"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

29 juin 2007

Saint Pierre a-t'il été le premier pape de Rome? (fête des Saints Pierre et Paul)


Synaxaire pour la fête de saint Pierre et saint Paul
http://www.amdg.be/sankt/synax-pierrepaul.html

Faire de saint Pierre un "pape", quel anachronisme!
From: jethro@thar
Newsgroups: alt.religion.christian.east-orthodox,alt.religion.christian.roman-catholic
Subject: Working backwards to make St. Peter a "pope"
Date: 27 May 2007 18:22:24 GMT
A propos des prétentions de Pierre comme étant "pape", dans le Nouveau Testament, nous voyons exprimé le rôle tel qu'il était vu parmi les premiers Chrétiens.
Il a été réprimandé par Paul pour sa variation de comportement et d'enseignements selon le contexte. Paul a pris le rôle de direction dans cette réprimande, selon les instructions disant que celui qui dévie doit être ramené dans le droit chemin. Paul rapporte cet épisode aux églises éloignées. [Gal. 2]
Jacques, Pierre et Jean étaient mentionnés en tant que "piliers" de l'Église, quand ils ont donné leur bénédiction à Paul pour son oeuvre parmi les païens. C'étaient ces 3-là qui étaient présents lors de la Transfiguration. Paul rapporte que son oeuvre missionnaire se déroulait parmi les païens, alors que celle de Pierre était parmi les Juifs, il n'y avait pas de rôle universel ou de chef suprême.
Au Concile à Jérusalem [Actes 15,27], Pierre a émis quelques remarques, les autres gardant silence; c'est Jacques qui s'est exprimé avec autorité et ses vues et méthodes furent discutées et le concile entier les adopta par consensus.
Pierre agissait de concert avec les autres des premiers Chrétiens. Dans tous les endroits, on ne se tournait pas vers lui pour obtenir la théologie, comme dans la réprimande, ni dans la pratique, comme au concile et dans la répartition des rôles pour l'évangélisation.
Faire de Pierre un "pape" tel que ce sera prétendu par la suite, c'est tenter de transformer à posteriori les Ecritures pour les faire correspondre à ce qu'on veut.
Les papes du vatican et leur version "développement dogmatique"
From: jethro@thar
Subject: The popes and the doctrine of "development"
Newsgroups: alt.religion.christian.east-orthodox,alt.religion.christian.roman-catholic
Date: 28 May 2007 00:21:43 GMT
Voici une intéressante affirmation du Catéchisme catholique-romain :
"491. Au long des siècles l’Église a pris conscience que Marie, " comblée de grâce " par Dieu (Lc 1, 28), avait été rachetée dès sa conception. C’est ce que confesse le dogme de l’Immaculée Conception, proclamé en 1854 par le pape Pie IX."
Notez que si elle a été rachetée dès le moment de sa conception, cela prétend surtout que nous n'étions pas libre du péché lors de notre conception.
Ce premier paragraphe est la déclaration de la doctrine du développement dogmatique. C'est tenu pour être un processus progressif où en plus de l'Écriture sainte et des 7 Conciles, une nouvelle doctrine peut être suscitée telle que révélée de manière développée au pape, comme dans cet exemple presque 2000 ans après le Christ.
Par définition, cette doctrine dit qu'à la fois dans le passé la doctrine n'avait pas été reconnue dans l'Église, mais fut progressivement conçue.
C'est en contraste évident avec les Conciles, où la doctrine tenue pour vraie par le premier était clarifiée et reformulée dans le suivant, de manière à traiter quelques nouveaux problèmes. L'expression particulière de la doctrine de la Sainte Trinité est un parfait exemple. La deuxième phrase de l'article précité est une tautologie logique * : elle suppose la conclusion qu'elle veut exprimer. C'est un chien qui court après sa queue.

[ndt : * on pourrait aussi dire une "pétition de principe", puisqu'elle prend comme argument de sa démonstration ce que justement elle veut démontrer. Elle ne démontre donc rien]


Le saint Apôtre Pierre a-t'il été le premier pape?
par Paul R. Finch
Sunrise Publications, janvier 2004, ISBN 1-4120-0364-4
http://www.sunrise-publications.com/


Le "Liber Pontificalis", composé par un auteur anonyme entre 514 et 530, tenta de cataloguer une liste des évêques de Rome depuis l'Apôtre Pierre jusqu'à l'époque de l'auteur. Ce catalogue était en partie basé sur une version plus ancienne, appelée "Catalogue Libérien", qui faisait partie d'un ouvrage plus important, datant de 354, appelé "Le Chronographe" (399). Les spécialistes reconnaissent que le Liber Pontificalis est un mélange de sources contradictoires, et dès lors difficile à interpréter de manière satisfaisante (400).

