"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

10 mars 2007

Mais la Bible ne suffit-elle pas? (2 Pierre 1,20)


Ok, alors pourquoi pas une autre question, très valide en plus, qui est souvent posée dans les discussions à propos de la Tradition? Est-ce que la Bible ne suffit pas en et par elle-même sans le besoin de la moindre aide? Qu'en est-il de la doctrine de la "sola scriptura"?
Pour répondre à cette question, j'aimerais vous présenter un de mes héros préférés du passé de l'Église. Il s'appelle saint Vincent de Lérins, et il vécut et écrivit au 5ème siècle. Comme nous, il avait un amour profond et constant des Saintes Écritures. (N'est-ce pas honteux que nous les Chrétiens modernes nous assumons que nous sommes les seuls à être intéressés par la Parole de Dieu?) Voyez un peu comment il explique la manière de déterminer la véritable doctrine :

"J'ai souvent interrogé avec sérieux de saints érudits qui connaissaient la doctrine Chrétienne, demandant comment je pouvais distinguer la vérité de la Foi catholique (1) du mensonge de l'hérésie. Presque chaque fois, ils m'ont dit que si moi, ou n'importe qui d'autre, je voulais détecter l'hérésie, éviter les pièges posés par les hérétiques, et garder la vraie Foi, je devais, avec l'aide du Seigneur, renforcer ma propre confiance en ces 2 choses-ci :

1) L'autorité des Saintes Écritures;
2) La Tradition de l'Église.

A ce point, quelqu'un pourra vouloir demander : "puisque le Canon des Écritures est complet et plus que suffisant, quel besoin y-a-t'il de se joindre à l'autorité de l'interprétation que l'Église en donne?" Bonne question Mais il y a une réponse fort simple que nous connaissons tous si nous voulons bien réfléchir un moment: parce que vu la profondeur des Écritures, elles ne sont pas interprétées de la même manière par tous. L'un croit comprendre une chose dans un texte, et un autre pense que ça veut dire autre chose. Parfois il semble y avoir autant d'interprétations qu'il n'y a d'exégètes... Par conséquent, du fait des subtilités de toutes ces hérésies et doctrines incorrectes, nous devons formuler notre compréhension des écrits des Apôtres et des prophètes en harmonie avec les normes de l'interprétation ecclésiale et orthodoxe. (Paraphrase par le p. Jack N. Sparks du chapître 2 du "Commitorium")

En dehors du fait que ce passage est si pertinent pour notre époque contemporaine qu'il aurait pu avoir été écrit hier, l'ouvrage de saint Vincent est d'une importance vitale parce qu'il résume si parfaitement le besoin de la Tradition au cours d'une période ancienne de l'Église – plus ancienne même que saint Vincent lui-même. C'est à cause des innombrables hérésies cherchant à pervertir les Écritures que cette sainte Tradition était devenue si importante!

ANTIQUES HÉRÉSIES "SCRIPTURAIRES"
Remontons dans le temps, allons au premier siècle, et voyons un peu quelques unes des hérésies qui ont commencé à attaquer l'Église dès ses plus jeunes années. Comprendre ces hérésies c'est comprendre pourquoi l'Église, dès son commencement, a placé à un si haut degré d'importance le rôle de la sainte Tradition.
* Au première siècle, les Cérinthiens, un culte hérétique, enseignaient que le monde avait été formé d'une matière pré-existante, probablement par des anges. Jésus aurait entamé Sa vie comme un simple homme; la puissance divine serait descendue sur Lui lors de Son baptême, et L'aurait quitté avant la crucifixion.
* Eux aussi du premier siècle, les Ébionites enseignaient que Jésus n'était que le fils de Joseph et Marie. Le Saint Esprit serait venu sur Lui lors de Son baptême, mais pas avant.
* Au deuxième siècle, les Gnostiques prirent de l'importance. Ils enseignaient un large panel de doctrines philosophiques et pseudo-Chrétiennes, disant, entre autres, qu'il y avait une distinction entre le Dieu qui avait créé la matière, et l'Être Divin suprême et inconnaissable. Le monde était dès lors imparfait et non-spirituel. La véritable connaissance de Dieu ne pouvait être atteinte qu'à travers la "gnose" ou connaissance mystique.
* Toujours au 2ème siècle, les Marcionites enseignaient que le Dieu de l'Ancien Testament était différent du Dieu du Nouveau Testament. Jésus, qui n'avait pas vraiment eu un corps physique, humain, était venu pour renverser ce cruel dieu de loi et de violence.
* Au 3ème siècle, les Novatiens, une secte dure et légaliste, enseignait, partiellement, que l'âme humaine était préexistante, que l'âme de Jésus avait été unie à Jésus, le Verbe, quelque part dans le temps avant Son incarnation humaine.
* Encore au 3ème siècle, Sabellius enseignait que la Divinité ne consistait pas en 3 Personnes distinctes, mais qu'il n'y avait qu'une succession de modes ou d'opérations d'une même Personne.
* Au 4ème siècle, l'infâme hérétique Arius enseignait que le Fils n'était pas égal au Père ou de même substance que le Père.
Quelle soupe! Et ce n'est qu'une petite partie des enseignements d'une petite partie des antiques hérésies. En dehors du fait que certains de ces groupes divergeaient quand aux livres qu'ils croyaient former l'Ancien et le Nouveau Testament, savez-vous le point que tous avaient en commun? Comme les Mormons et les Témoins de Jéhovah de nos jours, ils affirmaient tous de manière catégorique que leurs vues bâtardes, c'était ça le véritable enseignement de l'Écriture!

