"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

17 novembre 2007

Saint Grégoire le Thaumaturge et la première apparition connue de la Mère de Dieu



par p. George Poulos
Les épreuves frappant quiconque naissait Chrétien au début du 3ème siècle, en particulier dans la ville de Néo-Césarée, étaient effarantes. Mais en 203 naissait dans cette ville un homme qui allait renverser le courant en faveur du Christianisme et qui fera même du chiffre 17 un chiffre spécial. C'est par une coïncidence que le chiffre 17 a marqué une carrière illustre, mais c'est par plan divin qu'un païen fut détourné du chemin qui l'aurait mené au néant et l'a amené sur le chemin qui menait à la sainteté et à la gloire. Le nom de ce saint parvenu jusqu'à nous est Grégoire le Thaumaturge, mais à sa naissance, ses parents l'ont appelé Théodore. Il est né à Néo-Césarée, dans la province du Pont. Dès sa naissance, ses parents, païens, veillèrent à tous ses besoins, sauf spirituels bien entendu. Ses tuteurs eurent par la suite la tâche facile, avec un élève brillant donc l'éducation visait à faire un homme de loi et de lettres.
C'est à Alexandrie que le jeune Théodore rencontra Origène, le célèbre professeur Chrétien, reconnu comme la figure marquante en matière de religion et de philosophie, qui avait rassemblé autour de lui les plus brillants élèves de toutes les parties de l'empire. Influencé par cet érudit mentor, Théodore dévora littéralement les enseignements du Christianisme, et finit par se convertir et reçut le nom de Grégoire.
Devenu Grégoire, il devint un familier des cercles religieux, faisant preuve de sagesse bien en avance sur son âge, et d'une dévotion toujours croissante pour Jésus-Christ, le Sauveur qu'il avait repoussé dans sa ville natale. Il ne rentra pas à Néo-Césarée avant l'an 288, époque à laquelle sa renommée l'y avait précédé. Plutôt que d'entamer une carrière dans le domaine juridique comme prévu, il chercha avec détermination les Chrétiens, afin de rejoindre leurs rangs.
Le mot passa entre les disciples du Christ pour qu'ils se rassemblent en secret, et il fut persuadé par ceux qui étaient rassemblés de devenir leur évêque. Grégoire accepta et dût probablement penser que ceux qui étaient là n'étaient qu'une délégation. Lorsqu'on lui dit que c'était en fait tous les Chrétiens de la ville qu'il avait devant lui, abasourdi, Grégoire les compta, et ils étaient exactement 17. Quiconque de moins déterminé que lui aurait baissé les bras, mais le faible nombre ne fit que renforcer la détermination de Grégoire à augmenter le troupeau Chrétien. Plein d'optimisme, connu pour sa vision positive et sa bonne humeur, saint Grégoire fit remarquer que ça ne serait pas un défi si toute la ville était Chrétienne, et aussi que ces milliers de païens représentaient une inspiration pour servir Dieu et homme. Il fut ordonné évêque de Césarée par l'évêque Phaidimos d'Amasia, et pris à bras le corps sa tâche de conversion avec un zèle qui fut si contagieux qu'il ne lui fallu pas de longues semaines avant que la majorité de la ville ne soit devenue Chrétienne.
Les festivités païennes firent place aux fêtes Chrétiennes, rendues à la fois joyeuses et solennelle par l'extrêmement populaire évêque de la ville. La tâche n'était pas facile, et en bien des occasions les Chrétiens en pleine croissance numérique eurent à fuir pour ne revenir et rassembler encore plus de membres qu'une fois que les esprits s'étaient calmés. La transformation d'une ville entière par une seule personne fut si remarquable qu'on en écrivit sur le sujet longtemps après, par des auteurs tels que saint Basile le Grand et saint Grégoire de Nysse, qui non seulement rapportèrent les exploits de leur prédécesseur, mais attirèrent de plus l'attention sur ses magnifiques écrits et homélies.
Rarement dans l'histoire Chrétienne, la conversion d'une ville entière a été attribuée principalement aux efforts d'un seul chef spirituel. Les anciens missionnaires qui parcouraient de grandes étendues avaient réussi à amener beaucoup de fidèles au Christ, mais l'unicité de la mission de Grégoire tenait dans sa concentration sur une seule ville.
Cependant, pour finir, même la présence d'une foule de Chrétiens ne permit pas d'empêcher la persécution de frapper l'évêque Grégoire. Il tomba victime de l'État, dont les chefs étaient pour la plupart païens, et qui lançaient des attaques sporadiques sur les Chrétiens sans méfiance. L'évêque Grégoire était occupé à défendre avec succès la Foi contre l'hérésie de Paul de Samosate lorsqu'un groupe de païens endurcis, escortés par des soldats fournis par le gouverneur de province, parvinrent à s'emparer de l'évêque pour le traîner en procès et le condamner. Avant de mourir, on lui annonça qu'il ne restait plus que 17 païens dans la ville, le même chiffre que le nombre de Chrétiens qu'il y avait trouvés à son arrivée.
Grégoire mourut pour le Christ le 17 novembre.
Extrait d'Orthodox Saints, v. 4, Orthodox Press

saint Grégoire le Thaumaturge, icone orthodoxe

La Vierge Marie apparaît au jeune Grégoire
"Une nuit alors qu'il veillait et réfléchissait à cela, lui apparut en vision un personnage âgé ayant l'aspect d'un homme, dont le vêtement manifestait le caractère sacré, qui annonçait une grande vertu par la grâce de son visage et la dignité de son maintien.
Frappé de stupeur à ce spectacle, il se leva de son lit et lui demanda qui il était et à quelle fin il venait. Celui-ci apaisa le trouble de sa pensée d'une voix douce et lui dit qu'il lui était apparu sur ordre de Dieu en raison des questions controversées autour de lui, pour que lui soit révélée la vérité de la foi orthodoxe. Lui reprit courage à ces paroles et le regarda avec joie et étonnement. Ensuite celui-ci, ayant tendu la main droite devant lui, comme pour lui montrer avec les doigts tendus ce qui apparaissait sur le côté, lui fit tourner le regard par sa main tendue et voir en face une autre apparition sous l'aspect d'une femme, bien supérieure à une apparition humaine. Lui, à nouveau frappé de stupeur, détourna son visage; il était incapable de regarder ce spectacle, car ses yeux ne pouvaient supporter l'apparition. Ce qu'il y avait de tout à fait extraordinaire dans cette vision, c'était, alors que la nuit était profonde, qu'une lumière brillait sur ceux qui lui étaient apparus, comme si une lampe brillante était allumée. Comme ses yeux ne pouvaient supporter l'apparition, il entendit ceux qui lui étaient apparus s'entretenir au cours d’une conversation sur l'objet de sa recherche; grâce à eux, non seulement il fut instruit de la véritable connaissance de la Foi, mais il reconnut grâce à leurs noms ceux qui lui étaient apparus, chacun d'entre eux appelant l'autre de son propre nom.
On dit en effet qu'il entendit celle qui était apparue sous l'aspect d'une femme exhorter l'évangéliste Jean à révéler au jeune homme le mystère de la vérité, et celui-ci lui répondre qu'il était prêt à accorder cela à la mère du Seigneur, puisque ce lui était agréable. Ayant ainsi exposé la question de manière convenable et bien claire, ils disparurent ensuite de sa vue. Et lui aussitôt mit par écrit cette divine mystagogie et c’est d'après elle qu’il annonça ensuite la parole dans l'église. Il laissa à ses successeurs cet enseignement donné par Dieu, comme un héritage. C'est grâce à lui que, jusqu'à ce jour, le peuple de chez eux, qui est resté exempt de toute hérésie, est initié aux mystères."
saint Grégoire de Nysse, Vie de saint Grégoire le Thaumaturge (extrait)



Saint Grégoire de Tours, père de l'Histoire d'Europe, grand historien Orthodoxe


Saint Grégoire
Sacramentaire de Marmoutier à l'usage d'Autun
origine : Tours, collégiale Saint-Martin, vers 845-850
Autun - BM - ms. 0019 bis folio 005




armi les incalculables injustices sans cesse perpétrées contre les saints que le Christ a envoyés en cette partie-ci du monde – à savoir l'Europe occidentale – certaines sont plus marquantes que d'autres par l'importance de l'oeuvre du préjudicié. Un exemple flagrant, c'est saint Grégoire de Tours. Je ne répéterai pas in extenso toutes mes diatribes habituelles, mais il faut au moins redire ceci : cet ostracisme permanent au sein de sa propre Église, c'est une honte. Rappelons au passage que contrairement aux affirmations de la plupart des sites internet consultés, saint Grégoire de Tours était Orthodoxe, et pas catholique-romain... puisque cette religion n'existait pas encore à son époque. C'est donc dans l'Église du Christ qu'on méprise ceux que le Christ a envoyés à ce monde. J'aimerais que ça soit corrigé, et aussi pouvoir un jour me réjouir devant une icône digne de ce nom, Orthodoxe bien sûr mais honorant aussi saint Grégoire en sa culture et son histoire à lui. Donc pas une icLône de saint byzantin rebaptisée "Grégoire", ce qui serait une nouvelle injure.. Je m'arrête ici.

