"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

01 décembre 2007

Saint Eloi: Nouiomo depositio sancti eligii episcopi (I Decembris)



Tropaire de saint Eloi ton 2
Après avoir travaillé l'or de tes mains
Tu ne recherchas plus que l'or de la vie divine,
Et lorsque tu quittas la cour du roi,
Tu parcourus notre pays pour défendre la Foi.
C'est pourquoi, vénérable pontife Eloi,
Nous te supplions aujourd'hui de prier pour nous.





Prière de la préface de la Divine Liturgie de rite orthodoxe romain :
http://stmaterne.blogspot.com/2006/12/saint-eloi-sanctus-eligius-ora-pro.html

VIE DE SAINT ELOI ,EVEQUE DE NOYON ET DE TOURNAI, PAR SAINT OUEN

PROLOGUE
Puisque les poètes païens s'appliquent à décrire leurs fables en style prolixe et pompeux, qu'ils perpétuent par ce moyen la plus abominable contagion, publiant des mensonges et racontant, pour satisfaire leur vanité, ce qu'ils ont puisé dans leurs antiques et fausses traditions, pourquoi nous, chrétiens, tairions-nous les miracles du Christ, qui nous a sauvés, quand nous pouvons, par un récit, simple il est vrai, offrir au peuple une histoire édifiante, surtout lorsque la tradition ecclésiastique et l'autorité apostolique nous invitent à conserver le souvenir des actes et des vertus des saints? Il est écrit, en effet, "que la mémoire des saints mérite des louanges (Proverbes 10,7)."Et l'on voit ailleurs, "que nous devons louer les hommes glorieux qui ont vaincu les royaumes du monde, afin que leur mémoire soit en bénédiction et que leur nom demeure éternellement (Ecclésiastique 44,1 - Hébreux 2,33 - Ecclésiastique, 46,15)."Chaque fois donc que nous célébrons, à leur anniversaire, la solennité des saints, nous devons raconter, à la louange du Christ, quelques traits de leur vie, pour l'édification du peuple chrétien.
En effet, tout ce qui est digne d'éloges dans les saints est un bienfait de Jésus-Christ. [...]

lire la suite :
vie_de_saint-eloi_eveque_de_tournai-noyon.pdf

30 novembre 2007

Saint André, Apôtre universel, de l'Orient à l'Écosse (Orthodoxie occidentale)


In primis vesperis Sancti Andree apostoli
(aux premières vêpres [de la fête de] saint André apôtre).
Duplex minor (double mineur)
In vigilia, ad vesperas (La veille, à vêpres).
Antiphona (antienne).

In : Bréviaire célestin, Paris, vers 1430-1440
manuscrit hétérodoxe reprenant partie des éléments d'avant le Schisme romain
Paris, Bibl. Mazarine, ms. 360, f. 347
source cnrs


Saint André et l'Écosse

http://en.wikipedia.org/wiki/Saint_Andrew

Vers le milieu du 10ème siècle, saint André est devenu le saint patron de l'Écosse. Plusieurs légendes prétendent que des reliques d'André furent apportées de Constantinople d'une manière surnaturelle jusqu'au lieu où se trouve la ville actuelle de Saint-Andrews (en Picte : Muckross; en Gaélique : Cill Rìmhinn).
Les plus anciens manuscrits existant qui en parlent sont 2 : un fait partie de la collection de Jean-Baptiste Colbert, voulue par Louis 14, et est à présent à la Bibliothèque Nationale à Paris; l'autre est le mss Harleian, à la British Library, Londres. Ils disent que les reliques d'André furent apportées par un certain Regulus au roi Picte Óengus mac Fergusa (729–761).
Le seul Regulus (Riagail ou Rule) historique, dont le nom est conservé dans la Tour de Saint Rule, c'était un moine Irlandais expulsé avec saint Columba. Cependant, il est de l'époque des années 573–600. Il y a de bonnes raisons de supposer que les reliques se trouvaient à l'origine dans la collection de saint Acca, évêque d'Hexham, qui les aurait emportées avec lui en pays Picte lorsqu'il fut chassé de son siège épiscopal, et qu'il y fonda un siège, non pas selon la tradition dans le Galloway, mais sur l'emplacement de Saint-Andrews. La relation prétendue à Regulus est dès lors, en toute probabilité, le désir de faire remonter la date de fondation de l'église à Saint-Andrews aussi loin que possible.
Une autre légende dit qu'à la fin du 8ème siècle, au cours d'une bataille contre les Anglais, le roi Ungus (soit l'Óengus mac Fergusa mentionné ci-avant, soit Óengus II des Pictes, 820–834) aurait vu un nuage en forme de croix en sautoir (1), et déclaré que saint André veillait sur eux, et que s'ils gagnaient par son intervention, alors il deviendrait leur saint patron. Cependant, il y a des preuves que saint André était déjà vénéré en Écosse avant cette bataille.
La relation d'André à l'Écosse a pu avoir été renforcée suite au Synode de Whitby, quand l'Église Celtique ressenti que saint Columba avait été "détrôné" par saint Pierre, et que le frère aîné de Pierre ferait un saint patron de plus haut rang.

(1) ndt : en anglais "saltire", un terme du 14ème siècle provenant du vieux français. En héraldique, c'est une forme habituelle d'une croix avec les bras en diagonale, partant du dessus à droite pour rejoindre le dessous à gauche, et du dessus à gauche pour rejoindre le dessous à droite. Typiquement la croix dite de saint André.


Martyre de saint André
Les Très Riches Heures du duc de Berry, Folio 201r
Musée Condé, Chantilly


Fondation de Saint-Andrews
http://en.wikipedia.org/wiki/%C3%93engus_I_of_the_Picts
Le récit de la fondation de Saint-Andrews, appelée Cennrígmonaid à l'origine, n'est pas contemporain et peut contenir beaucoup d'inventions. Les Annales irlandaises rapportent la mort de "Tuathalán, abbé de Cinrigh Móna", en 747, rendant du coup assuré une fondation de Saint-Andrews antérieure à cette date, probablement par Óengus ou par Nechtan fils de Der-Ilei. On présume généralement que le Sarcophage de Saint-Andrews a été réalisé à la demande d'Óengus. Les générations suivantes ont pu avoir confondu ce roi Óengus avec le roi du même nom au 9ème siècle, et en avoir fait une même personne.
Le culte de saint André a pu venir du pays des Pictes jusqu'en Northumberland, de même que le culte de saint Pierre qui avait les faveurs de Nechtan, et en particulier dans le monastère d'Hexham, qui était dédié à saint André. Cette apparente relation avec l'église de Northumberland a dû laisser des traces écrites. Óengus, comme ses successeurs et présumés parents Caustantín et Eógan, est éminemment noté dans le Liber Vitae Ecclesiae Dunelmensis, une liste de quelque 3.000 bienfaiteurs pour qui des prières étaient élevées dans les fondations religieuses liées à Durham.

