la mort du Seigneur, jusqu'à ce qu'Il vienne" [17].

Progressant dans son pèlerinage annuel vers la Jérusalem symbolique pour rencontrer le Seigneur à Son Tombeau à travers des Offices spécifiques, le fidèle pratiquant rencontrera sûrement les moqueurs de ces derniers temps. Ils sont plus nombreux que jamais. Mais ne parviendront pas à nuire au Chrétien pieux et obéissant. L'Apôtre Pierre parle d'eux lorsqu'il dit que dans les derniers temps, des gens demanderont avec cynisme : "Où en est la promesse de Son avènement? Depuis que nos pères sont morts, tout demeure comme depuis le commencement du monde" [18]. Ils pourront ne pas utiliser précisément ces mots-là, mais leur style de vie, leur comportement, leur discours, leurs obsessions face aux choses de ce monde, tout cela rendra témoignage de leur incroyance, de leur cynisme, et de leur mépris.

Malgré cela, le fidèle croyant persévérera. Il continuera son jeûne, ses bonnes actions, son temps accru de prière. D'une manière symbolique, et cependant très réelle, la période de 3 semaines du Triode, c'est la traversée de la Mer Rouge par le peuple de Dieu, s'éloignant de l'Égypte païenne pour entrer dans le désert du Sinaï. Les 40 jours d'effort spirituel et le parcours de son voyage pénitentiel sont symboliques, dans un sens très réel, des 40 années de séjour des anciens Israélites dans le désert de la péninsule du Sinaï. Pour le Chrétien, ce voyage spirituel est le temps pour laisser derrière lui tous les bagages excessifs qu'il pourrait avoir emportés du monde séculier, de même que de se débarrasser de tous les vestiges de rébellion et d'idolâtrie.

De même que les anciens Israélites s'égaraient en cheminant à travers le Sinaï, parfois obéissants à Dieu, mais d'autres fois retournant à leur ancien passé païen et se rebellant contre Dieu, le Chrétien pénitent voyage à travers le difficile désert des influences du monde séculier, tenant parfois bon dans sa foi et tombant d'autres fois. Les Israélites auraient bien pu atteindre la Terre Promise plus tôt qu'ils n'y sont parvenus, s'ils avaient pris une route plus directe. Mais Dieu les maintînt dans le Sinaï 40 ans durant, afin que la génération qui était sortie d'Égypte et qui était fortement empreinte d'idolâtrie et de rébellion ne puisse pas entrer en Terre Promise. Ce fut la seconde génération, ceux nés dans le désert du Sinaï, qui purent y entrer.

Exactement de la même manière que Moïse guida son peuple, l'Église guide ses enfants à travers les 40 jours du voyage du Grand Carême. Car il faut au moins cela pour nombre de fidèles pour se débarrasser de la vanité et des soucis de ce monde et pour être transformés. Dans cette transformation, les fidèles de Dieu deviennent les enfants nouveau-nés du désert séculier, qui seront à même de faire l'expérience de la joie de la Terre Promise.

Les Offices supplémentaires et plus longs, les périodes de silence et d'introspection, la discipline des prosternations tant dans les Offices et dans la prière privée, tout cela aidera le Chrétien repentant à se débarrasser de l'impatience, de la colère, des vains bavardages, et de toutes les diverses expressions de rébellion contre Dieu, contre autrui, et même contre soi-même. Après cette intense discipline, le Chrétien en lutte doit être en paix avec lui-même, avec autrui, et particulièrement avec Dieu.

Une fois que le fidèle accomplit tout cela, jamais de lui-même mais avec l'aide de Dieu, il sera capable d'escalader la montagne spirituelle, et pas seulement de contempler de loin la Terre Promise comme eut à le faire Moïse, mais d'y entrer. Cette entrée dans la Terre de la Promesse est pour le Chrétien le début de la Semaine Sainte et de Pâques. Au premier Office de la Semaine Sainte, qui a lieu le soir du Dimanche des Rameaux, le fidèle pèlerin qui vient de lutter 40 jours entendra les paroles de la parabole pendant que l'Icône du Christ sera amenée depuis le sanctuaire : "Voici que viens l'Époux!" Le fidèle Chrétien mettra ses pas dans ceux de l'Époux tout au long des saints Offices de cette semaine si émouvante spirituellement. Ce faisant, il expérimentera - d'une manière réelle, car les événements originels se reflètent continuellement eux-mêmes à travers les siècles – le ministère public du Seigneur et les paroles concernant Son Retour. Il revivra de manière dramatique la trahison dont sera victime le Seigneur, l'arrestation, l'extrême souffrance, la mort douloureuse et tourmentée, et Sa mise au tombeau, en particulier à travers les Offices du Jeudi Saint et du Vendredi Saint.

