"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

08 décembre 2007

Metr. Seraphim de Piraeus: papisme & oecuménisme (Orthodoxos Typos 09/11/2007)









Le métropolite Seraphim de Piraeus répond à l'évêque papiste de l'île de Syros:

VOUS N'ÊTES PAS UNE ÉGLISE – VOUS ÊTES UNE HÉRÉSIE.
LE PAPISME EST RESPONSABLE DU MEURTRE DE PEUPLES ET DE DIEU.

Traduit du quotidien grec "ORTHODOXOS TYPOS" (Presse Orthodoxe), édition du 9 novembre 2007.
http://www.orthodoxostypos.gr/
Dans une lettre adressée au quotidien "Orthodoxos Typos", l'évêque papiste de l'île de Syros a exprimé de "très amères" critiques contre le métropolite de Pireaus, qui avait déclaré que le papisme était "le fondement de l'athéisme." L'évêque papiste a aussi décrit le quotidien comme "acharné" quant à ses positions contre les papistes.
Seraphim de Pireaus a défendu la Foi Orthodoxe; il a déclaré que l'Église est Une: celle de la Foi Orthodoxe. Il a mis l'accent sur le fait que l'évêque papiste était dans l'erreur. Il a souligné le fait que le papisme est une hérésie. Il lui a rappelé les crimes papistes contre 800.000 Orthodoxes en Croatie. Il a posé diverses questions à l'évêque papiste, et dans sa position, il a défendu le quotidien "Orthodoxos Typos" parce qu'il s'oppose aux hérésies chrétiennes.

Vers la fin de juin 2007, dans un de ses articles, Orthodoxos Typos avait loué la présence de même que le travail accomplit par le révérend métropolite de Pireaus, mgr Seraphim. Cependant, à la suggestion de ses lecteurs, il avait été invité à clarifier sa position sur la question du papisme, parce que les fidèles ne l'avaient pas entendu s'exprimer sur le problème. Sa béatitude le métropolite a répondu, par une déclaration écrite, que notre quotidien avait publiée en tant qu'article central pour son numéro du 6 juillet 2007.
Dans cette déclaration, le métropolite insistait que l'Église Orthodoxe devrait cesser ses dialogues théologiques avec les papistes et les autres hérétiques; il s'exprimait contre l'oecuménisme et il proclama que le papisme – en tant qu'hérésie – avait posé les fondements pour l'athéisme.
Ces déclarations faites par le métropolite dans le quotidien avaient été publiées alors que l'archevêque Christodoulos était hospitalisé à l'hôpital Aretaeion, et son entourage avait exprimé sa gène face aux positions du métropolite de Pireaus. Cependant, les papistes étaient autant ennuyés. Parce que le métropolite ne les avait pas qualifiés de "schismatiques", comme nombre de hiérarques trouvent approprié de le faire, mais il faisait plutôt référence à eux comme "hérétiques."
Cette gène se manifesta aussi par la lettre que l'évêque papiste de Syros, m. Franciscos Papamanolis, avait adressée au métropolite de Pireaus. Dans sa lettre, il "admonestait" le métropolite Orthodoxe pour les positions qu'il avait exprimées dans le quotidien Orthodoxos Typos, décrivant le quotidien comme "acharné" comparé à ceux des autres confessions chrétiennes et de l'oecuménisme, mais aussi sa "tendance protestataire" envers les décisions du Saint-Synode et les hiérarques.
L'évêque papiste "accusa" le métropolite de Pireaus de diviser la hiérarchie de l'Église de Grèce, parce qu'il avait exprimé des vues qui différaient des leurs en matière de papisme et d'oecuménisme; de plus, qu'il était aussi en opposition directe avec les positions de l'archevêque (Christodoulos), que ce dernier avait exprimées alors qu'il était à l'hôpital.
Dans cette même lettre – et en véritable enfant du Vatican – il "dévoile" la diplomatie "d'amour" projetée pour l'unification, et il prône tout ce qui est observé ecclésiastiquement et théologiquement sur l'île de Tinos. Il affirme aussi que tout ce que le métropolite de Pireaus affirme provient de préjugés multi-séculaires, de vues erronées concernant les enseignements des papistes, et d'un manque de bonne connaissance les concernant.

La réponse du métropolite est "dynamique", elle est documentée et profondément patristique. Cela indique que le métropolite de Pireaus ne sacrifiera pas la Vérité de la Foi Orthodoxe pour le bien de la "diplomatie de l'amour", restant donc fidèle à l'héritage de nos saints et de nos pères théophores. Dans sa réponse, le métropolite de Pireaus :

* Défend le quotidien Orthodoxos Typos pour les positions qu'il tient contre le papisme et l'oecuménisme, en soulignant que l'évêque papiste est gravement injuste envers notre quotidien; et aussi parce qu'Orthodoxos Typos maintient tout ce sur quoi l'Église Orthodoxe a dogmatisé.

* proclame que le papisme est une hérésie – et non pas une Église – et que l'évêque papiste est dans l'erreur.

* fait remarquer que l'amour sans la vérité est vide de son essence et rendu insensé.

* pose une série de questions, montrant pourquoi le papisme est devenu une hérésie.

* lui rappelle les hécatombes commises, tous les meurtres commis par "votre hérésie", tant durant la période de la "sainte Inquisition", les Croisades et les guerres, mais aussi en Croatie, où le Vatican a été entièrement responsable pour le bain de sang où ont péri 800.000 Serbes Orthodoxes.

* lui rappelle aussi les autres actes criminels du papisme, qui a tué jusqu'à Dieu.

* cite par l'exemple quelques cacodoxies papistes.

* démontre que le papisme altère l'ethos personnel, qu'il déforme le Nouveau Testament et perverti le Salut, que "le Fils sacrifié et Logos du Père avait apporté, avec ses dogmes non-théologiques."

* souligne les "perversions" du papisme, qui en ont fait une hérésie.

* appelle l'évêque papiste lui-même ainsi que sa prétendue "église" à revenir au sein de "l'Unique Corps du Christ, Uni, et il y trouvera miséricorde et pardon."

Lettre de l'évêque papiste
Ci-après l'échange de correspondance entre l'évêque papiste et le métropolite de Pireaus. Voici tout d'abord la lettre du papiste:






Evéché Catholique de Syros
Protocole No.17007
Ano Syros, 25 Juillet 2007.

Au révérend m. Seraphim, métropolite de Pireaus,
Piraeus

Révérend frère,

C'est avec une profonde douleur que j'ai vue publiée dans le quotidien Orthodoxos Typos du 6 juillet de cette année votre lettre où vous parlez de "l'oecuménisme" et du "papisme", et par conséquent de l'Église Catholique. Le quotidien en question est bien connu pour ses positions extrêmes, avec ses critiques dirigées contre les hiérarques et parfois contre le Saint-Synode de l'Église de Grèce, à chaque fois que les décisions de "ceux que l'Esprit a placé comme évêques pour administrer l'Église du Seigneur, qu'Il S'est acquise par Son propre Sang" (Actes 20,28) ne plaisent pas aux éditeurs du journal. Plus encore, le journal précité garde des positions extrêmes à chaque fois qu'il se réfère aux autres églises et confessions chrétiennes, et en particulier l'Église Catholique.

Mais c'est la première fois – si ma mémoire ne me trompe pas (car je suis 20 ans plus âgé que vous) – que j'ai lu un texte d'un évêque Orthodoxe qui a agit d'une manière aussi hostile envers l'Église Catholique (p.ex. : "le papisme a posé les fondements pour l'athéisme" – je crois que nul n'avait jamais écrit une telle chose).

Mon révérend frère, il n'y a en moi pas la moindre trace de rivalité hostile. Permettez-moi, avec beaucoup d'amour, de vous exprimer ma propre opinion dans une franchise toute fraternelle.