Un détail commun de ces 2 listes, c'est qu'elles affirment que l'Apôtre Pierre était l'évêque président à Rome durant une période de 25 ans (401), de l'an 42 à l'an 67 (402). Ensuite, Pierre est censé avoir été succédé par un évêque du nom de Lin (Linus). Après Lin, les 2 listes sont en désaccord quand au suivant : le Liber Pontificalis dit que ce fut Clet (Cletus), suivit de Clément, alors que le Catalogue Libérien dit que ce fut Clément, suivit de Clet. Nous allons examiner cela avec soin et tenter de tirer au clair ces données ainsi que celles d'autres sources, qui ne vont pas seulement apporter une réponse à la question du titre, mais présenter un nouvel arrangement des premiers évêques de Rome, qui donne finalement du sens aux données présentées.

Un point commun des 2 listes, c'est que Lin fut évêque de Rome, mais il n'a pas succédé à Pierre – il est indiqué comme l'ayant précédé. Le Liber Pontificalis indique clairement que Pierre souffrit le martyre "la 38ème année après que le Seigneur souffrit" (c-à-d en 68), alors que Lin "était évêque au temps de Néron, depuis le consulat de Saturninus et Scipio (an 56) jusqu'à celui de Capito et Rufus (an 67)" (403).

Lin avait donc été évêque de Rome durant 11 ans, à partir de 56. Essayez de comprendre ce fait étonnant. Notre chronologie indique que c'est au printemps de l'an 56 que l'Apôtre Paul était arrivé à Rome, pour y effectuer ses 2 années de maison d'arrêt avant son procès. En lui-même, ce fait pourrait impliquer que c'est l'Apôtre Paul qui serait le responsable de l'ordination de Lin, au moment de son arrivée à Rome (404). Nous avons enfin l'histoire et la tradition qui s'accordent pour nous donner une image réelle du passé.

Les 11 ans mentionnés pour Lin ont du sens s'il a été en charge depuis le temps où Paul était arrivé à Rome, en 56, et jusque peu avant que Pierre ne fut martyrisé, en 68. Alors, peu de temps avant que Pierre ne soit martyrisé à Rome le 22 février 68, Pierre ordonne Clément comme second évêque de Rome, ne succédant non pas à lui, mais plutôt à Lin, le véritable premier évêque de Rome. Et c'est exactement en accord avec le témoignage que nous avons dans les Constitutions Apostoliques. En effet, dans ce document plus ancien, nous avons une tradition plus crédible de qui furent les premiers évêques dans diverses villes au premier siècle :

"Au sujet de ces évêques qui ont été ordonnés durant notre vie, nous allons vous dire qu'il s'agit des suivants : Jacques l'évêque de Jérusalem, le frère de notre Seigneur; à sa mort le second fut Siméon le fils de Cleopas; après cela le 3ème fut Judas fils de Jacques. De Césarée de Palestine, le premier fut Zacchée, qui avait autrefois été publicain; ensuite ce fut Cornelius, et le 3ème Theophilus. D'Antioche, Evodius, ordonné par moi, Pierre; puis Ignace, par Paul. D'Alexandrie, Annanie fut le premier, ordonné par Marc l'Évangéliste; le second Avilius, par Luc, qui était aussi Évangéliste. De l'Église de Rome, Lin le fils de Claudia fut le premier, ordonné par Paul; et Clément, après la mort de Lin, le second, ordonné par moi, Pierre" (Constitutions des saints Apôtres 4,46) [ANF 7:477-8].

Notez-le bien, Lin est ici considéré comme étant le premier évêque de Rome, ensuite suivit du second évêque de Rome, Clément, qui a été lui ordonné par l'Apôtre Pierre. Ce témoignage reflète de toute évidence la plus ancienne tradition et dès lors devrait être préféré par rapport aux traditions contradictoires d'Irénée et Eusèbe. Et c'est ce témoignage-ci qui est en accord avec ce que nous venons de voir tant dans le Liber Pontificalis et le Catalogue Libérien, à savoir que Lin en était évêque 10 ans avant que Pierre ne vienne à Rome.

On trouvera un autre appui à notre thèse chez Tertullien (vers 160 – vers 225), qui affirme avoir été témoin oculaire des registres des Églises de Smyrne et de Rome. Tertullien déclara que :

"C'est ainsi que les Eglises vraiment apostoliques justifient qu'elles le sont. Ainsi l'Eglise de Smyrne montre Polycarpe, que Jean lui a donné pour évêque; et l'Eglise de Rome, Clément, ordonné par Pierre. Toutes nous montrent de même ceux que les Apôtres ont établi leurs évêques, et par le canal de qui elles ont reçu la doctrine apostolique." (Tertullien, de praescriptione haereticorum 1,22)

Tertullien aurait été juriste, et était particulièrement intéressé d'établir ses affirmations en partant des documents officiels. Dès lors, son témoignage est extrêmement important pour le cas qui nous intéresse. De cette preuve, nous pouvons voir qu'au temps de Tertullien, le registre officiel de l'Église à Rome rapportait que c'était Pierre qui avait ordonné Clément. Et s'il en est ainsi, alors Clément a donc été ordonné avant février de l'an 68.