Le lendemain, le Saint et Grand Samedi, toute la nature fera silence pendant que le corps de Jésus repose dans le tombeau. Ce silence sera principalement expérimenté par ceux qui auront suivit Jésus à travers les saints Offices dans les dramatiques événements de Sa Passion. Ils seront à méditer les événements finaux de Sa vie terrestre. Ensuite, le premier jour de la semaine, que nous appelons de nos jours le dimanche, mais qui est l'aube du Huitième Jour, le jour qui ne connaît pas de coucher, les paroles du Seigneur vont jaillir comme une fontaine en leurs coeurs : "Les invités de la noce jeûneraient-ils donc pendant que l'Époux est avec eux?" [19]

Aux Offices de minuit du Samedi Saint, dans la nuit, dans les églises aux lumières éteintes, partout dans le monde Orthodoxe, le célébrant émergera du sanctuaire avec les cierges allumés, chantant : "Venez et recevez la lumière de la Lumière qui ne s'éteint pas et glorifiez le Christ Qui est ressuscité d'entre les morts!" Le jour nouveau et glorieux de la Résurrection du Christ Seigneur brillera dans une abondance de joie et d'allégresse. Bien que cette année-ci n'aura peut-être pas été celle de la Parousie, elle aura sans aucun doute ce même éclat spirituel qui brillait sur les visages des premiers Chrétiens.

Lors de l'Office final de cette période de 70 jours, appelé Agape, une des hymnes qui résonnera dans les églises annoncera :

"Revenez de ce lieu, O femmes porteuses de bonnes nouvelles, et dites à Sion : 'Reçois de nous l'annonce de la joie de la Résurrection du Christ; exulte de joie et sois dans l'allégresse, O Jérusalem, car tu vois le Christ Roi sortir du Tombeau en tant qu'Époux!"'

La longue préparation et la vigilance du fidèle durant ce très saint temps de l'année n'aura pas été vaine; car en son fors intérieur, il se souviendra de la parole, "Maranatha", que ses ancêtres Chrétiens avaient en leurs coeurs et sur leurs lèvres. Et en réponse à cette expression de joie qu'on ne saurait contenir, il entendra, en anticipation, les paroles enthousiasmantes adressées par l'Époux de l'Église, résonnant pour que le monde entier et les Cieux l'entendent :
"Oui, Je reviens en hâte", déclare Celui Qui atteste tout cela. "Amen. Viens, Seigneur Jésus!" [20]
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[1] Actes 1,11
[2] Jean 21,21-22
[3] Jean 21,23
[4] 1 Timothée 6,14
[5] Tite 2,13
[6] Romains 15,25-32
[7] C'est très perturbant que les traducteurs modernes du Nouveau Testament aient choisit de traduire ce mot de leur propre "autorité" vers une langue moderne, le privant dès lors de son impact original, tel que trouvé en 1 Corinthiens 16,22.
[8] Matthieu 24,36-42
[9] 2 Pierre 3,10
[10] Jean 14,16
[11] Matthieu 16,18
[12] Matthieu 4,3
[13] Matthieu 4,6
[14] Matthieu 4,9
[15] Matthieu 9,14-15
[16] Matthieu 17,19-21
[17] 1 Corinthiens 11,26
[18] 2 Pierre 3,4
[19] Marc 2,19
[20] Apocalypse 22,20
© 2003 Greek Orthodox Archdiocese of America

*-*-*-*
A (re)lire, la traduction de l'entrevue de mgr Isaiah à un grand quotidien:
L'Orthodoxie n'est pas une mode, mais ça marche

QI, humour et pensées orthodoxes 3

Prix-courants de diverses marchandises
Innocence : aussi chère que rare
Misère : partout en surabondance
Modestie : il y en a peu sur le marché, et encore cette marchandise est-elle souvent faussée ou frelatée.


Prêtre Jon Magoulias, Annunciation Church parish bulletin extracts, Modesto, CA :
listserv.goarch.org/scripts/wa.exe?A2=ind0701
icone de saint Jean le Baptiste, iconostase de la paroisse Hagia Barbara, Eglise Orthodoxe, Chatelineau, Belgique
-- QUESTION BIBLIQUE DU JOUR :

Q. Qui était vêtu d'une tunique en poils de chameau?

Indice ci-contre & réponse plus bas!