Saint Grégoire de Tours, en latin "Sanctus Gregorius Turonensis", né Georgius Florentius Gregorius le 30 novembre 538 en Gaule. Né au Ciel entre 592 et 596, probablement le 17 novembre 594, en la ville de Tours, ville dont il était évêque depuis 573. Saint Grégoire a été un historien Gallo-Romain et évêque de Tours, ce qui en faisait un des principaux évêques des Gaules. Vu l'époque troublée, les incessantes invasions depuis 3 siècles, le latin de ses ouvrages est, aux dires des spécialistes, quelque peu barbare. Cependant, certains auteurs ont exposé que puisqu'il était cultivé, ce style aurait été adopté pour que son lectorat de l'époque puisse le comprendre.
Quoiqu'il en soit, il est la principale source contemporaine pour l'histoire des Mérovingiens. Son ouvrage le plus remarquable est son "Decem Libri Historiarum" ou "10 Livres d'histoire", plus connu sous le nom de "Historia Francorum" ou "Histoire des Francs", un titre que lui ont donné les chroniqueurs qui lui ont succédé. Mais il est aussi connu pour ses récits de miracles de saints, en particulier ses 4 livres composés en compilant tous les miracles de saint Martin de Tours qu'il a eu à connaître. La tombe de saint Martin était un des principaux lieux de pèlerinage au 6ème siècle.
Grégoire était né à Clermont, capitale de l'Auvergne, au centre de la Gaule française. Né dans la partie la plus haute de la société gallo-romaine, fils de Florentius, sénateur de Clermont, et d'Armentaria II, qui était nièce de Nicetius, évêque de Lyon, et petite-fille maternelle de Florentius, sénateur de Genève. Des 18 évêques l'ayant précédé sur le siège épiscopal de Tours, il était lié avec au moins 5 par des liens de parenté. Son père serait mort alors que Grégoire était encore jeune, et sa mère avait déménagé pour la Bourgogne où elle avait des propriétés. Sa carrière se déroula essentiellement à Tours, mais il voyagea beaucoup dans toutes les Gaules. C'est notamment grâce à lui que nous avons connaissance de saint Walfroy, un saint de Gaule Belgique, l'unique saint Stylite d'Occident, fêté le 21 octobre. Saint Grégoire qui l'a rencontré nous a livré un récit particulièrement émouvant de la lutte ascétique menée par saint Walfroy sur sa colonne, dans le froid et la neige de nos Ardennes.
Le monde très rude dans lequel il a vécu se trouvait à la jonction d'une Antiquité mourante et de la nouvelle culture des débuts de l'Europe médiévale. Grégoire vivait aussi à la lisière de la culture franque des Mérovingiens au nord et des la culture gallo-romaine au sud des Gaules.
A Tours, Grégoire était à l'endroit idéal pour en apprendre sur tout et rencontrer quiconque avait de l'influence dans la culture mérovingienne. Tours se trouvant sur le grand fleuve si important qu'est la Loire. Cinq chaussées romaines partaient de Tours, qui se trouvait sur la voie principale entre le nord Franc et l'Aquitaine, avec l'Espagne plus bas. A Tours, les influences franques du nord et les influences gallo-romaines du sud faisait jonction. Centre de la culture populaire autour de saint Martin, Tours était un lieu de pèlerinage, un hôpital, et un sanctuaire politique où les chefs importants venaient se réfugier quand il y avait des troubles et violences dans les relations politiques mérovingiennes.
Grégoire a été en (difficiles) relations personnelles avec 4 rois Francs : Sigebert 1er, Chilpéric 1er, Gontran et Childebert 1er. De plus, il connaissait personnellement la plupart des dirigeants Francs.

Importance
L'Historia Francorum est d'un intérêt essentiel, car elle décrit la période de transition du monde romain au monde médiéval, et la fondation de l'État français, qui allait rester remarquablement grand en termes de population et de territoires, et chanceux en matière de richesse, stabilité et unité depuis son époque et tout au long de la période médiévale, quand on le compare aux autres États européens.
Les hagiographies de Grégoire sont aussi une inestimable source d'anecdotes et d'histoires qui enrichissent notre compréhension de la vie et de la foi en Gaules mérovingiennes. Ce sont aussi des ouvrages fascinants à étudier, ouvrages qui ont dû enthousiasmer son public de l'époque. Par ces ouvrages, il montrait aux lecteurs l'importance et la force du Christianisme Orthodoxe malgré les vicissitudes de la vie de l'époque, les incessants troubles politiques et guerres. Sa culture très étendue est en elle-même un témoignage de la préservation de l'érudition et de la continuité persistante de la culture gallo-romaine à travers les soi-disant "Temps Obscurs", comme on décrit souvent avec mépris ce millénaire que couvre le "Moyen Age."
(traduction & adaptation du texte du wikipedia en anglais, plus riche que le FR)



Ses oeuvres dont nous avons connaissance (les enluminures de cette page proviennent de manuscrits de reproduction de ses ouvrages)

* Historia Francorum in decem libros divisa, quorum libri I-IV historiam mundi referunt, de creatione et casu Adami Evaeque ad tempus Gregorii ipsius. Dein de rebus tempore suo factis narrat. Aevum Gregorii turbidissimum erat, regno Francorum inter fratres Guntram, Charibertum I, Chilpericum I et Sigebertum I diviso.
En latin :
http://www.thelatinlibrary.com/gregorytours.html

En français :
http://remacle.org/bloodwolf/historiens/gregoire/index.htm


* Septem Miracula:
o De Virtutibus Sancti Juliani,
o De Virtutibus Sancti Martnini Episcopus (libri 4),
o De Gloria Martirii,
o De Gloria Confessorum.

* Vitae Patrum

et le
* De Cursu Stellarum
en latin:
http://www.dbc.wroc.pl/dlibra/docmetadata?id=1796&from=publication&
en français:
http://remacle.org/bloodwolf/historiens/gregoire/index.htm

(Archive des oeuvres en français)

Les MGH en ont donné le texte en édition critique:
Gregory of Tours, Libri Historiarum, ed. B Krusch and W Levison, in Monumenta Germaniae Historica, Scriptores Rerum Merovingicarum 1, 1 (Hannover, 1951).

Gregory of Tours, Liber in Gloria Martyrum, ed. B Krusch, in Monumenta Germaniae Historica, Scriptores Rerum Merovingicarum 1, 2 (Hannover, 1885).