Nous examinerons à présent la littérature pseudo-clémentine, où une autre tradition confirme cela, mettant en scène un Clément qui explique lui-même qu'il a été ordonné directement par l'Apôtre Pierre :

"Mais vers l'époque où lui (Pierre) allait mourir, les frères étant rassemblés, il attrapa soudain ma main, et l'éleva, et dit en présence de l'église : 'écoutez-moi, frères et confrères. Puisque, tel que je l'ai appris du Seigneur et Maître Jésus-Christ, dont je suis un Apôtre, le jour de ma mort approche, je pose les mains sur Clément pour qu'il soit votre évêque; et je lui confie aussi ma charge d'enseignement, à lui qui a voyagé avec moi depuis le début jusqu'à la fin" (Épître de Clément à Jacques, 2) [ANF 8:218]).

A la fin du 4ème siècle, Rufin d'Aquilée commentait ce page précis de la manière suivante :

"Il y a une lettre dans laquelle ce même Clément, écrivant à Jacques le 'frère du Seigneur', rapporte la mort de Pierre, et dit qu'il l'a laissé comme son successeur, en tant que dirigeant et enseignant de l'église. Lin et Clet furent évêques de la ville de Rome avant Clément. Comment alors, demandent certains, est-ce que Clément dans sa lettre à Jacques dit que Pierre lui avait transmis sa position d'enseignant de l'église. L'explication de ce point, tel que je le comprend, est la suivante. Lin et Clet furent, sans aucun doute, évêques dans la ville de Rome avant Clément, mais c'était durant la vie de Pierre; c'est-à-dire qu'ils prirent en charge le travail épiscopal, pendant qu'il s'acquittait des devoirs de l'apostolat" (Rufin, Clem. Recogn. NANF 3:564).

Il est évident que Rufin accepte la tradition d'Irénée en situant Lin et Clet avant Clément, mais il doit admettre qu'ils étaient en fait évêques ensemble durant la vie de Pierre. Irénée (vers 130 – vers 200) semble être celui qui a commencé la tradition disant que Lin et Clet ont suivit Pierre en succession, mais même dans ce cas, il contredit sa conviction si nous regardons bien ce qu'il dit de Clément :

"Donc, après avoir fondé l'église, les bienheureux apôtres remirent à Lin la charge de l'épiscopat. De ce Lin, Paul fait mention dans l'épître à Timothée (2 Tim 4,21). Anaclet lui succéda; et après lui, à la 3ème place depuis les apôtres, l'épiscopat échut à Clément . De cet homme qui avait vu les bienheureux apôtres et avait conversé avec eux, on peut bien dire qu'il avait encore la prédication des apôtres (Pierre et Paul) encore résonnant (dans ses oreilles), et leur tradition devant ses yeux" (Irénée, Adversus Haereses 3,3,3).

Il serait difficile d'imaginer que Clément aurait encore le message des Apôtres résonnant à ses oreilles lorsqu'il assuma la charge d'évêque s'il n'est parvenu à cette charge qu'un quart de siècle après que les apôtres aient quitté la scène. L'épître de Clément aux Corinthiens énumère des souvenirs récents de Paul et de Pierre. Et en effet la référence chez Clément de l'envoi par l'église de Fortunat (1 Clem. 65,1) se rapporte de toute évidence au même Fortunat qui était un envoyé dans la première épître de Paul aux Corinthiens (1 Co. 16,17) (405).

Clément était un collaborateur de Paul à Rome, et est mentionné par Paul durant son premier emprisonnement à Rome (Phil. 4,3), qui d'après notre datation, a eu lieu entre 56 et 58. Le fait que Clément était un contemporain de Paul à la fin des années 50 rend plus probable le fait qu'il était un dirigeant actif dans l'église au cours de la décennie suivante, et non pas 4 décennies plus tard.

De plus, si l'Apôtre Jean résidait à ce moment-là à Ephèse, et y sera jusqu'à la fin des années 90 du premier siècle, ça n'aurait aucun sens que Clément n'ait pas remis le problème Corinthien à l'Apôtre Jean, qui ne se trouvait qu'à moins de 480km de là, plutôt que de rabrouer Jean, et de prendre l'affaire en mains, alors que lui se trouvait à plus de 1.100km de là (406). Rien que ce fait oblige à reporter l'époque de la rédaction de la première épître Clémentine de vers 95/96 à 69/70, soit juste avant l'arrivée de Jean à Ephèse (407).

