"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

01 août 2007

Jeûne de la Dormition de la Mère de Dieu (1-14 août)



Enluminure d'un manuscrit du 12ème siècle, Autriche, montrant sainte Hélène et l'empereur Constantin-le-Grand tenant la Croix, une Croix à 3 branches qui était donc connue à l'époque dans l'Occident "latin."


Par l'évêque Sergios

Du "Saint Gregory of Sinai Orthodox Monastery
"


Le Jeûne de la Dormition commence avec la fête de la Procession de la Sainte Croix, une célébration originaire de Constantinople où l'on menait en procession un fragment de la Vraie Croix à travers les environs de la ville tous les jours jusqu'à la fête de la Dormition. C'était la haute saison pour les maladies contagieuses pendant l'été chaud et humide de l'Est de la Mer Méditerranée, et les habitants de Constantinople se pressaient dans les rues pour goûter à la purification de l'air, et prier d'être soit délivrés soit préservés des maladies.

D'un autre côté, la fête est en rapport avec le début d'une période de jeûne qui, sur le Mont Athos et indubitablement dans les nombreux et aussi grands centre monastiques du monde de Constantinople, hélas à présent disparus, est pris avec autant de sérieux et observé avec autant d'intensité que le jeûne de 40 jours avant Pâques. Et bien entendu il n'existe pas de jeûne, pas d'effort impliquant une lutte ascétique, qui soit possible sans ce renoncement personnel qui est l'unique voie vers la Croix du Sauveur.

Comme de nos jours chez nous, le mois d'août a toujours été une saison d'intenses labeurs dans l'empire Romain d'Orient et sa vie basée sur l'agriculture. Aussi longues que pouvaient être les journées, elles ne l'étaient jamais assez pour parvenir à achever le travail quotidien, et le niveau d'épuisement physique était grand chez la plupart des Romains d'Orient (= "Byzantins"; ndt). Et cependant, en plein milieu de ces mois très difficiles, voici qu'arrivait cette grande quinzaine de jeûne. La littérature qui a survécu à cette période atteste du sérieux avec lequel toutes les parties de la société jeûnaient et priaient, certainement inspirés par les omniprésents moines et moniales vivant un peu partout dans l'empire Romain d'Orient.

Aux côtés des défauts bien-connus et flagrants de cette civilisation Chrétienne, avec tous ses manquements et ses crises d'hérésie et de violence et la trahison pécheresse de l'Évangile, l'Église proposait toujours un calendrier pour structurer une vie, calendrier qui gardait le Logos incarné pleinement présent et public, et au premier plan. Les grandes processions publiques qui constituent une si frappante caractéristique de l'expérience liturgique de l'antique Église, commençant à Jérusalem, et qui ont été virtuellement éliminées de nos jours par le sécularisme véhément et croissant qui ne cesse de s'opposer au rôle public de l'Église et à sa visibilité, ces grandes processions étaient en effet des rassemblements populaires qui maintenaient la foi de sorte qu'elle était une partie si vibrante de la culture populaire Chrétienne de l'Est de la Méditerranée.

Le fragment de la Vraie Croix, porté solennellement de quartier en quartier, s'arrêtait sur les grandes places de la ville pour des litanies spéciales, purifiant bien plus que l'air fétide de la Constantinople en ces chauds mois d'août. Tout au long du rite, la nation elle-même se prosternait en prière devant la Très Sainte Trinité et se tournait vers le Christ comme personnage central de l'histoire humaine.

Et ici, sur les flancs sud d'une petite montagne dans le nord de la Californie, nous aussi, nous "purifions l'air" pour le commencement d'un autre jeûne, une autre période d'opportunité pour redresser les erreurs de l'homme intérieur, pour se repentir de ces choses qui tendent à se reproduire et durer si longtemps tant que nous sommes vivants dans l'espace et le temps, pour laisser tomber toutes choses corruptibles et corrompantes – pour laisser les morts eux-mêmes enterrer leurs morts – et, relevés des ténèbres et de la puanteur de la mort qui imprègne la vie sur terre, pour trouver à nouveau en Christ cette Lumière aveuglante dans laquelle nous ne voyons jamais aussi clair, en Christ en Qui nous trouvons d'ores et déjà le parfum de la vie éternelle.

Comme la plupart des peuples qui vivaient dans l'empire Chrétien Byzantin, cette Communauté-ci fonctionne aussi en majeure partie sur base d'agriculture, peinant non seulement sous les tâches quotidiennes habituelles pendant la saison des moissons, mais ayant à faire face cette année avec une période inhabituellement longue de sécheresse, qui a sapé notre force et nous a laissés tous épuisés. Et malgré ça, peut importe la quantité de fatigue que nous charrions avec nous quand nous arrivons à la Vigile pour les fêtes de la période, nous remarquons toujours avec quelle vitesse nous sommes revigorés, retrouvant profusion d'endurance pour accomplir ce qui doit être fait.

