"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

13 juin 2007

Tempus est tacendi!

dicebat S. Gregorii Nysseni

Du haut de sa science scripturaire, dans son homélie sur l'Ecclésiaste, notre grand ami Grégoire (me) recommande de faire silence. Pas pour être fainéant, mais l'apophatisme étant la voie par excellence, un peu la rabattre ne me fera pas de tort, sauf à l'ego.
On va essayer!


INTERLUDE! - PAUSE!

Il se fait que j'ai pas mal "carburé" pour ce blogue depuis mars 2006, et les autres activités internet depuis 2004, et ce de manière quasi non-stop. Avec, depuis le début du Carême de la Nativité en 2006, une sorte "d'intégrale" d'homélies, méditations et catéchèses sur toutes les fêtes liturgiques Orthodoxes, tant du calendrier occidental qu'oriental.
En dehors de ma vie de famille, de mes activités côté travail et associatif (Nature & Progrès, tir sportif, club canin, etc), je vais continuer à traduire, mais en préparant un peu quelque dossiers de fond plutôt que du "au jour le jour." Pendant quelque temps, je vais essayer (!) de laisser un peu le blogue de côté, en dehors d'homélies dominicales et d'éventuels articles d'actu' importante. Quoique!
Et travailler aussi un peu à mon site sur les anciens navires de la Marine militaire belge pour lequel j'ai tant et tant de matériau (photo & audio) et si peu réalisé jusqu'à présent.
Puis aussi, il faudra commencer à travailler sur "La Voile" n° 5, j'ai rien de moins qu'un livre entier
(de saint Jean Maximovitch) à traduire pour y publier. Et tant d'autres choses aussi.


horloge coucou suisseLa vie est là, la roue tourne, le temps passe


Et chantent les oiseaux, et brille le soleil....


Bref, voici le temps d'une petite pause, après 797 articles en un an et 3 mois...


12 juin 2007

Saint Léon III, un des derniers papes Orthodoxes de Rome (+ 816)

Mosaïque dans la salle (Triclinium) de Léon III, palais du Latran (798/799)

C'est sa fête aujourd'hui! Vu son importance théologique capitale pour l'Occident et son redressement, on ne peut qu'être "surpris" de ne pas lui voir prendre une place plus grande que ça dans la Liturgie de l'Église.. à savoir l'oubli intégral...
Luttant contre toutes les hérésies de son époque si chamboulée et difficile, il osa s'élever contre le pouvoir princier qui voulait imposer l'hérésie du "filioque." Il défia Charlemagne non seulement en rédigeant une paraphrase du Symbole baptismal explicitant la doctrine trinitaire Orthodoxe, mais plus fort encore, il fit graver "deux grands écussons d'argent en forme de boucliers, du poids de 94 livres et 6 onces, y fit écrire le Symbole sans l'addition, sur l'un en grec, et sur l'autre en latin, et les fit placer à droite et à gauche de la confession de Saint Pierre, comme des monuments publics du soin avec lequel l'Eglise de Rome conservait le Symbole tel qu'elle l'avait reçu."
Il est mentionné dans un calendrier liturgique Orthodoxe occidental du 10ème siècle, donc d'avant le Schisme, un calendrier breton du 10ième siècle (fonds Bongars 441, de la Bibliothèque de la ville de Berne) qui stipule "ad 2 id. jun." (=12 juin).
A quand tropaire & Icône & enseignement de tout cela dans nos écoles de théologie? A quand sa place dans la Liturgie de tous les 12 juin que Dieu fera? Retrouver l'héritage de l'Occident Orthodoxe et le célébrer, n'est-ce pas ce que l'archimandrite Symeon recommande dans son entrevue radio?

Ah oui, pour la prochaine édition du Synaxaire, en grec, saint Léon III s'appelle :
Ο Πάπας Λέων ο Γ΄


Saint Léon III se décharge par serment sur les Écritures de toute la culpabilité qu'on lui avait fielleusement imputée - extrait d'une fresque peinte par Raffaello Sanzio (ou Raffaello de Urbino, 1483-1520)

Insolite,
que cette mention dans un calendrier en latin publié ... à Moscou:
http://ecclesia.nm.ru/latine/calendarium_02.html#Junius

"Leonis III Papae et confessoris (816), semiduplex"

C'est bien la mention originelle de l'Église!

