"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

24 novembre 2007

Santez Katell a Aleksandria – sainte Catherine d'Alexandrie

Fêtée les 24 & 25 novembre selon les juridictions Orthodoxes, c'était de toute manière le 25 chez les Orthodoxes occidentaux, avant 1054.

Santez Katell a Aleksandria
Maux de tête, Migraines, Recherche d'un époux par les jeunes filles à marier
25 novembre


Lisors, Eure (Normandie), fontaine Sainte-Catherine d'Alexandrie

"La tradition rapporte que Jésus porté sur le bras de Marie, serait apparu à cette vierge d'Alexandrie. Il lui aurait passé un anneau au doigt et se serait alors déclaré comme son fiancé. Cherchant à répandre autour d'elle le culte nouveau, elle fut suppliciée vers 310 sous le règne de l'empereur romain Maximin-Daia.
Elle est devenue la patronne des jeunes filles.
On ne sera pas surpris des invocations dont elle est l'objet de la part de celles-ci, notamment lorsqu'elles désirent trouver un mari.
Un des lieux les plus visités dans ce but est incontestablement la fontaine Sainte-Catherine sise non loin de l'abbaye de Mortemer sur le territoire de la commune de Lisors (Eure), en forêt de Lyons. Les visites à la fontaine remontent très loin dans le temps et elles n'ont pas cessé, même si la discrétion paraît en avoir atténué l'importance. Car on vient de loin demander le secours de sainte Catherine à Lisors. Les pratiques sont très simples. Il suffit de boire un peu d'eau en invoquant la sainte dans des termes suffisamment éloquents pour attirer sa protection et son aide.
Sainte Catherine est également une sainte "marieuse" à Saint-Riquier-ès-Plains (canton de Saint-Valery-en-Caux), dans la Seine-Maritime. Sa statue figure dans l'église Saint-Riquier.
Dans le Calvados, on lui attribue traditionnellement des pouvoirs à côté de sa spécialité habituelle. Ainsi, à Courcy (canton de Morteaux-Coulibouf), les jeunes filles s'adressent à elle en sa chapelle du château fort et les mères de famille conduisent leurs enfants connaissant des problèmes dermatologiques près de sa statue. Les unes et les autres plantent des épingles dans les plis du vêtement et sur des linges.
A Saint-Philbert-des-Champs (canton de Blangy-le-Château), la sainte, dont la statue figure dans l'église paroissiale, serait encore sollicitée pour la guérison de maux frappant la langue et pour le soulagement des migraines."

Courcy, Calvados (Normandie), sainte Catherine d'Alexandrie, en sa chapelle, couverte d'ex-voto!

In : "A l'aube de l'an 2.000, les Saints qui guérissent en Normandie",
par Hippolyte Gancel, professeur honoraire de Lettres, éditions Ouest-France, 2 volumes
l'auteur a aussi sorti une étude sur les saints guérisseurs en Bretagne :

Entre 2003 et fin 2005, quelques familles Orthodoxes de l'Entre-Sambre-et-Meuse ont tenté de se regrouper pour entamer la restauration de la paroisse originelle de Philippeville, celle du "polyptyque" de Lobbes (anno 869). Dédicace de la communauté paroissiale orthodoxe en question : "Sainte Catherine d'Alexandrie et saint Feuillen". Malgré 1 siècle et demi de présence dans le pays, aucun hiérarque Orthodoxe byzantin n'avait en effet songé à s'occuper du bien-être spirituel des gens de la région, d'où il fallait bien se débrouiller par soi-même.
L'absence / l'opposition cléricale a eu bien entendu raison de cette tentative. Après l'impulsion originale par des laïcs, il est nécessaire d'avoir le relais du clergé; c'est tout le contraire qui s'est passé. Disparue, elle n'a été remplacée par rien, puisqu'il n'y pas le moindre souci du bien spirituel des gens d'ici. Pour nos évêques, leurs bonnes relations avec le vatican et ses officines priment sur le Salut du monde, on ne le voit que trop. Vae victis! Reste que c'était légitime, et historiquement fondé, au contraire de bien des fondations - qui ne tiennent pas mieux, il suffit de faire le tour des paroisses où on essaie d'attirer du monde avec des reliques en visite... A leur décharge, certains des Orthodoxes du coin voulaient que ça soit "tout Russe", d'autres "tout Grec" – alors que nous vivons en Belgique! -, d'autres "tout moderniste", etc, et il n'y avait jamais personne de disponible pour balayer ou venir au caté' donné par un prêtre se tapant 200 bornes.. bref pas grand monde ne voulait travailler pour une paroisse vraiment Orthodoxe, chacun voulait son petit truc culturel à soi. Enfin, ils suivent l'exemple d'en haut, puisque le poisson, c'est par la tête que..


Découverte du corps de sainte Catherine d'Alexandrie
enluminure, Den Haag, KB, 76 E 18 95r


Saint Feuillen est compréhensible pour tout Chrétien réellement Orthodoxe vivant en Belgique, puisque c'est un des grands saints Orthodoxes de notre pays - quoique des Orthodoxes Russes vivant ici depuis longtemps m'ont dit, en 2003 & 2004, qu'eux ne connaissant pas, c'était sûrement pas Orthodoxe et qu'il fallait prendre plus Orthodoxe que ça.. sans commentaire.
D'aucun aurait cependant pu se poser la question de la sainte d'Égypte. Il se fait qu'au coeur de l'Entre-Sambre-et-Meuse, à Philippeville, se trouvait une fort antique paroisse Sainte-Catherine. En 2007, tout ce qu'il en subsiste, ce sont des poutres qui sont dans un atelier d'art.. et peut-être quelques unes des pierres de la "maison de l'octroi" voire du cimetière, puisque l'église se trouvait juste à côté.
Avant de porter ce nom, Philippeville s'appelait Escherennes. En mai 1555, les troupes de France rasèrent ce village et n'y laissèrent rien debout. Et l'année suivante, Charles-Quint, celui-là même qui avait fait raser jusqu'à la dernière pierre le siège apostolique de la Morinie, Thérouanne, se faisait construire une ville fortifiée sur les ruines d'Echerennes, ville qui portera le nom de son rejeton, d'où Philippeville. C'est un de ses sbires qui l'a construite en son nom, Guillaume de Nasau, qui y était venu le 15/9/1555.
Or, Escherennes, ça ne datait pas d'hier. Le plus ancien document probant existant, c'est le "polyptyque de Lobbes". Daté de 868 (ou 869), il reprend les possessions de la célèbre abbaye Saint-Pierre de Lobbes, creuset du renouveau de la Foi Chrétienne Orthodoxe dans l'Entre-Sambre-et-Meuse aux 7ème-9ème siècles, avec sa belle série de saints abbés-évêques (Saint Ursmer, saint Landelin, saint Abel, etc) – mais aussi ses racines encore plus anciennes, puisqu'on a les preuves archéologiques des missions locales de saint Servais de Tongeren, avec atelier d'art Chrétien au milieu du 4ème siècle, et bien entendu saint Materne 3 siècles auparavant.
Pour en revenir à Lobbes, parmi ses possessions se trouvait Escherennes, avec mention d'une église dédiée... à sainte Catherine d'Alexandrie, seule sainte de ce prénom en Occident à l'époque - après 1054, quantité de Catherines seront connues en Occident, mais pour la question de la sainteté, dans un groupe en hérésie et schisme, à Dieu seul le jugement..

869, on est donc 28 ans après le plus ancien manuscrit latin connu parlant de sainte Catherine. Or, le polyptyque ne parle pas d'une "fondation" mais d'une propriété déjà existante.
Plus encore, quand notre pauvre pays chutera dans le Schisme et l'hérésie en suivant Rome dans sa déchéance, dans toutes les disputes de propriétés et de pouvoir terrestre, l'abbaye de Lobbes s'adressera à un potentat temporel hors de son pays, n'ayant aucun rapport canonique avec l'Église du pays. Lobbes avait demandé au pape de Rome de confirmer ses propriétés. Et c'est comme ça qu'on a une "bulle" du pape de Rome Eugène 3, de 1150, où la paroisse d'Escherennes est qualifiée "Ecclesia integra", c'est à dire cure de première classe, donc de fondation ancienne. Par la suite, elle changera de dédicace et c'est un saint Julien qui y sera honoré.

On n'a pas retrouvé de statue ou autre représentation locale de sainte Catherine d'avant le 11ème siècle. Mais on a subit quantité de guerres, d'invasions, etc. Et s'il y avait ici une très ancienne paroisse dédiée à Sainte Catherine, il est inévitable que cela existait. C'est une des limitations de la méthode scientifique : il peut y avoir des preuves qui ont disparu mais subsistent des traces difficiles à connaître, ou dont le renom n'est pas suffisant, et cela fausse le jugement de ceux qui écrivent sur le sujet sans habiter le lieu.