La Vigile pour la Procession de la Croix ne pourrait être plus simple, et est plus courte que la plupart, une vraie miséricorde vu les circonstances. Comme au cours des années écoulées, la nuit dernière, tout le monde est reparti après les dernières paroles, renouvelé pour le grand engagement de l'amour plein d'abnégation qui a été exposé durant l'Office comme étant la chose principale à considérer jusqu'à ce que le jeûne soit achevé.

La Liturgie de ce matin a commencé fort tôt – alors qu'il faisait encore nuit – et après avoir communié, nous avons béni l'eau, et ensuite, après avoir béni le monastère avec la nouvelle eau bénite, nous en avons apporté aux champs et dans les jardins et vergers dont nous nous occupons depuis 2 à 3 ans selon les cas, tous en culture biologique, et nous les avons bénis, ainsi que le fruit de nos labeurs, le travail de nos mains.

Et ce qui pourrait sembler quelque peu bizarre – une période de jeûne en plein milieu d'une saison de labeur physique fort dur – devient un autre don du calendrier liturgique, un autre joyeux parcours jalonnant l'année Chrétienne qui lentement se déroule. Tout est rempli de l'esprit d'action de grâce pour toutes choses, et de la sanctification du temps de nos vies.

+ Sergios


Cathédrale de la Dormition, Kremlin de Moscou
peinture du monastère



Procession de la Sainte Croix
photo : paroisse EORHF "All saints of America"


29 juillet 2007

Si vous me voyez marcher sur les eaux...

http://southern-orthodoxy.blogspot.com/2007/07/if-you-see-me-walking-on-water.html

Sermon prêché le dimanche 4 août 1996.

Saint Matthieu 14,22-33

* * *

Avant l'homélie de ce jour, j'ai quelque annonces à faire.

Tout d'abord, si vous voyez ma fille, ou n'importe quel autre enfant se tenant mal à l'église, expliquez-lui – ou leur – comment prier. L
e Jour du Seigneur, nous venons à l'église pour prier. Toute la semaine durant, nous avons le temps pour apprendre comment se conduire et se comporter. Ici, prions. (La même chose vaut pour les adultes).
Si vous me voyez froncer les sourcils, pardonnez-moi. Cela parle plus de mes péchés que de notre relation. Si vous avez un peu de temps, aidez-moi. Un sourire soulage bien des sourcils froncés.

Si vous voulez qu'il y ait plus à l'église – plus d'activités, plus de soirées sociales, plus de fournitures scolaires, plus de tapis – tout ce que vous pouvez imaginer – donnez plus d'argent. C'est ça qui rend tout cela possible.

Vous voulez plus de monde à l'église? Invitez-les.

Si vous me voyez pécher, ne m'y encouragez pas. Comme un enfant qui a besoin qu'on s'occupe de lui, je me montre souvent sous un mauvais jour. Peut-être m'aimez-vous, malgré moi-même, et peut-être que cela va aider à exorciser les démons avec lesquels je suis bien trop familier. En plus, si vous me rejoignez dans le péché, nous serons doublement misérables.

Si vous me trouvez occupé à colporter des rumeurs, arrêtez-moi. Car je prie tous les jours, demandant au Seigneur "pardonne-moi comme j'ai pardonné à ceux qui m'ont offensé.." Vous m'aiderez grandement, et vous-même, et tout le monde en fait, si vous m'arrêtez affectueusement quand je chute.

Si vous me voyez occupé à ripailler ou festoyer un mercredi ou un vendredi ou durant une période de jeûne prescrite par l'Église, pardonnez-moi et réprimandez-moi avec charité. Car agissant de la sorte, je montre ma parenté avec Judas et ceux qui ont crucifié le Seigneur Jésus. Néanmoins, avec votre aide, je peux parvenir à me repentir et faire l'expérience du Dieu de Résurrection et de Lumière.

Je vous en prie, ne restez pas assis tout au long de la Liturgie, à moins que vous ne soyez atteint d'un problème physique qui vous y oblige. Nous sommes un peuple fainéant, en cette époque moderne, mais la véritable prière a toujours été une tâche ardue. Tous les corps capables de le faire devraient être debout en mémoire de la Résurrection et du Jour du Jugement. Soyons attentifs.