C'est une page de l'étonnant site internet russe
http://ecclesia.nm.ru/index.htm


La présentation en texte latin précise bien que ce ne ne sont pas des Orthodoxes de Rite Occidental, quoique le texte puisse le laisser croire, mais des catholiques-romains "traditionalistes" Russes faisant profession de foi orthodoxe.. à leur manière donc puisque sans faire partie de l'Église mais bon, faut un début à tout..



Saint Germain de Paris, un saint Orthodoxe pour notre temps (abbé Michael, EORHF)

Saint Germain de Paris
miniature au début de la vigile de saint Germain

Bréviaire à l'usage de Paris, vers 1414
BM Châteauroux, ms 0002, folio 181
Enlumineurs : Maître de Bedford ; Maître de Boucicaut
source © Institut de recherche et d'histoire des textes - CNRS

Né près d'Autun, en Saône-et-Loire vers 496, il est mort à Paris le 28 mai 576. Il étudia à Avalon et aussi à Luzy, sous la guidance de son cousin, le prêtre Scapilion. Ordonné prêtre à 34 ans par saint Agrippinus, évêque d'Autun, il devint abbé de la proche abbaye de Saint-Symphorien.
Sa vertu caractéristique était l'amour des pauvres. Il la manifestait si fortement par ses aumônes que ses moines, redoutant qu'il finisse par tout donner, se rebellèrent.
Alors qu'il se trouvait à Paris en 555, l'évêque Eusèbe mourût. Le roi Childebert
garda Germain près de lui, et avec le consentement unanime du peuple et du clergé, il fut consacré pour le siège devenu vacant. Dans son nouvel état, l'évêque continua à pratiquer les vertus et austérités de sa vie monastique, et travailla avec ardeur pour réduire les maux causés par les incessantes guerres et la débauche des nobles. Il participa aux 3ème et 4ème Conciles de Paris (556-573) et aussi au 2ème Concile de Tours (18/11/567).
Il persuada le roi d'éradiquer les pratiques païennes qui existaient encore en Gaule et d'interdire les débordements qui accompagnaient encore la célébration de la plupart des fêtes Chrétiennes. Le roi Childebert tomba gravement malade, dans son palais à Celles, mais fut miraculeusement guéri par Germain, tel que l'atteste la lettre-patente du roi, dans laquelle il accorde des terres de Celles à l'église de Paris, du fait du miracle. Le 13 décembre 558, l'église Saint-Vincent fut achevée et consacrée par Germain, le jour même où le roi Childebert mourrait. Un monastère fut élevé à proximité de l'église. Charibert devint roi de Paris. Il était malfaisant, et Germain fut obligé de l'excommunier pour immoralité en 568.
Charibert mourut en 570. Paris tomba entre les mains du roi Sigebert. Germain écrivit à la reine Brunehilde (Brunehaut) une lettre que l'on possède encore, lui demandant d'user de son influence pour empêcher la poursuite de la guerre. Germain mourut l'année suivante, sans avoir vu la paix rétablie. Il fut enterré dans la chapelle de Saint-Symphorien, qui se trouvait dans le vestibule de l'église Saint-Vincent. Mais en 754, ses reliques furent solennellement levées de terre et placées dans le corps de l'église, en présence du roi Pépin-le-Bref et de son fils, Charlemagne, âgé alors de 7 ans. Depuis lors, l'église fut appelée Saint-Germain des Prés.
En plus de la lettre mentionnée ci-dessus, il existe un traité attribué à Germain, parlant de l'ancienne liturgie gallicane, "De liturgia gallica"; il a été publié en 1685 par Dom Martène dans son "Thesaurus Novus Anecdotorum."
Saint Germain est fêté le 28 mai (*).
Fr. Michael (méditation pour Trinité 1)

*-*-*-*-*-*-*-*-*

(*) note : date de fête adaptée pour le calendrier en usage en Europe occidentale; la date originale mentionnée est celle de l'ancien calendrier utilisés par certains Orthodoxes.


Radio : les saints locaux
Bogdan-Florin Vlaïcu propose, à l'occasion du dimanche des saints locaux, un entretien sur l'Eglise orthodoxe en France et ses saints réalisé avec l'archimandrite Syméon, higoumène du monastère Saint Silouane (près du Mans).
Les nombreux saints qui ont vécu sur la terre de France au premier millénaire, qui sont célébrés et, parfois, redécouverts par l'Eglise orthodoxe, seront évoqués.
Cliquez ici pour le fichier MP3 - l'émission proprement dite commence après 2 minutes 20' d'autres sujets.




