"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

26 mai 2007

Le Saint Esprit, source de l'Église et de l'unité

Russie, 17 mai 2007, une Ascension historique

quantité de photos de cette journée historique ici :
http://www.russianorthodoxchurch.ws/synod/enrt07/enrtflight.html

"Rétablissement de la communion avec l'Eglise russe hors frontière - articles et des photographies" :
http://www.orthodoxie.com/2007/05/rtablissement_d.html

"Les bénéfices de la réunification russe" :
http://www.orthodoxie.com/2007/05/les_bnfices_de_.html

"L'office d'action de grâce à Paris pour le rétablissement de la communion avec l'Eglise russe hors frontières" :
http://www.orthodoxie.com/2007/05/loffice_daction.html


P. Hopko: Pentecôte & Dimanche de la Trinité


"Le jour de la Pentecôte étant arrivé, ils se trouvaient tous réunis. Soudain retentit du ciel un fracas semblable à celui d'une bourrasque de vent et ce bruit remplit toute la maison où ils étaient assis. Alors ils virent paraître comme des langues de feu qui, se partageant, vinrent se poser sur chacun d'eux. Ils furent tous remplis du Saint-Esprit, et se mirent à parler des langues étrangères selon que l'Esprit leur donnait de s'exprimer. Or, en ce moment, séjournaient à Jérusalem des Juifs et des hommes pieux, originaires de toutes les nations qui sont sous le ciel. À ce bruit, ils accoururent en foule, tout interdits de ce que chacun entendait parler sa propre langue. Hors d'eux-mêmes, ils manifestaient leur stupéfaction: 'Hé quoi! tous ces gens qui parlent, ne sont-ils pas Galiléens? Comment se fait-il alors que nous les entendions parler chacun notre langue maternelle? Parthes, Mèdes, Élamites, gens de Mésopotamie, de Judée, de Cappadoce, du Pont et d'Asie, de Phrygie et de Pamphylie, d'Égypte et des provinces de Libye voisine de Cyrène, pèlerins de Rome, Juifs ou prosélytes, Crétois et Arabes, nous les entendons proclamer dans nos langues les merveilles de Dieu!" (Actes 2,1-11).

La Tradition rapporte que pour accomplir la prophétie de Joël (Jl 2,28-29), le Saint Esprit n'est pas descendu uniquement sur les Apôtres choisis, mais aussi sur tous ceux qui étaient avec eux "réunis en un même lieu" (Actes 2,1), à savoir, l'Église toute entière. C'est pourquoi dans les Icônes de la Pentecôte, on trouve représentés des Apôtres qui ne font pas partie des Douze – l'Apôtre Paul (siégeant avec l'Apôtre Pierre à la tête du cercle des Apôtres), et parmi les Septante, l'Évangéliste Luc et l'Évangéliste Marc (Leonid Ouspensky & Lossky, The Meaning of Icons, Rev Ed, SVS, NY, 1982, p. 208).

"Alors ils virent paraître comme des langues de feu qui, se partageant, vinrent se poser sur chacun d'eux. Ils furent tous remplis du Saint-Esprit"

De sorte que par accroissement progressif... et allant de gloire en gloire, la Lumière de la Trinité puisse briller sur ceux qui étaient le plus illuminés... je pense que c'est pour cette raison qu'Il vient graduellement demeurer dans les disciples. Il Se donna Lui-même dans la mesure où ils étaient chacun capables de Le recevoir : au début de la Bonne Nouvelle, après la Passion, après l'Ascension, perfectionnant leurs capacités, étant soufflé sur eux et apparaissant sous forme de langues de feu... Vous voyez les lumières se répandant sur nous, graduellement, et la connaissance d'un ordre comme la théologie, comme il est mieux pour nous d'affirmer, ne proclame jamais les choses trop soudainement ni ne les garde cachées jusqu'à la fin.. Il avait dit que toutes choses nous seraient enseignées par l'Esprit Lui-même, le faisant comprendre par la suite, quand le savoir serait opportun, et quand ils seraient capables de l'accepter, après le relèvement du Sauveur; quand ça ne serait plus reçu dans l'incrédulité à cause de son caractère merveilleux. Car quoi d'autre de plus grand que cela aurait-Il promis, ou l'Esprit enseigné... S'il ne doit pas être adoré, comment pourrait-Il me déifier par le baptême?.. Et en effet, de l'Esprit vient notre nouvelle naissance, et de la nouvelle naissance notre nouvelle création, et de la nouvelle création notre connaissance plus approfondie de la dignité de Celui par Qui cela provient.. Regardez ces faits : le Christ est né; l'Esprit est Son précurseur. Il Le précède. Il accomplit les miracles; l'Esprit les accompagne. Il monte aux Cieux; l'Esprit prend Sa place. (Saint Grégoire de Nazianze, 5ème Oratio théologique, 26-29)

La Promesse de la Pentecôte

Icone grecque de Saint Jean le Baptiste"Le dernier jour, le grand jour de la fête, Jésus était là debout, et Il dit à haute voix: "Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à Moi, et qu'il boive, celui qui croit en Moi; l'Écriture le dit: De son sein jailliront des fleuves d'eau vive (Zac. 14,8; Is. 58,11)." Il disait cela de l'Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en Lui. En effet, l'Esprit n'était pas encore là parce que Jésus n'avait pas encore été glorifié. Dans la foule, plusieurs qui avaient entendu ces paroles disaient: "C'est bien le prophète." D'autres: "C'est le Christ." Mais d'autres objectaient: "Est-ce bien de Galilée que doit venir le Christ? L'Écriture ne dit-elle pas que c'est de la famille de David et du village de Bethléem, d'où était David, que le Christ doit venir?" C'est ainsi que la division régnait dans le peuple à Son sujet. Plusieurs voulaient L'arrêter; mais personne ne mit la main sur Lui. Ainsi les gardes retournèrent chez les grands prêtres et les pharisiens qui leur dirent: "Pourquoi ne L'avez-vous pas amené?" Ils répondirent: "Jamais homme n'a parlé comme cet homme!" Les pharisiens répliquèrent: "Ainsi, vous êtes séduits, vous aussi! Se trouve-t-il quelqu'un parmi les autorités ou parmi les pharisiens pour croire en Lui? Quant à cette populace qui n'entend rien à la loi, elle est exécrable!" L'un d'entre eux, Nicodème (celui qui était allé trouver Jésus pendant la nuit), intervint: "Notre loi, dit-il, condamne-t-elle un homme sans l'entendre et s'assurer de ce qu'il fait?" Ils lui répondirent: "Alors toi aussi, tu es Galiléen! Examine, et tu constateras qu'il n'y a pas de prophète issu de Galilée" (Jean 7,37-52).
"Jésus prit de nouveau la parole et dit: "Je Suis la lumière du monde; celui qui Me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la Lumière de la Vie" (Jean 8,12).

Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à Moi et qu'il boive...

"Il faut que ceux qui viennent entendre la Parole de Dieu et qui y croient, montrent autant d'ardeur pour elle qu'en ont pour l'eau ceux qui sont pressés d'une soif brûlante : il faut que leur âme soit embrasée de désir et d'amour. C'est ainsi que plus fidèlement et plus sûrement ils la pourront garder dans leur coeur. [...] L'Écriture sainte le dit, qu'il faut toujours avoir soif, que toujours il faut avoir faim : "Bienheureux ceux", dit-elle, "qui sont affamés et assoiffés de justice" (Matth. 5, 6). [...] Ailleurs Il avait dit : La vie éternelle; ici Il dit : Une eau vive. Le Sauveur appelle eau vive celle qui coule, qui opère toujours. Car lorsque la grâce du Saint-Esprit est entrée dans une âme et y a établi Sa demeure, elle coule et se répand avec plus de force et d'abondance qu'aucune autre source; elle ne tarit point et ne cesse jamais de couler. [...] Et en cet endroit Il S'est servi du mot de rejaillir, pour celui d'inonder. [...] Considérez la sagesse d'Etienne, l'éloquence de Pierre, la force de Paul: considérez que rien n'a pu vaincre ni ralentir leur zèle et leur activité : ni la fureur du peuple, ni la violence des tyrans, ni les pièges des démons, ni la mort à laquelle ils se voyaient tous les jours exposés; et que, semblables à des fleuves impétueux qui se débordent, ils ont tout entraîné avec eux. [...] C'est quand Il envoya Ses disciples prêcher l'Évangile, qu'Il leur dit : "Recevez le Saint-Esprit." Et encore : "Le Saint-Esprit Se répandit sur eux et ils faisaient des miracles" (Matth. 20, 22)."
Saint Jean Chrysostome, homélie 51 sur l'Évangile selon saint Jean

A la louange du Salut et de la Création

Ô Dieu, Toi mon Dieu * c'est Toi que je cherche avec ardeur.
Mon âme a soif de Toi, et pour Toi ma chair se consume * telle une terre desséchée qui languit faute d'eau.
Ainsi je viens Te contempler dans Ton Sanctuaire * pour voir Ta majesté et Ta gloire.
Ton amour m'est plus précieux que la vie * aussi mes lèvres vont-elles proclamer Ta louange.
Je vais Te bénir tout au long de ma vie * et lever les mains pour invoquer Ton Nom.
Mon âme en sera rassasiée comme d'une nourriture exquise * et de mes lèvres joyeuses va monter Ta louange.
Lorsque sur ma couche, me revient Ton souvenir * Tu occupes ma pensée jusqu'à la fin de la nuit.
Car Tu es mon appui * à l'ombre de Tes ailes, je tressaille de joie.
(Psaume 62,1-8).

"Tout don vient du Saint-Esprit: Il inspire la prophétie, perfectionne la prêtrise, accorde la sagesse aux illettrés, fait de simple pêcheurs de sages théologiens, et établi l'ordre parfait dans l'organisation de l'Église. C'est pourquoi, O Consolateur, égal en nature et en majesté au Père et au Fils, gloire à Toi..."
("The Bible and Holy Fathers for Orthodox" ed. J. Manley, Monastery Books, Menlo Park, 1990, pp. 136-9).

Les langues, jadis confondues * à cause de l'audace des bâtisseurs, * maintenant sont remplies de sagesse par la glorieuse connaissance de Dieu; * jadis le Seigneur condamna * pour leur péché les impies, * maintenant le Christ illumine par l'Esprit les pécheurs; jadis en châtiment fut opérée * entre les langues la division: * entre elles maintenant se renouvelle l'harmonie * pour le Salut de nos âmes. (Stichères des grandes Vêpres de la Pentecôte)

La Pentecôte – la Descente du Saint Esprit

Dans l'Ancien Testament, la fête de la Pentecôte tombait 50 jours après la Pâque (Pesah en hébreux). Cette dernière fête célébrait l'Exode des Israélite libérés de l'esclavage en Égypte; la Pentecôte célébrait le don des Dix Paroles / Commandements que Dieu avait fait à Moïse sur le Mont Sinaï.