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-- UN BRIN DE RÉFLEXION POUR CE JOUR:

"Nous croyons fermement que l'Église ne chutera jamais, ne vacillera jamais et ne sera jamais détruite. Car c'est ce que le Christ a enseigné, Lui par Qui les Cieux furent établis, et la terre fondée, et elle se tient fermement comme parle l'Esprit Saint (Ps 36,2). L'Antéchrist attirera à lui-même par la ruse 'ceux qui ont un esprit faible et médiocre, les séduira et les arrachera loin du Dieu vivant."

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-- SAGESSE DU JOUR:

"Ne vous séparez pas de l'Église, car l'Église a une puissance sans égale. Votre espérance, c'est l'Église; votre salut, l'Église; votre refuge, l'Église. Elle s'élève plus haut que le ciel, elle s'étend plus au large que la terre. Jamais vieillissante, toujours jeune. C'est pourquoi l'Écriture (qui n'aurait pas même existé si ce n'était pour l'Église), considérant sa solidité inébranlable, l'appelle une montagne"
- saint Jean Chrysostome

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-- TESTEZ VOTRE Q.I. ORTHODOXE:

Les enseignements de notre précieuse Foi Chrétienne Orthodoxe nous présentent une multitude de témoins qui ont été fidèles au Christ et à Son Église. C'est une merveilleuse chose que d'étudier les vies des saints parce qu'ils sont une inspiration pour vivre en Christ. Au cours des semaines à venir, je vous donnerai des citations de divers saints ou d'hymnes et vous demanderai de remplir les blancs avec mots manquants. Nous allons voir comment vous vous en tirez..

Q. Saint Grégoire de Nysse a écrit : "… Car la qualité de la sainteté est montrée non pas par ce que nous disons mais ____ ____ ____ ___ _____..."

R. 1. ... en allant à l'église chaque dimanche.
2. ... par la manière dont nous traitons autrui.
3. ... par le nombre de fois que nous oublions d'aller à l'église.
4. ... par ce que nous faisons dans la vie.

(Réponse plus bas.)

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-- HUMOUR DU JOUR
Trois supporteurs de football américain en Arabie...
Un supporteur des Packer, un des Viking et un des Bear étaient ensemble en voyage en Arabie Saoudite. Ils se partagèrent une bouteille d'alcool qu'ils avaient réussi à planquer à la douane. Soudain, la police Saoudienne envahit l'appartement et les arrête. La simple détention d'alcool étant considéré comme délit grave en Arabie Saoudite, dès lors pour en avoir consommé, ce terrible crime, ils se retrouvèrent condamnés à mort!

Cependant, grâce à de bons et chers avocats, ils parvinrent à faire commuer leur peine en prison à vie. Par un coup de chance, le jour où s'acheva leur procès, c'était fête nationale en Séoudie, et le très bienveillant Cheikh décida qu'ils pourraient être relâchés après avoir chacun reçu 20 coups de fouet. Comme ils se préparaient à la punition, soudain le Cheikh dit : "Tiens, c'est l'anniversaire de ma première épouse aujourd'hui, et elle m'a demandé de vous accorder à chacun un souhait avant d'être fouettés."
Zorro et son fouet

Le premier dans la file était le supporteur des Viking – il avait bu le moins – alors il réfléchit un peu, et puis demanda "s'il vous plaît, attachez-moi un coussin sur le dos."

Ainsi en fut-il fait, mais le coussin ne supporta que 10 coups du terrible fouet, puis ce dernier passa à travers. A la fin de la peine, il fallu transporter le supporteur des Viking, en sang et hurlant de douleur.

Le supporteur des Packer était le suivant dans la file – il en avait déjà bu beaucoup plus – et après avoir vu la scène, il dit "Bon, ok, s'il vous plaît, attachez donc 2 coussins sur mon dos." Mais même ainsi, au 15ème coup de fouet, ce dernier était déjà enfoncé dans la chair, arrachant des lambeaux de dos et des larmes au supporteur des Packer, qu'il fallu lui aussi évacuer.

Le supporteur des Bear était le dernier – il avait bu tout le restant de la bouteille – mais avant qu'il ne puisse dire quelque chose, le Cheikh se tourna vers lui et lui dit : "Vous êtes supporteur de la plus grande équipe au monde, votre équipe a parmi les meilleurs et plus loyaux supporteurs du monde. Pour ça, je vous accorde 2 souhaits."