1. Vous êtes conscient, révérend, que c'est le commandement de notre Seigneur Jésus-Christ que Ses disciples doivent tous être "un", comme Lui est "un" avec le Père (Jean 17,1). Hélas, nous, Ses disciples, nous ne sommes pas "un." Concernant tout ce qui a pu se produire dans le passé, je ne ressens personnellement aucune responsabilité, ni je ne pense que vous ou qui que ce soit de notre temps se sente responsable. Cependant, en tant que Chrétien, et plus encore en tant qu'évêque de l'Église, nous ressentons une responsabilité face au présent et à l'avenir, et par conséquent, je fais tout ce que je peux pour contribuer à l'union des Chrétiens. Ce n'est pas mon propre choix, mais le commandement que le Seigneur m'a imposé. Dans notre travail pour l'unité, l'amour est une nécessité. J'ai servi l'Église comme évêque pendant 33 années complètes; je n'ai jamais cessé de dire à mes fidèles que rien ne prévalait jamais sur l'amour – pas même la défense de la Vérité elle-même.

2. Je suis profondément convaincu que les difficultés qui existent dans le travail en vue de l'unification des Chrétiens trouve son origine dans un manque de connaissance entre nous; votre lettre m'a confirmé cette opinion. Révérend, nous devons admettre que nous Chrétiens, nous ne sommes pas bien habitués les uns aux autres. Ce manque de familiarité a créé dans le passé et préservé dans le présent tous les préjugés qu'un a envers l'autre, sans qu'ils ne soient fondés. Bien souvent, il y a eu des enseignements qui ont été attribués à "l'autre" église, qui ne sont que des conjectures. Permettez-moi de vous dire que ce que vous avez écrit et présenté comme étant l'enseignement de l'église catholique n'est pas enseigné par l'église catholique, de même que cela n'a pas – et encore à présent – enseigné tout ce qui a été écrit dans les livres scolaires pour les études religieuses et l'histoire au cours d'un récent passé, choses qui ont empoisonné les innocentes âmes d'étudiants et ont entretenu l'intolérance.

Vous avez pu entendre parler des bonnes relations qui existent entre les Orthodoxes et les catholiques sur l'île de Syros. C'est n'est pas mon oeuvre, ou celle du révérend métropolite, ou des deux ensemble. C'est le fruit de la familiarité qui existe entre Orthodoxes et catholiques à Syros. Nous, les évêques de l'île, nous nous empêchons de donner le témoignage de l'amour à nos fidèles, de même que le respect mutuel. Vivant ensemble dans un petit lieu contribue à la connaissance mutuelle, pas seulement sociale, mais aussi religieuse. La moitié de nos familles sont des familles mixtes. Que le malheur nous advienne si nous pasteurs, nous devions prêcher la haine et cultiver le fanatisme! Les familles sur notre île seraient transformées, de nids d'amour en nids de fanatisme, et cela les briserait. Nos fidèles, entendent nos dogmes à tous deux (soit parce qu'ils sont présents dans nos églises, ou par la télévision locale), et ils observent nos activités, de sortent qu'ils savent, qu'ils jugent, et ils vivent heureux ensemble. En effet, la connaissance mutuelle, Révérend, peut détruire les préjugés et créer l'union.

3. Mais ce qui m'a le plus affligé dans votre lettre, c'était le fait qu'elle trahi un état de rupture entre les hiérarques de l'Église de Grèce. Le contenu de votre lettre est en opposition directe avec sa béatitude l'archevêque d'Athènes et de Grèce, mgr Christodoulos, qui vous a ordonné évêque en vous imposant les mains. J'ai sous la main tous les discours et déclarations que sa Béatitude a faits à Rome en décembre dernier. En comparant les textes de sa Béatitude avec votre lettre, j'en suis venu à me demander quelle était l'ecclésiologie de l'Église Orthodoxe, car la question de savoir si l'église catholique est une église ou une hérésie, ce n'est pas simplement une différence d'opinion (phénomène naturel entre les gens), mais un bouleversement de foi.

4. Et un dernier point. Votre lettre a été publiée alors que sa Béatitude était encore à l'hôpital, sa santé étant encore en très mauvais état. Une lettre pareille, avec un contenu aussi sérieux, je ne crois pas qu'il en était au courant, avant qu'elle n'ait été publiée dans le journal.

Révérend frère, je ne sais pas si je vous ai attristé, mais je veux que vous soyez certain que j'ai écrit avec un immense amour pour l'Église.

Je vous prie d'accepter ma salutation fraternelle et mes voeux d'un pastorat fructueux dans votre éparchie ecclésiastique de Pireaus.

†Franciscus
évêque catholique de Syros, Thera et Crète
La réponse du métropolite de Pireaus :







Le métropolite de Pireaus, Seraphim

Piraeus, 25 octobre 2007.

A son éminence l'évêque Franciscus Papamanolis,
A Syros.

Votre éminence,

Votre lettre m'est parvenue en une période où les bureaux de la métropole de Pireaus étaient fermés, et dès lors je suis désolé pour mon retard à y répondre. Je vous demande dès lors de m'en excuser.

Parce que je vous aime vraiment, de même que tout autre être humain, je vous écrit ceci avec beaucoup d'humilité, en présence du Bâtisseur de l'Église, Jésus-Christ, non pas de sorte que je puisse justifier les positions pour lesquelles vous m'avez critiqué - parce que ce ne sont pas les miennes, ce sont les positions de l'Église Indivise de Dieu, que moi, le moindre de tous, j'ai simplement écrites sur papier, lorsque cela me fut demandé par le journaliste de la vigilante Fraternité de l'Union Orthodoxe Pan-Hellénique, dont vous avez grandement médit lorsque vous les avez décrits comme étant des supposés "extrémistes", quand en fait ils adhèrent simplement à tout ce que l'Église Une, Sainte, Indivisible, Catholique et Apostolique a dogmatisé et proclamé au cours des 20 derniers siècles – mais de sorte que je puisse vous dire ce qui est bien sous-entendu : que l'Église du Christ, "sur laquelle le Saint-Esprit a constitués des évêques pour paître l'Église de Dieu qu'Il S'est acquise par Son propre sang" (Actes 20,28) est l'Église Indivise des 1.000 premières années; dont le prolongement historique ininterrompu est dans notre Église Orthodoxe Catholique, et qu'en se séparant d'elle, votre communauté religieuse, par le Schisme bien connu, a perdu la Grâce du Dieu Vivant et a chuté d'hérésie en hérésie, et d'indécence en outrage, ayant déformé le message salutaire du Fils incarné de Dieu, et foulé aux pieds en paroles et en actes les structures établies de ce monde déchu, auxquelles le Fils et Verbe de Dieu avait contribué, par Son insondable sacrifice sur la Croix et Son Sang Immaculé.

Dès lors, il est à comprendre que la théorie des "églises soeurs" et la "théorie des branches" subséquente, que vous avez épousée dans le texte de votre lettre, et le "dogme de Pierre" que votre communauté religieuse a récemment proclamé par sa lettre encyclique "Dominus Christ", ne sont en rien associés avec l'Église Indivise des Apôtres, des Pères universels et des sept saints Conciles Oecuméniques.

Par conséquent, vous pouvez facilement percevoir comment, en suivant les décisions de l'Église Indivise, dont s'est séparée votre communauté religieuse tombée dans l'hérésie, je ne suis pas à même d'adhérer à votre erreur, et, dans un amour fraternel, de m'abstenir de vous dire que vous vous trompez en vous considérant vous-même comme étant un "évêque de l'Église de Dieu." Vous vous êtes personnellement défini de la sorte, quand la vérité est que vous êtes spirituellement responsable pour les fidèles de votre communauté qui restent dans le schisme et l'hérésie.

L'Amour, sans la Vérité, est de même vide de toute essence, c'est pourquoi semble vraiment inexplicable votre déclaration où vous dites: "je n'ai jamais cessé de dire à mes fidèles que rien ne prévalait jamais sur l'amour – pas même la défense de la Vérité elle-même." Car si nous aimons vraiment quelqu'un, nous n'abandonnons pas celui que nous aimons à son misérable état de vie dans l'illusion, lui permettant de toujours plus s'enfoncer en croyant qu'il n'est pas dans l'erreur.

Durant un millénaire complet, nous avons partagé la même Foi, la même organisation, la même Eucharistie, les mêmes Dogmes, la même spiritualité et ascèse tournée vers Dieu, avec les Conciles Oecuméniques et la Pentarchie comme autorité commune.

Alors, que s'est-il exactement passé, qui a tout bouleversé?

Pourquoi donc est-ce que ce problème ne vous a pas préoccupé durant les 33 années où vous avez été évêque de votre confession religieuse?