11 juin 2007

p. G. Poulos: l'Icône miraculeuse "Axion esti"


Fêtée le 11 juin

par le prêtre G. Poulos

La sainte montagne de l'Athos est fréquemment mentionnée dans les discussions internes à l'Orthodoxie. Le Mont Athos est ce que nous appelons une "république spirituelle." C'est un État indépendant qui ne fait allégeance seulement au Dieu Tout-Puissant. Le Mont Athos est perché sur une péninsule de quelque 30km de long sur 12km de large, face à la côte de Macédoine. Les monastères qu'on y trouve sont parmi les plus anciens dans la Chrétienté. Des moines, des ermites et de saints hommes y ont vécu depuis le 3ème siècle.

Au cours de l'ère byzantine, la population totale dépassait les 50.000 hommes. Les femmes n'ont jamais été admises sur le Mont Athos. La Toute Pure et Toujours Vierge Marie, la Mère de Dieu, est la "sainte patronne" de la république spirituelle du Mont Athos. Dans un des magnifiques monastères, on trouve une immense Icône de la Bienheureuse Vierge Marie qui a été appelée "Axion Esti", ce qui signifie "Il est digne en vérité" [de te bénir, O Vierge]. Cette magnifique Icône a été peinte au 7ème siècle et depuis lors, elle orne les murs sacrés de la cathédrale sur le Mont Athos.

Aujourd'hui, nous commémorons l'anniversaire du miracle qui a eu lieu en face de cette Icône il y a quelque mille ans d'ici, un 11 juin. Au cours de la célébration de la Divine Liturgie dominicale, nous entendons l'hymne splendide et inspirante appelée "Il est digne en vérité", "Axion esti" en grec, qui (au moment où nous nous agenouillons) suit la prière appelée "Epiklesis" (épiclèse). Cette hymne a été composée en 720 par saint Cosmas, un des plus grands hymnographes de l'Église Chrétienne. Cependant, l'hymne commençait par les paroles suivantes : "Toi plus vénérable que les Chérubins" (Tin Timioteran). C'est une bonne centaine d'années plus tard que cette hymne fut ajoutée à la Divine Liturgie, mais augmentée d'un nouveau début suite à l'événement miraculeux suivant :

Le 11 juin 980, un groupe de moine était occupé à célébrer une Vigile de toute une nuit devant l'Icône de la Bienheureuse Vierge Marie. Ils remarquèrent soudain un moine se tenant à droite de l'Icône, qu'ils ne reconnaissaient pas. Il était inconnu des moines, et nul ne pouvait expliquer sa soudaine présence. Ce moine non-identifié commença à chanter l'hymne magnifique composée par saint Cosmas, mais en commençant par les paroles "Axion Esti os Alethos Makarizin Se Tin Theotokon", ce qui signifie "Il est digne en vérité de te célébrer, ô Mère de Dieu, bienheureuse et très pure et Mère de notre Dieu." Le moine expliqua alors aux autres qu'il était l'Archange Gabriel et que ces paroles devraient être ajoutées à l'hymne. L'Archange disparu ensuite de leur vue, laissant les moines émerveillés face à la puissance de Dieu. Depuis ce jour du 11 juin 980, les paroles additionnelles à l'hymne de saint Cosmas ont été chantées par tous les Chrétiens Orthodoxes, dans le monde entier. L'Icône de la Mère de Dieu "Axion Esti" est encore vénérée de nos jours à la cathédrale du Mont Athos.

"Il est digne en vérité de te célébrer, ô Mère de Dieu, bienheureuse et très pure et Mère de notre Dieu. Toi plus vénérable que les Chérubins et plus glorieuse incomparablement que les Séraphins, toi qui sans tache enfantas Dieu le Verbe, toi véritablement Mère de Dieu, nous t'exaltons."