Gregory of Tours, Liber in Gloria Confessorum, ed. B Krusch, in Monumenta Germaniae Historica, Scriptores Rerum Merovingicarum 1, 2 (Hannover, 1885)

Gregorius Turonensis. Libri historiarum X, ed. B Krusch, in Monumenta Germaniae Historica, Scriptores Rerum Merovingicarum I, 1:1 (Hannover, 1937)


entrevue entre le roi Childéric 1er et saint Grégoire de Tours
"Grégoire de Tours témoigne de l'heureuse influence de la présence d'évêques à la table des rois et nobles Francs. Il rapporte aussi que Chilpéric, qui était très fier de sa connaissance théologique et séculière, aimait, lorsqu'il dînait, en discuter, ou plutôt, exprimer son opinion sur des questions de grammaire, comme avec autorité, en présence de ses compagnons d'armes, dont la plupart ne savaient ni lire ni écrire. Il alla aussi loin qu'à ordonner d'incorporer 3 anciennes lettres grecques dans l'alphabet latin."
"Manières, coutumes et vêtements au cours du Moyen Age et à la Renaissance", par Paul Lacroix, bibliothèque impériale de l'arsenal, Paris







16 novembre 2007

Saint Apôtre Matthieu (16/11 - Orthodox Study Bible)




saint Matthieu
Évangiles d'Ada, 9ème siècle

Saint Matthieu (nom signifiant "don de Dieu") a été identifié avec le collecteur d'impôts (Mt. 9,9; 10,3) et était de race juive. Dans les autres récits de sa rencontre avec Jésus (Marc 2,13-14; Luc 5,27-29), il est appelé Levi. Cet usage de 2 noms différents a amené certains érudits à prétendre qu'il s'agirait de 2 personnes différentes, du fait de l'absence de Levi dans les listes apostoliques. Les autres ont cependant argumenté par le fait que Matthieu avait un double nom, parce que les Juifs portaient fréquemment 2 noms – comme Simon/Pierre et Saul/Paul. Lorsqu'il fut appelé par Jésus (Mt 9,9), Matthieu renonça à sa position en tant que percepteur d'impôts et devint Son disciple. Selon la Tradition Chrétienne, après la Pentecôte, Matthieu, remplit de l'Esprit Saint, prêchant l'Évangile en de nombreux endroits, en particulier auprès des Juifs.
L'Évangile de saint Matthieu, bien qu'il nous soit parvenu en grec, a une connotation juive/hébraïque, qui se remarque par ses formes et expressions araméennes, et son utilisation de nombreuses citations et argumentations de l'Ancien Testament. De plus, Matthieu donne des détails sur les pratiques religieuses juives, et utilise souvent le style et les techniques de l'argumentaire juif. Le Jugement final de Dieu, présenté par une imagerie apocalyptique classique dans les écrits juifs, est aussi mis en avant. Papias, un auteur Chrétien du deuxième siècle, nous a transmis la tradition disant que Matthieu avait écrit les paroles du Christ en langue hébraïque, langue commune des Juifs à l'époque du Christ, et que les autres avaient par la suite librement interprété son oeuvre en grec.
Bien que l'Évangile ne cite pas Matthieu comme étant son auteur, tous les antiques manuscrits attribuent l'oeuvre à Matthieu, un des 12 disciples mentionnés dans le Nouveau Testament. Sa paternité est attestée par le témoignage universel de l'antique Église.
L'emblème habituel représentant Matthieu en évangéliste est un homme, parce que sa généalogie met l'accent sur les liens de famille du Christ. Il est commémoré le 16 novembre dans l'Église Orthodoxe.

Ref: "The Orthodox Study Bible" Copyright © 1993 by St. Athanasius Orthodox Academy, Nelson ISBN 0-8407-8391-4



Saint Matthieu
Évangiles du Couronnement, 9ème siècle
source


L'Automne du Patriarcat (Grec-Orthodoxe)

Par Alexander Kitroeff, samedi 28 mai 2005



Patriarche Eirineos 1er


Manifestation contre Eirineos

La longue histoire de l'Église Orthodoxe Grecque dans l'orient de la Méditerranée a entraîné une longue liste de machinations politiques et de tractations et manigances financières. Les 4 piliers de l'Église dans la région, le patriarcat de Constantinople – premier parmi ses pairs – et ceux d'Alexandrie, Antioche et Jérusalem, ont enduré une série souverains politiques aussi divers que les Arabes, les Byzantins, les Croisés, les Ottomans, et leurs successeurs, des États séculiers et nationalistes. En ayant à faire face à tout ça, l'Église Orthodoxe est restée fidèle à son enseignement qu'il faut toujours faire une distinction entre ce qui appartient à César et ce qui appartient à Dieu, ce qui est en tout cas une vision du monde (et de l'autre monde) née du système byzantin de gouvernement, qui entraînait un puissant empereur régnant à côté du patriarche. Dans le cas de dirigeants politiques hostiles, la tâche de défense de la Foi devint inévitablement empêtrée dans les histoires de politique et d'argent, et ceci très tôt.

Dans son ouvrage "The Great Church in Captivity", l'étude classique sur le patriarcat de Constantinople, Sir Steven Runciman s'accorde à dire que l'histoire de l'Église sous les Ottomans a manqué de la moindre "bravade héroïque" et que, dans les conditions de captivité qu'elle a endurées, elle a souvent eu recours à l'intrigue et la corruption afin de survivre. On pourra appliquer la même chose à la soi-disante "Église-Mère" à Jérusalem, établie patriarcat en 451. Elle s'est développée sous les Byzantins puisque la Terre Sainte était la destination des pèlerins Chrétiens, mais le double coup de boutoir porté par la conquête Perse puis Arabe au 7ème siècle a conduit à une longue ère de difficultés et de compromis politiques.

La chute de Jérusalem aux mains des Croisés en 1099 a rendu les choses encore pire. Le patriarche chercha refuge à Constantinople, pendant qu'un patriarcat Latin était établi dans la ville. L'effondrement des royaumes Croisés un siècle plus tard permis le retour du patriarche Orthodoxe, mais aussi le commencement d'une lutte renouvelée pour la propriété des lieux saints. Les disputes continuèrent après que les Ottomans reprirent aux Mamelouks Égyptiens le contrôle de la ville, et pour finir, cela abouti, au moins indirectement, aux guerres de Crimée au milieu du 19ème siècle. Le contrôle de Jérusalem par le patriarcat Grec Orthodoxe – confirmé par les Ottomans, ensuite par les Anglais qui se sont emparés de la ville fin 1917, et ensuite par les Jordaniens, et après 1967, par les autorités israéliennes – a toujours été fortement contesté par les autres églises.

Actuellement, le patriarcat fait face à une nouvelle crise et, vu sa longue histoire de difficultés, nombre d'observateurs pensent qu'elle est provoquée par la manière maladroite du patriarche Eirineos avec laquelle il dirige la nécessaire manoeuvre de l'Église entre les divers intérêts politiques et économiques. En mars, un quotidien israélien a rapporté que le patriarcat, qui possède de très grandes propriétés à Jérusalem, avait vendu des biens fonciers à Jérusalem-Est à quelques mystérieux "investisseurs Juifs." Ce transfert, dont le fait a été vérifié ensuite, menace la balance très délicate et idéologiquement chargée entre les propriétés Arabes et Israéliennes dans cette partie de la ville, qui est considérée arabe mais revendiquée par les Israéliens.

Un tollé des Palestiniens s'en est suivi, et les fidèles d'Eirineos se sont soulevés contre lui. Il dû s'en remettre à la protection par des gardes Israéliens pour parvenir à célébrer les Liturgies de Pâques. Le Vendredi Saint, des fidèles en colère l'ont forcé à rentrer dans l'église du Saint Sépulcre par une porte dérobée. Quelques jours plus tard, le corps dirigeant du patriarcat, le Synode des évêques, déclara Eirineos persona non grata et l'évinça. Au cours d'une réunion extraordinaire convoquée par le patriarche de Constantinople, tous les patriarches Orthodoxes du monde exprimèrent de même leur mécontentement face au refus d'Eirineos à se retirer. Inutile de dire que les autorités israéliennes, jordaniennes et palestiniennes, de même que le gouvernement Grec, se sont tous joints à la bataille.

L'impression que tout ça n'est comme d'habitude que de la politique ecclésiale est renforcé par la propre histoire politique du patriarche. Eirineos a été élu en août 2001 comme 140ème patriarche de Jérusalem, mais le gouvernement israélien s'abstiendra de le reconnaître, l'accusant d'être pro-Palestinien [voir greekworks.com, "Orthodox Trouble in the Holy Land," 15 Juillet 2002]. Avant son élection, Eirineos servait depuis 1983 comme membre du Synode patriarcal, sous le patriarche Diodoros, lui-même considéré comme étroitement impliqué dans la politique de la confrontation entre Israéliens et Palestiniens à propos de Jérusalem. Israël attendra mars 2004 avant de reconnaître Eirineos comme patriarche, après que tout le grand chipotage des arrangements en sous-main, de même que les interventions publiques des groupes de pression Gréco-Américain à Washington DC, eurent leur part dans cet aboutissement.