Pourquoi donc, durant mille ans, ces affirmations concernant la primauté de juridiction du pape de l'Ancienne Rome, son infaillibilité, le purgatoire, les indulgences, le "thesaurus meritorum", l'immaculée conception, etc, etc, n'existaient tout simplement pas?

Pourquoi donc, lors du Synode apostolique à Jérusalem, c'est le Conseil des Apôtres et des Presbytres qui a décidé, et non pas (selon vous) le "président du Collège" des Apôtres, le divin Apôtre Pierre (Actes 15,22)?

Pourquoi donc les 7 Conciles Oecuméniques se sont rassemblés en Orient, en communion et en unité avec l'évêque de l'Ancienne Rome, qui était alors Orthodoxe?

Pourquoi le 28ème Canon du 4ème Concile Oecuménique de l'Église Indivise accorde-t'il égalité d'honneur au trône de l'Ancienne Rome comme à celui de la Nouvelle Rome?

Quand et pourquoi est-ce que tout cela a été bouleversé? Est-ce que cela ne vous a pas préoccupé, si pas comme clergé, au moins comme personne réfléchissant, se trouvant dans l'attente du "Huitième Jour", et qui sait que la fin de l'humanité est proche, pour chacun d'entre nous?

Et je me demande ce que vous pourriez bien avoir à dire au Bâtisseur de l'Église, le Seigneur, à propos des hécatombes de peuples qui ont été massacrés par votre Hérésie ("Sainte Inquisition", "Guerres Saintes", "Croisades") au nom d'une supposée pureté de foi, quand vous y êtes condescendant et ne séparez pas votre position de tous ces crimes – mais même encore plus important – du renversement du message de liberté, d'amour et d'altruisme du Fils de Dieu Qui fut sacrifié sur la Croix afin que le blasphémateur ne soit plus mis à mort?

Récemment, vous avez béatifié le cardinal Augustin Stepinac de Zagreb, Croatie – l'auteur moral se trouvant derrière les hordes fascistes d'Oustachis d'Ante Pavelic (que le Vatican aida à faire évader vers l'Amérique Latine) et le bain de sang de 800.000 Serbes Orthodoxes. Je ne vous vois pas protester, ni vous séparer de votre position, quand bien même vous auriez administré "l'église du Christ" durant 33 ans. Si ce meurtrier insensible et sans pitié est reconnu comme "bienheureux," alors le "Dieu" qui le reconnaîtrait comme tel est – pour nous – entièrement inutile; il ne sert à rien; il ne nous intéresse pas. C'est pourquoi j'ai écrit ce qui vous a aigri, étant bien conscient de ce que j'ai écrit; à savoir que "le papisme a mené à l'athéisme." Initialement, il a mené au Protestantisme, et ensuite à l'athéisme, parce qu'il en était venu à adorer un Dieu qui était l'auteur moral de crimes, de guerres religieuses, d'hécatombes sanglantes et de souffrances. Dois-je vous rappeler les 29.000 Huguenots massacrées en la tragique nuit de la Saint-Barthelemy? Dois-je vous rappeler les hécatombes de la soi-disante guerre religieuse de Cent Ans? Par quoi devrais-je commencer? Qui a brûlé Jeanne d'Arc sur le bûcher? La Sainte Inquisition – c'est-à-dire le trône du pape de Rome – l'a brûlée comme étant quelqu'un de possédée du démon, et par la suite, l'a béatifiée. Je répéterai – en la modifiant légèrement – la question posée par mon bienheureux prédécesseur, le précédent archevêque Seraphim : est-ce que ceci sont les actions d'une église qui agit comme gérant la Divine Révélation? Ceux qui vous aiment en vérité ont l'obligation de vous expliquer la vérité à propos de l'Église, sinon ils vous laisseront dans la fausseté de vos croyances, sans avoir le moindre souci à propos de votre futur éternel. Pour cette raison, je crois inébranlablement que la participation de l'Église dans vos réunions en Europe et ailleurs, de même que les soi-disants "dialogues théologiques," vous nuisent en premier lieu, ainsi qu'à vos fidèles, car cela vous donne la fausse impression qu'une reconnaissance présumée, de même que cela camoufle vos erreurs, et cela vous laissera dans les ténèbres de vos vains dogmes.

Vous soutenez dans votre lettre que les positions dogmatiques qui sont discernées dans ma lettre à votre communauté religieuse sont – soi-disant – des "conjectures", en écrivant : "Permettez-moi de vous dire que ce que vous avez écrit et présenté comme étant l'enseignement de l'église catholique n'est pas enseigné par l'église catholique, de même que cela n'a pas – et encore à présent – enseigné tout ce qui a été écrit dans les livres scolaires pour les études religieuses et l'histoire au cours d'un récent passé, choses qui ont empoisonné les innocentes âmes d'étudiants et ont entretenu l'intolérance."

Au lieu de toute autre forme de réponse à – permettez-moi de le dire – vos allusions inexactes et dès lors péjoratives à l'égard de ma modeste personne, je vais me contenter de citer 2 paragraphes tirés de l'infinie cacodoxie de votre communauté religieuse, extraits du "Catéchisme de l'Église Catholique" (Vatican-Cactos Publications 1996 – Cactos – Liberia Editrica Vaticana – Fidei Depositum) tel qu'en circulation.

En page 332 il est affirmé :

"III. La purification finale ou Purgatoire
1030 Ceux qui meurent dans la grâce et l’amitié de Dieu, mais imparfaitement purifiés, bien qu’assurés de leur salut éternel, souffrent après leur mort une purification, afin d’obtenir la sainteté nécessaires pour entrer dans la joie du ciel."

et en page 454 il est écrit:

"X. Les indulgences
1471 La doctrine et la pratique des indulgences dans l’Église sont étroitement liées aux effets du sacrement de Pénitence.
L’indulgence est la rémission devant Dieu de la peine temporelle due pour les péchés dont la faute est déjà effacée, rémission que le fidèle bien disposé obtient à certaines conditions déterminées, par l’action de l’Église, laquelle, en tant que dispensatrice de la rédemption, distribue et applique par son autorité le trésor des satisfactions du Christ et des saints " (Paul VI, const. ap. " Indulgentiarum doctrina ", Norme 1).
" L’indulgence est partielle ou plénière, selon qu’elle libère partiellement ou totalement de la peine temporelle due pour le péché " (ibid, Norme 2). " Tout fidèle peut gagner des indulgences pour soi-même ou les appliquer aux défunts " (CIC, can. 994)."

Reconnaissez-vous, oui ou non, qu'à travers ces positions dogmatiques, l'élément juridique a été introduit dans l'église? Que l'oeuvre salvifique du Seigneur de Gloire est présentée comme un cas de concessions mutuelles entre l'Homme et son Créateur? N'est-ce pas le Seigneur de miséricorde – Qui n'a besoin de rien et n'est pas affecté par les passions et est au-delà de l'influence matérielle – Qui est ainsi ouvertement insulté, en étant représenté comme un juge sévère et cruel?

Tout l'ethos a été altéré; le Nouveau Testament – cette Nouvelle Alliance entre Dieu, le monde et l'Homme – a été déformé; de même que le Salut, qui avait été introduit par le Fils sacrifié et Verbe du Père; tout cela à cause de ces enseignements anti-théologiques.

Ainsi donc, mes références à vos cacodoxies ne seraient que pures "conjectures"?

Savez-vous expliquer (sur base des déductions de vos tragiques croyances citées ci-avant) pourquoi le percepteur d'impôts et le fils prodigue furent justifiés, et non pas le Pharisien et le fils aîné de ces paraboles? De plus, comment se fait-il que sans que la moindre forme de satisfaction ne soit d'application, ni aucun acte de repentance, la femme adultère qui avait été prise sur le fait fut acquittée de la punition légale de lapidation? Et comment se fait-il que le premier habitant du Paradis fut un des bandits sur la croix? Et plus important encore, comment pourrait-il y avoir la moindre place pour une notion juridique pour celui qui travaille à Sa Vigne? Avez-vous oublié Ses propres paroles concernant les "mauvais serviteurs?"