Sarcophage de Saint-Andrews
http://en.wikipedia.org/wiki/St_Andrews_Sarcophagus

Le sarcophage de Saint-Andrews est un monument picte datant du milieu du 8ème siècle. Le sarcophage a été découvert en 1833, durant les fouilles près de la cathédrale de Saint-Andrews, mais ce n'est qu'en 1922 qu'on a reconstitué tous les éléments. Le sarcophage est actuellement exposé au musée de la cathédrale à Saint-Andrews, près du lieu de sa découverte.

*** XXX ***

Martyre de saint André, enluminure médiévale


Saint André est tué en Dacie (actuelle Roumanie), après y avoir annoncé l'Évangile



2
Antienne à Magnificat
Cum pervenisset * beatus Andréas ad locum, ubi crux parata erat, exclamavit et dixit : O bona crux, diu desiderata, et iam concupiscénti animo praeparata : securus et gaudens vénio ad te, ita et tu exsultans suscipias me discipulum eius, qui pepéndit in te.

Lorsque le bienheureux André * fut parvenu au lieu où la croix avait été préparée, il s'écria : O bonne croix, longtemps désirée, et enfin offerte à mon ardent désir, confiant et joyeux je viens à toi, afin que tu me reçoives avec exultation, moi le disciple de Celui Qui a été suspendu sur toi.


Divine Liturgie

Homélie de saint Grégoire le Grand, pape de Rome
Vous avez entendu, frères très chers, qu'au premier appel de Sa voix Pierre et André, laissant leurs filets, suivirent le Rédempteur. Or, jusque-là, ils ne L'avaient vu faire aucun miracle, ils n'avaient rien appris de Lui sur la valeur de la récompense éternelle; et, cependant, au premier ordre du Seigneur, ils oublièrent ce qu'ils paraissaient posséder. Et nous, quels miracles de lui ne voyons-nous pas, de combien de châtiments ne sommes-nous pas accablés, par quelles terribles menaces ne sommes-nous pas mis en garde? Et cependant nous dédaignons de suivre Celui qui nous appelle!
Il trône déjà au Ciel, Celui qui nous engage à nous convertir; déjà Il a courbé la nuque des Nations sous le joug de la Foi, déjà Il a renversé la gloire du monde, déjà par des ruines plus fréquentes, Il annonce le jour prochain de Son rigoureux Jugement; et cependant, notre esprit orgueilleux ne veut pas encore quitter spontanément ce qu'il perd chaque jour malgré lui. Quoi donc, frères très chers, que répondrons-nous à Son Jugement, nous qui ne sommes pas détournés de l'amour du siècle présent par Ses préceptes, ni corrigés par Ses châtiments ?
Mais peut-être quelqu'un, dans le secret de ses pensées, dira-t-il: "Quelle richesse ont-ils quittée, à la voix du Seigneur, ces 2 pêcheurs qui ne possédaient presque rien?" Mais en cette affaire, frères bien-aimés, nous devons apprécier le sentiment plutôt que la fortune. Il a beaucoup quitté, celui qui a tout abandonné, si peu que ce soit. Quant à nous, certes, ce que nous avons, nous le possédons amoureusement et ce que nous n'avons pas, nous le poursuivons de nos désirs. Pierre et André ont donc beaucoup quitté, quand l'un et l'autre ont renoncé même au désir de posséder.
Amen
+ Grégoire
extrait de l'homélie 5 sur les Évangiles

Super oblata
Sacrificium nostrum tibi Domine quaesumus beati Andrea precatio sancta conciliet, ut cuius honore sollemniter exhibetur, intercessio efficiatur acceptum.

Sur les offrandes/secrète
Que la sainte prière de Ton bienheureux Apôtre André, ô Seigneur, Te fasse agréer notre sacrifice, de sorte qu'étant solennellement offert en son honneur, par son intercession, il Te soit agréable.

Sacramentaire de Ratoldus de Corbie, anno 986, édition du texte critique, pages 373-375, Henry Bradshaw Society http://www.henrybradshawsociety.org
Autres prières en ces 3 pages : Vigile de saint André avec triple bénédiction; Divine Liturgie avec préface, triple bénédiction, post-Communion, Vêpres, et 3 prières complémentaires. A noter que la Préface de la Liturgie comporte une notation musicale (neumes), ce qui est assez exceptionnel pour être mentionné.


martyre de saint André, très laide réalisation d'une Bible hétérodoxe.

Le Schisme romain dans tous ses effets : toute la grâce est perdue, même dans l'art liturgique. Il suffit de comparer "avant / après" pour s'en rendre compte. De véritables appels à l'athéisme.
Liber chronicarum de Schedel
gravures de Michael Wongemut (1434-1519) et Wilhelm Pleydenwurff
Hartmann, 1440-1514, Koberger, Anton imp., vers 1493

Saint André et la Marine belge



"Un pays bordé par la mer n'est jamais petit"
Léopold II, roi des Belges



M901 Georges Lecointe
source photo


Si les anciens navires arboraient tous la Croix – au moins sous la forme du mât du navire, comme dirait le p. Païssios l'Athonite! - peu de gens savent qu'en prime, le pavillon de la marine militaire belge, anciennement appelée "Force Navale" (Zeemacht), c'est la Croix de saint André.
Le tout premier de nos navires à l'avoir hissée et exhibée sur les océans de ce monde était le M901 Georges Lecointe "I", dragueur de mines et escorteur océanique de la classe Algérine (ex M230 Hms Cadmus), qui a servi fièrement notre pays du 31 janvier 1950 jusqu'au 24 avril 1960, quand il fut vendu pour la casse (déjà à l'époque on n'était pas très attachés à nos racines..). Portant cette glorieuse croix, si notre Marine avait un aumônier Orthodoxe y oeuvrant, le 30 novembre mériterait d'être "fête de la Marine."

infos technico-historiques (en néerlandais) sur le De Brouwer en version Algérine, dernier exemplaire belge à être parti à la ferraille:
http://wiki.navy.be/M904_De_Brouwer

source info pavillon :
"album photographique – Force Navale, 1946 – 1956", par Leo Van Ginderen & Christian Delgoffe
dépôt légal D/1997/7735/01
Ce splendide livre-souvenir trilingue reprend les 162 navires et embarcations diverses qui ont servi au sein de notre Force Navale, devenue "Marine belge" en 1996. Il y a près de 200 photographies dont 12 en format A4.
25 euros + frais de port
infos commandes : courriel Christian Delgoffe