METTONS LES CHOSES AU CLAIR
Dieu merci, depuis le début même de l'Église, dès l'époque des Apôtres eux-mêmes, les véritables héros de notre Foi ont combattu bec et ongles de telles perversions. Aucun, pas un seul d'entre eux, ne croyait que la Bible avait besoin d'une aide, d'un complément, pour devenir quelque part la Parole de Dieu. Vu les innombrables hérésies attaquant l'Église depuis le début, chacune d'entre elle utilisant l'Écriture pour rendre ses prétentions plus plausibles – selon les mots de saint Vincent, les hérétiques saupoudrent le parfum du langage céleste sur leurs doctrines, parce qu'ils sont "bien conscients que le parfum diabolique de leurs doctrines ne sera jamais accepté sur ses vapeurs nauséabondes sont libérées sans être cachées") -, c'étaient les Chrétiens sincères qui avaient besoin de l'aide – désespérément. Il fallait qu'il y ait un moyen de distinguer la vérité de l'erreur en ces années de formation cruciales pour l'Église. Une chose ne fonctionnerait pas, c'était certain : laisser chacun tirer ses propres conclusions concernant ce que la Bible voulait vraiment dire! Un des points de références les pus anciens et les plus importants que les premiers Chrétiens utilisaient pour déterminer les points essentiels de la véritable doctrine, c'était leurs formules baptismales.
Qu'est-ce que les catéchumènes venant pour recevoir le Baptême Chrétien proclamaient croire? Face à tout cet amoncellement de fausse doctrine, qu'étaient les points essentiels de la Foi salvatrice et biblique de l'Église? Les formules baptismales – concises, des déclarations de foi soigneusement composées (tel le Symbole des Apôtres, dont les racines remontent au 2ème siècle) - devinrent parmi les plus anciennes formes de Tradition [2]. Elles étaient la manière de l'Église pour protéger les nouveaux catéchumènes qui venaient chercher le Salut en Christ. Du fait de ces Credo baptismaux, l'Église était à même de dire "ceci sont les points essentiels de l'enseignement apostolique. C'est ainsi que les véritables Chrétiens comprennent les Écritures en ce qui concerne les points de foi d'importance vitale. Voici ce que vous devez croire pour être un Chrétien."
Je n'ai tout simplement pas la place dans le cadre de ce petit livret pour expliquer plus en profondeur l'histoire de la Tradition dans l'ancienne Église [3]. Cependant, je dirais qu'une des études les plus gratifiantes que j'aie entreprise de toute ma vie c'était d'examiner les enseignements d'hommes tels Irénée de Lyon, Tertullien, Hilaire de Poitiers, Athanase le Grand et Basile le Grand concernant ce sujet. Étant un de ceux "nés après la Bombe", quelqu'un dont la seule expérience d'interprétation biblique a été celle du vacarme contemporain d'opinions conflictuelles et contradictoires, cette étude a été comme la découverte d'une magnifique oasis au milieu d'un désert aride. J'avais enfin trouvé des hommes pieux qui étaient d'accord sur les points essentiels d'interprétation!
Je vais aussi dire en guise de conclusion que pour ces hommes, et en fait pour tous les grands héros de l'Église des temps anciens, les Écritures n'ont jamais été considérées comme quelque chose qu'il fallait décomposer et interpréter en les isolant de l'Église. Ca, c'est ce que faisaient les hérétiques. Pour les premiers Chrétiens, la Bible était le plus naturellement du monde comprise dans le contexte de l'Église, cette communauté de croyants, tant les vivants que les morts, qui croyaient, enseignaient, et plus important, célébraient en accord avec ce que les Apôtres avaient reçu du Seigneur Lui-même. Pour les premiers Chrétiens, cette sorte de fidèle tradition, cette "Règle de Foi", telle était l'interprétation de l'Écriture.

*-*-*-*-*-*-*-*
Notes de traduction.
[1] concernant le terme "catholique": il est capital de se souvenir que ce mot n'avait pas le sens confessionnel qu'il a pris au 16ème siècle, et ne désignait donc pas le vatican et ses dépendances, mais l'Église, dont le vatican ne fait bien entendu pas partie, ce groupe-là n'ayant été fondé officiellement qu'en 1014, soit près d'un millénaire après l'Église. Que ça plaise ou non, que ça fasse rire ou non, peu importe, les faits sont les faits, et les faits sont têtus. Bis repetita placet, je rajouterais que les textes anciens ont beaucoup de vocabulaire qui pose problème de traduction si on pense pouvoir traduire en faisant appel à la signification moderne de ce vocabulaire. Seule l'Église donne le sens au vocabulaire, qui sinon perd toute *permanence*, ce qui retire sa "lisibilité" à tout texte ancien. Et l'Église enseigne ce vocabulaire en son sein, et en contexte. Et uniquement elle et uniquement aux fidèles. Hors de l'Église, nul ne saurait comprendre vraiment ce que signifie l'enseignement du Christ transmis par les saints Apôtres et ceux à qui ils ont passé le flambeau.
"In ipso Catholica Ecclesia magnopere curandum est ut id teneamus quod ubique, quod semper, quod ab omnibus creditum est!"

