"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

22 août 2007

Finlande : vol d'une Icône de saint Nicolas de Myre


Une Icône précieuse volée dans une église en Finlande

HELSINKI, Finlande, 17 août 2007, 15h32 (UPI) – Une icône montrant saint Nicolas le Thaumaturge a été volée dans la cathédrale Uspenski à Helsinki, Finlande.

"Il est difficile d'établir la valeur commerciale de l'Icône volée", dit le p. Veikko Purmonen, de la Helsinki Orthodox Congregation, ajourant que l'Icône était ancienne et très précieuse, rapportait vendredi le Helsingin Sanomat.

Purmonen rajoute cependant que l'Icône n'était pas le trésor le plus précieux dans la cathédrale. L'origine de l'Icône est inconnue, mais elle date du 19ème siècle et avait été emmenée à Helsinki au cours de la 2ème guerre mondiale.
Purmonen a déclaré au Helsingin Sanomat qu'il croyait que le voleur pourrait tenter de faire sortir l'Icône volée en fraude hors du pays. La police qui enquête a classé l'incident comme vol aggravé.

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La cathédrale d'Helsinki

Les vols d'Icônes font hélas partie des nombreux désagréments que l'on subit en ce monde déchu


21 août 2007

Le capitalisme suivra le communisme dans le gouffre! [Orthodox_Re-Forum]



[Orthodox_Re-Forum] Le capitalisme suivra le communisme dans le gouffre, déclare le porte-parole du patriarcat de Moscou
http://www.interfax-religion.com/?act=news&div=3452

Moscou, 8 août 2007, Interfax – Un représentant de l'Église Orthodoxe de Russie a prédit l'effondrement du système capitaliste.

Le nazisme est tombé, le communisme est tombé, et de la même manière, d'ici quelques décennies, le capitalisme chutera lui aussi. Le cadre politique du capitalisme est condamné, a déclaré le vice-président du département des relations extérieures du patriarcat de Moscou, l'archiprêtre Vsevolod Chaplin, mercredi, durant une conférence de presse tenue au bureau central d'Interfax à Moscou.

D'après lui, aucune société basée uniquement sur des priorités terrestres de la vie humaine n'est capable de survivre. Toute société qui décrète que l'homme est Dieu est condamnée. Le capitalisme et son système politique est condamné de même que le marxisme et le nazisme et leurs systèmes politiques respectifs étaient condamnés, dit-il.

A cet égard, il a rajouté que la discussion à propos de la place de la religion dans la vie de la société et à propos de ce sur quoi la société devait être basée était loin d'être terminée, elle ne faisait que commencer.

Selon lui, les aspects historiques approchés au cours de la discussion dévoilent la croyance mythique qu'un système social basé sur des intérêts terrestres humains serait idéal.

Chaplin dit que le mythe de la vision du monde scientifique avait déjà été démasqué au cours de la discussion. La science et la vision du monde, ce n'est pas la même chose. Il dit aussi que l'idéologie scientifique et ce qui a été présenté comme étant la vision scientifique du monde échouait à apporter un bon ordre social et à expliquer l'origine des choses.

Selon Chaplin, toute tentative de baser l'ordre social sur les sciences naturels ou l'humanisme mène à l'idéologisation. Il ne saurait y avoir d'idéologie universelle, une vision du monde basée sur la science, pas plus qu'une telle vision du monde ne saurait être imposée comme une base obligatoire et sans alternative pour l'éducation. L'idéologie scientifique ne saurait être une idéologie étatique obligatoire, sans la moindre alternative, a-t'il dit.

D'un autre côté, le p. Vsevolod a fait remarquer que l'Église ne devrait pas être un instrument pour les autorités civiles, une partie du système étatique. Cependant, l'Église ne saurait être séparée de la société, puisque l'Église ne comporte pas seulement des hommes vêtus de noir, mais aussi des artistes, des écrivains, des gens du monde des affaires, des soldats, et tous ceux qui s'identifient comme étant Chrétiens Orthodoxes. Bien entendu, ils ont influencé et continueront à influencer la vie de l'État et de la société, a-t'il rajouté. Ce serait une erreur, et même contraire à nos principes constitutionnels modernes que de l'empêcher, a-t'il conclu.