Même l'entrée dans le Liber Pontificalis au sujet de Clément mentionne spécifiquement que Clément était évêque "au temps de Galba et Vespasien, depuis le consulat de Trachalus et Italicus [= 68] jusqu'au 9ème de Vespasien et de Titus [= 79]" (408). Remarquez que Clément commence son pontificat la même année où est mort Pierre. Cela coïncide parfaitement avec ce qu'exactement nous venons de présenter ici. Et remarquez aussi que si cette tradition devait quand même être vraie, alors Clément n'était plus vivant en 95 et son épître aux Corinthiens ne saurait pas avoir été plus tôt qu'en 79.

Après Clément, il appert que le Catalogue Libérien a correctement placé Clet comme étant le 3ème évêque de Rome: "Il (Clet) était évêque à l'époque de Vespasien et Titus, et au début de Domitien, de 77 à 83 [409]." Ensuite vint Anaclet (84-95), Evariste (96-108), Alexander (109-116) et puis Xystus (117,126), après quoi il semble y avoir accord entre les 2 listes (410).

A présent, répondons à notre question : Pierre a-t'il était le premier pape? Il semble que le but tout entier pour lequel le Liber Pontificalis a été rédigé, c'était d'établir un tel fait. Mais il est aussi tout à fait évident que la plupart des anciennes données reprises dans ce travail sont pure invention, uniquement dans ce but. Cependant, une chose est certaine. Le premier évêque de Rome était un certain Lin, et pas du tout l'Apôtre Pierre. Et de cette évidence, il semble bien que Lin fut ordonné par l'Apôtre Paul en 56, et ne fut jamais le second évêque de Rome, à la suite de Pierre en 68.

L'idée que Pierre était à Rome comme évêque durant quelque 25 ans semble elle aussi s'effondrer, rien qu'en prenant l'évidence que Paul écrivant aux Romains en 54, il salue tous ceux à qui il peut penser, c'est la plus longue liste de salutations de toutes ses épîtres, citant tout le monde de ses proches jusqu'aux plus éminents, et pourtant, le plus élevé des Apôtres dans l'Église n'y reçoit pas la plus petite mention. Pour cet auteur, cette preuve est suffisamment concluante pour dire que si Pierre avait été à Rome à cette époque-là, alors cet apparent faux pas représenterait un affront pour le chef des Apôtres qui serait totalement inexplicable (411).

Nous devons nous souvenir que Pierre, comme tous les autres Apôtres, était un évangélisateur itinérant, et non pas un superviseur installé en un lieu ou l'évêque d'une assemblée donnée (412). La tardive Église Catholique-Romaine s'empara du fait que Pierre était venu à Rome durant ses dernières années de vie, et se basant sur ce fait, elle en tira une histoire afin, pour eux, d'établir une base pour l'évêque de Rome, pour être l'évêque suprême dominant tous les autres évêques de la Chrétienté. Dans l'Église au 6ème siècle, un tel scénario épousant cette supposition avait été dessiné. Cependant, nous ne devrions pas ignorer les faits. Le témoignage d'Eusèbe (vers 260 – vers 340) au sujet de Pierre était que :

"Pierre paraît avoir prêché aux Juifs de la Diaspora dans le Pont, la Galatie, la Bithynie, le Cappadoce et l'Asie; finalement, étant aussi venu à Rome, il fut crucifié la tête en bas, après avoir lui-même demandé de souffrir ainsi." (Eusèbe, Histoire Ecclésiastique 3,1,2).

C'est parmi les Juifs de la Diaspora que Pierre a prêché, et non parmi les païens de Rome. En effet, nous devrions poser l'importante question suivante : qu'est-ce qu'Eusèbe veut dire quand il dit de Pierre "finalement, étant aussi venu à Rome.."? Cela ne signifie rien d'autre que ce que l'Histoire la plus fiable nous apprend : que Pierre n'arriva à Rome que durant l'année finale de sa vie, purement et simplement. Et bien que cela pourrait avoir été exactement 25 ans après une première visite de Pierre, il n'existe aucune preuve que Pierre resta à Rome durant cette période de 25 ans, dans le rôle d'évêque de cette ville.

Pensez aussi que si Pierre était un évêque et qu'il avait ordonné un successeur, alors par cet acte même il se serait dévêtu de sa propre autorité d'évêque sur son successeur. C. De Lisle Shortt fait remarquer à cet égard :

"Vu que saint Pierre était un Apôtre, il n'aurait pas pu se démettre de son office d'évêque, si seulement il en a été un, ni n'aurait pu instituer un autre pour présider au siège de Rome avec lui, ou pour lui succéder. Innocent I, évêque de Rome, condamna de telles actions comme irrégulières et inconnues avant son époque. Dans son épître au clergé et peuple de Constantinople, il dit : 'nous n'avons jamais eu connaissance que de telles choses auraient été osées par nos Pères, mais au contraire qu'ils les ont empêchées; car nul n'avait le moindre droit qui lui soit confié d'ordonner quelqu'un à la place d'un autre encore vivant" (P. Innoc. I. apud Soz. Viii. 26.) (413).