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Le 30 novembre est traditionnellement le jour de la fête du frère du saint Apôtre Pierre, le saint Apôtre André "le premier appelé" selon la terminologie byzantine - voir page déjà réalisée l'an dernier :


icône de saint André
église de Skyros
source


Saints Tugdual, Trojan et André, nos pères - notice hagiographique sur saint Trojan, hagiographie en breton sur saint Tugdual (et lien en français) et Icône, texte sur la saint André par le père Thomas Hopko (SVOTS) extrait de son ouvrage "la Pâque d'Hiver"



Patras, vues de l'église Saint-André



Histoire des reliques de saint André volées par le Vatican
Partout où on va regarder dans les documents hétérodoxes, on ne lit pas la mention "volées pendant le sac et le massacre de Constantinople par les Croisés envoyés par le Vatican." Jamais. Ils mentent par omission et disent (je résume): "transférées de Constantinople à Amalfi sous le pape machin, puis ensuite le chef de saint André fut donné par Amalfi au vatican, qui l'incrusta dans une des colonnes de la basilique saint Pierre." Voilà comment les gens d'ici sont maintenus dans l'illusion que le vatican serait une oeuvre de bienfaisance et l'authentique Église du Christ...

Bref aperçu historique par un lecteur anglophone :
http://groups.google.fr/group/alt.religion.christian.east-orthodox/
"Les lecteurs pourraient être intéressés d'apprendre comment les reliques de saint André furent volées à Constantinople au 13ème siècle et emportées à Amalfi, Italie. Au 15ème siècle, certaines d'entre elles furent emmenées à Rome, où ils aboutirent dans un des 4 piliers centraux de la basilique Saint-Pierre au Vatican.
En septembre 1964, à titre de geste de bonne volonté, le pape de Rome Paul VI restitua une petite portion de ces reliques à l'Église Orthodoxe. La cathédrale d'Amalfi, dédiée comme la ville à saint André, contient une tombe dans sa crypte, et affirme qu'elle y conserve le restant des reliques de l'Apôtre.
Dan"


fresque de saint André
île de Naxos, Cyclades



Éloge de saint André, l'Apôtre Premier-Appelé
http://southern-orthodoxy.blogspot.com/2007/11/happy-st-andrews-day.html
Et quelqu'un a-t'il déjà vu un simple pécheur prendre les gens comme du poisson? O qu'elle est grande, la puissance du Christ crucifié! O qu'elle est grande, la beauté de la Divinité! Il n'y a rien dans le monde qui surpasse la grâce apostolique. L'humanité a vu des choses totalement extraordinaires et qui dépassent l'entendement. Elle a vu l'arche de Noé restant à flots durant le Déluge et la destruction du restant de l'humanité. Elle a vu Moïse commandant aux éléments naturels. Elle a vu de l'eau devenir aussi dure que de la roche et le fond de la mer s'entrouvrir. Elle a vu la manne étant envoyée des Cieux en lieu et place de pain. Elle a vu le mouvement du soleil être arrêté par la prière humaine, et le jour s'allonger à la prière de Josué. Elle a vu un chariot flottant dans les airs, et le prophète Élie être emporté par ce dernier.
L'humanité a vu tant de grandes choses et d'événements étonnants. Mais elle n'avait jamais rien vu de tels que les Apôtres. Eux, étant les serviteurs du Verbe, ils ont communié avec Celui Qui, en tant que Dieu, ne saurait être décrit. Ils ont suivit les pas de Celui Qui est partout présent. Ils se sont assis avec Celui que rien ne pourrait contenir. Ils ont entendu la voix de Celui qui a tout créé par Sa Parole. Ils ont voyagé à travers le monde entier. Ils ont détruit les idoles, images de bêtes sauvages, et ils ont chassé les démons, ces bêtes fauves. Ils ont uni l'Église en un seul troupeau, ils ont rassemblé les fidèles comme le froment. Ils ont arraché les hérésies comme de la mauvaise herbe et ont semé la Parole de Dieu comme bonne semence.. O la grande gloire d'André! O la profonde sagesse apostolique! O la plénitude de son amour! Chers frères, glorifions ce merveilleux Apôtre, et aimons Celui qu'il avait découvert, le Christ, le Messie.
Saint Jean Chrysostome

28 novembre 2007

Saint Hilaire et sainte Quiéta de Dijon (+ 450), un couple Orthodoxe modèle pour notre époque

Le 28 novembre, c'est la fête d'un couple exemplaire, un couple tel que si nous devions avoir un épiscopat Orthodoxe responsable dans notre pays, nous les retrouvrierions en Icône dans nos églises, au coeur de nos Liturgies, etc, aux côtés de la famille de sainte Gertrude de Nivelles ou sainte Aldegonde. Car nos familles sont en péril, attaquées de toutes parts, et avoir de saints exemples de vie familiale, nous montrant la voie Orthodoxe par excellence. Si seulement nous avions...



En 450, à Dijon, dormition de saint Hilaire, sénateur, et de sainte Quiéta, son épouse. Saints Grégoire de Tours nous apprend qu'unis par une tendre affection et par le lien plus fort d'une vertu solide, ils furent le modèle des époux Chrétiens, s'entr'aidant avec une patience infatigable, élevant dans la science et la piété leurs nombreux enfants, parmi lesquels brille saint Jean, abbé de Réome, et distribuant leurs revenus aux églises, aux abbayes et aux pauvres.
Hilaire fut enseveli à l'église Saint-Jean, dans un magnifique tombeau en marbre de Paros. Leurs reliques, honorées comme celles des saints, furent transférées avant le 9ème siècle dans la crypte de Saint-Bénigne de Dijon, et mises dans 2 sépultures distinctes.

saint Grégoire de Tours, "Les 7 livres des Miracles", 7ème Livre "De la gloire des Confesseurs"
résumé :
"XLII. Dans la forteresse de Dijon mourut un sénateur, nommé Hilarius, connu pour l’austérité de mœurs qu’il avait toujours imposée à sa maison. Un an après, sa femme étant morte aussi fut déposée dans le même tombeau."