*-*-*-*-*
Sainte Catherine était la fille de Constus, le gouverneur d'Alexandrie, en Égypte, durant le règne de l'empereur Maximien (305-313). Vivant dans la capitale, centre de culture hellénistique, et possédant une rare beauté et intelligence, Catherine reçut une excellente éducation, étudiant les oeuvres des plus grands philosophes et savants de l'antiquité. Des jeunes hommes des plus célèbres familles de l'empire demandaient la main de la belle Catherine, mais elle n'était intéressée par aucun d'entre eux. Elle dit à ses parents qu'elle ne se marierait qu'avec quelqu'un qui la surpasserait en noblesse, richesse, beauté et sagesse.
La mère de Catherine, secrètement Chrétienne, l'envoya demander conseil à son propre père spirituel, un saint Ancien vivant dans une caverne hors de la ville. Après avoir écouté Catherine, l'Ancien dit qu'il connaissait un Jeune Qui la surpassait en tout. "Son visage est plus radieux que les rayons du soleil, et toute la Création est gouvernée par Sa sagesse. Ses richesses sont données à toutes les nations du monde, et pourtant jamais elles ne diminuent. Sa compassion est sans égale."
Cette description de l'Époux Céleste produisit dans l'âme de la sainte vierge un ardent désir de Le voir. "Si tu fais ce que je te dis", lui dit le moine, "tu contempleras la face de cet illustre homme". En se séparant, l'Ancien donna à Catherine une icône de la Mère de Dieu portant le divin Enfant Jésus sur son bras, et lui dit de prier avec foi la Reine des Cieux, la Mère de l'Époux Céleste, et qu'Elle entendrait Catherine et lui accorderait les désirs de son coeur.
Catherine pria toute la nuit, et il lui fut accordé de voir la Très Sainte Vierge, qui dit à son Divin Fils : "Vois Ta servante Catherine, comme elle est douce et vertueuse". Mais l'Enfant détourna Sa face d'elle en disant "Non, elle est laide et incroyante. C'est une pauvre folle, et Je ne peut pas supporter de la regarder tant qu'elle n'a pas abandonné son impiété".
Catherine retourna toute affligée pour voir l'Ancien, et lui raconta ce qu'elle avait vu en songe. Il la reçut affectueusement, l'instruisit dans la Foi en Christ, l'encouragea à préserver sa pureté et son intégrité, et à prier sans cesse. Elle reçut ensuite de lui le mystère du Saint Baptême. A nouveau, sainte Catherine eut une vision de la très sainte Mère de Dieu avec son Enfant. Cette fois, le Seigneur la regarda tendrement et lui donna un magnifique anneau, signe merveilleux de ses fiançailles avec l'Époux Céleste (cet anneau est encore sur sa main).
A cette époque, l'empereur Maximien était à Alexandrie pour une fête païenne. Dès lors, la célébration était particulièrement démonstrative et attirait la foule. Les cris des animaux sacrifiés, la fumée et l'odeur des sacrifices, les allumages incessants de feu, les foules affairées dans les arènes, tous souillaient la ville d'Alexandrie. Des victimes humaines étaient aussi amenés, des confesseurs du Christ, ceux qui ne voulaient pas Le renier sous la torture. Ils furent condamnés à la mort par le feu. L'amour de la sainte pour les martyrs Chrétiens et son fervent désir d'apaiser leurs souffrances amena Catherine à parler aux prêtres païens et à l'empereur Maximien.
Se présentant d'elle-même, la sainte confessa sa Foi dans le seul Vrai Dieu, et avec sagesse exposa les erreurs des païens. La beauté de la vierge captiva l'empereur. Afin de la convaincre et de lui montrer la supériorité de la sagesse païenne, l'empereur ordonna que 50 des plus érudits philosophes et rhétoriciens de l'empire viennent discuter avec elle, mais la sainte triompha des savants, et ils devinrent eux-mêmes Chrétiens. Sainte Catherine traça le Signe de Croix sur les martyrs, et ils acceptèrent avec courage de mourir pour le Christ, et furent brûlés vifs sur ordre de l'empereur.
Maximien, n'ayant plus d'espoir de convaincre la sainte, tenta de la séduire par des promesses de richesses et de renommée. Ayant reçut une vive fin de non recevoir, l'empereur ordonna de soumettre la sainte à de terribles tortures, puis de la jeter en prison. L'impératrice Augusta, qui avait beaucoup entendu parler de la sainte, voulu la voir. Elle persuada le commandant Porphyre de l'accompagner à la prison avec un détachement de soldats. L'impératrice fut impressionnée du fort esprit de sainte Catherine, dont la face irradiait de la grâce divine. La sainte martyre leur exposa les enseignements Chrétiens, et ils se convertirent tous au Christ.
Le lendemain, on ramena la martyre au tribunal où, sous la menace d'être brisée par la roue, ils lui enjoignirent à renoncer à la Foi Chrétienne et à offrir des sacrifices aux divinités. La sainte confessa résolument le Christ et s'approcha d'elle-même des roues; mais un Ange brisa les instrument de supplice, qui tombèrent en pièces parmi les païens se tenant tout près.
Ayant contemplé ce prodige, l'impératrice Augusta et le chef de la garde impériale, Porphyre, et ses 200 soldats, confessèrent leur foi en Christ devant tout le monde, et ils furent décapités. Maximien tenta à nouveau d'appâter la sainte martyre, lui proposant le mariage, et à nouveau elle refusa. Sainte Catherine confessa fermement sa fidélité à l'Époux Céleste, le Christ, et en Le priant, elle posa sa tête sur le bloc sous l'épée du bourreau.
Les reliques de sainte Catherine furent amenées par des Anges au Mont Sinaï. Au 6ème siècle, la vénérable tête et la main gauche de la sainte martyre furent retrouvées par une révélation et transférées avec faste dans l'église nouvellement bâtie dans le monastère du Sinaï, bâtie sur l'ordre du saint empereur Justinien (14 novembre).
On invoque sainte Catherine pour soulager la douleur, et pour de l'aide en cas de naissance difficile. Les pèlerins à son monastère du Mont Sinaï reçoivent une bague en souvenir de leur visite.



*-*-*-*-*

TROPAIRE DE SAINTE CATHERINE D'ALEXANDRIE ton 4
De tes vertus, comme rayons de soleil, tu as éclairé les philosophes incroyants
Comme pleine lune pour qui s'avance de nuit, tu dissipas les ténèbres de l'absence de Foi
La souveraine crut en Dieu grâce à toi, et tu confondis le tyran
Bienheureuse Catherine, comme épouse choisie, avec amour tu as rejoins,
Dans la chambre des Cieux, le Christ, ton époux resplendissant de beauté,
Et tu as reçu la couronne royale de Sa main ;
Puisqu'en Sa présence avec les Anges tu te tiens,
Intercède auprès de Lui pour les fidèles célébrant ta mémoire sacrée.

*-*-*-*-*

Je n'entrerai pas dans la question de l'historicité de la vie de sainte Catherine d'Alexandrie. Le plus "cocasse", enfin si on veut, c'est que le Synaxaire grec, qui est devenu obligatoire dans toute l'Église Orthodoxe, ne reprend pas que les données connues au milieu du premier millénaire... mais y a mélangé les mythologies inventées dans l'Occident déjà largement hérétique.. car mythologies que les Croisés du vatican ont importées en Crête & Chypre. Mythologies qui, le temps passant, sont entrées dans les moeurs populaires locales. Et de là sont devenues "tradition"... reprise par l'Église du Christ.. sans commentaire.

Sainte Catherine est une vraie sainte martyre, c'est indéniable. Elle est probablement d'Égypte vu la quantité de martyrs qui y sont morts dans les mêmes circonstances. Une sainte dont on ne sait plus grand chose de la véritable histoire. Parce que comme les martyrologes anciens, on n'avait qu'un nom et un lieu, et que cela suffisait aux fidèles, à ceux qui avaient vu le saint ou la sainte vivre, de savoir que celui ou celle que Dieu avait glorifié l'était aussi par l'Eglise locale.
Donc, en union de prière avec les saints et les martyrs et les fidèles de l'Égypte Orthodoxe d'alors et de ceux d'Entre-Sambre-et-Meuse d'alors, je n'hésiterai pas à continuer à dire jour après jour :
"Sainte Catherine d'Alexandrie, prie Dieu pour nous !"
agia EkatarinaGiorgos Tornesakis: Agia Ekaterini
source & (c)

Sainte Catherine, bois, racine et le Christ
http://stmaterne.blogspot.com/2006/11/sainte-catherine-bois-racine-et-le.html

23 novembre 2007

Saint Columban: restons sur la barque du Christ!

Vie voir à la fête principale, le 21/11
http://stmaterne.blogspot.com/2007/11/2111-triple-fte-orthodoxe-saint.html

Vie selon le Synaxaire Byzantin & cantique à chanter au réfectoire le jour de sa fête
http://stmaterne.blogspot.com/2006/11/saint-colomban-aptre-et-pre-de-leurope.html

"A l'image et à la ressemblance de Dieu.. difficile à vivre", sermon de saint Colomban de Luxeuil - cette traduction offerte au lectorat francophone est inédite en français)



Chant du bateau
texte latin:

Coupée dans les forêts, voguant au long du Rhin aux deux bras,
Notre quille, solide et calfeutrée, maintenant flotte sur la mer.
Heia, les hommes! Laissez retentir notre "heia" en écho!

La houle en rafales sauvages, les chutes fracassantes des torrents,
Mais la force de l'homme sait dompter l'orage.
Heia, les hommes! Laissez retentir notre "heia" en écho!

A l'effort sérieux, les nuages et la tempête rapportent ;
L'ardeur et le travail incessants conquièrent tout.
Heia, les hommes! Laissez retentir notre "heia" en écho!

Supportez et sauvez-vous pour de meilleures choses ;
O vous qui avez souffert pire, ceci terminera aussi.
Heia, les hommes! Laissez retentir notre "heia" en écho!

Ainsi quand l'Ennemi détestable attaque nos coeurs,
Tentant et secouant les profondeurs de nos coeurs avec les passions,
Hommes, que vos âmes se souviennent du Christ! Criez "heia"!

D'une ferme résolution, rejetez les volontés de Satan.
Armés par les vertus, défendez-vous avec valeur.
Hommes, que vos âmes se souviennent du Christ! Criez "heia"!

La Foi ferme et la sainte ardeur conquièrent tout.
L'antique Ennemi, battu, casse ses flèches.
Hommes, que vos âmes se souviennent du Christ! Criez "heia"!

La Source du Bien et de l'Être, le plus Haut Pouvoir,
Offre au lutteur et donne au vainqueur des récompenses.
Hommes, que vos âmes se souviennent du Christ! Criez "heia"!



Une très belle "vie de saint Columban" a été publiée en bande dessinée aux éditions Fleurus, au début des années 1990, mais apparemment elle est épuisée de nos jours. C'est la vie de saint Colomban et de ses fondations à travers les pérégrinations d'un de ses héritiers spirituels. A chaque fois, un détail vestimentaire est mis en valeur, et resitué dans le cadre de la vie des Mérovingiens. Avec notices archéologiques et historiques. Riche bibliographie qui suit plusieurs pages de textes & photos sur l'époque et les lieux des faits. Magnifique. Encouragez les éditions Fleurus à le ressortir!


Colomban, aventurier de l'Europe"
co-éditions Fleurus & Cercle Girardot (cercle d'archéologie du Jura, à Lons-le-Saunier)
26/1/1990
ISBN 2-215-01440-7



Office byzantin à saint Colomban de Luxeuil, en grec, par le protopsaltis Panagiotis Somalis
Il est demandé à celles et ceux qui célébreront cet Office de bien vouloir y commémorer pour Panagiotis les personnes suivantes :
a. son défunt père Michael, partit pour le Royaume Eternel le 21/2/2005
b. l'évêque de Telmessos, mgr Hristoforos, qui a été 8 ans évêque auxiliaire à Londres et son père spirituel durant leur séjour commun en Angleterre.