Cette lettre que je vous adresse n'est pas une diatribe, ou une étude des infinies cacodoxies de votre communauté religieuse, dès lors, je me contente d'y faire quelques observations. Parmi vos innombrables erreurs, j'en ai choisi une de plus, que vous avez revêtue d'une validité dogmatique. Je fais référence au nouveau dogme de la prétendue Immaculée Conception de la Theotokos, qui a été proclamé comme dogme par le pape Pie 9 en 1854, et afin que vous n'ayez encore une fois aucun doute qu'il s'agit bien d'un de vos enseignements, je vais le citer tel qu'extrait du Catéchisme cité plus haut, en page 163:

"491 Au long des siècles l’Église a pris conscience que Marie, " comblée de grâce " par Dieu (Lc 1, 28), avait été rachetée dès sa conception. C’est ce que confesse le dogme de l’Immaculée Conception, proclamé en 1854 par le pape Pie IX :
La bienheureuse Vierge Marie a été, au premier instant de sa conception, par une grâce et une faveur singulière du Dieu Tout-Puissant, en vue des mérites de Jésus-Christ Sauveur du genre humain, préservée intacte de toute souillure du péché originel."

Si cette cacodoxie à propos d'une "immaculée conception" de la toujours Vierge Theotokos était vraie, pourriez-vous nous informer comment elle aurait transmis la mortalité humaine à la Personne parfaite incarnée, son fils et à la fois Dieu exempt de péché et parfait? N'avez-vous jamais pensé à considérer que si celle-ci de vos erreurs était vraie, alors la mort même du Fils de Dieu aurait à être "assumée", car la mortalité n'aurait pas été transmise à Sa nature humaine? Êtes-vous capable de percevoir à quel point vos croyances sont tragiques?

Vous avez raison de ressentir une poétique responsabilité pour le présent et pour l'avenir. Cependant, vous n'avez fait nulle mention des erreurs du passé, les reconnaissant comme erreurs. Nombre d'entre elles continuent encore. Se pourrait-il qu'en reconnaissant les erreurs du passé, "l'infaillibilité" papale en vacillerait? Hélas, nous sommes condamnés si nous ne reconnaissons pas les erreurs du passé, et aussi si nous les répétons dans l'avenir, pour lequel vous ressentez une responsabilité et sensibilité, comme vous l'avez dit. Pour toutes ces choses précitées, ce qui est recommandé c'est l'humilité, l'amour, et l'illumination divine – toutes choses incompatibles avec la diabolique infaillibilité par laquelle l'ecclésiologie et l'organisation de l'Église Indivise ont été ébranlées.

Pour finir, un autre paragraphe de votre lettre était considéré comme inacceptable, comprenant une tentative – par le moyen d'une acrobatie d'interprétation – de semer la discorde et la dissension avec sa béatitude l'archevêque d'Athènes et de toute la Grèce, mgr Christodoulos, qui est bien connu pour sa courtoisie, son élan de réconciliation et ses vrais sentiments d'amour; dès lors, votre lettre dépasse les bornes, car elle invoque un côté inopportun de notre lettre en la mettant en parallèle avec la maladie de sa béatitude, qui – malgré vos interprétations – demeure inébranlable et ferme dans les paroles de notre père Cosmas d'Étolie, patriarche de la nation néo-Hellénique qu'il évoque fréquemment. Cosmas qui a toujours parlé en connaissance de cause et clairement, comme tant de saints martyrs et Pères de l'Église l'ont fait – depuis saint Marc d'Ephèse et le saint martyr Cyril I Loukareos, jusqu'aux néo-martyrs Serbes du 20ème siècle, qui ont blâmé le trône papal qui s'est affaissé, ainsi que son chef d'Hérésie (vu l'erreur), le primat du trône.

Je voudrais refermer ce courrier en vous demandant de quitter la cacodoxie latine, et à revenir à l'Église Catholique Indivise des 1.000 premières années, celle dont la Foi, la théologie, l'ascèse, la spiritualité, l'organisation, la Vérité et la Tradition ont été continuée à travers le temps par son extension historique : l'Église Orthodoxe Catholique. Chassez de votre vue ce brouillard d'un millénaire de vie cacodoxe, et rentrez dans l'Église Une, Sainte, Apostolique, Indivise, Catholique et Orthodoxe, contre laquelle "les portes de l'Hadès ne prévaudront jamais," de sorte que vous puissiez être ainsi rentré dans l'Unique Corps du Christ, et ainsi trouver la miséricorde et le pardon.

Dans l'attente de votre retour, je reste sincèrement vôtre,
Avec un amour profond et mes meilleurs voeux.

Le métropolite
† Seraphim de Piraeus
Le contenu de la lettre du métropolite est bouleversant, car il a défendu les luttes des saints et des Pères théophores, qui ont lutté pour convaincre le papisme d'abandonner ses erreurs.

G. Zervos.







le magazine original
(cliquez pour voir la page en grand)

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notes (toutes personnelles) du traducteur FR:
Je trouve que le représentant du vatican est bien ingrat, quand on voit toute la diplomatie dont fait preuve mgr Seraphim, puisqu'il va aussi loin qu'appeler son contradicteur "évêque." C'est diplomate puisque pour l'Église, les "ordres" et "sacrements" conférés hors de son sein n'ont aucune valeur, en dehors d'une éventuelle "préparation évangélique" à entrer dans l'Arche du Salut. Voir ce rappel dogmatique par un de nos prêtres :
http://stmaterne.blogspot.com/2006/11/oecumnisme-foi-et-validit-des.html

Concernant le criminel de guerre Aloyisius Stepinac, voici un bref aperçu sur le sujet, sur tout ce que leur hiérarchie ne dit jamais à ceux qui sont "catholiques-romains" (sans savoir ce que ça cache réellement)

28/3/1941 : "En fin de compte, les Croates et les Serbes sont de deux mondes différents : Pôle nord et Pôle sud, ils ne seront jamais capables d'être ensemble à moins d'un miracle de Dieu. Le Schisme (Orthodoxie orientale) est la plus grande malédiction en Europe, presque encore plus grande que le protestantisme. Ici il n'y a pas de morale, de principes, de vérité, de justice ou d'honnêteté." Cardinal Stepinac

Notez bien, je vous prie, qu'en 1941, il considérait donc que ce n'était non pas le nazisme et le communisme qui étaient la grande malédiction pour l'Europe - pourtant 2 systèmes athées par "excellence" ayant d'ores et déjà publiquement fait leur terribles "preuves" -, mais bien l'Église du Christ, l'Orthodoxie..



Il demandera certes par la suite à son gouvernement Ustaša de cesser de persécuter Juifs et Tziganes, mais pas un mot pour les fidèles de l'Église du Christ, les Orthodoxes donc - ne demandant de la clémence que pour ceux qui apostasiaient, reniaient le Christ et devenaient catholiques-romains... Et il ne dira jamais un mot à propos des camps de concentrations oustachis, de notoriété publique à l'époque...


Ante Pavelic, chef des Oustachis, avec son mentor Adolf Hitler



Le cardinal Alojzije Stepinac avec son ami le dictateur Ante Pavelic



1945 : en Mai, le dictateur Ante Pavelic est exfiltré de Yougoslavie vers l'Autriche, puis vers le Vatican, où "l'église catholique" l'aidera à se cacher, avant de le faire parvenir 6 mois plus tard en Argentine - exactement comme un certain nombre d'autres grands criminels de guerre nazis... Et pour ce qui concerne Pavelic, les documents militaires américains déclassifiés le prouvent sans aucun doute possible :
http://www.jasenovac-info.com/cd/biblioteka/pavelicpapers/pavelic/
(Et ça ne s'arrêtera pas là puisque quand le gouvernement Argentin acceptera d'extrader le criminel de guerre, il parviendra en 1959 à trouver refuge en Espagne, autre régime pro-vatican à l'époque...)

1946 : La demande de la Yougoslavie adressée en janvier au vatican de le muter ailleurs ayant reçu une fin de non-recevoir, il trouvera enfin en septembre le chemin mérité: le tribunal. On voit ici le cardinal Alois Stepinac entrer sous garde au tribunal de Zagreb, accusé de collaboration avec le régime Oustachi pro-nazi d'Ante Pavelic. Ils seront cléments puisqu'il ne sera pas condamné à mort, au contraire d'autres collaborateurs actifs du nazisme.


3/10/1998, Jean-Paul II, chef de l'État-Cité du Vatican, déclare que le cardinal pro-nazi était mort martyr et le "béatifie"... ça se passe de commentaire...