(Saint-Bénigne, Dijon, portail du 11ième siècle)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Cath%C3%A9drale_Saint-B%C3%A9nigne_de_Dijon

http://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Cath%C3%A9drale_Saint-B%C3%A9nigne_de_Dijon


Guerre civile/ Géorgie : Le patriarche appelle au calme

Quand il s'occupe de son pays et exclusivement du bien de son pays et de strictement tous ceux qui y vivent, sans faire de phylétisme, alors un patriarche Orthodoxe sait être très bien, mieux que très bien même... Démonstration :

http://www.nytimes.com/2007/11/16/world/europe/16georgia.html


Par MICHAEL SCHWIRTZ
16 Novembre 2007
TBILISI, Géorgie, 14 Nov. - Quand la brève expérience de démocratie en Géorgie semblait prête à s'arrêter, la semaine dernière, au milieu des jets de grenades lacrymogènes, cailloux et balles en caoutchouc, les dirigeants du pays, leurs opposants et tout le peuple Géorgien se sont tournés vers le patriarche, le Catholicos Ilia II, chef de l'Église Orthodoxe de Géorgie.
Le patriarche s'est adressé à la nation à la télévision, appelant à mettre un terme à la violence et ouvrant les églises comme refuges. Et quand la violence s'est calmée, il a proposé ses bons offices comme médiateur entre gouvernement et opposition. "S'il y a bien quelqu'un dans ce pays qui peut être un garant de la sécurité, c'est le patriarche," dit Tina Khidasheli, du Parti Républicain, dans l'opposition, s'exprimant au cours d'une entrevue quelque jours après que le gouvernement ait imposé l'état d'urgence, fermant les media indépendants et suspendant les droits politiques. "Nul autre que lui n'a encore d'autorité."
Chef d'une tradition religieuse vieille de près de 2.000 ans, le patriarche a été une force unificatrice au cours des 30 années de troubles politiques, de pauvreté et de guerre, quand bien même les révolutions se succédant, pacifiquement ou pas, avaient renversé les dirigeants politiques de la nation.
Bien qu'occasionnellement critiqué pour son intolérance à la diversité religieuse, le patriarche, âgé de 74 ans, jouit d'une énorme popularité dans ce pays de 4,6 millions d'habitants, quasiment tous Orthodoxes, pays où les problèmes sociaux et la corruption endémique ont ruiné tout le soutien public dont bénéficiait le président Mikheil Saakashvili lorsqu'il est parvenu au pouvoir en 2003.
La semaine dernière, alors que la police et les manifestants s'affrontaient, et que les membres du gouvernement et de l'opposition se couvraient d'insultes, le patriarche entra dans l'arène politique, et mercredi dernier, paru à la télévision, appelant au calme, tout en adressant des reproches à toutes les parties en conflit, tel un père qui réprimande des enfants indisciplinés.
"Notre peuple n'est pas habitué à être traité d'une manière aussi honteuse," disait le patriarche dans une entrevue, mardi, dans sa grande résidence, en la capitale de la Géorgie.
"Je suis venu à la télévision pour dire que ces méthodes ne peuvent être utilisées pour résoudre les problèmes," dit-il. "Grâce à Dieu, on s'avance à présent vers le dialogue."
Pendant que le patriarche parlait, les églises de Tbilisi furent ouvertes pour les gens cherchant à se réfugier loin des gaz lacrymogènes et des matraques de la police. Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées dans la crypte de la cathédrale Sameba, un édifice élancé, aux dômes dorés, qui surplombe cette ancienne ville, et les gens ont participé à une vigile de toute la nuit avec les prêtres.
Le patriarche avait fait de même en avril 1989, exhortant les manifestants anti-gouvernementaux, hélas en vain, à venir se réfugier dans les églises alors que les troupes soviétiques s'avançaient dans le centre de Tbilisi. Au moins 20 manifestants moururent et des milliers furent blessés lorsque les soldats attaquèrent.
Cette fois, la police, dont certains avaient tabassés des civils sans armes, s'est arrêtée à l'ombre de la cathédrale.
"Aucun pays civilisé dans le monde enverrait la police dans une église, dit Shota Utiashvili, directeur du Département d'Analyse du Ministère de l'Intérieur, tout en justifiant cependant les sévères représailles policières comme nécessaires pour rétablir l'ordre.
La violence s'étant arrêtée, le patriarche a présidé à la première rencontre des représentants du gouvernement et de l'opposition, appelant à la réconciliation et offrant sa bénédiction pour la poursuite des négociations. Il a aussi rencontré des diplomates étrangers.
A l'heure actuelle, les rues de Tbilisi sont calmes. [Le parlement de Géorgie a officiellement approuvé aujourd’hui une mesure pour lever l'état d'urgence le vendredi à 19h. Les dirigeants de l'opposition ont dit dans des entrevues qu'ils ne comptaient pas organiser de manifestations contre le gouvernement dans les jours à venir, disant qu'ils avaient besoin de temps pour se regrouper.]
Les 2 camps ont promis de livrer leur prochaine bataille lors des élections, le 5 janvier.
"Je pense que la direction que la Géorgie a pris est celle de la démocratie," dit le patriarche. "Ca n'a pas changé et ça continuera."

*-*-*-*-*-*-*-*-*

Bref sur le patriarche Ilia II de Géorgie

Irakli Gudushauri Shiolashvili est né le 4 janvier 1933 à Vladicaucase, en Osséthie du Nord. Il a été ordonné catholicos-patriarche de Géorgie en 1977, le 23 décembre. Depuis lors, il est patriarche de Géorgie, sous le nom de Élie II de Tbilissi, ou Ilia II. C'est sous sa sage guidance que l'Église Orthodoxe de Géorgie s'est retirée du "conseil oecuménique des églises," ce "machin" où la théologie et la politique protestante règnent en maîtres absolu et où on vote ce qui concerne Dieu à la majorité des présences... Le peuple de Géorgie le vénère d'ores et déjà comme un saint vivant.