Saint Alexandre Nevski (23/11)



Le saint prince Alexandre Nevsky est né le 30 mai 1220 dans la ville de Pereslavl-Zalesk, en Russie. Son père s'appelait Yaroslav 2, et sa mère était la princesse Théodosie Igorevna. Il grandit comme tous les princes de cette époque terrible pour la Russie, avec d'un côté les Hordes Mongoles qui avaient envahi une grande partie du pays l'écrasaient sous l'esclavage, et de l'autre, Suédois, Chevaliers Teutoniques, Polonais et Lituaniens, dûment mandés par le pape de Rome, profitaient de la situation pour tenter de s'emparer des parties encore libres de la Russie, y semant désolation, massacres et terreur. Il dût fort jeune apprendre à être soldat, mais aussi la vie spirituelle, tous les princes de son pays étant Chrétiens Orthodoxes, très dévoués à Dieu et à l'Église.
Tout jeune il fut donc témoin des horreurs des guerres qui ravageaient son pays, la terreur qui frappait les habitants, les églises et monastères dévastés. Il avait reçu la bénédiction de l'évêque pour devenir un défenseur de sa patrie et de l'Église. Il dût vite apprendre. Son père s'installa en 1236 comme prince de Kiev, la ville où est née la Russie, longtemps sa capitale, et installa son fils Alexandre comme prince de Novgorod, une autre célèbre ville de Russie. Il épousa Alexandra, fille du prince Briacheslav, et reçurent comme bénédiction une sainte icône de la Mère de Dieu, devant laquelle Alexandre priera toute sa vie durant.

Face à des temps si terribles, il fallait un homme providentiel, et Dieu fit se lever Alexandre. La mission était si désespérée, si impossible, que sans la volonté de Dieu, elle n'aurait jamais réussi. Et les miracles seront nombreux dans sa vie, qui démontreront que Dieu était bien avec lui.
En 1240, le roi de Suède rassemblera une grande armée et l'enverra sur une flotte de navires pour descendre le cours du fleuve sur lequel se trouvait Novgorod, la Neva. Ils massacraient et pillaient les populations sur leur passage. Le roi envoya des messagers à saint Alexandre, le défiant, se vantant de ses méfaits.
Saint Alexandre n'avait pas encore 20 ans. Il se retira pour prier longuement dans l'église de Sainte-Sophie, la Sagesse de Dieu, récitants les Psaumes de David. L'archevêque Spiridon le bénit. Et Alexandre encouragea sa petite armée en disant que, comme pour le roi David, la puissance de Dieu n'était pas dans le nombre mais dans la vérité. Et ils firent route vers le terrible ennemi. En chemin, ce 15 juillet 1240, un guerrier eut la vision d'un bateau portant les 2 saints martyrs les plus vénérés de Russie, Boris et Gleb, qui étaient déjà souvent intervenus du haut du Ciel pour sauver leur pays. Ils les prièrent de les aider. La lourde armée ennemie s'élança contre la petite armée Russe, mais ils s'enfoncèrent dans les eaux, et les Russes remportèrent une victoire tout à fait incroyable. Depuis lors, saint Alexandre reçut le surnom de "Nevski", en souvenir du nom de la bataille de la Neva.
Par la suite, Alexandre devra encore souvent lutter contre les Chevaliers Teutoniques, qui reviendront semer la mort régulièrement, jusqu'au 5 avril 1242, à la bataille du Lac Chud. Comme Moïse face à Amalek, saint Alexandre éleva ses bras et ses prières vers Dieu : les chevaliers germaniques virent les glaces se briser sous les sabots de leurs chevaux, et ceux qui n'avaient pas été tués au combat périrent noyés. Contrairement aux coutumes de l'époque, saint Alexandre renvoya cependant les rares survivants capturés, leur permettant de rentrer libres chez eux. Dès lors, au moins durant la vie de saint Alexandre, les frontières ouest de la Russie furent en paix.
Mais à l'Est, les Tatars (Mongols) étaient les maîtres. Alors commença pour Alexandre la longue série de séjours à la Horde, au fin fond de la Steppe d'Asie, où à chaque fois, il s'offrira en otage pour alléger les taxes qui écrasaient son peuple, ou le protéger de la vengeance du Khan quand ce peuple s'était révolté à cause des injustices et cruautés de ses envahisseurs. Le métropolite Cyril le bénira pour ce nouveau service à la patrie : il fallait agir de sorte que les Tatars ne restent plus des ennemis, des envahisseurs, mais que petit à petit ils deviennent des honorables alliés, et se convertissent au Christ, et pour y parvenir, il fallait la douceur d'un Ange et la prudence d'une couleuvre.
C'est une longue histoire, où Alexandre se verra souvent offrir des trésors à condition de devenir un fidèle du Grand Khan, et un de ses officiers– un "voïvode", et aussi abandonner la Foi en Christ. Jamais ni les douleurs, ni les promesses, ni les menaces, ni la fatigue ne le feront changer.
D'autres que lui auront essayé auparavant à obtenir des alliances avec les ennemis d'hier, en Europe, mais ils n'y parviendront pas. Chacun pensera pouvoir résister seul aux Hordes Mongoles, par les armes, et tous se feront battre! Mais Alexandre, fidèle à la Foi au Christ, celle des Pères de l'Église, savait que là aussi, la force serait dans le Seigneur, pas dans les arrangements humains.
Par sa vie, sa manière d'organiser le pays, de restaurer la paix, de favoriser la culture, l'éducation de toutes les couches de la population, sa fidélité au Christ sans faille, il deviendra le premier "Grand-Prince de toute la Russie." Et partout où il passera, il favorisa les oeuvres missionnaires de l'Église, afin que les populations vivant encore dans la nuit et les horreurs du paganisme puissent connaître les douceurs de la Foi en Christ. Au point qu'il réussit, en 1261, à faire établir un diocèse de l'Église de Russie dans la capitale même des Mongols, Saraï.
Et en 1262, il obtiendra, sans tuer quiconque, que les Tatars prennent une décision capitale : les Russes ne seront plus traités en esclaves, ne seront plus soumis aux impôts Tatars, ni au service militaire à la Horde.
Ce quatrième voyage de saint Alexandre à la Horde sera le dernier : il aura assuré la paix dans son pays, et accomplit la mission pour laquelle Dieu l'avait fait prince. Le saint Prince Alexander Nevsky mourut au retour de ce voyage à Gorodtsa sur la Volga, le 14 novembre 1263. Juste avant de mourir, il se fit recevoir comme moine sous le nom d'Alexis. Il fut enterré le 23 novembre 1263 dans l'église cathédrale du monastère de la Nativité dans la ville de Vladimir, où se trouve un mémorial du saint prince. Une série de miracles eurent lieu dès sa mise au tombeau, et un siècle plus tard, on découvrit ses reliques intactes. D'autres miracles eurent lieu au cours des siècles et encore de nos jours, par son intercession. Une grande cathédrale lui est dédiée à Paris, au 8 rue Daru.


Sur Internet, on trouve en extraits voire au complet un film de 1938 de Serguei Eisenstein, le célèbre réalisateur soviétique, film intitulé "Aleksander Nevsky." A l'origine une commande de la propagande communiste anti-allemande, mais comme peu après les Soviétiques signaient avec les Nazis leur célèbre pacte de non-agression entre frères de même ténèbres athées, le film restera dans les cartons... Pour ressortir en 1941, quand le frère Nazi attaquera le premier son frère Communiste, avant que ce dernier n'ait eu le temps de lancer, lui, l'attaque prévue..
Ce film est intéressant en ce qu'il montre bien une réalité, un fait historique indéniable, le rôle capital du "pape du vatican" de l'époque dans cette "croisade anti-Orthodoxie", puisque c'est aussi ce qu'il y a en toile de fond de toutes ces guerres monstrueuses que la fausse Eglise de Rome post-1054 ne cessera de mener partout dans le monde, soit en direct soit par fidèles potentats terrestres interposés.
On ne s'étonnera pas qu'Eisenstein passe quasiment sous silence la Foi de saint Alexandre et le rôle de l'Église du Christ dans cette lutte contre les serviteurs de l'Ennemi. Ce n'est qu'après l'invasion allemande et face à la déroute de l'armée Rouge que Staline lèvera la chappe de plomb que le Socialisme imposait à l'Église depuis 3 décennies...

Sur youtube, le film en 11 parties, version US :
http://www.youtube.com/watch?v=CN_JfErh0oQ

et une présentation en russe, sans sous-titres



21 novembre 2007

21/11, triple fête Orthodoxe : saint Colomban de Luxeuil, Entrée de la Mère de Dieu au Temple, Synaxe des Archanges

Pour les Orthodoxes byzantins de calendrier réformé, c'est :
L'Entrée de la Mère de Dieu au Temple (p. Alexander Schmemann)


Pour les Orthodoxes occidentaux, c'est la fête d'un des 3 "Pères de l'Europe" Orthodoxe, à savoir saint Columban de Luxeuil & Bobbio (les 2 autres étant saint Martin de Tours, 11 novembre, et saint Amand, 6 février)

Pour les Orthodoxes byzantins suivant le calendrier russe, c'est :
Synaxe des saints Archanges


A la Divine Liturgie, j'ai tout de suite "repéré" un nouvel arrivant, grâce à une coutume Serbe qui détonne au premier coup d'oeil dans une paroisse de Grecs... Il a expliqué qu'il habitait depuis peu à 5 minutes de l'église, et que comme c'était fête pour eux. J'ai pris mon calendrier "mixte" (ancien & nouveau, un travail génial des Serbes) et vu que pour eux c'était donc la Synaxe des archanges. Il venait à l'église pour acheter un méga-cierge et demander au prêtre la bénédiction des pains & vin pour leur "slava", la fête religieuse familiale. J'ai expliqué la coutume, inconnue du prêtre Grec, qui s'est fait un devoir de bénir le tout.



ensuite, le Serbe a expliqué que ses enfants avaient été baptisés dans cette même église 17 ans auparavant, puis qu'il était reparti en Serbie, et venait seulement de se réinstaller chez nous. Et avait donc pris une maison toute proche de l'église. Ma question : combien d'entre nous placeraient comme priorité numéro un dans leur recherche d'une maison la proximité de leur paroisse ou d'une autre église Orthodoxe?... Une belle leçon que j'ai reçue.


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Résumé de la vie passionnante de saint Columban de Luxeuil et Bobbio, ce géant de la Foi, ce vrai "responsable" du "siècle des saints" en Europe du nord (7-8ème siècles) grâce à l'école monastique qu'il s'en ira fonder en vers et contre tous (surtout les rois mérovingiens en pleine décadence et le haut clergé des Gaules qui leur était semblable) dans le Jura, l'antique "désert des saints" de France.

