"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

11 août 2007

Saint Géry, véritable fondateur de la ville de Bruxelles

Collecte (ancien rite romain)
EXAUCE, Seigneur, les prières que nous T'adressons en cette fête du bienheureux Géry, Ton évêque et confesseur, et par l'intercession de ce fidèle serviteur, pardonne-nous tous nos péchés. Par notre Seigneur Jésus-Christ, Ton Fils, qui étant Dieu, vit et règne. Amen
.

Vie et prières à saint Géry:
http://www.amdg.be/sankt/aou11.html#BELF


Vue à vol d'oiseau de l'abbaye Saint-Géry au Mont-des-Boeufs,
avant sa démolition sur ordre de l'infâme Charles Quint en 1543.
Huile sur toile,
Auteur anonyme, d'après Fallon Melchior,
maître maçon à Cambrai au XVIe siècle.

Section Patrimoine de Cambrai - Salle 10 - XIIe-XVIIe siècles

Musée municipal de Cambrai.



06 août 2007

La Transfiguration dans l'Orthodoxie d'Occident et d'Orient (textes & homélies)

Reliure en ivoire de l'Évangéliaire d'Afflighem (Brabant, près de Bruxelles)
Auteur : René d'Huy (+ 1150)

Homélie sur l'évangile de la Transfiguration, par saint Léon le Grand, évêque et pape de Rome
Le Seigneur découvre Sa gloire à des témoins choisis, et la forme corporelle qu’Il a pareille à celle des autres hommes, Il l’illumine d’une telle splendeur que Son visage devient éclatant comme le soleil et Son vêtement blanc comme la neige. En cette Transfiguration, Son but principal était sans doute de détruire dans le coeur de Ses disciples le scandale de la Croix et d’empêcher, en leur révélant l’excellence de Sa dignité cachée, que leur foi ne fût troublée par les abaissements de Sa Passion volontaire. Mais Sa Providence avait un autre et non moindre dessein, celui de donner un fondement à l’espérance de la sainte Église. Elle voulait lui faire connaître de quelle transformation tout le corps du Christ devait être gratifié, en sorte que ses membres pussent se promettre d’avoir part un jour à la gloire qui avait resplendi dans le chef.
Mais pour affermir la foi des Apôtres et les conduire à une science parfaite, une autre instruction est donnée en ce miracle. En effet, Moïse et Élie, c’est-à-dire la Loi et les prophètes, apparurent, s’entretenant avec le Seigneur. La présence de ces 5 hommes (Moïse, Élie et les 3 Apôtres) remplit en toute vérité la condition posée par cette parole de l’Écriture : Le témoignage de 2 ou 3 hommes fait toujours foi (Deut. 19,15). Quoi de plus solidement établi qu’un fait proclamé à la fois par les trompettes de l’Ancien et du Nouveau Testament, où se réunissent dans un commun accord la doctrine évangélique et les instruments des antiques témoignages? Les pages des 2 Alliances se corroborent mutuellement, mais ce que l’ancienne nous avait promis en symboles et sous le voile des mystères, la splendeur de la gloire présente nous le montre à découvert.
L’Apôtre Pierre, enflammé par la révélation de ces mystères sacrés, n’ayant plus que mépris pour le monde et dégoûté des choses de la terre, était comme ravi hors de lui par le désir des biens éternels. Tout plein de la joie de toute cette vision, il voulait habiter avec Jésus ce lieu même où la manifestation de Sa gloire le rendait heureux. C’est pour cela qu’il s’écrie "Seigneur, il nous est bon d’être ici. Si Tu le permets, faisons ici 3 tentes, une pour Toi, une pour Moïse et une pour Élie." Mais le Seigneur ne répondit pas à cette suggestion, signifiant par là, non pas que ce désir était coupable, mais qu’il était désordonné. Le monde, en effet, ne pouvait être sauvé que par la mort du Christ; et par l’exemple du Seigneur, la foi de ceux qui croient doit être telle assurément qu’ils n’aient aucun doute sur la réalité des promesses de bonheur qui leur ont été faites; mais il faut que nous comprenions aussi qu’au milieu des épreuves de la vie présente, nous devons solliciter la grâce de les supporter avec constance, avant de réclamer la gloire.
+ Léon

Si la fête de la Transfiguration n'a que peu d'écho dans l'Occident Orthodoxe, et peu de commentateurs, c'est dû à la date tardive de sa création. En Orient, elle est apparue au 4ème siècle pour la dédicace de la basilique du Mont Thabor, mais il faudra encore 3 siècles pour qu'elle se répande dans tout les territoires de la Chrétienté d'Orient. Il en faudra autant pour parvenir en Occident. Elle ne commencera à y être fêtée que peu avant le Schisme affreux qui arrachera progressivement tout l'Occident à l'Église du Christ.