DYNAMIS: La prophétie du Christ donnée par Moïse


Moïse recevant les tables de la Torah / Loi
Bible de Moutier-Grandval, dite de Tours ou d’Alcuin, 9ème siècle
source

12 juin 2007 – Jeûne des Apôtres
Vénérable Onouphrios le grand
Kellia: Deutéronome 18,15-22
"Le Seigneur ton Dieu te suscitera parmi tes frères un prophète comme moi: c'est à lui que vous prêterez l'oreille. C'est ce que tu as toi-même demandé au Seigneur ton Dieu, à l'Horeb, quand tu Lui as dit, le jour de l'assemblée: "Je ne veux plus entendre la voix du Seigneur mon Dieu, ni voir ce feu ardent; j'ai peur d'en mourir!" Sur quoi le Seigneur me dit: "J'approuve ce qu'ils disent là; Je leur susciterai un prophète comme toi parmi leurs frères: Je lui mettrai Mes paroles dans la bouche et Il leur fera connaître Mes ordres. Celui qui refusera d'écouter ce qu'il dira de Ma part, Je lui en demanderai compte. Mais le prophète qui aurait l'audace de proférer en Mon Nom une parole que Je n'aurai pas ordonné de dire, ou qui osera parler au nom d'autres dieux, ce prophète-là doit mourir." Si tu te dis: "Comment distinguer la parole qui ne vient pas du Seigneur?" Lorsque le prophète aura parlé au Nom du Seigneur, si ce qu'il a dit ne se réalise pas, c'est que ce discours ne vient pas du Seigneur. C'est présomptueusement qu'aura parlé le prophète. N'aie pas peur de lui."

Épître: Romains 7,14-8:2
Évangile : saint Matthieu 10,9-15

La prophétie du Christ faite par Moïse, Deutéronome 18,15-22 LXX, en particulier le verset 18 : "Je leur susciterai un prophète comme toi parmi leurs frères: Je lui mettrai Mes paroles dans la bouche et Il leur fera connaître Mes ordres." C'est l'unique passage d'un des 5 livres attribués à Moïse où le grand prophète fait référence à lui-même comme étant un prophète (v. 15); et c'est exactement dans ce même passage qu'il proclame l'avènement du Christ – "un prophète comme moi" (v. 15). Remarquez dans ce passage 1) les qualités que Dieu requiert d'un véritable prophète (Deut. 18,22) et 2) comment le Seigneur Jésus remplit les prérequis de cette prophétie. Moïse était un vrai prophète de Dieu qui perçu la venue du Christ, le "prophète qui devait venir dans le monde" (Jean 6,14).

Par Moïse, Dieu annonçait la venue du Seigneur Jésus (Deut. 18,18), car ce que le Christ a prophétisé s'est soit réalisé à l'époque, soit le sera à la fin des temps. Dieu a envoyé le Christ pour Son peuple (Deut. 18; Mt. 15,24). Selon la chair, le Seigneur appartient au peuple d'Israël, c'est-à-dire qu'Il est un "parmi leurs frères" (Deut. 18,18; Jn. 1,11). Les paroles de Dieu le Père sont en Sa bouche, et rien d'autre (Deut. 18,18; Jn. 8,26). Tout ce qu'Il dit ne vient pas de Lui-même mais : "Je dis ce que Mon Père M'a enseigné" (Deut. 18,18; Jn. 8,28).

Moïse avait prédit que Dieu susciterait "un prophète comme moi" (Deut. 18,15), et notre Sauveur, bien qu'étant le Verbe de Dieu préexistant, Qui était en Dieu et était Dieu depuis les origines (Jn. 1,1-2), "ne S'est pas prévalu de Son égalité avec Dieu; mais Il S'est anéanti Lui-même en prenant la condition d'esclave et Se faisant pareil aux hommes" (Phil. 2,7-8). Dès lors, comme l'homme Moïse, le Seigneur Jésus fut comme homme et comme Juif parmi Ses frères, le peuple d'Israël. Le Seigneur Jésus servit comme Moïse l'avait fait, médiateur entre Dieu et les hommes, car dans l'Incarnation, le but de Dieu était d'éviter de parler de
Sa Voix assourdissante et depuis ce "grand feu" (Deut. 18,16). Dès lors, Il vint sous la même forme supportable que Moïse – comme homme, S'humiliant Lui-même et étant "obéissant jusqu'à la mort" (Phil. 2,8).