Dans la Nouvelle Alliance du Messie, l'événement de Pâques prend sa nouvelle signification en tant que célébration de la mort et de la Résurrection du Christ, "l'exode" de l'humanité de ce monde déchu jusqu'au Royaume de Dieu. Et de même dans le Nouveau Testament, la fête pentecostale est accomplie et transformée par le don de la "nouvelle Loi", la descente du Saint Esprit sur les disciples du Christ.

"Le jour de la Pentecôte étant arrivé, ils se trouvaient tous réunis. Soudain retentit du ciel un fracas semblable à celui d'une bourrasque de vent et ce bruit remplit toute la maison où ils étaient assis. Alors ils virent paraître comme des langues de feu qui, se partageant, vinrent se poser sur chacun d'eux. Ils furent tous remplis du Saint-Esprit.." (Actes 2,1-4). Le Saint Esprit, que le Christ avait promis à Ses disciples, vint au jour de la Pentecôte (cfr Jean 14,26; 15,26; Luc 29,49; Actes 1,5). Les Apôtres reçurent "la puissance venue d'en haut", et ils commencèrent à prêcher et à témoigner que Jésus était bien le Christ Ressuscité, le Roi et le Seigneur. Ce moment a traditionnellement été appelé la naissance de l'Église.

Les Offices liturgiques de la fête de la Pentecôte célèbrent autant la venue de l'Esprit Saint que la révélation complète de la Sainte Trinité qu'elle manifeste : le Père et le Fils et le Saint Esprit. La plénitude de la Divinité est manifestée avec la venue de l'Esprit dans l'humanité, et les hymnes de l'Église célèbrent cette manifestation comme étant l'acte final de l'auto-révélation et le don final de Dieu au monde de Sa création. C'est pour cela que dans la tradition Orthodoxe [orientale; ndt], le Dimanche de Pentecôte est aussi appelé Dimanche de la Trinité. Bien souvent en ce jour, on place au centre de l'église l'Icône de la Phyloxénie d'Abraham, aussi appelée Icône de la Trinité – celle où les 3 personnages angéliques apparurent à Abraham, l'ancêtre de la foi Chrétienne. Cette Icône est utilisée conjointement avec l'Icône traditionnelle de Pentecôte, qui montre les langues de feu se répandant sur la Vierge Marie et les Douze Apôtres, figurant l'Église des origines, les Apôtres étant assis dans l'unité autour d'une représentation symbolique du cosmos, le monde.

source : SVS


A la Pentecôte, nous avons l'accomplissement final de la mission de Jésus-Christ et l'inauguration de l'âge messianique du Royaume de Dieu – mystiquement présent en ce monde dans l'Église du Messie. De ce fait, le 50ème jour est comme le début d'une nouvelle ère qui est au delà des limites de ce monde, cinquante étant un nombre qui, dans la mystique Juive et Chrétienne, représente l'accomplissement éternel et céleste, 7 fois 7 plus 1.

C'est la raison pour laquelle la Pentecôte est dite "apocalyptique", elle est le jour de la révélation finale. Elle est aussi appelée jour apocalyptique, ce qui signifie le jour de la fin parfaite et ultime, "eschaton", en grec. C'est en effet quand vient le Messie et que le Jour du Seigneur approche qu'alors les "derniers jours" sont inaugurés, au sujet desquels Dieu affirme : "Je répandrai Mon Esprit sur toute chair." C'est à cette antique prophétie que se réfère l'Apôtre Pierre lors du premier sermon de l'Église Chrétienne, qui fut prêché le premier dimanche de Pentecôte (Actes 2,17; Joël 2,28-32).

A nouveau, il est nécessaire de faire remarquer que la fête de la Pentecôte n'est pas simplement la commémoration d'un événement historique survenu il y a des siècles d'ici. C'est la célébration de ce qui doit nous arriver et nous arrive en effet dans l'Église aujourd'hui. Morts et ressuscités avec le Messie-Roi par le baptême, nous avons tous reçu Son très Saint Esprit. Nous sommes les "temples du Saint Esprit." L'Esprit de Dieu demeure en nous (Romains 8,1; 1 Corinthiens 2-3, 12; 1 Corinthiens 3; Galates 5; Ephésiens 2-3). Par notre appartenance personnelle à l'Église, nous avons reçu "le sceau du don de l'Esprit Saint" dans le Sacrement de Chrismation. La Pentecôte a eu lieu pour nous.

Durant la Divine Liturgie de la Pentecôte, le verset de l'Épître aux Galates (3,27) vient remplacer le Trisagion; il est là pour nous rappeler notre baptême en Christ. Des versets spécifiques des Psaumes remplacent aussi les antiennes psalmiques habituelles de la Liturgie. Les lectures de l'Épître et de l'Évangile évoquent la venue de l'Esprit sur les hommes. Le kondakion chante le renversement de Babel, au moment où Dieu unit les nations dans l'unité de Son Esprit. Le tropaire proclame le rassemblement de l'univers tout entier dans le filet de Dieu par l'oeuvre unificatrice des Apôtres, inspirés par l'Esprit. Les hymnes "Roi Céleste" et "Nous avons vu la Vraie Lumière" sont à nouveau chantées, et ce pour la première fois depuis Pâques, appelant le Saint Esprit à venir et demeurer en nous, et proclamant que "nous avons reçu l'Esprit céleste." L'église est ornée de fleurs afin de montrer que le divin souffle de Dieu vient en tant qu'Esprit Donateur de Vie pour renouveler toute la Création. En hébreu, il n'y a qu'un seul et même mot pour désigner à la fois l'Esprit, le souffle et le vent, "ruah" [idem en grec: "pneuma"; ndt].

"Tu es béni, ô Christ notre Dieu, Toi qui as rempli de sagesse les pêcheurs du lac en leur envoyant l'Esprit Saint. Par eux Tu as pris au filet l'univers. Gloire à Toi, ô ami de l'homme!" (Tropaire)

"Quand le Très Haut descendit confondre les langues, Il dispersa les nations, mais quand Il partagea les langues de feu, Il appela tous les êtres à l'unité. D'une même voix, nous glorifions le Saint Esprit!" (Kondakion)

Les grandes Vêpres du Lundi de Pentecôte, célébrées donc le dimanche soir, comportent 3 longues prières au cours desquelles les fidèles prient à genoux pour la première fois depuis Pâques. Dans l'Église Orthodoxe, ce lundi de Pentecôte est la fête du Saint Esprit, et le dimanche après la Pentecôte, c'est la fête de la Toussaint [calendrier byzantin; ndt]. Il y a là une progression liturgique logique, puisque la descente du Saint Esprit trouve son aboutissement dans la sanctification des fidèles, et c'est le but ultime de la Création et de la Rédemption de l'univers : "Ainsi parle le Seigneur : vous êtes sanctifiés et vous êtes devenus saints, car Je Suis Saint, Moi Qui suis votre Dieu" (Lévitique 11,44-45; 1 Pierre 1,15-16).

Protopresbytre Thomas Hopko, OCA, "The Orthodox Faith", Vol. 2, pp. 113-7


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Orthodox Church of America (OCA) – Voici en 2 images-clé, l'OCA, Église locale portée sur les fonts baptismaux entre autres par feu le p. Alexander Schmemann :

Remise du Tome d'autocéphalie de la part de la métropole par le métropolite Pimen, locum tenens du patriarche de Moscou, 18 mai 1970, reçu par l'évêque Theodosius d'Alaska (futur métropolite de l'OCA).

http://orthodoxwiki.org/ROCOR_and_OCA

Les évêques Peter (de Cleveland, EORHF) et Nikolai (OCA) se donnent l'accolade au cours d'un Office de consécration épiscopale, concélébré en mai 2005. Il y avait donc de facto communion...


Textes complets des Offices pour la Pentecôte
http://www.forum-orthodoxe.com/~forum/viewtopic.php?t=1899

dyptique en ivoire parisien
deuxième quart du 14ème siècle, Musée du Louvre, Paris



P. Andrew: La Pentecôte, fête de la Trinité

LE DIMANCHE DE LA TRINITÉ

Au Nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

En ce jour, le 50ème après Pâques, nous célébrons la fête de la Pentecôte, lorsque la plénitude de la Sainte Trinité fut révélée par la venue de la Troisième Personne de la Sainte Trinité, le Saint Esprit.

En ce jour, nous chantons que le Christ a fait devenir de simples pécheurs des sages. Comment le Christ a-t'Il fait cela?
Les a-t'Il fait s'asseoir sur un banc d'école et a commencé à les enseigner?
Leur a-t'Il donné des leçons approfondies de philosophie grecque?
Leur a-t'Il donné une traduction d'hébreux en latin?
Leur a-t'Il demandé d'apprendre par coeur une encyclopédie de théologie?
Non, bien entendu. Au contraire, Il leur a enseigné l'humilité et la pureté de coeur, et lorsqu'ils furent prêts, Il leur a envoyé de Son Père l'Esprit Saint. Cette humilité et pureté de coeur, couronnée par le Saint Esprit, c'est la clé pour comprendre, c'est la Sagesse.

Cela explique pourquoi des gens de très bonne éducation et culture sont souvent les plus stupides, et responsables de terribles malheurs et génocides. C'est ainsi qu'il y a eu nombre de grands génies dans l'histoire du monde, et nombre d'entre eux sont devenus des dictateurs assoiffés de sang. Être instruit est une chose, mais savoir comment faire bon usage de cette instruction, ça c'est tout autre chose. C'est la signification de la sagesse. La sagesse est discernement, ou la capacité à utiliser à bon escient l'information et la connaissance. D'un autre côté, la signification de la stupidité, c'est d'être instruit et au lieu d'utiliser cette connaissance pour faire le bien, l'utiliser pour s'aveugler soi-même, pour tomber amoureux de soi-même, et pour être si imbu de soi-même que l'on est aveugle par rapport à Dieu, et dès lors nie l'existence même de Dieu, qui est si évidente au plus simple des paysans. Comme dit l'Écriture : "Le fou dit en son coeur, il n'y a pas de Dieu."

L'orgueil aveugle, mais l'humilité ouvre les yeux.
L'orgueil met le Saint Esprit en fuite, mais l'humilité attire le Saint Esprit tel un aimant.