"Merci beaucoup, votre altesse royale," répondit le supporteur des Bear. "Par gratitude pour votre bonté, mon premier souhait est que vous ne me donniez non pas 20 mais 100 coups de fouets."

L'admirant, le Cheikh lui dit "Vous n'êtes pas seulement quelqu'un d'honorable et fort, mais vous êtes aussi très courageux." Puis il lui demanda "si donc c'est 100 coups de fouet que vous souhaitez, ainsi en sera-t'il. Et quel est votre second souhait?"

"Attachez le supporteur des Packer sur mon dos..."

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-- RÉPONSE À LA QUESTION BIBLIQUE DU JOUR :

Q. Qui était vêtu d'une tunique en poils de chameau?

R. Jean le Baptiste

Cfr Matthieu 3,4 :
"Jean portait un vêtement de poils de chameau et une ceinture de cuir autour des reins; il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage."

Bienheureux Theophylacte, Pere de l'EgliseBienheureux Théophylacte : "Jusque par son apparence externe, Jean les appelait à la repentance, car il était vêtu comme pour le deuil.
On dit que le chameau se situe quelque part entre l'animal pur et l'animal impur : il est pur parce qu'il rumine, mais il est impur parce que son sabot n'est pas fendu (Lévitique 11,1-8). Une autre raison en découle, c'est que Jean portait cette tenue en poils de chameau parce qu'il guidait vers Dieu tant le peuple Juif, qui apparaissait pur, que les Nations des païens, qui étaient impurs, et il était un médiateur entre l'Ancien et le Nouveau Testament.
'Et une ceinture de cuir autour de sa taille' – Tous les saints dans l'Écriture sont montrés avec les reins ceints, car ils oeuvraient sans cesse; mais l'imprudent et le glouton ne sont pas ceints, mais laissent leur tunique traîner jusqu'au sol.. Ou aussi, les saints ont leur ceinture parce qu'ils ont mortifié les désirs de la chair, car le cuir provient d'un animal mort. 'Et il se nourrissait de locustes et miel sauvage' – certains disent que 'locuste' fait référence à une sorte d'herbes; d'autres disent que c'est le fruit d'un arbuste sauvage, le caroubier. Le miel sauvage est produit par des abeilles sauvages, et on les trouve dans les arbres et rochers."

Note additionnelle : le mot grec dans le texte qui a été traduit par "locuste" est "akrides", "akris" au singulier. Le mot grec, comme en anglais et en français, a plusieurs significations, dont celle de l'insecte, la sauterelle. Comme le Bienheureux Théophylacte le mentionne ici, de par les écrits des saints Pères, il semble bien que "akrides" faisait référence à une sorte de plante ou d'herbe.
De plus, il y a une ancienne tradition Palestinienne disant que saint Jean le Baptiste mangeait les gousses d'un type de caroubier natif du Moyen Orient, arbre que l'on y trouve encore de nos jours. Ces gousses sont de grande taille, ont une forme qui ressemble à une sauterelle, et sont douces au goût. Traditionnellement, on appelle ces gousses "pain de saint Jean." Le caroubier se réfère à l'arbre à locuste, et ses gousses sont appelées "fèves de locustes."

Ceratonia siliqua ou "pain de saint Jean"pain de saint Jean ou gousse de caroubier, Palestine
http://toptropicals.com/pics/garden/m1/raznozw/ceratonia_siliqua3331.jpg

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--TESTEZ VOTRE Q.I. ORTHODOXE:

Q. Saint Grégoire de Nysse a écrit : "… Car la qualité de la sainteté est montrée non pas par ce que nous disons mais ____ ____ ____ ___ _____..."

R. 4. ... par ce que nous faisons dans la vie.

Saint Grégoire de Nysse :
"Si nous pensons vraiment au Christ en tant que notre source de sainteté, alors nous nous abstiendrons de quoi que ce soit de méchant ou impur, dans les pensées ou actions, et dès lors nous nous montrerons de dignes porteurs de Son Nom. Car la qualité de la sainteté est montrée non pas par ce que nous disons mais par ce que nous faisons dans la vie."