Cependant, l'affaire courante soulève des problèmes qui vont bien au delà de ce problème vieux de plusieurs siècles de toutes ces intrigues politiques et financières faites au nom de la défense de la Foi. En fait, ça concerne une caractéristique très différente du patriarcat, aussi vieille de siècles, et cela menace vraiment de miner sa mission religieuse. Quand Eirineos et/ou quiconque d'autre parmi les dirigeants du patriarcat a approuvé le marché clandestin de biens fonciers avec ces "investisseurs Juifs," ça a été fait en se moquant de manière consciente des souhaits des fidèles Arabes de l'Église, qui sont ouvertement opposés à la volonté d'Israël d'annexer la Vieille Ville de Jérusalem.

Cet acte volontaire de duplicité morale et constitutionnelle sert à dramatiser ce qui est devenu une situation bizarre – même d'après les normes de Jérusalem. La hiérarchie du patriarcat consiste en un Synode de 18 évêques qui sont – à l'exception d'un seul d'entre eux – tous nés en Grèce et continuent à utiliser la langue grecque dans la Liturgie. Eirineos par exemple, est né sur l'île de Samos. Le juriste du patriarcat est professeur à l'université d'Athènes, et l'adresse du bureau de conseil juridique du patriarcat de Jérusalem est rue Michalakopoulou à Athènes!

Et cependant, il n'y a virtuellement quasiment aucun hellénophone parmi les 45.000 et quelques Chrétiens Orthodoxes de Cisjordanie, tous étant, naturellement, arabophones. En 1992, certains d'entre eux ont voulu redresser ce déséquilibre linguistique en demandant "l'arabisation" du patriarcat comme seule manière de préserver l'authenticité et le caractère représentatif de l'Église Orthodoxe en Terre Sainte. Un précédent historique était – et demeure – de leur côté. En 1899, le patriarcat voisin d'Antioche en Syrie, qui avait été dirigé pendant des siècles par des prélats ethniquement Grecs, était revenu aux Orthodoxes Arabes, qui constituaient l'immense majorité de l'Église.

Cependant, le problème actuel à Jérusalem va bien au delà d'un simple équilibre linguistique à redresser. Les membres Arabes de l'Église ont aussi montré que la hiérarchie Grecque faisait preuve de fort peu de souci pour le bien-être et l'éducation parmi les fidèles Arabes. Bien avant le récent marchandage foncier d'Eirineos, son prédécesseur, le patriarche Diodoros, avait vendu des terrains patriarcaux à des investisseurs Israéliens, y compris un terrain à bâtir situé entre la Vieille Ville et Jérusalem, qui avait finit par devenir une implantation juive après que ses habitants Arabes en aient été expulsés. Cependant, Diodoros repoussa de manière péremptoire toutes les accusations le concernant, affirmant avec entêtement le "caractère historiquement Grec" du patriarcat.

De toute évidence, Eirineos n'a pas le poids politique de son prédécesseur, et il a perdu non seulement la confiance de son Synode, mais aussi du gouvernement Grec, qui sont tous 2 occupés à tenter de déterminer la légitimité de son éviction afin de le remplacer par ce qui deviendra le 141ème Grec à être patriarche Grec Orthodoxe de Jérusalem. Le style autocratique de gouvernement de l'Église, et son mépris envers les fidèles Arabes, ne concerne apparemment pas beaucoup ni son Synode, ni le gouvernement Grec. Ni le gouvernement israélien, qui de toute évidence préfère un patriarche Grec à un Arabe. En public, certains Chrétiens Palestiniens disent que le groupe ethnique du patriarche n'a pas d'importance, pourvu qu'il protège les intérêts de l'Église, mais il y a suffisamment de fidèles Arabes qui sont légitimement dégoûtés par l'hégémonie des prélats Grecs.

Par conséquent, il semblerait que le moment serait propice pour une sorte de nettoyage de porcherie dans "l'Église Mère." Cependant, ce nettoyage devrait aller bien au delà de simplement traiter la corruption qui a mené à la vente de biens fonciers de l'Église. La préservation du contrôle ethnique Grec sur le patriarcat, et sur son Synode, a ébranlé la mission de l'Orthodoxie en Terre Sainte et au sein des Arabes Chrétiens. Tous ceux qui sont impliqués dans la résolution de ce scandale foncier ne devraient pas perdre de vue ce problème plus vaste, et devraient s'en occuper. Ce n'est pas simplement un autre couac dans la longue histoire d'intrigues politiques de l'Église, mais une importante opportunité pour mettre un terme à l'exclusion des Arabes Palestiniens de la direction du patriarcat – pour le bien de ce qui est, après tout, à présent une Église Orthodoxe Arabe Palestinienne, et pour la défense de tout ce que cette Église a toujours affirmé représenter.

Le professeur Alexander Kitroeff enseigne l'Histoire au Haverford College et collabore à greekworks.com, qui a publié son plus récent ouvrage "Wrestling With the Ancients: Modern Greek Identity and the Olympics."









Ajournement du Synode



Encore plus de colère contre Eirineos











Les représentants Palestiniens apprennent les marchandages du patriarche


Russie : Qui veut replonger l'Église dans la Guerre Froide?

La première de ces nouvelles date déjà du début de l'été, les 2 autres sont plus récentes. En reliant la 1ère à la 3ème, on a tout de même de quoi se poser quelques légitimes questions. Cette 3ème nouvelle, la "bénédiction de l'arme atomique", fait d'ailleurs "chauffer" divers forums Orthodoxes sur internet et il y a de quoi. Certains personnages influents au sein de l'Église semblent se remettre activement à l'écoute de bruyantes sirènes qui font froid dans le dos.
orchestre de l'armee rouge


On tempérera cependant cette appréciation par le fait bien réel que les États Unis d'Amérique font tout leur possible pour que la Russie ne puisse pas se relever de ses ruines socialistes et redevenir un État digne de ce nom. Et pour ça, ils fomentent (Ukraine, avec le vatican) et soutiennent (Géorgie, etc) des révolutions et guerres tout autour. Et soutiennent des dictatures dans des pays limitrophes (Ouzbékhistan, etc). La Russie ne porte donc pas seule le chapeau de ce retour inquiétant à la course à la destruction planétaire.

Dans les nouvelles ci-dessous, on tirera aussi un parallèle entre d'une part les méthodes ultra-papistes qui ont cours au patriarcat, où le patriarche (à trop fréquenter le vatican...), qui n'est après tout canoniquement que l'évêque de son diocèse et rien d'autre, se comporte comme un chef du vatican version slave, et d'autre part les méthodes qui ont cours à présent dans ce qui était jusqu'il y a 5 mois un Synode indépendant, l'Église Orthodoxe Russe Hors Frontières. C'est tout aussi inquiétant que le fait nucléaire.

Prions pour que ces élans nationalisto-fascisants s'éteignent au plus vite...
JM

La Guerre Froide frappe l'Église



L'évêque Vladimir Tselichtchev encense les fidèles à la paroisse Orthodoxe Sviato Pokrovskiy


Le terrain de l'église, grand de 20 ares,
se trouve à mi-chemin entre Atlantic City et Philadelphie.

source & (c)


BUENA, New Jersey (AP) – La Guerre Froide est vivace dans ce coin boisé du New Jersey, sous les coupoles dorées d'une paroisse Orthodoxe russe.