(Texte "recyclé" de l'ancien site www.amdg.be, récemment supprimé)

Saint Columban d'Irlande, Abbé et Fondateur de l'abbaye de Luxeuil en France, et Bobbio en Italie
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Né dans le West Leinster, Irlande vers 530-543; mort le 23 Novembre 615.

La vie de Saint Columban (Columbanus) enseigne les bienfaits de l'obéissance confiante à Dieu et à ceux qui ont reçut l'autorité sur nous. A chaque fois que les événements semblaient mal tourner, ils menaient Colomban à une nouvelle aventure, lui permettant d'accomplir sans cesse de plus grands travaux encore pour le Royaume de Dieu. Quand Dieu ferme une porte, Il en ouvre toujours une autre - et toujours une qui nous rapproche plus encore de Lui - si nous allons dans l'obéissance vers là où Il nous mène.

Il existe peu de manuscrits reprenant toute la vie de saint Columban, mais l'abbé Jonas a rédigé sa biographie moins de 30 ans après la mort du saint. L'idée courante qu'on se fait de Colomban est celle d'un homme sévère hurlant des anathèmes et explosant souvent de colère (pour, par exemple, fait tomber un arbre de 50 ans d'un seul souffle). Son biographe nous présente au contraire un homme affable, dévot, rigoureux et cependant parlant doucement. Si Colomban a soufflé avec la puissance de Dieu, il a aussi brillé avec l'amour du Christ.

Le bon abbé Jonas nous rapporte que saint Columban naquit d'une noble famille du Leinster et reçut une éducation classique à Clonard, la grande mère-école d'Irlande, que saint Finian (12 décembre) avait fondée avec une teinte de sainteté et d'érudition toute Gaélique.

Jonas rapporte que Columban était un très beau jeune homme de fort bel aspect, et très vite il croisa le diable sous la forme de "lascivae puellae," filles dévergondées. C'est vers cette époque que le roi de Cualann envoya sa fille à saint Finnian à Clonard pour lui apprendre à lire le Psautier en latin.

Jonas écrit à ce sujet :

"Pendant qu'il méditait sur toutes ces choses, il vint à la cellule d'une religieuse toute vouée à Dieu. Après l'avoir saluée d'une voix modeste, il se gonfla de tout le courage qu'il put afin de lui demander conseil, avec toute l'impertinence de la jeunesse.

"Quand elle le vit dans toute la force émergente de la jeunesse, elle dit : "Moi, allant de l'avant avec toute ma force, j'entamai le combat. 12 ans durant, je n'ai pas eu de maison. Depuis que j'ai cherché ce lieu d'exil - le Christ étant mon guide - je n'ai jamais suivit le monde; ayant posé ma main sur la charrue, je n'ai jamais regardé en arrière. Si je n'avais pas été du sexe faible, j'aurais traversé les mers et cherché pour un lieu encore plus isolé pour mon pèlerinage.


"'Tu es enflammé des feux de la jeunesse, et pourtant tu demeures dans le pays de ta naissance. Tu prêtes l'oreille bon gré mal gré à des faibles voix, ta propre faiblesse te faisant plier. Et cependant tu penses que tu peux librement éviter les femmes. Te souviens-tu d'Eve, câlinant, et Adam, se soumettant, et Samson affaiblit par Dallila, et David éloigné de son ancienne justice par la beauté de Beth-sheba, et Salomon le Sage trompé par l'amour des femmes?

"Pars', dit-elle, 'pars, enfant, et détourne-toi de la ruine dans laquelle tant sont tombés. Quitte le chemin qui mène aux portes de l'enfer'. Effrayé par ces mots et - au delà de ce que vous pourriez croire pour un jeune invincible - frappé de terreur, il remercia celle qui venait de le réprimander, et souhaitant l'au-revoir à ses compagnons, il partit. Sa mère le supplia de ne pas la quitter.. Se jetant sur le sol, elle refusait de le voir partir. Mais lui, franchissant le seuil et sa mère, l'implora de ne pas se laisser briser par les regrets, disant qu'elle ne le verrait plus en cette vie, mais où que se trouve le chemin de la sainteté, c'est là qu'il irait."

Columban fit ce que plus tard il écrira dans son "Sur la mortification", au sujet de la recherche et de l'obéissance au conseil : "Rien n'est plus doux que la paix de la conscience, rien n'est plus sûr que la pureté de l'âme, et cependant personne ne sait se les donner parce que ce sont proprement des dons d'autrui".

Un temps durant, Columban se retira de la bataille en vivant avec un autre saint homme, Sinnel, sur Cluain Inis, une des centaines d'îles de Lough Erne. Le conseil de ce saint homme était non pas qu'il devait décliner le combat avec son ennemi, mais qu'il devait décliner de le faire sur le terrain de l'ennemi. Comme son Maître, il accepta le combat sur le champ choisit pour lui par l'Esprit de Dieu.

Durant ce temps sur l'île, il devint si érudit dans les Saintes Ecritures qu'il rédigea un commentaire sur les Psaumes.

Sur une proche île, saint Comgall (11 mai) se préparait à accomplir l'oeuvre de sa vie en vivant en anachorète. Lui et Columban peuvent s'être rencontrés alors ermites, car lorsque Comgall commença sa fondation du monastère de Bangor sur les rives sud du Belfast Lough, il trouva vite Columban dans sa hutte en claie - un des premiers moines de Bangor.

Des années durant, à Bangor, l'Esprit Saint inspira Columban à devenir missionnaire. Mais, peu confiant pour interpréter les mouvements de l'Esprit en lui, Columban demanda à Comgall la permission; elle lui fut refusée jusqu'à ce que Comgall reconnaisse en Columba la marc de l'obéissance à un appel divin.



Vers 580-585 (âgé de près de 45 ans), il quitta l'Irlande avec un groupe de 12 moines, et il oeuvra au Pays de Galles, où il suscita encore plus de moines pour partir avec lui. Saint Gall (16 octobre), qui évangélisa les Suisses et fonda un fameux monastère, fut un de ces disciples qui l'accompagnèrent. (Une source dit qu'ils ont prêché en Angleterre).

A leur arrivée en Gaule, les moines Irlandais prêchèrent au peuple tant par les paroles que par les actes, charité, pénitence et dévotion. Leur réputation impressionna tant le roi Burgonde Guntramnus (Gontran, un petit-fils de Clovis) que vers 590, il offrit à Columban un terrain pour leur premier lieu d'exil, à Annegray, dans les montagnes des Vosges. Columban en recevait les 2 choses qu'il désirait : la paisible contemplation de Dieu et le travail parmi les âmes. Les noires forêts montagneuses avec leurs cavernes encore plus sombres lui donnait une constante isolation de ce monde que l'amour de Dieu lui enseignait à fuir. Les païens simples et illettrés de ces forêts avaient besoin de son enseignement de la Foi.

Durant quelque temps, les moines habitèrent un hameau fortifié en ruine à Annegray, en Haute-Saone, se contentant de bivouaquer parmi les ruines. Columba rassembla vite un tel nombre de disciples qu'ils eurent à trouver une nouvelle demeure, à quelque kilomètres de là, à Luxeuil. C'est là, bâtit avec les pierres de bains et d'un temple romains en ruines, que se trouve le monastère qui a rendu Luxueuil célèbre, pas seulement en France mais dans toute l'Eglise. Columban gouverna Luxeuil durant 25 années heureuses.

L'abbé Jonas rapporte ici que Columban et la communauté prièrent pour l'épouse d'un homme, et elle fut instantanément guérie, bien qu'ayant été malade depuis plusieurs années. Mais en même temps, l'air de rien, il nous rapporte comment cet homme avait opportunément apporté un chariot plein de pain et de légumes au monastère, qui était si pauvre qu'ils n'avaient que des racines et des écorces à donner à un frère malade.

Se promenant à travers les bois, portant les Saintes Ecritures, Columban débattait avec lui-même sur ce qu'il préférerait, tomber entre les pattes de bêtes sauvages ou les mains d'hommes maudits. Il se bénit maintes fois tout en réfléchissant à la question, s'enfonçant toujours plus dans la forêt. Sa question obtint une réponse par l'apparition de 12 loups venant sur lui. Se tenant sans bouger pendant qu'ils l'encerclaient, il pria, "O Dieu, vient à mon aide: O Seigneur, viens vite à mon secours". Ils vinrent tout près, reniflèrent ses vêtements pendant qu'il se tenait immobile. Puis ils repartirent et reprirent leur errance à travers les bois.

Pensant que sa question avait trouvé réponse, il continua son chemin. Il n'avait pas avancé de beaucoup qu'il entendit la voix de voleurs Souabes qui hantaient la région. Encore une fois, sa fermeté fut mise à l'épreuve mais ils le laissèrent sans le toucher.

Une autre fois, s'enfonçant encore dans la forêt, il vit, grande joie pour un ascète, une caverne bien sombre. Il la fit sienne, en chassant le gros ours à qui elle appartenait. (une autre histoire dit qu'il tua l'ours à mains nues - un exploit en effet!)

Cependant, l'évêque Chamnoald, autrefois disciple de Columban, disait qu'il ne fallait pas être surpris que oiseaux et bêtes obéissent aux ordres de l'homme de Dieu. Chamnoald rapporte que Columban appelait à lui les créatures sauvages quand il allait dans les bois pour jeûner ou prier, et qu'elles venaient aussitôt à lui. Il les prenait de la main et les caressait : et les bêtes sauvages et les oiseaux sautaient et gambadaient vers lui, de pure joie, comme des petits venant vers leur maître. L'évêque dit que lui-même l'avait vu, et que même des écureuils répondaient à son appel, grimpant sur les mains et les épaules de Columban et courant entre les plis de son capuchon.

Toute sa vie durant, son souci principal sera de discerner la Volonté de Dieu et de l'accomplir. Quand l'amour qu'il suscitait par ses dons d'âme et même de corps était évident même pour lui, il fuyait vers sa caverne d'ours pour être seul avec Dieu. Il semble qu'il avait peur d'attirer l'amour des autres et de les distraire de l'amour de Dieu.

Un jour qu'il priait dans sa caverne, il reçut une révélation divine l'avertissant que nombre de ses moines bien-aimés étaient malades. Il partit aussitôt en hâte pour Luxeuil. Il dit aux frères malades de se lever et de piler le maïs dans l'air à battre. Les frères obéissants, nous dit Jonas, furent instantanément guéris; le désobéissant resta malade une grande partie de l'année et faillit mourir.