07 décembre 2007

Saint Ambroise de Milan et le "Notre Père" – les pasteurs remplis de grâce divine (Dynamis)

Sur le Notre Père - extraits du traité "Des Sacrements", 5

Saint Ambroise, Opuscules
Alençon, Bibliothèque municipale, ms. 11, f. 1.
manuscrit du XIIe siècle
source CNRS

"Notre Père qui es aux Cieux"
Que signifie aux cieux? Ecoute l’Ecriture qui dit : “Le Seigneur et élevé au-dessus de tous les Cieux”, (Psaume 112,4), et tu trouves partout que le Seigneur est au-dessus des cieux des cieux, comme si les anges n’étaient pas aussi aux cieux, comme si les dominations n’étaient pas aussi aux cieux. Mais aux cieux dont il est dit: “Les cieux racontent la gloire de Dieu”, (Psaume 18,2). Le ciel est là où a cessé la faute, le ciel est là où les crimes sont punis, le ciel est là où il n’y a aucune blessure de la mort.
“Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié.” Que signifie “soit sanctifié ?” Comme si nous souhaitions que soit sanctifié celui qui a dit: “Soyez saints parce que je suis saint”, (Lévitique 19,2), comme si notre parole pouvait accroître sa sainteté. Non, mais qu’il soit sanctifié en nous, afin que son action sanctifiante puisse parvenir jusqu’à nous.

“Notre Père qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne arrive.”
Comme si le règne de Dieu n’était pas éternel. Jésus dit: “J’y suis né”, (Jean 18,37), et tu dis : “Que ton règne arrive”, comme s’il n’était pas venu. Mais le règne de Dieu est arrivé quand vous avez obtenu la grâce. Car il dit lui-même: “Le règne de Dieu est en vous”, (Luc 17,21).

“Donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien”
Je me souviens de ce que je vous ai dit quand j’expliquais les sacrements. Je vous ai dit qu’avant les paroles du Christ, ce qu’on offre s’appelle pain; dès que les paroles du Christ ont été prononcées, on ne l’appelle plus du pain, mais on l’appelle corps. Pourquoi dans l’oraison dominicale qui suit immédiatement dit-il “notre pain”? Il dit pain, mais «epiousios» (en grec), c’est-à-dire substantiel. Ce n’est pas ce pain qui entre dans le corps, mais ce pain de vie éternelle qui réconforte la substance de notre âme. C’est pour cela que le grec l’appelle «epiousios». Le latin a appelé quotidien ce pain que les Grecs appellent “de demain”, parce que les Grecs appellent demain «ten epiousian hemeran». Ainsi donc ce que dit le latin et ce que dit le grec semblent également utiles. Le grec a exprimé les deux sens par un seul mot, le latin a dit quotidien. S’il est quotidien, ce pain, pourquoi attendrais-tu une année pour le recevoir, comme les Grecs ont coutume de faire en Orient ? Reçois chaque jour ce qui doit te profiter chaque jour. Vis de telle manière que tu mérites de le recevoir chaque jour. Celui qui ne mérite pas de le recevoir chaque jour ne mérite pas de le recevoir après une année. Ainsi le saint Job offrait chaque jour un sacrifice pour ses fils, de peur qu’ils n’eussent commis quelque péché dans leur coeur ou en paroles, (Job 1,5). Toi donc, tu entends dire que chaque fois qu’on offre le sacrifice, on représente la mort du Seigneur, la résurrection du Seigneur, l’ascension du Seigneur, ainsi que la rémission des péchés, et tu ne reçois pas chaque jour le pain de vie ? Celui qui a une blessure cherche un remède. C’est une blessure pour nous d’être soumis au péché : le remède céleste, c’est le vénérable sacrement.
“Donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien” Si tu le reçois chaque jour, chaque jour pour toi c’est aujourd’hui. Si le Christ est à toi aujourd’hui, il ressuscite pour toi aujourd’hui. Comment ? “Tu es mon Fils, aujourd’hui je t’ai engendré.”, (Psaume 2,7) Aujourd’hui, c’est quand le Christ ressuscite. “Il était hier et il est aujourd’hui”, (Hebreux 13,8), dit l’apôtre Paul. Mais il dit ailleurs “La nuit est passée, le jour est arrivé”, (Romains 13,12). La nuit d’hier est passée, aujourd’hui le jour est arrivé.

Voici la suite : “Remets-nous nos dettes comme nous les remettons à nos débiteurs.”
Qu’est la dette, sinon le péché ? Si tu n’avais pas accepté d’argent d’un prêteur étranger, tu ne serais pas dans la gêne, et c’est pour cela qu’on t’attribue le péché. Tu as possédé l’argent avec lequel tu devais naître riche. Tu étais riche, fait l’image et la ressemblance de Dieu, (Genèse 1,26-27). Tu as perdu ce que tu possédais, c’est-à-dire, l’humilité, quand tu désires te venger de l’arrogance, tu as perdu ton argent, tu t’es fait nu comme Adam, tu as accepté du diable une dette qui n’était pas nécessaire. Et par là, toi qui étais libre dans le Christ, tu t’es fait le débiteur du diable. L’ennemi tenait ta garantie, mais le Seigneur l’a crucifiée et l’a effacée par son sang, (Colossiens 2,14-15). Il a supprimé ta dette, il t’a rendu la liberté. C’est donc avec raison qu’il dit: “Et remets nous nos dettes comme nous les remettons à nos débiteurs”. Fais attention à ce que tu dis: “Remets-moi comme moi je leur remets.” Si tu remets, tu fais un juste accord pour qu’on te remette. Si tu ne remets pas, comment l’engages-tu à te remettre ?

“Et ne nous laisse pas induire en tentation mais délivre-nous du mal.”
Fais attention à ce qu’il dit: “Et ne nous laisse pas induire en tentation à laquelle nous ne pouvons pas résister.” Il ne dit pas: “Ne nous induis pas en tentation” mais comme un athlète il veut une épreuve telle que l’humanité puisse la supporter et que chacun soit délivré du mal, c’est-à-dire, de l’ennemi, du péché. Mais le Seigneur, qui a ôté votre péché et pardonné vos fautes, est capable de vous protéger et de vous garder contre les ruses du diable qui vous combat, afin que l’ennemi, qui d’habitude engendre la faute, ne vous surprenne pas. Mais qui se confie à Dieu rie craint pas le diable. Car si Dieu est pour nous, qui sera contre nous? C’est donc à lui qu’appartiennent la louange et la gloire depuis toujours, maintenant et à jamais et dans les siècles des siècles. Amen.
source : Vassili-Régis


(hideuse mitre totalement anachronique, sinon sympathique mosaïque)

Charité ambrosienne - un Père de l'Église, évêque, liturge, exégète, moraliste, explique la charité et la vie Chrétienne, y compris à l'empereur. Saint Ambroise de Milan est parmi les plus grandes perles de la couronne de l'Église :
http://stmaterne.blogspot.com/2006/12/charit-ambrosienne.html

Certes, le texte ci-après est la méditation "Dynamis" de demain, mais je la trouve particulièrement appropriée pour saint Ambroise de Milan, qui était véritablement un pasteur débordant de la grâce divine, d'où je publie la traduction aujourd'hui.

DYNAMIS – les pasteurs débordant de la grâce divine
http://groups.yahoo.com/group/orthodoxdynamis/message/2994
samedi 8 décembre 2007 – Carême de la Nativité (poisson, vin & huile)
Vénérable Pathapios de Thèbes
2ème Vêptres
Proverbes: 10,31-11,12
La bouche du juste répand la sagesse, mais la langue tortueuse sera retranchée.
Les lèvres du juste distillent ce qui est agréable, la bouche des méchants s'y connaît en perversité.
La balance fausse est en horreur au Seigneur, mais le poids juste lui plaît.
L'orgueil vient-il, l'ignominie vient aussi, mais la sagesse est avec les humbles.
L'intégrité des gens droits les dirige, mais la perversité des perfides les mène à la ruine.
Au Jour de la Colère, la richesse est inutile, mais la justice délivre de la mort.
La justice de l'homme droit lui aplanit la route, mais le méchant tombe par sa méchanceté.
La justice des honnêtes gens les sauve, mais les déloyaux sont pris à leur propre cupidité.
Quand meurt le méchant, son espoir périt, l'espoir des iniques est anéanti.
Le juste échappe à la détresse, et le méchant y tombe à sa place.
L'impie ruine son prochain par ses paroles, mais les justes seront sauvés par la science.
Quand les justes sont heureux, la ville est en liesse, il y a des cris de joie quand les méchants périssent.
Une cité est prospère par la bénédiction des justes, mais elle est renversée par les paroles des méchants.
Qui méprise son prochain manque de sens, l'homme sage garde le silence.