Dimanche, un petit groupe de fidèles s'est rassemblé à l'église Sviato-Pokrovskiy
pour ce qui pourrait avoir été leur dernière Liturgie. La petite assemblée est menacée d'éviction parce qu'ils ne sont pas d'accord avec la décision de leur Synode de se réunifier avec le Patriarcat de Moscou en Russie.
Leur sort pourrait être scellé cette semaine, lorsqu'un juge devrait rendre son jugement dans le procès que leur diocèse a intenté pour essayer de reprendre les quelques 20 ares de propriété ecclésiale qui se trouvent à mi-chemin entre Atlantic City et Philadelphie, dans une région qui a été peuplée par des émigrants Russes.
La décision du Synode de se réconcilier a été insupportable aux yeux des fidèles tels que ceux de Buena, qui fustigent le patriarcat de Moscou pour sa collaboration avec les Soviétiques jusqu'il y a quelques années d'ici, et pour son étroite relation avec le gouvernement russe de nos jours.
"Nous considérions cela comme une église soviétique, un bras humain armé du gouvernement," dit Maria Nekludoff, 56 ans, une des 3 marguilliers de la paroisse, les autres étant son mari et sa mère. "Je ne comprend pas comment tout d'un coup, ce serait devenu la "mère Église," et que nous aurions besoin de nous réunifier avec. Ca n'a pas de sens pour moi."
Depuis que le prêtre Nikolai, père de Maria Nekludoff, est décédé en 2004, il n'y a plus eu de prêtre à temps plein, de sorte qu'il n'y a de Liturgie complète que lorsqu'un prêtre sait y venir, une fois par mois voire moins. Un Office auquel assistent en général une vingtaine de personnes.
Adelaida Nekludoff, 83 ans et mère de Maria Nekludoff, originaire d'Ukraine, repousse d'un geste de sa tête couverte d'un voile toute idée de légitimité pour le patriarcat de Moscou : "Ce n'est pas une Église."
La paroisse Sviato-Pokrovskiy a été fondée en 1957, faisant partie de l'Église Orthodoxe Russe Hors Frontières (EORHF), un réseau étendu d'églises créé après la Révolution Bolchevique, par des fidèles ayant fuit l'Union Soviétique.
Les Soviétiques ont tenté de détruire la Foi dans un pays qui avait été essentiellement Orthodoxe depuis des centaines d'années, massacrant des milliers de prêtres et détruisant les églises. Nombre de fidèles ayant survécu aux purges ont tenté de refaire leur vie aux États-Unis d'Amérique.
Mais la crainte de la persécution n'était jamais loin. Par exemple, à Buena, l'iconostase de l'église, paroi centrale présente dans toute église Orthodoxe russe et portant des peintures de saints, a été construite de sorte qu'elle puisse être enlevée en une heure si les membres avaient à fuir.
Même malgré la chute de l'Union Soviétique, il fallu attendre jusqu'il y a fort peu pour que l'EORHF se décide à la réconciliation avec le patriarcat de Moscou.
Mais pour les fidèles tels que ceux de Buena, le patriarcat de Moscou est considéré comme étant encore rempli de gens ayant collaboré avec le gouvernement soviétique.

Il y a aussi la crainte de ce que le patriarcat est bien trop aligné avec l'actuel gouvernement russe, qu'ils sentent comme du communisme camouflé afin de faire renaître la fierté des Russes à propos de l'histoire de l'ère soviétique.
Un porte-parole de l'ambassade de Russie à Washington DC, Alexey Timofeev, dit que la réunification était quelque chose de désiré par tous les Russes, tant dans le pays qu'au dehors.
Bien qu'il n'existe pas de chiffres officiels sur le nombre de paroisses et de paroissiens ayant quitté l'EORHF, prêtres et fidèles disent que cela a séparé paroisses, prêtres et même familles.
"Époux et épouses, mères et fils, tout le monde a été divisé. C'est une terrible tragédie," dit l'évêque Vladimir Tselichtchev, 41 ans, qui célèbre ce qui pourrait être la dernière Liturgie à l'église de Buena.
Nombre de paroisses et fidèles Orthodoxes russes suivent de près le procès de Buena, pour voir quel effet cela pourrait avoir sur leur propre situation.
"Peut-être bien que la Guerre Froide n'est plus la même, mais elle n'est pas finie," dit le prêtre Stefan Sabelnik, de la paroisse de la Dormition de la Mère de Dieu, à Trenton, paroisse qui a aussi quitté l'EORHF suite à la réconciliation avec Moscou.
Nicolas Ohotin, un porte-parole de l'EORHF, dit que les gens ont le droit de quitter l'Église, mais qu'ils n'ont pas le droit d'emporter avec eux les biens de l'Église. Ohotin dit que l'accord avec le patriarcat de Moscou permet une "très large indépendance," et que les fidèles Orthodoxes ne devraient pas redouter de se retrouver sous la coupe de Moscou.
"L'Église espère que tous ses paroissiens, tous ses membres qui ont quitté l'Église, retrouveront le chemin de retour au sein de l'Église," dit Ohotin.
Maria Nekludoff a été à l'église à Buena depuis son enfance, et son père, son oncle, son frère et sa grand-mère sont enterrés dans le cimetière, qui est bien entretenu. Elle dit que ses parents et les paroissiens ont donné leur vie pour construire l'église.
"Cela me briserait le coeur de voir que c'est en quelque sorte le travail de leurs vies qui est arraché," dit-elle. "Je me sens bénie pour avoir été à même de défendre ces gens qui sont sans défense.. J'ai senti que c'était mon devoir."


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EORHF "non-Moscovite" :
http://www.rocor-v.com/rocor/engindex.html

et une de ses maisons d'édition en anglais :
http://www.monasterypress.com/

Concernant les ennuis de la paroisse ci-dessus, entre-temps, on a apprit par voie de presse (!!) que le diocèse qui avait exposé son problème devant les tribunaux civils (contrairement à ce qu'en dit saint Paul) avait étonnamment obtenu un gain de cause partiel. En effet, la jurisprudence nord-américaine, dans la plupart des États, fait que la propriété du bien "paroisse" est aux propriétaires réels, au niveau financier et cadastral du terme. Or, ici, le tribunal local a donné une sorte de droit de regard au diocèse. On évaluera le niveau réel de christianisme de ce diocèse à l'usage qu'il fera d'une décision civile, athée, dans un problème strictement ecclésiastique. Comme en France et ailleurs en Occident..

Je vais persifler, mais que penser d'autre? Car on le voit, quand on a bien servi le patriarcat et qu'on a forcé son Synode à rejoindre une Église à laquelle il faudra me montrer quel Canon de Concile Oecuménique le rattachait!!, et bien on est récompensé à la manière... soviétique : médaille, médaille...

Alexis II récompense le primat de l'Église Orthodoxe Russe Hors Frontières en le décorant d'un ordre honorifique
http://www.interfax-religion.com/?act=news&div=3586
Alexis 2 et laurus ensemble


Moscou, 05 Septembre 2007, 12:25, Interfax – Le patriarche Alexis II de Moscou a accordé au métropolite Laurus, primat de l'Église Orthodoxe Russe Hors Frontières, l'ordre de Saint Vladimir de seconde classe, à l'occasion du 40ème anniversaire de l'ordination épiscopale de ce dernier, en la fête de son saint patron.
La décoration a été présentée par l'évêque Isidor d'Yekaterinodar et Kuban, qui dirigeait la délégation du patriarcat de Moscou arrivée aux USA quelques jours auparavant.
La cérémonie de remise de la décoration a eu lieu après la Liturgie solennelle au monastère de la Sainte Trinité à Jordanville, NY (USA), qui faisait partie des célébrations de la réunification de l'EORHF avec l'Église Orthodoxe de Russie, rapporte le centre d'informations ecclésiales Orthodox Encyclopedia.

*-*-*

L'Ordre de saint Vladimir, du même nom que la décoration accordée au métropolite, c'est cette création d'une impératrice qui fit son possible pour détruire l'Église du Christ, à l'instar de Pierre "le grand".. On espère pour lui qu'il n'y a qu'homonymie et pas succession, même symbolique.