Notez aussi qu'Irénée a déclaré que :

"L'Église Romaine fut fondée par les 2 plus glorieux Apôtres, Pierre et Paul" (Irénée, Adversus Haereses 3.3.2 [ANF 1:415]).

En tout, l'Apôtre Paul, l'Apôtre des Païens, a été un collaborateur bien plus réel à l'établissement de l'Église à Rome que Pierre ne le fut jamais. En effet, c'est Paul qui a ordonné le premier évêque de Rome en 56 – soit 11 ans avant que Pierre n'arriva à Rome, juste avant son martyre en 68.

Dès lors, notre question "Pierre fut-il le premier pape?" reçoit une réponse simple basée sur l'évidence. En premier lieu Pierre n'a jamais été un évêque, et encore moins un "pape" dans le sens moderne du terme. Il fut un Apôtre qui ordonna des évêques dans diverses villes, pas juste à Rome. L'idée que Pierre était le premier évêque de Rome fut une construction tardive inventée pour faire du Siège de Rome l'autorité suprême sur toutes les Églises de la Chrétienté. Mais une telle conception n'a jamais été l'intention des Apôtres originaux.

Notes :
399. Raymond Davis, tr., The Book of Pontiffs (Liber Pontificalis) (Liverpool: Liverpool University Press, 1989). Davis donne le Catalogue Libérien dans son appendice 1, 93-6.
400. Pour une bonne discussion sur les diverses listes papales, voyez Daniel Wm O’Connor, "The Papal Lists of Hegesippus, Irenaeus, Epiphanius, Julius Africanus, and Eusebius," dans "Peter in Rome" (New York: Columbia University Press, 1969), 27-35.
401. John Wenham, "The Date of Peter’s Going to Rome" dans "Redating Matthew, Mark & Luke" (Downers Grove, Ill.: InterVarsity Press, 1992), 146-72, donne ses raisons pour croire à ce séjour de Pierre de 25 ans à Rome. Nous croyons cependant que la période de 25 ans indiquait la visite initiale de Pierre en 42, et sa visite finale en 67, plutôt qu'un séjour continu dans Rome durant cette période de 25 ans. [auquel cas il n'aurait pas pu se trouver en même temps dans tous les endroits où le Nouveau Testament le présente à l'oeuvre ni au Concile à Jérusalem; ndt]
402. Afin d'apprécier la sorte de matériel auquel nous sommes confronté avec ces 2 sources, nous faisons remarquer que le Liber Pontificalis (LP) affirme que Pierre vint à Rome au temps de Néron, et en même temps, empruntant de toute évidence au Catalogue Libérien (CL), il affirme que Pierre était à Rome durant les règnes de Tibère, Gaïus, Claude et Néron. Puisque Tibère est mort en 37, la date de 42 est impossible. De toute évidence, le LP a emprunté une chronologie erronée au CL, qui attribuait les 25 ans de Pierre aux années 30 à 55.
403. Ibid., 2. Notez que 38 ans après la Crucifixion, cela ne marche qu'en datant la Crucifixion en l'an 30, et non pas comme quelques uns suggèrent et d'autres rejettent, en 33.
404. Clet, qui paraît en second dans la liste du Liber Pontificalis, semble avoir été convenablement situé en 3ème lieu après Clément dans le Catalogue Libérien. En effet, dans le CL, Clet est visiblement une rajoute marginale, glissé entre Lin et Clément. La preuve du Catalogue Libérien a certainement le mérite de résoudre cette difficulté.
405. Bien que ce ne soit pas impossible, nous pensons qu'il soit hautement improbable qu'un quart de siècle se soit écoulé avec le même envoyé (ou un homonyme) accomplissant encore la même tâche. En effet, ce qui nous frappe, c'est le témoignage que les 2 sont une seule et même personne, et dès lors, le premier Clément doit être repoussé à une date antérieure, à la même génération que l'Apôtre Paul.
406. Le pr. Ernest L. Martin mentionne ce fait dans son libre "Restoring the Original Bible" (Portland, Oreg., Associates for Scriptural Knowledge, 1994), pp.418-420, mais avec une chronologie erronée. J'ai eu l'opportunité de discuter ce fait en personne avec le pr. Martin en novembre 2000, lors de la convention pour la "Society of Biblical Literature" à Nashville, Tennessee. Après lui avoir présenté ma chronologie, il répondit qu'il sentait que ce que je suggérait était correct, et qu'il traiterait de ce problème dans une future publication. Hélas, le pr. Martin mourut en janvier 2002, sans avoir pu nous livrer son avis sur la question.
407. John A. T. Robinson, "Redating the New Testament" (London: SCM Press, 1977), p.352, place Clément vers 70 (John Albert-Thomas Robinson, "Re-dater le Nouveau Testament", éditions Lethielleux, Paris, 1987)
408. Davis, Liber, 3. Cependant, les érudits modernes préfèrent suivre Eusèbe, Hist. Eccl. 3.15, 34, qui situe Clément comme ayant été en charge de 92 à 101.
409. Ibid., 93.
410. Ibid.
411. Bien que Pierre ait pu avoir fait le voyage de Rome en 42, il n'y est pas resté comme évêque. Si certains des convertis à qui Paul s'adresse dans son Épître aux Romains étaient le fruit des oeuvres de Pierre quelque 12 ans auparavant, alors il est compréhensible que Paul exprime dans cette lettre sa réticence à construire sur les fondations d'autrui (Rom. 15,20).
412. Nous devrions aussi faire remarquer que la Tradition affirme que Pierre a ordonné Evodius comme premier évêque d'Antioche (cfr notamment Eusèbe, Hist. Eccl. 3:22). Dans ce cas, alors pourquoi donc Pierre n'est-il pas considéré comme le premier évêque d'Antioche, et Evodius comme le second évêque d'Antioche? La réponse est que les évêques d'Antioche n'étaient pas concernés dans la rédaction d'une liste pour établir sa primauté, au contraire de Rome.
413. C. De Lisle Shortt, "Who Was the First Bishop of Rome?" (Edinburgh: T&T Clark, 1935), p.169.