C'est pourquoi 2 hommes de même niveau d'éducation pourront lire les Évangile, un deviendra un croyant, et l'autre repoussera tout cela comme mythique. Le premier a l'humilité et la pureté de coeur, et dès lors ses yeux spirituels s'ouvriront. Le second a l'orgueil, et dès lors il sera aveuglé par cet orgueil et cette opinion personnelle, et se gonflant lui-même, il se rendra ridicule. La compréhension est donc relativement indépendante du niveau d'éducation, mais dépend de l'humilité et de la pureté de coeur. Car il n'est pas écrit "Bienheureux les biens instruits" mais "Bienheureux les coeurs purs, car ils verront Dieu."

Sur base de ceci, vous remarquerez que partout où il y a de l'orgueil présent, on trouve des opinions défendues avec obstination et dès lors des divisions. Car l'orgueil mène à la désunion, l'humilité à l'unité. C'est ce que nous chantons dans une autre hymne de ce jour, le kondakion. Nous reconnaissons qu'à l'époque où les hommes, par orgueil, construisirent la Tour de Babel, il y avait confusion des langues. Et en effet, le mot "Babel" lui-même en est devenu synonyme de confusion. D'un autre côté, nous reconnaissons que parmi les humbles, le Saint Esprit amena l'unité, et divers peuples furent capables de se comprendre malgré la différence de langage. Pourquoi donc? Parce que les opinions et l'opiniâtreté et dès lors les divisions sont le fruit de l'impureté de coeur, le fruit de l'orgueil.

Par exemple, nombre de gens disent de l'Église : "Ah oui, c'est une bonne idée, mais je ne vais pas à l'église parce qu'il y a tant de divisions et de séparations." Mais il n'existe pas de division dans l'Église, elles n'existent que parmi ceux qui ont rompu avec l'Église et son Esprit, le Saint Esprit. Toutes les divisions, depuis la plus ancienne jusqu'aux plus modernes, existent à cause de l'orgueil. Si nous examinons la moindre rupture d'avec l'Église nous trouvons l'orgueil, soit personnel soit collectif.

Ainsi, il y a ceux qui se séparent de l'Église à cause de leur nationalité et langue et politique : orgueil collectif. Ils refusent d'appartenir à la même Église que ceux qui sont d'une autre nationalité et langage. et politique. Il en est ainsi des Monophysites en Égypte et Arménie; c'est vrai concernant les Catholiques-romains avec leur base latine raciale et culturelle; c'est vrai des Anglicans qui préfèrent suivre une culture protestante anglaise spécifique après la Réforme plutôt que la culture Orthodoxe anglaise de leurs ancêtres du premier Millénaire. Et il y a tous ceux qui quittent l'Église parce qu'ils préfèrent suivre un homme plutôt que Dieu. Tous ces groupes sont appelés d'après le nom de l'homme qu'ils préfèrent suivre, comme les Wesleyens ou les Calvinistes, les Luthériens ou les Ariens, etc.

Tous ces groupes, qu'ils suivent une idéologie politique ou nationaliste ou personnelle, finissent par quitter l'Église. Pourquoi? Parce qu'ils placent les choses de ce monde en premier, et l'Esprit en second. Là où est le Saint Esprit, là est l'unité. Là où le Saint Esprit ne se trouve pas, il y a une idéologie de quelque sorte que ce soit, et dès lors la division. "C'est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez."

C'est pourquoi aujourd'hui les fidèles Chrétiens Orthodoxes, membres de l'Église, de tous les ages et de toutes les parties du monde et de toutes les nationalités et langues, célèbrent ensemble la fête de la Pentecôte. Aujourd'hui nous concélébrons la fête avec les Apôtres et les Pères, les Martyrs et les Confesseurs, de toutes les époques, du passé, du temps présent et à venir. Aujourd'hui nous concélébrons en remontant dans l'histoire, avec les nouveau Martyrs et Confesseurs de Russie, avec les Martyrs et Confesseurs du joug Croate, avec les Martyrs de Chine, avec les Martyrs et Confesseurs sous les Turcs, avec les Martyrs Anglais sous les Danois, tel saint Edmund, avec les Martyrs et Confesseurs d'Afrique du Nord, avec les Martyrs et Confesseurs de l'Ancienne Rome, avec les Martyrs et Confesseurs d'Asie Mineur, avec tous les Chrétiens Orthodoxes de tous les temps. Et en ce jour, nous concélébrons la même Foi avec les fidèles de nos églises à Jérusalem, en Alaska, en Sibérie, en Argentine, en Ouganda, en France, à Athènes, à Tokyo, à Lisbonne, à Sydney, à Bucarest, à Ottawa, à San Francisco,.. Car nous confessons la même Foi Orthodoxe au Saint Esprit, "Qui procède du Père et repose sur le Fils", car nous confessons la même Foi Orthodoxe au Saint Esprit, Qui apporte Sagesse et unité partout où il y a humilité et pureté de coeur.

Amen.


p. Andrew Philips


St John the Wonderworker Orthodox Church



Église Orthodoxe Russe Hors Frontières



Felixstowe, Angleterre



St John the Wonderworker Orthodox Church, Rocor, Eorhf, Felixstowe, Angleterre
*-*-*-*-*-*-*

Tu es béni, Christ, notre Dieu, Toi qui par l'envoi de Ton Esprit saint, remplis les pêcheurs de sagesse, et par eux, pris au filet l'univers tout entier. Seigneur, gloire à Toi ! (Tropaire de la Pentecôte)

Une Icône contemporaine à l'atelier Saint-André (c) :
http://www.atelier-st-andre.net/fr/pages/oeuvres/fricone18.html


P. David Moser: La Pentecôte, Descente de l'Esprit Saint


En ce jour, nous nous souvenons que précisément 50 jours après la glorieuse Résurrection, le Saint Esprit descendit sur les saints Apôtres et ceux qui étaient rassemblés avec eux, et le fit d'une manière nouvelle et différente. Pour la première fois, le Saint Esprit vint en fait habiter dans l'âme humaine.

Avant ça, l'Esprit de Dieu pouvait descendre sur une personne pour diverses raisons – comme lorsqu'un des prophètes était inspiré pour parler ou écrire ou agir d'une manière particulière, de sorte que la volonté de Dieu puisse être manifestée à Son peuple, mais Il ne faisait pas Sa demeure en leurs âmes. Cependant, quelque chose de totalement nouveau se produisit à la Pentecôte, quelque chose de merveilleux, de formidable – Dieu vint et demeura non seulement parmi nous comme notre Seigneur Jésus-Christ, mais aussi en nous à travers le Saint Esprit. La promesse de notre Salut, que nous serions unis à Dieu, commença à trouver son accomplissement.

Cette habitation de l'Esprit Saint en elle a un profond effet sur la personne, car par cette action, la transformation est entamée. L'âme est entrée en contact avec Dieu et ne sait plus rester la même. Maintenant il est simple de voir comment le comportement de quelqu'un peut changer lorsqu'il est entré dans l'Église. Dans sa soif d'apprendre et de comprendre tout ce que notre sainte mère l'Église veut nous donner, il suivra ses instructions concernant le comportement, et fera les choses différemment de la manière dont il les faisait auparavant. Mais cela ne s'arrête pas là, car ces nouvelles actions ont leur propre effet; elles commencent à changer la manière dont l'on pense et l'on perçoit le monde autour de soi. Si, par exemple, vous souhaitez développer de la compassion pour quelqu'un, alors la meilleure manière de commencer, c'est d'agir comme si vous étiez plein de compassion, et par les actions compatissantes permanentes du corps, l'esprit commencera à penser en termes de compassion, et le coeur commencera à ressentir de la compassion. Si vous agissez envers quelqu'un de manière aimante, quand bien même vous n'auriez aucun sentiment envers lui, voire même n'auriez que des sentiments négatifs pour lui, à partir de ce moment là, peu de temps après en fait, vous commencerez à l'aimer concrètement, car tel est l'effet de l'action du corps sur le coeur. - Soit dit en passant, cette vérité contredit l'idée communément présente dans notre société du "tomber amoureux de" ou ne plus l'être, parce que ça démontre que l'amour n'est pas quelque chose qui sort de nulle part pour quelque raison mystérieuse, mais que c'est plutôt le résultat de l'effort et c'est maintenu par l'effort. - Mais même ici, ce changement ne s'arrête pas, car dès lors que nous développons nouveaux sentiments et nouvelles pensées, notre esprit change aussi et commence à développer dans l'âme les fruits spirituels de ces changements, fruits que l'on appelle des vertus, et ces vertus attirent la grâce de Dieu. Cette grâce transforme alors notre nature même, de sorte que nous n'avons plus la nature du péché, mais commençons à développer une nature qui a la ressemblance de Dieu.

Pâques et Pentecôte sont question de transformation. A Pâques, nous renaissons; nous mourrons et nous ressuscitons avec le Christ. Cette nouvelle nature ressuscitée est ensuite formée et modelée par l'Église, et elle est remplie de l'Esprit Saint. Notre Seigneur a raconté cette histoire d'un esprit impur qui avait été chassé d'un homme, et ne trouvant nul lieu de repos, pensa à revenir à sa demeure précédente. "Mais à son retour il la trouve nettoyée et meublée. Il va s'adjoindre alors 7 autres esprits encore plus méchants que lui; ils envahissent la demeure et s'y installent, et la condition finale de cet homme est pire que la première" (Luc 11,25-26). Lorsque nous sommes re-nés à Pâques, et que notre âme est "nettoyée et meublée", il est alors nécessaire que notre âme soit occupée, pour empêcher les démons d'en tirer parti, et c'est ainsi que Dieu, en Son amour et Sa miséricorde infinis, vient Lui-même demeurer en nous par le Saint Esprit. C'est ça, la fête de la Pentecôte, l'inhabitation du Saint Esprit, et la transformation qui a été entamée à Pâques est achevée par la descente du Saint Esprit à la Pentecôte. Et le Saint Esprit en nous, Lui-même, a pour effet de transformer et modeler l'âme pour parvenir à une plus parfaite prise de Sa propre image et ressemblance.

Mais Dieu n'agit pas envers nous tel un tyran, qui impose sa propre volonté sans considération de nos propres aspirations; au contraire, Il agit en Père aimant, Qui nous donne la possibilité par notre action volontaire de nous soumettre à Sa volonté, et Qui oeuvre avec nous afin que nous puissions changer. Il est dès lors nécessaire que nous coopérions avec Dieu, pour Lui permettre d'oeuvrer en nous, et de modeler notre volonté d'après Sa volonté. Si nous Lui résistons et refusons de coopérer avec Sa direction et Sa guidance, alors Il Se retirera et ne viendra pas de force en nous malgré nous. Dès lors, nous devons développer en nous-mêmes un désir pour Dieu qui dépasse tout autre désir, et un amour pour Lui qui est plus grand que tout autre amour.