Dans l'Occident Orthodoxe, avant cette introduction de cette fête tardive de l'Orient Orthodoxe, on célébrait essentiellement la mémoire des saints Xyste II, Félicissime et Agapit, martyrs à Rome le 6 août 258. Saint Xyste était l'évêque de l'Église du Christ qui était à Rome, et ses 2 compagnons de martyre étaient ses diacres. Ils versèrent leur sang pour le Christ au cimetière de Calixte. Félicissime et Agapit furent enterrés au cimetière de Prétextat. Le calendrier Liturgique du Sacramentaire de Corbie, typique de ceux qui étaient en usage dans nos régions à l'époque, indique exclusivement cette fête-là pour le 6 août.

Sacramentaire de Ratoldus de Corbie, anno 986, édition critique du texte publiée par la Henry Bradshaw Society http://www.henrybradshawsociety.org

O Dieu, Qui nous a fait la grâce de célébrer la naissance au Ciel de Tes saints martyrs Xyste, Félicissime et Agapit, accorde-nous de partager leur compagnie dans la béatitude éternelle. Par Jésus-Christ.
Deus, qui nos concedis sanctorum martyrum tuorum Xysti, Felicissimi et Agapiti natalicia colere: da nobis in aeterna beatitudine de eorume societate gaudere. Per Dominum.

La commémorer aussi, c'est s'enrichir spirituellement, prenant tout ce qui a été fait de juste et de bon à l'époque où l'Église indivise était répandue sur terre.

En cherchant bien, vous découvrirez des fresques magnifiques qui ornent d'antiques églises saxonnes en Angleterre, datant donc d'avant la conquête par les Normans et le début du Schisme pour les Anglais.
http://saxon.sussexchurches.co.uk/

A (re)lire, cette page très riche en articles sur la Transfiguration : "Dans Ta Lumière, nous verrons la lumière" (Ps 35,10)

JM



Tropaire de la Transfiguration
Ô Christ Dieu, Tu t’es transfiguré sur la montagne! Tu as montré à Tes disciples Ta gloire autant qu’ils pouvaient la supporter. Que Ta Lumière éternelle resplendisse aussi pour nous, pécheurs. Par les prières de Ta Mère, ô Donateur de lumière, gloire à Toi ! (3 fois)

Kondakion de la Transfiguration en ton 7
Sur la montagne Tu t’es transfiguré, et selon leur mesure Tes disciples contemplèrent Ta gloire, ô Christ Dieu ; afin qu’en Te voyant crucifié, ils voient que Ta Passion était consentie, et proclament au monde que Tu es en vérité le resplendissement du Père.

Epître : 2ème épître de saint Pierre Apôtre 1, 10-19
Frères, appliquez-vous à affermir votre vocation et votre élection : en faisant cela, vous ne pouvez pas trébucher. Et ainsi vous sera largement ouverte l’entrée dans le royaume éternel de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ. C’est pourquoi je ne cesserai de vous rappeler cela, bien que vous le sachiez et que vous soyez affermis dans la présente vérité. Aussi longtemps que je serai dans l’enveloppe de ce corps, j’estime juste de vous tenir en éveil par mes rappels. Je sais que j’aurai bientôt à quitter cette enveloppe, ainsi que me l’a fait comprendre notre Seigneur Jésus Christ. Mais je veux faire en sorte qu’après mon départ vous puissiez vous en souvenir en toute occasion. Car ce n’est pas d’après quelque ingénieuse fiction que nous vous avons fait connaître l’avènement de notre Seigneur Jésus Christ et sa puissance, mais pour en avoir vu la majesté de nos propres yeux. En effet, Il a reçu de Dieu le Père honneur et gloire, lorsque du sein de la divine splendeur se fit entendre une voix qui disait : "Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui J’ai mis toute ma bienveillance !" Cette voix, nous l’avons entendue venir du Ciel, lorsque nous étions sur la montagne sainte avec lui. Dès lors, la parole des prophètes a d’autant plus de crédit auprès de nous, et vous ferez bien de lui prêter attention : elle est comme une lampe qui brille en un lieu obscur, jusqu’à ce que vienne à poindre le jour et que l’Astre du matin se lève dans vos cœurs.



Évangile : saint Matthieu 17, 1-9
En ce temps-là, six jours après (avoir annoncé à ses disciples sa mort et sa résurrection), Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère et les emmena à l’écart sur une montagne élevée, et Il fut transfiguré devant eux. Son visage resplendissait comme le soleil et ses vêtements devinrent blancs comme la lumière. Et voilà que leur apparurent Moïse et Elie s’entretenant avec Jésus. Pierre lui dit : "Seigneur, nous sommes bien ici ! Si Tu le veux, je vais faire ici trois cabanes, une pour toi, une pour Moïse, une pour Elie." Comme il parlait encore, une nuée lumineuse les recouvrit et voilà qu’une voix venant de la nuée dit : "Celui-ci est mon Fils, le Bien-aimé, Celui qui a ma bienveillance. Ecoutez-le !" En entendant cela, les disciples tombèrent face contre terre et furent dans un grand effroi. Jésus s’approcha, les toucha et dit : "Relevez-vous et n’ayez pas peur !" Ils levèrent les yeux, et ne virent plus que Jésus seul. En redescendant de la montagne, Jésus leur dit : "Ne parlez à personne de ce que vous avez vu jusqu’à ce que le Fils de l’Homme soit ressuscité des morts."