L'Ordre impérial russe de Saint Vladimir
http://almanachdechivalry.com/_wsn/page9.html
ancien ordre de saint vladimir


L'Ordre de Saint Vladimir (4 classes) (Orden sv. ravnoapostol'nogo kniazia Vladimira ). Institué par la tsarine Catherine la Grande le 4.10.1783.
La Croix de Saint Vladimir était un Ordre impérial russe institué en 1782 par la tsarine Catherine II en mémoire des actes de saint Vladimir, le grand prince et celui qui a mené la Rus' kiévaine au Baptême. Sa devise : "Bienfaisance, Honneur et Gloire." L'Ordre avait 4 degrés et était accordé pour un service civil et militaire de longue durée. La couleur du ruban de l'Ordre est rouge avec un bord noir.
Première classe – une croix rouge avec des bords noir et or. Elle était portée avec le ruban pendant sur l'épaule droite, avec une étoile octogonale faite d'or et d'argent. Elle était attachée au côté gauche de la poitrine.
Seconde classe – une croix rouge autour du cou et l'étoile sur le côté gauche de la poitrine.
Troisième classe – une croix rouge d'une plus petite taille, autour du cou.
Quatrième classe – la même croix portée sur la poitrine.
Insigne : une croix émaillée patinée, avec bordure noire en émail, et un rond central en émail noir portant un manteau rouge à col d'hermine avec le monogramme de saint Vladimir. Portée sur une écharpe à décoration pour le premier rang, sur un collier pour les 2ème et 3ème rangs, et sur un ruban sur la poitrine pour le 4ème rang.
Étoile : Une étoile à 4 pointes superposée à une étoile en or à 4 branches, avec une croix en or dessus et les lettres "CPKB" entre les bras de la croix sur un fond émaillé noir au centre, surmonté de la devise de l'Ordre "Bienfaisance, Honneur et Gloire" (Pol'za Chest' i Slava). Porté du côté gauche de la poitrine pour les 1er et second rangs. Cette devise fut transférée à l'actuel Ordre du Mérite de la Fédération de Russie, qui a été institué en 1992 par le président Boris Yeltsin et qui est actuellement la seconde décoration en importance dans ce pays.
Ruban : rouge avec des bords noirs.
Grand Maître: Son Altesse Impériale la grande duchesse Maria Vladimirovna de Russie (Maria I, tsarine titulaire et autocrate de toutes les Russies, née en 1953).




L'Église accorde une bénédiction atomique
http://www.themoscowtimes.com/stories/2007/09/05/002.html


mercredi 5 Septembre 2007. Issue 3736. Page 1.

Par Alexander Osipovich
Rédacteur principal au Moscow Times

Les Chrétiens croient depuis longtemps que le monde finira par l'apocalypse. Mardi matin, l'Église Orthodoxe de Russie a donné sa bénédiction aux hommes et aux femmes qui pourrait la provoquer.
Au cours d'une cérémonie à la cathédrale du Christ Sauveur, les prêtres ont chanté des prières en l'honneur du 12ème Directoire Principal du Ministère de la Défense, qui est responsable pour le stockage et la maintenance de l'arsenal nucléaire du pays.

Ce directoire ultra-secret a fêté ce mardi le 6àème anniversaire de sa création par Staline en 1947, quand l'Union Soviétique était lancée dans la course à l'armement nucléaire suite aux bombardements atomiques américains sur Hiroshima et Nagazaki. Quelque 200 personnes du directoire ont participé à la célébration de mardi, quelque chose qui aurait été impensable aux jours de l'athéisme soviétique officiel.
Vêtus de leurs uniformes portant un logo atomique stylisé sur leurs manches, ils faisaient occasionnellement le signe de croix pendant que l'évêque Amvrosy de Bronnitsy menait l'office de prière dans la profonde cathédrale en marbre.
L'évêque a conclu en lisant un message de félicitations du patriarche Alexis II.
"Je vous félicite en ce mémorable anniversaire," disait-il, "et j'élève des prières à Dieu et au vénérable Seraphin de Sarov de sorte que les armes nucléaires que vous avez conçues et qui vous sont confiées soient toujours entre les mains de Dieu, et ne seront que des armes de dissuasion et
de riposte." Seraphin de Sarov est le saint patron semi-officiel du directoire.
Le message du patriarche a aussi été imprimé dans l'édition de mardi du Krasnaya Zvezda, le quotidien officiel du Ministère de la Défense. La coopération a grandit au cours des récentes années entre les forces armées et l'Église Orthodoxe, encouragée par la haute hiérarchie militaire et appuyée par le président Vladimir Poutine.
Certains officiels soutiennent l'idée d'introduire des chapelains militaire, et bien qu'il n'existe pas de système officiel, des prêtres Orthodoxes servent d'ores et déjà les soldats dans nombre d'unités, d'une manière volontaire et non-officielle.
Plus de 2.000 prêtres célèbrent des Offices pour le personnel militaire, déclare un porte-parole du département du patriarcat de Moscou pour la liaison militaire. Mais bien que prêcher auprès de soldats en service actif puisse être une pratique courante dans nombre d'armées, y compris celle des États Unis d'Amérique et d'autres nations possédant l'arme nucléaire, bénir les soldats qui s'occupent de l'arsenal atomique du pays soulève des questions qui
ont posé problèmes aux théologiens Chrétiens depuis 1945.
Un porte-parole du patriarcat de Moscou dit que l'Église voyait les armes nucléaires comme un mal nécessaire. "En général, l'Église considère n'importe quelle arme, y compris les armes nucléaires, comme étant un mal," expliquait ce mardi par téléphone le diacre Georgy Roshchin. Il rajoute que l'Église s'est cependant adaptée aux réalités contemporaines. "L'Église considère les armes nucléaires comme une sorte de facteur de dissuasion pour protéger l'État russe," dit-il. "L'histoire des 15 dernières années montrent que la capacité nucléaire de la Russie l'a aidée à rester un État indépendant."
Le vatican a eu la même position durant la Guerre Froide. Il a condamné tout usage de l'arme nucléaire au cours de son concile dans les années 1960, mais a admis qu'on pouvait en posséder comme moyen de dissuasion. Depuis l'effondrement de l'Union Soviétique, le vatican a appelé au désarmement. En 2005, l'ambassadeur de l'État du vatican auprès des Nations Unies a déclaré que la possession d'armes
nucléaires ne pouvait plus être justifiée dans un monde d'après la Guerre Froide. Cependant, la dissuasion semble encore nécessaire pour les militaires Russes. "Ces armes garantissent et continueront à garantir l'existence paisible pour notre peuple, nos enfants et nos petits-enfants," a déclaré lors de la cérémonie de mardi le général Yury Baluyevsky, chef d'état-major général, rapporte l'agence Itar-Tass.
Le général Vladimir Verkhovtsev, chef du 12ème Directorat, a aussi participé à la
cérémonie. A la fin de l'Office, Verkhovtsev s'est tenu près de l'Autel, à côté de l'évêque Amvrosy, et a exprimé ses voeux de bonne santé pour le patriarche Alexis II, des rumeurs circulant sur de graves problèmes médicaux. La plupart des officiers du Directorat semblaient peu enclins à parler aux journalistes après la cérémonie.
Un officier en uniforme, disant se prénommer Dmitry, dit que le Directorat collabore avec l'Église depuis des années, et que des prêtres ont souvent béni différentes unités. "Mais c'est la première fois qu'une bénédiction a lieu ici," dit Dmitry, qui refusa de donner son nom de famille. Un nom qui est souvent revenu au cours de la cérémonie du fait de son importance pour le Directorat, c'était celui de saint Séraphin de Sarov. Séraphin était un ermite ayant vécu près de Sarov, une ville qui se trouve dans l'actuelle région de Nizhny Novgorod, à la fin du 18ème et au début du 19ème siècle. Célèbre pour ses 1.000 nuits passées en prière sur un rocher avec les bras levés au ciel, il est devenu un père spirituel populaire, visité par des milliers de pèlerins. Mort en 1833, il fut canonisé en 1903, durant le règne du saint tsar Nicolas II. En 1940, la ville de Sarov a été rebaptisée Arzamas-16 et devint le centre du projet soviétique de bombe atomique, ce qui explique le lien établi entre le saint et les armes nucléaires. La ville, qui a retrouvé son nom original dans les années 1990, reste fermée pour les non-militaires. A présent, elle a une église en service dédiée à saint Séraphin de Sarov.







L'Ours que saint Seraphim avait apprivoisé n'avait rien à voir avec l'URSS...