Chouette, il neige! (K9)

Elvis aime les balades, mais la neige, qu'il découvre enfin, ça c'est LE grand plaisir. Pas pour rien qu'on parle de "froid de loup".. Du coup, il a (un peu) arrêté de jouer à lancer en l'air les pavés de béton du jardin, ou les palettes en bois censées protéger le chemin d'accès contre les coulées de boues, et se met à la chasse aux flocons et aux mulots qui ont la mauvaise idée de tenter l'aventure dans notre jardin. Puis la balade, bien sage.

07 février 2007

P. Hopko : la Liturgie des saints Dons Présanctifiés (Quinisexte Canon 52)


Extrait de "The Orthodox Faith"
Par le protopresbytre Thomas Hopko

Comme nous l'avons déjà vu, la Divine Liturgie eucharistique n'est pas célébrée durant les jours de semaine dans l'Église Orthodoxe. Afin de soutenir les fidèles dans leur effort de Carême par la participation à la sainte Communion, la Liturgie des saints Dons Présanctifiés est célébrée. C'est un des antiques Offices de l'Église Orthodoxe. Nous en entendons officiellement parler dans les Canons du 7ème siècle, ce qui indique de toute évidence un développement à une date bien antérieure.
"Tous les jours du Grand Carême, à l'exception du samedi, du Jour du Seigneur, et du saint jour de l'Annonciation, il faut célébrer la Liturgie des Présanctifiés."
Canon 52 du Concile Quinisexte (692)

La Liturgie des Présanctifiés est un Office du soir. C'est la célébration solennelle des Vêpres, comprenant une distribution de la Sainte Communion. Il n'y pas de consécration des dons eucharistiques lors de la Liturgie des Présanctifiés. La sainte Communion est donnée avec des Dons eucharistiques sanctifiés le dimanche précédant durant la célébration de la Divine Liturgie (à moins, bien entendu, que la fête de l'Annonciation n'advienne); d'où le nom de "présanctifiés."

La Liturgie des Présanctifiés est célébrée les mercredis et vendredis soirs, bien que certaines églises peuvent ne la célébrer qu'un seul de ces jours. Elle est célébrée le soir, après une journée de préparation spirituelle et d'abstinence complète. Cependant, les fidèles qui ne sont pas capables d'accomplir l'effort du jeûne complet du fait de faiblesse ou de travail, prennent normalement un léger repas carémique tôt le matin.
Pendant le chant des Psaumes des Vêpres, les Dons Présanctifiés sont préparés pour communier. Ils sont transférés de l'Autel où ils avaient été mis en réserve depuis la Divine Liturgie, et sont placés sur la table d'oblation. Après l'hymne du soir, les lectures de l'Ancien Testament – Genèse et Proverbes – sont lues, et pendant ces lectures, le célébrant bénit l'assemblée agenouillée avec un cierge allumé et les paroles : "La Lumière du Christ illumine tous les hommes!", signifiant par là que toute sagesse est donnée par le Christ dans l'Église à travers les Écritures et les Sacrements. A l'origine, cette bénédiction s'adressait aux catéchumènes – ceux-là même qui s'apprêtaient à être baptisés le jour de Pâques, et qui n'assistaient à l'Office que jusqu'au moment de la Communion pour les fidèles.

Après les lectures, le Psaume vespéral, Ps. 140, est à nouveau chanté avec solennité pendant l'offrande de l'encens. Ensuite, après les litanies d'intercession et celles pour les catéchumènes – qui étaient jadis ensuite congédiés – les Dons eucharistiques présanctifiés sont portés en procession silencieusement et solennellement à l'Autel. Le chant d'entrée appelle les fidèles à la communion :
"Maintenant les puissances célestes (c-à-d les Anges) célèbrent invisiblement avec nous. Car voici que S'avance le Roi de gloire avec Son escorte, le Sacrifice mystique déjà accompli.Approchons-nous avec foi et amour pour devenir participants à la vie éternelle. Alléluia. Alléluia. Alléluia!"

Après la litanie et les prières, on chante le "Notre Père", et les fidèles reçoivent la sainte Communion, pendant que l'on chante le verset du Psaume 33 : "Goûtez et voyez combien le Seigneur est bon. Alléluia!" Les hymnes de post-Communion sont chantés, puis l'assemblée se sépare en chantant une prière à Dieu Qui "nous a fait connaître Ses jours très saints pour purifier nos âmes et nos corps des passions", afin qu'Il nous bénisse "pour combattre le bon combat, pour accomplir le chemin du jeûne, et pour parvenir à et adorer la sainte Résurrection" du Christ.