De grâce, si vous m'entendez proférer une hérésie – s'il vous plaît, clouez-moi le bec avec charité. Car le Seigneur a tant sacrifié pour moi et pour mon Salut pour que je puisse trahir le Royaume par des lèvres menteuses. Dieu a interdit que je vous entraîne dans une chute.

Si vous me voyez rester patient à un moment d'épreuve, rendez grâce à Dieu, car c'est Son Esprit qui me guide.

Cependant, si vous me voyez impatient, pardonnez-moi. C'est mon attitude naturelle, depuis Adam et Eve.

Si mon style de vie n'est pas le même que le vôtre, cela ne signifie pas que nous n'appartenons pas à la même famille Chrétienne. Cela signifie simplement que dans Sa Sagesse, Dieu nous a façonnés chacun d'une manière unique – et cependant, avec le même Seigneur comme Dieu et Père de tous.

Si vous me savez dans le besoin, aidez-moi. Car Dieu bénira assurément ceux qui Le bénissent.

Si vous trouvez que mon attitude, mes paroles, ma vie de tous les jours vous laissent plutôt un froid, s'il vous plaît, ne m'abandonnez pas. Je suis seul. Peut-être que votre présence, votre amour, votre pardon, et votre patience dans cette souffrance vont aider à faire fondre mon coeur de glace.

Si vous pensez que vous avez assez payé de vous-mêmes, c'est bien souvent à ce moment-là que Dieu vous en demandera le plus.

Si vous ne donnez rien à l'église (au moins 10% de vos revenus), s'il vous plaît, ne venez pas vous plaindre. Parce que Dieu Lui-même répond à notre demande par un défi : "Donnez-Moi 10% et Je remplirai vos greniers." (En passant, il est à remarquer que ce sont ceux qui donnent qui se plaignent le moins).

Si vous salissez quelque chose, nettoyez-le. Sinon vous vous fabriquez en plus des ennemis.

Si vous remarquez que quelqu'un est absent de l'église, appelez-le. Il pourrait avoir besoin de vous.

Et par dessus tout, si vous me voyez marcher sur l'eau, aidez-moi à remonter dans le bateau. Car, par moi-même, je vais périr.


Au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen.

Le bateau représente l'Église, les disciples représentent tous les Chrétiens. La mer déchaînée, c'est notre vie. Nous sommes dans l'Église, le bateau, parce que le Christ nous ordonne d'y être. Les disciples sont obéissants. Le Christ vient à nous en temps de péril.
Remarquez que le Christ n'a pas ordonné à Pierre de venir à Lui. Il a plutôt permis l'action. Pierre n'agissait pas par obéissance, mais par audace. Pierre prit peur, sa foi fut ébranlée. Pourquoi? Principalement à cause de sa sottise, vouloir quitter le navire, l'Église. Dès lors, notre première leçon c'est de ne pas quitter la sécurité du navire, l'Église. Le Christ leur a ordonné de monter dans le bateau! Lorsque nous nous retrouvons nous-mêmes hors de l'arche de notre Salut (navire/Église), comme Pierre
nous devons crier "Seigneur, sauve-moi!" Et Il le fera. Le Christ ne nous ordonne pas seulement d'entrer dans l'Église, Il est aussi miséricordieux envers nous lorsque nous sommes désobéissants, nous ramenant au havre paisible de notre Salut, l'Église. C'est au sein de l'Église que nous pouvons, comme Thomas, reconnaître Jésus comme notre Seigneur et Dieu. C'est dans l'Église que, tels les disciples dans le navire, nous pouvons L'adorer.

Dès lors, je répète :

Si vous me voyez marcher sur l'eau, aidez-moi à remonter dans le bateau.

Car, par moi-même, je vais périr.

Même si mes péchés et mes appels ne semblent que me concerner, ne soyez pas comme moi... tendez la main et saisissez la mienne.

Pour ça, le Christ est mort.. nous vivons.

Aidez-moi, mes frères et soeurs en Christ, car j'ai besoin de vous – nous avons besoin les uns des autres, en cette mer déchaînée, balayée par la tempête.
Amen.
pretre Joseph Huneycutt, patriarcat d'Antioche, Houston, Texas

P. Joseph Huneycutt

patriarcat d'Antioche, Houston, Texas


*-*-*-*-*-*-*-*-*-*

"Nous avons reçu le commandement de n'avoir qu'un seul ennemi : le diable. Il ne faut jamais se réconcilier avec lui! Mais, avec un frère, n'ayez jamais d'inimitié dans vos coeurs."
Saint Jean Chrysostome, patriarche de Constantinople

Marcher sur les eaux de la vie (9ème dimanche après la Pentecôte, Orthodoxie byzantine)