Épître: Ephésiens 1,16-23
Évangile: saint Luc 13,18-29

Proverbes 10,31-11,12, en particulier les versets 31-32 : "La bouche du juste répand la sagesse.." et "Les lèvres du juste distillent ce qui est agréable.."
Au cours des siècles, non seulement des hommes ont été élevés dans les rangs du clergé, mais certains sont parvenus à une telle plénitude de la grâce de Dieu que l'Église les reconnaît à présent comme saints. Cependant, lors de chaque ordination, des prières sont élevées pour le candidat, "afin que la grâce du très Saint-Esprit descende sur lui." Comment pouvons-nous comprendre l'exceptionnelle réussite des saints?

Les versets cités décrivent les remarquables serviteurs de Dieu comme étant "juste" (11,10; 31,32), "humble" (11,2), et "sensible" (11,12). Le Saint Esprit élève assurément nombre de personnes à la piété, cependant les luttes intérieures des saints coopérant avec l'Esprit doivent être examinées. Matthieu le Pauvre explique que c'est la soumission humaine à la grâce de Dieu qui permet à quelqu'un de devenir juste, humble et sensible – "la soumission de l'ego humain à Dieu... effectuée de manière à libérer l'âme et à vivre en total abandon à la volonté de Dieu."

En effet, tous les pieux pasteurs correspondent aux critères d'abba Matthieu : ils se soumettent au Seigneur, ils ne se reposent jamais sur leur propre sagesse, ils redoutent d'avoir bonne image d'eux-mêmes, et par une prière régulière, ils examinent leurs pensées, leurs intentions, leurs buts, leurs paroles, et leurs actes, à la lumière de la parole de Dieu et du conseil de leurs supérieurs. Cependant, bien-aimés, tout ça, ce ne sont jamais que les actions que Dieu attend de vous et de quiconque Dieu appelle à Lui-même. Priez pour vos pasteurs et pour vous-mêmes.

Examinez les discours des pieux pasteurs – les sermons, les enseignements, les conseils, et les écrits. Etant justes, leurs bouches répandent la sagesse (v. 10,31) – non pas juste de l'information ou des sentences populaires, mais de la sagesse qui illumine, qui transforme et guide les hommes vers le Salut en Christ. C'est comme saint Dimitri de Rostov résume le style pastoral de saint Nicolas de Myre : "sa manière de vivre devint connue de tous .. afin que les Chrétiens puissent être édifiés et glorifient Dieu."

Nous apprenons de plus que "quand les justes sont heureux, la ville est en liesse" (v. 11,10). Nous reconnaissons que la grâce du Saint Esprit et la soumission du pasteur à la volonté de Dieu résulte souvent d'une profonde perception et d'une maîtrise des situations qui permet au message de l'Évangile de s'enraciner dans les coeurs des fidèles. En tant que co-serviteurs en Christ avec nos pasteurs, nous aussi cherchons de même la volonté de Dieu, ensemble avec eux, afin que nous-mêmes puissions apporter gloire à notre Seigneur Jésus-Christ.

Etant vrais dans leur proclamation de la défense de l'Évangile, "les lèvres du juste distillent ce qui est agréable" (10,32), ce qui ne veut pas dire que leurs paroles sont toujours chaleureusement reçues. Etant diacre, Athanase le Grand amena le premier Concile Oecuménique à réfuter l'hérésie d'Arius, comme l'écrit saint Nicolas de Zica : "sa dévotion et son zèle pour l'Orthodoxie... ont très largement contribué à contenir l'hérésie arienne." Et cependant, au cours des 40 années qui suivirent, comme vrai archevêque et pape d'Alexandrie, il fut la plupart du temps exilé sur base de fausses accusations. Soyez préparés à vous tenir auprès de votre pasteur pour la défense de la vérité. Etant un homme humble, la bouche du bon pasteur médite la sagesse (v. 2) – dans quel sens? Dans le cas présent, en grec, le verbe "meletao" ne comporte pas seulement une notion d'étude et de réflexion sur les profondeurs de l'Écriture, mais une diligence à mettre la vérité en pratique. Comme le disait le prophète et roi David, "Mon coeur brûlait en moi, ma pensée s'allumait comme un feu; alors je me suis mis à parler.." (Ps. 38,4-5 LXX).

Pour finir, étant un "homme sensible," un bon pasteur se tient "calme" (11,12). Le mot "calme" ici est "hesychia," ce que les Pères de l'Église nous ont montré comme signifiant la recherche après le Christ, la Vérité, dans la prière silencieuse du coeur. A nouveau, ceci est une tâche pour tout pasteur et pour tout Chrétien.

Ô Dieu de grâce, guide Tes pasteurs et Ton peuple par Ton Saint Esprit, édifie-les tous, remet les égarés sur le droit chemin, proclame l'Évangile de Ton Royaume, et administre la parole de Vérité pour Ta gloire. Amen.




Un prêtre de Chypre lutte contre les "trafiquants de chair" – la prostitution forcée


3 Décembre 2007
Par Sophie Deviller

Se tenant à la porte de son humble église à Limassol, une ville touristique populaire sur la côte sud de Chypre, le père Savvas Michaelides, avec sa barbe grisonnante en broussaille et sa soutane noire, pourrait être confondu avec un prêtre Russe. Peu se douteraient que sa tête est mise à prix pour 10.000 livres chypriotes (17.000 euros), parce qu'il livre, seul, un combat contre l'exploitation sexuelle des femmes, qui souille cette île méditerranéenne. Il a entreprit ce combat contre l'exploitation sexuelle au nom de ce qu'il dit être des milliers de femmes forcées à travailler dans l'industrie illégale du sexe dans le pays. Armé d'une franchise intrépide et d'une voix forte, il s'est lancé dans une violente diatribe à propos de la situation désespérée des jeunes filles d'Europe orientale et d'Afrique, forcées à se livrer à la prostitution par de peu scrupuleux tenanciers de cabarets. "Les proxénètes leur racontent qu'elles vont venir y travailler comme danseuses ou serveuses de bar. En vérité, elles doivent devenir des prostituées, sont enfermées, parfois battues et violées," dit-il. La plupart se voient confisquer leur passeport à l'arrivée, soi-disant "pour le mettre en sécurité" mais c'est en réalité pour les garder prisonnières.

"Tout ceci est possible parce qu'elles se voient accorder par les autorités chypriotes des visas comme "artistes" pour entrer dans le pays," dit-il avec colère, faisant référence aux permis particuliers pour travailler dans l'industrie des loisirs. Le prêtre Savvas est né à Limassol il y a 60 ans, partant pour Athènes à 19 ans pour étudier la théologie. Fasciné par l'Église Orthodoxe, le principal groupe chrétien de la région, il considère l'Église en Russie comme étant la "mère des Églises", et il a été en France pour y apprendre le russe. Il est rentré à Chypre pour enseigner la théologie, et ce n'est qu'alors qu'il décida de vouer sa vie à la prêtrise. "Je me suis donné le temps de la réflexion. Je voulais être certain de mon appel," explique-t'il. Aujourd'hui, il préside à l'unique église Orthodoxe russe de l'île, un petit bâtiment en pîteux état, à Limassol.

Dans l'intimité de la Confession, il apprit les détails choquants sur la réalité de l'industrie du sexe à Chypre. "Les femmes m'ont rapporté les horribles choses auxquelles elles sont soumises. J'ai tenté de les persuader de quitter les clubs et cabarets, mais je n'ai pas de solution concrète à leur offrir," dit-il. En 2001, en ville, une jeune Russe forcée à se prostituer dans un cabaret se tua en sautant de 5 étages. L'enquête montra qu'elle avait tenté de s'évader d'une pièce fermée, et cela poussa le prêtre Savvas à agir. "Il ne suffit pas de proclamer la Parole de Dieu, vous devez aussi agir," dit-il. Trois ans plus tard, il parvenait à ouvrir un refuge pour les victimes de ce trafic de prostitution.