19 août 2007

La voix de l'Église doit résonner (Trinité 11, R.O.O Eorhf)

MATINES DIMANCHE TRINITE 11
Psaume 55 Miserere mei, Deus
Ps. 56 Miserere mei, Deus

Siracide 18,1-14
Celui qui vit éternellement a créé tout ensemble. Le Seigneur seul sera proclamé juste, il demeure à jamais roi invincible .Qui sera capable de raconter ses ouvrages? Qui sondera ses merveilles? Qui pourra décrire la toute-puissance de sa grandeur? Qui entreprendra d'expliquer sa miséricorde? Rien à retrancher, rien à ajouter aux merveilles divines, on ne peut les dépister. Quand l'homme en a fini, à peine s'il commence, et quand il cesse, il est déconcerté. Qu'est-ce que l'homme; à quoi est-il bon? Quel bien ou quel mal peut-il faire? La longueur de la vie humaine est au plus de cent ans; comme une goutte d'eau de la mer, comme un grain de sable ses quelques années devant l'éternité. Voilà pourquoi le Seigneur est patient envers les hommes, et répand sur eux sa miséricorde. Il voit combien mauvaise est la présomption de leur coeur, il reconnaît que leur fin est pitoyable; c'est pourquoi il les traite avec toute sa douceur, et il leur montre le chemin de la justice. La pitié d'un homme s'adresse à son prochain, mais la miséricorde divine s'étend sur tout vivant.
Plein de compassion, (Dieu) instruit les hommes, et les dirige, comme un berger son troupeau. Il a pitié de qui reçoit les instructions de sa miséricorde, et de qui se hâte de se soumettre à ses préceptes.

Épitre de saint Paul Apôtre aux Colossiens 3,12-4,6
Ainsi donc, comme il sied à des élus de Dieu, saints et bien-aimés, ayez un coeur plein de miséricorde, de bonté, d'humilité, de douceur, de patience. Supportez-vous mutuellement, et pardonnez-vous l'un à l'autre, si vous avez entre vous quelque différend. Comme le Seigneur vous a pardonné, vous aussi pardonnez. Mais par-dessus tout cela, ayez la charité, qui est le lien de la perfection. Que la paix du Christ, à laquelle vous avez été appelés pour former un seul corps, règne dans vos coeurs. Sachez montrer de la gratitude. Que la parole du Christ demeure en vous dans toute sa richesse, en sorte qu'en toute sagesse vous puissiez vous instruire et vous exhorter mutuellement. Sous l'inspiration de la grâce, chantez à Dieu de tout coeur des psaumes, des hymnes et des cantiques spirituels. Et, quoi que vous fassiez, quoi que vous disiez, faites tout au Nom du Seigneur Jésus, en rendant grâce, par Lui, à Dieu le Père. Femmes, soyez soumises à vos maris, ainsi qu'il convient selon le Seigneur. Maris, aimez vos femmes; ne leur montrez point d'amertume. Enfants, soyez en toutes choses obéissants à vos parents, car cela plaît au Seigneur. Pères, n'agacez point vos enfants, de peur qu'ils ne se découragent. Serviteurs, obéissez en toutes choses à vos maîtres de la terre, pas seulement lorsqu'ils vous voient, comme si vous cherchiez à vous faire bien voir, mais dans la simplicité de votre coeur, avec la crainte du Maître. Tout ce que vous faites, faites-le de bon coeur, comme pour le Seigneur, et non pour les hommes; vous savez que, pour récompense, vous recevrez du Seigneur votre part d'héritage. Servez le Seigneur Christ. Celui qui commet l'injustice recevra le salaire de son injustice, et il n'y aura de préférence pour personne. Maîtres, soyez justes et équitables envers vos serviteurs. Vous savez que, vous aussi, vous avez un Maître dans le Ciel. Soyez persévérants, soyez vigilants dans une prière accompagnée d'action de grâce. Priez également pour nous. Demandez que Dieu accorde libre cours à notre parole, afin que je puisse annoncer le mystère du Christ, pour lequel je suis dans les fers, et que je puisse le faire connaître comme je me dois d'en parler. Conduisez-vous avec sagesse à l'égard de ceux du dehors : sachez profiter du temps présent. Que votre conversation soit toujours aimable, assaisonnée de sel, pour pouvoir répondre à chacun comme il faut.