Catéchèse
Le mystère de l’Eglise : 2 ou 3 réunis au Nom de Jésus le voient par l’Esprit au milieu d’eux; en elle Jésus accomplit la promesse du Père faite par les prophètes; son expérience liturgique de la lumière incréée qui illumine le cœur des fidèles, et les fait resplendir pour le Salut du monde.
Archiprêtre Marc-Antoine Costa de Beauregard

Synaxaire byzantin

Le 6 août, nous célébrons la mémoire de la Sainte TRANSFIGURATION de Notre Seigneur Dieu et Sauveur Jésus-Christ [1]

Six jours après avoir déclaré à Ses disciples: "Il en est ici qui ne goûteront pas la mort avant d'avoir vu le Royaume de Dieu venu en puissance" (Mat. 16:28, Marc 9:1)[2], Jésus prit avec lui Ses Disciples préférés: Pierre, Jacques et Jean; et les emmenant à l'écart, Il monta sur une montagne élevée, le mont Thabor en Galilée, pour y prier. Il convenait en effet que ceux qui allaient assister à Son agonie à Gethsémani et qui seraient les témoins privilégiés de Sa Passion, fûssent préparés à cette épreuve par le spectacle de Sa gloire. Pierre, car il venait de confesser sa foi en Sa divinité; Jacques, car il fut le premier à mourir pour le Christ; et Jean qui témoigna de son expérience de la gloire divine en faisant retentir comme "fils de tonnerre" la théologie du Verbe venu dans la chair.

Il les fit monter sur la montagne, en signe de l'ascension spirituelle qui, de vertu en vertu, conduit à la charité, vertu suprême qui ouvre l'accès à la contemplation de Dieu. Cette ascension était en fait le résumé de toute la vie du Seigneur qui, revêtu de notre faiblesse, nous a frayé le chemin vers le Père, en nous enseignant que l'hésychia [calme intérieur] est la mère de la prière et que c'est la prière qui nous manifeste la gloire de Dieu.

"Et comme Il priait, soudain, l'aspect de Son visage devint autre, Il Se transfigura et brilla comme le soleil, tandis que Ses vêtements devinrent resplendissants, d'un blanc fulgurant, tel qu'aucun foulon sur la terre ne peut blanchir" (Marc 9:3). Le Verbe de Dieu incarné manifesta ainsi la splendeur naturelle de la gloire divine, qu'Il possédait en Lui-même et qu'Il avait gardée après Son Incarnation, mais qui restait cachée sous le voile de la chair. Dès le moment de Sa conception dans le sein de la Vierge, en effet, la divinité S'est unie sans confusion avec la nature de la chair, et la gloire divine est devenue, hypostatiquement, gloire du corps assumé. Ce que le Christ manifestait ainsi à Ses disciples au sommet de la montagne n'était donc pas un spectacle nouveau, mais la manifestation éclatante de la divinisation en Lui de la nature humaine - y compris le corps - et de son union avec la splendeur divine.

Alors que le visage de Moïse avait resplendi d'une gloire qui venait de l'extérieur après la révélation du mont Sinaï (cf. Exode 34:29), le visage du Christ apparut au Thabor comme une source de lumière, source de la vie divine rendue accessible à l'homme, et qui se répandait aussi sur ses "vêtements", c'est-à-dire sur le monde extérieur et sur les produits de l'activité et de la civilisation humaines.

"Il est transfiguré, assure Saint Jean Damascène, non pas en assumant ce qu'Il n'était pas, mais en montrant à Ses disciples Ce qu'Il était, leur ouvrant les yeux et, d'aveugles qu'ils étaient, les faisant voyants"[3]. Le Christ ouvrit les yeux de Ses disciples, et c'est d'un regard transfiguré par la puissance de l'Esprit-Saint que ces derniers virent la lumière divine indissociablement unie à Son corps. Ils furent donc eux-mêmes transfigurés, et c'est dans la prière qu'ils purent voir et connaître le changement advenu à notre nature du fait de son union avec le Verbe (Saint Grégoire Palamas).

"Tel est le soleil pour les choses sensibles, tel est Dieu pour les spirituelles" (Saint Grégoire le Théologien), c'est pourquoi les Evangélistes rapportent que le visage du Dieu-Homme, qui est la "lumière véritable qui éclaire tout homme venant en ce monde" (Jean 1:9), brillait comme le soleil. Mais cette lumière était en fait incomparablement supérieure à toute lumière sensible et, incapables de supporter Son éclat inaccessible, les disciples tombèrent à terre.