Comme Dieu l'avait annoncé par Moïse, le Seigneur Jésus est Lui-même un grand prophète, car toutes Ses paroles, comme celles de Moïse, se sont accomplies, prouvées vraies (Deut. 18,22). Lorsqu'Il rencontra Nathanaël, Il dit de lui : "Voici un Israélite sans détour!" (Jn. 1,47), ce qui avait surpris Nathanaël, l'amenant à demander "Comment me connais-Tu?" (Jn. 1,48). Ce à quoi le Seigneur lui répondit qu'Il l'avait vu "sous le figuier" (Jn. 1,48) – clairvoyance prophétique [*]. De plus, Il prédit aussi à Nathanaël "tu verras des choses plus grandes encore" (Jn. 1,50), ce qui fut accompli par les nombreux miracles auxquels Nathanaël assista par la suite, et par dessus tout dans la Résurrection du Seigneur.

La rencontre avec Nathanaël n'était que le début, car le Seigneur prophétisa bien plus encore : que certains de Ses disciples ne croiraient pas en Lui (Jn. 6,64), et "dès ce moment-là, nombre de Ses disciples se retirèrent et ne Le suivirent plus" (Jn. 6,66). Il annonça que Judas Le trahirait (Jn. 6,64; Luc 22,21); et en effet, Judas guida "la cohorte et des gardes dépêchés par les grands prêtres et les pharisiens" jusqu'au jardin de Getsemani (Jn. 18,3). De même, longtemps avant la nuit au cours de laquelle Il "Se livra Lui-même pour la vie du monde", Il prédisit que le Fils de l'Homme aurait "à souffrir beaucoup, et serait rejeté... et tué, et 3 jours après Se relèverait" (Mc 8,31) – et tout cela s'est accompli.

Par dessus tout, cela amène à reconnaître que le Christ était aussi comme Moïse d'une autre manière, fort significative: seules les paroles de Dieu étaient en Sa bouche. Comme Il le dit à Ses compatriotes Juifs, "Ma doctrine n'est pas de Moi, mais de Celui Qui M'a envoyé. Si quelqu'un veut accomplir la volonté de Dieu, il verra bien si Ma doctrine est de Dieu, ou si Je parle de Moi-même" (Jn. 7,16-17). Bien qu'étant Dieu, Il parla en paraboles, sachant que nombre de gens n'étaient pas préparés à "connaître les mystères du Royaume de Dieu" (Mc. 4,11).

O Toi Qui a suscité Moïse comme témoin de Ta divinité, en faisant un précurseur de l'Évangile de la libération à travers la Croix et la Résurrection, O Seigneur, gloire à Toi!


note de traduction:
[*] dans le midrasch, le figuier représente la Torah, la Loi. Le Christ mentionne par là que Nathanaël est un de ces rares Israélites vivant vraiment la Loi Mosaïque, pas uniquement en apparence. Il fallait être Dieu, scrutant les coeurs et sondant les reins, pour savoir faire la différence, vu les apparences extérieures semblables entre vrais et faux pratiquants! Nathanaël ne s'y trompe pas.


10 juin 2007

Saint Landry de Paris, fondateur de l'Hôtel-Dieu

fêté le 10 juin

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http://archiver.rootsweb.com/th/read/QUEBEDEAUX/2000-01/0947628748

From: Don2717@aol.com
Sujet: Restauration de la chapelle Saint-Landry à Paris
Date: mardi 11 Jan 2000 17:12:28 EST

Une chapelle de Saint-Landry existe, située dans l'église de Saint-Germain l'Auxerrois, à Paris. Elle se situe sur un promontoire près de l'Autel principal.
Elle contient un Autel avec une peinture montrant saint Landry, Clovis II et son épouse, et le maire du Palais Erchinoald, sur le retable de l'Autel. Un grand vitrail avec l'inscription "Chapelle de Saint Landry"; une belle statue peinte de saint Landry, et 2 fresques dépeignant la vie de saint Landry, évêque de Paris.

Saint Landry fut évêque de Paris entre 650 et 661, et c'est lui qui fonda l'Hôtel-Dieu à Paris, pour aider les pauvres de Paris. Cet hôpital se trouve encore au même endroit et c'est une institution mondialement renommée de nos jours.
paroisse Saint-Landry, en Louisiane
La chapelle a besoin de réparations et les fresques de restauration. La chapelle et son contenu sont des biens de haute valeur tout à fait dignes de restauration. C'est de ce saint Landry-ci que l'église Saint-Landry ("l'église-mère des Acadiens") et la commune de Saint-Landry Parish, Louisiane, tirent leur nom.