Comment pouvons-nous développer ce désir et cet amour? Que venons-nous de dire à cet égard? Si vous voulez aimer quelqu'un, alors agissez comme si vous l'aimiez, et en peu de temps, l'amour commencera à grandir dans votre coeur. Donc si nous voulons développer un suprême amour pour notre Seigneur Jésus-Christ, alors nous devons commencer à agir comme si nous avions déjà cet amour. Si nous ajustons notre comportement pour nous conformer au suprême désir et amour pour Dieu, alors ce désir et cet amour grandiront en notre coeur et âme. Lorsque nous Le désirerons, alors Il accomplira notre désir; lorsque nous L'aimerons, alors Il viendra à nous. Et lorsqu'Il viendra, alors Il nous transformera en Sa propre image et ressemblance, et demeurera en nous, nous unissant à Lui-même.
Amen.
archipretre David Moser, EORHF, Boise, Idaho, USA
Archiprêtre David Moser

Saint Seraphim of Sarov Orthodox Church (EORHF),
Boise, Idaho, USA

*-*-*-*-*

Les 25 & 26 mai sont jours de fête de saint Bède le Vénérable, un des très grands parmi les Pères de l'Église en Occident. Ca tombe bien, on possède justement encore une de ses homélies sur la Pentecôte. Vous la trouverez ici :


La Pentecôte, c'est aussi "l'anniversaire" de l'Église, car l'Église est née à la Pentecôte. Nulle part dans les saintes Écritures et la Tradition d'où elles sont nées on ne trouve que ce serait un homme qui, tout seul comme un grand, aurait choisit tous les Apôtres et disciples, les aurait ordonnés, bref aurait seul fondé l'Église. Non, car c'est l'oeuvre de Dieu Lui-même. Dès lors, faire dépendre l'existence de l'Église d'un homme, prétendre qu'elle n'aurait pas été fondée par Dieu, c'est un gros vilain blasphème, en plus d'un mensonge historique absolu.

ligne du temps de l'histoire de l'Eglise, avec tous les schismes et sectes(Cliquez sur l'image pour l'obtenir en grand format).


25 mai 2007

Vladimir Moss: La chute de l'Occident hors de l'Orthodoxie - quand, où, par qui


La récente découverte des reliques du dernier de l'Angleterre Anglo-Saxonne, Harold II Godwinson, qui fut tué en combattant contre l'armée papiste à Hastings en 1066, a fait resurgir la question suivante : quand est-ce que l'Occident a chuté hors de l'Orthodoxie?


L'armée papiste débarque..


et son "évêque" est avec armure, casque et arme...

C'est une question importante, non seulement pour les Chrétiens Orthodoxes d'origine occidentale, mais aussi pour l'Église Orthodoxe toute entière. Comme c'était le cas au cours du premier millénaire, l'Église Orthodoxe est à présent à nouveau l'Église tant de l'Orient que de l'Occident, dès lors il est nécessaire pour elle de revendiquer et affirmer son héritage tant de l'Orient que de l'Occident, de montrer que les saints de l'Occident étaient et sont exactement ses saints, ayant la même Foi que les saints de l'Orient. Mais ceci ne peut être accompli d'une manière théologiquement bien fondée qu'à la condition expresse qu'il soit clairement démontré où et quand l'Occident a chuté hors de l'Orthodoxie. Dans le cas contraire, le double danger existe de soit accepter de pseudo-saints qui étaient en réalité des hérétiques, soit de rejeter d'authentiques saints et intercesseurs à cause d'un zèle qui ne serait pas accompli "en pleine connaissance de cause." Dans le premier cas, nous retrouvons le "fou" François d'Assise (ce qualificatif lui est attribué par l'évêque saint Ignace Brianchaninov) placé au même niveau qu'un authentique saint tel Seraphim de Sarov. Et dans le second cas, des siècles entiers d'histoire et de sainteté Orthodoxe sont calomniés, ce qui ne peut que causer le courroux de Dieu, Qui est jaloux de l'honneur de ceux qui L'honorent, et Qui était intervenu pour empêcher saint Cyril d'Alexandrie de déshonorer la mémoire de saint Jean Chrysostome.

Une solution fort simple à ce problème semble exister : ces saints Occidentaux qui sont morts avant l'anathème lancé contre la papauté de Rome en 1054 sont à réintégrer dans le calendrier Orthodoxe, alors que les "saints" qui sont morts après cette date doivent être considérés comme hérétiques. Cependant, le problème n'est pas aussi simple qu'il n'en a l'air. D'un côté, on entend souvent l'argument disant que l'Occident était en fait tombé dans l'hérésie bien avant 1054, par l'acceptation de l'hérésie du "Filioque", qui avait été anathémisée en 880, de sorte que seuls les saints d'avant 1054 qui auraient clairement rejeté le "Filioque" devraient être acceptés dans le Ménologue. D'un autre côté, il y a l'argument comme quoi la communion entre l'Occident et l'Orient Orthodoxe continua bien après 1054, et que l'Occident ne pourrait pas être considéré comme ayant complètement perdu la grâce jusqu'au moment de la 4ème Croisade, en 1204. Dès lors, nous aboutissons à des dates très différentes quant à cette chute de l'Occident, selon lequel de ces 2 critères majeurs d'Orthodoxie que nous considérons comme plus fondamental : libre par rapport à une hérésie, ou en communion avec l'unique véritable Église.

La vérité, bien entendu, c'est que les 2 critères sont fondamentaux; car la communion avec l'unique véritable Église est précisément déterminée sur base de cette liberté face à l'hérésie. Le conflit apparent entre ces 2 critères survient du fait que les germes d'une hérésie peuvent être présents dans l'Église longtemps avant qu'elle ne soit formellement condamnée et que les hérétiques soient expulsés hors de l'Église. Et même après l'éviction de ces derniers, il arrive que certains dans l'Église restent en communion avec eux par ignorance. Inversement, il y a eu nombre d'occasions où c'étaient les confesseurs de la Foi qui ont été chassés hors du corps de l'Église. C'est pourquoi la question ne peut pas être envisagée de manière formaliste, mais uniquement en faisant appel au Saint Esprit pour révéler par d'autres moyens qui sont Ses élus – par exemple par révélation directe, comme dans le cas de saint Jean Chrysostome, ou par des miracles ou par des reliques incorrompues.

Considérons quelques exemples particuliers pris dans l'histoire de l'Église d'Angleterre.












Saint Edouard le Martyr
penny en argent du 10ème siècle, British Museum

Il y a quelques années d'ici, a surgit la question de savoir si le roi martyr Edouard d'Angleterre, dont les reliques venaient d'être redonnées à l'Église Orthodoxe Russe Hors Frontières, devait être reconnu comme saint de l'Église Universelle. Un des hiérarques mit en doute la décision de le reconnaître pour tel en se basant sur le fait que selon lui, l'hérésie du Filioque était déjà bien implantée en Angleterre à l'époque. Cependant, une décision Synodale se prononça en faveur de saint Edouard, et le hiérarque qui doutait "accepta la décision après avoir été rassuré par les informations historiques compilées par sa grâce l'évêque Gregory, qui cita une liste de saints Occidentaux de la même période qui se trouvaient depuis longtemps repris dans nos listes de saints (parmi lesquels on trouve sainte Ludmilla, saint Wecenslas des Tchèques, etc)."


source : Saint Edward the Martyr Orthodox Brotherhood (patriarcat de Serbie)

J'ai déjà démontré que l'usage général du "Filioque" en Angleterre à l'époque de saint Edouard (fin 10ème siècle) était loin d'être une évidence. Et qu'en tout cas, un théologien aussi rigoureux que saint Maxime le Confesseur avait déclaré, lorsque l'Église romaine avait adopté pour la première fois le "Filioque", qu'en fait elle ne le comprenait pas dans un sens hérétique [1]. La possibilité existe donc qu'une hérésie soit acceptée par ignorance tandis que ceux qui y croient demeurent Orthodoxes [2].

Et ici aussi, le saint personnellement le plus associé à la condamnation du "Filioque", Photius le Grand [2], écrivit au sujet de certains Pères, tels que saint Augustin d'Hippone, dont on soupçonnait la théologien d'en être entachée : "Si (ces) Pères s'étaient ouvertement opposés lorsque la question débattue leur était présentée, et avaient lutté par la controverse et maintenu leur opinion et avaient persévéré dans ce faux enseignement, et si, reconnus coupables de cela, ils avaient cependant persisté dans leur doctrine jusqu'à la mort, alors il aurait nécessairement fallu les rejeter avec l'erreur de leur pensée. Mais s'ils se sont mal exprimés, ou si pour quelque raison inconnue de nous, ils ont dévié du droit chemin, mais que la question ne leur a pas été présentée ni que qui que ce soit ne les a mis en demeure d'apprendre la vérité, nous les admettons dans la liste des Pères, comme s'ils n'avaient pas dit l'erreur – et cela du fait de leur droiture de vie et de leur éminente vertu et foi, cette dernière étant sans tâche en d'autres domaines. Cependant, nous ne suivons pas la partie de leur enseignement dans laquelle ils se sont écartés du chemin de la vérité.. Dès lors, nous qui savons que certains de nos saints Pères et docteurs se sont égarés par rapport à la foi des vrais dogmes, ne recevons pas comme doctrine ces domaines de leur enseignement où ils se sont trompés, mais nous étreignons chaleureusement les hommes. Ainsi en est-il aussi dans le cas de ceux qui sont accusés d'enseigner que l'Esprit procède du Fils, nous n'admettons pas ce qui est opposé à la Parole du Seigneur, mais nous ne les rejetons pas hors du rang des Pères."

Durant le Haut Moyen-Âge, le Patriarcat de Rome s'étendait sur une très grande superficie territoriale, dans laquelle les communications étaient très lentes et difficiles, et où le niveau général d'éducation était devenu fort bas. Il est nécessaire de prendre cela en compte lorsqu'on veut considérer si une province isolée, comme l'Angleterre, était dans l'hérésie ou non. Le "Filioque" n'est pas devenu un problème en Angleterre avant l'époque d'Anselme de Canterbury, vers 1100. A ma connaissance, le seul Anglais a avoir ne fut-ce que discuté du problème avant cette date, c'était le célèbre Alcuin d'York, qui vivait en France vers 800, et qui se prononça fortement contre l'hérésie dans une lettre aux frères de Lyon : "N'essayez pas d'introduire des nouveautés dans le Symbole de la Foi Catholique, et pour les Offices de l'Église, ne décidez pas d'embrasser des traditions qui étaient inconnues des anciens temps."