11/09/2007 14:20 MOSCOU, 11 septembre - RIA Novosti. Un office religieux à l'occasion du 60e anniversaire du secteur nucléaire militaire russe a été célébré la semaine dernière en la cathédrale du Christ-Sauveur de Moscou, rappelle mardi l'hebdomadaire Vlast.
Jusqu'ici, l'Eglise orthodoxe russe n'avait jamais honoré les armes de destruction massive avec une attention aussi soutenue.
Les chemins de l'Eglise et des atomistes s'étaient déjà croisés en 1946, lorsqu'il a été décidé de construire un centre destiné à concevoir l'arme nucléaire à Sarov, à la place du monastère de l'Assomption (fermé par les bolcheviques en 1927), connu grâce à la vie de Séraphin de Sarov, l'un des saints russes les plus connus et les plus populaires parmi les orthodoxes, aux XVIIIe-XIXe siècles. En août 1949, seulement trois ans après, l'Union soviétique testait sa première bombe atomique. Arzamas-16 (nom donné à Sarov après la construction de ce centre) devint dès lors le coeur de l'industrie nucléaire militaire soviétique, puis russe.
A la veille du démembrement de l'URSS, l'Eglise orthodoxe russe a repris possession de ses lieux saints: une paroisse orthodoxe a été ouverte à Sarov en 1990. Les atomistes lui ont restitué les églises non détruites se trouvant dans les parages. Séraphin de Sarov est alors devenu le patron des atomistes russes.
Vladimir Poutine a accéléré le processus de "fusion" entre l'Eglise et le nucléaire "non civil" en février 2007. Une correspondante du journal Sarov lui a posé deux questions lors d'une grande conférence de presse au Kremlin: "Quelle est la place de l'orthodoxie dans l'avenir?" et "Quelle est la stratégie [russe] dans les domaines nucléaire et militaire?". Le président a saisi l'occasion pour affirmer que les deux thèmes étaient étroitement liés, les confessions traditionnelles en Russie et son bouclier nucléaire étant des composantes qui renforcent l'Etat russe, créant les prémisses nécessaires pour assurer la sécurité intérieure et extérieure. La réaction à ces propos du président ne s'est pas fait attendre. Le jour suivant, le site orthodoxe nationaliste Pravaya.ru a publié un article intitulé "Poutine et l'orthodoxie nucléaire". L'idée a été ensuite reprise par d'autres médias.
C'est l'analyste Egor Kholmogorov qui a formulé de la façon la plus laconique l'idéologie de "l'orthodoxie nucléaire": "Pour rester orthodoxe, la Russie doit être une grande puissance nucléaire. Pour rester une grande puissance nucléaire, la Russie doit être orthodoxe".
Le métropolite Nicolas de Nijni Novgorod a même essayé de réhabiliter les événements de 1946, déplorables pour l'Eglise: selon lui, c'est probablement grâce aux prières de Saint Séraphin que la Russie a créé une arme qui la protège à présent. A propos, aucune des nombreuses biographies de Saint Séraphin ne mentionne ses penchants militaristes: il n'a béni aucun soldat s'en allant en guerre et n'a jamais glorifié les armes russes dans ses sermons. Le religieux vivait en anachorète et a même pardonné aux brigands qui lui avaient fendu le crâne avec une tête de hache, demandant qu'ils ne soient pas punis.
Cet article est tiré de la presse et n'a rien à voir avec la rédaction de RIA Novosti.

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explosion nucléaire



Une personne très bien informée nous montre à quel point ces forces obscures qui secouent la Russie sont bien implantées.. prions..

Le Fantôme de Staline, ou le retour du KGB
de Vladimir Federovski
éditions du Rocher
http://www.editionsdurocher.fr/
ISBN : 9782268062907
parution le 20/9/2007

voir le dossier sur evene.fr, fnac.fr & amazon.fr


A écouter à tout prix, l'entrevue radio de Vladimir Federovski sur Europe 1, lundi 10/9/2007:
http://www.europe1.fr/player/interstitiel.jsp?chaine=&sujet=Poutine

Vladimir Fedorovski est un homme aux vies multiples : d'abord interprète de Brejnev, il devient porte-parole du Mouvement pour les réformes démocratiques dans l'URSS finissante, puis de Boris Eltsine. On le retrouve aujourd'hui professeur à HEC-Paris et auteur de romans historiques à succès ! Il a acquis la nationalité française en 1995, grâce à l'intervention de Jacques Chirac, qui n'avait pas oublié le collaborateur de son ami Boris Eltsine. Fedorovski est aussi conseiller au mémorial de Caen, pour la période de la guerre froide. C'est un auteur prolifique, qui sait allier la précision de l'historien à l'art narratif du romancier - qu'il s'intéresse aux égéries russes, aux ballets, aux tsarines, à Raspoutine, Saint-Petersbourg ou au Kremlin.

Article à lire : Séraphin de Sarov est devenu le patron des atomistes..?
http://forum-orthodoxe.com/~forum/viewtopic.php?t=2219


Au lieu de menacer l'autre et de bénir ceux qui préparent le néant,
ne pourrait-on pas s'aimer?

Hymne de la Création par saint Caedmon

Hymne de la Création, par saint Caedmon
source & (c)



15 novembre 2007

Éprouver le lien famillial – début du Carême de la Nativité - fête du roi


mercredi 15 novembre 2007 – Début du Carême de la Nativité – Saint Paissios Velichkovsky
http://groups.yahoo.com/group/orthodoxdynamis/message/2968
Kellia: Juges 20,12-44
Ils envoyèrent des hommes dans toutes les familles de Benjamin pour dire: "Qu'est-ce que cette horreur qui a été commise chez vous? Livrez-nous, sans tarder, les scélérats de Guibéa pour que nous les mettions à mort et que nous ôtions le mal du milieu d'Israël." Mais les Benjaminites refusèrent d'écouter la voix de leurs frères israélites. Ils quittèrent au contraire leurs bourgs et s'assemblèrent à Guibéa pour faire la guerre aux Israélites. On fit, ce jour-là, le dénombrement des Benjaminites accourus de tous les bourgs. Ils étaient 26.000 hommes tirant l'épée, sans compter les habitants de Guibéa. Parmi tout ce peuple, il y avait aussi 700 hommes d'élite qui ne se servaient pas de la main droite; tous étaient capables de lancer à la fronde une pierre à un cheveu, sans le manquer. Hormis Benjamin, le nombre d'Israélites recensés était de 400.000 hommes tirant l'épée, tous aptes à la guerre. Les Israélites montèrent à Béthel pour consulter Dieu. Ils demandèrent: "Qui de nous entamera le premier la lutte contre les fils de Benjamin?" À quoi le Seigneur répondit: "Juda montera le premier." Les Israélites s'en allèrent le lendemain matin, camper près de Guibéa. Ils commencèrent la lutte contre les Benjaminites et se rangèrent en bataille près de la ville. Mais les hommes de Benjamin firent une sortie et infligèrent à ceux d'Israël, ce jour-là, une perte de 22.000 hommes, qui jonchèrent le sol. Mais la foule des hommes d'Israël, retrouvant son courage, se présenta en ordre de combat à l'endroit même où ils s'étaient placés la veille. Jusqu'au soir, les Israélites allèrent pleurer devant le Seigneur et ils le consultèrent ainsi: "Dois-je encore marcher pour combattre les fils de Benjamin, mon frère?" À quoi le Seigneur répondit: "Marchez contre lui." Les hommes d'Israël s'avancèrent une seconde fois contre ceux de Benjamin, qui sortirent de Guibéa à leur rencontre, et leur étendirent de nouveau sur la terre 18.000 Israélites, tirant tous l'épée. Alors, tout le peuple des Israélites monta à Béthel où ils se lamentèrent, assis là, devant le Seigneur, jeûnant ce jour-là jusqu'au soir; ils offrirent des holocaustes et des sacrifices de paix devant le Seigneur. Ensuite ils consultèrent le Seigneur; - en ce temps-là, l'Arche d'Alliance de Dieu était là, avec Phinéès, fils d'Éléazar, fils d'Aaron, qui se tenait auprès d'elle. - Ils dirent donc: "Dois-je continuer la guerre contre Benjamin, mon frère, ou dois-je y renoncer?" À quoi le Seigneur répondit: "Allez-y, car demain je les livrerai entre vos mains." Alors Israël plaça une embuscade autour de Guibéa et, le troisième jour, offrit le combat aux Benjaminites, dans le même ordre de bataille qu'auparavant. Dans leur sortie contre eux, les hommes de Benjamin se laissèrent attirer loin de la ville. Comme les autres jours, ils se mirent à frapper et à tuer quelques hommes d'Israël, une trentaine environ, dans les chemins qui montent vers Béthel et vers Guibéa à travers la campagne. Les Benjaminites se dirent: "Les voilà battus devant nous comme auparavant", tandis que les Israélites disaient: "Fuyons pour les attirer loin de la ville, sur ces chemins." Alors tous les Israélites, quittant leurs positions, se rangèrent à Baal-Tamar, tandis que les embuscades s'élancèrent de leur poste, à l'ouest de Guibéa. Ainsi surgirent devant Guibéa 10.000 hommes d'élite de l'armée d'Israël. La mêlée fut rude; les Benjaminites ne se doutèrent pas du désastre qui allait fondre sur eux. Le Seigneur battit Benjamin devant Israël, dont les gens tuèrent, ce jour-là, 25.100 hommes de Benjamin, tous tirant l'épée. Les fils de Benjamin se virent donc battus. Les Israélites leur avaient cédé le terrain, parce qu'ils comptaient sur l'embuscade postée près de Guibéa. Les hommes de cette embuscade s'empressèrent d'envahir la ville, où ils passèrent tout au fil de l'épée. Les hommes d'Israël et ceux de l'embuscade étaient convenus qu'en guise de signal, ceux-ci feraient monter de la ville un nuage de fumée. Les Israélites avaient fait volte-face dans le combat, et Benjamin s'était mis à frapper et à mettre à mal environ 30 hommes en disant: "Pour sûr, les voilà battus devant nous comme au premier combat." Mais quand le nuage de fumée s'éleva de la ville, les Benjaminites, en se retournant, virent l'incendie de Guibéa monter jusqu'au ciel. Aussitôt les hommes d'Israël firent volte-face et ceux de Benjamin furent épouvantés en présence du désastre qui fondait sur eux. Ils détalèrent devant les Israélites vers le désert; mais l'armée les serra de près et ceux des villes les y massacraient. Ils cernèrent les hommes de Benjamin, les poursuivirent et les écrasèrent à chaque halte jusqu'en face de Guibéa, du côté du levant. 18.000 vaillants guerriers de Benjamin tombèrent de la sorte.