COLLECTE POUR DIMANCHE TRINITÉ 11
O Dieu, Qui manifeste Ta toute-puissance envers nous surtout en montrant miséricorde et bonté; accorde-nous une telle mesure de Ta Grâce que, marchant dans la voie de Tes Commandements, nous puissions obtenir l’accomplissement de Tes bienveillantes promesses, et participer à Tes trésors Célestes. Par notre Seigneur et Sauveur, Jésus-Christ, Qui vit et règne avec Toi et le Saint Esprit, Dieu Un, pour les siècles des siècles.

Divine Liturgie (Sarum)
Épître : 1 Co 15,1-11
Je vous rappelle, frères, l'Évangile que je vous ai annoncé et que vous avez accueilli, dans lequel vous avez persévéré et par lequel vous êtes sauvés, à condition de le maintenir tel que je vous l'ai annoncé. Autrement vous auriez cru en vain. Je vous ai donc transmis d'abord l'enseignement que j'ai reçu moi-même. Le voici: Le Christ est mort pour nos péchés, conformément aux Écritures; Il a été enseveli; Il est ressuscité le troisième jour conformément aux Écritures; Il est apparu à Céphas, puis aux Douze, ensuite Il est apparu en une fois à plus de 500 frères, dont la plupart sont encore vivants; ensuite Il est apparu à Jacques, et plus tard à tous les apôtres. Enfin, en dernier lieu, Il m'est apparu à moi, comme à l'avorton. Car je suis bien le moindre des apôtres; je ne mérite pas le titre d'apôtre, puisque j'ai persécuté l'Église de Dieu. Mais c'est par la grâce de Dieu que je suis ce que je suis, et la grâce qu'il m'a faite n'a pas été inutile. Au contraire, plus qu'eux tous, j'ai peiné; non pas moi pourtant, mais la grâce de Dieu qui est avec moi. Alors, soit moi, soit eux, voilà ce que nous prêchons; et voilà ce que vous avez cru.

Évangile : Évangile selon saint Luc 18,9-14
"Jésus dit encore cette parabole à l'adresse de gens qui se flattaient d'être justes et méprisaient les autres : 'Deux hommes montèrent prier au Temple; l'un était pharisien, l'autre publicain. Debout, le pharisien priait en lui-même : je Te remercie, mon Dieu, de ne pas être comme le reste des hommes, rapaces, malhonnêtes, adultères, ni même comme le publicain que voilà; je jeûne 2 fois la semaine; je paie la dîme de tous mes revenus. Le publicain, lui, restant à distance, n'osait même pas lever les yeux au ciel; il se frappait la poitrine en disant : Ô Dieu, aie pitié du pécheur que je suis! - Eh bien! Je vous le déclare, celui-ci redescendit chez lui justifié, au contraire de l'autre. Quiconque en effet s'élève, sera abaissé, et celui qui s'abaisse sera élevé."