Ainsi donc, l'Église Orthodoxe Russe Hors Frontières avait statué en faveur de la reconnaissance de la sainteté du roi Edouard le Martyr, qui était mort en 979, à une époque où le "Filioque" a pu avoir ou ne pas avoir été en usage généralisé en Angleterre. Dans son cas, en dehors des miracles et des reliques incorrompues du roi-martyr, les témoignages en faveur de sa sainteté reprennent aussi : (a) sa liberté par rapport à l'hérésie dans le sens d'une défense ouverte de cette dernière contre l'opposition Orthodoxe (voir les paroles de saint Photius précitées); et (b) sa pleine communion avec l'Église Orthodoxe en Orient. Mais que devrions-nous penser de son neveu, aussi appelé roi Edouard, et qui est aussi renommé pour les miracles et l'incorruption de ses reliques, mais appelé "le Confesseur" pour le distinguer de son homonyme, son oncle martyr?

Deux faits rendaient plus difficile l'acceptation d'Edouard le Confesseur comme saint de l'Église Universelle. Le premier c'est qu'à partir de 1009, la papauté romaine, d'où l'Église d'Angleterre tenait sa foi et à qui elle était canoniquement soumise, avait réintroduit le "Filioque" dans le Symbole de la Foi, et s'ensuivra en 1014 son usage lors du couronnement de l'empereur Henri II de Germanie. Et le second, c'est qu'Edouard le Confesseur est mort en 1066, 12 ans après que l'Église à Rome ait officiellement été anathémisée par la grande Église de Constantinople.


Il a été soutenu que l'usage du "Filioque" lors de l'office de couronnement de l'empereur de Germanie aurait dérivé de son usage dans le rite Anglais. Cependant, ceci est hautement improbable. Bien que ce soient essentiellement des missionnaires Anglais au 8ème siècles qui ont été prêcher la Foi en Germanie, cette dernière n'a jamais été soumise canoniquement à l'Église d'Angleterre. Même son apôtre, l'Anglais saint Boniface a accompli sa mission comme représentant de la papauté romaine, et non pas de l'Église d'Angleterre. De plus, il est presqu'inconcevable que le "saint empereur Romain", comme l'empereur de Germanie s'intitulait lui-même, aurait tenu son Symbole de foi et le rite de son couronnement d'ailleurs que de Rome.

D'un autre côté, l'office de couronnement Anglais avait été réalisé indépendamment de Rome, et d'après un modèle byzantin, par saint Dunstan, archevêque de Canterbury (+ 988). Saint Dunstan était le père spirituel de saint Edouard le Martyr, et l'a couronné lui, son père Edgar, et son demi-frère Ethelred, ce dernier étant le père d'Edouard le Confesseur.


saint Dunstan de Canterbury aux pieds du Christ
source : Saint Edward the Martyr Orthodox Brotherhood (patriarcat de Serbie)

Bien entendu, il est possible que le "Filioque" ait été introduit depuis le Continent dans l'office Anglais de couronnement après 1014. Il faut cependant se rappeler qu'au moins un fils de l'Église d'Angleterre de la période après 1014 fut reconnu par saint tant par l'Orient que par l'Occident très peu de temps après sa mort. Je fais ici référence au roi-martyr Olaf de Norvège, qui mourut martyr en 1030, fut glorifié après un examen officiel de ses reliques incorrompues par l'évêque Anglais Grimkell de Nidaros (Trondheim), et à qui des églises furent dédiées dans nombre d'autres endroits, y compris à Novgorod. De plus, c'est suite à un miracle attribué à saint Olaf aux environs du règne d'Alexis Comane ou peu avant qu'une chapelle lui fut dédiée à Constantinople, et qu'il fut repris parmi les saints de la ville impériale [3].

Si Olaf est accepté comme saint de l'Église Universelle, alors il est difficile de voir comment il pourrait y avoir au moins la possibilité que la sanctification soit refusée aux autres membres de l'Église d'Angleterre – au moins jusqu'en 1054.

Cependant, en 1054 a eu lieu la rupture finale et complète entre Rome et Constantinople, et elle fut scellée par un terrible anathème. Dès cet instant, il devint impératif pour tous les membres du patriarcat romain de se séparer de leur chef terrestre, parce qu'anathémisé, si seulement ils voulaient rester membres du Corps du Christ dont la Bienheureuse Tête est au Ciel. C'est dès lors frappant d'apprendre – et celui qui croit en la Divine Providence pourra difficilement regarder ça comme une simple coïncidence – qu'à partir de 1052, 2 ans avant l'anathème, et jusqu'à l'achèvement de la Conquête de l'Angleterre par les Normands en 1070, l'Église d'Angleterre n'était en fait plus en communion avec Rome, et n'y fut réintégrée qu'après qu'ait eu lieu le plus sanglant des génocides contre le peuple Anglais!

Il faut reconnaître que la raison de la rupture de communion n'était pas le "Filioque" ou quelqu'autre question dogmatique. Le dernier archevêque de Canterbury avant le Schisme s'était enfui d'Angleterre après l'échec d'un complot politique qu'il avait soutenu, et dans sa hâte pour s'échapper, il avait abandonné son pallium, le symbole de son rang archiépiscopal. Le roi Edouard avait alors autorisé que le pallium soit accordé à l'évêque Stigand de Winchester, et avait continué à soutenir ce nouvel archevêque, quoique techniquement parlant non-canonique, et ce malgré les fulminations du pape de Rome contre les Anglais "schismatiques." En fait, ce fut la papauté romaine qui s'effondra dans le Schisme et tomba sous l'anathème à peine 2 ans plus tard, et les Anglais échappèrent dès lors à l'anathème – en tout cas, temporairement – grâce à leur non-communion avec Rome. Cependant, dès ce moment-là, les papes romains tentèrent de saper le soutien pour le roi et l'archevêque Anglais.

Ils n'y parvinrent pas durant la vie du roi Edouard, parce qu'il était populaire parmi le peuple et manifesta des dons de guérison et de prophétie – on affirme même qu'il resta vierge jusqu'à la fin de ses jours. Entre autres choses, il prophétisa que les 7 Dormants d'Éphèse avaient changé leur position de sommeil sur le côté droit pour être sur le gauche – un signe du désastre à venir qui fut vérifié par des envoyés de l'empereur Byzantin.

Plus importante encore fut la révélation qu'il reçu sur son lit de mort, faite par 2 saints moines : "Puisque", dirent-ils, "ceux qui se sont élevés aux plus hauts rangs du royaume d'Angleterre, les comtes, évêques et abbés, et tous ceux des saints ordres, ne sont pas ce qu'ils semblent être, mais au contraire les serviteurs du démon, un an et un jour après le jour de votre décès, Dieu a livré tout ce royaume, maudit par Lui, aux mains de l'ennemi, et les démons traverseront tout ce pays avec le feu et l'épée et la dévastation de la guerre." Cette prophétie fut exactement accomplie quand, le 6 janvier 1067, un an et un jour après le décès du roi Edouard, le papiste Guillaume le Conquérant, duc de Normandie, fut couronné roi d'Angleterre. A la suite de quoi s'ensuivit une terrible dévastation de l'Angleterre, au cour de laquelle un Anglais sur cinq sera tué, la plupart des églises rasées, et tout le tissus de la vie Anglaise détruit. Ensuite, le 29 août 1070, l'évêque Stigand fut officiellement déposé en présence des légats du pape de Rome lors du pseudo-concile de Winchester.

Ceci donnerait 2 dates butoirs pour la mort de l'Orthodoxie en Angleterre : 6 janvier 1067 et 29 août 1070. Entre parenthèses, les derniers évêques Orthodoxes Anglais furent les frères Ethelwine et Ethelric; le premier anathémisa solennellement le pape de Rome avant de mourir de faim en prison, et le second mourut aussi en prison, "dans la pauvreté volontaire et un trésor de larmes", sa tombe étant glorifiée de miracles. Mais le roi Edouard est de toute manière mort avant ces 2 dates...

3. Roi Harold II.
Tout écolier Anglais a entendu parler cette si importante date dans l'histoire anglaise, 1066, même s'il connaît fort peu de sa réelle signification. Cette année-là, après un bref règne de 9 mois au cours duquel le roi Harold II accompli des exploits quasiment surhumains pour la défense de son pays, il mourut pour finir à la bataille d'Hastings le 14 octobre, des mains de l'usurpateur catholique-romain Guillaume de Normandie. Son corps terriblement mutilé fut enseveli en secret dans son église familiale à Bosham, jusqu'à sa découverte en la fête de l'Annonciation en 1954. Cependant, ce n'est que l'année dernière qu'il fut identifié avec certitude.

Le roi Harold était-il Orthodoxe?

Si, comme je l'ai exposé, Edouard le Confesseur était Orthodoxe, alors il est difficile de nier que cela soit vrai de son successeur. Et le fait qu'il a été officiellement anathémisé par le pape de Rome Alexandre II, qui avait bénit l'invasion de l'Angleterre par Guillaume, ne peut qu'être en faveur du roi Anglais dans la mesure où cet Alexandre était assurément un hérétique et un ennemi de la vérité. Un autre détail aussi en sa faveur, quoique de manière indirecte, c'est le fait que sa fille Gytha s'enfuit non pas à Rome mais vers la très Orthodoxe ville de Kiev, où elle épousa le très croyant grand prince Vladimir Monomaque, unissant par là le sang des princes d'Angleterre et de Russie. De même, la plupart de sa court qui refusèrent d'accepter le nouvel ordre politique et ecclésiastique en Angleterre ne s'enfuirent pas vers un pays occidental, mais à Constantinople, où ils entrèrent dans la garde de l'empereur et se virent autorisés à ériger leur propre basilique Orthodoxe anglaise.

Le roi Harold était-il un saint?

C'est un point plus difficile à établir, puisqu'il n'a été glorifié ni par l'Orient ni par l'Occident. Cependant, si on peut établir qu'il est mort en martyr défendant l'Orthodoxie, d'autres preuves de sainteté ne sont pas requises, d'après la tradition de l'Église Orthodoxe.