Lumière immatérielle, incréée et intemporelle, elle était le Royaume de Dieu venu dans la puissance du Saint-Esprit, conformément à ce que le Seigneur avait promis à Ses disciples. Entrevue alors pour un instant, cette lumière deviendra l'héritage permanent des élus dans le Royaume, quand le Christ viendra à nouveau, resplendissant dans tout l'éclat de Sa gloire. Il reviendra dans la lumière, dans cette lumière qui a brillé au Thabor et qui a jailli du tombeau le jour de Sa Résurrection, et qui, se répandant sur l'âme et le corps des élus, les fera resplendir eux aussi "comme le soleil" (cf. Mat. 13:43).

"Dieu est lumière, et Sa vue est lumière"[4]. De la même manière que les Disciples au sommet du Thabor, de nombreux Saints ont été témoins de cette révélation de Dieu dans la lumière. Toutefois la lumière n'est pas pour eux seulement objet de contemplation, mais elle est aussi la grâce déifiante qui leur permet de "voir" Dieu, de sorte que se vérifient les paroles du Psalmiste: "Dans ta lumière, nous verrons la lumière" (Ps. 35:10).

Au sein de cette vision glorieuse, apparurent aux côtés du Seigneur Moïse et Élie, les deux sommets de l'Ancien Testament, représentant respectivement la Loi et les Prophètes, qui lui portaient témoignage en tant que maître des vivants et des morts [5]. Et ils s'entretenaient avec Lui, dans la lumière, de "l'Exode qu'Il allait accomplir à Jérusalem", c'est-à-dire de Sa Passion, car c'est par la Passion et par la Croix que cette gloire devait être donnée aux hommes.

Étant sortis d'eux-mêmes, ravis dans la contemplation de la lumière divine, les Apôtres étaient comme accablés de sommeil et, "ne sachant pas ce qu'il disait, Pierre dit à Jésus: "Maître, il est bon que nous soyons ici, et si tu veux nous ferons trois tentes : une pour toi, une pour Moïse et une pour Élie". Détournant Son disciple de ce désir trop humain, qui consistait à se contenter de la jouissance terrestre de la lumière, le Seigneur leur montra alors une "tente" meilleure et un tabernacle de beaucoup supérieur pour abriter Sa gloire. Une nuée lumineuse vint les couvrir de Son ombre, et la voix du Père Se fit entendre au sein de cette nuée, portant témoignage au Sauveur: "Celui-ci est Mon Fils bien-aimé, en Qui Je Me suis complu; écoutez-Le." Cette nuée représentait la grâce de l'Esprit d'adoption; et, comme lors de Son Baptême au Jourdain, la voix du Père rendait ainsi témoignage au Fils et manifestait que les trois Personnes de la Sainte Trinité, toujours unies, collaborent au Salut de l'homme.

La lumière de Dieu, qui avait d'abord permis aux Disciples de "voir" le Christ, les fit accéder à un état supérieur à la vision et à la connaissance humaines quand elle brilla plus intensément. Sortant de tout ce qui se voit ainsi que d'eux-mêmes, ils entrèrent alors dans la ténèbre supra-lumineuse, dans laquelle Dieu fait Sa retraite (cf. Ps. 17:12), et "fermant la porte de leurs sens", ils y reçurent la révélation du Mystère Trinitaire, qui transcende toute affirmation et toute négation[6].

Encore insuffisamment préparés à la révélation de tels mystères, car ils n'étaient pas encore passés par l'épreuve de la Croix, les disciples en furent fort effrayés. Mais quand ils relevèrent la tête, ils virent Jésus, seul, ayant retrouvé Son aspect habituel, Qui S'approcha d'eux et les rassura. Puis, descendant de la montagne, Il leur recommanda de garder le silence sur ce qu'ils avaient vu, jusqu'à ce que le Fils de l'Homme Se relève d'entre les morts.

La fête d'aujourd'hui est donc par excellence celle de la divinisation de notre nature humaine et de la participation de notre corps corruptible aux biens éternels, qui sont au-dessus de la nature. Avant même d'accomplir notre Salut par sa Passion, le Sauveur montra alors que le but de Sa venue dans le monde était précisément de conduire tout homme à la contemplation de Sa gloire divine. C'est pour cette raison que la fête de la Transfiguration a connu une faveur particulière parmi les moines, qui ont consacré toute leur vie à la quête de cette lumière [7].

NOTES:
[1] La Transfiguration étant célébrée pendant le carême de la Dormition, on n'accorde aujourd'hui qu'une dispense de poisson, et non dispense totale de jeûne, comme pour les autres fêtes du Seigneur. La plupart des homélies des Saints Pères sur cette fête sont maintenant traduites dans: Joie de la Transfiguration d'après les Pères d'Orient, "Spiritualité Orientale 39", Abbaye de Bellefontaine, 1985.