[2] Mais ne formaient pas le tout : les premières années de l'Église, la prédication évangélique était exclusivement orale, la transmission (= "tradere", en latin, d'où "tradition") de tout l'enseignement apostolique s'est progressivement répandue dans le monde romain mais oralement. Quand saint Paul prêchait aux Corinthiens, il ne leur avait pas encore écrit les 3 épîtres (dont 2 subsistent, la première mentionnant cette 3ème, perdue) qui font partie du corpus du Nouveau Testament. La prédication ne se passait donc pas avec une Bible imprimée dans sa sacoche et sa petite liste de "confessions" ou de questions-réponses établie en Allemagne, États-Unis ou Corée du Sud, si vous voyez ce que je veux dire.

[3] Ceci fera l'objet de 2 articles de fond sur ce blogue dans les semaines à venir, a Deo permissum (pas certain de ma conjugaison!!)

Éventuellement, voir ces 2 articles non-orthodoxes sur le sujet (d'une revue catholique-romaine traditionnelle) :

L'enracinement des articles du Symbole des Apôtres dans le Nouveau Testament (un rappel montrant point par point que strictement tout provient du NT) :
http://www.amdg.be/pn/pn93-3b.html

Le Symbôle des Apôtres, légende et vérités (histoire de sa formulation et des légendes qui l'ont entourée)
http://www.amdg.be/pn/pn91-3a.html

08 mars 2007

P. Schmemann: Orthodoxie, juridictions et canonicité en Occident

http://groups.google.com/group/alt.religion.christian.east-orthodox/browse_thread/thread/5c45edcf22f114db/c79017bc6f32b764
Nous enseignons à nos enfants d'être "fiers" de l'Orthodoxie, nous nous félicitons mutuellement sans arrêt à propos de toutes sortes d'événements historiques et réussites, nos publications religieuses distillent un triomphalisme et un optimisme presqu'insupportables, et cependant si nous étions vrais par rapport à l'esprit de notre foi, nous devrions nous repentir "dans le sac et la cendre", nous devrions pleurer nuit et jour à propos de l'état affligeant et tragique de notre Église.

Si la "canonicité" n'est pas autre chose qu'une autosatisfaction pharisaïque et légaliste, si elle a quoi que ce soit à voir avec l'esprit du Christ et la Tradition de Son Corps, l'Église, nous devons ouvertement proclamer que la situation dans laquelle nous vivons est non-canonique à l'extrême, quelles que soient les justifications et raisons que chacun trouve pour sa "position." Car rien ne saurait justifier la cruelle vérité : notre Église est divisée. Certes, il y a toujours eu des divisions et des conflits entre Chrétiens. Mais pour la première fois dans l'histoire, la division appartient à la structure même de l'Église, pour la première fois, la canonicité semble étrangement déconnectée de son "contenu" fondamental et de son but – assurer, exprimer, défendre et accomplir l'Église en tant qu'Unité divinement donnée – en d'autres termes, pour la première fois, on semble trouver normal une multiplicité de "juridictions."

En vérité, nous devrions nous réveiller et être horrifiés de cette situation. Nous devons trouver en nous-mêmes le courage d'y faire face et de la repenser à la lumière de l'authentique doctrine et Tradition Orthodoxe, peu importe ce que cela coûtera à nos insignifiantes préférences humaines. Car à moins que d'abord, nous admettions l'existence du problème canonique et ensuite, nous mettions toute notre intelligence et énergie pour y trouver une solution, la décadence de l'Orthodoxie commencera – malgré ces églises coûtant des millions de dollars et ces autres magnifiques "installations" dont nous sommes à juste titre si fiers. "Car voici venir le moment où va commencer le Jugement, par la Maison de Dieu. Or, s'Il commence par nous, quel sera le sort de ceux qui sont infidèles à l'Évangile de Dieu?" (1 Pierre 4,17)...

saint Maxime le Confesseur, icone en noir et blanc, fete 21 janvierLorsqu'on lui rapporta que tous les patriarches étaient tombés d'accord avec le patriarche de Constantinople pour dire que le monothélisme était une doctrine Orthodoxe, saint Maxime le Confesseur refusa d'accepter cet argument comme étant un critère décisif de vérité. In fine, l'Église canonisa saint Maxime et condamna les patriarches. De la même manière, si demain tous les patriarches se mettent d'accord et proclament dans un "tomos" solennel que la meilleur solution pour l'Orthodoxie en Occident, c'est de rester divisée en autant de juridictions, cette décision ne rendra pas notre situation canonique et cela, pour la simple raison qu'elle ne se conformerait pas à la tradition canonique ou vérité de l'Église.

Car le but et la fonction de la hiérarchie est précisément de conserver la tradition pure et inaltérée dans toute sa plénitude, et si ou quand elle sanctionne ou ne fut-ce que tolère quoi que ce soit de contraire à la vérité de l'Église, elle se place elle-même sous la condamnation des Canons...