Mais une telle question ne saurait être débattue dans ce cadre-ci; seul un Synode d'évêques peut décider dans de tels cas controversés. Cependant, il est bon de faire remarquer que de l'avis de nombre d'historiens, la transformation de la vie anglaise qui a résulté de la bataille d'Hastings en 1066 fut si grande qu'elle constitue une révolution tant ecclésiastique que politique et nationale. Auquel cas le roi Harold II peut vraiment être considéré comme ayant été "celui qui avait retenu" l'Angleterre de se voir devenir catholique-romaine, de la même manière que son descendant, le tsar Nicolas II, était "celui qui avait retenu" la bolchévisation de la Russie.

In fine, ce parallèle tracé entre l'Angleterre en 1066 et la Russie en 1917 nous rappelle que la glorification officielle des saints suit habituellement, plutôt que ne précède, la vénération officieuse par le peuple croyant. De même que les fidèles croyants d'Occident de la première génération après le Schisme savaient instinctivement qui avaient été les véritables héros de la foi et de la nation et les vénéraient, quand bien même leurs nouveaux maîtres le leur interdisaient, ainsi les fidèles de Russie vénéraient les nouveaux martyrs, quand bien même leurs nouveaux chefs politiques et religieux appelaient ces derniers des "criminels politiques." Il appartient dès lors aux générations ultérieures, celles qui en viennent à la vraie foi en étant libérés de la tyrannie, de rétablir la vénération des derniers champions de la Foi ayant précédé le triomphe (toujours temporaire) de l'hérésie, se rappelant que "s'il est bien de cacher le secret du roi, il est digne d'autre part de publier les oeuvres de Dieu et de Lui rendre grâces" (Tobie 12,7).

Vladimir Moss
4 avril 1997, en la Saint Ambroise de Milan


Vladimir Moss, historien de l'Église

A lire (en anglais) cet autre article de Vladimir Moss, l'historien d'Église :
"The Fall of Orthodox England" (la chute de l'Angleterre Orthodoxe)
http://uk.geocities.com/guildfordian2002/AngloSaxon/FallOrthodoxEngland.htm

notes de traduction
[1] En effet, le pape de Rome Léon III fera graver dans une plaque d'argent le Credo de Nicée-Constantinople sans modification, malgré les pressions et menaces directes des Francs. Mais il rappellera que la procession par le Fils dans le temps existe aussi dans le texte néotestamentaire ("Je vous L'enverrai"; Jn 16,7; cfr aussi Jn 14,26). Seulement le Symbole de Nicée-Constantinople, abordant le mystère éternel de la sainte Trinité, se situe dans la relation hors du temps, dans la procession dès avant la Création (Jn 15,26). C'est une notion capitale à saisir pour comprendre pourquoi le Credo est "violé" et défaussé dès lors qu'on y introduit une notion supplémentaire, le déséquilibrant. Il est faux et gravissime de prétendre que c'est anodin, ou que c'est une simple divergence d'opinion. On ne se situe pas dans le "théologoumène" (opinion théologique), on se situe indubitablement dans l'erreur théologique. Et elle est d'autant plus grave qu'elle a été condamnée comme hérésie, au cours du dernier Concile réunissant le plérôme de l'Église Indivise, en 879-880, l'évêque Jean VIII de bienheureuse mémoire siégeant à Rome (et assassiné par la suite pour avoir tenu la Foi apostolique inchangée). Léon III tenait à ce que la relation temporelle entre le Fils et l'Esprit soit aussi honorée dans l'enseignement de l'Église, mais pas en pervertissant le Symbole par ce déséquilibre. En ce domaine précis, ce sont eux, les vrais exemples pour le retour de l'Occident à l'Orthodoxie, à la Foi salvatrice!

[2] D'autant que l'hérésie en question n'avait pas été formellement condamnée auparavant, en Concile ou par un "consensus Patrum" bien clair. Nul ne saurait être hérétique de quelque idée qui n'a pas été rejeté par l'Église au préalable. Voir le dossier "saint Augustin d'Hippone & les Orthodoxes", par le p. George Papademetriou (Holy Cross seminary, Boston)

[3] Vous trouverez plus d'informations au sujet de saint Olaf sur la page consacrée à l'évangélisation des Amériques, après le chapitre sur saint Brendan le Navigateur.

[4] Je ne parviens hélas plus à me souvenir de son nom ou le retrouver, mais je me souviens que le dernier évêque Saxon resté en poste après la funeste invasion papiste de l'Angleterre parvint à conserver son siège grâce à une terrible épreuve : l'ordalie par le feu - dérivé du vieil anglais "ordal", ("urtheil" en allemand moderne), cela signifie "jugement", et par dérivé, "jugement de Dieu"; on passait par un feu et si on en sortait intact, tel saint Léon de Catane, on était considéré comme jugé favorablement par Dieu.
Un des seuls rescapés des massacres de clergé Orthodoxe par les troupes du (futur) vatican, il passa par les flammes et en sorti vivant. Face à cet évident miracle auquel ils ne s'attendaient certes pas, les impies envahisseurs n'osèrent lui porter atteinte plus qu'ils ne l'avaient déjà fait et il conserva son siège épiscopal... pour le peu qu'il lui resta à vivre. L'anecdote ne sort pas de la tête d'un taliban Orthodoxiste mais est rapportée dans un des 13 volumes du sanctoral des pères Bénédictins de Paris, éditions Letouzey & Ané. Hélas, il n'a pas encore à ce jour bénéficié de la "révision de son cas" par l'Église. A quand le prochain Synode en Belgique? Il y a encore quelques autres candidats de choix de la même veine.

Source (universitaire) des photos de la tapisserie de Bayeux ci-dessus


24 mai 2007

saint Chrême : comment, par qui et quand est-il consacré?


Sa Sainteté le Patriarche Alexis a béni le saint chrême
http://www.patriarchia.ru/db/text/222973.html

Le 2 аvril 2007, Lundi de la Semaine sainte, en la petite cathédrale du Monastère de la Mère de Dieu du Don à Moscou, Sa Sainteté le Patriarche Alexis II de Moscou et de toutes les Russies a lancé le processus de la fabrication du saint chrême, qui s’est achevé par la bénédiction du chrême le Jeudi Saint 5 avril, en la cathédrale patriarcale de la Théophanie.


Après l’office de la petite bénédiction des eaux, le Primat de l’Eglise russe a aspergé d’eau bénite le four, le chaudron et les instruments de cuisson, après quoi, avec le trikirion, il a allumé le feu du four.


Ensuite, Sa Sainteté a béni les ingrédients (différentes épices, vin, huile) pour la préparation du saint chrême, et dans le chaudron furent verses l’eau bénite, le vin, l’huile et les épices.





La consécration du chrême est un des rituels de l’Eglise orthodoxe, réalisé traditionnellement durant la Semaine sainte. Selon la tradition, ce rite est exclusivement accompli par les Primats
des Eglises orthodoxes locales, non pas chaque année mais selon les nécessités, et au vu de l’utilisation du chrême béni les années précédentes.

Le chrême béni par le Saint Patriarche est transmis à tous les diocèses de l’Eglise orthodoxe russe et est utilisé dans le sacrement du Baptême, de même que pour la consécration des églises.

(traduction : prêtre Serge Model, que je remercie encore chaleureusement.)

Source & autres photos

Saint Remi baptisant le roi Clovis:
la Colombe lui apporte le Saint Chrême

23 mai 2007

Elvis a un an (K9)

Elvis, notre super CsV a un an ce jour



on ne lui donnera pas de gâteau, parce que je ne suis pas sûr qu'il ne préférerais pas avaler la bougie allumée plutôt que de souffler dessus
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Sa grande joie n'a pas changé d'un iota : empiler des palettes, jouer à l'équilibriste dessus, bref se faire son propre terrain d'entraînement.


22 mai 2007

Oh la vache, t'as vu sa limousine?

Genèse 41:18
Voici que montèrent du Nil sept vaches grasses de chair et
belles d'aspect, qui pâturèrent dans les joncs.

En Occident, nous vivons sur des sables mouvants. L'illusoire bien-être matériel fait que tout le restant est laissé à l'abandon. Les âmes sont en friche, quand elles ne sont pas tout simplement jetées aux orties.

Pourtant, après les 7 vaches grasses, on sait ce qu'il advint...

par les prières de sainte Julie et saint Basilisque, Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, ait pitié de nous et sauve-nous

21 mai 2007

Fidélité contre aventurisme théologique : réponse à "Rome sweet Rome"

Scott Hahn, ce tonitruant pasteur Protestant Presbytérien qui, avec son épouse Kimberley, s'est converti au catholicisme-romain, écrivait dans son livre "Rome Sweet Rome: Our Journey to Catholicism" ("Rome sweet Rome, notre cheminement vers le catholicisme"): "En continuant à étudier, j'en suis venu à la conclusion que l'Orthodoxie était magnifique en sa liturgie et sa tradition mais stagnante en théologie."

Clark Carlton, un célèbre Protestant Baptiste qui s'est converti et est entré dans l'Église Orthodoxe, lui répond dans son livre "The Truth: What Every Roman Catholic Should Know About the Orthodox Church" ("La Vérité : ce que tout catholique-romain devrait savoir à propos de l'Église Orthodoxe") :
"Si l'alternative à être 'stagnant' signifie changer le Symbole de la Foi (le 'filioque'), s'inquiéter à propos d'un lieu non-existant (purgatoire), payer de l'argent pour ne pas aller dans le lieu non-existant précité (indulgences), transformer la Vierge Marie en une sorte de surhumain (une co-rédemptrice conçue de manière immaculée) et faire de l'évêque d'une ville un potentat infaillible et universel avec souveraineté tant dans le domaine spirituel que temporel, alors c'est avec joie que les Orthodoxes resteront stagnants."


20 mai 2007

L'Ascension, le Christ monte nous préparer notre place (Ascension 1, Rite Occidental EORHF)

Matines :
Psaumes 92 & 95
Isaïe 64,1-12
Ephésiens 1,3-23

COLLECTE POUR DIMANCHE APRÈS L'ASCENSION
O Dieu, Toi le Roi de Gloire, Qui as exalté en grand triomphe Jésus-Christ, Ton Fils unique, dans Ton Royaume céleste: nous Te supplions, ne nous laisse pas sans réconfort, mais envoies-nous Ton Saint Esprit, afin de nous réconforter et de nous élever au lieu même où le Christ notre Sauveur est allé avant nous.
Par notre Seigneur et Sauveur, Jésus-Christ, Qui vit et règne avec Toi et le Saint Esprit, Dieu Un, pour les siècles des siècles.

COLLECTE POUR L'ASCENSION (priée tout au long de l'Octave de l'Ascension)
O Dieu Tout-puissant, nous Te supplions de nous accorder Ta grâce, à nous qui croyons que Ton Fils unique Jésus-Christ, notre Seigneur, est monté aux Cieux, d’y monter aussi coeur et âme, et de demeurer continuellement avec Lui, Qui vit et règne avec Toi et le Saint Esprit, Dieu Un, pour les siècles des siècles.

