"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

05 mai 2007

P. Alexander Men – Jésus et la Samaritaine


La conversation entre Jésus-Christ et la Samaritaine (Jean 4,6-38).

Au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit!

Dans l'Évangile de ce jour, nous entendons le récit de la rencontre de notre Seigneur avec une simple femme. Cette femme n'allait pas au Temple, ni à la prière, ni même n'était en chemin pour accomplir quelque bonne oeuvre. Elle allait simplement chercher de l'eau, comme des milliers de femmes dans tous les pays, et comme elle l'avait fait depuis ses jeunes années. Prenant sa cruche, elle
avait à marcher jusqu'au puits, qui se trouvait dans une vallée (ce puits existe encore de nos jours), y faire descendre sa cruche pour la remplir, et revenir en gravissant le chemin de montagne jusqu'à son village.
Bien qu'elle ne s'en serait jamais doutée, ce jour-là était un jour spécial pour elle. Comme d'habitude, elle avait mis son manteau, placé la cruche sur son épaule, selon leur coutume, et s'était dirigée vers le puits. La tradition nous dit que son nom était Oria, en grec Photini, et en russe on dit Svetlana [et en français, Claire; ndt]. Cependant, l'Évangile ne mentionne pas son nom. Il précise qu'elle était Samaritaine, une secte qui croyait en Dieu et attendait la délivrance du Seigneur, mais qui considérait comme lieu le plus saint le mont Gerizim, où se trouvait leur temple.
C'est ainsi qu'elle était en chemin vers le puits, et peut-être était-elle occupée à penser à son sort lourd et amer. Sa vie n'avait pas tourné bien rond; elle avait tenté à 5 reprises de fonder une famille, et avait échoué à chaque fois. Son mariage actuel n'était guère plus brillant. Descendant vers le puits, elle pensait probablement à ses tâches quotidiennes, laver le linge et cuire le pain. Un voyageur fatigué était assis sur le rebord du puits, et lui demanda à boire. Voici quelque chose de complètement nouveau qui se produisait dans sa vie. Ce voyageur, c'était le Seigneur, notre Sauveur, Jésus-Christ. C'était comme s'Il attendait après elle en cet endroit, et, en lui demandant à boire, Il allait Lui-même lui donner l'eau vive de la Vérité.

Ce récit de l'Évangile nous explique 3 points.
dessin couleur de la Samaritaine du Puits de Jacob, parlant avec le ChristTout d'abord, que l'on peut rencontrer le Seigneur dans les circonstances les plus inhabituelles de nos vies. La Samaritaine ne s'attendait pas que là, assis au puits, dont chaque jour elle puisait l'eau pour leur alimentation et leur lessive, se trouvait à l'attendre un prophète, le Messie, le Christ, le Sauveur du monde. Comme nous, quand nous sommes pris dans le tourbillon de nos activités quotidiennes, nous pensons souvent que le Seigneur est loin de nous. Mais si nos coeurs n'ont pas perdu le Seigneur, alors Il nous viendra à notre rencontre même ici.
Deuxièmement, cette femme avait eu une vie difficile, et elle se sentait probablement coupable parce que ses relations personnelles n'avaient pas été bonnes. Cela n'a cependant pas empêché le Seigneur de S'adresser à elle pour lui parler de la plus sublime des choses. Elle commença à Le questionner sur la Foi, pour savoir où se trouvait le plus saint des endroits; à Jérusalem, comme l'affirmaient les Juifs, ou avec les Samaritains, sur le mont Gerizim. Le Seigneur dit : "Jérusalem est le lieu saint, d'où vient le Salut. Femme, crois-Moi, l'heure vient où ce ne sera ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père, mais partout, en esprit et vérité. Dieu est Esprit."
Quel grand secret Lui a-t'Il révélé! Vous n'avez pas à croire que Dieu vit dans un temple, bâtiment ou église particulier: il n'est pas un seul lieu sur terre où Il ne demeure. Il n'y a seulement qu'un endroit où on ne peut Le trouver, c'est là où règne le mal. Il appelle chacun d'entre nous, nous disant que Dieu est Esprit, et que ceux qui L'adorent doivent dès lors adorer en esprit et en vérité.
Cela ne signifie pas que nous ne devons pas nous rassembler en église. C'est une grande bénédiction de prier les uns avec les autres. Cela ne veut pas dire que nous ne devons pas avoir d'Icônes devant nous, car elles nous remémorent le Seigneur et Ses saints. Cela ne signifie pas non plus que nous ne devons pas allumer de cierges devant les Icônes, car ils illuminent les images saintes et symbolisent notre sacrifice à l'église. Mais le plus important sacrifice doit se situer dans le coeur. Car nul sacrifice n'est agréable à Dieu, à moins que l'esprit ne soit tourné vers Lui en vérité, en honnêteté et en portant bon témoignage.
Cet esprit et vérité, c'est notre foi, une foi vraie et forte. L'esprit et la vérité sont amour, l'esprit et la vérité sont service. Cet esprit est accessible non pas seulement aux saints, aux gens extraordinaires, choisis dès le sein maternel, mais à tous. La Samaritaine est un exemple pour nous. C'était une femme ordinaire, accomplissant simplement ses tâches quotidiennes. Et Dieu l'a appelée, Il l'a appelée et lui a parlé d'Esprit et de Vérité. Cela signifie que nul d'entre nous n'a le droit de dire "Je suis bien trop pécheur, bien trop insignifiant et bien trop indigne pour entendre et comprendre la Parole du Christ." La Bonne Nouvelle du Christ est pour chacun d'entre nous, pour tout le monde à notre époque aussi. La Parole de Dieu est comme une épée, pénétrant au plus profond de nos coeurs, jusqu'au tréfonds même de notre être. Arrivez à ne fut-ce que ressentir cette puissance, et elle vous donnera la vie éternelle, l'eau vive que le Seigneur avait promis à la Samaritaine.
Amen.
+ p. Alexander

*-*-*-*-*-*-*

traduit et publié en la fête de saint Hilaire d'Arles, notre père dans la Foi

Tropaire de Saint Hilaire d’Arles, ton 8
Attiré au Christ par notre père saint Honorat de Lérins,
tu quittas ta Trêves natale et les honneurs dans lesquels tu vivais en Gaule Belgique.
Tu quitta les princes de ce monde et leurs palais,
t'engageant dans la milice du Christ pour servir le Roi des rois et Sa céleste Cité.
Métropolite d'Arles, tu en illuminas l'Église par tes saints enseignements et ta vertu.
Berger ardent, tu veillas jalousement sur le troupeau de Dieu.
O vénérable pontife Hilaire, notre père, prie le Christ notre Dieu en faveur de qui t'honore.