[2] Le récit de St Luc mentionne un délai de huit jours, en incluant les deux jours extrêmes. Les deux versions suggèrent le dépassement de ce monde, créé en six jours, pour atteindre le Royaume éternel, symbolisé par le nombre huit. Selon certains la Transfiguration eut lieu quarante jours avant la Passion; c'est pourquoi cette fête a été fixée quarante jours avant celle de l'Exaltation de la Croix.

[3] St Jean Damascène, Homélie sur la Transfiguration, 12 (PG 96, 564).

[4] St Syméon le Nouveau Théologien, Discours Éthique V, 276 (SC 129, 101).

[5] Moïse était mort avant d'entrer dans la Terre Promise, et Élie fut transféré dans un lieu mystérieux sans connaître la mort.

[6] La théologie mystique de St Denys l'Aréopagite a été appliquée au Mystère de la Transfiguration principalement par St Grégoire Palamas.

[7] De très nombreux Monastères ont été dédiés à cette Fête, surtout depuis la controverse hésychaste du 14ème s., qui portait précisément sur la nature de la lumière du Thabor et de la contemplation. Notons en outre que, d'après une tradition qui circulait au temps de l'iconoclasme, la première Icône, peinte par les Apôtres eux-mêmes, fut celle représentant la Transfiguration. Il s'agit bien sûr moins d'un fait historique que d'une interprétation symbolique, rendant compte du lien intime entretenu dans la tradition de l'Église entre l'art de I'Icône et cette Fête de la vision du Christ dans la gloire.


05 août 2007

Le serviteur malhonnête, en quoi faut-il l'imiter? (Trinité 9, Rite Occidental Eorhf)

Matines :
Psaume 45 Deus noster refugium
Ps. 46 Omnes gentes, plaudite
Ps. 47 Magnus Dominus
Sagesse 11,21-12,2
Seigneur tu as tout ordonné avec mesure, nombre et poids, car toujours il t'est possible de montrer ton immense puissance, et qui pourrait résister à la force de ton bras? Devant toi, le monde entier est comme un rien qui fait pencher la balance, ou la goutte de rosée descendant sur le sol au matin. Tu as pitié de tous parce que tu peux tout, et pour qu'ils se repentent, tu fermes les yeux sur les péchés des hommes. Car tu aimes tout ce qui existe, et tu n'as de dégoût pour rien de ce que tu as fait, puisque, si tu avais haï quelque chose, tu ne l'aurais pas créé. Comment une chose pourrait-elle subsister si tu ne l'avais voulu, et conserver l'existence si tu ne l'y avais appelée? Mais tu épargnes tous les êtres, parce que tout est à toi, ô Maître qui aimes la vie. Ton Esprit incorruptible est en tout; c'est pourquoi tu punis peu à peu ceux qui tombent, et tu les avertis en leur montrant en quoi ils pèchent, afin qu'ils rejettent leur malice et croient en toi, Seigneur.

Épitre de saint Paul Apôtre aux Philippiens 3,1-21

COLLECTE POUR DIMANCHE TRINITE 9
Daigne nous accorder, Seigneur, nous T'en supplions, l’esprit de discernement pour concevoir et faire en tout temps ce qui est juste; afin que, comme nous ne pouvons accomplir ce qui bien sans Toi, nous soyons par Toi rendus capables de vivre selon Ta sainte volonté. Par notre Seigneur et Sauveur, Jésus-Christ, Qui vit et règne avec Toi et le Saint Esprit, Dieu Un, pour les siècles des siècles.

Divine Liturgie (Sarum)
Épître : 1 Corinthiens 10,1-13
Évangile : Saint Luc 16,1-9
Jésus dit encore à ses disciples : "Un homme riche avait un économe qu'on accusa devant lui de dilapider sa fortune. Il le fit venir et lui dit : Qu'est-ce que j'entends dire de toi? Rends compte de ta gestion, car désormais tu ne pourras plus gérer mes biens. L'économe se dit alors : Que faire, puisque mon maître m'enlève mon intendance? Bêcher la terre? je n'en ai pas la force. Mendier? j'en aurais honte. Je vois ce que je vais faire pour trouver des gens qui me reçoivent chez eux lorsque j'aurai perdu ma place. Il fit alors venir séparément chacun des débiteurs de son maître. Il dit à l'un : Combien dois-tu à mon maître? L'homme répondit : Cent mesures d'huile. L'économe : Assieds-toi là, voici ton billet, écris vite: 50. Et toi, dit-il à l'autre, combien dois-tu? Celui-ci répondit : Cent mesures de froment. L'économe reprit: Voici ton billet, écris: 80. Et le propriétaire admira l'astuce de l'intendant malhonnête; les enfants de ce siècle sont, en effet, plus judicieux dans leur conduite envers les gens de leur espèce, que ne le sont les enfants de lumière.
Et moi je vous dis: Faites-vous des amis avec le malhonnête argent, Mammon, pour qu'au jour où il viendra à vous manquer, ils vous reçoivent dans les tentes éternelles.