Divine Liturgie (Sarum)
Épître : 1 Pierre 4,7-11
Évangile : Saint Jean 15,26-16,4
"Quand sera venu le Paraclet que Je vous enverrai de la part du Père, l'Esprit de vérité qui procède du Père, Il Me rendra témoignage; et vous témoignerez, vous aussi, parce que vous êtes avec Moi depuis le commencement. Je vous ai dit cela pour vous préserver de toute chute. Ils vous chasseront des synagogues; et l'heure même approche où quiconque vous fera mourir croira rendre un culte à Dieu. Ils agiront de la sorte, parce qu'ils n'ont connu ni le Père ni Moi. Eh bien! Je vous ai dit tout cela pour que, l'heure venue, vous vous souveniez que Je vous l'ai dit."


HOMÉLIE DU DIMANCHE APRÈS L'ASCENSION

L'Ascension de notre Seigneur est bien plus que l'événement rapporté dans les Évangiles synoptiques, du moins il en est ainsi pour le fidèle Orthodoxe qui a étudié le récit et qui a reçu de l'Église l'enseignement de la doctrine du Christ. L'Ascension est la confirmation de tout ce qui s'était passé auparavant pendant l'Incarnation du Fils de Dieu, car c'est ici que nous voyons la stabilité de l'héritage du Christ, comme le montre un mot dans l'Évangile de l'Ascension, dans le texte en grec. C'est le mot "ekathisen", en Marc 16,19 "le Seigneur fut enlevé au Ciel, et S'en alla siéger à la droite de Dieu." Selon les traductions, on lit "assis" ou "siéger", mais c'est "trôner" qui est plus proche du sens.
Pour nous, la signification est cette action de permanence qui est implicite. C'est le Trône permanent du Christ, Sa place normale dans l'univers, siégeant "à la droite de la puissance de Dieu" – ce que l'on retrouve dans la prière de "secrète" dite par le prêtre au cours de la Liturgie de ce jour.
L'acte d'Ascension en lui-même est intéressant, et il a peut-être été l'objet de bien trop de spéculations, inutiles et probablement vaines, alors qu'il s'agit de l'acte suivant : celui du Christ de Dieu, reprenant Sa place légitime; ce qui est de la plus haute signification pour nous. Voilà notre garantie pour l'objet de notre foi : le Fils de Dieu est sur le siège de la puissance, la place qu'en réalité, au sens le plus vrai, Il n'avait jamais quittée. Il était physiquement avec nous – durant un bref instant dans le temps, le Fils de Dieu a été ici parmi nous, comme nous, partageant avec nous. Et semblable à nous, sous notre forme, Il a reprit Sa place de puissance et nous garanti dès lors notre place là-bas, si nous nous efforçons de prendre ce qu'Il nous a préparé (Jean 14,2). Là est la joie de la fête de l'Ascension de notre Seigneur : la garantie que tout ce passera bien si nous faisons comme Il nous l'a demandé. Il a la puissance, Il est là autant comme notre représentant que comme notre Dieu, car Il a vécu ici comme Dieu-Homme, une Personne qui a vécu notre vie, enduré nos épreuves et tribulations, et utilisé notre capacité pour vaincre ces souffrances. A présent, à travers les yeux de l'Évangéliste, des yeux ouverts par le Saint Esprit, nous le voyons à Sa place légitime et glorieuse, plaidant pour nous et assis sur Son trône de Jugement. Nous avons notre Avocat et Médiateur, Il nous y est donné à voir, à travers les yeux du bienheureux Apôtre. Pour un bref et glorieux moment, le Christ notre Dieu a marché ici au milieu de nous, un laps de temps qui à la vue du Ciel n'a pas de temps, mais qui y est pour toute l'éternité comme le présent. Le Christ est là parmi nous, intemporel, Il est maintenant parmi nous, le Vrai Berger au milieu de Son peuple, Celui dont la voix nous est connue et dont l'ombre repose sur nous. Nous sommes à Lui, il ne tient qu'à nous de prendre nos croix individuelles et, comme le flot continu des saints à travers les siècles, de marcher à Sa suite, paisiblement, sans tambour ni fanfare. Le fardeau qu'Il a placé sur nous est léger, un fardeau que l'on peut facilement porter si seulement on veut bien voir le Christ comme étant notre Berger, notre Maître.
Intemporel, Il monte devant nous et nous guide par Son Ascension vers le lieu où est notre vraie demeure, si seulement nous voulons bien accepter ce qu'Il nous propose et prendre notre croix.
Amen.

Hiéromoine Michael,
abbé du monastère Saint-Petroc.

Extrait du sacramentaire-pontifical Saint-Colman, usage autorisé dans les paroisses de Rite Orthodoxe Occidental au sein de l'Église Orthodoxe Russe Hors Frontières (EORHF)

P. Seraphim Holland: Questions/réponses sur le Dimanche des Pères du 1er Concile Oecuménique


Questions à propos du dimanche des saints Pères du 1er Concile Oecuménique
QUESTION 1
Quand célèbre-t'on le dimanche des saints Pères du 1er Concile Oecuménique? Spéculez pourquoi.

RÉPONSE 1
Le dimanche des saints Pères du 1er Concile Oecuménique est célébré le dimanche précédant la Pentecôte, suivant le jeudi de l'Ascension. Lorsque le Christ monta au Cieux, Il réitéra Sa promesse du Saint Esprit aux Apôtres. Le Saint Esprit guide l'Église, et cette guidance s'est magnifiquement manifestée dans les Conciles oecuméniques, lorsque les dogmes ont été *confirmés* et les hérétiques dévoilés comme tels. Pendant que nous sommes dans l'attente de la célébration du don du Saint Esprit, il est approprié de penser à la manière dont Il guide l'Église. Par le Saint Esprit, Qui guida les saints Pères dans les Conciles et confirma leurs décrets dans l'esprit de l'Église, la Foi Orthodoxe, qui n'est rien de moins que l'unique Foi correcte et salvatrice dans l'unique vrai Dieu, fut préservée.


QUESTION 2
Qu'est-ce qu'un Concile oecuménique? Combien y en a-t'il eu? En général, pourquoi étaient-ils convoqués? Comment les Orthodoxes considèrent-ils les décrets des Conciles oecuméniques? Quelle était la raison principale de la convocation du 1er Concile oecuménique? Quand et où a-t'il été assemblé?

RÉPONSE 2
Le principe que les hiérarques peuvent se rassembler et formuler des décrets doctrinaux et disciplinaires et des résolutions qui sont la volonté de Dieu et acceptés par l'Église entière fut établi durant la période apostolique, avec le premier Concile RAPPORTÉ, qui l'a été par saint Luc dans ses Actes, avec la célèbre déclaration qui allait devenir une sorte d'antienne pour les Orthodoxes : "il a paru bon à l'Esprit-Saint et à nous" (Actes 15,28).

Il y a eu 7 Conciles oecuméniques, qui ont toujours été convoqués lorsqu'il y avait une hérésie qui mettait en danger la pureté de la Foi Orthodoxe. Le 1er Concile oecuménique a eu lieu à Nicée en 325. Il a principalement été convoqué pour combattre l'hérésie de l'arianisme.

Vous êtes devenus les véritables gardiens des traditions apostoliques, / O saints Pères / car en explicitant de manière Orthodoxe en Concile / le dogme de la consubstantialité de la Sainte Trinité, / vous avez repoussé le blasphème d'Arius. / Ensuite, après avoir censuré Macedonius, l'ennemi du Saint Esprit, / vous avez condamné Nestorius, Eutyches, Dioscore, / Sabellius et Severus l'écervelé. / Dès lors, nous vous supplions / afin d'être délivrés de leur erreur // et que notre vie soit préservée sans honte dans la Foi.
(Vêpres du dimanche des saints Pères du 1er Concile oecuménique, Litie)

"Aujourd'hui la brillante ville des Nicéens / a réuni chez elle, venus du monde entier / 318 hiérarques déposant contre Arius, / celui qui avait proféré le blasphème et méprisé Un de la Trinité, / le vrai Fils et la Souche Divine; / et ayant donc déposé cet homme de son pouvoir, // les Pères renforcèrent puissamment la sainte Foi."
(Matines du dimanche des saints Pères du 1er Concile oecuménique, Hymne de session après la 3ème Ode du Canon)

QUESTION 3
Quel document ecclésial majeur fut en partie produit par le 1er Concile oecuménique? Pourquoi? Commentez l'importance de ce document concernant l'Orthodoxie d'une personne.

RÉPONSE 3
Le Symbole de la Foi, le Credo Nicéen, fut compilé en partie à Nicée (les 7 premiers articles y furent rédigés). Ce fut la première expression écrite de la croyance Orthodoxe non-écrite au sujet de la nature de Dieu, et de la relation interne du Père au Fils. Ce fut le premier document universellement accepté définissant ce qu'était le Christianisme. C'était le premier moyen universel : c'était la mesure par laquelle l'on pourrait faire le tri entre Orthodoxie et hérésie. S'en éloigner signifiait avoir cessé d'être Chrétien. Dès lors, jusqu'à nos jours, il est impossible pour qui que ce soit d'être Chrétien si ce symbole, qui dogmatise la vérité divine à propos de Dieu et de Son économie, n'est pas fermement accepté.

"O vous les assemblées des Orthodoxes, / célébrons ensemble ce jour dans la foi et la piété / cette commémoration annuelle des Pères théophores / qui se rassemblèrent dans l'illustre ville de Nicée, / venant des 4 coins du monde habité. / Car leur esprit de piété / les fit réfuter les dogmes impies de l'infâme Arius, / et par un décret synodal ils le bannirent de l'Église Catholique. / Et ils donnèrent instruction à tous d'ouvertement confesser / le Fils de Dieu consubstantiel et co-éternel, / Qui existait avant les siècles. / Ceci, dans l'exactitude et la piété, / ils l'exposèrent dans le Symbole de la Foi. / Dès lors, suivant leurs divines doctrines / et croyant avec assurance, / nous adorons en la Divinité Une, / le Père, le Fils et le Saint Esprit, // la Trinité une en essence."
(Vêpres du dimanche des saints Pères du 1er Concile oecuménique, apostiche, gloire)

"La première assemblée de Tes prêtres, O Sauveur, Te proclama pieusement comme engendré et consubstantiel avec le Père sans commencement, le Créateur de tout."
(Matines du dimanche des saints Pères du 1er Concile oecuménique, Canon des Pères, Ode 3)

Ayant rassemblé toute la connaissance sur les choses de l'esprit / et l'ayant soigneusement examinée par la grâce du divin Esprit, / tels de pieux scribes / les augustes Pères rédigèrent le céleste Symbole, / le vénérable Credo de notre sainte Foi, / dans lequel ils enseignent clairement qu'à l'instar de Dieu le Père, / Le Verbe de Dieu est aussi sans origine / et est consubstantiel avec Lui en vérité. / Ainsi ces loués et renommés et pieux pères / manifestement suivirent // ce que les Apôtres avaient enseigné. (Louanges pour le dimanche des saints Pères)

QUESTION 4
Décrivez l'hérésie pernicieuse combattue par le Concile. Existe-t'il encore des groupes reconnaissables qui croiraient encore en cette hérésie, et seraient de ce fait hors de l'Église?