Textes liturgiques complets pour le Dimanche de la Samaritaine
http://forum-orthodoxe.com/~forum/viewtopic.php?t=1880



04 mai 2007

P. Hopko: le Dimanche de la Samaritaine


Le 5ème Dimanche après Pâques traite de la Samaritaine avec qui le Christ parla auprès du Puits de Jacob (Jean 4).
On reprend le thème de "l'eau vive" et de la reconnaissance de Jésus en tant que Messie de Dieu (Jn 4,10-11; 25-26).
On nous remémore notre nouvelle vie en Lui, le fait que nous aussi avons bu "l'eau vive", et notre propre culte véritable de Dieu dans l'âge messianique Chrétien, "en Esprit et en Vérité" (Jn 4,23-24).
Nous voyons de plus que le Salut est offert à tous : Juifs et Païens, hommes et femmes, saints et pécheurs.

Protopresbytre Thomas Hopko, "The Orthodox Faith"


Calendrier: Ancien, Nouveau, Julien, Julien réformé ou grégorien. Quelles différences? Quelle importance?


AAAAhhh, le calendrier, en voilà une question qu'elle est bonne, en voilà une question qui révèle surtout bien des choses tant chez ceux qui la posent que ceux qui y répondent.
La voici telle que posée sur un forum internet anglophone de l'Église Orthodoxe Russe Hors Frontières, Église où à présent la *quasi* totalité des paroisses, chapelles et missions font usage de "l'ancien calendrier" (ou
"calendrier Julien"), souvent sans savoir pourquoi ils font cela ni pourquoi une autre partie des Orthodoxes font autrement. Ce qui donne régulièrement lieu à des disputes stériles voire des anathèmes ridicules.
Cependant, il est nécessaire de rappeler que les conditions dans lesquelles
a eu lieu le Concile de Constantinople (10 mai 1923 - 8 juin 1923) qui a traité de cette réforme de calendrier n'étant pas correctes, il était hélas inévitable que des problèmes surgiraient très vite. Les espoirs du délégué Serbe dont l'article est cité par le clerc EORHF et reproduit ci-dessous n'ont donc pas été rencontrés, et ne le sont toujours pas.
J-M

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> DDD wrote:
> Did he at any time serve in Constantinople under the New Calendar?
> I've tried to find out just when the New Calendar was introduced, and gotten three different articles saying 1922, 1923, and 1924 respectively.
> Does anyone know the answer--when was the New Calendar introduced and did Metr. Anastassy ever serve there using it?

(> DDD écrivait:
> Est-ce qu'étant à Constantinople, il a célébré en utilisant le Nouveau Calendrier?
> J'ai essayé de trouver la date d'introduction du Nouveau Calendrier, et j'ai 3 articles disant respectivement 1922, 1923 et 1924.
> Qui connaît la réponse – la date d'introduction du Nouveau Calendrier et est-ce que le métropolite Anastassy [*] y a célébré en l'utilisant?

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(*) ndt : Anastasy (Gribanovsky) de Kishinev (1873-1965), évêque de l'Église Orthodoxe de Russie, puis après la Révolution bolchevique, second hiérarque de l'Église Orthodoxe Russe Hors Frontières. Il a participé au concile de Constantinople dirigé par le bizare patriarche Meletios Metaxakis, qui aurait avoué sur son lit de mort avoir volontairement tenté de détruire l'Église du Christ de l'intérieur. Ce qui à voir ses diverses autres décisions ne m'étonne guère.

Réponse à la question sur le métropolite Anastasy, par le Lecteur Nectarios :

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Qu'importe?

Saint Jean Maximovitch était évêque de plusieurs dizaines de paroisses d'Europe Occidentale vivant selon le Nouveau Calendrier. Il y a servit suivant le nouveau calendrier. Cela n'a en rien enlevé à sa sainteté personnelle. Saint Nicolas Planas a aussi servi sous le nouveau calendrier, lorsqu'on l'y a obligé, bien qu'il préférait le calendrier traditionnel. Le calendrier n'est pas un problème majeur, c'est l'oecuménisme qui est le problème majeur, qui est la racine du problème. D'aucun pourrait dire que le nouveau calendrier a engendré l'oecuménisme, que l'introduction du calendrier papiste dans notre sainte Église a été le début d'un horrible effet de domino.

Quelques bons articles à propos du nouveau calendrier:
[ndt : pages anglophones de groupes en faveur de l'ancien calendrier]
http://www.orthodoxinfo.com/ecumenism/zervakos_calendar.aspx

http://www.sv-luka.org/misionar/n3_churchandtime.htm

http://www.orthodoxengland.btinternet.co.uk/meletios.htm

http://www.orthodoxengland.btinternet.co.uk/calendar.htm

[ndt : par l'encyclopédie orthodoxe en ligne, relativement neutre]

http://orthodoxwiki.org/Revised_Julian_Calendar

En réponse à votre question, octobre 1923. Le concile a eu lieu en mai 1923. D'après les décisions du concile : [...]

[ndt : ensuite il cite le centre de l'article que je retraduis intégralement ci-dessous]

Reader Nectarios Chad
Honolulu, HI

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Le Nouveau Calendrier des Églises Orthodoxes Orientales
Par Miriam Nancy Shields, Popular Astronomy, August 1924, pp. 407-11
http://personal.ecu.edu/mccartyr/orthodox-reform.html

Dans le n° 5279 de la revue "Astronomische Nachrichten", paru le 18 mars 1924, on trouve un article de M. Milankovitch de Belgrade, daté d'octobre 1923. Il s'intitule "La fin du Calendrier Julien et le Nouveau Calendrier des Églises Orientales." M. Milankovitch, comme indiqué ci-dessous, était un délégué au concile qui a décidé de ce nouveau calendrier; il est une légère amélioration par rapport au calendrier Grégorien. Pensant que c'est d'un intérêt général, j'ai traduit cet article, faisant tout mon possible pour donner une reproduction fidèle de ce qu'exprime l'auteur.

En Mai 1923, un concile des Églises Orthodoxes Orientales s'est rassemblé à Constantinople sous la présidence du patriarche oecuménique, Meletios IV - Églises dont celles de Russie, de Grèce, de Serbie et de Roumanie sont les plus importantes -, concile qui décida d'une réforme du calendrier Julien, ou plutôt, de son remplacement par un nouveau calendrier. Cette décision a déjà été accomplie par l'Église de Russie: les autres pourraient suivre rapidement, de sorte que le calendrier Julien, vieux de près de 2000 ans, cessera d'être utilisé.