Croix au coucher du soleil
Thomas Cole (Bolton-le-Moor, Lancashire, Angleterre, 1/2/1801 -> Catskill, New York, EUA, 11/2/1848)


HOMÉLIE DU DIMANCHE TRINITÉ 9

homélie 2007:
L'Évangile de la Liturgie de ce jour est encore un de ces passages si familiers – nous ne le connaissons peut-être pas mot à mot par coeur, mais nous le connaissons suffisamment pour croire vraiment le connaître. Car est-ce vraiment le cas? N'est-ce pas un passage que nous avons si souvent entendu que nous n'en avons pas pris suffisamment de temps pour réfléchir à quoi le Christ veut en venir – et nous ne nous sommes pas même posé la question. C'est même devenu bien souvent un passage considéré comme un peu ennuyeux, auquel même quand on prête un peu d'attention, on ne comprend pas trop. Le Christ semble dire quelque chose de bizarre, ce que nous savons pourtant ne pas être possible, quelque chose d'un peu irritant, qu'on fait bien de laisser de côté. Alors, qu'est-ce qui cloche dans ce passage? C'est le fait que le Christ semble recommander le comportement du serviteur malhonnête, pour sa magouille utilisée pour faire en sorte que sa mise à la porte, bien justifiée, se termine bien. Voici ce serviteur qui gaspille littéralement l'argent de son employeur afin que les débiteurs, reconnaissants, soient son ami lorsqu'il perdra son emploi. Tous les jours, de telles opérations sont accomplies en Bourse, dans la vie quotidienne. Notre Seigneur dit que cette action est astucieuse. Ensuite, au dernier paragraphe, Il déclare à Ses auditeurs cette chose étonnante : "Faites-vous des amis avec le malhonnête argent, Mammon, pour qu'au jour où il viendra à vous manquer, ils vous reçoivent dans les tentes éternelles."
Le voilà, notre problème, tout ça a l'air très douteux, se faire des amis avec de l'argent malhonnête.
En fait, le Christ utilise un comparatif. Il dit à Ses auditeurs que si ils ont de l'argent, ils devraient apprendre de la sagesse de ce monde comment s'en servir, avec cette histoire du serviteur malhonnête. Ils devraient utiliser cet argent, qui risque de les corrompre, en le donnant aux pauvres et aux nécessiteux. Comme ça, étant moins que parfaits, lorsqu'ils mourront, il y aura au moins quelqu'un à intercéder pour eux. Dieu nous donne l'amour, nous le répandons.
Le Christ nous dit que nous devons être aussi astucieux dans nos efforts pour parvenir au Ciel que les gens de ce monde ne le sont dans leurs efforts pour s'enrichir. C'est un conseil très concret, très pratique. Comme pour tout ce qui touche à la Bible, il faut aller chercher plus profondément que le sens obvie, que l'évidence littérale. Dans le cas qui nous occupe, nous devons nous souvenir qu'Il S'adressait directement à un groupe particulier, des gens qui connaissaient aussi bien la Loi Mosaïque que la manière de se faire de l'argent et de le conserver. Il ne les appréciait pas beaucoup, Il a eu bien du fil à retordre avec eux tout au long de Son ministère terrestre, et Il ne les a pas épargnés dans Ses commentaires et enseignements.
Ici, Il essaie de leur faire comprendre quelque chose à travers ce qui leur est familier. Le Christ les exhorte à se détourner de l'argent qui corrompt leur foi, et Il leur donne une raison pratique et concrète pour le faire, quelque chose qui va peut-être réveiller leur immaturité spirituelle, et avec un peu d'espoir, les ramener sur le droit chemin. Car Il sait bien que leur argent les tire vers le bas, les rendant incapables de s'ouvrir à la vérité qu'Il prêche. Tout au long de Son ministère, Il essaiera ainsi de les toucher. Un peu plus loin dans ce même chapitre, Il leur expliquera que tous ceux qui ont déjà entendu Son enseignement sont déjà occupés à s'efforcer d'entrer par les portes nouvellement ouvertes du Royaume des Cieux. La leçon pour nous, c'est que ceux qui s'opposent à ce qui fait notre Foi, il nous faut tenter de les toucher jusqu'au dernier instant. Comme dans la parabole des ouvriers de la Vigne, même ceux qui se joignent au Christ au dernier instant seront acceptés. Nous ne devons jamais abandonner. Nous devons prier en particulier pour ceux qui sont anti-Chrétien et les toucher à leur corde sensible, nous devons être ouverts si Dieu veut les toucher par notre biais, à tout prix et même si cela coûte, comme ce fut le cas pour le Christ.
Amen.