RÉPONSE 4
Dans les grandes lignes, l'hérésie de l'arianisme, qui tire son nom de son principal auteur, l'ex-prêtre Arius de Carthage, prétendait que le Christ était créé, et non pas parfaitement Dieu. Ce fut le modèle pour nombre de futures hérésies, dont toutes, d'une manière ou l'autre, allaient chercher à soit élever l'humanité du Christ aux dépens de Sa divinité, ou d'élever la divinité du Christ aux dépens de Son humanité. L'extrême opposé de cette hérésie fut l'hérésie monophysite, qui prétend que le Christ n'avait qu'une seule nature, puisque Sa nature humaine aurait été "avalée" par Sa nature divine.

Les Orthodoxes confessent que Jésus-Christ est de même essence (nature) que Dieu le Père, "homoousios", et qu'il n'y a jamais eu un seul instant où Il n'aurait pas été Dieu, et qu'il y a eu un temps où Il S'est incarné, et a aussi assumé la nature humaine, et Sa divinité et Son humanité (2 natures) coexistent en une Personne, sans confusion ni distinction. Ce dogme n'est pas une simple guerre de mots ou une question de sémantique. Si Jésus-Christ n'a pas assumé notre nature humaine en tout, non mélangée à la divinité (telle que notre nature est, puisque nous sommes des créatures mortelles), Sa Résurrection n'aurait aucune efficacité pour l'humanité, puisqu'Il n'aurait pas ressuscité la nature humaine que nous possédons.

Parmi les actuels partisans de l'hérésie d'Arius on trouve les Mormons, les Pentecôtistes unitaristes, les Témoins de Jéhovah, et les Adventistes du 7ème jour.

QUESTION 5
Quel Évangile est lu ce dimanche et pourquoi?

RÉPONSE 5
L'Évangile est saint Jean 17,1-13, il comporte les paroles que le Seigneur a adressées à Ses disciples juste avant Son arrestation le Jeudi Saint.
http://stmaterne.blogspot.com/2007/04/s-jean-maximovitch-nuit-du-jeudi-saint.html

Ses Paroles, citées ci-après, réfutent puissamment l'hérésie d'Arius, car elles Le montre clairement égal au Père.

"Ainsi parla Jésus; puis, levant les yeux au ciel, Il dit: Père, l'heure est venue! Glorifie Ton Fils, afin que Ton Fils Te glorifie" (Jean 17,1).

On voit aussi la réciprocité de relation, où chaque Personne a la capacité de glorifier également l'autre.

Voici les propres Paroles du Christ : "Et maintenant, Toi, Père, glorifie-Moi auprès de Toi-même en M'accordant cette gloire que J'avais auprès de Toi avant que le monde fût créé" (Jean 17,5). Elles réfutent directement l'idée blasphématoire, présentée par Arius en premier lieu, prétendant que Jésus-Christ était créé.

Les paroles de la prière du Christ trouvent aussi un magnifique accomplissement dans les saints Pères, successeurs des Apôtres.

Saint Nicolai Velimirovic l'explique :
"La prière du Christ - "Père saint, garde-les dans Ton Nom, ceux que Tu M'as confiés, afin qu'ils soient un comme nous" (Jn 17,11) – n'est pas seulement pour les Apôtres, bien que c'était en premier lieu pour eux. Mais c'est aussi pour tous ceux qui ont et qui auront la foi en Christ par leur prédication. Dès lors, cette prière était aussi pour les saints Pères du 1er Concile oecuménique, que nous commémorons ce jour. "Garde-les!" - voilà la prière du Seigneur à Son Père. Et le Père les garde contre les erreurs d'Arius, et les inspira, les illumina et les renforça par le Saint Esprit, pour défendre et confirmer la Foi Orthodoxe. Cette prière est pour nous tous qui sont baptisés dans l'Église apostolique et qui, par les Apôtres et leurs successeurs, sont venus à la connaissance du Nom salvateur du Christ Sauveur."
Saint Nicolas Velimirovic, homélies, volume 1, sur le 6ème dimanche après Pâques.

QUESTION 6
Quelle est la définition de la vie éternelle que Jésus donne dans l'Évangile pour ce dimanche?

RÉPONSE 6
Notre Seigneur définit la vie éternelle dans Sa prière sacerdotale adressée au Père : "Or, la vie éternelle consiste en ce qu'ils Te connaissent, Toi, le seul vrai Dieu, et Celui que Tu as envoyé, Jésus-Christ" (Jean 17,3).

QUESTION 7
Citez certains des saints Pères du 1er Concile oecuménique. Qui d'entre eux a frappé un hérétique par excellence? Que s'est-il passé? Combien de saints Pères ont participé au Concile? Où trouve-t'on ce chiffre dans les saintes Écritures? Décrivez le traitement que les saints Pères ont infligé à Arius et comparez avec les activités et déclarations d'actuels influents évêques Orthodoxes de nos jours.

RÉPONSE 7
Il y eut 318 saints Pères à ce premier Concile oecuménique à Nicée, un nombre qui apparaît aussi prophétiquement dans l'Ancien Testament:

"À la nouvelle de la capture de son parent, Abram mit sur pied 318 de ses gens les mieux éprouvés, nés dans sa maison, et il poursuivit les rois jusqu'à Dan" (Gen. 14,14). Cela fait référence à l'épisode où Abram (par la suite renommé Abraham par Dieu) sauva Lot.

Le premier Concile était particulièrement riche en Pères saints et théophores, parmi lesquels ont trouvait :

* saint Nicolas le Thaumaturge
* saint Basile le Grand
* saint Spyridon
* saint Athanase le Grand (qui était encore diacre à l'époque)
* saint Paphnuce

"Aujourd'hui la brillante ville des Nicéens / a réuni chez elle, venus du monde entier / 318 hiérarques déposant contre Arius, / celui qui avait proféré le blasphème et méprisé Un de la Trinité, / le vrai Fils et la Souche Divine; / et ayant donc déposé cet homme de son pouvoir, // les Pères renforcèrent puissamment la sainte Foi."
(Matines du dimanche des saints Pères du 1er Concile oecuménique, Hymne de session)

Les saints Pères s'attaquèrent avec force à l'horrible hérésie d'Arius, parce qu'ils avaient compris ses implications, et les offices transmettent l'essence de cette sainte et violente bataille : l'insensé et fou d'Arius / divisa un jour la domination de la toute sainte Trinité / et en fit 3 essences dissemblables et étrangères. / Suite à cela, les Pères théophores se rassemblèrent avec ferveur, / brûlant de zèle tel Élie le Tesbite, / et tranchèrent avec l'épée acérée du Saint Esprit / le vil blasphémateur, / qui enseignait de honteuses doctrines. // Car l'Esprit les leur avait révélées."
(Vêpres, Seigneur j'ai crié)

La lutte contre Arius devint si intense que Nicolas le Thaumaturge, brûlant du divin zèle, frappa le blasphémateur sur la face afin de faire cesser son flot de doctrines infectes (le récit de cet événement est repris dans un autre de nos questions/réponses)

A notre époque d'oecuménisme et de compromission, les évêques bien souvent ne vivent pas comme moines, mais agissent en politiciens, et ferment les yeux sur des hérésies pire encore que l'arianisme. Des documents totalement non-orthodoxes sont signés, tels l'infâme "Accord de Balamand", et des bergers fous célèbrent des offices et vénèrent avec des loups, et encouragent leurs brebis à s'acoquiner avec ces loups, dans leurs blasphématoires célébrations "inter-foi." Bien de cette fausse guidance est accomplie au nom de "l'amour", en réalité l'amour de ce monde. Bien trop de hiérarques ne ressemblent plus en rien aux pères théophores des saints Conciles.

[je passe la question 8, qui est sur la Paschalie, sujet déjà maintes fois traité sur ce blog]

QUESTION 9
Quelles sont les 3 commémorations célébrées dans les offices de ce dimanche? Expliquez.

RÉPONSE 9
Le dimanche des saints Pères du 1er Concile oecuménique a lieu au milieu de la période festive de l'Ascension. Dès lors, 3 choses sont abordées dans les offices :

1. La Résurrection (comme chaque Dimanche)
2. L'Ascension
3. Les saints Pères du 1er Concile oecuménique

QUESTION 10
Expliquez ce que veut dire pour les Orthodoxes "guidé par le Saint Esprit", et comparez cela avec les autres qui disent croire en Christ sans être Orthodoxes.

RÉPONSE 10
L'Église est guidée par le Saint Esprit, et ses membres sont aussi guidés par ce même Esprit. Puisque le Saint Esprit ne Se contredit jamais Lui-même, les personnes individuelles doivent être d'accord avec le consensus général de l'Église Une, Sainte et Catholique. L'erreur que commettent les sectaires c'est qu'ils ont perdu la conscience de ce consensus, et dépendent imprudemment de leur propre interprétation privée (2 Pierre 1,20).

"Le Saint Esprit pourvoit en tout; Il fait jaillir la prophétie; Il parfait la prêtrise; Il a enseigné la sagesse aux illettrés. Il a fait de pêcheurs des théologiens. Il maintien unie toute l'institution de l'Église. Dès lors, O Consolateur, Un en essence et trônant avec le Père et le Fils, gloire à Toi." (Vêpres de la Pentecôte)
P. Seraphim
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Extraits de textes de Pères de l’Eglise sur l’Ascension - Irénée de Lyon, Hilaire de Poitiers, Ambroise de Milan :
http://www.orthodoxie.com/2007/05/extraits_de_tex.html

Textes du 7ème dimanche après Pâques / Pères du 1er Concile Oecuménique & catéchèse par le p. Marc-Antoine:
http://www.orthodoxie.com/2006/06/dimanche_des_sa.html