J'ai eu l'honneur de prendre part à ce concile en tant que délégué du gouvernement des Serbes, Croates et Slovènes, et en tant que représentant de la science astronomique. Dès lors, permettez-moi de rapporter les importantes décisions de ce concile concernant cette question du calendrier, et de les expliquer brièvement.

Comme on le sait, jusqu'à présent, toutes les Églises Chrétiennes orientales s'en tenaient au calendrier Julien, qui est en retard de 13 jours sur le Grégorien. Cet état de fait a prouvé être problématique, en particulier dans les royaumes nouvellement organisés des Slaves du Sud et des Roumains, avec leurs populations mélangées de Grec-Orthodoxes et catholiques-romains, où les nombreux jours de fêtes étaient donc célébrés 2 fois. Une réforme du calendrier Julien était dès lors une nécessité urgente, en particulier depuis que son inadéquation avait été démontrée depuis longtemps par la science. Cependant, une adoption complète du calendrier Grégorien n'était pas recommandable, que ce soit d'un point de vue religieux ou scientifique, parce que les données astronomiques concernant la longueur de l'année tropicale qui se trouvent à la base de la réforme grégorienne étaient à présent remplacées par d'autres. Il fut dès lors conseillé de supprimer la différence de 13 jours précitée, mais en répartissant des années bissextiles pour permettre de s'adapter aux progrès de l'astronomie. Cependant, afin de ne pas aller trop loin et de créer une nouvelle divergence entre les 2 calendriers chrétiens à l'avenir, une règle de calcul des années bissextiles proposée par moi fut acceptée, qui diffère de la règle Grégorienne mais cependant est en accord avec jusqu'en 2800.

Le principe de cette règle des années bissextiles est très simple. Dans le calendrier Julien, l'année bissextile tombait tous les 4 ans, ce qui donnait à l'année calendrier une durée moyenne de 365 jours 6 heures, qui est 11 minutes plus longue que la durée de l'année tropicale. Sur base de cela, le calendrier Grégorien ne compte comme année bissextile que les années des siècles dont les 2 premiers chiffres sont exactement divisibles par 4. Au cours des siècles à venir, seules les années 2000, 2400, 2800, etc, seront années bissextiles De la sorte, en l'espace de 800 ans, cela ne laisse que 6 jours de côté – au contraire du calendrier Julien – et dès lors cela donne une durée moyenne de l'année-calendrier qui diffère de 26 secondes par rapport à la durée de l'année tropicale.

Au contraire, la nouvelle règle de calcul des années bissextiles pour les Églises Orthodoxes est établie comme suit. Les siècles dont les 2 premiers chiffres de l'année de commencement divisée par 9 donne un reste de 2 ou 6 seront bissextiles Dès lors, les années-siècles 2000, 2400, 2900, etc, seront bissextiles Tout d'abord, on remarquera que de la sorte, la première divergence avec le calendrier Grégorien aura lieu après 877 ans; deuxièmement, que par cette règle de calcul, durant un laps de temps de 900 ans, 7 jours sont retirés du calendrier Julien. Cela donne une durée moyenne pour l'année-calendrier de 365 jours, 5 heures, 48 minutes et 48 secondes, qui ne diffère que de 2 secondes par rapport à l'actuelle durée de l'année tropicale.

La fixation de la date de Pâques a posé quelques difficultés au concile. Comme on le sait, la date de Pâques dépend des phrases de la lune, puisque Pâques doit tomber le dimanche qui suit la première pleine lune après l'équinoxe de Printemps. Cette règle, qui a été acceptée par toutes les églises chrétiennes, est si claire et si explicite que (semble-t'il) nulle différence ne serait possible quant à la date de Pâques si l'on déterminait les phases de la lune avec précision et non pas d'après les anciennes règles de calcul qui donnent des résultats imprécis. Pour cette raison, le concile de Constantinople a décidé – sur proposition de son président – que les phases de la lune nécessaires pour fixer la date de Pâques seraient établies par des calculs astronomiques précis dans lesquels la date du méridien de Jérusalem est déterminante.

Sur base de cet aménagement, les dates de Pâques des 2 calendriers chrétiens différeront 6 fois au cours des 50 prochaines années, en 1924, 1927, 1943, 1954, 1962 et 1967. Les dates de Pâques pour les Églises Orthodoxes ces années-là sont : 23 Marcs 1924, 24 Avril 1927, 28 Mars 1943, 25 Avril 1954, 25 Mars 1962, et 2 Avril 1967, alors que dans le calendrier Grégorien les dates seront 20 Avril 1924, 17 Avril 1927, 25 Avril 1943, 18 Avril 1954, 22 Avril 1962, et 26 Mars 1967. La raison de cette divergence est la suivante : les années 1924, 1943 et 1962, la véritable pleine lune arrive plusieurs heures après l'équinoxe de Printemps, alors que le mode de calcul Grégorien, utilisant l'epact, la place avant l'équinoxe. Les années 1927, 1954 et 1967, la véritable pleine lune tombe un dimanche, alors que les calculs selon l'epact la placent un samedi.

[ndt : epact = différence de jours entre l'année solaire et l'année lunaire]

De plus, il est espéré que ces différences seront vite aplanies, car le concile de Constantinople a décidé de faire des pas dans cette direction afin d'aboutir à un accord complet entre les calendriers chrétiens, ce qui devrait être très facilement atteint pourvu qu'il y ait de la bonne volonté des 2 côtés.

Après ces remarques d'introduction, la liste suivante des décisions du concile de Constantinople sur la question du calendrier seront entièrement compréhensibles.

1. Treize jours sont retirés au calendrier Julien, qui représentent sa différence en temps dont la cause est dans le décompte en années solaires depuis le premier Concile Oecuménique à Nicée. Dès lors, le 1er octobre 1923 sera compté comme 14 octobre 1923.

2. Les Fêtes qui devaient avoir lieu durant les jours enlevés seront soit célébrées ensemble le 14 octobre 1923, ou lorsque l'évêque diocésain ordonnera de le faire.

3. Tous les mois de l'année conserveront à l'avenir le même nombre de jours qu'ils avaient dans le passé. Comme auparavant, le mois de février aura 29 jours les années bissextiles

4. Comme auparavant, il y aura 2 sortes d'années, les années normales avec 365 jours, et les années bissextiles avec 366 jours. Sont années bissextiles celles dont le chiffre divisé par 4 donne un chiffre entier, comme cela était le cas jusqu'à présent. Seules les années commençant un siècle feront exception, que la règle du paragraphe suivant traite.