Épître : 2 Thessaloniciens 2,13-3,5
Évangile : saint Luc 16,1-9


La fratrie mise à l'épreuve : Juges 20,12-44 LXX, en particulier les versets 12-13: "Ils envoyèrent des hommes dans toutes les familles de Benjamin pour dire: "Qu'est-ce que cette horreur qui a été commise chez vous? Livrez-nous, sans tarder, les scélérats de Guibéa pour que nous les mettions à mort et que nous ôtions le mal du milieu d'Israël." Mais les Benjaminites refusèrent d'écouter la voix de leurs frères israélites."

Sir Walter Scott dans son roman intitulé "Guy Mannering", a offert aux anglophones la célèbre devise : "le sang est plus épais que l'eau." Nous trouvons une illustration parfaite de cet aphorisme dans la péricope biblique du jour, mais sa vérité s'étendit à l'entièreté du peuple de Dieu avec les plus terribles conséquences. Tout d'abord, faisant preuve de modération, Israël ne voulu punir que les hommes qui avaient commis l'atrocité contre la concubine du lévite du pays d'Ephraïm, car, après réunion, ils avaient demandé que seuls "les fils de transgression" de Guibéa leur soient livrés pour exécution (v. 13). Cependant, tous les hommes de la tribu de Benjamin avaient participé à la culpabilité des hommes de Guibéa, en refusant de livrer les coupables (v. 13). De plus, en s'avançant alors pour les défendre (v. 14), le lien plus large de fratrie parmi les 12 tribus d'Israël fut repoussé et les Benjaminites en firent l'amère expérience pour avoir préféré quelques hommes de leur propre tribu – malgré le fait qu'ils étaient coupables d'un crime monstrueux (Juges 19,22-28)!

La communauté d'Israël ne pouvait laisser le crime impuni, car autrement, ils auraient exposé toutes les tribus au jugement de Dieu, pour ne pas s'être occupé du péché commis parmi eux. La nation toute entière se serait trouvé à subir les conséquences qui ont frappé la ville de Sodome pour pareille cruauté. Après tout, Dieu avait été très clair : "si tu ne veux prêter oreille à la voix du Seigneur ton Dieu, et observer tous Ses Commandements.. alors tu seras maudit" (Deut. 28,15-16). La guerre civile entre les tribus en devenait inévitable. Il est juste de chercher à obtenir réparation des torts subis.

Nous sommes surpris de voir Israël souffrant de terribles pertes de la part des soldats de Benjamin au cours des 2 premières batailles (Juges 20,20-25). Leurs pertes survinrent malgré le fait qu'ils avaient consulté le Seigneur avant d'aller au combat (v. 18). Rien que sur le plan des pertes humaines, la majorité paya un lourd tribut pour avoir voulu redresser les torts commis à Guibéa. La décision des Benjaminites de résister pour un petit groupe d'hommes à Guibéa éprouva durement les liens de fratrie entre les 12 tribus, jusqu'au niveau même de la survie de la tribu de Benjamin (v. 35,44).

On ne sait pas prévoir ce qui pourrait se passer lorsque les liens de fratrie sont éprouvés. Une tragédie initiale de petite taille peut dégénérer en un nombre de pertes au delà de l'imaginable. Il en a été ainsi durant la Guerre Civile Américaine, que tout le monde pensait vite s'achever et se résoudre avec peu de sang versé. Il y a un prix pour dresser les violations de la justice.

Notez que Dieu ne modère pas Son peuple dans ses efforts appuyés de prières pour châtier les injustices, même si le coût en est élevé. Le Seigneur voudrait que vous et moi comprenions la douleur causée par la rupture et la mise à l'épreuve des liens de fratrie et fraternité. Veillez bien à ne jamais négligemment ou impudemment offenser vos frères, briser l'harmonie d'une paroisse, ou vous aliéner d'autres Chrétiens Orthodoxes. Ne soyons pas la cause de coûteux problèmes pour l'Église à cause de nos actions.

Une des leçons importantes à tirer de la série de batailles entre Israël et Benjamin à Guibéa, c'est la nécessité pour ceux qui veulent rétablir la justice de se maintenir eux-mêmes en prière devant le Seigneur tout au long du processus de restauration. Soyons comme Israël. Allons sans cesse nous tenir devant le Seigneur et demandons-Lui comment procéder (cfr Juges 20,8-11,18,23,26; 21,3). Ne fonçons pas tête baissée une fois que la méthode a été choisie. Restons toujours ouverts à Dieu.

Ô Seigneur Dieu, renforce-nous d'un grand courage, d'une abnégation, et de l'esprit d'intercession, afin que nous puissions détourner nos coeurs de l'errance vers la sagesse du juste, et toujours persévérer dans la confession de Ta Vérité.

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Carême de la Nativité 2007

Le Carême de la Nativité commence ce jeudi 15 novembre et dure jusqu'au 24 décembre. Ce Carême est divisé en 2 périodes. La première va du 15 novembre au 19 décembre; on y observe la discipline de jeûne traditionnelle (pas de viande, volaille, oeufs, produits laitiers, poisson, vin et huile) les lundi, mercredi et vendredi, mais il y a "katalysis" (dispense) pour le vin et l'huile les mardi et jeudi (certains permettent aussi le poisson les mardi et jeudi durant cette première période), et pour le poisson, le vin et l'huile les samedi et dimanche.
La deuxième période va du 20 au 24 décembre, quand la discipline traditionnelle de jeûne (pas de viande, de volaille, d'oeufs, de produits laitiers, de poisson, vin et huile) est observée du lundi au vendredi, mais avec "katalysis" pour le vin et l'huile les samedi et dimanche.
D'un bulletin diocésain pour le clergé Grec-Orthodoxe Antiochien.

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Père Alexander Schmemann : "Le Cycle de la Nativité" - Pourquoi jeûner avant la Nativité - Mère Gavrilia et le jeûne, arme spirituelle par excellence - Règles du jeûne dans l'Orthodoxie Occidentale Bénédictine :
http://stmaterne.blogspot.com/2006/11/carme-de-la-nativit-du-christ-1.html


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Au royaume de Belgique, le 15 novembre est aussi traditionnellement la Fête du roi (ou de la dynastie)



Longue vie à notre souverain Albert II!
Que le Seigneur le comble de bénédictions!
Leve de koning, leve België!
Vive le roi, vive la Belgique!