Évangile selon Saint Matthieu 14,25-33
À la quatrième veille de la nuit, Jésus vint à eux, marchant sur le lac. Quand les disciples L'aperçurent marchant sur les eaux, ils prirent peur: "C'est un fantôme", disaient-ils, en poussant des cris d'effroi. Mais aussitôt Jésus leur parla: "Courage! dit-Il, c'est Moi, n'ayez pas peur." Pierre Lui adressa la parole: "Eh bien, Seigneur, dit-il, si c'est Toi, ordonne que j'aille près de Toi sur les eaux!" - "Viens", dit Jésus. Et Pierre sortit de la barque et marcha sur les eaux dans la direction de Jésus. Mais devant la violence du vent, il prit peur et, sur le point de couler, il s'écria: "Seigneur, au secours!" Aussitôt Jésus tendit la main et le rattrapa: "Homme de peu de foi, dit-Il, pourquoi as-tu douté?" À peine étaient-ils montés dans la barque, le vent tomba. Alors ceux qui étaient dans la barque se prosternèrent devant lui en disant: "Tu es véritablement Fils de Dieu."

Au Nom du Père et du Fils et du Saint Esprit
Christ est parmi nous! Hristos po sredi nas!

Votre famille regarde-t'elle parfois ensemble des films familiaux? Si oui, souvenez-vous un peu de quoi ils traitent. Peut-être avez-vous fait transférer vos films familiaux sur vidéocassette ou vidéodisque. Peut-être avez-vous récemment regardé un film avec votre fille aînée ou fils aîné ou petite-fille ou petit-fils, alors que l'enfant s'apprêtait à faire ses premiers pas. Dans cette vidéo familiale, peu importe qui était le petit filmé, garçonnet ou fillette, il ou elle avançait en chancelant, avec sa grande soeur ou son grand frère tentant de l'aider. Il ou elle s'agrippait à tout en tentant de s'élancer pour marcher. Peut-être était-ce à une petite table basse au milieu du salon. Il ou elle rampait jusque là, puis en partait jusqu'au divan, la main tenue par la soeur ou le frère. Il ou elle marchait s'il y avait un soutien auquel se raccrocher. C'était mignon de voir votre fille ou fils ou petit-enfant alors marcher de la sorte. Ca ne le serait pas si de nos jours il ou elle ne parvenait pas à marcher sans devoir se tenir à quelque chose. Un parent ou grand-parent est vraiment fier de la "prunelle de ses yeux", parce que le petit bout se débrouillait bien. Et comment a-t'il commencé à vraiment marcher? C'est en fait relativement simple. Papa ou maman à ses côtés, l'encourageant. C'est une action que l'on entend pas. En pensée, on se représente les paroles "Viens, viens chez papa" ou "viens chez maman!" ou "viens chez mamy, chez papy!"
Le bambin regarde vers son papa ou sa maman. Puis soudain, il lache tout ce qui pouvait lui servir de soutien. En ce moment de grande victoire, il s'avance de lui-même à travers la pièce. Oui, "une image est plus éloquente que mille paroles." Le film valait la peine d'avoir été tourné. Il y a toujours une première fois pour tout – les premiers pas – une étape importante pour les années de croissance. Nos enfants ou petits-enfants marchent depuis lors. Dieu soit loué!