5. Les siècles-années (qui se terminent par 2 zéros) ne seront bissextiles que si le chiffre du siècle, quand divisé par 9, donne un reste de 2 ou 6. Tous les autres siècles-années seront des années normales. Dès lors, parmi les siècles-années suivants, seuls ceux en gras seront des années bissextiles :

2000 2100 2200 2300 2400 2500 2600 2700 2800
2900 3000 3100 3200 3300 3400 3500 3600 3700
De la sorte, la durée moyenne de l'année civile est de 365 jours, 5 heures, 48 minutes et 48 secondes, en quasi harmonie avec la durée de l'année solaire.

6. Les fêtes fixes conservent la date à laquelle elles avaient lieu jusqu'à présent.

7. Les fêtes mobiles dépendent de la date de Pâques. En accord avec les décisions canoniques qui demeurent inchangées, Pâques sera célébrée le dimanche qui suit la première pleine lune après l'équinoxe de Printemps.

8. La pleine lune de Pâques sera déterminée par des calculs astronomiques; on saura donc tenir compte d'amélioration attendue de notre connaissance. La date de Pâques sera toujours déterminée par le temps de la Ville Sainte, Jérusalem.

9. Le patriarche oecuménique demandera aux observatoires ou chaires de science spatiale d'Athènes, Belgrade, Bucarest et Pulkowa (Saint-Petersbourg) de calculer des tables de Paschalie de longue durée et les transmettra à toutes les Églises Orthodoxes.

10. Cette réforme du calendrier Julien ne peut en rien être un frein à une modification ultérieure qui pourrait y être apportée par toutes les églises chrétiennes.

Addendum au point 5.
Le nouveau calendrier est plus précis que le Grégorien, dont la durée moyenne des années diffère de 24 ou 25 secondes par rapport à la durée de l'année tropicale. La différence entre la durée de l'année civile du nouveau calendrier et du Grégorien est si petite que la différence de date n'apparaîtra qu'après 877 ans. Les années suivantes en gras sont des années bissextiles du calendrier Grégorien :

2000 2100 2200 2300 2400 2500 2600 2700 2800
Une première divergence apparaît en l'an 2800.

Addendum au point 8.
Puisque le jour est calculé de minuit à minuit, la date civile de la première pleine lune après l'équinoxe de Printemps sera déterminée par le calcul du temps selon le méridien de l'Église du Saint Sépulcre. Le premier dimanche après cette date c'est Pâques. Si cette date tombe un dimanche, Pâques sera célébrée le dimanche suivant.

Université de Denver, Mai 1924.

03 mai 2007

P. Basile d'Iviron: Le véritable Chrétien Orthodoxe est à la fois partout chez lui et partout étranger!


"Si on est réellement Orthodoxe, alors on se sent chez soi également en terre étrangère. S'il n'en est pas ainsi, la faute n'en revient pas au pays étranger, mais au fait que l'on n'est pas réellement Orthodoxe."

Archimandrite Basile, higoumène du monastère d'Iviron, Mont Athos
Blankenberghe (Belgique), 30 octobre 2000.


Mont Athos & Iviron :

http://stmaterne.blogspot.com/2006/11/athos-des-moines-et-des-hommes.html

http://orthodoxwiki.org/Iviron_Monastery_%28Athos%29

http://www.macedonian-heritage.gr/Athos/Monastery/iveron.html

http://www.pagesorthodoxes.net/monachisme/mont-athos.htm



02 mai 2007

P. Hopko: Fête de la mi-Pentecôte




Au milieu de cette 4ème semaine, le jour qui est à mi-parcours entre Pâques et Pentecôte est célébré avec solennité. On l'appelle Fête de la mi-Pentecôte. C'est le jour où le Christ, "au milieu de la fête", apprend aux hommes Sa mission salvatrice et offre à tous "les eaux de l'immortalité" (Jn 7,14). C'est un rappel de la présence du Maître et de Sa promesse de Salut : "Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à Moi, et qu'il boive" (Jn 7,37). Nous repensons ainsi à notre propre mort et résurrection avec le Christ par notre Baptême, et notre sanctification par l'Esprit Saint lors de notre Chrismation. Regardant vers l'arrière, vers la Résurrection, nous vivons la Pentecôte par anticipation, ainsi que le dit une des hymnes de la fête. Nous savons que nous appartenons au Royaume du Christ Ressuscité où "l'Esprit et l'Épouse disent 'viens!', et que celui qui est assoiffé s'approche, et que celui qui le désire prenne l'eau de la Vie gratuitement" (Apoc. 22,17; Is. 55,1).

"Au milieu de la fête, donne à mon âme assoiffée les eaux de la piété, ô Sauveur qui as dit à tous : Celui qui a soif, qu'il vienne à Moi et qu'il boive. Source de Vie, Christ Dieu, gloire à Toi!" (Tropaire apolytikion).

"Au milieu de la fête de la Loi, Christ Dieu Créateur et Maître de l'univers, Tu disais à ceux qui étaient là : 'venez et puisez l'eau de l'immortalité.' Nous nous prosternons devant Toi et nous disons dans la foi : 'Donne-nous Tes compassions, car Tu es la source de notre vie." (Kondakion)

Protopresbytre Thomas Hopko, "The Orthodox Faith"






01 mai 2007

Seigneur, Tu bénis tout labeur qui T'es consacré, gloire à Toi!

Avant de commencer tout travail ou labeur :

"Bénis, O Seigneur", ou

"O Seigneur Jésus-Christ, Fils Unique de Ton Père éternel, de Tes très saintes lèvres, Tu nous a dit "Sans Moi, vous ne pouvez rien." Mon Seigneur et mon Dieu, avec foi, je reçois Tes saintes paroles en mon coeur et âme, et je me prosterne devant Ta bonté; aide-moi, pécheur que je suis, à accomplir en union avec Toi cet ouvrage que je vais entamer, au Nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Amen."

Après avoir accompli tout travail ou labeur :

"Gloire à Toi, O Seigneur", ou

"O mon Christ, Tu es récapitulation et plénitude de tout ce qui est bon; rempli mon âme de joie et d'allégresse, et sauve-moi, car Toi seul est le tout miséricordieux. Amen."