Un jour avant le repas de midi, le cellérier tirait de la bière de la barrique, quand il fut appelé ailleurs par Columban. Dans l'empressement, il oublia de remettre le bouchon au robinet. Il est inutile de dire qu'à son retour au cellier, le cellérier ne trouva pas la moindre goûte gaspillée! Jonas en dit, "O grand était le mérite de celui qui commandait; et grande l'obéissance de celui qui fit ce qu'on lui avait ordonné".

La croissance de Luxeuil amena à la création d'un second monastère à Fontaines. Bien vite, ses disciples se répandirent à travers toute l'Europe, bâtissant des monastères en France, Germanie, Suisse et Italie.

Avec sa croissance en nombre et influence, des conflits devinrent inévitables. Columban faisait naître l'hostilité, en particulier de la part des évêques Francs, par les usages Celtiques qu'il promulguait pour ses monastères, et parce qu'il refusait de reconnaître la juridiction de ces évêques sur eux. Il défendit ses pratiques dans des lettres à Rome et refusa de se présenter à un Synode Gallican à Chalons en 603, quand on le convoqua pour s'expliquer sur ses usages Celtiques.

Ses vertes protestations contre les désordres de la court Franque firent qu'en 610, le roi Thierry (Theoderic) exila Columban et tous les moines qui n'étaient pas d'origine Gauloise. La querelle rapportée par l'abbé Jonas est démontrée par l'Histoire. Le jeune roi de Burgondie, Thierry 2, avait accueilli sa grand-mère la reine Brunehault (Brunhilda) quand elle fut chassée de chez elle par les nobles Austrasiens. Brunehault était en rage contre Columban parce qu'il lui avait refusé l'entrée de son monastère, parce qu'au contraire des coutumes Franques, Columban interdisait l'accès aux femmes, et même aux hommes laïcs.

Thierry et Columban se disputèrent sur la morale sexuelle, et, bien entendu, le saint ne trouva aucun soutien de l'épiscopat local, qui dépendait de la couronne. Le pape de Rome saint Grégoire le Grand (3 septembre), par ses lettres à la reine Brunehault et son petit-fils sur la nécessité de mettre un terme à la simonie, en particulier dans l'épiscopat, nous mène à penser que les évêques de Burgondie et d'Austrasie n'étaient pas des hommes à corriger la morale Mérovingienne. Si les choses en arrivaient à un point de rupture entre Luxeuil et Thierry, ces prélats pouvaient penser trouver leur conscience coïncidant avec celle du roi.

Le roi Thierry, non-marié, était déjà le père de 4 enfants, pour qui la reine Brunehault, du milieu de sa court, demandait la bénédiction à Columban. Le saint répondit : "Bénissez-les! Bénissez les fruits de l'adultère, les enfants de la honte, le témoignage de toutes les débauches de leur père! Au Nom du Seigneur qui châtie les pécheurs, je les maudits!"

Cela peut sembler un peu dur, mais qu'est-ce que ces peuples barbares auraient pu comprendre d'autre? Le seul argument qui aurait pu convaincre ces bêtes de proies, ces envahisseurs Germains qui 150 ans auparavant s'étaient installés sur les ruines de l'empire Romain d'Occident, c'était la peur. La peur de l'enfer, la peur du tourment éternel, la peur du Dieu de vengeance - car il n'y avait pas d'autre moyen pour tenir en laisse la violence qui était déjà prête à éclater.

Mais provoquer la rupture avec un homme aussi largement vénéré que Columban se devait de se faire avec un doigté tout diplomatique. Il semblait qu'une occasion se présentait avec l'occasion de la date de la Pâques. C'était alors, et c'est encore toujours une question si obscure que certains auteurs ont accusé les Eglises Anglaises et Irlandaises d'être des "Quartodécimans", en célébrant la Pâques en même temps que les Juifs célébraient la leur (probablement parce que Rome leur en avait parlé à l'origine), à un jour déterminé par la pleine lune, même si ça n'était pas un Dimanche.

Un Synode d'évêques Mérovingiens fut rassemblé par le roi Thierry sur avis du pape de Rome Grégoire, afin de réformer divers points, mais pas la célébration de Pâques. Pourtant, le point principal de ce Synode fut d'accuser Luxeuil pour sa manière de calculer la date de Pâques; dès lors, Columban écrivit au pape de Rome. Il écrivit aussi poliment et avec éloquence au Synode, mais sans résultat. Lui et ses frères furent exilés. Apparemment, sa lettre à Saint Grégoire n'arriva jamais à destination.

Que Columban avait le coeur non-souillé, on s'en rend compte avec la vision qu'il eut de la bataille et de la mort violente de Thierry. Il se réveilla en sueur, et fut conseillé de prier pour la victoire contre Thierry. Mais le vieux saint répondit, "Ton conseil est fou, pas saint, et n'est pas la volonté de Dieu, Qui nous a dit de prier pour nos ennemis".

Les moines furent escortés par les soldats au long de la Loire par Orléans et Tours jusqu'au port de Nantes, où il rédigea une célèbre lettre aux moines Francs restés à Luxeuil. Puis on les fit embarquer sur un navire pour l'Irlande. Le navire, cependant, s'échoua sur des rochers. C'est ainsi qu'ils ne retournèrent pas en Irlande. Au contraire, ils partirent et voyagèrent par Paris et Meaux jusqu'à la court du roi Théodebert 2 de Neustrie (Austrasie), qui leur offrit refuge à Metz. De Metz, les moines commencèrent à prêcher l'Evangile parmi les païens Alamans autour de Bregenz sur le Lac de Constance, parmi les ruines de la ville romaine, où ils demeurèrent 3 ans, et où 2 des moines furent tués par des habitants hostiles. Durant leurs voyages, ces moines Irlandais fondèrent près de 100 monastères en France et Suisse!

On rapporte que sa prédication en convertit beaucoup, dont saint Ouen (24 août), qui fondit Jouarre, et sainte Fare (3 avril), la fille d'une noble famille qui fonda Faremoutiers. Son influence fut vaste.

Thierry, après avoir conquis la région de Bregenz et étant devenu le roi Austrasie, chassa à nouveau Columban, qui avait 70 ou 80 ans, vers un exil avec un seul compagnon. Mais Columban trouva sa récompense dans la paix à la fin de sa vie.



La province de Lombardie, dans laquelle il entra après avoir franchit les Alpes, était dirigée par Agilulph, un Arien. Sa femme était la sage, noble et sainte Théodelinde, à qui Saint Grégoire avait dédié ses "Dialogues". La renommée de Columban semblait avoir déjà atteint la court. Le roi Agilulph, on était quelques années avant qu'il n'assiège Rome et ne fasse de la Campagna un désert, accueilli le saint exilé presque comme un atout national.

Dans les Appenins, entre Milan et Gènes, en un endroit à présent célèbre sous le nom de Bobbio, il y avait une basilique en ruine dédiée à Saint Pierre. Si, comme il n'est pas improbable, ces ruines étaient l'oeuvre de ces impitoyables Lombards Ariens, il devait y avoir un sentiment de pénitence et de restitution en Agilulph l'Arien en faisant ce don à Columban.

Un incident jette la lumière sur l'inébranlable ouvrier. Pour restaurer la basilique, le petit groupe de moines coupait et traînait des troncs d'arbres d'un bois voisin. Parfois de grands arbres tombaient là où les chariots pour porter les troncs ne pouvaient pas aller. Les moines étaient forcés de porter de grands troncs sur leurs épaules. Cependant, Dieu semblait si manifestement aider ces hommes à s'aider eux-mêmes que les lourds troncs qui, selon les mots de Jonas, auraient nécessité 30 ou 40 hommes pour arriver à peine à les soulever du sol, étaient portés à travers les rochers sur les épaules du vieux Columban et de 2 ou 3 moines.
Avec un soupçon de poésie, Jonas ajoute que l'abbé et ses moines portèrent leur charge "d'un pied si leste qu'on eut dit qu'ils jouaient et avec joie".

Cette abbaye fit florès durant 12 siècles, jusqu'à ce que Napoléon la ferme en 1802. Son immense bibliothèque fut divisée parmi diverses bibliothèques d'Europe.

La prière de la reine Théodelinde et le plan de conversion de son Ariende mari et des Lombards reçut un soudain renforcement par l'illustre exilé de Luxeuil. La haine d'une reine, Brunehault, fut l'opportunité pour un très grand bien - Dieu arrange toute chose pour le bien de ceux qui L'aiment et son appelés selon Ses voies.

Bien que 10 ans s'étaient écoulés depuis qu'Agilulph avait commencé à sympathiser avec le pape saint Léon le Grand, ce qui aurait pu finir par bientôt porter des fruits pour la conversion du roi, la mort de saint Grégoire avait mit un terme à la principale influence cléricale sur la pensée du roi Arien. Avec la venue de Columban, Théodelinde vit la possibilité de renouveler l'influence de Grégoire.

Mais en Lombardie, Columban rencontra pour la première fois la subtile atmosphère de 2 grandes hérésies Orientales : le roi et la plupart de ses sujets étaient Ariens. Le reste de son peuple, même le clergé, était Nestoriens, empêtrés dans la fameuse controverse des Trois Chapitres. Columban avait son esprit de croyant nourri de paix bien déconcerté face à ces palabres Orientaux et ces historiens composeurs de belles formules creuses, c'était en contradiction avec lui et avec les sources de son histoire, quand on voyait descendant les pentes des Alpes une espèce de chien pisteur en quête de sang de la controverse. Face à de telles hérésies, Columban rédigea un traité, et devint impliqué dans l'opposition aux Trois Chapitres, qui avaient été condamnés par le 5ième Concile Oecuménique de Constantinople. Les évêques d'Istrie et certains de Lombardies défendaient ces écrits avec une telle vigueur, au point de rompre leur communion avec Rome.

Mais la reine Théodelinde vit que son imperturbable amoureux de la vérité et de la paix était envoyé par Dieu pour apporter la paix à son roi et au peuple, à travers la vérité. Bien que sa vie restante ne se comptait plus qu'en mois, il ne put s'empêcher de répondre à la demande de Théodelinde lorsqu'elle souhaitât amener les Lombards Ariens et Nestoriens à la Foi orthodoxe.