La première lecture d'Évangile pour aujourd'hui nous montre les disciples secoués par une terrible tempête en Mer de Galilée. Et à la quatrième veille de la nuit, Jésus venant à eux, marchant sur la mer. Mais lorsque les disciples Le virent marchant sur les eaux, ils furent terrifiés, croyant voir un esprit, un fantôme. Et ils hurlèrent de terreur. Mais aussitôt, Il S'adressa à eux, les rassurant, montrant que c'était bien Lui. Alors Pierre Lui répondit que si c'était bien Lui, Il devait lui ordonner de venir jusqu'à Lui en marchant à son tour sur les eaux. Et Jésus dit à Pierre de venir. Alors Pierre quitta l'embarcation, et marcha sur la mer et se dirigea vers Jésus; mais voyant le vent, il prit peur et commença à couler, appelant le Seigneur à l'aide. Jésus lui attrapa aussitôt la main et le releva, lui disant "Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté?" Ils rentrèrent alors dans la barque, le vent cessa aussitôt, et les disciples présents adorèrent Jésus avec crainte, reconnaissant qu'Il était vraiment le Fils de Dieu.
Voyez Pierre, marchant là où il n'y avait pas de moyen visible pour le soutenir, comme votre enfant ou petit-enfant l'avait fait étant encore bébé. Quitter le berceau. Lâcher la table. Marcher là où il n'y avait pas le moindre appui. Ca semble terrifiant. Cependant, c'est un pas de géant accompli vers les choses que nous pouvons faire dans la vie. La plupart d'entre nous insistent pour rester dans la barque. Onze disciples étaient restés dans le bateau. Un seul eut assez de foi pour oser en sortir. Il n'y a qu'avec Jésus que nous pouvons nous avancer aussi loin en toute sécurité. Nous ne savons pas aller si loin sans prendre de risques. Les choses vraiment puissantes commencent quand nous osons nous avancer. Quand nous prenons des risques. Peut-être que le Seigneur nous demande de nous avancer pour une marche "miracle." Où il n'y a pas le moindre appui visible. Le Seigneur nous appelle à nous détacher des gens sur qui nous nous sommes toujours appuyés. Le Seigneur nous appelle à nous détacher des choses et des lieux sur lesquels nous nous sommes toujours reposés. Ou peut-être tout simplement le Seigneur nous appelle-t'Il à nous détacher de la sécurité à laquelle nous avons toujours tenu.
Il y a 4 points essentiels à suivre si nous voulons entreprendre une marche "miraculeuse."
Primo, assurons-nous que c'est bien avec le Seigneur Jésus. Pierre demanda "Seigneur, si c'est vraiment Toi.." (Mt 14,28). Soyons bien certains que le Seigneur nous demande de sortir du navire. Prions pour ça. Peu importe si le vent souffle fort, pour autant que c'est bien Jésus-Christ qui nous demande de venir.
Secundo, lâchons tout ce qui nous donne un sentiment de sécurité. Nous devons sortir du bateau. Nous devons quitter la zone de sécurité dans laquelle nous nous trouvions.
Tertio, "marchons sur l'eau." Commençons à marcher sur un sol nouveau, ou l'eau, où nous n'avons jamais marché auparavant.
Quarto, concentrons-nous corps et âme et esprit sur Jésus-Christ. Ne nous concentrons pas sur la situation. Ne prêtons pas attention à la tempête. Ne regardons pas le vent. Ne regardons pas les choses dont nous avons peur. Faisons ce que Pierre avait cessé de faire à mi-chemin vers Jésus. Restons en Celui Qui nous a appelés hors du bateau plutôt que de nous concentrer sur ce qui se trouve hors du bateau.
Lorsque notre bébé ou petit-enfant a finit par prendre ce risque, il commença à marcher là où il n'y avait pas le moindre soutien possible. Une étape majeure pour ses premières années de vie. Si le Seigneur Jésus-Christ nous demande de faire cela, alors nous sommes sur le point d'effectuer un bond prodigieux en avant dans notre vie. Nous nous apprêtons à abandonner le "naturel." Nous allons goûter au "surnaturel."
Amen.
Au Nom du Père et du Fils et du Saint Esprit
Christ est parmi nous! Hristos po sredi nas!