... L'Église ne saurait être réduite à des "juridictions." Elle est un organisme vivant et sa continuité est précisément celle de la vie. La fonction de l'épiscopat et du "pouvoir" en général est de préserver, défendre et exprimer cette continuité et cette plénitude de vie, mais c'est une fonction au sein de l'Église, pas au dessus de l'Église. Le ministère du pouvoir ne crée pas l'Église mais est créé par Dieu au sein de l'Église, qui est ontologiquement antérieure à toutes les fonctions, charismes et ministères. Et la "juridiction", quand elle est séparée de la véritable continuité de l'Église, peut devenir, et en fait bien souvent devient un principe de discontinuité et de schisme..

Texte intégral (en anglais) :
http://www.jacwell.org/Fall_Winter99/Fr_Schmemann_The_canonical_problem.htm

07 mars 2007

TJ : les vacances de l'anti-déification

http://www.sfaturiortodoxe.ro/orthodox/orthodox_advices_hieromonk_savatie_the_holiday_of_undeinfication.htm
Les vacances sont le sourire d'une nation. Il y a cependant des sourires sincères et des sourires forcés. Chaque peuple a certaines vacances qui le caractérisent. Parmi elles, les vacances à contenu religieux tiennent une place particulière.
En République de Moldavie, c'était déjà devenu une tradition que chaque été, le "Congrès des Témoins de Jéhovah"se réunisse. Apparemment, c'est un congé religieux. Les membres de cette organisation l'appellent même chrétienne. Cependant, ces gens nient la divinité du Christ, ne Le considérant que comme une créature supérieure. Et alors ça devient un véritable dilemme : dans le cas où Christ ne serait pas Dieu, à quoi ça rimerait de célébrer le "Dieu d'Israël" autrement que les Juifs ne le faisaient?
Pour nous Chrétiens, la seule raison pour célébrer est de recevoir la radieuse immortalité, apportée par la mort du Christ, la déification de la nature humaine. "Que les Cieux se réjouissent"chante l'Église chaque dimanche – "et que la terre soit dans l'allégresse, car le Seigneur a montré la puissance de Son règne : Il a vaincu la mort par la mort, et est devenu le premier-né d'entre les morts. Il nous a délivrés des profondeurs de l'Hadès, et a accordé au monde abondante Miséricorde."La joie est particulièrement causée par la retrouvaille de la ressemblance divine, par le Christ : "Danse, Adam, et réjouis-toi avec, Eve, car les vêtements que vous portiez il y a longtemps en Paradis, à présent décomposés, et que vous espériez voir rétablis, Celui Qui vous a créé les a pris sur Lui et les a miraculeusement restaurés, et vous a de même relevés en ce jour, et vous ayant assis avec le Père, par là même, Il vous a honorés" (Pentecôte, semaine 7 après Pâques, mercredi : Vêpres, stichères 2).

La divine Nature S'unissant à la nature humaine, d'une manière inséparable etvictimes des temoins de jehovah sans mélange à travers la Personne du Christ, dans le Mystère de l'Incarnation, honora cette nature humaine de sorte que "La nuée des Anges fut effrayée de voir la nature humaine déchue placée sur le siège Paternel" (Octo., voix 8, dimanche : Canon de la Croix et de la Résurrection, ode 1, stich. 2). Le dogme de l'Incarnation de Dieu exposé par les Pères du Premier Synode Oecuménique (325) est très simple : "Sans cesser d'être Dieu, Il commença à être homme."
Si le Christ n'est pas [à la fois] parfaitement Dieu et parfaitement homme, les 2 natures en la même Personne, sans confusion et inséparables, alors Sa venue a été inutile. La signification de la venue du Christ n'était pas uniquement pour prêcher l'Évangile, comme le disent les Témoins de Jéhovah, car Dieu aurait simplement pu continuer à proclamer à travers des Anges, comme Il l'avait fait dans l'Ancien Testament. Se sacrifier Lui-même sur la Croix? Mais si le Christ n'est pas Dieu, alors est-ce cela ne signifierait pas que Dieu le Père aurait cruellement assisté à la mort de Son Fils unique, et puis, pour cela, aurait pardonné les péchés du monde? Dieu le Père aurait pardonné l'humanité pour le
simple fait d'avoir commis le plus abominable crime? Comment Dieu, Qui est Amour (1 Jean 4,8-16) - et aimer signifie "donner sa vie pour son prochain"(Jean 15,13) - pourrait ne pas avoir accompli ce commandement, préférant au contraire sacrifier la vie de quelqu'un d'autre? En un mot, si le Christ n'est pas Dieu, alors la Bible est l'histoire la plus sadique du monde.
Il est Celui Qui "quoiqu'Il fût de condition divine, ne S'est pas prévalu de Son égalité avec Dieu; mais S'est anéanti Lui-même en prenant la condition d'esclave et Se faisant pareil aux hommes."Afin que cette citation de l'Apôtre Paul (Philippiens 2,6-7) et les autres dont le Nouveau et l'Ancien Testament regorgent, ne donnent pas l'impression de polythéisme, il est nécessaire
d'accepter le dogme de la Sainte Trinité, du Dieu Un en trois Personnes, d'une seule Essence et inséparable : le Père, le Fils et le Saint Esprit, que l'Écriture appelle de multiple noms, par exemple Seigneur Tout Puissant ou Yaweh.
Dès lors, de vendredi à dimanche, la semaine dernière, au stade municipal, on a pu observer une sorte de "joyeuse lamentation."Les gens qui y étaient rassemblés célébraient avec beaucoup de ferveur la non-déification de la nature humaine. Ils tentaient, par des discours passionnels, de bannir Dieu hors de l'Histoire, parce que, d'après ce que croient ces "Témoins", Dieu a terminé Sa mission une fois qu'Il est monté aux Cieux, et ne sait plus être présent dans leur tradition millénariste. Ils ont célébré le triomphe des magazines pleins de couleurs et de kitsch sur le génie Chrétien, dont nous avons extrait les citations ci-dessus. Dans ces magazines, vous ne trouverez jamais de telles perles, où un être exprime son amour pour un autre être, transfiguré par le contact le plus direct de Dieu : "Telle une rose des vallées, Ô Toute Pure, telle un lys au doux parfum, notre Créateur, le Seigneur, te connaissant, aima ta beauté, Ô Toute Pure, et à présent va S'incarner de ton sang, afin de chasser par la bonté la pestilence de la tromperie." (Menées du 24 mars, Ode 8, stich. 3).