que sainte Tamara le bénisse et le protège



27 novembre 2007

Jérusalem: les Chrétiens voudraient que les Juifs cessent de leur cracher dessus

http://www.haaretz.com/hasen/


Par Amiram Barkat
dimanche 18 novembre 2007 / 8 Kislev 5768


Il y a quelques semaines, un haut clerc Grec-Orthodoxe en Israël participait à une rencontre dans les bureaux du gouvernement, dans le quartier Givat Shaul à Jérusalem. En retournant à sa voiture, un vieillard portant une kippa s'en est approché, a frappé à la fenêtre. Le clerc a ouvert sa fenêtre, et le passant lui a craché au visage.
Le clerc a préféré ne pas porter plainte à la police et expliqué à une connaissance qu'il était habitué à se faire cracher dessus par des Juifs. Nombre de clercs à Jérusalem ont été victimes de telles abus. Pour la plupart d'entre eux, ils font semblant de rien mais parfois ils ne le peuvent.
Dimanche, une altercation a éclaté lorsqu'un étudiant d'une Yeshiva a craché sur la croix portée par un archevêque Arménien durant une procession près du Saint Sépulcre dans la Vieille Ville. La croix de l'archevêque, datée du 17ème siècle, a été cassée au cours de la bagarre qui s'en est suivi, et il a giflé l'étudiant de la Yeshiva.
Tous deux ont été interrogés par la police, et l'étudiant de la Yeshiva sera jugé. Entre-temps, la Court du District de Jérusalem a interdit à l'étudiant d'approcher de la Vieille Ville pendant 75 jours.
Mais les Arméniens sont loin d'être satisfaits par l'action de la police, et disent que cela fait des années que des faits pareils se produisent. L'archevêque Nourhan Manougian dit qu'il espère que le ministre de l'Éducation s'exprimera sur le sujet. "Quand il y a une attaque contre des Juifs n'importe où dans le monde, le gouvernement Israélien est révolté, alors pourquoi lorsque notre religion et notre fierté sont attaqués, ils ne prendraient pas des mesures plus strictes?" demande-t'il.
D'après Daniel Rossing, ancien conseiller au ministère des Affaires Religieuses pour les questions Chrétiennes, et directeur d'un centre pour le dialogue entre Juifs et Chrétien situé à Jérusalem, il y a eu une récente augmentation du nombre d'incidents de la sorte, "et cela fait partie de l'atmosphère générale de manque de tolérance dans le pays."
Rossing dit qu'il y a quelques facteurs communs d'un point de vue de moment et lieu des incidents. Il fait remarquer qu'il y a plus d'incidents dans les quartiers où Juifs et Chrétiens sont mélangés, tels que les quartiers Juifs et Arméniens dans la Vieille Ville et près de la Porte de Jaffa.
Il y a aussi augmentation au cours de certaines périodes de l'année, telle que la fête de Purim. "Je connais des Chrétiens qui s'enferment à la maison durant toute la fête de Purim," dit-il.
Ancien conseiller du maire pour les questions Chrétiennes, Shmuel Evyatar décrit la situation comme une "grande disgrâce." Il dit que la plupart des instigateurs sont des étudiants de Yeshiva, qui étudient dans la Vieille Ville, et qui considèrent avec mépris la religion chrétienne. "Je suis certain que le phénomène s'arrêterait aussitôt que les rabbins et des maîtres bien connus le dénoncerait. En pratique, les rabbins des Yeshivas l'ignorent, voire même l'encourage," dit-il.
Evyatar dit qu'il s'est fait lui aussi cracher dessus pendant qu'il marchait avec un évêque Serbe dans le quartier Juif, près de sa maison. "Un groupe d'étudiants de Yeshiva nous a craché dessus, et leur maître se tenait là et observait."
Les autorités municipales de Jérusalem sont au courant du problème mais il doit être traité par la police. Shmuel Ben-Ruby, porte-parole de la police, dit qu'ils n'ont eu que 2 plaintes de Chrétiens au cours des 2 années écoulées. Il dit que dans les 2 cas, les coupables ont été arrêtés et punis.
Il dit que la police déploie un nombre extrêmement élevé de patrouilles et de technologies de pointe dans la Vieille Ville et ses environs afin de faire régner l'ordre.


Porte de Jaffa à Jérusalem




étudiants d'une Yeshiva

26 novembre 2007

In Memoriam s.e. l'archevêque Pierre L'Huillier (OCA)


Article posté: 19/11/2007 3:24 PM

SYOSSET, NY [OCA Communications] – Le lundi 19 novembre 2007, son éminence l'archevêque Pierre, hiérarque retiré du diocèse de New York & New Jersey, s'est endormi dans le Seigneur.

L'archevêque Pierre était né Paul L'Huillier le 3 décembre 1926 à Paris, France. Dans sa jeunesse, il s'intéressa à la théologie Chrétienne orientale. En 1945, alors qu'il étudiait à l'institut Saint-Denis à Paris, il embrassa la Foi Orthodoxe. En plus de ses études à Saint-Denis, l'archevêque Pierre obtint son diplôme de l'université de Paris et en 1962, sa licence en théologie à l'Académie Théologique de Moscou. C'est de cette même institution qu'il obtint le prestigieux doctorat en Droit Canon en 1985. Sa thèse doctorale, "The Church of the Ancient Councils -- The Disciplinary Work of the First Four Ecumenical Councils", a été publiée en 1996 par St. Vladimir's Seminary Press.

L'archevêque Pierre a commencé sa vie ecclésiastique le 30 août 1954, lorsqu'il fut tonsuré moine. Les 4 et 5 septembre 1954, il fut ordonné hiérodiacre puis hiéromoine. En tant que hiéromoine, son éminence servit comme prêtre de paroisse dans 2 églises Orthodoxes à Paris, celle des Trois Hiérarques et celle de Notre-Dame Joie des Affligés. En 1960, il fut élevé au rang d'archimandrite. Le 12 septembre 1968, en la fête de saint Alexandre Nevsky [ancien calendrier], il fut consacré évêque de Chersonèse au monastère Saint-Alexandre Nevsky à Saint-Petersbourg (appelée alors Leningrad).

En 1979, l'archevêque Pierre a été invité par sa béatitude le métropolite Theodosius pour rejoindre l'Église Orthodoxe d'Amérique, pour être évêque de Brooklyn. En 1981, il fut installé comme évêque de New York & New Jersey. En 1989, le Saint-Synode de l'Église Orthodoxe d'Amérique lui accorda le titre d'archevêque.

L'archevêque Pierre était très fortement impliqué dans le monde académique. Il a donné des conférences à l'institut Saint-Denis, Paris, France, de 1949 à 1950. De 1952 à 1962, il a enseigné au séminaire des Trois Hiérarques à Villemoisson, France. Il a été professeur à l'université catholique de Paris de 1966 à 1978. En 1979, il est devenu professeur adjoint en Droit Canon au séminaire Saint-Vladimir, Crestwood, New York. En tant que spécialiste du Droit Canon Orthodoxe, l'archevêque Pierre occupait une position éminente. Il était souvent sollicité comme expert dans ce domaine par d'autres juridictions Orthodoxes, et représenta l'Église Orthodoxe dans divers conférences, rencontres, et dialogues oecuméniques.