Ce refuge est unique en son genre à Chypre, et a aidé près de 300 victimes. "Nous les aidons à quitter la prostitution, à rentrer dans leur pays, ou à trouver une aide légale si elles veulent déposer plainte, ce qui est rare parce que ces femmes sont terrorisées," ajoute-t'il. Au volant de sa petite voiture blanche toute cabossée, le prêtre Savvas n'hésite pas à s'aventurer dans les rues à la recherche de vulnérables jeunes femmes se trouvant dans des cabarets, et il n'hésite pas à interpeller face-à-face leurs "employeurs." Tatiana est Ukrainienne, et une ancienne prostituée forcée qui a été sauvée par le prêtre. "Il est le seul à tenter de les aider. Il est haït par les trafiquants, mais ça ne l'inquiète pas. Ca lui fait juste hausser les épaules."

Le prêtre dort peu, lit beaucoup, et n'éteint jamais son téléphone portable. "J'aime aller à la pêche et collectionner les champignons, mais j'ai bien peu de temps pour moi-même," dit-il. Le gouvernement n'alloue que 17.000 euros par an d'aide pour le centre, et le prêtre Savvas ne survit que grâce aux dons à l'église et à une petite pension d'Etat, dont il utilise la plus grande partie pour le fonctionnement du refuge. Il reproche aux autorités chypriotes de ne pas mettre un terme à ces visas "d'artistes," à la police d'avoir "parfois les yeux fermés" face au problème, et à la justice d'être "bien trop souvent indulgente" avec les criminels. Quant à l'Église Orthodoxe, il regrette qu'elle ne s'implique pas plus dans le problème. "Je ne demande pas d'argent, mais j'aimerais qu'ils apportent plus souvent de l'aide à ces femmes," dit-il. Sa croisade lui pose un dilemme moral. "Mon refuge n'est pas la réponse. Quand je sauve une femme, 2 autres arrivent à sa place. Parfois j'ai l'impression d'encourager le trafic. Nous devons poursuivre la prévention en diffusant l'information dans le pays d'origine de ces femmes."

Bien que son refus de l'avortement lui a attiré des critiques – il préfère que les enfants des victimes soient adoptés – il ne fait aucun doute qu'il confronte un problème que bien d'autres préfèrent ignorer. Mais ses efforts ne sont pas sans sacrifice. Quand on l'interroge sur le contrat de 10.000 livres chypriotes que les patrons du monde de la pègre ont placé sur lui, il dit "10.000 livres? Je pensais que la bravoure était un peu plus appréciée que ça." Quand on lui a demandé s'il craignait pour sa vie, il a simplement sourit et pointé le doigt au ciel en disant "Je n'ai jamais eu peur des hommes, je ne crains que Lui." - AFP



*-*-*-*-*-*

(source des 4 photos du prêtre et de sa paroisse – (c) Pavlos Vrionides/afp/Getty Images)

HT : fr. Michael
http://groups.yahoo.com/group/rocorclergy/

L'église du p. Savvas :
église Orthodoxe russe Agios Stylianos
quartier de Linopetra
Tel: 357 25 33 36 18
prêtre Savvas Michaelides
Liturgie: Dimanche 08:30 hrs
Samedi: 17:00 hrs (hiver)
18:00hrs (été)
Lemesos / Limassol


Divers quotidiens & hedbo en ont aussi parlé cette année, en voici quelques uns en français & anglais

"Le Nouvel Obs", édition du 1er mars 2007
http://hebdo.nouvelobs.com/p2208/articles/a334510.html

"Treated like pieces of meat", par Sofia Kannas
http://www.cyprus-mail.com/news/main.php?id=16684&cat_id=9

"Damning report on Cyprus flesh trade", par Jacqueline Theodoulou
http://www.cyprus-mail.com/news/main.php?id=36291&cat_id=1

Financial Times REPORT - CYPRUS 2007: "Worst record' in Europe for people trafficking", Par Tabitha Morgan, 27 Nov 2007
http://search.ft.com/ftArticle

06 décembre 2007

Le visage de saint Nicolas de Myre - science & Icônes

http://southern-orthodoxy.blogspot.com/2007/12/face-of-santa.htmlEn 2005, j'ai reçu la note suivante d'un lecteur:

 


"J'ai trouvé ceci (montré sur Discovery Channel) le jour de Noël. Il y avait un récit très intéressant à propos de sa vie et comment ses reliques avaient voyagé. Ensuite, utilisant les reliques, ils avaient reconstitué son visage, utilisant la technique de la science médico-légale."

Ce que j'en pense?

Hé bien je vais vous montrer ce que j'en pense. Les scientifiques feraient mieux de toujours d'abord s'adresser aux Orthodoxes – cela épargnerait du temps, de l'effort et de l'argent :

Icône de saint Nicolas, 10-11ème siècle, Walters Art Museum.

p. Joseph

*-*-*-*-*

L'Icône de saint Nicolas
http://www.thewalters.org/works_of_art/itemdetails.aspx?aid=143
Description: Encadré par de rameaux de vigne, saint Nicolas tient l'Évangéliaire dans sa main gauche, recouverte de sa manche (un signe de respect), et élève sa main droite en signe de bénédiction. Ce carreau de céramique est une des plus belles pièces de la collection Walters, qui comporte quelque 1.000 fragments, le plus grand nombre que l'on trouve hors d'Istanbul, Turquie. Bien que d'origine inconnue, on en connaît d'autres semblables qui ont été réalisés à Constantinople. Les céramiques étaient plus que probablement attachés au mur de l'église, faisant partie d'un ornement qui comportait des saints et des éléments décoratifs (non-iconiques).
Artiste: Byzantin
Création: vers l'An Mil
Support: céramique vitrifiée
Dimensions: 16,7 x 16,4 x 0,8 cm
Culture: Orthodoxe
Période: Byzantine
Provenance: Marché de l'art, Istanbul; Robert Hecht, 1956; Walters Art Gallery, Baltimore, 1956, par acquisition et don partiel.

saint Nicolas de Myre, auxiliaire de la vraie justice, encore de nos jours

Ne gardez pas le silence
http://www.roca.org/OA/75/75m.htm


Sv. Nikolai Mirlikiiskii ostanavlivaet nepravuiu kazn'
St Nicolas de Myre arrête une exécution injuste

par Il'ia Efimovich Repin, 1888
Musée russe d'Etat, Saint-Petersbourg
Publication : Khudozhestvennye sokrovishcha Rossii. 1903, vol. III, no. 4-8
source


J'ai vécu 20 ans durant à Lima, Pérou. A l'époque, une paroisse russe y fut fondée. Notre feu notre diacre, Eugene Nikolaevich Dolmatev, me raconta un miracle qui avait eu lieu par l'intercession de saint Nicolas.

Cela avait eu lieu en Sibérie. L'Armée Blanche dirigée par Kolchak battait en retraite. Malgré plusieurs graves blessures reçues au cours de la première guerre mondiale, Eugène Nikolaevich combattait dans les forces de Kolchak et portait le grade de premier lieutenant. C'était un terrible hiver.

Entrant dans un village, les partisans s'emparèrent d'un paysan soupçonné de collaborer avec les Rouges. Il fut décidé de l'exécuter. Eugene Nikolaevich ordonna d'enfermer le prisonnier.

Cette nuit-là, alors que le lieutenant était assis, seul, occupé à rédiger l'acte d'accusation, on frappa à sa porte. Il ouvrit et un vieil homme entra, portant un "skoufia", le même que ceux porté par les moines, et une vieille soutane. "Monsieur l'officier," dit-il, "vous avez ici un paysan qui est détenu. Ne le tuez pas. Il est innocent."

"Et qui êtes-vous?" demanda Eugene Nikolaevich.

"Je suis le recteur de l'église locale, le p. Nicolas," répondit le vieil homme, et il s'en alla.

Eugene Nikolaevich réfléchi, et décida de libérer le prisonnier. Tôt le matin, il ordonna qu'on lui attelle un traîneau, il y fit placer le prisonnier, prit du pain, et dit à l'escorte : "je vais aller l'abattre." Une fois parvenu dans la forêt, il détachât le prisonnier... lui donna le pain, et lui dit : "allez vous cacher dans la forêt, et ne croisez plus jamais notre route!"