P. Vladimir DemshukP. Vladimir Demshuk

Nativity of the Theotokos Serbian Orthodox Church
Clairton PA

29 juillet 2007

9ème dimanche après la Pentecôte / 9ème dimanche de Matthieu / Dimanche des saints Pères des 6 premiers conciles oecuméniques / commémoration du saint hiéromartyr Athenogenes Heracleopolis et de la sainte Martyre Julia



Dissensions internes & manque d'amour bloquent l'évangélisation (Trinité 8, Rite Occidental Eorhf)

Matines
Psaume 38 (Dixi, custodiam)
Psaume 39 (Expectans expectavi)
Sagesse 6,12-25
Épître de saint Paul Apôtre aux Philippiens 2,1-29
S'il existe donc quelque consolation dans le Christ, s'il y a quelque encouragement dans la charité, s'il y a quelque communion dans l'Esprit, s'il existe quelque affection ou miséricorde, rendez ma joie parfaite en restant unis; n'ayez qu'un même amour, une même âme, une même pensée : ne faites rien par esprit de parti ou de vanité, mais que l'humilité vous fasse estimer les autres supérieurs à vous-mêmes. Sans égards pour ses propres intérêts, que chacun prenne à coeur ceux des autres. Ayez en vous les sentiments qui furent dans le Christ Jésus. Quoiqu'il fût de condition divine, il ne s'est pas prévalu de son égalité avec Dieu; mais il s'est anéanti lui-même en prenant la condition d'esclave et se faisant pareil aux hommes. Et quand il eut revêtu l'aspect d'un homme, il s'est encore abaissé lui-même en se rendant obéissant jusqu'à la mort, la mort de la croix. Aussi, Dieu l'a-t-il souverainement exalté et lui a-t-il conféré le nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu'au nom de Jésus tout genou fléchisse, au ciel, sur la terre et dans les enfers, et que toute langue professe, à la gloire de Dieu le Père, que Jésus Christ est Seigneur.
Ainsi, mes bien-aimés, vous qui avez toujours été obéissants, travaillez à votre salut avec crainte et tremblement, non seulement comme lorsque j'étais là, mais bien plus encore maintenant en mon absence. Car c'est Dieu qui, suivant sa bienveillance, opère en vous le vouloir et le faire. En tout, agissez sans murmure et sans discussion, afin d'être irréprochables et purs, enfants de Dieu sans reproche au milieu d'une société perverse et dépravée, au sein de laquelle vous brillez comme des flambeaux dans le monde; vous êtes porteurs de la parole de vie. Ainsi, au jour du Christ, j'aurai la fierté de n'avoir pas couru ni peiné en vain. Et même, dût mon sang servir de libation sur le sacrifice et sur l'offrande de votre foi, j'en suis heureux et m'en réjouis avec vous tous. Vous aussi, faites de même, réjouissez-vous, oui, réjouissez-vous avec moi. J'espère dans le Seigneur Jésus vous envoyer bientôt Timothée, afin d'être réconforté moi-même par les nouvelles que j'aurai de vous. Je n'ai personne qui partage ainsi mes sentiments, pour prendre un sincère intérêt à tout ce qui vous concerne : tous les autres n'en ont que pour leurs propres intérêts, non ceux de Jésus Christ. Vous connaissez sa fidélité éprouvée; vous savez que, tel un enfant près de son père, il se dévoue avec moi au service de l'Évangile. J'espère donc, vous l'envoyer dès que j'entreverrai l'issue de mes affaires; et j'ai cet espoir dans le Seigneur, que moi aussi je viendrai bientôt. Je crois nécessaire de vous envoyer Épaphrodite, le frère et compagnon de mon labeur et de mes luttes, qui était venu de votre part pour subvenir à mes besoins. Il désire ardemment vous revoir tous, et se trouve fort en peine parce que vous avez appris sa maladie. En effet, il a été malade et bien près d'en mourir. Mais Dieu a eu pitié de lui, et non seulement de lui, mais de moi aussi, pour que je n'aie pas chagrin sur chagrin. Je me hâte donc de vous le renvoyer, pour que vous ayez la joie de le revoir et que ma tristesse en soit allégée. Ainsi donc, accueillez-le dans le Seigneur avec une joie complète, et honorez de tels hommes.

COLLECTE POUR DIMANCHE TRINITE 8
O Dieu, dont la Providence infaillible règle tout au Ciel et sur la terre; nous Te supplions humblement d’éloigner de nous tout ce qui nous est nuisible, et de nous accorder ce qui est pour notre bien. Par notre Seigneur et Sauveur, Jésus-Christ, Qui vit et règne avec Toi et le Saint Esprit, Dieu Un, pour les siècles des siècles.

Divine Liturgie (Sarum)
Épître : 1 Co 1,10-17
Je vous engage, frères, au nom de notre Seigneur Jésus Christ, à vous mettre d'accord. Qu'il n'y ait point de divisions parmi vous. Vivez en bonne entente, n'ayant qu'un même esprit, qu'un même sentiment. En effet, frères, j'ai été averti par les gens de Chloé, qu'il y a parmi vous des disputes. J'entends par là que tel est votre langage entre vous : "Moi, je suis disciple de Paul; - moi d'Apollos; - et moi de Céphas; -et moi du Christ."
Voyons : le Christ serait-il divisé? Est-ce Paul qui a été crucifié pour vous? Est-ce au nom de Paul que vous avez été baptisés? Grâce à Dieu, je n'ai baptisé aucun de vous, à part Crispus et Gaïus; ainsi personne ne pourra dire que vous avez été baptisés en mon nom. De fait, j'ai encore baptisé la famille de Stéphanas; à part ceux-là, je ne sache pas avoir baptisé quelqu'un d'autre. Ce n'est pas pour baptiser que le Christ m'a envoyé, mais pour annoncer l'Évangile, et cela sans recourir à l'habileté de l'art oratoire, afin que la croix du Christ ne soit pas réduite à rien.