En plus de son ministère archipastoral et de son travail académique, pendant de longues années, l'archevêque Pierre a été le président du département des relations extérieures de l'Église Orthodoxe d'Amérique. Devoir traiter avec la communauté Orthodoxe internationale l'a souvent amené à rencontrer d'autres hiérarques d'importance et dirigeants d'Églises, et il en connaissait beaucoup personnellement. Le rôle joué par l'archevêque Pierre dans cette fonction a grandement servi à forger de fortes relations entre l'Église Orthodoxe d'Amérique et les autres Églises Orthodoxes. Son éminence était aussi conseiller canonique pour la Conférence Permanente des évêques Orthodoxes en Amérique (SCOBA), et était un promoteur actif de l'unité des Orthodoxes en Amérique du Nord.

Depuis le printemps 2004, son éminence était en congé de ses charges archipastorales. En mars 2005, les membres du Saint-Synode de l'OCA ont accepté la demande de retraite de l'archevêque Pierre, retraite qui devint effective le 30 avril 2005.

La célébration des funérailles de son éminence l'archevêque Pierre aura lieu à la cathédrale Holy Virgin Protection, 59 East 2nd Street, New York, NY. Lundi 26 novembre, il sera veillé de 15h à 22h, et une Panichide sera célébrée à 19h. Le mardi 27 novembre, son éminence sera veillée de 15h à 22h, et la célébration des funérailles pour un hiérarque aura lieu à 19h. Le mercredi 28 novembre, une Divine Liturgie pontificale sera célébrée à 9h, célébrée par sa béatitude le métropolite Herman et les membres du Saint-Synode de l'OCA, avec les prières finales suivant la Liturgie. Après un repas de commémoration, l'archevêque Pierre sera enterré au monastère Saint-Tikhon à South Canaan, PA.

Mémoire éternelle pour l'archevêque Pierre!

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Voici une liste de certains de ses intéressants articles en anglais – 3 ou 4 ont été traduits en français et publiés sur l'ex-site amdg.be, ou dans la revue théologique "La Voile." A l'occasion, je corrigerai et republierai ceux qui étaient en ligne sur amdg.be

Concerning the Date of Pascha and the First Ecumenical Council from The Church of the Ancient Councils: The Disciplinary Work of the First Four Ecumenical Councils (St. Vladimir's Seminary Press, 1996).
http://www.jacwell.org/Archbishop%20Peter/The_Date_of_Pascha_and_the_Council_of_Nicea.htm

Some Remarks About Biblical and Liturgical Translations - Fall 1996
http://www.jacwell.org/articles/1996-FALL-AbpPeter.html

The Date of Pascha (Reprinted from: The Orthodox Church Newspaper, April-May, 1994)
http://oca.org/OCA/TOC/Articles/1996-AprMay-AbpPeter.html

Liturgical Matters: "The Lukan Jump" - Fall, 1992
http://www.jacwell.org/Archbishop%20Peter/1992_FALL_liturgical_matters_the_lukan_jump.htm

Religion, Society, and State
http://www.jacwell.org/articles/1999-WINTER-AbpPeter.html

Reflecting on the Future of Orthodoxy in America
http://www.jacwell.org/Archbishop%20Peter/1997_WINTER_reflecting_on_the_future_of_orth.htm

Are We Living in Diaspora?
http://www.jacwell.org/Fall_2003/are_we_living_in_diaspora.htm

Reflections on the Canonization of St. Raphael
http://www.jacwell.org/Summer_2000/reflections_on_st-raphael.htm

30 ans d'épiscopat dans l'Église Orthodoxe d'Amérique (OCA):


J'ai eu moi aussi la chance de quelques brefs mais chaleureux échanges épistolaires avec mgr Pierre. Voici le témoignage du "Lecteur Claude" sur sa rencontre avec mgr Pierre, j'y retrouve bien le personnage ouvert et intelligent, le brillant évêque canoniste :
http://forum-orthodoxe.com/~forum/viewtopic.php?t=2242
C'est d'un autre niveau que les éloges funèbres qu'on peut lire sur les sites "Orthodoxes" modernistes, car c'est ce milieu-là, si éloigné de la Foi des Pères, qui a littéralement chassé l'archevêque vers les USA... Même sa mémoire, ils ne l'auront pas respectée.. comme d'hab'..

25 novembre 2007

Impermanence des choses de ce monde (Trinité 25 R.O.O Eorhf)

martyre & élévation de sainte Catherine d'Alexandrie
Psautier de Saint-Bertin, anno 1200

Matines
Psaume 144 Exaltabo te, Deus
Psaume 145 Lauda, anima mea

Ecclésiaste chap 11-12
Jette ton pain sur la surface des eaux; longtemps après tu le retrouveras. Fais (de ton bien) sept et même huit parts, car tu ignores quelle calamité peut arriver sur la terre. Quand les nuages sont gonflés de pluie ils se déversent sur la terre. Quand tombe un arbre, au midi ou au nord, là où il est tombé, il reste. Qui observe le vent ne sème pas; qui examine les nuages ne moissonne pas. De même que tu ignores comment le souffle de vie pénètre dans les os, dans le sein d'une femme enceinte, ainsi ignores-tu l'oeuvre de Dieu qui fait toutes choses. Sème ta semence dès le matin, et ne laisse pas tes mains oisives jusqu'au soir. Car tu ignores ce qui réussira, ceci ou cela, ou si tous les deux ne sont pas également profitables. Douce est la lumière et c'est un agrément pour les yeux que de voir le soleil. Si nombreuses que soient les années de sa vie, que durant ces années l'homme se réjouisse, mais qu'il songe aux jours obscurs, qui seront nombreux. Tout ce qui arrive est vanité. Jeune homme, réjouis-toi dans ton adolescence, et pendant que tu es encore jeune, livre ton coeur à la joie. Marche dans les voies de ton coeur et selon les regards de tes yeux, mais sache que de tout cela Dieu te fera rendre compte. Bannis le chagrin de ton coeur, épargne la souffrance à ton corps, car la jeunesse et l'âge des cheveux noirs sont vanité. Mais souviens-toi de ton créateur aux jours de ta jeunesse, avant que viennent les jours mauvais et que paraissent les années dont tu diras: "Je n'y ai point de plaisir"; avant que s'obscurcissent le soleil, la lumière, la lune et les étoiles, et que les nuages s'en aillent avec la pluie; années où tremblent les gardiens de la maison, où se courbent les vaillants, où s'arrêtent de moudre les meunières moins nombreuses, où s'enténèbrent celles qui regardent par les fenêtres, où se ferment sur la rue les deux battants de la porte; où s'affaiblit le bruit du moulin; où se tait le chant de l'oiseau, où s'éteignent les chansons; où l'on redoute les montées, où l'on a des transes en chemin, où l'amandier blanchit, où la sauterelle devient pesante, où la câpre est sans effet, car l'homme s'achemine vers sa demeure d'éternité et les pleureurs parcourent les rues; avant que se rompe le cordon d'argent, que se brise la lampe d'or, que se casse la cruche à la fontaine et que se fende la poulie sur la citerne; avant que la poussière retourne à la terre pour redevenir ce qu'elle était, et que le souffle de vie retourne à Dieu qui l'a donné. Vanité des vanités! Dit l'Ecclésiaste, tout est vanité. Outre que l'Ecclésiaste fut un sage, il a encore enseigné la science au peuple. Il a pesé, il a scruté; il a ajusté de nombreuses maximes. L'Ecclésiaste s'est appliqué à trouver des sentences agréables et à rédiger avec exactitude des adages véridiques. Les propos des sages sont semblables à des aiguillons, les sentences, réunies en collection, sont pareilles à des clous plantés, inspirées par un seul pasteur. Au reste, mon fils, quant à plus de paroles que celles-ci, sache qu'on peut multiplier les livres à n'en plus finir, et que trop d'étude devient une fatigue pour le corps. En conclusion: tout bien entendu, crains Dieu et observe ses préceptes, c'est le devoir de tout homme. Dieu fera rendre compte de tout ce qui est caché, tout acte, qu'il soit bon ou mauvais.