FLUX, 10 Juillet 2001

Hiéromoine Savatie Bastovoi,

Église Orthodoxe, Patriarcat de Roumanie

06 mars 2007

P. Hopko: Hagiographie et doctrine


La doctrine de l'Église s'incarne dans les vies des saints, les croyants véritables. Les saints sont ceux qui partagent littéralement la sainteté de Dieu. "Soyez saints, car Moi, Je suis Saint" (Lévitique 11,44; 1 Pierre 1,16). Les vies des saints attestent l'authenticité et la vérité de l'Évangile Chrétien, don certain de la sainteté de Dieu aux hommes.

Dans l'Église, il y a différentes catégories de saints. En plus des saints pères [et mères; ndt] qui sont tout spécialement glorifiés pour leur enseignement, il y a de nombreuses catégories de diverses sortes de saintes personnes d'après les aspects particuliers de leur sainteté.

Nous avons ainsi les apôtres qui ont été envoyés pour proclamer la Foi Chrétienne, les évangélistes qui ont annoncé et même écrit les Évangiles, les prophètes qui sont directement inspirés pour proclamer la Parole de Dieu aux hommes. Il y a les confesseurs, qui souffrent pour la Foi, et les martyrs qui meurent pour elle. Il y a aussi les saint(e)s que l'on trouve parmi les moines et moniales; et les "justes", qui sont des laïcs.

De plus, les livres liturgiques ont des titres spéciaux pour les saints que l'on trouve parmi le clergé ordonné et pour les saints dirigeants et chefs d'états. Il y a aussi cette apparemment curieuse catégorie des "fols-en-Christ"; ce sont ceux qui, par leur dédain intégral face à tout ce que les gens considèrent comme nécessaire – vêtements, nourriture, argent, maison, sécurité, réputation publique, etc – ont été capables de rendre un témoignage sans compromis à l'Évangile du Christ qu'est le Royaume des Cieux. Ils tirent leur nom d'une citation de l'Apôtre Paul : "Nous sommes fous pour l'amour du Christ" (1 Cor 4,10; 3,18).

Il existe quantité de livres sur les vies des saints dans la Tradition Orthodoxe. Ils peuvent être utilisés avec profit pour découvrir la signification de la Foi et vie Chrétiennes. Dans ces "vies", la vision Chrétienne de Dieu, de l'homme et du monde apparaît très clairement. Du fait qu'une partie de ces ouvrages ont été rédigés à des époques fort différentes de la nôtre, il est nécessaire de les lire avec soin et prudence, afin de distinguer les points essentiels des secondaires, et parfois des embellissements artificiels voire fantaisistes qui y sont souvent présents. Par exemple, au Moyen-Âge, il était habituel de modeler les vies de saints d'après des oeuvres littéraires d'époques antérieures, et même de déguiser les vies de saints moins connus en les faisant ressembler à celles de saints plus anciens d'une même catégorie. On avait aussi l'habitude d'ajouter de nombreux détails, en particulier surnaturels et des faits miraculeux les plus extraordinaires afin de rendre plus crédible encore la sainteté du personnage, pour donner plus de force à sa bonté et vérité spirituelle, et pour encourager les auditeurs et les lecteurs à imiter ses vertus. Dans nombre de cas, le miraculeux est ajouté pour faire ressortir avec plus d'éclat la droiture morale et la pureté du saint à la face de ses détracteurs.