Évangile : Saint Matthieu 14,14-22
Jésus vit cette foule nombreuse, s'attendrit sur elle, et guérit leurs malades. Il se faisait tard. Groupés autour de lui, les disciples Lui dirent: "L'endroit est désert, et l'heure avance déjà; congédie ces gens pour qu'ils aillent s'acheter des vivres dans les villages." Mais Jésus répondit: "Ce n'est pas nécessaire: donnez-leur vous-mêmes à manger." - "Mais, lui dirent-ils, nous n'avons ici que 5 pains et 2 poissons." - "Apportez-les-Moi", dit-Il. Il fit alors s'étendre la foule sur l'herbe; Il prit les 5 pains et les 2 poissons et, les yeux levés au ciel, Il prononça une bénédiction. Rompant ensuite les pains, Il les tendit à Ses disciples, qui les distribuèrent au peuple. Tous mangèrent à satiété; et des morceaux qui restaient on emporta 12 corbeilles pleines. Or, sans compter les femmes et les enfants, le nombre des convives s'élevait à 5.000 hommes environ. Aussitôt après, Jésus contraignit Ses disciples à se rembarquer et à passer avant Lui sur l'autre rive, tandis qu'Il congédierait la foule.

HOMÉLIE DU DIMANCHE TRINITÉ 8

homélie 2007:
"En tout, agissez sans murmure et sans discussion, afin d'être irréprochables et purs, enfants de Dieu sans reproche au milieu d'une société perverse et dépravée, au sein de laquelle vous brillez comme des flambeaux dans le monde." Ainsi parle saint Paul aux Philippiens dans la deuxième lecture des Matines de ce jour.
L'on suppose qu'il les exhorte en premier lieu à parler de l'oeuvre de l'Église sans disputes internes. Paul pourrait bien mettre l'Église en garde – à l'époque comme maintenant – pour éviter les luttes intestines. De nos jours, hors de l'Église, certains groupes Chrétiens sont devenus synonymes de dispute, du fait de leurs bagarres. Nous le voyons dans notre propre diocèse et dans d'autres, où telle paroisse est réputée pour l'esprit de dispute de ses membres, au point qu'il en est qui ont du mal à trouver du clergé. C'est un comportement profondément pécheur, que des Chrétiens seraient si remontés les uns contre les autres que ceux hors de l'Église ne veulent pas rejoindre le troupeau du Christ, et que certains dans le troupeau en sont si perturbés qu'ils en partent. Un tel comportement est la pierre d'achoppement pour les enfants.
Il existe des occasions pour faire usage du franc-parler, uniquement en présence de mal persistant, de paresse ou d'hérésie. Toutes les autres affaires devraient être traitées au sein des communautés Chrétiennes, paisiblement et dans l'amour mutuel. Ceux qui ont une tendre conscience ne devraient pas être offensés, et ceux qui aiment la paix ne devraient pas être gênés dans leur culte par leurs frères du troupeau. Le Chrétien est appelé à un chemin de paix, non seulement au sein de l'Église, mais aussi partout dans le monde. Le Chrétien doit devenir le catalyseur de paix parmi les non-Chrétiens et parmi ceux qui sont opposés au Christ. Par son amour envers ses concitoyens, Chrétiens ou non, le Chrétien devrait être un exemple pour tous les sans-Christ.
C'est lorsque nous adoptons consciencieusement la douceur, l'humilité et la nature paisible du Christ que nous parlons le plus clairement de Lui dans nos vies quotidiennes. Tout Chrétien est appelé à être un exemple pour les autres : tout d'abord pour ses frères, et ensuite pour le monde. Non pas d'une manière volontairement instructive, non pas d'une manière auto-justifiante, mais calmement et avec amour.
En un temps où la nation est dans le tourbillon politique ou la division religieuse, ou quand une communauté subit des changements sociaux ou autres, la communauté Chrétienne devrait être un exemple de fiabilité et de paix vers lequel les autres pourraient regarder pour être guidés. Nos dirigeants devraient être des balises lumineuses pour la nation, l'Église a tant à donner à une nation comme la nôtre, si dégoûtée par le comportement contemporain de tant qui se proclament eux-mêmes Chrétiens. Et cependant, l'Église n'est pas entendue, et ses trésors sont peu considérés, car elle n'a pas voix au chapitre dans cette nation.
Notre voix – l'authentique voix du Christ en ce monde, la voix de l'amour, de la paix, de la guidance morale, doit commencer dans nos propres vies et paroles, et ce n'est qu'alors que la voix de l'Église pourra résonner pour la nation et pour le monde.