Un comité a été fondé pour la restauration de la chapelle de Saint-Landry dans l'église de Saint-Germain l'Auxerrois, à Paris, et il accepte tout soutien et aide de ceux qui sont intéressés dans ce bon projet, en particulier ceux qui s'appellent Landry [...]

Dr. Don Landry
2717 Massachusetts Avenue
Metairie, Louisiana
504/469-2555
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C'est peut-être lui à gauche sur la photo, sans certitude

On en parle ici aussi :
http://www.sculptures-de-france.org/mobilier_235237.html

Et ici les informations sur la peinture du retable, qui date du 19ème siècle.

Je n'ai hélas pu la voir, mais je crains que de toute manière elle ne soit pas très orthodoxe..
C'est dramatique qu'il ne se trouve jamais le moindre iconographe Orthodoxe à penser à refaire de l'iconographie orthodoxe occidentale, à l'ancienne. Lors des rarissimes occasions où ils pensent à représenter des saints d'ici, ils les font ressembler à des Grecs ou à des Russes. Nous avons été créés tous différents, c'est un don de Dieu, pourquoi toujours rejeter ce don?...
JM


Impossible d'être Chrétien sans la Sainte Trinité (Dimanche Trinité 1, Orthodoxie occidentale EORHF)

Matines
Psaume 17 (Diligam te, Domine)
AT : Josué 1,1-18
Après la mort de Moïse, serviteur du Seigneur, le Seigneur dit à Josué, fils de Nun, assistant de Moïse : "Moïse, mon serviteur, est mort; allons, maintenant passe ce Jourdain, toi et tout ce peuple, pour entrer dans le pays que je donne aux Israélites. Tout lieu que foulera la plante de vos pieds, je vous le donne, comme je l'ai promis à Moïse. Votre territoire s'étendra du désert et du Liban que voilà jusqu'au grand Fleuve, l'Euphrate, sur tout le pays des Hittites et jusqu'à la Grande Mer qui est au couchant. Tant que tu vivras, nul ne pourra tenir devant toi; je serai avec toi comme j'ai été avec Moïse; je ne te laisserai point, je ne t'abandonnerai point. Sois ferme et courageux : C'est toi qui mettras ce peuple en possession du pays que j'ai juré à leurs pères de leur donner. Seulement sois ferme et courageux pour observer soigneusement toute la loi que Moïse, mon serviteur, t'a prescrite. Ne t'en écarte ni à droite ni à gauche, afin de réussir dans toutes tes entreprises. Aie toujours à la bouche les paroles de ce livre de la loi; médite-le jour et nuit, pour te conformer à tout ce qui s'y trouve écrit; à ce prix tu réussiras dans tes démarches et tu auras d'heureux succès. Ceci est un ordre : Sois ferme et courageux. Sois sans crainte et sans peur, car le Seigneur est avec toi partout où tu iras." Voici l'ordre que Josué donna aux officiers du peuple : "Parcourez le camp et donnez au peuple l'ordre suivant : Apprêtez des provisions. Dans 3 jours vous franchirez ce Jourdain pour aller conquérir le pays dont le Seigneur vous octroie la possession." Josué s'adressa aussi aux Rubénites, aux Gadites et à la demi-tribu de Manassé en ces termes : "Rappelez-vous ce que vous a prescrit Moïse, le serviteur du Seigneur, quand il vous disait : Le Seigneur votre Dieu vous accorde le repos et vous donne ce pays. Vos femmes, vos petits enfants et vos troupeaux resteront dans le pays que Moïse vous a donné, au-delà du Jourdain; mais vous, tous les hommes adultes et valides, vous passerez tout armés devant vos frères et vous les aiderez jusqu'à ce que le Seigneur ait donné à vos frères le repos comme à vous, et qu'ils entrent en possession, eux aussi, du pays que leur a départi le Seigneur votre Dieu. Puis, vous reviendrez dans le pays qui vous appartient, celui que Moïse, le serviteur du Seigneur, vous a donné au-delà du Jourdain, vers le levant." Ils répondirent à Josué : "Tout ce que tu nous as commandé, nous le ferons, et partout où tu nous enverras, nous irons. En toutes choses nous t'obéirons comme nous avons obéi à Moïse. Que le Seigneur daigne seulement être avec toi comme il a été avec Moïse! Tout homme qui sera rebelle à tes ordres et n'obéira pas à tes commandements sera mis à mort. Mais sois fort et courageux!"
NT : Saint Marc 2,1-22