Notes de traduction.
L'article qui précède n'est pas d'un auteur Orthodoxe, mais a été cité par divers intervenants Orthodoxes dans un forum de discussions sur internet (alt.religion.christian.eastern-orthodox), d'où je me suis permis sa traduction. Il est pas mal charpenté, mais il y a pourtant des détails qu'il me semble important de préciser.

a. "évêque" – ce terme revient régulièrement. Quand on va lire les textes non-traduits, on s'aperçoit qu'en réalité, il n'est pas utilisé par les auteurs d'époque. Il faudra attendre la fin du 2ème siècle pour qu'à Rome on commence à parler d'évêque. Les textes sont là, irréfutables, point final. Alors qu'en est-il avant? On parle de presbytres, et celui que par anachronisme on appellera par la suite "évêque", voire pire encore, "pape", était probablement le plus ancien, ou le mieux formé, ou le plus saint du groupe de presbytres. Ou le survivant... car nombre de ces grands et vrais saints sont restés d'anonymes martyrs de l'Église du Christ... Et en tout cas jamais un Apôtre n'a été évêque, jamais au grand jamais.

b. Le "Catalogue Libérien" a été compilé par Furius Dionysius, et vous trouverez ici ce qu'on en possède encore, en latin.
http://www.thelatinlibrary.com/catalogueliberien.html

c. En voulant faire de Pierre le premier "pape", le but évident est de se donner une sorte d'aura, de pouvoir apostolique, d'autant plus important pour les promoteurs de cette invention que chez eux, les doctrines apostoliques ne sont plus prêchées mais remplacées par leurs doctrines d'usurpateurs, dangereuses au niveau du Salut. Or, un point de détail sans cesse oublié, c'est que même si Pierre avait pu être premier à Rome, nul n'aurait pu lui succéder. On ne succède pas à un Apôtre, car l'Écriture est claire, les Apôtres étaient des témoins oculaires; et on ne sait pas succéder à un témoin oculaire puisque soi-même on n'a rien vu. C'est encore un détail de plus sur l'ineptie de cette pseudo succession à but méchant et mondain, comme l'Histoire le démontre à l'envi.

d. lorsque visitant Rome, des touristes se rendent dans l'État du Vatican, ce micro-État séculier incrusté dans la capitale d'Italie, et y visitent l'immense et richissime complexe immobilier du 16ème siècle, ils y sont confrontés à une série de tombeaux leur présentant "tous les papes à partir de saint Pierre." Quand on sait de manière irréfutable que pour certains des véritables et Orthodoxes presbytres, puis évêques, puis évêques/papes de Rome depuis saint Lin jusque Jean VIII, un nombre non-négligeable est mort loin de Rome.. et qu'on n'a ni la date ni le lieu précis de la mort... on ne peut que légitimement se demander "mais alors, les touristes, qu'est-ce qu'on leur montre, avec ces tombeaux?" - autrement dit : "dedans, ce sont des os de poulet ou quoi?" Quand vous vous souvenez qu'en décembre 2006, le vrai tombeau de saint Paul a été retrouvé, alors que pendant des siècles, le vatican faisait vénérer contre monnaie sonnante et trébuchante un prétendu reliquaire de saint Paul.... On ne doit pas en rire, car toutes ces manipulations et falsifications accréditent dans l'inconscient collectif (tant partisan qu'opposé) une sorte de "vérité de succession" qui n'existe que dans l'imagination néfaste de ses promoteurs.