HOMÉLIE DU DIMANCHE TRINITÉ 11

Homélie 2007
La deuxième lecture des Matines de ce jour comporte ce petit passage : "Que la paix du Christ, à laquelle vous avez été appelés pour former un seul corps, règne dans vos coeurs" (Colossiens 3,15).
Nous sommes le peuple de Dieu, membres de l'Église, l'Ecclesia, ceux qui sont appelés hors de la société pour être des associés intimes et loyaux, des serviteurs de Dieu. Et Dieu ne nous traite pas comme des esclaves, Il ne nous force pas à faire quoi que ce soit, pas même à croire en Lui. Nous nous lions à Lui de notre propre libre arbitre, de notre propre volonté libre. Nous avons choisi d'être les fidèles serviteurs de Dieu. C'est dans ce rôle que l'Apôtre Paul écrit aux Colossiens, et par extension, à nous. Ici, dans la phrase citée, il nous donne une indication à propos de l'Église. Il nous dit de laisser la paix régner en nos coeurs. Que ce n'est pas une chose facile à accomplir pour nous. Nous sommes entourés d'une société turbulente, au sein d'un monde perturbé et violent. Nous sommes tous les jours en contact avec d'autres – famille, associés, collègues, etc, avec qui souvent nous sommes en désaccord. Les gens sont souvent à la fois intentionnellement et non-intentionnellement plein de dédain ou acerbe ou hostiles ou pingres dans leur relation à nous. Et malgré ça, ici, l'Apôtre nous dit que la paix doit régner dans nos coeurs. Mais pas seulement ça, car ensuite il en vient à l'aspect radieux de cette paix du Christ - "à laquelle vous avez été appelés pour former un seul corps." Paul nous enseigne que c'est en tant que corps que nous sommes appelés à être bienveillants.Ce n'est pas par hasard qu'il parle de cela : Paul utilise ici, en grec -
kai h eirhnh tou yeou brabeuetw en taiv kardiaiv umwn eiv hn kai eklhyhte en eni swmati kai eucaristoi ginesye - c'est clairement une référence à l'Église, car il utilise exactement le même terme - en eni swmati - en Romains 12,4-5 et presque les mêmes en Ephésiens 4,4 et 1 Corinthiens 12,12 (to swma), où il met clairement l'accent en insistant qu'il n'y a qu'un corps – l'Église – et un seul, et qu'il doit y régner un esprit paisible.


La paix avec les autres plutôt que la paix de Dieu? C'est le point de vue admis. L'Église a le devoir d'être une, de parler d'une seule voix, et d'être en paix avec elle-même. Elle a aussi le devoir de s'adresser au monde, de reprocher ce qui convient, de guider et d'être la lumière du Christ en ce monde. Pour ce faire, il doit régner en elle la paix, et elle doit être en paix avec le monde. Quand l'Église reproche au monde son immoralité, etc, elle n'est pas non-paisible, son reproche doit être le reproche du Christ Lui-même. Il est dès lors du devoir de l'Église de s'équiper des moyens pour s'adresser au monde, pour l'atteindre, de sorte que le monde puisse l'entendre.
Elle doit veiller à ce qu'elle et ses portes-parole puissent être entendus, et bien entendus. Bien trop souvent, l'Église Orthodoxe ne parle qu'à elle-même. Au cours du siècle passé, elle a eu de grands saints et dirigeants vivant ici en Occident. Ils ont eu une sagesse à communiquer, une sagesse telle qu'on n'en trouve pas hors de l'Église. Et cependant, ils sont restés virtuellement inconnus du monde, on ne les y a pas entendus. De nos jours, l'Église installée en Occident ne tire toujours pas avantage des possibilités de communication que la technologie moderne offre. Ce n'est pourtant pas quelque chose d'optionnel : le Christ Lui-même nous ordonne d'être lumière et balise dans le monde, et de prêcher Son Évangile au monde.
Amen.