Abba Joseph demanda à Abba Nisteros : "Que dois-je faire avec ma langue, je ne parviens pas à la contrôler?"
L'Ancien répondit : "Quand tu parles, est-ce que tu trouves la paix?"
Il répondit "non."
"Alors", lui dit l'Ancien, "si tu ne trouves pas la paix pourquoi parler? Garde le silence. Et quand une conversation a lieu, préfère garder le silence que de parler."
Extrait des Apophtegmes des Pères et Mères du Désert d'Égypte, vers l'an 400.


homélie 2006:
La Parabole du Serviteur Malhonnête a rendu certains lecteurs perplexes. Voici une manière de la comprendre : Jésus a exhorté Ses auditeurs à faire de Dieu le centre de leur vie, et de vouloir abandonner tout le restant pour le Royaume de Dieu. Certains de Ses auditeurs (peut-être quelques uns des publicains) avaient objecté : "ça semble bien, mais c'est simplement impossible à mettre en pratique. Afin de s'en sortir dans le monde réel, un homme ne peut pas être un idéaliste doux-rêveur, donc ce que vous voudriez que nous devenions. Il doit aussi être concret, et peut-être un peu astucieux." Jésus répondit : pas concret? C'est uniquement la manière qui EST concrète. Laissez-Moi vous raconter une histoire. Il y avait un riche qui soupçonnait son intendant d'incompétence ou pire. Alors il l'appela à lui et lui dit : "Je te vire à la fin du mois." L'intendant se dit en lui-même : "me voilà dans l'embarras. Comment vais-je m'en tirer pour subsister? Aha, une idée!" Jusqu'à la fin du mois, il avait encore son pouvoir d'intendant, son droit de signer les arrangements financiers au nom de son employeur. Alors il appela les débiteurs de son maître, un par un, et il leur dit : "nous savons tous que cela a été une année difficile pour les affaires. Je pense que c'est honteux que vous ayez à payer si cher. Que penseriez-vous de réduire votre facture?" Ainsi, par un arrangement qui ne lui coûtait rien, qu'il avait moralement et légalement le droit de faire – car il en avait reçu le pouvoir – il gagnait la gratitude d'une multitude d'hommes d'affaires qui n'allaient qu'en être très heureux de le recommander et de l'aider par la suite lorsqu'il aurait besoin d'un boulot. Appelleriez-vous cet intendant un idéaliste doux rêveur? Loin de là. C'était un homme astucieux. Il s'est acquis la bienveillance de nombre de gens pour longtemps, pour en bénéficier longtemps durant, et qu'a-t'il payé pour cela? Il les a payés avec une richesse qui était en ses mains, mais dont il n'était pas propriétaire, qui lui avait été temporairement confiée, mais dont il allait de toute manière perdre tout usage pour la fin du mois. Par son action, tant son employeur que lui-même ont gagné pour longtemps. Il n'a rien perdu qui n'était pas déjà tombé de ses mains, et il a gagné du bénéfice pour lui-même. N'était-il pas concret? Oui. Etait-il rusé? Oui.
Il était précisément cette sorte d'opérateurs de la Bourse bien propre et net qui sont si grandement admirés à Londres ou New York. Il n'avait pas même enfreint la loi – il n'avait fait qu'utiliser le pouvoir qu'il tenait légalement pour faire des jugements financiers et prendre des décisions au nom de son employeur.
Considérons à présent l'homme qui fait de Dieu le centre de sa vie, plutôt que de l'argent. Un résultat est qu'il va probablement gagner moins d'argent qu'il n'aurait autrement pu en avoir. L'autre résultat est qu'il a une amitié qui sera sienne pour toute l'éternité. Vous direz qu'alors, l'amitié avec Dieu lui coûte de l'argent. Mais l'argent est éphémère – il n'est "à nous" que tant que nous l'avons entre nos mais, et nous l'échangeons contre autre chose – qui tôt ou tard va aussi passer à d'autres. Si le Serviteur Malhonnête ne sait pas le garder, et s'il ne sait pas si le lendemain il sera encore entre ses mains, et c'était spécifiquement son pouvoir d'en faire usage, alors l'utiliser d'une manière qui avait pour effet second de créer de la bienveillance tant à son égard qu'à celui de son employeur, cela a du sens.
L'appelleriez-vous un idéaliste doux-rêveur? Vous devriez lui donner une récompense comme excellent homme d'affaires! Comme quelqu'un a dit : "Ce n'est pas un sot, celui qui donne ce qu'il ne sait pas garder afin de gagner ce qu'il ne sait pas perdre." Dieu nous donne l'amour – dans une énorme mesure. C'est notre capital. Si nous l'utilisons bien, nous survivrons dans cette vie, si nous en donnons aux autres, nous gagnerons de la bienveillance tant envers nous qu'envers Dieu. Les gens remarquent notre comportement – et puisque nous faisons profession d'être Chrétiens, si nous aimons vraiment, alors ils seront encouragés à eux aussi regarder vers Dieu.

p. Michaël, higoumène (abbé), Saint-Petroc monastery, EORHF/Rocor
http://www.orthodoxresurgence.com/


ahh, le petit personnel n'est plus ce qu'il était..
tenez, mon cuisinier est parti en vacances avec ma GRolls en emmenant ma secrétaire...