e. les Pères Latins de l'Église ont eu un regard très clair et précis sur cette histoire et sur la bonne lecture à donner aux péricopes évangéliques. Nul n'aurait séparé Matthieu 16,18 de Matthieu 16,23 ou de Jean 20 ou de la Pentecôte. Un "hors contexte", on lui fait dire ce qu'on veut, et on ne doit jamais lire la Bible ainsi. Pour tous les Pères de l'Église, c'est sur la CONFESSION de saint Pierre que l'Église est fondée, pas sur la personne, faillible comme on le voit 5 versets plus loin et en bien d'autres endroits dans le NT. Or l'Église ne saurait se tromper, donc elle ne saurait être fondée sur du faillible, mais uniquement sur le roc, le Christ.
Je recommande la lecture de cette homélie de saint Augustin d'Hippone pour la fête des saints Pierre et Paul. Elle est très éclairante et vaut toutes les démonstrations. Et c'est le grand saint Augustin qui vous le dit, pas moi.

f. A (re)lire (en moins poussé mais plus illustré que l'article ci-dessus, et pas uniquement sur Pierre) : Amour et Autorité dans l'Eglise (2) : "Tu es Petrus", les grands mythes de fondations d'Églises par tel ou tel Apôtre, vus par la patristique et la Bible.


par les prières des saints Pierre et Paul, "colonnes" de l'Église par leurs exemples et parcours respectifs, Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, ait pitié de nous et sauve nous.
Jean-Michel

28 juin 2007

Chien-loup de Tchécoslovaquie (CLT / CsV) - Ceskoslovenský Vlcák (K9)

Quelques "puristes" ont exprimé ici leur gène suite à mes pages consacrées à Elvis, notre chien-loup. Sujet traité de manière bédéesque ou informative mais non-scientifique. Le malentendu est facile à comprendre : le CsV est leur centre d'intérêt, nous non, et tout ce "blogue" Saint-Materne le montre pourtant bien clairement. Il suffit de lire d'autres sujets, comme la manière dont je présente, par exemple, notre chat ou nos poissons rouges, et on voit vite que sur certains sujets, je sais être très fantaisiste, et je m'amuse surtout comme un potache en scénarisant des animaux. Sur d'autres sujets, je suis très sérieux, et ça se voit dès le départ de l'article. Que devraient dire les tireurs sportifs ou les marins, si d'aventure je commençais à en causer sur ce mode bédéesque, moi qui fait partie des uns et ai fait partie des autres, mais ne vis pourtant rien de manière passionnée? Pour les matafs, c'est garanti, ça sera(it) l'esclaffade. Et chez les tireurs sportifs, je me trouve surtout dans une très bonne ambiance. Pour tout ce qui est sérieux, je suis clair et je situe bien l'importance du dossier. Sinon quand c'est sans enjeu philosophique ou socioloco-politique, mais surtout sans enjeu sotériologique, il ne faut pas s'attendre à ce que j'ai l'air de la jouer "ex cathedra" (et même quand je suis sérieux, je sais avoir de l'humour).

Maintenant, à la décharge de ces quelques passionnés de CsV précités, en 2005-2006, j'ai été voir sur leurs forum, j'ai un peu participé un temps durant, et j'aurais dû me rendre compte de leur passion. Et j'aurais dû la respecter mieux que ça en ne cherchant pas leur partager le fruit de mes fantaisies, puisque c'est pas du tout leur truc. J'ai manqué de discernement, mea culpa.

A ma décharge, eux aussi peuvent se regarder avant de dire qu'ici.. Car passionnés ou pas, ils ne sont pas non plus des spécialistes, et les rares d'entre eux qui le sont vraiment ont tous un avis opposé les uns aux autres, dans divers domaines touchant le chien-loup, quel que soit le croisement. Allez faire le tri dans tout ça! Et une partie des critiques étaient simplement de l'anti-christianisme de base, ça aussi il faut le souligner. J'aurais écrit de la même manière sur un site païen, mélange de médiévalisme et de mythologie nordique, et une partie des critiques n'y aurait tout simplement rien trouvé à redire. Et on me l'a exprimé en face, cet anti-christianisme, donc je sais à quoi m'en tenir!