Méditation patristique
Saint Jean Chrysostome, extrait de l'homélie 4 sur l'Évangile selon saint Jean

Comme donc ce mot : "Dans le principe était le Verbe", montre l'éternité, de même celui-ci : "Le Verbe était au commencement avec Dieu", marque la coéternité. De peur qu'en entendant ces paroles : "Dans le principe était le Verbe", tout en comprenant que le Fils est éternel, vous n'alliez vous imaginer que le Père soit plus vieux que Lui, qu'Il Le précède de quelque intervalle, et que, par suite, vous n'attribuiez un commencement au Fils unique, l'évangéliste ajoute : "Il était au commencement avec Dieu" : ainsi le Fils est éternel comme le Père, car le Père n'a jamais été sans Son Verbe, mais le Verbe a toujours été Dieu avec Lui, dans sa propre hypostase.
Comment donc, direz-vous, s'Il était avec Dieu, Jean a-t-il ajouté : "Il était dans le monde" (1,10)? C'est parce qu'étant Dieu, Il était avec Dieu, et dans le monde : soit le Père, soit le Fils, ni l'un ni l'autre n'est renfermé dans des bornes. En effet, "si sa grandeur n'a point de bornes" (Ps. 144, 3) , et, "si sa sagesse n'en a point non plus" (Ps. 146, 5), il est visible que Sa substance n'a point un commencement temporel. Avez-vous entendu ces paroles : "Au commencent Dieu a fait le ciel et la terre?" Que concluez-vous de ce commencement? Certainement que l'un et l'autre ont été faits avant toutes les choses visibles; de même, lorsque vous entendez dire du Fils unique : "Dans le principe, Il était", il faut que vous entendiez qu'Il est avant tous les êtres intelligibles, et avant les siècles.
Si quelqu'un demande: Et comment peut-il se faire qu'étant le Fils, Il ne soit pas plus jeune que Son Père, car celui qui est par quelqu'un est nécessairement moins ancien que celui par qui il est? Nous répondrons que ce sont là des idées humaines; que celui qui peut former de pareilles questions est capable d'en faire encore de plus absurdes, et qu'on ne doit point même prêter l'oreille à de semblables discours; c'est de Dieu que nous vous parlons, et non de la nature humaine, sujette à ces nécessité, et aux conséquences de ces sortes de raisonnements