En retournant au village, Eugene Nikolaevich se dirigea vers l'église. Elle était fermée. Il demanda à un paysan qui passait : "Où vit le p. Nicolas?" - "Les Rouges l'ont fusillé il y a longtemps déjà," fut la réponse. Eugene Nikolaevich en fut complètement abasourdi, mais il décida d'examiner l'église. Quelqu'un déverrouilla la porte pour lui, et il entra. Soudain, à droite, il vit une Icône de saint Nicolas, et il le reconnu immédiatement comme étant son visiteur nocturne; sur l'Icône, l'évêque thaumaturge était représenté portant exactement le même skoufia.

Alexandra Dabbart
"Novoye Russkoe Slovo'

20 Décembre 1980


skoufia, bonnet monastique russe


Prières latines d'avant le Schisme; explication de la fête du 6 décembre par le protopresbytre Thomas Hopko; iconographie, photos de Myre et Bari, liens divers; Histoire et histoires de saint Nicolas; dessin animé; Office Acathiste à saint Nicolas :
que-saint-nicolas-apaise-les-temptes.html


En Belgique aussi, là où est la vraie Foi Chrétienne, les miracles de saint Nicolas sont d'actualité. Deo gratias.




04 décembre 2007

Vie de Sainte Barbe, patronne de la paroisse grecque-orthodoxe (+ nouvelles santé mgr Christodoulos)





Le 4 décembre tombant cette année un mardi, jour de semaine, la fête paroissiale a été anticipée par la Liturgie du dimanche 2, les fêtes traditionnelles ont donc eu lieu ce jour-là. Voir l'an dernier pour un film sur cette belle fête avec ses agapes et danses qui suivent la Liturgie.
Par contre, bien que jour de semaine, même sans agapes & fête, il y avait du monde à l'église pour la Liturgie de la sainte patronne.

saint Évangile de la Divine Liturgie pour la fête de sainte Barbe
(en grec & français, p. Nicolas & Jean-Michel)
video

Tropaire de sainte Barbe
(en grec, par notre chantre Antonio)
video





Contrairement à saint Eloi, fêté le 1er décembre et aussi célèbre dans nos régions, sainte Barbe n'a hélas pas eu de biographe contemporain ou proche de son époque de vie. Son culte lui-même a commencé plusieurs siècles après sa naissance au Ciel – on trouve au 7ème siècle une demande de relique au pape de Rome, Honorius 1er, adressée de la part de l'empereur de Constantinople, pas de traces avant cela. Ce qui ne veut pas dire qu'elle n'a pas été vénérée auparavant, mais on n'en sait pas plus.
La Belgique ne sera pas le moindre des pays à la vénérer : on trouve en effet 2 translations de ses saintes reliques vers le monastère Sint-Bavo à Gand (Gent) en 985 et 1080, et quantité de paroisses (devenues hétérodoxes) lui sont dédiées jusqu'à nos jours. Les textes la concernant sont donc tardifs, et lui prêtent un discours que bien des Pères de l'Église ne sauront tenir avant 2 ou 3 siècles.. Mais si les détails des nombreuses versions de sa vie, même entre les versions orientales, ne concordent pas souvent, son intercession fructueuse au cours des siècles est le meilleur garant que nous ne vénérons pas un fantôme ou le fruit de l'imagination de quelque malandrin en quête de récolte d'argent.
Voici un résumé de sa vie d'après les différentes Vitae (Vies) dont on a encore d'antiques copies en latin, grec, syriaque et arménien.
Elle aurait vécu à Antioche, Héliopolis ou Euchaita, et son martyre aurait eu lieu à Nicomédie, en Toscane ou à Rome, où demeurait l'empereur à l'époque.
La période de sa vie est donc entre 235 et 313 : empereur Maximin ou Maximien, une petite lettre d'écart pour un siècle de différence. Son père était un riche païen appelé Dioscore. Sa fille, Barbe (en français) ou Barbara (en d'autres langues) était très belle, et pour mettre cette beauté à l'abri, il l'enferma dans une tour (selon un procédé que l'on retrouve dans la mythologie grecque, avec Danaé). Elle fut plusieurs fois demandée en mariage, et elle refusa à chaque fois. Son père ordonna de lui aménager une piscine. Puis il partit en voyage. Barbe était Chrétienne dans son coeur, elle y reçut le saint Baptême. Sa tour était aménagée de 2 fenêtres, elle exigea qu'on en ouvrit une troisième, pour que s'y retrouve le symbole de la sainte Trinité, Qu'elle voulait honorer. Le père revint. Apprenant qu'elle rejetait ses divinités païennes, il rentra dans une noire colère et voulut la tuer. Elle s'enfuit vers une montagne, où un rocher s'entrouvrit pour
qu'elle puisse s'y cacher. Un berger l'ayant vue la trahit. Dieu le punit en transformant ses moutons en scarabées.
Dioscore rattrapera alors sa fille, la traînera devant le juge, et là commenceront les atroces supplices (les mêmes que ceux repris dans d'autres hagiographies de la même époque, griffes de fer, feu, seins coupés, etc). Le Christ la réconfortera. D'après certaines version, une femme de la foule, Julienne, se déclarera Chrétienne et voudra partager son sort. Le tyran du lieu, complice de Dioscore, la fera à son tour torturer et traîner nue en public. A la prière de sainte Barbe, le Seigneur la recouvrira d'une robe. Pour finir, Julienne sera décapitée par les soldats du tyran, et Barbe aura la tête tranchée par son propre père. Dioscore ne l'emportera pas au Paradis : il mourra frappé de la foudre.
Dans l'Europe médiévale, on la priait de nous protéger de la "male-mort", c'est-à-dire la mauvaise mort, la mort subite sans avoir pu Communier. Aussi les Livres d'Heures contenaient la prière suivante : "Faites, Seigneur, que par l'intercession de sainte Barbe, nous obtenions de recevoir, avant la mort, le Sacrement du Corps et du Sang de notre Seigneur Jésus-Christ". C'est pourquoi on la trouvera aussi représentée tenant le saint Calice, comme sur les icônes de saint Jean de Cronstadt.
Chez nous, sainte Barbe est patronne des soldats et artilleurs, des marins, des ouvriers de la mine, de tous ceux qui travaillent avec le feu, des patrons de bistrot, des fabriquants de brosse, etc.

Timbre français de 1910, avec supplément de prix au profit de la Croix-Rouge (80 + 20 centimes). Sculpture de l'église de Brou


Le 25/9/2005, un Office orthodoxe byzantin à sainte Barbe et saint Eloi a été célébré sur le site du Bois-du-Cazier, à Marcinelle, où a eu lieu la terrible catastrophe du 8/8/1956
Le texte avec rappel historique est ici :
http://home.scarlet.be/orthodoxe/textes/boisducazier250905-complet-petit.pdf



fresque de sainte Barbe (15-16ème s)
salle dans une maison privée de Mouliherne (Maine-et-Loire, F)


Vie de Sainte Barbe, Legenda Aurea
Sp Coll Hunterian Bg.1.1


Sainte Barbe, les artilleurs, et les soutes à munition de la Marine:
http://zm-fn.blogspot.com/2011/04/la-soute-munitions-ou-sainte-barbe.html

Juste avant de partir pour la fête, en ce jour où nous fêtons aussi saint Jean Damascène, je découvrais la mauvaise nouvelle :

Aggravation de l'état de santé de Mgr Christodoulos (3/12/2007)
http://www.ekathimerini.com/4dcgi/_w_articles_politics_100016_03/12/2007_90739



Les médecins sont en alerte après la déterioration de l'état de santé de l'archevêque
Lundi 3 décembre 2007

Les médecins soignant l'archevêque Christodoulos, chez qui on a diagnostiqué un cancer cet été, étaient sur le qui-vive hier après que son état se soit déterioré. Mgr Christodoulos, 68 ans, est resté hier à domicile, sans recevoir de visiteurs, et les médecins ont suspendu sa chimiothérapie pour éviter tout effet secondaire qui pourrait encore aggraver sa situation. L'archevêque aurait à présent de l'eau dans les poumons. Il pourrait être transféré à l'hôpital pour de plus amples examens.

que sainte Barbe daigne le guérir!
Fresque gothique, 1490, Hrastovlje, Slovénie
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