A la demande d'Agilulph, saint Columban écrivit une lettre au pape de Rome du moment, Boniface 4 (8 mai), concernant la nécessité de réunir un Synode pour ramener la paix dogmatique. Il y écrit : ".. le schisme du peuple est une peine pour (Agilulph), à cause de la reine et de son fils, et peut-être pour son propre salut aussi; voyant qu'on pense qu'il dit que s'il avait connu la vérité, il aurait cru.. le roi vous demande, la reine vous demande, tous vous demandent, que toutes choses puissent être unies au plus vite, afin que comme il y a la paix dans la patrie, il puisse y avoir la paix dans la "foi" et que le troupeau du Christ tout entier soit dès lors un.

Columban rédigea une défense de Rome et de la Foi orthodoxe envers un interlocuteur anonyme, probablement un évêque Arien du nord de l'Italie : "Dès lors je vous réponds comme je le peu.. car je crois que le Pilier de l'Eglise est toujours inchangé à Rome".

L'abbé Jonas nous assure que, sans aucun doute en réponse aux souhaits du roi Agilulph et de la reine Théodelinde, il s'installa près de Milan, afin, "par l'arme des Ecritures", de déchirer et de détruire les tromperies des hérétiques, c'est à dire l'hérésie Arienne, contre laquelle il rédigea un savant livre.

Il continua à prêcher à de larges foules, qui étaient toutes émues à la vue de ses longs cheveux et barbe blancs, et de son visage qui bien que profondément buriné par l'âge et les fatigues, brillait pourtant toujours du zèle pour le Christ, et était à même de remuer les âmes.

C'est ainsi que Dieu convertit tant Agilulph que son peuple à travers Columban. Des siècles durant, Bobbio sera la citadelle de la défense scientifique, qui devra son existence à l'homme qui avait uni la culture et la sainteté en un seul esprit et coeur. Quand les ruines furent son lot des siècles plus tard, les trésors accumulés dans sa bibliothèque enrichirent les bibliothèques qui enrichissent encore et toujours les érudits du monde.

La prophétie de Columban au sujet de la mort de Thierry, l'accession de Clotaire, et le meurtre brutal de Brunehault, amena Clotaire à inviter Columban à revenir en Gaule française. Il ne voulut pas revenir, demandant au roi de veiller gentiment sur les moines de Luxeuil.

enluminure



saint Colomban de Luxueil et Bobbio, Père et Apôtre de l'Europe


La Règle et le Pénitentiel de Columban.

L'Eglise est aussi redevable à Saint Columban pour 2 contributions de grand prix - sa Règle et son Pénitentiel.

Sa Règle n'est pas originale, mais elle incorpore la sévère ascèse de ses compatriotes et en particulier ses confrères moines à Bangor. A la fin on finira par trouver que la Règle moins exigeante de Saint Benoît serait plus acceptable pour les moines Occidentaux. Bien que la Règle plus stricte a partout cédé face à la plus molle, tous les mouvements visant à réformer la Règle de Saint Benoît ont été des mouvements en direction de l'idéal de Saint Columban.

Plus grand encore que sa Règle, c'est son Pénitentiel, contenant les prescriptions des pénitences à imposer aux moines pour chaque faute, aussi légère soit-elle. Concernant ce Pénitentiel, Oscar Watkins en écrivait :

"Un fait extrêmement important concernant le Pénitentiel de Columban est que bien qu'il ne corresponde à aucune pratique existante que l'on puisse trouver auparavant appliquée même d'une manière plus ancienne en Europe continentale, il reproduisait les principales caractéristiques du système particulier que l'on avait vu à l'oeuvre dans les Eglises Celtiques.. Comme dans les systèmes Anglais et Irlandais, la pénitence et la réconciliation étaient privées." (p. 615).

"Il n'est pas peu remarquable que dès la fin du 7ième siècle, la Règle de saint Columban, pour quelque raison que ce soit, avait pratiquement disparu, et la règle de Saint Benoît était devenue la norme. Mais son système de Pénitentiel non seulement survécut dans les monastères qui venaient d'être fondés, mais fut destiné, avec le temps, après l'influence Anglaise postérieure, à devenir le système pénitentiel général d'Europe Occidentale." (Watkins, p. 124).

Il faut porter au crédit d'une nature pécheresse que ce Sacrement de Pénitence, dont notre Rédempteur n'a pas fait tant une obligation qu'un privilège, serait cependant à fréquenter comme si c'était une obligation. Peut-être sommes-nous près du motif de cette humble pratique en pensant à sa relation, par le moyen de la purification, du grand Banquet du Corps et du Sang. Une des principales gloires des compatriotes de Columban sera que c'est à lui plus qu'à quiconque d'autre que l'Eglise Occidentale doit cette modeste pratique.

Voir "Irish Penitentials : And the Sacrament of Penance Today" par Hugh Connolly
ISBN: 1851821619

Le dernier testament littéraire de Columban fut une lettre au pape de Rome, Boniface 4, lettre qui mènerait le lecteur à croire qu'il était un guerrier de la Foi pas encore fatigué, plutôt qu'un homme courbé par la maladie et le poids des ans. Il écrivit aussi un charmant poème en vers Adoniques, adressé à son ami Fedolius, dans lequel il se montre moins comme un Tertullien que comme un Grégoire de Nazianze (2 janvier) ou un Prudence (6 avril).

La seule date certaine de sa vie, c'est son "dies natalis", bien que nous ne sachions pas comment il est mort. Nous savons que l'exilé a finalement trouvé sa maison auprès de son Père, et y fut accueillit. Son corps a été enterré au coeur des Appenins, où il se trouve encore.

Sa défense vigoureuse des pratiques liturgiques Celtiques contre les Romaines et l'austérité de sa Règle, en font une personnalité plutôt intimidante; mais d'un autre côté, par ses très nombreuses abbayes, fondées par lui et par ses disciples, il a exercé une influence déterminante et de longue durée sur la civilisation Occidentale.



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"Vie de saint Colomban et de ses disciples", par saint Jonas de Bobbio,
abbaye de Bellefontaine, collection Vie Monastique n°19, extraits.
http://perso.wanadoo.fr/abbaye.bellefontaine/vmo/vmo19.htm

"Règle et pénitentiel de saint Colomban",
abbaye de Bellefontaine, collection Vie Monastique n°20.
http://perso.wanadoo.fr/abbaye.bellefontaine/vmo/vmo20.htm


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Prière de saint Columban
"Seigneur Dieu, détruis et déracine tout ce que plante en moi l'adversaire. Ces iniquités une fois détruites, mets dans ma bouche et mon coeur de penser et d'agir bien, en sorte que mon action et ma volonté Te servent, Toi uniquement, que je comprenne Tes Commandements, que je Te cherche. Donne-moi la mémoire. Donne-moi la charité. Donne-moi la chasteté. Donne-moi la Foi. Donne-moi tout ce que Tu sais être utile à mon âme, Seigneur. Fais en moi le bien, et accorde-moi ce que Tu sais être opportun, Toi qui règnes, Père, Fils et Saint-Esprit, Dieu Un, maintenant et à jamais. Amen".

manuscrit
Codex Sangall. 23, un manuscrit de la bibliothèque de Sankt Gallen
un des fruits de la "méthode saint Columban",
puisque saint Gall était un de ses disciples directs
source





20 novembre 2007

P. Païssios : oecuménisme & Tradition

Ancien Paissios de la Sainte Montagne





L'OECUMÉNISME ET LA TRADITION SELON L'ANCIEN PAÏSSIOS L'ATHONITE





Respect pour la Tradition

Nombre de saints martyrs, quand ils étaient peu familiers avec un dogme, disaient ceci : "j'ai confiance en tout ce que les saints Pères ont institué." Si quelqu'un osait dire cela, il allait subir le martyre. En d'autres termes, bien qu'ils ne savaient pas comment présenter la moindre preuve à leurs persécuteurs, ils avaient cependant confiance dans les saints Pères. Ils devaient penser en eux-mêmes : "Comment pourrais-je ne pas avoir confiance aux saints Pères? Ils étaient bien plus expérimentés que moi, et vertueux, et saints. Comment pourrais-je être d'accord avec quelque chose qui n'a pas de sens? Comment pourrais-je tolérer que quelqu'un se moque des saints Pères?" Nous devons faire confiance à la Tradition. De nos jours, hélas, nous remarquons que "les bonnes manières européennes" sont là, et elles s'efforcent de présenter une face agréable. Elles essaient d'être supérieures, mais pour finir, elles mènent à adorer le Démon cornu. "Il ne doit exister qu'une seule religion" vous disent-ils, et ils écrasent tout.

J'ai aussi eu des gens qui sont venus me voir, qui suggéraient : "Nous tous qui croyons en Christ nous devrions former une seule religion."

Je leur ai dit : Ce que vous me dites-là, c'est prendre de l'or et du cuivre – de l'or de la plus haute qualité – qu'il a été très difficile d'obtenir aussi pur, et ensuite, mettre les métaux ensemble et les faire fondre en une seule masse. Est-ce bien de les remélanger? Demandez-le à n'importe quel orfèvre : "devrions-nous mélanger des éléments inférieurs à de l'or?"

Hé bien, c'est le même problème avec le filtrage du dogme. Les saints Pères devaient savoir ce qu'ils faisaient, quand ils ont interdit toute association avec un hérétique. De nos jours, on entend dire : "nous devrions prier tous ensemble – non seulement avec un hérétique, mais aussi avec un bouddhiste et un adorateur du feu et un adorateur du démon. Les Orthodoxes devraient aussi participer à ces prières communes et rassemblements. C'est une question de présence."

Que veulent-ils dire par "présence"? Ils s'efforcent de tout résoudre par la logique, afin de justifier l'injustifiable. Cet "esprit européen" est convaincu que le domaine spirituel peut aussi faire partie du Marché Commun.

Certains d'entre les Orthodoxes assez superficiels veulent projeter une "oeuvre missionnaire", de sorte qu'ils puissent se réunir avec des hétérodoxes afin de pouvoir être entendus, et ils pensent que c'est ça la manière de promouvoir l'Orthodoxie – en se mêlant dans le même pot que les cacodoxies. Ensuite, nous avons les hyper-zélotes à l'autre extrémité: ils blasphèment même les Sacrements des néo-Calendristes, etc, et ils scandalisent à l'extrême ces âmes qui sont pieuses et ont une sensibilité Orthodoxe.
D'un autre côté, les hétérodoxes participent habituellement aux rencontres, ils s'y posent comme des "je-sais-tout", ils prennent pour eux tout bon matériel spirituel qu'ils peuvent trouver chez les Orthodoxes, ils les emmènent dans leur propre atelier, ils y rajoutent leurs couleurs et y apposent leur nom, et ils présentent ça comme quelque chose d'original.