Épître aux Hébreux 11,1-16
La foi est le fondement de l'espérance, c'est une certitude au sujet de ce qu'on ne voit pas. C'est elle qui fait la gloire de nos aïeux. C'est la foi qui nous fait reconnaître que le monde a été formé par la parole de Dieu, le visible tirant ainsi son origine de l'invisible. C'est à cause de sa foi qu'Abel offrit à Dieu un sacrifice bien supérieur à celui de Caïn, et mérita d'être appelé juste , puisque Dieu accepta ses offrandes. C'est grâce à elle que, malgré sa mort, il parle encore. C'est à cause de sa foi qu'Énoch a été enlevé sans avoir connu la mort: on ne le trouva plus parce que Dieu l'avait enlevé (Gen. 5,24); mais l'Écriture dit qu'avant cet enlèvement il avait été agréable à Dieu (Gen. 5,24). Or, sans la foi il est impossible de plaire à Dieu, car pour s'approcher de lui, il faut d'abord croire qu'il existe et qu'il récompense ceux qui le cherchent. C'est dans sa foi en la parole de Dieu qui l'avertissait d'une chose imprévisible que Noé, rempli d'une sainte frayeur, construisit l'arche pour sauver sa famille. C'est par elle qu'il condamna le monde et devint l'héritier de la justice qu'elle procure. C'est par la foi qu'obéissant à l'appel divin, Abraham s'en alla vers la contrée qu'il devait recevoir en héritage; il partit sans savoir où il allait. C'est par la foi qu'il habita la terre promise comme une terre étrangère, y vivant sous la tente avec Isaac et Jacob, cohéritiers de la même promesse, parce qu'il attendait la cité aux fondements (éternels) dont Dieu est l'architecte et le maçon. C'est à cause de sa foi aussi que Sara reçut en dépit de son âge avancé, la vertu de concevoir, car elle crut à la fidélité de Celui qui promettait. Ainsi d'un seul homme quasi mort naquit une postérité comparable aux étoiles du firmament et aux innombrables grains de sable sur le bord de la mer. C'est dans la foi que tous (nos pères) sont morts, sans atteindre, il est vrai, ce qui leur avait été promis. Mais de loin ils l'apercevaient et le saluaient, avouant n'être sur cette terre que des étrangers et des voyageurs (Gen. 23,4). Ce disant, ils montraient bien qu'ils cherchaient une patrie. Et s'ils avaient voulu dire par là celle qu'ils venaient de quitter, ils auraient bien eu le temps d'y retourner. Non, ils soupiraient après une meilleure patrie, celle des cieux. C'est pourquoi Dieu ne dédaigne pas de se faire appeler leur Dieu ; et de fait, il leur a préparé une cité.

COLLECTE POUR DIMANCHE TRINITÉ 25
Seigneur, nous Te supplions de ranimer les volontés de Tes fidèles, afin que, portant en grand nombre les fruits des bonnes oeuvres, ils puissent être abondamment récompensés par Toi. Par Jésus-Christ, Ton Fils, notre Seigneur, Qui vit et règne avec Toi et le Saint-Esprit, Dieu Un, pour les siècles des siècles

Divine Liturgie (Sarum)
Épître : Jérémie 23,5-8
Voici que viennent les jours - oracle du Seigneur - où je ferai lever de David (un germe) juste qui sera roi et régnera avec sagesse et qui, dans le pays, exercera le droit et l'équité. Sous son règne, Juda sera sauvé, Israël vivra en sécurité. Et voici le nom dont on l'appellera: Dieu-notre-justice! C'est pourquoi viennent des jours - oracle du Seigneur - où l'on ne dira plus: "Vive Dieu qui a fait sortir d'Égypte les Israélites", mais: "Vive Dieu qui a fait revenir les Israélites du Nord et de tous les pays où il les avait exilés, pour les ramener dans leur patrie."

Évangile : saint Jean 6,5-14
Levant alors les yeux et voyant une grande foule venir à Lui, Jésus dit à Philippe: "Où achèterons-nous du pain pour que tous ces gens aient à manger?" Il disait cela pour l'éprouver, car Il savait bien ce qu'Il allait faire. Philippe lui répondit: "200 deniers de pain ne suffiraient pas à donner un morceau à chacun." Un de Ses disciples, André, frère de Simon-Pierre, Lui dit: "Il y a ici un petit garçon qui a 5 pains d'orge et 2 poissons... mais qu'est-ce que cela pour tant de monde?" Jésus dit: "Faites-les asseoir." Il y avait beaucoup d'herbe à cet endroit. Ils s'assirent au nombre d'environ 5.000 hommes. Jésus prit les pains, rendit grâce, et les fit distribuer aux convives; de même pour les poissons. Il leur en donna tant qu'ils en voulurent. Lorsqu'ils furent rassasiés, Il dit à Ses disciples: "Ramassez les morceaux qui restent, afin que rien ne se perde." Ils les ramassèrent; et des morceaux qui étaient restés du repas des 5 pains d'orge, ils remplirent 12 corbeilles. À la vue de ce miracle que Jésus avait fait, les gens disaient: "C'est vraiment le prophète qui doit venir dans le monde."