Homélie 2006 :
La prière de Collecte (comme c'est souvent le cas) nous indique le sujet de ce dimanche. Elle se concentre sur cette qualité de Dieu qui est aussi vitalement importante pour nous : Sa miséricorde. Sans Sa miséricorde, portée par Son Amour, nous n'aurions aucun espoir, car, comme le dit le Psaume (14 et 40) : "Il n'en est pas un qui fasse le bien, non, pas un." Tous ont offensé et tous dès lors dépendent absolument de la tendre miséricorde de Dieu. C'est dès lors un sujet sur lequel l'Eglise revient sans cesse, et on en serait difficilement surpris. C'est ainsi qu'aujourd'hui, la Liturgie nous parle de la miséricorde et de la pitié du Dieu Tout-Puissant, qui est attestée par Son octroi de la puissance de la grâce supra-naturelle librement et de façon imméritée à des pécheurs comme nous. La miséricorde est le thème qui traverse toutes les lectures de la Liturgie. Ce que saint Paul déclare dans la partie de sa première épître aux Corinthiens choisie pour la Liturgie du jour, c'est qu'il est le moindre des Apôtres et qu'il n'est pas digne d'être appelé un Apôtre parce qu'il a persécuté l'Eglise de Dieu; c'est le parallèle exact avec le publicain dans l'Evangile de la Liturgie, au chapitre 18 chez saint Luc, où ce publicain appelle Dieu à être miséricordieux envers le pécheur qu'il est. A nouveau, l'affirmation de notre Seigneur dans l'Evangile du jour que le publicain est rentré chez lui justifié du fait de son humilité, se retrouve en parallèle dans les paroles inspirées de saint Paul : "par la grâce de Dieu, je suis ce que je suis... et cependant non moi, mais la grâce de Dieu qui est avec moi." Saint Paul était effrayé de se montrer satisfait de lui-même dans la mesure où il était un pécheur. C'est la marque des grands ascètes à travers les siècles. Eux aussi, comme saint Paul, étaient effrayés de devenir présomptueux en face de Dieu, de crainte qu'au cas où ils l'auraient fait, ils auraient pu perdre la couronne et la joie éternelle avec Dieu, que leur humilité leur avait gagnée. La Collecte de ce jour reprend l'intonation tant des mots de saint Paul que du publicain. Cette ancienne Collecte, aussi brève soit-elle, est un bon exemple de prière, vu les 5 éléments qu'elle contient
1° la miséricorde de Dieu, qui est suggérée comme étant la plus grande caractéristique de Sa puissance
2° la grâce de Dieu, en tant que don qui nous est accordé non pas seul notre mérite mais selon nos besoins
3° l'obéissance, qui ne sait être accomplie par nous que par la grâce de Dieu
4° l'accomplissement des promesses de Dieu
5° la grande récompense – les trésors Célestes.
Nous sommes amenés à nous concentrer sur le but de ces trésors Célestes dont Isaïe parlait et que saint Paul citait (Is 64,4; 1 Co. 2,9) : "Choses que l'oeil n'a point vues, que l'oreille n'a point entendues et dont l'idée n'est pas venue au coeur de l'homme." Comme nous l'avons vu il y a 2 dimanches, nous sommes appelés à être assidus dans nos efforts pour atteindre ces trésors Célestes de la même manière que les gens de ce monde sont assidus dans leurs efforts pour parvenir aux trésors de ce monde. C'est le but de ceux qui ont voué leur vie entière à tenter de parvenir à cette perfection que le Christ nous a dite être le but principal pour nous : "Dès lors, soyez parfaits comme votre Père du Ciel est parfait" Matt. 5,48). Ils comprennent cette perfection comme étant le moyen d'être le plus complètement possible participants au Royaume des Cieux. Ils sont en quelque sorte aussi avides de ce que Dieu a pour nous aux Cieux que certains sont avides pour ce que le monde a pour nous ici. Leur avidité pour le Ciel n'est pas une faute, car ils n'ont à entrer en compétition avec personne pour une place au plus haut niveau des Cieux, car tous les humains de tous les temps pourraient y être logés. Si nous nous retrouvons dans une partie inférieure des Cieux, nous ne devons ni envier ni blâmer les autres, car ils ne nous auraient rien pris de ce qui était à nous, c'est plutôt nous qui avons renoncé à notre belle place à cause de notre effort ou volonté insuffisant.

Si la tonalité de ce jour rappelle l'état dans lequel nous sommes en tant que pécheur et notre besoin désespéré de la miséricorde de Dieu, alors cela nous indique aussi que ce but de la place inimaginable que le Christ a préparée pour nous (Jean 14,2) et le besoin pour nous de faire un effort pour saisir cette aide que Dieu nous donne afin d'obtenir de demeurer en ce lieu. A moins que nous ne comprenions l'absolue réalité de la dimension Céleste et son imminence, et devenions vivement conscients de ce si peu de temps que nous avons pour nous préparer, nous ne serons pas à la hauteur.
Amen.

p. Michaël, higoumène (abbé), Saint-Petroc monastery, EORHF/Rocor
http://www.orthodoxresurgence.com/

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Byzantins : 12e dimanche après la Pentecôte

Épître : 1 Corinthiens 15, 1-11 (voir Sarum)
Évangile : saint Matthieu 19, 16-26 (n.trad.)
En ce temps-là, voici que quelqu’un s’approcha de Jésus et lui dit : "Bon Maître, que ferai-je de bien pour avoir la vie éternelle ?" Jésus lui dit : "Que m’appelles-tu bon ? Personne n’est bon si ce n’est Dieu seul. Si tu veux entrer dans la vie, obéis aux commandements. - Auxquels ?" dit-il. Jésus répondit : "Ne tue pas ; ne commets pas d’adultère ; ne vole pas ; ne prononce pas de faux témoignage ; respecte ton père et ta mère ; aime ton prochain comme toi-même." Le jeune homme lui dit : "Tout cela je l’ai gardé depuis l’enfance. Que ferai-je ensuite ? - Si tu veux être parfait, lui dit Jésus, va vendre ce que tu possèdes et donne aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux ; puis viens et suis-moi." Mais le jeune homme entendit ces paroles et s’en alla tout triste, parce qu’il avait de nombreux biens. Jésus dit alors à ses disciples : "Amen, en vérité, Je vous le déclare, un riche entre difficilement dans le Royaume des cieux. Je vous le déclare encore : il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille, qu’à un riche d’entrer dans le Royaume de Dieu." Les disciples entendirent : ils furent pleins de stupeur et de crainte, et ils dirent : "Alors, qui peut être sauvé ?" Jésus les regarda en face et leur dit : "De la part des humains, c’est impossible ; de la part de Dieu tout est possible."