homélie 2006:
L'Epitre de la Liturgie d'aujourd'hui peut aussi être appelée un morceau d'unité. Répondant aux problèmes de clans causés au moins en partie par les Gnostiques à Corinthe, saint Paul entreprend de leur montrer dans son Epitre que l'Église est Une, Sainte, Catholique et Apostolique. L'extrait de l'Epitre lu ce jour fait partie de ce qui traite de l'Église comme étant Une. Lorsqu'on lit l'Écriture Sainte, il est utile de savoir le sujet auquel elle s'adresse directement, mais il est vital de connaître l'application que cela a pour nous. Dès lors, nous pouvons tranquillement laisser de côté les problèmes à Corinthe dans les années 50 après Jésus-Christ et nous occuper de ce que cela signifie pour nous aujourd'hui. Ceux qui s'appellent eux-mêmes Chrétiens dans le monde actuel sont, comme nous le savons, scandaleusement divisés. Le scandale n'est peut-être pas tant dans le fait des divisions que dans la cause des divisions. L'Église a été créée Une par le Christ, mais elle est peuplée sur terre par des hommes déchus, et les hommes déchus sont excessivement facilement égarés. Nous trouvons qu'il est presqu'impossible de nous concentrer sur le service cultuel et l'amour même durant le temps de la Liturgie – notre esprit vagabonde, nous sommes distraits par l'adversaire qui cherche constamment à nous détourner du but principal de notre existence. Il n'est dès lors pas surprenant que l'Église comporte souvent en son sein des groupes d'opinions divergentes – opinions personnelles bien entendu. Ce qui est scandaleux c'est le fait que ces divisions se sont élargies jusqu'à former un Schisme. Il n'est également pas très surprenant de constater qu'une fois que le Schisme a atteint des proportions majeures, d'autres suivent dans ce qui est, historiquement parlant, plutôt limité, et ils y continuent aujourd'hui. Après avoir rejeté l'unité de la véritable Église, les hommes trouvent progressivement plus facile de se séparer d'avec leurs frères. Quel est alors le message de l'Epitre de ce jour pour l'Église des temps présents?
La première chose pour laquelle saint Paul plaide, c'est pour que nous "ayons un témoignage uniforme" (dire la même chose). Cela signifie en effet que l'Église rende témoignage au Christ, interprète Son Evangile partout de la même manière. Ce n'est pas (comme certains semblent l'aimer) un uniformité humaine rigide imposée par une sorte de pouvoir terrestre centralisé, mais plutôt une adhésion uniforme à la vérité révélée telle qu'elle a été prêchée et enseignée tout au long des siècles par un consentement continuel des Pères et de l'Église. C'est une uniformité de doctrine régulée par l'Esprit Saint qui n'a pas besoin de pouvoir humain centralisé – bien que cela nécessite que l'Église soit organisée et aide des évêques craignant Dieu pour rappeler les affaires doctrinales et spirituelles de l'Église. Au verset 13, saint Paul pose la question : "est-ce que le Christ est divisé?" En effet, est-ce que l'Église est divisée? La réponse qui découle de 1 Co 3,18-23 et que l'on retrouve tout au long du Nouveau Testament est un "non" catégorique. La sagesse mondaine à laquelle tout ce chapitre sur l'unité fait référence est d'avoir des opinions privées en matière doctrinale, et une interprétation de l'Écriture séparée de la révélation de l'Église par le Christ Lui-même. C'est une séparation de l'Église, car il ne sait pas y avoir une chose telle qu'une véritable division de l'Église. Il peut y avoir des parties autonomes de la même Église, mais la division veut dire se diviser de, non pas se diviser à l'intérieur. Le scandale pour aujourd'hui est qu'il n'y a pas d'unité dans les rangs de ceux qui s'appellent eux-mêmes Chrétiens et que parmi de tels gens, nombre d'entre eux créent spectaculairement et de manière attractive des religions véritablement non-chrétiennes qui prétendent être Chrétiennes. Ce dont nous devons nous prémunir, c'est contre l'attractivité de certaines de ces idées pour ceux qui sont dans l'Église. Nous devons rendre témoignage au Fils éternel de Dieu, Qui est né d'une pure Vierge, a été crucifié pour nous, est mort, descendu aux Enfers, relevés d'entre les morts, monté aux Cieux et revenant [en gloire]. Nous devons continuellement rendre témoignage à Dieu en la Sainte Trinité, un Dieu Qui s'intéresse continuellement aux affaires de ce présent monde, y participant, l'aimant et S'y impliquant, comme envers chacun d'entre nous. Un Dieu Qui S'est très bien révélé Lui-même tout au long des siècles à de véritables saints, des saints dont nous avons le témoignage, un Dieu Qui est totalement constant et Qui ne sait pas être "réinterprété" par d'impies spéculateurs académiques aux soucis mondains. Nous devons rendre témoignage de l'Église Apostolique, historique, continue, unifiée, qui n'a pas besoin de nouveautés pour rendre son message intéressant envers tel ou tel groupe de cette société avide de nouveautés.


p. Michaël, higoumène (abbé), Saint-Petroc monastery, EORHF/Rocor
http://www.orthodoxresurgence.com/