In: "The Old Jordanville Prayerbook"
http://www.stmaryofegypt.org/prayerbook/



30 avril 2007

Un passeport pour le Ciel

Panagia Ierosolimitissa - Icone de la Vierge de JerusalemPanagia Ierosolimitissa
source Icône

Le p. Païssios avait déjà creusé sa future tombe près de sa cellule de Panagouda, et il se concentrait toujours sur le jour où il prendrait congé de ce monde qui passe. Du fait de sa très profonde humilité, il se sentait toujours aussi peu préparé pour ce dernier voyage. Mais une vision le combla de joie.
Un jour, étant en prière, il se retrouva en un lieu qui ressemblait à un aéroport, d'où les gens partaient pour leur voyage vers le Ciel. Il y avait beaucoup de monde; il était demandé aux voyageurs qu'ils vérifient si ils avaient avec eux leurs passeport et billet de voyage. Si quelque chose manquait, ils devaient rester. Quand vint le tour du p. Païssios, il se rendit compte qu'il n'avait pas les documents nécessaires avec lui. Soudain apparu la Vierge Marie, toute d'or vêtue, telle une reine. Elle ressemblait à son image sur l'Icône de la Vierge de Jérusalem. Elle s'adressa aux contrôleurs et leur dit:
- Celui-ci est mon serviteur. Laissez-le passer, car j'ai déjà tous ses documents.
Elle sortit les documents de son pallium, les posa devant les contrôleurs, et reparti. C'est ainsi que le père Païssios fut admis et pu passer.
Par la suite, le p. Païssios nous raconta ceci :
- La Vierge Marie ressemble vraiment beaucoup à la représentation sur l'Icône de la sainte Vierge de Jérusalem [Panagia Ierosolimitissa; ndt]. C'est tout à fait elle. J'ai eu le bonheur de pouvoir plusieurs fois la rencontrer, et je ne connais aucune autre Icône qui lui ressemble aussi bien.
Un jour, le père Païssios priait avec son komboschini [chotki, chapelet byzantin; ndt], quand il pressentit une visite divine. Soudain, il entendit des bruits de pas dans le couloir de sa cellule. Il alla à la porte et regarda dans le couloir, vers la porte de sa petite chapelle. Il vit la Vierge Marie, qui apparu telle une reine. Jean le Théologien la suivait. Après qu'ils soient entrés dans la chapelle, ils disparurent. Seule resta une lumière bleue-blanche, la Lumière Incréée, et elle disparu après un moment. L'âme du père Païssios déborda de gratitude et de clarté. Il fondit en larmes, parce que la Vierge-Mère l'avait visité, alors que lui se considérait comme le plus grand pécheur du monde.

p. Païssios de la sainte Montagne,
édition NL du monastère de Pervijze, pages p.147-148


Panagia Ierosolimitissa - Icone de la Vierge de JerusalemΥπεραγία Θεοτόκε, σώισον ημάς!
source Icône

Conclusion? Pour un passeport céleste toujours en règle, devenez vous aussi serviteur/servante de la Mère de Dieu!


29 avril 2007

Actes2-22: le Salut n'est que dans l'Église, oui, mais dans laquelle? - Pâques III Rite Orthodoxe Occidental EORHF

Actes d'Apotres, saint Pierre preche a JerusalemMatines :
Psaumes 123, 124, 125, 126, 127
Isaïe 57,1-20
Actes d'Apôtres 2,22-47
"Israélites, écoutez ces paroles : Jésus de Nazareth, cet homme à qui Dieu a rendu témoignage devant vous, par les miracles, les prodiges et les signes qu'Il a opérés par Lui au milieu de vous, ainsi que vous le savez, cet homme qui fut livré, selon le dessein arrêté et la prescience divine, vous L'avez fait mourir en le clouant à la Croix par la main des impies. Mais Dieu L'a ressuscité; Il L'a délivré des liens de la mort, parce qu'il n'était pas possible qu'elle Le retînt en son pouvoir. David dit de Lui : Je voyais constamment le Seigneur près de moi, parce qu'Il Se tient à ma droite pour que je ne sois pas ébranlé. C'est pourquoi mon coeur est en joie et ma langue est dans l'allégresse, ma chair même reposera dans l'espérance; car Tu n'abandonneras point mon âme dans le séjour des morts, et Tu ne permettras point que Ton Saint connaisse la corruption. Tu m'as fait connaître les sentiers de la vie; Tu m'as rempli de joie par la vision de Ton visage (Ps. 15,8-11). "Frères, qu'il soit permis de parler sans détour du patriarche David : il est mort, il a été enseveli, et son tombeau existe aujourd'hui parmi nous. Mais il était prophète et savait que Dieu lui avait promis avec serment de faire asseoir sur son trône un de ses descendants. C'est donc la Résurrection du Christ qu'il a prévue et annoncée par ces mots: Il n'a point été abandonné dans le séjour des morts, et Sa chair n'a point connu la corruption. "C'est ce Jésus que Dieu a Ressuscité : nous en sommes tous témoins. Élevé alors par la droite de Dieu, Il a reçu du Père l'Esprit-Saint Qui avait été promis et L'a répandu, et c'est cela que vous voyez et entendez. Car David, lui, n'est pas monté aux Cieux, mais il dit lui-même : Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Assieds-Toi à ma droite jusqu'à ce que J'aie fait de Tes ennemis un escabeau pour Tes pieds (Ps. 109,1). Que toute la race d'Israël sache donc avec certitude que Dieu a constitué Seigneur et Christ ce Jésus que vous avez crucifié."
Ces paroles les touchèrent jusqu'au fond du coeur. Ils dirent à Pierre et aux autres Apôtres : "Frères, qu'avons-nous à faire?" Pierre leur répondit : "Convertissez-vous; que chacun de vous se fasse baptiser au Nom de Jésus Christ pour la rémission de vos péchés, et vous recevrez le don du Saint-Esprit. Car la promesse est pour vous, pour vos enfants et pour tous ceux qui entendront, au loin, l'appel du Seigneur notre Dieu."
En beaucoup d'autres paroles encore, il leur adressait les plus pressantes exhortations : "Sauvez-vous du milieu de cette engeance perverse!" Ceux qui accueillirent ses paroles reçurent le Baptême. Ce jour-là, le nombre des adeptes s'éleva à 3.000 environ. Ils se montraient assidus à l'enseignement des Apôtres, aux réunions communes, à la fraction du pain et aux prières. Devant les nombreux prodiges et miracles opérés par les Apôtres, la crainte était dans tous les coeurs. Tous les fidèles vivaient unis, et ils mettaient tout en commun. Ils vendaient leurs terres et leurs biens et ils en partageaient le prix entre tous d'après les besoins de chacun. D'un seul coeur, ils fréquentaient quotidiennement le temple. C'est à la maison qu'ils rompaient le pain et prenaient leur nourriture avec joie et simplicité de coeur. Ils louaient Dieu et jouissaient de l'estime publique. Et le Seigneur accroissait tous les jours le nombre de ceux qui étaient sur le chemin du Salut."
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COLLECTE POUR DIMANCHE PÂQUES III
Dieu Tout-Puissant, Qui a montré à ceux qui étaient dans les ténèbres de l'erreur la lumière de Ta Vérité, afin qu'ils reviennent sur le chemin de la justice : Accorde à tous ceux qui sont admis dans la fratrie du Christ, qu'ils parviennent à rejeter toutes choses contraires à leur profession de foi, et s'attacher à toutes choses qui sont conformes à cette même profession. Par notre Seigneur et Sauveur, Jésus-Christ, Qui vit et règne avec Toi et le Saint Esprit, Dieu Un, pour les siècles des siècles.