Le monde étrange dans lequel nous vivons actuellement est soumis à de telles étranges choses, et il est finalement détruit spirituellement. Mais – quand sera venu le temps –
le Seigneur suscitera de nouveaux Marc d'Ephèse et de nouveaux Grégoire Palamas, qui rassembleront tous nos frères scandalisés, qui confesseront la Foi Orthodoxe, consolideront la Tradition Orthodoxe, et apporteront une grande joie à notre Mère l'Église.

Si nous vivions selon la voie patristique, nous tous nous pourrions bénéficier d'une richesse spirituelle qui ferait envie à tous les hétérodoxes; cela les ferait abandonner leurs erreurs et maladies spirituelles, et les amènerait au Salut, sans besoin du moindre sermon. A présent, ils ne sont pas du tout touchés par notre sainte Tradition patristique, parce qu'ils attendent de voir la continuité de notre patristique – notre véritable parenté avec nos saints.

Ce qui est obligatoire pour tout Orthodoxe, c'est de semer la "bienveillante angoisse" aussi chez les hétérodoxes; en d'autres termes, de les amener à réaliser qu'ils ont vécu dans l'erreur, et qu'ils ne devraient pas s'en remettre à la légère à leurs pensées, de peur de se priver d'eux-mêmes dans cette vie-ci des abondantes bénédictions de l'Orthodoxie, et dans la vie à venir, des infiniment plus abondantes et éternelles bénédictions de Dieu.

Un jour, quelques enfants catholiques-romains m'ont rendu visite, ils étaient bien intentionnés, et ils étaient désireux d'en apprendre sur l'Orthodoxie. "Nous aimerions que vous nous disiez quelque chose, de sorte que nous soyons spirituellement aidés," me dirent-ils.

"Hé bien voyez," ai-je répondu, "cherchez un livre sur l'Histoire de l'Église, et vous verrez comment autrefois nous étions unis, et voyons où vous avez été blessés. Ceci vous aidera immensément. Faites-le, et la prochaine fois, nous parlerons de beaucoup d'autres choses."

Dans les temps plus anciens, les gens avaient l'habitude de respecter quelque chose parce que ça leur venait de leur grand-père, et ils en prenaient soin comme un héritage familial. J'ai un jour rencontré un très grand avocat. Sa maison était très sobrement équipée, et non seulement il s'en portait bien, mais cela mettait aussi les visiteurs à l'aise. Il y a quelque temps, il me raconta ceci :

"Il y a quelques années, père, mes connaissances se moquaient de moi à cause de tous les vieux objets de famille que je conservais. A présent, ils viennent et les admirent comme antiquités. Tandis que moi j'en fais un usage quotidien et que j'en suis heureux parce qu'ils me rappellent mon père, ma mère, mes grands-parents, et que j'en suis toujours ému, ces connaissances vont à présent un peu partout pour acheter et collectionner de vieux bibelots, au points qu'ils ont transformé leurs salons en échoppes de curiosités, dans une tentative d'enlever les problèmes de leurs esprits et d'oublier leur stress séculier."

Dans le passé, quelqu'un aurait conservé une petite pièce de monnaie totalement sans valeur comme si elle valait une immense fortune, uniquement parce qu'elle avait été donnée par sa maman ou son grand-père. De nos jours, si quelqu'un a une pièce de valeur – une pièce en or par exemple – qui lui a été donnée par son grand-père, et que la valeur de la pièce est ne fut-ce qu'un rien supérieure à sa valeur originale, il ira la revendre. Il n'en aura aucun respect, ni ne se souciera de mère ou père. C'est ça, "l'esprit européen", qui rentre insidieusement et nous balaie tous...

Je me souviens de ma première visite à la sainte Montagne de l'Athos – dans une des communautés, l'Ancien était un vieil homme, petit, et très pieux. Par piété, il avait préservé de génération en génération non seulement les étoles de ses grands-pères (spirituels), ses prédécesseurs, mais même les patrons qu'ils avaient utilisés pour réaliser les étoles. Il avait aussi plusieurs très vieux livres et divers manuscrits qu'il préservait, magnifiquement enveloppés dans sa valise, qui était soigneusement fermée de sorte qu'ils ne ramassent pas la poussière. Il ne touchait jamais ces livres; il les préservait enveloppés. "Je ne suis pas digne de lire de tels livres," disait-il. "Je lis seulement des livres plus faciles – les Vies des Pères, le Gouvernail [Droit Canon], etc."

Ensuite vint un jeune moine (qui pour finir ne resta pas sur la Montagne), et il demanda à l'ancien : "pourquoi gardez-vous tous ces vieux détritus ici?" Il s'avança pour enlever les patrons de couture et s'en débarrasser – en les brûlant. Le pauvre vieillard le supplia, en larmes : "ça vient de mon grand-père – qu'est-ce que ça peut te faire si je veux les conserver? Il y a encore bien d'autres pièces ici – laisse tout ça dans un coin." Par sa piété, non seulement il tenait aux livres, aux objets et bibelots, aux étoles, mais même aux patrons de couture!

Quand existe le respect pour les petites choses, il y aura un respect encore plus grand pour les plus grandes choses. Quand il n'y a pas de respect pour les petites choses, il n'y en aura pas non plus pour les plus grandes choses. C'est ainsi que les saints Pères ont préservé la Tradition.

texte grec original :
http://www.oodegr.com/oode/oikoymen/paisios1.htm


(ndt: la mise en gras ou en rouge du texte est d'après la version anglophone)


18 novembre 2007

Rationalisme dur & miracles, quel juste milieu? (Trinité 24, R.O.O Eorhf)

Matines
Psaume 38 Audite haec, omnes
Psaume 14 Domine, qui habitabit?

1 Machabées 2,49-70
Mais le jour de la mort vint pour Mattathias, et il dit à ses fils: "Ce qui règne à présent, c'est l'orgueil, la haine, le bouleversement et la colère. Soyez donc maintenant, mes enfants, les défenseurs de la Loi, et donnez votre vie pour l'Alliance de nos pères. Souvenez-vous de ce qu'ont fait nos aïeux en leur temps, et vous mériterez une grande gloire et un nom éternel. Abraham, n'est-ce pas dans l'épreuve qu'il a été trouvé fidèle? Et cela ne lui a-t-il pas été compté comme justice? Joseph a gardé les Commandements dans sa disgrâce et il est devenu le maître de l'Égypte. Notre ancêtre Phinéès a reçu pour l'ardeur de son zèle la promesse d'un sacerdoce perpétuel. Josué, pour avoir accompli la parole de Dieu, est devenu Juge en Israël. Caleb rendit témoignage dans l'assemblée et il reçut un héritage dans le pays. David, par sa piété, mérita le trône royal pour tous les siècles. Élie, parce qu'il brûla de zèle pour la Loi, a été enlevé au Ciel. Ananias, Azarias et Misaël furent sauvés du feu pour avoir eu la Foi. Daniel fut délivré de la gueule des lions à cause de sa conduite. Rappelez-vous ainsi, de génération en génération, que tous ceux qui mettent leur espoir en Dieu ne défaillent pas. Ne redoutez pas les menaces du pécheur, car sa gloire va à la boue et aux vers: aujourd'hui il s'élève, et demain on ne le trouvera plus, parce qu'il est retourné dans sa poussière, et ses projets sont déjoués. Pour vous, mes fils, soyez courageux et vaillants dans l'observance de la Loi, car c'est par là que vous atteindrez la gloire. Voici votre frère Syméon; je sais qu'il est homme de bon conseil, écoutez-le toujours et il sera pour vous un père. Judas Maccabée est brave depuis sa jeunesse; il sera le chef de l'armée et dirigera la guerre contre les Païens [Grecs]. Vous attirerez à vous tous les observateurs de la loi et vous vengerez votre peuple. Rendez aux Païens ce qu'ils nous ont faits et soyez attentifs aux préceptes de la Loi." Après cela il les bénit et rejoignit ses pères. Il mourut en l'an 146, et fut enseveli à Modin, dans les tombeaux de ses aïeux, et tout Israël fit un grand deuil à cause de lui.


saint Luc 17,1-19
Jésus dit encore à Ses disciples: "Il est impossible qu'il n'arrive pas de scandale; mais hélas pour l'homme qui les cause! Il vaudrait mieux pour lui qu'on lui mît autour du cou une meule de moulin et qu'on le précipitât dans la mer, que de porter au mal un seul de ces petits. Prenez garde à vous-mêmes. "Si ton frère a mal agi, reprends-le; s'il en a du regret, pardonne-lui. Et quand il aurait péché contre toi sept fois dans un jour, s'il revient te dire 7 fois: Je le regrette, tu lui pardonneras."Les apôtres dirent au Seigneur: "Augmente en nous la foi!"Le Seigneur répondit: "Si vous aviez de la foi gros comme un grain de moutarde, vous auriez dit à ce mûrier: Déracine-toi, et va te planter dans la mer, et il vous aurait obéi.""Qui de vous, ayant un serviteur qui laboure ou fait paître les troupeaux, lui dira au retour des champs: Viens tout de suite te mettre à table? Ne lui dira-t-il pas au contraire: Prépare-moi à souper; mets ton tablier pour me servir à boire et à manger; ensuite, tu mangeras et tu boiras à ton tour? Doit-il de la reconnaissance à ce serviteur pour avoir exécuté les ordres? Vous de même, quand vous aurez fait tout ce qu'on vous a ordonné, dites: Nous sommes des serviteurs inutiles; nous n'avons fait que ce que nous devions faire."Toujours en chemin vers Jérusalem, Jésus passait aux confins de la Samarie et de la Galilée. Comme Il entrait dans un village, 10 lépreux vinrent à sa rencontre; s'arrêtant à distance, ils élevèrent la voix: "Jésus, Maître, disaient-ils, aie pitié de nous!"Jésus les vit et leur dit: "Allez vous montrer aux prêtres."Comme ils y allaient, ils furent purifiés. L'un d'eux, se voyant guéri, revint alors sur ses pas, glorifiant Dieu tout haut. Il se prosterna aux pieds de Jésus et le remercia. Or, c'était un Samaritain. Jésus lui dit: "Tous les 10 n'ont-ils pas été purifiés? Où sont les 9 autres? Il ne s'est donc trouvé que cet étranger pour revenir remercier Dieu..."Puis Il ajouta: "Lève-toi, va, ta foi t'a sauvé."