En règle générale, dans les vies des saints, il n'est pas difficile de distinguer le noyau sain de vérité d'une part, et les additions faites dans un but de piété qui ont été ajoutées dans l'enthousiasme des temps postérieurs; et l'effort mérite d'être fait pour saisir le message essentiel contenu dans ces vies. De plus, le fait qu'aux temps médiévaux, des embellissements de nature miraculeuse aient été rajoutés à ces vies de saints pour les besoins de l'édification, de la distraction et même parfois de l'amusement, cela ne doit pas conduire à la conclusion que tous les faits miraculeux présents dans les vies des saints ne sont qu'inventés dans un but littéraire ou moralisateur. Au contraire, une lecture attentive des vies des saints révélera presque d'office ce qui est authentique et vrai dans le domaine du miraculeux. De plus, il a été dit à juste titre que l'on peut en apprendre presqu'autant à propos de la signification réelle du Christianisme dans les légendes de saints qui se sont formées au sein de la Tradition de l'Église qu'en étudiant les vies authentiques de ces saints.
p. Thomas Hopko, doyen du Séminaire Saint-Vladimir

Icone de tous les saints d'Amerique
Quelques notes de traduction que ce texte m'inspire.
a) exagérations, jugement historique, etc : parmi les nombreuses maladies spirituelles dont souffre l'Occident depuis qu'il a commencé à rejeter l'Église il y a un millénaire déjà et l'a remplacée par des ersatz conformes à l'esprit du monde, il y a ce pseudo rationalisme qui fait mépriser les vies de saints comme catalogue d'histoires "pour bonnes femmes" (la misogynie est aussi la norme des fausses libérations), "à dormir debout" (ils préfèrent se vautrer devant la télé), ou "indignes d'un esprit moderne, adulte" (mais ils gobent tout ce que les media et les films de SF leur pondent).
On se gausse souvent sur le manque d'objectivité de tel ou tel chroniqueur ancien, et on juge avec beaucoup de superbe les auteurs, surtout Chrétiens, dès lors que tel ou tel détail, vu d'ici et avec peu d'informations aux mains des critiques, ne serait pas exact, ou imprécis. Que l'on me trouve la MOINDRE biographie d'une personnalité du 20ème siècle qui soit parfaitement objective et ne contienne que la stricte vérité, et rien d'autre. On juge bien vite les anciens, pensant être sur un piédestal. Si on baissait un peu la tête, on verrait qu'en réalité, nous sommes enfoncés dans la fange jusqu'à la poitrine.

b) miracles : le rationalisme vivace hors de l'Église est aussi présent à divers niveaux dans les groupes Chrétiens de diverses dénominations qui ne sont pas en communion avec l'Église. C'est assez surprenant. Comment peut-on croire au Christ d'une part, et de l'autre estimer qu'il faille Le limiter dans Sa capacité d'action sur terre? J'avoue ne pas comprendre. Je n'ai pas eu besoin de miracles devant moi pour croire, mais après, j'en ai vu.. C'est d'ailleurs ainsi que cela se passait avec le Christ, Qui n'était pas un illusionniste vendant des tours pour épater la foule : Il voulait amener à la confiance dans le respect total du libre-arbitre de la personne humaine.

c) légende : vient du latin "legenda", "ce qu'il convient de lire". C'est aussi ainsi qu'on appelle le petit texte qui se trouve en-dessous d'une photographie, dans un livre. La langue française a hélas mal évolué dans certains domaines – je ne vise pas l'appauvrissement dans son usage général, et les 500 mots de vocabulaire (largement "franglais") qu'atteignent avec difficulté une majorité des gens de nos pays, déculturés par les doses massives de télévision. Je vise la qualité de la langue. Les changements de signification de certains termes n'ont pas été le fruit d'une christianisation de la langue. D'où le glissement gênant. Ce qui fait qu'un "legenda" qui n'avait rien de négatif auparavant est à présent relégué au rang de synonyme de "mythe"..

chantres caroligiens, enluminure, au temps de saint ChrodegangPublié en la fête de saint Chrodegang, né et élevé à Liège, formé à l'abbaye de Sint-Truiden (Saint Trond, Limbourg belge) avant de devenir évêque métropolitain de Metz, liturge et père du plain-chant occidental orthodoxe, chant Messin qui sera appelé par la suite "chant grégorien" en l'honneur de saint Grégoire le Grand.vitrail de saint Chrodegang, pere du chant Messin, dit chant gregorien

05 mars 2007

Prière syriaque: une méditation de la Consécration eucharistique

http://southern-orthodoxy.blogspot.com/2007/02/syriac-prayer-pt-7.html

Crée des yeux en mon fors intérieur, afin que je puisse voir avec Tes yeux,
Car je ne sais pas voir avec mes propres yeux.

Puisse mon esprit voyager intérieurement
Vers les profondeurs cachées de Ton sacrifice,
Alors que Tu es venu à découvert
Et as été joint à Tes Mystères.

A ce moment-là
Puissai-je être entièrement oublieux de moi-même,
Et demeurer totalement inattentif
A ma propre personne.

Puisse toute image matérielle
Etre évacuée du regard de mon esprit,
Et puisse-Tu, Toi seul,
Etre dépeint devant les yeux de mon esprit.

Et maintenant que Ton Esprit descend du Ciel
Sur Tes Mystères,
Puissai-je monter en esprit de la terre jusqu'au Ciel.