Divine Liturgie :
Épître : 1 Pierre 2,11-17
Évangile : Saint Jean 16,16-22

HOMÉLIE DU 3ÈME DIMANCHE APRÈS PÂQUES
La deuxième lecture des Matines nous rapporte un des événements qui ont suivit la Résurrection de notre Seigneur. Un certain nombre de personnes écoutaient les Apôtres, lorsque Pierre s'adressa à cette foule. Après qu'il leur eut parlé, ils lui demandèrent "que devons-nous faire?" Alors Pierre leur dit "Convertissez-vous; que chacun de vous se fasse baptiser au nom de Jésus Christ pour la rémission de vos péchés, et vous recevrez le don du Saint-Esprit. Car la promesse est pour vous, pour vos enfants et pour tous ceux qui entendront, au loin, l'appel du Seigneur notre Dieu." Et Pierre continua "Sauvez-vous du milieu de cette engeance perverse!" Ceux qui accueillirent ses paroles reçurent le baptême. Ce jour-là, le nombre des adeptes s'éleva à 3.000 environ. Ils se montraient assidus à l'enseignement des apôtres, aux réunions communes, à la fraction du pain et aux prières." Et la crainte était dans tous les coeurs.
Ces Apôtres étaient la fondation de l'Église. C'était le tout début, le commencement de l'Église – et nous voyons ici le développement qui n'a pas changé depuis lors jusqu'à nos jours. Les gens réalisaient qu'ils devaient rejoindre la véritable Église, cette Église que Jésus Lui-même avait créée. Et de même que nous savons de nos jours qu'il n'y a qu'une seule Église qui a réellement été fondée par Jésus-Christ, à savoir l'Église Orthodoxe, ces gens d'alors savaient, dès le tout début, qu'ils avaient à être avec les Apôtres.
Le texte de la Bible dit: "Ils se montraient assidus à l'enseignement des apôtres, aux réunions communes, à la fraction du pain et aux prières." Ce qui veut dire qu'ils s'en tenaient exactement à l'enseignement des Apôtres – ni plus ni moins – et qu'ils étaient dans l'Église. De nos jours, nous savons qu'il y a nombre de groupes qui s'appellent eux-mêmes Chrétiens, et qui cependant ont ajouté des éléments à l'enseignement des Apôtres – et il y a encore plus de petits groupes qui ont carrément enlevé des parties des enseignements des Apôtres. Cependant, nous savons aussi que l'Église, à savoir l'Église Orthodoxe, est toujours demeurée fidèle aux enseignements du Christ et de Ses Apôtres. Nous savons qu'elle seule peut tracer une succession ininterrompue jusqu'au Christ Lui-même. Nous savons qu'Il n'a pas nommé un homme pour diriger le monde en Son Nom. Au contraire, Il a dit que les princes de ce monde nommaient de tels puissants, mais que Lui ne le faisait pas. Nous savons aussi qu'il y a des gens très désagréables qui ne suivent pas les enseignements du Christ dans leur propre vie, mais qui nous causent des problèmes quand nous essayons de suivre Ses enseignements et quand nous décidons de faire partie de l'authentique Église du Christ. Nous devons être prudents avec de telles personnes, qui peuvent être des gens que nous aimons, des amis, des collègues de travail; nous devons être prudents quand ils tentent d'interférer avec ce que nous avions décidé de faire. Nous ne devrions pas les écouter. Notre décision est prise entre Dieu et nous. Être dans l'Église, cela veut dire être sauvé. La Bible utilise des phrases comme "ceux qui voulaient être sauvés", ou "ceux qui devaient être sauvés." Elle parle de ceux qui avaient rejoint l'Église. Les autres restaient hors de l'Église – dans d'autres groupes, qui croyaient d'autres choses. Il en a toujours été ainsi depuis lors. Il y a des gens – et même de très grands groupes – qui s'appellent eux-mêmes Chrétiens, mais qui refusent d'enseigner la même chose que ce que l'Église du Christ enseigne. Ils contredisent l'Église, et pourtant, ils osent s'appeler eux-mêmes Chrétiens. Nous devrions nous méfier de ces gens, et ne pas les laisser nous égarer hors du chemin de l'Église.

Méditation
Saint Dorothée de Gaza (discours & paroles, chapître 4 "de la divine crainte", § 47)


47. Saint Jean dit dans les épîtres catholiques "L’amour parfait bannit la crainte" (1 Jn 4, 18). Que veut-il nous signifier par là? De quel amour parle-t-il, et de quelle crainte? Car le Prophète dit dans le Psaume : "Craignez le Seigneur, vous tous, Ses saints" (Ps. 33, 10), et nous trouvons dans les saintes Écritures mille autres passages semblables. Si donc les saints qui aiment ainsi le Seigneur, le craignent, comment saint Jean peut-il dire : "L’amour bannit la crainte"? Il veut nous montrer qu’il y a 2 craintes, l’une initiale, l’autre parfaite; la première étant celle des débutants dans la piété, pourrait-on dire, l’autre, celle des saints parvenus à la perfection et au sommet du saint amour. Quelqu’un, par exemple, fait la volonté de Dieu par crainte des châtiments c’est encore un débutant, comme nous le disions, il ne fait pas le bien pour lui-même, mais par crainte des coups. Un autre accomplit la volonté de Dieu parce qu’il aime Dieu Lui-même et qu’il aime tout spécialement Lui être agréable. Celui-là sait ce qu’est le bien, il connaît ce que c’est que d’être avec Dieu. Voilà celui qui possède l’amour véritable, "l’amour parfait" comme dit saint Jean, et cet amour le porte à la crainte parfaite. Car il craint et il garde la volonté de Dieu, non plus à cause des coups ni pour éviter le châtiment, mais parce qu’ayant goûté la douceur d’être avec Dieu, comme nous l’avons dit, il redoute de la perdre, il redoute d’en être privé. Cette crainte parfaite, née de cet amour, bannit la crainte initiale. Et c’est pourquoi saint Jean dit que "l’amour parfait bannit la crainte". Mais il est impossible de parvenir à la crainte parfaite, sans passer par la crainte initiale.