COLLECTE POUR DIMANCHE TRINITÉ 24
Ô Seigneur, nous Te supplions d’absoudre Ton peuple de ses offenses, afin que, par Ton incomensurable bonté, nous soyons tous affranchis des liens de ces péchés que notre faiblesse nous a fait commettre. Accorde-nous cela, Ô Père Céleste, par Jésus-Christ, Ton Fils, notre Seigneur, Qui vit et règne avec Toi et le Saint-Esprit, Dieu Un, pour les siècles des siècles.


Divine Liturgie (Sarum)
Épître : Colossiens 1,3-12

Évangile : saint Matthieu 9,18-26
Il leur parlait encore, qu'un notable vint se prosterner devant Lui: "Seigneur, Lui dit-il, ma fille vient de mourir. Mais viens imposer sur elle Ta main, et elle revivra."Jésus Se leva et le suivit avec Ses disciples. Or une femme affligée d'hémorragies depuis 12 ans s'approcha par derrière et saisit la houppe de Son manteau. Elle s'était dit: "Si je parviens seulement à saisir Son manteau, je suis sauvée."Jésus Se retourne, l'aperçoit, et lui dit: "Courage, ma fille, ta foi t'a sauvée."Et la femme dès lors se trouva guérie. Arrivé chez le notable, Jésus aperçut les joueurs de flûte ainsi qu'une foule qui menait grand tapage. "Retirez-vous, leur dit-il, cette fillette n'est pas morte; elle dort."Eux, se moquaient de Lui. La foule renvoyée, Il entra, prit la petite fille par la main, et elle se leva. Cette nouvelle se répandit dans tout le pays.


HOMÉLIE DU DIMANCHE TRINITÉ 24

Homélie 2007
Nous sommes au dernier dimanche du temps de la Trinité. L'Usage de Sarum a 24 Dimanches pour le temps de la Trinité, puis vient le Dimanche avant l'Avent, qui aurait autrement été un 25ème dimanche après la Trinité. S'il y avait d'autres dimanches (appelés "dimanches vagabonds"), il fallait répéter ce Propre-ci.

Dans la Liturgie de ce jour, on trouve plusieurs illustrations dans les Évangiles de la foi de quelqu'un coopérant avec la volonté et le pouvoir du Dieu Tout-Puissant. Deux cas sautent à l'esprit : celui du chef de synagogue, dont la jeune fille était déjà morte, et celui de la femme hémoroïsse. Le premier avait dit : "Ma fille est morte à présent, mais viens et pose Ta main sur elle, et elle vivra."Et dans le deuxième cas, la femme avait dit "si je peux seulement toucher la frange de Sa tunique, je serai guérie."
On nous parle de foi qui précède l'action. La foi en Dieu était déjà présente – avant que Dieu n'aie accomplit ce qui était espéré. Ce n'était pas une foi superstitieuse, de cette sorte de foi qui est toujours prompte à trouver une explication quand elle a échoué à obtenir le résultat escompté. Dans le cas du chef de la synagogue, par exemple, c'était quelqu'un qui mettait sa réputation en jeu et déclarait sa foi en public. Ce n'était pas cette sorte de foi au second degré que la plupart d'entre nous avons.
Nous avons à vaincre ce libéralisme (modernisme) raisonnable qui nous a été enseigné dans nos écoles et universités, où envisager la moindre pensée que Dieu pourrait accomplir quelque chose d'aussi manifeste qu'une guérison ou une résurrection d'entre les morts est considéré comme déraisonnable.
En juillet 2007, l'épouse du prêtre de la paroisse Orthodoxe Holy Cross à Lancaster, Grande Bretagne, a été guérie d'un problème mineur à un bras (qui avait été soigné la veille à la Lancaster Royal Infirmary) et elle montra aussi un des signes miraculeux, qui sont relativement courants.
Bien qu'il ne faille pas vouloir se jeter trop vite sur ce qui semble être signes et prodiges, il ne faudrait pas non plus les rejeter comme étant contraires à la raison et à l'expérience. C'est la raison et l'expérience qui minimisent notre acceptation des miracles – sous toutes leurs formes. En particulier, elles nous sont un obstacle dans notre attente d'une réponse positive à la prière et en particulier là où le résultat positif espéré implique une action physique. C'est une véritable mise à l'épreuve de la réalité de notre foi. Il est relativement plus facile de "croire"en un Dieu qui n'accomplit rien de réel, de physique. Aussi longtemps qu'Il ne fait pas grand chose, nous n'attendons rien de Lui, et dès lors nous ne risquons pas de nous retrouver déçus. Dès lors que nous acceptons que Dieu agit, et plus encore, que c'est bien ce que nous espérons de Lui, alors nous avons les débuts de la foi. C'est ça, la foi : l'aspiration, l'attente, l'espoir, c'est le facteur de coopération que Dieu requiers habituellement de notre part pour l'accomplissement de résultats physiques (miraculeux). Lorsqu'on cesse d'y penser, tout résultat de prière est miraculeux, dans le sens plénier du terme.
L'attente et la constance dans l'attente sont les qualités du croyant qui coopère avec Dieu dans Son accomplissement des choses que nous désirons. Notre raison y entre convenablement lorsque nous comprenons que Dieu peut ne pas vouloir que nous survivions à telle maladie, ou que nous en soyons guéris – parce qu'Il la verrait comme ayant le potentiel d'aider à la sanctification de l'âme concernée. On ne devrait pas pour autant prier avec les doigts croisés dans le dos.
Nous attendons le résultat que nous voulons, et nous acceptons l'évidence que notre volonté n'est pas encore pleinement alignée sur la Volonté de Dieu s'Il diffère ou refuse ce qui est demandé. Alors nous nous alignons un peu plus nous-mêmes sur Sa volonté, et ce faisant, nous augmentons notre sanctification – exactement ce qu'Il voulait.
Dieu permettant, refusant et donnant, mais toujours avec notre bien suprême comme résultat.
Amen.

Homélie 2006


p. Michaël, higoumène (abbé), Saint-Petroc monastery, EORHF/Rocor
http://www.orthodoxresurgence.com/petroc/index.htm
http://www.orthodoxresurgence.com

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En anglais : Acathiste à la Mère de Dieu guérissant le cancer


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Byzantins : 25e dimanche après la Pentecôte
Sainte Aude de Paris, saint Odon de Cluny, saint Amand de Lérins, saint Maudez, saint Platon d'Ancyre

Épître : Ephésiens 4,1-6
Je vous exhorte donc, - prisonnier que je suis pour la cause du Seigneur - à mener une vie digne de l'appel qui vous a été adressé, en toute humilité, douceur et patience. Supportez-vous charitablement les uns les autres; efforcez-vous de conserver l'unité d'esprit dans le lien de la paix. Il n'y a qu'un seul Corps et un seul Esprit, comme aussi vous avez été appelés par votre vocation, à une seule espérance. Il n'y a qu'un seul Seigneur, une seule Foi, un seul Baptême; il n'y a qu'un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tous, (qui agit) par tous, et qui est en tous.

Évangile : saint Luc 10,25-37
Un légiste se leva et Lui dit pour L'éprouver: "Maître, que dois-je faire pour obtenir la vie éternelle?" Jésus lui dit: "Qu'est-il écrit dans la Loi? Qu'y lis-tu?" Il répondit: "Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ta pensée (Dt. 6,5); et ton prochain comme toi-même (Lv. 19,18)." Jésus lui dit: "Bien répondu; fais cela, et tu vivras." Mais lui, voulant se justifier, dit à Jésus: "Oui, mais qui est mon prochain?" Jésus reprit: "Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho. Il tomba entre les mains de brigands, qui le dépouillèrent, le rouèrent de coups et s'en allèrent, le laissant à demi mort. Par hasard, un prêtre descendait la même route; il vit l'homme, et passa outre. Un lévite arriva sur les lieux, le vit, et passa outre. Mais un Samaritain en voyage, arrivé près de lui, fut, à sa vue, touché de compassion. Il s'approcha, et banda ses plaies en y versant de l'huile et du vin; puis il le jucha sur sa propre monture, et le conduisit dans une auberge où il s'occupa de lui. Le lendemain, il tira deux deniers et les donna à l'hôtelier: Prends soin de lui, dit-il, et si tu as des frais supplémentaires, je te paierai lors de mon retour. Lequel de ces 3 hommes te semble avoir été le prochain de l'homme qui était tombé entre les mains des brigands?" - "C'est, répondit le légiste, celui qui s'est montré pitoyable envers lui." - "Eh bien! lui dit Jésus, toi aussi fais de même."

Catéchèse : le carême de Noël ou temps de l’Avent, se purifier pour le Seigneur.
1. Le carême de Noël, carême de saint Philippe (14/11) ou carême de saint Martin (11/11), est appelé Avent : lat. "adventus" = "arrivée", "venue". L’Eglise réactualise l’attente prophétique du peuple hébreu à l’égard du Messie, et celle des nations (de toutes les cultures) à l’égard du Sauveur universel. Elle réactualise l’évènement de la première et humble venue du Verbe par son incarnation virginale, et prépare la glorification de sa naissance selon l’humanité (Noël). Elle vit également le mystère de la seconde et glorieuse venue ("Il revient en gloire", dit la foi chrétienne), et ainsi la fin des temps, l’accomplissement de l’histoire universelle, le Jugement miséricordieux et la résurrection finale de toute chair. Le carême est toujours une préparation à la fête et à la célébration.
2. Le jeûne de ce temps, uni à la prière plus intense, soutient la veille, l’attente, préparation aux épreuves inouïes que connaîtra l’humanité avant la lumineuse manifestation du Verbe. Selon l’Église de Roumanie, il dure du 15/11 au 25/12. Si le 14/11 est un mercredi, on commence le jeûne le 13 au soir. On ne prend ni viande, ni œufs, ni fromage. Le mercredi et le vendredi, nous nous abstenons d’huile et de vin ; mardi et jeudi, on peut boire du vin, ainsi que samedi et dimanche où l’on prend du poisson (jusqu’au 6/12, Saint-Nicolas, inclus). La veille de Noël, on ne mange que le soir des céréales et des fruits. Le jour de Noël, quel qu’il soit, on rompt l’abstinence et le jeûne. Le renoncement concerne également les envies et les pensées. Le jeûne uni à la prière et à l’écoute de la Parole (lire surtout les grands prophètes) est, non une frustration, mais le renoncement libre. Le Chrétien acquiert ainsi la pureté de l’âme et du corps et la disponibilité spirituelle en vue de l’illumination.
[..] archiprêtre Marc-Antoine Costa de Beauregard