COLLECTE POUR DIMANCHE TRINITÉ 1
O Dieu, force de tous ceux qui placent leur confiance en Toi, accueille miséricordieusement nos prières; et puisqu'à cause des faiblesses de notre nature mortelle, nous ne saurions accomplir aucun bien sans Toi, daigne nous accorder le secours de Ta grâce, afin qu'en gardant Tes Commandements, nous puissions Te plaire, tant en actes qu'en volonté.
Par notre Seigneur et Sauveur, Jésus-Christ, Qui vit et règne avec Toi et le Saint Esprit, Dieu Un, pour les siècles des siècles.

Divine Liturgie (Sarum)
Épître : 1 Jean 4,7-21
Évangile : saint Luc 16,19-31

Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, amen.
La première lecture des Matines est tirée des premiers versets du premier chapitre du Livre de Josué. C'est probablement lorsque les jours de deuil obligatoire pour le décès de Moïse furent achevés que Josué a reçu la divine confirmation de sa nomination comme successeur de Moïse, tel que cela nous est rapporté en Nombres 27,18. L'insistance sur le titre de "serviteur du Seigneur", est délibérément répétée ici, car elle donne autorité aux lois et écrits de Moïse, dans lesquels il a agit en tant que serviteur du Seigneur, et en Son Nom; mais plus important encore, cela assure que les Enfants d'Israël d'alors et à venir ne devront pas adorer la Loi Mosaïque et ses autres écrits et faits. Moïse était simplement humain et faillible – et c'est bien ce qui est (d)écrit – et un temps arrivera où le Seigneur Lui-même viendra et abolira une partie de la Loi Mosaïque. A (long) terme, Moïse, qui était simplement un serviteur de la maison de Dieu, aurait à céder la place au Fils de Dieu.
Le Seigneur parla à Josué – peut-être près d'Urim, tel qu'ordonné en Nombres 27,21. Dès lors, Josué avait été formé à l'habitude de l'obéissance, pour effectuer ce rôle de chef sous le commandement du Seigneur.
La tâche immédiate pour Josué était d'emmener le peuple au-delà du Jourdain et de prendre possession de la Terre Promise, tel qu'ordonné à l'origine (Nombres 33,50-34,12). C'est ainsi que le Jourdain devint l'obstacle de départ pour Josué et le peuple. Lorsque Dieu donne une tâche à accomplir, Il donnera en même temps les moyens d'y parvenir. Cependant, nous autres, en tant que Ses serviteurs, nous devons avoir totale confiance en ce qu'Il pourvoira en effet, sinon nous ne serons pas capables d'accomplir les ordres reçus... C'est pour cette raison que dans la lecture de ce jour, Josué se vit à 2 reprises exhorté au courage, à constamment étudier les Commandements du Seigneur, afin qu'il soit à même d'accomplir l'énorme tâche placée devant lui, en apparence une chose impossible. Il avait à franchir le Jourdain et à occuper l'énorme Terre Promise, dont les frontières avaient été établies dans la Promesse (Nombres 34,2-12) et que le Seigneur répétait ici.
Au 3ème verset, le Seigneur précise bien : " Tout lieu que foulera la plante de vos pieds, Je vous le donne, comme Je l'ai promis à Moïse"; ensuite cela va jusqu'aux frontières. La Terre Promise s'étendait jusqu'à la Syrie et à l'Euphrate. Mais bien entendu, en pratique, ils n'ont jamais réellement pu prendre possession de l'entièreté de la Terre Promise, seulement une partie. Car bien qu'aux temps des rois David et Salomon, ils exigèrent des taxes de la plus grande partie de la Terre Promise non-occupée, ils furent en réalité désobéissants dès le départ en n'occupant pas la totalité – et ils allaient en payer le prix au cours des siècles suivants. Leur foi en Dieu fut en réalité défaillante dès le départ, et ils n'eurent que le courage d'occuper ce qu'ils pensaient être réalisable, au lieu de ce que la foi en Dieu leur aurait permis. "Sois ferme et courageux. Sois sans crainte et sans peur, car le Seigneur est avec toi partout où tu iras" – cette exhortation à Josué s'applique également à chacun d'entre nous. Comme Josué, chacun d'entre nous a reçu une mission de Dieu à accomplir durant sa vie terrestre. Nous avons besoin de suivre les instructions données à Josué : étudier les saintes Écritures de Dieu, bien réfléchir et méditer sur ce que nous y lisons, et avoir le courage d'accomplir les tâches que Dieu nous donne, peu importe si elles nous semblent impossibles à accomplir. Nous avons toujours besoin de garder à l'esprit que nous ne saurons jamais voir l'entièreté de ce que Dieu a prévu, et que Dieu nous donnera un moyen d'arriver à tout accomplir – si seulement nous gardons courage et Foi en Lui.