Hiéromoine Michael,
abbé du monastère Saint-Petroc.

Extrait du sacramentaire-pontifical Saint-Colman, usage autorisé dans les paroisses de Rite Orthodoxe Occidental au sein de l'Église Orthodoxe Russe Hors Frontières (EORHF)




P. Seraphim Holland: Le Paralytique et nous


"Lèves-toi, prends ton grabat, et marche!"
Jean 5,1-5

Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Amen.

Aujourd'hui, nous voyons un homme qui est.... doublement guéri. La guérison de l'homme a été accomplie par étapes, comme il en est de même pour nous. Et nous, Chrétiens Orthodoxes, nous devons reconnaître comment Dieu nous guérit, et en quoi cela nous oblige. En tant que Chrétiens, nous ratons le coche. Nous sommes plutôt chiches quand il s'agit de rendre grâce à Dieu, quand il s'agit de nous souvenir de Ses miséricordes. Nous ne payons pas de mine, incapables de changer nos priorités, d'arranger ce que nous avons planifié. Et à cause de ça, bien trop souvent, nous manquons de recevoir la SECONDE guérison.

Le paralytique ne pouvait marcher, ses jambes n'étaient plus assez fortes. Il espérait être guérit, et dès lors il attendait, gisant sur son lit, à côté de la baignade des moutons. Et il attendit fort longtemps. Pour les Pères, 38 ans, ça signifie une vie entière – peut-être pas une vie entière pour nous, mais à l'époque, oui. Et cette vie entière montre tout ce qui est faux avec l'homme – tous les péchés, toutes les infirmités, tout ce qui est inachevé, tout ce qui manque en nous. Tout homme qui a le moindre soupçon d'honnêteté en son coeur sait qu'il est inachevé, et aspire à être transformé.

Pour le paralytique, la première guérison, c'était de le remettre sur pied, de sorte qu'il puisse se tenir debout. Pour nous, cette première guérison, c'est de nous amener dans l'Église.

Mais la seconde guérison, c'est quand l'homme est illuminé par le Christ. Notre Seigneur l'avait vu dans le temple – qui était un bon endroit où se trouver, et la raison pour laquelle il reçut la seconde guérison. Et exposa à l'homme Qui Il était. Et Jésus dit à cet homme quelque chose de très important : "Te voilà guéri - ne pèche plus; il pourrait t'arriver quelque chose de pire" (Jn 5,14). En d'autres termes, à présent que tu as été guéri et que J'ai pardonné tes péchés, vis selon les Commandements!

Je voudrais que vous compreniez la véritable nature de cette seconde guérison. Dans le récit évangélique, ce n'est mentionné qu'une seule fois, mais nous savons que notre ascension vers la plénitude et la perfection dure toute notre vie entière. Nous ne recevrons pas cette seconde guérison en plénitude à moins que nous ne forcions notre volonté à lutter pour respecter les Commandements. C'est pour cela que le lieu où le Christ a rencontré l'homme est si rempli de signification. Il était dans le temple, priant, rendant grâce. Dieu donne la grâce, mais nous devons fournir l'effort.

Nous, Chrétiens Orthodoxes, nous sommes très pauvres quand il s'agit de se rappeler de choses que le Seigneur a dit telles que ce "ne pèche plus." La miséricorde de Dieu est très fortement liée à notre responsabilité de penser à agir, à respirer même, en Chrétiens. Notre pauvreté est grande quant à accomplir cette responsabilité. Il est très étrange de constater que la période où il y a le plus grand manquement en matière de présence à l'église, c'est après Pâques. C'est la période où les gens me disent souvent en confession qu'ils ont eu le plus dur à dire leurs prières. Satan leur vole la grâce, comme les oiseaux volent les semences hors du sol où elles ont été semées, parce qu'elles n'ont pas su s'enraciner.

Tout ceci fait vraiment partie de cette période de l'année, non pas seulement pour le message que j'essaie de vous faire passer maintenant, mais plutôt pour nous nous concentrer plutôt sur comment la Résurrection transforme et illumine l'homme. Nous reverrons cela, encore et encore, au cours de cette période d'après Pâques, nous verrons comment Dieu illumine et comment la Résurrection s'applique à nos vies. Nous le verrons dans le paralytique, dans l'aveugle, et dans la Samaritaine. Mais nous devons aussi voir les à côté de ces guérisons et de ces illuminations que nous examinerons, même ne fut-ce que brièvement, au cours d'un de ces proches dimanches. Nous y sommes obligés.

Chaque année, je lutte, et je pense que je perd ce match de lutte chaque année, mais ma conscience pastorale m'y force, je me dois d'insister sur ces paroles du Seigneur adressées au paralytique après sa première guérison, paroles auxquelles nous ne prêtons pas assez attention : "Prends ton grabat, et marche!"

Nous devons nous regarder dans le miroir et nous juger nous-mêmes: est-ce que je vis en Chrétien? Est-ce que je m'applique au jeûne? Est-ce que je viens à l'église à chaque fois que c'est possible, ou uniquement quand ça m'arrange? Est-ce que je fais mes prières, ou est-ce que je me contente du Signe de Croix quand je rentre dans ma voiture, avant d'aussitôt allumer la radio et de me plonger dans l'océan séculier du jour? Est-ce que je lutte contre mes passions? Est-ce que cette lutte est mon souci principal du jour?

Frères et soeurs, c'est notre devoir. Et ce devoir n'est pas une règle que Dieu demande que nous accomplissions d'un poigne de fer. Dieu veut vous donner toute bénédiction, et moi, en tant que ministre de l'Évangile, je suis chargé de vous rendre accessible tout ce qui est possible, tout ce dont moi, comme mortel qui a reçu la responsabilité et la capacité de traiter avec l'immortel, peut faire. Mais vous devez LE PRENDRE! Vous devez vous en emparer! Vous devez prier. Vous devez jeûner. Vous devez venir à l'église. Vous devez prendre votre grabat et marcher.