Traditionnellement, la Liturgie des saints Dons Présanctifiés est considérée comme étant l'oeuvre d'un pape de Rome du 6ème siècle, saint Grégoire le Grand. L'Office actuel est cependant de toute évidence une création liturgique inspirée de la Byzance Chrétienne.

06 février 2007

Saint Photius, plus "grand" que saint Amand ou saint Vaast? En quel honneur?!

Lorsque le calendrier de l'Église ne me proposa (imposa!) que les "Trois Hiérarques", j'ai estimé opportun et important de rappeler l'appauvrissement que ces choix, exclusivement byzantins, causaient à l'Église.
Bis repetita placet? Il semble bien que oui, parce que le calendrier prévoit des lectures spécifiques pour célébrer saint Photius dans la Liturgie, mais strictement rien pour "ceux d'ici", alors que nous vivons tous ici en Occident, y compris ceux qui ont une lointaine origine familiale en Orient. Ca doit changer : il y va de la catholicité de l'Église.

St Photios the Great - Patriarch of Constantinople
http://groups.google.be/group/alt.religion.christian.east-orthodox/msg/f98a2fe61e70ee82
nick cobb wrote:
> St Photios the Great - Patriarch of Constantinople
> Commemorated February 6

in Western Europe, today, [..] texte traduit :
En Europe occidentale, aujourd'hui, nous les Orthodoxes ont (et devraient avoir, catégoriquement) saint Amand, le grand Apôtre, équivalent à saint Colomban et autres apôtres "d'envergure continentale." Nul ne peut sous-estimer l'importance de saint Amand dans la formation de l'Orthodoxie occidentale. Il fut – bien entendu – un des merveilleux fruits de la "magna opera" de saint Colomban, les écoles monastiques de Luxeuil et Bobbio, qui avaient essaimé en tant de monastères et couvents vivant dans le même esprit, partout en Europe, hors desquels sortiront et par lesquels passeront nombre de grands saints, tant du clergé que laïcs.

Nous avons aussi saint Vaast (Gaston), le "catéchiste" de Clovis, d'importance majeure pour les pays des anciennes Gaules et terres Franques – Belgique, France, Suisse, Allemagne, Pays-Bas, Espagne. Pendant que sainte Clothilde, l'épouse de Clovis, priait beaucoup pour la conversion de son violent païen d'époux, saint Remi, qui avait la confiance du couple royal, parvint à ce que Clovis accepte saint Vaast auprès de lui, pour qu'il devienne son formateur spirituel, un saint Vaast qui était déjà alors un très grand saint. Tous ensemble, ils briseront la "grande muraille" et le fier Sicambre courbera la tête en face du Seigneur, brûlant ce qu'il avait adoré la veille, et adorant se qu'il avait brûlé.

Oui, vraiment, nos calendriers liturgiques ont besoin d'être mis à jour pour correspondre aux réalités de l'Histoire de l'Église, afin que les erreurs du premier millénaire ne soient pas à nouveau reproduites. L'erreur principale fut de REFUSER de VOIR "l'autre" grandissant en Christ, volontairement L'IGNORER. C'est ainsi que le vrai schisme commença, un éloignement volontaire. Et il est inutile de dire que ça commença en tout premier lieu en Orient, dans le monde hellénistique, avec leur mépris de tout ce qui était Syriaque et équivalent. Le mur culturel doit être vaincu pour guérir l'Église de l'intérieur. Et pour évacuer les faux schismes. Nous avons déjà assez de soucis avec les vrais..

JM

En bref : il ne faut pas remplacer saint Photius par saint Amand ou saint Vaast, il faut les y adjoindre. Avec le Christ, c'est "toujours plus", pas l'appauvrissement pour cause d'aveuglément culturel. Quand on aura commencé à lutter effectivement contre l'ethno-phylétisme, toutes les discordes habituelles entre évêques et patriarches Russes et Grecs trouveront facilement résolution. Ils ne se connaissent pas, comment s'aimer?...




icone de saint Photiusenluminure de saint Vaastenluminure de saint Amand

Saint Photius, saint Vaast, saint Amand, priez Dieu pour nous!

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4 février 2007, photos de la fête de la paroisse orthodoxe Heilige Amandus (Saint Amand), à Kortrijk (Courtrai, B), patriarcat de Constantinople, avec liturgie pontificale présidée par mgr Athenagoras (Peckstadt) :
http://www.flickr.com/photos/orthobel/archives/date-posted/2007/02/06/


Site internet de la paroisse :
http://heilige-amandus.myftp.org/