La semaine dernière, nous avons célébré la fête de la Sainte Trinité. Vladimir Lossky écrivait : "Pour l'Église Orthodoxe, la Trinité est l'inébranlable fondation de toute pensée religieuse, de toute piété, de toute vie spirituelle, de toute expérience. C'est la Trinité que nous cherchons en cherchant Dieu, quand nous cherchons la plénitude de l'être, le but et le sens de l'existence." Tout au long de la saison de la Trinité (qui commence maintenant et va jusqu'à l'Avent), je me propose d'en revenir encore et toujours à la Sainte Trinité. Si l'affirmation de Vladimir Lossky est vraie (et elle l'est!), dès lors il incombe au fidèle Orthodoxe de comprendre la Sainte Trinité autant qu'il le peut, ainsi que sa relation à la Sainte Trinité, et la manière dont l'Église a contemplé la Sainte Trinité. Pour nombre de gens, la Sainte Trinité est vue comme une de ces doctrines inaccessibles de l'Église, face à laquelle dans le meilleur des cas, on préfère rester dans le vague pour ne pas tomber dans l'hérésie.
Lorsque nous commençons à approcher un tel sujet, nous devons vider notre esprit de tout ce qui est pensée "normale" car elle sera sans utilité : nous n'abordons pas le monde physique dans lequel nous sommes nés et qui est le seul point de référence que nous avons tendance à utiliser pour juger les choses. Le Christianisme est révélation, pas philosophie. Lorsqu'on parle des Trois Personnes de la Tri-unité, on ne sait pas le faire en utilisant le langage habituel, car quel que soit l'effort que nous fassions, 1 + 1 + 1 = 1, ça ne marche pas. Cependant, nous traitons du domaine de la révélation, et tout au long de l'Ancien Testament, ainsi que dans le Nouveau Testament, nous trouvons qu'on fait allusion à Elohim (le vieux nom pluriel pour Dieu), et qu'ensuite Il est révélé comme étant le Père, le Verbe et le Souffle (l'Esprit, Ruach, Pnevma) – le Dieu Tri-un, Trine et Un. Un seul Dieu, mais une communauté – une "société" de Personnes totalement égales entre lesquelles il y a un constant échange d'amour, ce qui est, dans la mesure où nous sommes concernés, la caractéristique définissant Dieu. Dès lors nous avons besoin de Le comprendre, autant que nous le pouvons, ce Dieu Un, qui est une communauté de Personnes qui ne sont en rien divisées, mais parfaitement unies, ayant la même essence. Sans cette doctrine de la Sainte Trinité, en se contentant simplement de croire en "Dieu", on n'est clairement pas Chrétien, car peu importe comment quelqu'un pourrait s'occuper du Christ, sans la Trinité, il nie que le Christ est Dieu – Un avec le Père et le Saint Esprit. Et dès lors qu'il nie la divinité du Christ, il cesse d'être Chrétien, et devient un négateur du Christ. Amen.

Hiéromoine Michael,

abbé du monastère Saint-Petroc.

Extrait du sacramentaire-pontifical Saint-Colman, usage autorisé dans les paroisses de Rite Orthodoxe Occidental au sein de l'Église Orthodoxe Russe Hors Frontières (EORHF)


Ile de Man, développement de la Croix depuis le monographe du Chi-Rho
(1) Saint Just ; (2) Penmachno ; (3) 4) Kirkmadrine ; (5) Whithorne ; (6) Aglish ; (7) Maumenorig; (8) croix moderne de dédicace, S. Olave's Church, Ramsey, 1860.