Prières de Joseph le Visionnaire, in "The Syriac Fathers On Prayer And The Spiritual Life," traduit de l'original syriaco-araméen par Sebastian Brock, Cistercian Publications

Voir cette autre prière :
Prière syriaque, Joseph le Visionnaire: prière avant la sainte
Communion

04 mars 2007

Dimanche de saint Grégoire Palamas

Second Dimanche du Grand Carême – de saint Grégoire Palamas (1296-1359)
http://groups.google.be/group/alt.religion.christian.east-orthodox/msg/13dcbf917cb5ebcc

Extrait du "Synaxarion of the Lenten Triodion and Pentecostarion", HDM Press. Saints Peter and Paul Bulletin, March 23, 2003

icone orthodoxe de saint Gregoire PalamasEn ce dimanche.. nous célébrons la mémoire de notre père parmi les saints, Grégoire Palamas, archevêque de Thessalonique et thaumaturge. Notre saint père Grégoire naquit dans la ville impériale de Constantinople. Le père de Grégoire décéda alors que le saint était encore fort jeune; mais sa mère continua de l'élever, lui et ses frères et soeurs, dans la Loi du Seigneur, les instruisant dans les divines Écritures et les règles de bonne conduite. Elle s'arrangea pour qu'ils puissent avoir de bons enseignants..

Grégoire dédaignait tout ce qui était mondain comme étant un rêve trompeur – et souhaitait être foncièrement attaché à Dieu, la source pure de toute sagesse – à l'âge de 12 ans, il résolu d'entrer dans la vie monastique... Avec le temps, sa mère finira par se réjouir dans le Seigneur pour ce désir de Grégoire et le suivra en embrassant à son tour la vie monastique; de plus, avec l'aide de Dieu, elle persuadera tous ses autres enfants à faire de même.. Après avoir laissé sa mère et ses soeurs dans un couvent, il partira avec ses frères vers la sainte montagne de l'Athos où ils demeureront dans un des monastères. Là, il s'est soumis dans la parfaite et totale obéissance à un homme merveilleux, parfaitement saint, nommé Nicodème... Sous sa guidance, Grégoire avancera dans les vertus, et pour cela, la très sainte Mère de Dieu lui apparaîtra, le recevant sous sa protection et lui promettant d'être sa médiatrice.

[Par la suite, il] s'installa dans le désert, où il mena la plus rude des vies, brûlant d'un amour sans limite pour Dieu, à Qui il s'attacha de tout son être. C'est ainsi qu'il réussit à surmonter tous les pièges des démons et fut gratifié de divines révélations. Dieu lui accorda le don de guérison des âmes et des corps des infirmes et le don d'accomplir des miracles.

Grégoire ... fut élevé à la prêtrise. Il célébra les divins Mystères comme un Ange du Seigneur, et ceux qui le voyaient célébrer la Liturgie en étaient renversés, pleins de componction et de larmes. Nombre d'hommes saints s'émerveillèrent de sa vie vertueuse et commencèrent à l'appeler "théophore", "exorciste des démons", "celui qui fait porter du fruit aux arbres morts", et "saint prophète." Cependant, Grégoire était encore soumis à nombre d'épreuves et de tentations, conformément aux paroles des divines Écritures : "tous ceux qui voudront vivre pieusement dans le Christ Jésus auront à subir la persécution" (2 Tim. 3,12). Il endura toutes choses, cependant avec cette joie que la mise à l'épreuve de sa foi était, comme le disait l'Apôtre Pierre, "plus précieuse que l'or périssable que l'on ne laisse pourtant pas d'éprouver au feu tourne à votre louange, à votre honneur et à votre gloire, lorsque Jésus Christ se manifestera" (1 Pierre 1,7).

saint Gregoire Palamas, livre sur la deification de l'etre humain, editions Age d'HommeDurant 23 ans, Grégoire supportera courageusement d'innombrables peines et attaques qu'il aura à souffrir de la part des hérétiques haïssant Dieu.. il y eut à cette époque.. l'hérétique Barlaam de Calabre, qui avait commencé à livrer une féroce bataille contre l'Église. [Barlaam enseignait que la "raison" était plus grande que la grâce de Dieu, que les philosophes étaient plus grands que les Apôtres, et que la grâce (ou "énergies") de Dieu qui nous était donnée était de nature créée. Saint Grégoire enseigna fort justement en réponse à cela que la grâce de Dieu qui peut parfois être vue par les saints (la Lumière Incréée) – bien que n'étant pas participation à "l'essence" ou nature interne de Dieu – est véritablement l'énergie incréée et la grâce du Saint Esprit qu'Il partage avec Sa Création]. Le bienheureux Grégoire.. fut nommé pour représenter l'Église de Constantinople au concile convoqué par le pieux empereur Andronicus Paléologue. Lorsque Barlaam paru devant ce concile avec ses disciples, vomissant ses flots d'accusations contre les Orthodoxes et les tournant en ridicule, le grand Grégoire, revêtu de l'invincible puissance céleste, ouvrit ses lèvres et balaya d'un trait toute l'hérésie comme la poussière de la face de la terre. Barlaam fut incapable de supporter sa disgrâce, dès lors celui qui salissait la piété, le schismatique, s'enfuit en Occident, d'où il était venu. Ensuite paru un second hérétique, Acindynus.. un autre concile fut convoqué, et saint Grégoire prédomina sur Acindynus au cours du débat devant les pères rassemblés, pulvérisant l'ivraie de l'enseignement de l'hérétique par ses paroles divinement inspirées. Malgré ça, les disciples de ces hérétiques, qui étaient durs de coeur, continuant à batailler contre l'Église de Dieu, dès lors, tous les évêques, le clergé et l'empereur lui-même obligèrent saint Grégoire à accepter le rang d'archevêque. Le saint monta sur le trône épiscopal de la sainte Église de Thessalonique et en devint le pasteur...