Ce faisant, les publications sur les croisements canins de type "chien-loup" ne sont pas courantes en français. Et nous en avons pourtant besoin, pour notre propre animal, mais aussi pour l'entourage, pour le club canin, etc. J'entame donc la traduction d'articles de fond sur le sujet, des articles au contenu reconnu et important. Progressivement, parce que j'ai mis un sérieux bémol à toutes mes activités informatisées. Cette série de traductions, ça pourra probablement aussi être utile pour les (potentiels futurs) maîtres de tels animaux. Et, qui sait, cela évitera l'achat inconsidéré à ceux qu'une photo ou un reportage télévisuel pourrait mal guider. Car le CsV / CLT ou chien-loup de Tchécoslovaquie, comme tous les croisements d'un animal domestique avec un "cousin" sauvage, c'est pas rien. Un CsV, c'est pas un "gentil toutou à sa mémé." Il est fantastique comme gardien et compagnon, nous avons une grande joie à jouer et nous promener avec lui, mais il n'est pas du tout maniable ou, côté garde, il a admirablement appris son "métier" de mon ancien BA (berger allemand) et nous étonne souvent.

De ce que nous en découvrons chaque jour un peu plus, le CsV est un animal passionnant, génial, pétillant, mais turbulent et caractériel. C'est un grand gaillard très très costaud. Nos voisins sont sidérés de ses prouesses dans le jardin, des pavés qui volent quand il "joue au foot" avec, ou des rondins qu'il machouille comme un castor. Au club canin le patron a été scié de voir sa vitesse de pointe en travail de "rappel", par exemple... et son "jemenfoutisme" intégral pour d'autres exercices qui font pourtant la joie des chiens "classiques". Ce qui montre aussi la différence, enfin, je trouve.
Avec la puissance de sa machoire, c'est un animal aux dents qui ne pardonnent pas même en jouant; car les dents sont longues et en sautant en l'air, à l'arrivée, faut pas avoir son bras dans le chemin; il ne l'aura pas fait exprès, mais ça fera mal! Et il "boxe" comme un kangourou, ses papattes ne sont pas en reste en matière de puissance.
On aime aussi son côté "meute" – il ne faut pas me critiquer sur cette insistance, car nous l'avons constaté et je lis divers éleveurs & sites spécialisés eux aussi en parler.
Notre CsV est attaché à son maître et à sa famille d'une manière dont bien des humains pourraient tirer leçon en matière de vie familliale (et c'est une caractéristique de sa race). Et aussi très défenseur "de sa propre initiative", et là il faut de la poigne et du doigté et beaucoup de patience pour l'amener à nous laisser, nous, dicter les règles. C'est un travail très difficile. Tant mieux si certains y arrivent comme par un coup de baguette magique, nous non. Je lis d'ailleurs le témoignage de toutes ces difficultés chez bien des autres, dont des éleveurs spécialisés. Le CsV est un animal fantastique à ne pas confondre avec un berger allemand ... ou un teckel. On ne le laisserait pas seul sans raison avec nos enfants parce qu'il ne connaît pas sa force ni son poids et qu'il est si jouette.. – les enfants ne savent pas jouer au foot avec une palette "euro", lui il adore ça. On ne laissait pas non plus nos enfants seuls avec le labrador mort il y a 2 ans, et je me souviens bien du labrador de mon père qui avait poursuivi une gamine du voisinage, car elle avait voulu s'approcher d'un de mes frères encore bébé, jouant seul sur le pare-terre devant la maison.. Mon beau-frère avait un Akita Inu de toute beauté, un chien puissant déterrant ses sapins pour s'amuser et les lui rapporter "tout fier comme Artaban." Un chien classé "race dangereuse" en Belgique. C'est pourtant par un yorkshire que mon beau-frère a été mordu au visage.. Je peux me tromper, mais je crois surtout que ce n'est pas tant la race qui fait le danger, mais l'éducation.. ou son absence. C'est évident qu'une morsure d'un caniche mal éduqué fera moins de dégâts que celle d'un malinois non-dressé, mais j'ai bien plus souvent rencontré le premier cas que le second. Probablement parce que les maîtres de bergers malinois semblent en général (j'ai pas dit "tous") être conscients de la "bête" qu'ils ont et font plus attention que ne le font les maîtres de petits toutous.

Pour illustrer les articles de ce nouveau blog (à durée limitée), plutôt que d'utiliser les photos de notre Elvis, j'utiliserai les photos des divers "wiki" disponibles, car elles sont libres de droit. Pour les photos libres, les plus belles sont sur les pages slovaques, bien entendu. En comparant avec la joie qu'on en a nous ici en forêt "civilisé", ça doit être génial de pouvoir se promener dans les splendides Carpathes avec son CsV.

Bonne découverte de ces pages d'amateur :
"Chiens, loups, et chiens-loups"
http://chiens-loups.blogspot.com/












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CsV / CLT
JM