HOMÉLIE DU DIMANCHE TRINITÉ 25
(précédant l'Avent version "ancien calendrier" en 2007)

Homélie 2007
La première lecture des Matines provient du Livre de l'Ecclésiaste, et comporte le texte bien connu et souvent utilisé à mauvais escient en Eccl. 12,8 : "Vanité des vanités! dit l'Ecclésiaste, tout est vanité."
Dans nos langues modernes, le mot vanité signifie habituellement une fierté excessive de soi-même, de son intelligence, de sa compétence, de sa richesse ou de son apparence; de la suffisance qui comporte habituellement de l'arrogance.
Dans l'hébreu original, le terme utilisé est "hebel", avec plusieurs variantes, que la Septante a traduit par "mataiothv mataiothtwn", que l'on traduira au mieux par "vide de toute vérité, totalement inopportun."
Lorsque saint Jérôme traduisit le texte, il fit le choix du mot latin "vanitas", et les traducteurs ultérieurs ont utilisé le dérivatif le plus proche, vanité. Cependant, l'ancien mot hébreu "hebel" signifie vapeur, brouillard, embruns, souffle – en d'autres termes, quelque chose qui est transitoire, éphémère, impermanent.
Et ainsi donc, dans notre texte de ce jour, le prédicateur dit que tout ce qui est dans ce monde physique et qui passe pour être un plaisir ou une jouie pour l'humain est en réalité transitoire, éphémère et impermanent. L'auteur du livre de l'Ecclésiaste n'essaie pas de prétendre que toute expérience et vie humaine semble sans espoir, au contraire, il nous dit que bien que nous puissions choisir de nous attacher aux voies éphémères de ce monde impermanent, nous ferions mieux de choisir de suivre les choses éternelles, permanentes, celles de Dieu.
Les réjouissances éphémères de ce monde-ci ne mènent qu'au trouble, à la confusion, à la déception et on finit par ne plus croire en rien, alors que c'est le contraire en suivant le Chemin que le Christ a placé devant nous: celui de l'amour pour Dieu et pour notre prochain, qui mène à Son Salut, ce qui est durable.
Cette semaine qui s'ouvre, nous entamons la grande saison de l'Avent, pendant laquelle nous examinons nos propres vies comme préparation pour la célébration de la venue en ce monde de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ. Ce faisant, nous cherchons à nous préparer pour la Seconde Venue du Christ – le Retour en gloire – afin de nous assurer que nous serons trouvés prêts lorsque le Maître reviendra – instant où tout ce qui est éphémère passera, et uniquement ce qui est permanent et réel subsistera. C'est à nous de choisir si nous construirons nos vies sur une fondation permanente ou impermanente, parce que ça déterminera notre état de préparation par rapport au Maître.

p. Michaël, higoumène (abbé), Saint-Petroc monastery, EORHF/Rocor
http://www.orthodoxresurgence.com/petroc/index.htm
http://www.orthodoxresurgence.com

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Saint Télo (Thélo)

Saint Thélo
statue en bois polychrome, 13ème siècle
abbaye de Daoulas (Finistère)

Noble Gallois, cousin de Saint David de Galles (saint Dewi). Il remplacera 7 ans durant saint Samson comme évêque de Dol. Ensuite il retourna au Pays de Galles, et suite à la mort de saint David, il deviendra évêque, transférant le siège épiscopal de Menevia à Llandaff. Puis reviendra en Bretagne, à Landeleau (Finistère). Parmi les reliques, cette église-là conserve une auge de pierre qui aurait été son lit. Il repartit à nouveau pour le Pays de Galles et y mourut en entre 560 et 604, selon les auteurs.
Fête le 25 novembre en Bretagne, et 9 février au Pays de Galles et en certains lieux de Bretagne.


Saint Teilo
dessin d'un vitrail du 15ème siècle
Plogonnec, Finistère.

http://www.bretagne.com/fr/prenoms_bretons/t/telo_tella
d'après cette page, on apprend entre autres :
Déclinaisons du prénom breton : Tilio - Tlio - Téliau - Théliau
Origine du prénom : Les prénoms "Tilio - Tlio - Téliau - Théliau" proviennent de Teilo, nom de l'évêque de Llandaff au 6ème siècle, métropole de Cambrie....
Teilo est un dérivé hypocoristique de Eliud (to-eliud) qui signifie "oint de Dieu". Son orthographe armoricaine a connu beaucoup de variations : on écrira en breton Telo et en français Thélo, Théleau, Téliau, Théliau. Les Gallois conserveront quant à eux l'orthographe unique de Teilo.
Il est le saint Patron de Landeleau, de Leuhan (29), de Saint-Thélo (22) et de Montertelot (56), des villes galloises de Llandaff, Llandeilo, Penalun...
Il est fêté le 9 février dans ces paroisses et patronne chaque année, à la Pentecôte, la célèbre troménie de Landeleau, où ses reliques sont portées en procession tout autour de la paroisse.

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Byzantins : 26e dimanche après la Pentecôte



Épître : Ephésiens 5,9-19

Évangile : saint Luc 12,16-21

Catéchèse : ce jour associe la Résurrection, l’Avent, la fête de la Vierge et celle de sainte Catherine ! 1. La puissance de Dieu ("ce qui est impossible pour les humains relève de Dieu") se manifeste par la fécondité accordée au couple désespérément stérile de Joachim et Anne, qui annonce le miracle de l’incarnation virginale, et par la Résurrection. Combien de fois ne sommes-nous pas confrontés à notre impuissance ? Cette parole est alors pour nous!
2. La vraie question : "que puis-je faire pour être sauvé?" N’est-ce pas le moment, en ce temps de l’Avent, de poser cette question, non à nous-mêmes, mais au Christ ? Cette question du salut et de la vie éternelle, n’est-elle pas plus sérieuse que les préoccupations concernant l’argent et le confort, et toutes les richesses dont notre époque fait, surtout en cette période de l’année, commerce?
3. Sainte Catherine symbolise la victoire de la sagesse évangélique sur les doctrines du monde. Elle réfutait celles-ci, non seulement par le brio de ses démonstrations, mais surtout par la pureté et la sainteté d’une vie guidée par la volonté divine du Seigneur qui dit : "Suis-moi!" Elle représente la conscience libre de celui confesse la vraie foi.
prêtre Marc-Antoine Costa de Beauregard

Sainte Catherine d'Alexandrie :
http://stmaterne.blogspot.com/2007/11/santez-katell-aleksandria-sainte.html


sainte Catherine d'Alexandrie, prie Dieu pour nous!