Un jour que le saint et merveilleux Grégoire... effectuait le voyage de Thessalonique vers la ville impériale, afin de s'assurer que l'empire Chrétien resterait inébranlable, il fut capturé par les Turcs. Selon les terribles jugements de Dieu, il demeura leur captif un an durant.. Grégoire fut forcé de voyager de lieu en lieu et fut vendu de ville en ville, car telle était la volonté de Dieu qu'il puisse prêcher l'Évangile du Christ tel un Apôtre, confirmant les Orthodoxes et leur enseignant à tenir bon.. Il eut aussi des controverses avec les Musulmans.. Certains parmi ceux avec qui il débattu s'émerveillèrent de sa sagesse et de la grâce qui s'écoulait de ses lèvres, mais d'autres battirent le saint avec cruauté et l'auraient volontiers tué.. Pour finir, une demande de rançon pour le saint fut adressée.. et payée par un fervent Chrétien [et il] retourna auprès de son troupeau dans les honneurs.

Saint Grégoire .. était orné d'innombrables vertus divines, entre autres la douceur, le calme et l'humilité. Cependant, il n'hésitait jamais à adresser des reproches aux ennemis de Dieu.. Il ne gardait rancoeur contre personne.. rendant le bien pour le mal.. il ne prêtait pas attention à ceux qui lui racontaient comment ses ennemis le calomniaient, et.. considérait la faim et la soif comme satiété, la pauvreté comme richesse, l'affliction et la tribulation comme joie, et la moquerie et la persécution comme honneur et gloire. [Après avoir guidé son troupeau 30 ans durant] saint Grégoire rendit son esprit entre les mains du Seigneur et rentra dans la vie céleste. De nos jours, ses saintes reliques se trouvent dans la cathédrale dédiée à sa sainte mémoire à Thessalonique, Grèce. Saint Grégoire a été glorifié comme saint en 1368.

Thessalonique, cathedrale de Saint Gregoire Palamas
Thessalonique, cathedrale de Saint Gregoire Palamas
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III. Le Dimanche de Grégoire Palamas
http://groups.google.be/group/alt.religion.christian.east-orthodox/msg/7e9842c20196128d
Grégoire Palamas est né en 1296. Il était originaire d'Asie Mineure mais par la suite, chassé par les Turcs, il vint à Constantinople. En 1316, Grégoire décida de devenir moine. Il partit pour le Mont Athos où il demeura les 20 années suivantes. Au 14ème siècle, le Mont Athos était le centre de tout le monachisme Orthodoxe.
Depuis 1368, le deuxième dimanche du Grand Carême a été voué à la mémoire de saint Grégoire Palamas, archevêque de Thessalonique (1296-1359).

Méditations de saint Grégoire : sa défense de l'hésychasme

1. En Christ l'homme reçoit le pouvoir de devenir esprit.
"Lorsque la joie spirituelle descend de l'esprit dans le corps.. elle transfigure le corps, le spiritualise. Car alors rejetant tous les mauvais désirs de la chair, il n'attire plus l'âme vers le bas mais s'élève à elle, l'homme entier devient esprit, comme il est écrit 'celui qui est né de l'esprit est esprit' (Jean 3,6,8)."

2. La "Connaissance de Dieu" (c-à-d Transfiguration) s'expérimente intérieurement.
"Cette connaissance est propriété commune de tous ceux qui croient en Christ... Le Christ vient dans la gloire du Père et.. dans cette gloire "les justes brilleront comme le soleil" (Mat. 13,43). Ils seront lumière et ils verront la Lumière, une vision sacrée et bienheureuse, qui est la part uniquement de ceux qui ont le coeur purifié."

3. La vie spirituelle est Christo-centrique.
"Dieu Se révèle Lui-même 'face à face'... Il S'unit à ceux qui en sont dignes comme à Ses propres membres, comme l'âme est unie au corps; Il S'unit Lui-même en venant demeurer en plénitude dans la totalité de leur être, de sorte qu'en retour, eux demeurent en lui; à travers le Fils, l'Esprit est répandu en abondance sur nous."

extrait de: http://www.assumptionscottsdale.org/Lent/Lent.htm
(site grec-orthodoxe hélas disparu)

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Textes liturgiques pour le 2ème dimanche du Grand Carême
http://forum-orthodoxe.com/~forum/viewtopic.php?t=1794

Archimandrite Ambroise Fontrier (+ 1991),
Homélie pour le Dimanche de saint Grégoire Palamas :
http://orthodoxie-libre.actifforum.com/

Pour voyager hors de ce climat maussade où chaque jour est pluvieux (excusez le pléonasme), voyez vite cette splendide page de photos d'églises en Grèce, avec des paysages d'une beauté à couper le souffle:
http://www.skyscrapercity.com/showthread.php?t=251042

icone contemporaine orthodoxe de saint Gregoire Palamas