Peut-être gagnerai-je ce combat de lutte l'une ou l'autre année, et n'aurai qu'à parler de la joie de Pâques et de l'illumination que Dieu accorde. Mais jusqu'à présent, j'ai perdu, parce que mon coeur est lourd en cette période de l'année. Prenez votre grabat et marchez!

Vous avez été guéris, vous avez été plongés dans les eaux du Baptême, et en êtes ressortis en créature nouvelle. C'est ça que les eaux bouillonnantes de ce récit veulent nous dire. Cette théologie est bien plus importante que le film de cette semaine que vous connaissez. Nous devrions connaître ces choses-là. Les eaux bouillonnantes indiquent le Baptême, mais par année, seul un homme était guérit, quand l'Archange Michel descendait dans les eaux. L'Archange Michel descendit dans les eaux. Vous devriez connaître l'identité de l'Ange grâce à l'Office de vigile. L'Archange Michel fait bouillonner l'eau. Ce n'est pas mentionné dans les Écritures, mais notre sainte Tradition sait cela. Un seul homme a été guérit! Mais le Christ sait guérir sait guérir l'homme tout entier, et Il sait guérir tout le monde.

Ca c'est une nouvelle passionnante. Mais quand le Dieu-homme dit "prends ton grabat et marche," c'est à vous qu'Il dit de le faire, maintenant. Il vous donne le moyen de le faire! Dès lors, comment osons-nous traîner dans l'inconstance et la paresse, et nous vautrer dans le flot soporifique de la vie, alors que nous avons reçu l'ordre de notre Sauveur de nous mettre à l'ouvrage, et qu'Il nous a donné tout ce qu'il faut pour accomplir Son ordre? Quand nous restons sans changement, nous ne reconnaissons pas la miséricorde de Dieu. Et vous manquerez la grâce. Il coule à travers vous, et vous n'en saisissez rien, ou seulement une minuscule partie, parce que la grâce de Dieu qu'Il accorde n'est recueillie que par ceux qui sont actifs, qui portent leur grabat, qui luttent pour mener une vie Chrétienne. Et qui pourtant ont toujours les mêmes péchés que vous, et les mêmes passions, et les mêmes problèmes, et la grâce de Dieu qui est là pour que vous l'utilisiez!

L'oasis n'est qu'à quelques pas, et nous sommes là à mourir de soif. Une table lourdement chargée de mets délicats est toute proche, et nous mourons de faim! Prenez votre grabat et marchez! Vous avez encore le temps, en cette période bénie qui va de Pâques à la Pentecôte, quand Dieu veut révéler Son illumination d'une manière extrêmement claire. Nous devons dès lors être ici pour entendre. Non pas simplement et seulement "ici", dans ce bâtiment, mais dans nos prières, dans nos lectures, dans toutes ces choses qui sont nécessaires pour nos âmes. Non pas pour mon bien, mais pour votre bien.

Je prie afin de gagner ce match de catch l'an prochain, et alors je pourrai vous parler de ce que je veux réellement vous parler – des nouvelles passionnantes. Mais on ne sait partager ce genre de nouvelles qu'avec des gens qui ont le même esprit occupé à lutter. Soyons d'un même esprit, vivons la même vie Chrétienne. Luttez avec moi. Je ne suis pas un bon lutteur, et j'ai besoin de beaucoup d'aide et de soutien. Luttons ensemble. Décidez-vous dans votre tête à mieux jeûner, à dire vos prières du matin, et non pas de se contenter d'y consacrer quelques minutes. Si vous avez toujours l'habitude d'écouter votre chanteur préféré à midi, et que vous vous en souvenez toujours, alors vous saurez bien vous souvenir de 5 minutes de prière le matin, voire 15. Commencez par 5. Et 5 le soir. Et lisez quelque sainte lecture chaque jour.

Si vous faites cela, vous grandirez! Dieu vous comblera de connaissance. Et certains des problèmes qui vous assaillent à présent vous commencer à disparaître. Le processus semble mortellement long pour la plupart des Chrétiens, et ils voient fort peu de progrès, parce qu'ils n'ont pas ajouté suffisamment d'EFFORTS à la grâce reçue de Dieu! Alors puissions-nous prendre notre grabat et marcher. Certains d'entre nous savent courir, d'autres savent voler tels des aigles. Certains savent à peine ramper. Moi, je ne sais que ramper, mais si c'est aussi votre cas, alors rampons ensemble.

Puisse Dieu nous aider à prendre notre grabat et à marcher, à lutter avec tout dans la vie Chrétienne, pour notre intérêt. Dieu a beaucoup à nous donner, et nous ne le voyons pas, même quand c'est juste en face de nous! Est-ce que vous êtes conscients que les Anges sont ici, présents, maintenant? Ils sont ici, en ce moment même, parmi nous, mais est-ce que nous les voyons? Non, parce que nos yeux sont couverts d'écailles. Nous ne voyons pas tout ce que Dieu veut nous donner. C'est une tragédie – que nous ne puissions voir les Anges, que nous ne ressentions pas tout ce qui est occupé de se passer à l'instant même.

Que Dieu daigne nous éclairer! Ca se passera progressivement, par petites étapes. Il ne vous demande pas de prier en lévitant, dès demain. Il vous demande de répondre à Sa grâce, comme une fleur répond au soleil et grandit en sa direction. La fleur ne se détourne jamais du soleil, et cependant, le Chrétien, lui, le fait. Ne soyons pas comme le monde. Concentrons nos vies sur ce qui compte, le Salut de nos âmes, de sorte que nous puissions voir ce que Dieu veut nous montrer. C'est passionnant à connaître, ces nouvelles incroyables au sujet de ce que Dieu veut donner à ceux qui luttent.
Que Dieu vous bénisse et vous aide.
Amen.

Prêtre Seraphim Holland
St Nicholas Orthodox Church, Dallas, Texas, USA
(Église Orthodoxe Russe Hors Frontières)
serap...@orthodox.net Ph:972/529-2754 MOBILE & VOICE MAIL 214 336-3464
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L'hésychasme, paix du coeur au coeur du monde : pour ne pas s'enliser
Horia Roscanu
Candidat au Ph.D. en théologie
Université de Montréal
Résumé : Le silence dans la cité est souvent fort difficile à réaliser. La spiritualité des Églises d'Orient propose un rapport au réel qui cherche à faire une place à ce silence au coeur du quotidien, à un recentrement sur l'essentiel qui n'est pas fuite au dehors mais vie au dedans.
http://www.erudit.org/revue/theologi/1999/v7/n2/005026ar.html

(merci du tuyau à Vasili-Régis)