Catéchèse : un résumé de la vie chrétienne

- l’essentiel de notre foi : être chrétien, c’est croire que le Christ est vraiment ressuscité des morts et qu’Il est apparu après sa résurrection, comme l’enseigne le saint Evangile. En glorifiant le Christ ressuscité et en nous fiant au témoinage des saints de tous les temps, nous pouvons "suivre Jésus", comme Il nous y invite. "Aimez le Christ et ne préférez rien à son amour" (P. Porphyrios, + 1991).
- le but de l’existence humaine : le salut, "le seul but de notre vie, notre raison de vivre, est d’être conduits vers la lumière de l’Esprit saint, et à l’union de l’humain et du divin" (K. Ioannidis, Géron Porphyrios, témoignages et expériences, Athènes 2005 – mesot@internet.gr).
- le miracle d’être chrétien : c’est "difficile" et même "impossible". Même si nous ne commettons pas d’actions contraires aux commandements, il nous arrive de transgresser ceux-ci en pensée. Selon les saints Pères (Macaire le Grand, Théophane le Reclus, par exemple), le début de la vie parfaite est dans la lutte contre les pensées et les inspirations perverses. Ils appellent cela la garde des pensées ou "garde du cœur". Car le Christ a enseigné que c’est du cœur que viennent les péchés (Matthieu 15, 19). Celui qui n’accepte pas les pensées mauvaises et les empêche ainsi de venir dans son cœur, sera libre de ne pas les commettre. Celui qui accepte les suggestions du Malin, a commis ces péchés et doit les avouer le plus tôt possible pour obtenir du Seigneur l’absolution ; autrement, quand l’occasion se présentera, il les commettra. D’abord vient la pensée, puis l’imagination, et enfin l’acte, l’écrivain orthodoxe Dostoïevsky l’a montré avec le personnage de Raskolnikov dans Crime et châtiment. "N’accepte plus cette pensée", a dit le Christ à saint Silouane. Les saints Pères ont enseigné qu’il est "difficile" et même "impossible" de garder le cœur des mauvaises pensées sans l’invocation continuelle du Nom de Dieu, le jeûne, le repentir et l’amour fraternel. Mais, même faire cela tient du miracle ! Il nous est donc enseigné de demander au Seigneur la grâce de l’invoquer sans cesse, celle de jeûner en vérité, celle d’aimer le prochain, et celle indispensable de se repentir et de confesser ses péchés. Dans la confession fréquente, l’Esprit saint nous apprend à détester et haïr le péché, et à nous exposer continuellement à la miséricorde de Dieu.
- l’optimisme chrétien : croire que "de la part de Dieu, tout est possible" ; savoir que le Christ nous invite constamment à la vraie vie, au bonheur et à l’épanouissement dans son amour. "Le Christ est tout ; Il est la source de vie ; Il est ce qui est le plus désirable; Il est tout : tout le beau, le bon et le bien se trouve en Christ. (…) C’est ainsi que nous sommes appelés à vivre" (P. Porphyrios, op. citat.). Rappelons-nous que Dieu manifeste sa force dans notre faiblesse!
archiprêtre Marc-Antoine Costa de Beauregard