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Byzantins : 10e dimanche après la Pentecôte

Épître : 1 Corinthiens 4, 9-16
Frères, je pense que Dieu nous a exposés, nous les apôtres, à la dernière place, comme des condamnés à mort ; nous avons été donnés en spectacle au monde, aux anges et aux humains. Nous sommes fous à cause du Christ, mais vous, vous êtes sages en Christ ; nous sommes faibles, vous êtes forts ; vous êtes à l’honneur, nous sommes méprisés. A cette heure encore, nous avons faim, nous avons soif, nous sommes nus, maltraités, vagabonds, et nous peinons en travaillant de nos mains. On nous insulte, nous bénissons ; on nous persécute, nous endurons ; on nous calomnie, nous consolons. Nous sommes jusqu’à présent, pour ainsi dire, les ordures du monde, le déchet de l’univers.
Je ne vous écris pas cela pour vous faire honte, mais pour vous avertir, comme mes enfants bien-aimés. En effet, quand vous auriez dix mille pédagogues en Christ, vous n’avez pas plusieurs pères. C’est moi qui, par l’Evangile, vous ai engendrés en Jésus Christ. Je vous exhorte donc : soyez mes imitateurs.

Évangile : Saint Matthieu 17, 14-23
En ce temps-là, comme Jésus et ses disciples arrivaient près de la foule, un homme s’approcha de lui et lui dit en tombant à genoux : "Seigneur, fais miséricorde à mon fils ! Il est lunatique et souffre beaucoup ; il tombe souvent dans le feu ou dans l’eau. Je l’ai bien amené à tes disciples, mais ils n’ont pas pu le guérir." Prenant la parole, Jésus dit : "Génération incroyante et perverse, jusqu’à quand serai-Je avec vous ? Jusqu’à quand aurai-Je à vous supporter ? Amenez-le-moi ici." Jésus menaça le démon, qui sortit de l’enfant, et celui-ci fut guéri dès cette heure-là. Alors les disciples, s’approchant de Jésus, lui dirent en particulier : "Et nous, pourquoi n’avons-nous pu le chasser ?" Jésus leur dit : "A cause de la pauvreté de votre foi. Car, en vérité Je vous le déclare, si un jour vous avez de la foi gros comme une graine de moutarde, vous direz à cette montagne : "Passe d’ici là-bas", et elle y passera. Rien ne vous sera impossible. Et puis ce genre de démon ne peut s’en aller, sinon par la prière et le jeûne."

Catéchèse : Episcopat, prêtrise et diaconat dans l’Eglise dérivent du ministère des saints apôtres
* Dans l’épître, saint Paul les définit par l’abnégation et le martyre: celui qui exerce le ministère apostolique endure tout (voir les expressions du texte) pour l’épanouissement des fidèles ; c’est le fondement christologique du sacerdoce ministériel : monter sur la Croix pour que les laïcs grandissent dans le sacerdoce baptismal par le saint Esprit. Il les définit encore par la paternité ("enfants bien-aimés", "père", "engendrer en Jésus Christ") et par l’exemple ("imitation"), selon l’Esprit Saint.
* Dans l’évangile, ce ministère est défini par la foi et par l’ascèse ("prière et jeûne") grâce auxquels Dieu accomplit des miracles par le moyen de l’évêque, du prêtre et du diacre : "rien ne vous sera impossible", leur dit le Christ. Souvenons-nous de l’exemple de saints serviteurs de l’Eglise : Martin, Germain d’Auxerre, Serge, Nectaire, Callinique de Cernica, Jean de Kronstadt – à la prière de ces saints prêtres, le Seigneur soulagea son peuple de ses souffrances. L’évangile montre qu’Il peut agir par lui-même si la foi de ses ministres est défaillante, ce qui est rassurant ! Mais l’appel au ministère apostolique est là : icône et instrument de la miséricorde infinie du Seigneur ; porte-voix de sa parole de sagesse, suppliant et glorifiant sans cesse Dieu pour son peuple et son monde, par divin amour…
* Ceci conduit à la prière pour les évêques, les prêtres et les diacres : que le Seigneur leur accorde la grâce de communier à son sacrifice d’amour ; qu’Il fortifie leur foi ; qu’Il nous gratifie de pères spirituels véritables, expérimentés dans la prière et le jeûne – des évêques, prêtres et diacres ascètes. Et que le Seigneur supplée aux faiblesses des prêtres dont la foi est faible et la vie paresseuse ! Enfin : "Seigneur Jésus Christ, par les saintes prières de nos pères en Dieu N…, fais-nous miséricorde !"
archiprêtre Marc-Antoine Costa de Beauregard